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2007

Mois d'octobre

Les Echos du 11 Octobre

JOURNEE MONDIALE DE SANTE MENTALE

Trouble mental, un problème de santé publique

La Journée mondiale de santé a été célébrée le mercredi 10 octobre au siège de l’Organisation mondiale de la santé au Mali (OMS). Après un point de presse animé par le Pr. Baba Coumaré, chef du service psychiatrique du Point G, le représentant de l’OMS a offert des matelas, du lait, du sucre et des nattes à l’Association pour la défense et la promotion des malades mentaux.

Le représentant résidant de l’Organisation mondiale de la santé au Mali a présidé le mercredi au siège de l’institution un point de presse dont le thème est « la santé mentale dans un monde en mutation : impact de la culture et de la diversité » . La rencontre s’inscrivait dans le cadre de la célébration de la Journée mondiale de santé mentale.

Situant l’événement dans son contexte, le représentant de l’OMS au Mali a révélé qu’en célébrant la Journée mondiale de santé mentale, l’OMS a voulu rappeler à tous, ce que nos cultures ont toujours soutenu ; à savoir : ni la bonne santé ni la mauvaise santé n’apparaît par hasard dans une population. « Les deux sont profondément enracinés dans des processus sociaux fondés sur les interactions entre individus et groupes d’individus » .

Selon Dr. Lamine Cissé Sarr, au cours de ces dernières années, le concept de santé mentale a connu de nombreuses évolutions et transformations structurelles qui ont façonné sa perception et ses pratiques. « Il y a 50 ans, l’approche des soins aux malades mentaux est passée du placement en institution à une prise en charge communautaire » , a-t-il souligné.

Pour lui, les soins dispensés à ces malades ont reflété les valeurs sociales et culturelles qui influent sur la perception de la maladie dans la société et la manière dont les personnes atteintes sont traitées varie selon les cultures et les traditions.

Dans son exposé, Pr. Baba Coumaré a laissé entendre que la santé mentale est un élément essentiel et indissociable de la santé. Pour lui, dans la plupart des cas, l’abus de l’alcool et du tabac ainsi que des problèmes liés à la drogue posent un problème de santé publique. A ses dires, les programmes nationaux de santé mentale et de prévention de toxicomanie doivent viser à améliorer la qualité de la vie des populations par la prévention et la lutte contre les troubles mentaux neurologiques et psychosociaux ainsi que par la promotion des comportements et modes de vie propices à la santé d’une part et du bien-être mental d’autre part.

Ibrahim Touré, secrétaire général de l’Association pour la défense et la promotion des malades mentaux (ADPMM) et sa présidente, Mme Bagayoko Binta Siby, ont profité de cette tribune pour tirer la sonnette d’alarme en demandant l’implication de tous dans la lutte contre les dépressions mentales.

La cérémonie a pris fin par la remise par le représentant de l’OMS au Mali des matelas, des nettes, des paquets de lait et du sucre à l’ADPMM.

Idrissa Sako

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Partenariat IMD/Partis politiques maliens 

Le CMDID bientôt sur les fonts baptismaux

Les partis politiques maliens sont en pleine concertation pour la création d’un Centre pour le dialogue inter partis et la démocratie (CMDID).

Le CMDID sera l’appellation du cadre formel de collaboration entre les partis maliens et l’IMD. Les réflexions sur la création de ce futur centre, qui verra bientôt le jour, sont intenses au sein des partis politiques maliens avec le soutien de l’IMD, partenaire privilégié des formations politiques maliennes en matière de formation de cadres, d’appui organisationnel et de financement de projets.

Des ateliers ont déjà regroupé la semaine dernière des responsables et représentants des partis politiques et l’équipe technique du projet PPRCPP/IMD sur le sujet. Les réflexions se poursuivent afin d’aboutir à la création du centre.

