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2007

Mois d'octobre

Les Echos du 08 Octobre

IL FAUT LE DIRE

La gangrène « Pic »

« Proximité, intérêts, confiance » (Pic) : c'est la trouvaille d'un de nos amis, qui pense que le plus dur, pour beaucoup, est à venir après la mise en place du premier gouvernement du nouveau Premier ministre.

Des cadres, dit-on, ont été frustrés à la lecture du décret de nomination des ministres, mais le pire, prédit-il, c'est que nombre d'entre eux risquent de se voir faucher très rapidement l'herbe sous les pieds. Parce que, argumente-t-il, le Mali est aujourd'hui le seul pays au monde où les critères de nomination sont plus liés à la proximité, aux intérêts et à la confiance qu'à la compétence, l'intégrité morale, l'amour du travail bien fait ou de la patrie…

De fait, des ministres se sont montrés particulièrement assoiffés de « Pic » pour avoir quasiment transformé leurs départements en bureaux de placement. N'a-t-on pas vu, de 2002 à récemment, des chefs de départements mutés, « se déplacer » avec leurs cabinets alors que leurs profils ne cadrent forcément pas avec leurs nouvelles responsabilités ? N'ont-ils pas relevé gratuitement des cadres compétents parce qu'ils n'ont pas les « bras longs » au profit de personnes moins qualifiées, moins expérimentées ou moins engagées ?

C'est dire que dorénavant, les sessions de conseil des ministres vont être synonymes de calvaire dans les cabinets, dans les directions générales et au sein de projets « juteux » où chacun, si la pratique n'est pas freinée, va placer un ami, un proche ou un homme de confiance à l'exclusion de tout autre critère. La météo ? Un vent violent sur la haute fonction publique. Et gare surtout à ceux qui n'ont pas de « couverture » ou qui ont omis de faire acte d'allégeance à leur nouvelle autorité !

Voilà précisément pourquoi une bonne partie des deniers publics est dilapidée impunément parce que, malheureusement, notre tradition aujourd'hui veut que la main qui donne à « manger » se garde toujours d'être celle qui punit en cas de faillite, une parodie de « qui aime bien châtie ». Pauvre Mali !

Or, il faut simplement être regardant sur le choix de ses collaborateurs pour minimiser la corruption, le détournement, la délinquance financière… Il y a donc, à notre avis, lieu d'extirper la gangrène « Pic » si l'on veut mieux gérer l'argent du contribuable. C'est aussi à ce moment-là qu'on relèverait plus aisément le défi de la mise en œuvre du Programme de développement économique et social (PDES) du chef de l'Etat. Un autre prêche dans le désert ?

A.M. T.

 

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ECOLES

« Cadeau » de l'AEEM aux ministres de l'Education

A peine installés, les deux nouveaux ministres chargés de l'Education devront faire face au nouveau cahier de charge de l'Association des élèves et étudiants du Mali (AEEM) qui comporte une batterie de revendications.

Vingt-quatre heures seulement après la nomination des nouveaux ministres, le bureau de coordination de l'AEEM a organisé une conférence de presse pour dévoiler ses revendications au titre de la nouvelle année scolaire et universitaire. Un cadeau de bienvenue empoisonné pour les ministres des Enseignements secondaire, supérieure et de la Recherche scientifique ; de l'Enseignement de base, de l'Alphabétisation et des Langues nationales, Pr. Amadou Touré et Mme Sidibé Aminata Diallo.

Ce cahier de charge qui sera déposé sur leur table cette semaine contient une pile de revendications que le syndicat estudiantin entend défendre jusqu'au bout. En première ligne de ces points, figure l'épineuse question du "numerus clausus" de la Faculté de médecine, de pharmacie et d'odontostomatologie (FMPOS). « Il faut que ce problème soit définitivement clos cette année » , a tranché Mohamed Ibrahim Baby, jeudi, à la FMPOS. Ensuite, il y a les questions financières. « Nous allons demander une majoration des bourses et des trousseaux » , a-t-il ajouté.

