La Journée mondiale de santé a été célébrée le mercredi 10 octobre au siège de l’Organisation mondiale de la santé au Mali (OMS). Après un point de presse animé par le Pr. Baba Coumaré, chef du service psychiatrique du Point G, le représentant de l’OMS a offert des matelas, du lait, du sucre et des nattes à l’Association pour la défense et la promotion des malades mentaux.
Le représentant résidant de l’Organisation mondiale de la santé au Mali a présidé le mercredi au siège de l’institution un point de presse dont le thème est « la santé mentale dans un monde en mutation : impact de la culture et de la diversité » . La rencontre s’inscrivait dans le cadre de la célébration de la Journée mondiale de santé mentale.
Situant l’événement dans son contexte, le représentant de l’OMS au Mali a révélé qu’en célébrant la Journée mondiale de santé mentale, l’OMS a voulu rappeler à tous, ce que nos cultures ont toujours soutenu ; à savoir : ni la bonne santé ni la mauvaise santé n’apparaît par hasard dans une population. « Les deux sont profondément enracinés dans des processus sociaux fondés sur les interactions entre individus et groupes d’individus » .
Selon Dr. Lamine Cissé Sarr, au cours de ces dernières années, le concept de santé mentale a connu de nombreuses évolutions et transformations structurelles qui ont façonné sa perception et ses pratiques. « Il y a 50 ans, l’approche des soins aux malades mentaux est passée du placement en institution à une prise en charge communautaire » , a-t-il souligné.
Pour lui, les soins dispensés à ces malades ont reflété les valeurs sociales et culturelles qui influent sur la perception de la maladie dans la société et la manière dont les personnes atteintes sont traitées varie selon les cultures et les traditions.
Dans son exposé, Pr. Baba Coumaré a laissé entendre que la santé mentale est un élément essentiel et indissociable de la santé. Pour lui, dans la plupart des cas, l’abus de l’alcool et du tabac ainsi que des problèmes liés à la drogue posent un problème de santé publique. A ses dires, les programmes nationaux de santé mentale et de prévention de toxicomanie doivent viser à améliorer la qualité de la vie des populations par la prévention et la lutte contre les troubles mentaux neurologiques et psychosociaux ainsi que par la promotion des comportements et modes de vie propices à la santé d’une part et du bien-être mental d’autre part.
Ibrahim Touré, secrétaire général de l’Association pour la défense et la promotion des malades mentaux (ADPMM) et sa présidente, Mme Bagayoko Binta Siby, ont profité de cette tribune pour tirer la sonnette d’alarme en demandant l’implication de tous dans la lutte contre les dépressions mentales.
La cérémonie a pris fin par la remise par le représentant de l’OMS au Mali des matelas, des nettes, des paquets de lait et du sucre à l’ADPMM.
Partenariat IMD/Partis politiques maliens
Le CMDID bientôt sur les fonts baptismaux
Les partis politiques maliens sont en pleine concertation pour la création d’un Centre pour le dialogue inter partis et la démocratie (CMDID).
Le CMDID sera l’appellation du cadre formel de collaboration entre les partis maliens et l’IMD. Les réflexions sur la création de ce futur centre, qui verra bientôt le jour, sont intenses au sein des partis politiques maliens avec le soutien de l’IMD, partenaire privilégié des formations politiques maliennes en matière de formation de cadres, d’appui organisationnel et de financement de projets.
Des ateliers ont déjà regroupé la semaine dernière des responsables et représentants des partis politiques et l’équipe technique du projet PPRCPP/IMD sur le sujet. Les réflexions se poursuivent afin d’aboutir à la création du centre.
Durant les quatre dernières années, l’IMD travaillait par le canal d’organismes qui lui servaient de couverture juridique et institutionnelle. Ces organismes signaient les conventions de coopération avec l’IMD pour le compte des partis politiques. Suivant les nouvelles orientations, l’IMD compte soutenir les partis politiques vers une appropriation juridique et institutionnelle de ses programmes au Mali afin qu’ils arrivent à se concerter d’une façon permanente et à créer une structure dotée de la personnalité juridique.