Durant les quatre dernières années, l’IMD travaillait par le canal d’organismes qui lui servaient de couverture juridique et institutionnelle. Ces organismes signaient les conventions de coopération avec l’IMD pour le compte des partis politiques. Suivant les nouvelles orientations, l’IMD compte soutenir les partis politiques vers une appropriation juridique et institutionnelle de ses programmes au Mali afin qu’ils arrivent à se concerter d’une façon permanente et à créer une structure dotée de la personnalité juridique.

Les objectifs du futur centre sont entre autres, de renforcer le dialogue entre les partis politiques et leur capacité organisationnelle, d’appuyer leur participation à la vie parlementaire, de soutenir les actions destinées à l’amélioration du cadre global de la démocratie et de la gouvernance au Mali. Un autre objectif du centre est qu’il sera un médiateur dans la gestion des conflits entre nos formations politiques. Cela est d’une importance capitale lorsque l’on sait que de nombreux contentieux opposent nos formations politiques et font que de nos jours il existe un climat tendu entre certains partis politiques.

La création d’un tel centre comporte de nombreux avantages pour l’évolution démocratique de notre paysage politique. En effet, la pléthore de partis politiques et leur incapacité à se regrouper font que nombre d’institutions ou d’organismes s’abstiennent de travailler avec les partis politiques maliens. Avec la création d’un tel centre, ces organismes ou institutions auront en celui-ci un partenaire et un répondant fiable. En plus, pour la démocratie, les acteurs clés qui sont les partis politiques vont s’entendre sur un minimum de programme commun pour contribuer à améliorer le cadre global de la démocratie à savoir : la relecture des textes (Charte des partis politiques, loi électorale), l’éducation civique (la mobilisation des électeurs, les inscriptions sur les listes électorales, la hausse du taux de participation), la concertation avec les acteurs de la société civile…

Denis Koné

 

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MEMOIRE D’UN MARTYR

Le Che et nous, même combat

La commémoration du 40e anniversaire de l’assassinat d’Ernesto Rafael Guevara de la Serna, plus connu sous le nom de Che Guevara ou Le Che, nous ramène à nous interroger sur le sens historique de notre propre révolution. Celle du 26 mars 1991, dont les élèves et étudiants ont été les fantassins. Che et nous, c’est le même combat : l’émancipation et l’affranchissement !

En novembre 1990, nous étions un petit groupe d’élèves des différents établissements de Sikasso à vouloir mettre notre région dans la mouvance estudiantine engagée dans la capitale par Oumar Mariko et ses camarades. Nos réunions clandestines sur la colline de l’aérodrome, surplombant le lycée, ont abouti à la formation d’un socle solide pour soutenir la coordination régionale de l’AEEM.

Et nous avions délibérément décidé de rester dans l’ombre pour appuyer nos camarades. Cela n’a pas empêché que nous soyons quotidiennement traqués jusque chez nos logeurs. Nous nous faisions alors appeler Cabral, Che, Lumumba, Sankara, Steve Biko, Arafat… Comme nous aurions pu nous surnommer Soundiata, Babemba, Samory, El hadj Omar, Chaka Zulu, Béhanzin… ou Modibo Kéita, Ahmed Sékou Touré, Kwame Nkrumah… Autant de références. Mais, nous étions plus portés sur le combat d’émancipation universelle d’un leader comme Che Guevara.

Ce qui n’est d’ailleurs pas surprenant car, depuis sa mort héroïque, Che ne s'appartient plus lui-même. Il est devenu une icône, une sorte de Che-sus Christ. Notre génération fait donc partie de celles qui se reconnaissent dans l’image du Che et bien d’autres combattants de la liberté et de l’émancipation des peuples. Les Che ont lutté pour l’émancipation humaine en diffusant un message universel. Ce révolutionnaire a lutté pour l’émancipation de l’homme. Vous vous demandez sans doute quel est le point de jonction avec notre combat dans les années 1990 ?

L’émancipation ! Nous revendiquions les meilleures conditions d’études et de formation. Nous voulions nous affranchir de la dictature militaire. Nous voulions libérer notre pays des griffes des valets du colonialisme. Nous voulions donner à chaque fils et à chaque fille de ce pays l’opportunité de contribuer à l’essor de notre nation en fonction de ses talents et de ses complaisances et non par copinage.