Le recrutement d'enseignants, la construction des instituts de formation de maîtres, des restaurants, des résidences, des bibliothèques universitaires et l'ouverture de salles informatiques dans toutes les écoles sont d'autres exigences de l'AEEM. Autant dire que les ministres n'auront pas un temps de répit, car, aux dires de M. Baby, « ce sera cette année » .

Fin des concessions

En dehors de ce cahier de revendication, l'école est traversée par de graves crises notamment à la FMPOS, à la FSJP et à la FSEG où le spectre de l'année blanche plane. Ces trois facultés n'ont pas encore bouclé l'année académique 2006-2007 a fortiori entamer la nouvelle. Le bras de fer qui oppose les étudiants au décanat de la FMPOS est loin de connaître son épilogue. « Le dénouement de cette crise passe par la libération de nos camarades emprisonnés » , a fait savoir le secrétaire général du bureau de coordination de l'AEEM.

M. Baby a invité le décanat au dialogue et les autorités scolaires à arrêter la chasse à l'homme au sein de cette Faculté pour éviter tout pourrissement de la situation. « Nous avons fait trop de sacrifices et de concessions : la journée de salubrité, la journée de pardon pour le bonheur de tous. De leur côté, les autorités n'ont pas respecté leur engagement. Nous avons certes signé le Partenariat pour une école apaisée et performante, mais cet accord ne nous empêche nullement d'utiliser nos moyens de lutte pour nous faire entendre » , a menacé M. Baby.

Aujourd'hui, les négociations sont interrompues. Et entre le décanat, le comité de négociation et les étudiants, c'est un désamour qui ne dit pas son nom. Un autre « cadeau », pardon, patate chaude dans la main du ministre des Enseignements secondaire, supérieur et de la Recherche scientifique.

Sidiki Y. Dembélé

 

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JOURNEE MONDIALE DES ENSEIGNANTS

La Fen crible les insuffisances du système éducatif

Le 5 octobre, les enseignants du monde entier ont célébré le 41e anniversaire de la Journée de l'enseignant. Au Mali, l'événement n'est pas passé inaperçu pour le monde des enseignants. La Fédération de l'éducation nationale (Fen) en a profité pour informer l'opinion nationale des préoccupations de ses militants et en même temps décortiquer les insuffisances du système éducatif. Elle appelle les enseignants à maintenir le cap de la mobilisation.

« Le déroulement d'une année normale dépendra en grande partie de la satisfaction de certains points de nos revendications » . Ces propos du secrétaire général de la Fen, Youssouf Ganaba, à l'occasion de la Journée de l'enseignant en dit long sur la détermination de ce syndicat à faire aboutir ses revendications à la rentrée prochaine.

Accompagné des membres de son bureau, M. Ganaba, qui était face à la presse vendredi dernier, a dépeint le sombre tableau de l'école malienne et donné d'amples explications sur les revendications déposées sur la table du gouvernement. Ces revendications contenues dans un document se résument en dix points. Il s'agit, selon le conférencier, de la finalisation de la relecture de la convention collective de l'enseignement catholique, la révision à la hausse des primes et indemnités liées aux examens, la levée des obstacles juridiques concernant les enseignants contractuels…

Youssouf Ganaba, qui n'entend pas se laisser tourner en bourrique, revendique aussi l'alignement de la grille des contractuels sur celle des fonctionnaires, l'octroi des primes de logement à tous les enseignants, la mise sur place du Conseil supérieur de l'éducation, l'organisation régulière et la proclamation dans les meilleurs délais des contrôles pédagogiques et du concours d'agrégation dans l'enseignement secondaire…

« Nous attendons que les classes soient ouvertes pour faire connaître ces points aux autorités » . Il a lancé un appel à tous les militants de rester mobilisé pour la cause du syndicat. Pour M. Ganaba, les préoccupations syndicales de la Fen sont axées sur l'atteinte des objectifs que la nation malienne s'est fixée en matière d'éducation ; objectifs, à ses dires, définis dans la loi n° 99-046 du 28 décembre 1999 portant loi d'orientation de l'école.

« Nous n'avons pas pour objet de nous étendre sur tous les objectifs de la nation en matière d'éducation, mais nous nous attarderons sur l'article 11 de la loi qui stipule que le système éducatif malien doit former un citoyen patriote et bâtisseur… » .

