Les Echos du 10 Octobre
EX-MINISTERE DE L'EDUCATION NATIONALE
Les enseignants désapprouvent la scission en deux entités
A peine le gouvernement installé, des réactions sur ses membres et aux nouvelles dénominations fusent de partout. Les ministères des Enseignements secondaire, supérieur et de la Recherche scientifique et de l'Education de base, de l'Alphabétisation et des Langues nationales sont parmi les départements qui suscitent le plus d'oppositions, avec les enseignants et leurs syndicats, qui expriment leur déception après l'éclatement en deux entités du désormais ex-ministère de l'Education nationale.
Dans la nouvelle équipe gouvernementale conduite par le Premier ministre Modibo Sidibé, des ministères ont disparu, certains ont été rajoutés à d'autres ; le défunt ministère de l'Education nationale a été divisé en deux départements : ministère des Enseignements secondaire, supérieur et de la Recherche scientifique et le ministère de l'Education de base, de l'Alphabétisation et des Langues nationales.
Bien avant la mise en place du gouvernement, cette division avait fait le tour du milieux des instituteurs. Maintenant qu'elle est officielle avec la composition du gouvernement, les enseignants ne cachent plus leur désapprobation, voire leur scepticisme quant à la réussite de cet éclatement en deux identités « non judicieux » .
D'abord, les syndicats d'enseignants ont donné de la voix, en dénonçant cette scission. Le secrétaire général de la Fédération des enseignants du Mali (Fen), Youssouf Ganaba, n'a pas voulu épiloguer sur cette question. Pour lui, il est clair que le chemin menant au succès de notre école ne passe pas par cette division.
Il est convaincu de la nécessité d'une « bonne politique éducative et un engagement patriotique de tous les acteurs du système éducatif pour qu'on puisse voir le bout du tunnel » . Avant lui, le Syndicat national de l'éducation et de la culture (Snec) a, lors d'un point de presse, critiqué cette division au moment où elle n'était qu'une rumeur. Aux dires de Tibou Telly, secrétaire général du Snec, la clé de la réussite est loin d'être dans la scission.
L'impossible défi de la communication
Dans la mesure où l'éducation de base constitue, comme son nom l'indique, la base du système éducatif et les enseignements secondaire et supérieur, la continuité logique de cette base, il serait naturellement raisonnable que les deux entités forment un seul département pour une politique cohérente et viable, a argumenté M. Telly.
Ce qu'il n'arrive toujours pas à comprendre, c'est la « persévérance » des autorités à refaire cette expérience quand bien même elle s'est avérée infructueuse par le passé. « Au temps d'Alpha, les deux ministères étaient séparés et ça n'a pas été un succès. Ce n'est pas maintenant que ça le sera. Pourquoi alors le faire ? Nous ne sommes pas pour » , s'est il plaint.
« La communication a toujours été un problème dans ce pays » , nous a confié un directeur de Centre d'animation pédagogique (Cap). A ses dires, ces deux départements ne feront pas exception à ça. Son premier argument est que les deux départements seront handicapés par la distance, car ne siégeant pas dans les mêmes locaux. Il n'est pas non plus évident qu'il y ait des agents détachés spécialement pour assurer la liaison entre les deux départements, qui doivent se communiquer constamment à travers des entretiens.
« S'il faut que chacun mène sa politique comme on l'a connu, qui préparera donc la formation de base pour les formations secondaires et supérieures ? » s'est-il demandé. Et d'ajouter que « dans ce contexte, la formation de base ne sera probablement pas compatible avec la suite du cursus scolaire et universitaire. Bonjour alors les dégâts ! »
Tout en se démarquant de cette division, un directeur de second cycle fondamental souligne que « nous sommes des robots téléguidés, qui se conforment tout simplement à ce qui vient d'en haut » . Il précise que l'école malienne ne serait « performante » que lorsque tous ses acteurs seraient associés à la prise des décisions majeures.