En nous soulevant en janvier et mars 1991, nous voulions, plus que la démocratie, déraciner totalement l’impérialisme et ses manifestations tentaculaires dans notre pays. Nous voudrions aussi que Sikasso, bastion de la résistance à la pénétration coloniale, soit la Santa Clara de la révolution démocratique malienne. Illusion ? Utopie ? Toujours est-il que nous étions convaincus de la justesse de notre soulèvement.

Quête de liberté et de justice sociale

Comme le dit Delia Luisa Lopez, professeure d’économie de La Havane, « Che critique, mais pose également la question de l’alternative. C’est un homme dangereux parce qu’il pense la lutte pour la prise du pouvoir et la construction d’une nouvelle société. En ce sens, il a apporté à la révolution contemporaine ». A la nôtre !

Nous avons vaincu ! Vaincu la dictature pour que la mort de nos martyrs ne soit pas vaine. Le régime disait que nous étions manipulés. Dans cette vie, qui n’est pas manipulé ? Plus que par les politiciens du Mouvement démocratique, nous étions manipulés par nos frustrations socioéconomiques et nos difficultés au quotidien, par les mauvaises conditions d’études, par la discrimination dans l’attribution des bourses d’études... Nous étions manipulés par notre quête de liberté. Nous étions en train d’étouffer dans notre propre pays comme nos grands parents à l’époque coloniale.

Malgré tous les efforts faits pour nous priver de l’éducation nécessaire à l’éveil de notre conscience citoyenne, nous avions pu lire Marx et Engels. Nous avons dévoré quantité de livres pour mieux connaître les Che, Lumumba, Steve Biko, Cabral, Sankara pour mieux nous imprégner du sens de leur combat. Le régime voulait faire de nous des citoyens sans conscience, les livres ont fait de nous des rebelles, des révolutionnaires.

Nous avons vaincu, disais-je ! A l’annonce de la victoire, nous étions meurtris dans notre chair et dans notre âme, mais nous avions sauté de joie. Nous étions alors heureux pour ce pays et son peuple. Nous avions alors rêvé d’une aube nouvelle pour la jeunesse de ce pays, de plus de justice et d’équité. Nous avions pensé d’une nouvelle école malienne, creuset de l’émergence de cadres compétents et consciencieux. Nous nous étions dit que ce pays n’allait plus courber l’échine devant aucune puissance et que personne ne pouvait impunément compromettre nos chantiers du développement socioéconomique en s’accaparant de nos ressources.

Révolution confisquée

Mais, en fait de compte, notre révolution a été confisquée. Nos rêves se sont noyés dans l’arène politique où la cupidité alimentaire a chassé les vraies idéologies libératrices. Les jeunes ne rêvent plus de facilité et courent derrière les parvenus et les cadres véreux pour se faire une place au soleil. Le matériel a pris le dessus sur la conviction profonde.

Ce qui fait que, aujourd’hui, ce sont ceux qui nous combattaient en 1991, en nous dénonçant aux autorités scolaires et administratives, qui font la pluie et le beau temps de la démocratie. Une démocratie au goût d’inachevé ! La révolution personnelle et morale n’a pas eu lieu. Les réformes ne sont jamais allées en profondeur des maux parce que les intérêts en jeu étaient trop importants.

La situation actuelle du Mali peut-être assimilée à la défaite politique et socioéconomique de notre révolution. Où est donc notre victoire, nous les martyrs ? Ont-ils raison ceux qui nous disaient, « si tu meurs dans ce genre de combat, tu sera un perdant » ? Nous nous morfondons dans l’ombre avec nos blessures à l’âme et dans la chair. Mais, nous ne perdons pas espoir. L’entrée à l’Assemblée nationale d’acteurs comme les Oumar Mariko, Me Amidou Diabaté, Yaya Sangaré… nous redonne l’espoir que notre sacrifice n’a pas été vain. Même s’ils doivent cohabiter avec des d’hommes arrivés par le vaisseau du copinage.