Les objectifs du futur centre sont entre autres, de renforcer le dialogue entre les partis politiques et leur capacité organisationnelle, d’appuyer leur participation à la vie parlementaire, de soutenir les actions destinées à l’amélioration du cadre global de la démocratie et de la gouvernance au Mali. Un autre objectif du centre est qu’il sera un médiateur dans la gestion des conflits entre nos formations politiques. Cela est d’une importance capitale lorsque l’on sait que de nombreux contentieux opposent nos formations politiques et font que de nos jours il existe un climat tendu entre certains partis politiques.
La création d’un tel centre comporte de nombreux avantages pour l’évolution démocratique de notre paysage politique. En effet, la pléthore de partis politiques et leur incapacité à se regrouper font que nombre d’institutions ou d’organismes s’abstiennent de travailler avec les partis politiques maliens. Avec la création d’un tel centre, ces organismes ou institutions auront en celui-ci un partenaire et un répondant fiable. En plus, pour la démocratie, les acteurs clés qui sont les partis politiques vont s’entendre sur un minimum de programme commun pour contribuer à améliorer le cadre global de la démocratie à savoir : la relecture des textes (Charte des partis politiques, loi électorale), l’éducation civique (la mobilisation des électeurs, les inscriptions sur les listes électorales, la hausse du taux de participation), la concertation avec les acteurs de la société civile…
Denis Koné
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MEMOIRE D’UN MARTYR
Le Che et nous, même combat
La commémoration du 40e anniversaire de l’assassinat d’Ernesto Rafael Guevara de la Serna, plus connu sous le nom de Che Guevara ou Le Che, nous ramène à nous interroger sur le sens historique de notre propre révolution. Celle du 26 mars 1991, dont les élèves et étudiants ont été les fantassins. Che et nous, c’est le même combat : l’émancipation et l’affranchissement !
En novembre 1990, nous étions un petit groupe d’élèves des différents établissements de Sikasso à vouloir mettre notre région dans la mouvance estudiantine engagée dans la capitale par Oumar Mariko et ses camarades. Nos réunions clandestines sur la colline de l’aérodrome, surplombant le lycée, ont abouti à la formation d’un socle solide pour soutenir la coordination régionale de l’AEEM.
Et nous avions délibérément décidé de rester dans l’ombre pour appuyer nos camarades. Cela n’a pas empêché que nous soyons quotidiennement traqués jusque chez nos logeurs. Nous nous faisions alors appeler Cabral, Che, Lumumba, Sankara, Steve Biko, Arafat… Comme nous aurions pu nous surnommer Soundiata, Babemba, Samory, El hadj Omar, Chaka Zulu, Béhanzin… ou Modibo Kéita, Ahmed Sékou Touré, Kwame Nkrumah… Autant de références. Mais, nous étions plus portés sur le combat d’émancipation universelle d’un leader comme Che Guevara.
Ce qui n’est d’ailleurs pas surprenant car, depuis sa mort héroïque, Che ne s'appartient plus lui-même. Il est devenu une icône, une sorte de Che-sus Christ. Notre génération fait donc partie de celles qui se reconnaissent dans l’image du Che et bien d’autres combattants de la liberté et de l’émancipation des peuples. Les Che ont lutté pour l’émancipation humaine en diffusant un message universel. Ce révolutionnaire a lutté pour l’émancipation de l’homme. Vous vous demandez sans doute quel est le point de jonction avec notre combat dans les années 1990 ?
L’émancipation ! Nous revendiquions les meilleures conditions d’études et de formation. Nous voulions nous affranchir de la dictature militaire. Nous voulions libérer notre pays des griffes des valets du colonialisme. Nous voulions donner à chaque fils et à chaque fille de ce pays l’opportunité de contribuer à l’essor de notre nation en fonction de ses talents et de ses complaisances et non par copinage.
En nous soulevant en janvier et mars 1991, nous voulions, plus que la démocratie, déraciner totalement l’impérialisme et ses manifestations tentaculaires dans notre pays. Nous voudrions aussi que Sikasso, bastion de la résistance à la pénétration coloniale, soit la Santa Clara de la révolution démocratique malienne. Illusion ? Utopie ? Toujours est-il que nous étions convaincus de la justesse de notre soulèvement.