Ogopémo Ouologuem
(stagiaire)
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FABRICATION DU PAIN
Le Niger substitue le mil et le maïs au blé
Les pays africains sont durement frappés par la montée en flèche du prix du blé indispensable à la fabrication du pain. Au Niger voisin, les autorités, le patronat de boulangers et les associations de consommateurs ont convenu de remplacer le blé par la farine de mil et de maïs pour faire du pain.
Les pays africains ne sont pas de grands producteurs de blé, une matière première dans la panification. Ce produit nous vient d'Europe dont la production ces dernières années a considérablement diminué du fait de la sécheresse et une politique de régénérescence des sols par la jachère. Au Mali, comme dans la plupart des pays au sud du Sahara, le coup a été ressenti.
Toutes les solutions possibles ont été envisagées par des gouvernements pour éviter des émeutes du pain que pourrait engendrer une hausse du prix de la baguette. Au Mali, les autorités et les associations patronales de boulangers ont réajusté le poids du pain au lieu d'augmenter les prix. Ainsi, le gros pain a connu une cure d'amaigrissement de 400 à 300 g. La baguette est passée de 200 à 150 g.
Il y a deux semaines, à l'issue d'intenses négociations tripartites entre le ministère nigérien de la Compétitivité et de la Lutte contre la vie chère, le patronat des boulangers, les consommateurs, les parties sont tombées d'accord pour éviter toute hausse de prix. La solution palliative que les autorités nigériennes ont envisagée avec ses partenaires a été de remplacer la farine de blé par celle du mil et du mais dans la boulangerie. La mesure doit en principe être effective d'ici à fin de l'année.
Selon les commentaires de Télé Sahel (télévision publique nigérienne), la tonne de blé coûte 400 000 F CFA au Niger. La même quantité de mil est vendue à 130 000 F et le maïs à 115 000 F CFA. Il y a de quoi choisir ces céréales locales si elles peuvent entrer dans la fabrication du pain.
L'expérience avait pourtant été tentée dans notre pays et même au Sénégal il y a quelques années. Elle a malheureusement fait long feu dans ces deux pays où les consommateurs n'ont pas apprécié le goût. La seule issue, pour nous les Africains, serait la vulgarisation de cette culture de rente qu'est le blé. Surtout au Mali, nous avons d'immenses potentialités agricoles au nord, à Diré où le bléculture a toujours marché.
La Compagnie malienne pour le développement du blé (CMDB), une filiale des Grands moulins du Mali, entend aussi relancer cette culture à l'Office du Niger avec le concours des bailleurs de fonds. Les services de recherche agricole comme l'Institut d'économie rurale et l'Office de la haute vallée du Niger (OHVN) doivent s'impliquer à fond pour que notre pays sorte de cette dépendance alimentaire qui n'a que trop duré.
Abdrahamane Dicko
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VEILLE DE FETE AU GRAND MARCHE
C'est l'argent qui manque le plus
Le marché en cette veille de fête de fin de ramadan, ressemble à une fourmilière. Mais, cette affluence n'est pas synonyme de bonnes affaires pour les commerçants, qui crient à la mévente ; les « clients », eux, se disent effrayés par la cherté des produits.
Le Mali est un pays où le contrôle des prix est difficile parce que le libéralisme économique en vigueur depuis 1991 fait que le gouvernement est impuissant à réguler le marché. D'une boutique à l'autre, le prix d'un même article diffère, si ce n'est du simple au double. C'est la conséquence du libéralisme économique qui permet au commerçant de fixer son prix.
A la veille de la fête de ramadan, cette tendance s'emballe. Le consommateur est écrasé par les prix à cause d'autres facteurs : la rentrée des classes, les dépenses quotidiennes du mois de ramadan, entre autres. C'est la période la plus faste de l'année où le commerçant peut faire le maximum de profits. Au regard de ce tableau, la situation actuelle des prix ne surprend guère.
A quelques encablures de la fête d'Aïd el-Fitr, le Grand marché grouille de monde mais, conviennent les commerçants, les achats ne suivent pas. « Le marché est lent. Les clients viennent mais s'enquièrent pour la plupart des prix avant de repartir sur la pointe des pieds. A la veille de la fête, je vends entre 20 000 F CFA et 25 000 F CFA par jour pour les pagnes Wax. Or, l'année dernière, j'avoisinais par jour les 70 000 F CFA » , constate Safiatou Diarra.