Comme l’écrivait récemment un confrère, « les années passent, les modes changent. Aux modernismes succèdent les post-modernismes, les dictatures sont remplacées par des démoncratures, le keynésianisme par le néo-libéralisme, le mur de Berlin par le mur de l'argent. Mais le message de Che Guevara, trente années plus tard, contient un noyau incandescent qui continue à brûler ».

Le monde se souviendra toujours des Che, des Sankara, des Steve Biko… Les Italiens se rappellent toujours de Giuiseppe Garibaldi, le père de l'unité italienne et idole de Che Guevara. Notre combat est de faire qu’on n’oublie jamais le sens du sacrifice des martyrs de la démocratie.

Moussa Bolly

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EXPLOITATION DE L’OR

Rapport accablant pour les Etats africains

L’Afrique contient la moitié des réserves d’or connues au monde et en produit 600 tonnes par an, mais au détriment de ses populations. Le journaliste Suisse Gilles Labarthe, auteur de « L’or noir », édité en collaboration avec Oxfam France-Agir et l’association Survie, revient dans son œuvre sur le calvaire des populations des zones abritant les mines d’or. Le cas du Mali n’échappe pas à l’attention.

Les populations africaines ne profitent guère des productions aurifères de leurs pays. En plus, les résidents des localités dans lesquelles se trouvent les mines d’or sont victimes de toutes les conséquences néfastes engendrées par la production de l’or. C’est fort de ce constat que même des Occidentaux, comme le journaliste suisse Gilles Labarthe, parlent de ce qu’ils qualifient de « bombe écologique ».

D’abord, pour M. Labarthe, l’exploitation de l’or africain occasionne de sérieux problèmes environnementaux et sanitaires sur les populations locales et cela continuera encore longtemps. « L’accumulation de la dégradation écologique et des dommages sanitaires par l’extraction de l’or à ciel ouvert va ruiner les régions productrices jusqu’aux générations futures », s’est-il indigné. Ces dommages sont la résultante notamment de la contamination des eaux souterraines par le cyanure et le mercure, deux substances toxiques ayant causé des cas de paralysie, de cécité et d’autres pertes nombreuses, a-t-il ajouté.

Gilles Labarthe a aussi souligné le fait que l’or africain a servi à « financer des mouvements armés comme en République démocratique du Congo ». Le hic est qu’en Afrique, il est difficile de tracer les origines des fonds réellement obtenus grâce à l’or. Il a aussi fustigé les sociétés d’exploitation d’or africain qui réalisent, au grand dam des locaux, de « grands bénéfices à cause du fait que l’or africain ainsi que la main d’œuvre sont moins chers ».

Se référant au rapport de la Fédération internationale pour les droits de l’homme (FIDH) publié le mois dernier et qui cite : « Le Mali est le troisième plus grand producteur d’or en Afrique mais les moissons époussettent seulement », M. Labarthe a affirmé que les populations des zones, où l’or est exploité au Mali ne profitent aucunement de ses retombées, mais sont plutôt victimes de ses conséquences. Il a soutenu son argument par le cas des populations de Sadiola, dont un des fils vivant en France n’a d’ailleurs pas hésité à affirmer que « quatre sur cinq femmes s’égarent à Sadiola à cause des conséquences de la production de l’or ».

Considérant les potentialités de notre pays en or, ce journaliste écrivain a trouvé là une raison au fait que notre pays soit « classé 175e sur 177 pays en terme de développement humain ».

Ogopémo Ouologuem

(stagiaire)

 

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VOLS, DETOURNEMENTS DECELES PAR LE VEGAL

Les fossoyeurs doivent 10 000 F CFA à chaque Malien

Dans notre édition dernière, nous évoquions la part de dette que chacun des 12 millions de Maliens doit à nos créanciers à savoir 54 000 F CFA. Aujourd’hui, nous faisons un petit calcul sur ce que les fossoyeurs de l’économie malienne doivent à chaque citoyen. Cette somme est d’environ 10 000 F CFA sur la base des 118 milliards de F CFA débusqués par le Vérificateur général dans ses deux rapports.