A ses dires, l'atteinte de cet objectif passe par le retrait de l'école des programmes d'ajustements structurels (Pas) dont les conséquences sont incalculables pour le système éducatif malien. Parmi celles-ci, il a cité la transformation de l'école en boutique de commerce en train de prendre des proportions dangereuses devant le constat d'absence du rôle de régularisation de l'Etat qui reste sourd à l'appel de la Fen, notamment au sujet de la création du Conseil supérieur de l'éducation.

Se prononçant en son nom sur l'éclatement du ministère de l'Education en deux entités, M. Ganaba a indiqué que cette scission ne peut résoudre les problèmes de l'école malienne. « Il faut une bonne politique éducative et un engagement patriotique de tous les acteurs du système éducatif pour qu'on puisse voir le bout du tunnel » , a-t-il suggéré. Si les autorités affirment que la rentrée s'est déroulée sans problème majeur, M. Ganaba a mis un bémol, estimant qu'elle a été précipitée au regard des problèmes auxquels sont confrontés tous les ordres d'enseignements. « Il ne s'agit pas de dire qu'il y a rentrée, une rentrée doit préparer la fin d'une année » .

Le secrétaire général de la Fen, après avoir condamné l'incarcération de leur collègue, Bassirou Minta dans l'affaire de « La maîtresse du président » , a exigé que M. Minta soit réhabilité parce que, expliquera-t-il, la justice ne doit pas s'immiscer dans les affaires qui relèvent du conseil de discipline de l'école.

Amadou Sidibé

 

Liste des étudiants emprisonnés

Moussa Yacouba Sanogo , 5e année médecine, SG comité AEEM, 2 ans de prison ferme

Yamoussa Karabenta  : 4e année médecine, SG adjoint AEEM, 2 ans de prison ferme

Salif Koné  : 5e année médecine, secrétaire aux revendications AEEM, 2 ans de prison ferme

Moussa Sambou Dembélé  : 5e année médecine, secrétaire à l'organisation, 2 ans de prison

Bourema Dembélé  : 5e année médecine, secrétaire aux relations extérieures adjoint, 2 ans

Amadou Koné , 6e année médecine, responsable de classe, 18 mois de prison ferme

Sekou Yattara  : 1re année médecine, responsable de classe, 18 mois ferme

Basséré Magassa  : 5e année médecine, 18 mois ferme

Chaka Kéita  : Coordinateur national des faisant fonction d'interne, 2 ans ferme

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C'EST QUOI UN MALIEN ?

ATT divise au Canada

Pour une nation en construction, la question identitaire relève plus de la médiocrité intellectuelle que de la réflexion profonde.

A l'entame du processus électorale de 2007, moi qui avais voté pour ATT en 2002, ai pris la décision de marquer ma dissidence. Après constat et analyse, je suis arrivé à l'affirmation concluante qu'Amadou Toumani Touré n'est pas à la hauteur, qu'il a failli lamentablement à établir au Mali ce que je considère comme les prolégomènes à l'exercice de la haute fonction exécutive : une autorité affirmée sans autoritarisme, une bonne gouvernance, la lutte contre la corruption endémique, l'incivisme et l'impunité et enfin, la rupture d'avec le copinage et l'affairisme qui menacent les fondements de la nation.

Cette prise de position que je croyais naturelle dans une démocratie a indisposé quelques pieds nickelés qui, sous le joug de l'asservissement et incapables d'indépendance intellectuelle, ont cru bon de déclencher une guerre haineuse personnelle par des insinuations malveillantes et des rumeurs démontrant, si besoin est, leur nanisme mental. En temps normal, c'est avec mépris que j'accueille ce genre d'individus. Parce que, depuis ma tendre enfance et les conseils de mon grand-père, je me suis tracé une ligne de conduite : je ne polémique jamais avec les saltimbanques et les troubadours.