Quête de liberté et de justice sociale
Comme le dit Delia Luisa Lopez, professeure d’économie de La Havane, « Che critique, mais pose également la question de l’alternative. C’est un homme dangereux parce qu’il pense la lutte pour la prise du pouvoir et la construction d’une nouvelle société. En ce sens, il a apporté à la révolution contemporaine ». A la nôtre !
Nous avons vaincu ! Vaincu la dictature pour que la mort de nos martyrs ne soit pas vaine. Le régime disait que nous étions manipulés. Dans cette vie, qui n’est pas manipulé ? Plus que par les politiciens du Mouvement démocratique, nous étions manipulés par nos frustrations socioéconomiques et nos difficultés au quotidien, par les mauvaises conditions d’études, par la discrimination dans l’attribution des bourses d’études... Nous étions manipulés par notre quête de liberté. Nous étions en train d’étouffer dans notre propre pays comme nos grands parents à l’époque coloniale.
Malgré tous les efforts faits pour nous priver de l’éducation nécessaire à l’éveil de notre conscience citoyenne, nous avions pu lire Marx et Engels. Nous avons dévoré quantité de livres pour mieux connaître les Che, Lumumba, Steve Biko, Cabral, Sankara pour mieux nous imprégner du sens de leur combat. Le régime voulait faire de nous des citoyens sans conscience, les livres ont fait de nous des rebelles, des révolutionnaires.
Nous avons vaincu, disais-je ! A l’annonce de la victoire, nous étions meurtris dans notre chair et dans notre âme, mais nous avions sauté de joie. Nous étions alors heureux pour ce pays et son peuple. Nous avions alors rêvé d’une aube nouvelle pour la jeunesse de ce pays, de plus de justice et d’équité. Nous avions pensé d’une nouvelle école malienne, creuset de l’émergence de cadres compétents et consciencieux. Nous nous étions dit que ce pays n’allait plus courber l’échine devant aucune puissance et que personne ne pouvait impunément compromettre nos chantiers du développement socioéconomique en s’accaparant de nos ressources.
Révolution confisquée
Mais, en fait de compte, notre révolution a été confisquée. Nos rêves se sont noyés dans l’arène politique où la cupidité alimentaire a chassé les vraies idéologies libératrices. Les jeunes ne rêvent plus de facilité et courent derrière les parvenus et les cadres véreux pour se faire une place au soleil. Le matériel a pris le dessus sur la conviction profonde.
Ce qui fait que, aujourd’hui, ce sont ceux qui nous combattaient en 1991, en nous dénonçant aux autorités scolaires et administratives, qui font la pluie et le beau temps de la démocratie. Une démocratie au goût d’inachevé ! La révolution personnelle et morale n’a pas eu lieu. Les réformes ne sont jamais allées en profondeur des maux parce que les intérêts en jeu étaient trop importants.
La situation actuelle du Mali peut-être assimilée à la défaite politique et socioéconomique de notre révolution. Où est donc notre victoire, nous les martyrs ? Ont-ils raison ceux qui nous disaient, « si tu meurs dans ce genre de combat, tu sera un perdant » ? Nous nous morfondons dans l’ombre avec nos blessures à l’âme et dans la chair. Mais, nous ne perdons pas espoir. L’entrée à l’Assemblée nationale d’acteurs comme les Oumar Mariko, Me Amidou Diabaté, Yaya Sangaré… nous redonne l’espoir que notre sacrifice n’a pas été vain. Même s’ils doivent cohabiter avec des d’hommes arrivés par le vaisseau du copinage.
Comme l’écrivait récemment un confrère, « les années passent, les modes changent. Aux modernismes succèdent les post-modernismes, les dictatures sont remplacées par des démoncratures, le keynésianisme par le néo-libéralisme, le mur de Berlin par le mur de l'argent. Mais le message de Che Guevara, trente années plus tard, contient un noyau incandescent qui continue à brûler ».
Le monde se souviendra toujours des Che, des Sankara, des Steve Biko… Les Italiens se rappellent toujours de Giuiseppe Garibaldi, le père de l'unité italienne et idole de Che Guevara. Notre combat est de faire qu’on n’oublie jamais le sens du sacrifice des martyrs de la démocratie.
Moussa Bolly
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