Qu’a-t-on fait de l’emprunt extérieur du Mali qui s’élevait à 647 milliards en 2006 après les différents allègements des bailleurs de Fonds ? Cette question restée longtemps pendue sur nos têtes comme une épée de Damoclès a trouvé une ébauche de réponse avec les rapports du bureau du Vérificateur général.

En effet, Sidi Sosso Diarra, le Vérificateur général choisi après une offre d’emploi publique, a publié deux rapports qui, grosso modo, nous révèlent que près de 118 milliards (15 dans le premier rapport et 103 pour le second) ont été volés au Trésor public par des individus sans scrupule couvés au sommet de l’Etat et bénéficiant de protections souvent très puissantes. Car, comme le soulignait un confrère, « depuis la publication du deuxième rapport du Végal, les plus hautes autorités de l’Etat jouent les sourds-muets aveugles à part une vague promesse du président de la République dans son discours à la nation du 22 septembre. Quand on sait que les promesses n’engagent que ceux qui y croient, pour paraphraser Charles Pasqua, il y a lieu de rester sceptique ».

Cela veut dire que le pays continuera de s’endetter, des dettes qui ne profiteront qu’à une infime partie de la population, une nouvelle bourgeoisie qui ne dit pas son nom. En attendant, chacun des 12 millions de Maliens devra payer les frais de leur escapade en raison de 54 000 F CFA pour rembourser les 647 milliards de nos créanciers.

Et de l’autre côté, si l’on s’en tient aux 118 milliards des deux rapports du Végal, ces « voleurs » ont dépouillé chacun de leur concitoyen de la modeste somme de 10 000 F CFA. Et ils ne sont pas prêts de s’arrêter en si bon chemin, sachant que l’impunité est leur garantie.

Faut-il « prendre Dieu » ou protester ?

Sidiki Y. Dembélé

 

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TOGO-MALI

Un nouveau départ pour les Aigles

Quel que soit le résultat du match du vendredi à Lomé, on est sûr d’assister à un nouveau départ pour notre équipe nationale de football seniors. Nous ne pouvons plus continuer à jouer à nous faire peur avec les potentialités qui sont les nôtres présentement.

« Le Malien aime le défi et il ne s’en sort jamais aussi mieux que lorsqu’il est acculé » , nous dit une femme lors de notre micro trottoir sur le match de demain. Décidément, les Aigles aiment se mettre dans des situations périlleuses. Ce fut le cas pour les éliminatoires des Can de 1994 et de 2004 où tout s’est joué lors du dernier match. Cela nous a réussi jusque-là. Et on ne peut souhaiter mieux pour Djilla et ses coéquipiers contre les Eperviers du Togo.

Ayant gâché toutes les opportunités d’éviter une fin de course pénible, ils sont aujourd’hui obligés de jouer au quitte ou double dans la capitale togolaise où l’ambiance ne sera pas leur meilleur allié. Mais, il faut faire avec en souhaitant que l’encadrement technique parvienne à mettre notre sélection nationale dans l’état de réarmement moral et psychologique pour aborder cette échéance cruciale.

Pour les éliminatoires combinées Can/Mondial-2006, les Eperviers nous ont battus à l’aller comme au retour. Sur la route de « Ghana-2008 », nous avons remporté la première manche à domicile. Nous abordons donc la seconde demain. Ce que les Togolais ont réussi en 2005, nous pouvons le réussir demain. Pour ce faire, il n’y a qu’une seule considération valable : gagner ! « Gagner ou périr », a dit Jean-François Jodar lors de sa conférence de presse. Nous ne pouvons pas périr alors que nous avons tant de potentialités.