A côté de cette mévente décriée, les tracasseries policières auxquelles n'échappent pas les commerçants. « Dès fois, on vend mieux. Mais, les policiers nous dérangent sous prétexte que nous occupons la voie publique. Il y a de l'affluence mais moins d'achat. Malgré tout, nous sommes obligés de payer 1000 F CFA aux policiers. Et lorsqu'on a affaire à la mairie, nous payons 3000 F CFA. Il n'y a pas de comparaison possible entre 2006 et cette année. L'année dernière, je gagnais par jour pas moins de 200 000 F CFA. Mais quand je parviens à vendre cette année pour 75 000 F CFA par jour, ça relève du miracle » , se plaint Demba Diallo, revendeur de chaussures.
Des propos corroborés par Seydou Kéita, qui estime que l'année dernière était meilleure à cette année. « Au Grand marché ici, nous avons plusieurs types de policiers. Ils nous rackettent tous les jours car, chacun réclame sa part. Quant aux gros bras, nous leur donnons 500 F CFA pour échapper à leur diktat » .
La qualité et le toc
Si les prix du Bazin (entre 5000 F CFA et 6000 F CFA le mètre) et les Uniwax (12 000 F CFA le yard) restent inchangés, il en va autrement pour les mèches, les vêtements et les chaussures pour enfant qui sont prisés. « Franchement, les prix ne sont pas abordables. Auparavant, j'achetais la mèche Darling à 2750 F CFA contre 3000 F CFA actuellement. J'étais venue pour acheter 4 paquets mais ayant été prise de court par les nouveaux prix, j'ai été obligée de m'arrêter à 3 paquets » , explique une cliente. Et de poursuivre que les chaussures qui étaient vendues à 3000 F CFA minimum, sont cédées aujourd'hui entre 5000 et 10 000 F CFA.
S'agissant des vêtements pour enfant, ils ont connu une augmentation de 150 F CFA à 250 F CFA. Idem pour les chaussures. « Les vêtements pour enfant de même que les chaussures sont passés de 1250 F CFA à 1500 F CFA. Nous ne bénéficions que de 100 F à 150 F CFA. L'augmentation des prix ne dépend pas de nous, elle provient plutôt de nos fournisseurs. S'ils augmentent, nous sommes obligés de revoir aussi à la hausse nos prix pour pouvoir tirer profit de notre commerce. Cependant, l'affluence qui se dégage ne correspond pas à la réalité de la vente » , explique Many Camara.
Un passage au Grand marché permet de constater qu'il y a des articles pour toutes les bourses même s'il est évident que dans bien des cas, la qualité n'est pas satisfaisante. Or, dès qu'un enfant a l'âge de comprendre, il sait faire la différence entre les objets de qualité et le toc. C'est cette réalité qui amène bien des chefs de famille déjà tenaillés par le quotidien à se ceindre la taille pour satisfaire les caprices de leurs ados accrocs de la dernière vogue.
« Je viens du marché. Je me rends compte qu'il y a toutes sortes de prix. Pour un enfant de 2 à 3 ans, tu peux acheter des articles à bas prix. A partir du moment où ils sont assez grands, ça devient compliqué. Ils exigent de la qualité qui nous revient plus cher. Je suis venu avec pas moins de 100 000 F CFA pour mes 2 filles et mon jeune garçon, voilà je retourne à la maison avec des jetons. Pendant que mon souci c'est de les nourrir, eux, ils tiennent à être impec coûte que coûte le jour de la fête » , témoigne un chef de famille.
Comme on le voit, malgré les discours et les vœux qui sont restés pieux, les prix ont grimpé à cette veille de la fête de ramadan. Heureusement, que les prix ne sont pas affichés par 3/4 des commerçants. Le marchandage est alors possible… La seule issue pour le client.
Mohamed Daou
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