Briser le cou au passé

Puisque nous ne pouvons pas changer le destin des Aigles, nous n’avons qu’à croiser les doigts pour prier en leur faveur. Mobilisons-nous en nous disant que nos joueurs savent ce qu’ils doivent faire pour mériter de la patrie. Nos basketteuses ont courageusement démontré qu’avec la volonté, on peut s’imposer sur n’importe quel plancher, sur n’importe quelle pelouse. A eux de s’inspirer de la bravoure des héroïnes de Dakar pour qu’ils soient des héros que nous célébrerons certainement avec la fête du ramadan, pour que cette date reste doublement un jour de fête pour les Maliens.

Mais, quel que soit le résultat de demain à Kegué, il faut un nouveau départ pour les Aigles. Nos cœurs ne supportent plus toutes ces sensations extrêmes qu’ils nous infligent à l’occasion de chaque campagne des éliminatoires. Notre effectif est assez riche pour nous épargner de telles souffrances psychologiques. Ne nous voilons pas la face, tout le problème des Aigles est une question de gestion, donc de dirigeants et de techniciens.

Comment tirer le meilleur profit de la génération de surdoués dont dispose le Mali actuellement ? L’avenir de notre football dépend de la pertinence de la solution à cette équation. Avec le succès qui est le tien à la tête du basket-ball, on ne doute pas que le nouveau ministre de la Jeunesse et des Sports trouve la solution idoine permettant au sport malien, singulièrement au football, de sortir définitivement de l’auberge des résultats en dents de scies !

Moussa Bolly

 

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TOGO-MALI

L’optimisme mesuré des Maliens

A 24 h du match capital qui doit opposer le Mali au Togo, à Lomé, les supporters ont donné leur avis sur les chances de qualification des Aigles. S’ils sont nombreux à croire à la victoire de Djilla et de ses coéquipiers, beaucoup critiquent aussi le choix porté sur certains joueurs par le coach Jean-François Jodar.

Cheickna Traoré « Kolo » (capitaine des Aigles des années 1960)  :

« La différence par patriotisme »

« Je suis optimiste pour le match du 12 octobre dans la mesure où nous avons des joueurs pour relever ce défi. Il faut que les joueurs se donnent, qu'ils soient solidaires en ayant le sens du patriotisme. Nous avons des joueurs talentueux, mais tout ce qui leur manque c'est le patriotisme. Sinon, le coach n'a rien à leur apprendre. Ils n'ont pas besoin d'argent. Mais, qu'ils sachent que les 12 millions de Maliens auront le cœur et les yeux sur eux. Faisons leur confiance pour le rendez-vous de Lomé ».

Astou Ndiaye (ancienne basketteuse)  :

« Vaincre le signe indien »

« Je pense qu'il ne faut pas se fier uniquement aux matches des éliminatoires combinés Can/Mondial-2006 contre le Togo pour douter de la qualification des Aigles. Chaque équipe à sa bête noire... Par ailleurs, gagner le dernier match contre un adversaire chez lui, et qui a besoin aussi d'une victoire, est un immense défi ! Mais, n'oublions pas que, à cœur vaillant, rien d'impossible. La vraie inquiétude vient plutôt des absents (Eric Sékou Chelles, Drissa Diakité, Alphousseyni Kéita...) et du potentiel des remplaçants à manager les matchs.

J'espère que l'équipe du Mali sera très offensive dans le choix des joueurs et pas dans un schéma défensif. Pour finir, à chaque fois que l'équipe du Mali s'est qualifiée dans la difficulté (Can-1994, Can 2004), elle a fait de très grandes phases finales. Nous sommes toujours meilleurs dans l'adversité. Savoir atterrir et remettre les pendules à l'heure est parfois un bon stimulant. Allez les Aigles et ayez une pensée pour l'équipe féminine de basket et son trophée remporté de haute lutte à Dakar ».

Moussa Kéita « Dougutigui » (ancien défenseur des Aigles)  :

« Il faut bien servir Kanouté »

« Depuis près de dix ans maintenant, le Mali a des joueurs de qualité et de quoi remporter toutes les grandes compétitions internationales... Après 2002 et 2004, nous étions encore plus forts, mais nous n’avons pas réussi à nous qualifier pour la Can de 2006. Le problème, c’est que des entraîneurs comme Jodar se privent de joueurs comme Driballon (Drissa Diakité), Alphousseyni… Ils utilisent un schéma avec quatre milieux défensifs alors qu’ils n’ont en réalité que deux. Ça donne à réfléchir. A Lomé, il faut des joueurs pour centrer dans l’axe adverse afin de permettre à Kanouté de se mettre en exergue ».

Souleymane Sangaré (défenseur des Aigles à la Can-1994)  :

« Les Aigles ont les moyens de se qualifier »

« Nous avons les moyens de nous qualifier à Lomé dans la mesure où notre destin se trouve dans notre propre main. Cela doit rendre la tâche des joueurs facile. Il s'agit de s'accepter en travaillant et en ayant à cœur de bien défendre leurs objectifs. Rien à signaler par rapport à la liste des joueurs convoqués. Au contraire, c'est aux joueurs de donner raison à l'entraîneur ».

Ami Sangaré (supportrice du Djoliba de Bamako)  :

« Momo ne mérite pas la sélection »

« J'aimerais savoir pourquoi Jodar sélectionne Momo (Mohamed Lamine Sissoko de Liverpool) et pas Drissa Diakité ? Je ne sais pas s'il s'en rend compte. Mais, l'heure est grave pour les Aigles. Je ne sais toujours pas que fait un joueur indolent comme Mohamed Lamine Sissoko pour être appelé en équipe nationale ! En tout cas, ce n'est pas en écartant Driballon de l’équipe nationale que sa confiance (Jodar) avec les Aigles va s'améliorer ! Sinon je souhaite bonne chance aux Aigles ».

Yacouba Diallo (mécanicien)  :

« Discrimination dans le choix des joueurs »

« Driballon « victime de la concurrence » avec Djilla ou Momo, selon Jodar ! Mais, dans quel monde vit-on ? C’est une discrimination à l’égard de Drissa Diakité. Avec un tel individu à la tête de la sélection nationale, je dirais que les chances de qualification face aux Eperviers s'amenuisent. Regardez un peu le parcours : un nul à Bamako face au Bénin ! C'est quoi ? »

Bassékou Doucouré (Comité de gestion du Stade malien de Bamako)  :

« Museler Adebayor » !

« Bien sûr que les Aigles vont se qualifier. N'oubliez jamais que notre équipe reste toujours une formation redoutable et nos joueurs sont tous des grands techniciens favoris en Europe. Sans parler de l'expérience indéniable de Jodar. Nos défenseurs sont très solides, nos milieux sont tous des techniciens et nos attaquants sont tous des artistes doués. Et ils sont tous dirigés et supervisés par un entraîneur de grande classe. A Lomé, il faut seulement museler Adebayor. Ce qui ne doit pas poser de problème à Jodar ! »

Fanta Bathily (technicienne de la santé)  :

« Les Aigles doivent mouiller le maillot »

« Les Aigles ne vont jamais se qualifier tant que l’entraîneur continue ses indéfinissables expériences sur les joueurs. Sans oublier les mic-mac de son adjoint. Battre le Togo à Lomé à ce stade de la compétition, c'est difficile mais pas impossible. A nos joueurs de le prouver en mouillant le maillot ».

Mamadou Kaloga  (président commission médias de Malifoot)  :

« La sécurité des Maliens doit être assurée »

« Je crois aux Aigles et leur qualification ne souffre d'aucun doute. Ils doivent jouer à fond, sans calcul. Nous sommes un pays de paix. A ce titre, je demande aux autorités togolaises de veuillez sur la sécurité des Maliens. Il est aussi souhaitable qu’elles prennent des dispositions pour assurer aux joueurs, aux journalistes et aux supporters maliens les meilleures conditions de séjour et de travail ».

Propos recueillis par

Boubacar Diakité Sarr

 

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