Cependant, il y a quelques temps, à Montréal, dans une assemblée ou étaient présents deux de mes amis, un compatriote, usant de perfidie, a lancé la petite phrase suivante : « Il reste à vérifier si Ousmane Sow est un vrai Malien. Puisque des Sow, il y en a en Guinée, au Sénégal, en Mauritanie, au Burkina, etc. » Juste pour les fins d'esprit, j'apporterai une simple information quant à la fiabilité génétique de ma « malianité » s'il y a des imbéciles qui veulent perdre leur temps en enquête : mon arrière-grand père, Amadou Oumar Samba Sow était un capitaine de la cavalerie de Sékou Ahmadou. Pour ceux qui connaissent un brin l'histoire du Grand Macina puis la petite histoire du Kounari et du Guimbala, je n'ai plus besoin de poursuivre.

Si j'évoque en entrée cette histoire que je considère somme toute comme une anecdote, c'est pour poser plus globalement la question de l'identité malienne. Mes amis de la Côte d'Ivoire diront plus crûment : « C'est quoi un Malien ? » . En réalité, de par mon éducation, mon itinéraire et mes convictions personnelles, j'ai développé une allergie naturelle aux questions identitaires. Je considère le nationalisme, le chauvinisme et l'identification raciale comme un refuge pour crétins en mal de reconnaissance sociale. Sans se lancer dans un débat philosophique ou sociologique sur le sens de l'identité (des experts plus éminents et savants ont pondu des milliards de lignes sur le sujet), j'aimerai juste m'étendre sur le sujet pour démontrer sa vacuité.

Je veux savoir, de manière rationnelle et claire, ce qui englobe l'identité malienne. Est-ce le simple fait de vivre sur un territoire commun tracé par le colon et identifié comme tel à l'ONU ? Y a-t-il au Mali, un « nous » majoritaires et un « eux » minoritaires ? Que recouvrent ce « nous » inclusif et ce « eux » exclusif. Sachant qu'une identité nationale se définit toujours par rapport à d'autres, intérieure ou extérieure, quelle serait donc cette identité rivale ou ennemie qui mériterait une flambée de patriotisme poussée à la limite du ridicule ? Dirions-nous que le fait majoritaire manding est absorbant de l'identité malienne ou que l'ensemble des faits minoritaires parcellise cette définition ?

Ne convoiter que de Dieu Seul

L'identité malienne serait-elle morganatique dès lors qu'il s'agit d'un mariage entre groupe majoritaire historique (manding) et minoritaires éparses ? Cherchons-nous à définir une « malianité » moderne définie par l'appartenance à un idéal commun (bâtir une nation) ou une « malianité » anachronique réduite à un refuge identitaire et animé par une idéologie du ressentiment ? A-t-on un droit acquis au privilège éternel dès l'instant que nos gènes portent une « malianité » indubitable ?

En matière humaine, j'ai toujours privilégié la valeur intrinsèque de l'individu ; je crois plus en l'individu qu'en la collectivité. Autrement dit, dans mon for intérieur, c'est la somme des individus de valeur qui constituent une société performante. J'ai toujours eu une réaction de rejet face au collectivisme qui, par essence, est dictatorial. Le « nous » impulsif est porteur de tares qui se nomment : populisme, dictature, pensée unique, etc. Le patriotisme aveugle n'a jamais produit de grandes avancées sociales. Quand je le dis, j'espère surtout que des esprits mesquins n'y verront pas un rejet de la nation, un refus d'appartenance au Mali.

Non, pour moi, l'identité malienne est la somme de nos identités personnelles. Pour moi, il n'y a qu'un seul Malien : celui ou celle qui veut le devenir. Nous sommes Maliens, un point, c'est tout. Ce n'est ni objet de honte ni objet de fierté. Et vraiment, entre nous, je baye aux corneilles quand j'entends des paltoquets proclamer leur nationalité. Qu'y a-t-il à se bomber le torse pour crier : Je suis Malien ; je suis Français ou je suis Guatémaltèque ? Est-ce que le fait de crier « je suis Malien » rend subitement un idiot super brillant ? Transforme-t-il un crétin en génie ?

Il y a, dans l'histoire de l'humanité, des drames épouvantables liés à l'exacerbation d'une forme de chauvinisme primaire qui ne vise que l'indexation et l'exclusion. Avant d'arriver au fascisme ou au nazisme plus frais dans la mémoire collective, ces incantations ont produit des pogroms et des génocides sur tous les continents. Aujourd'hui encore, l'identité nationale sert de carburant à des mouvements xénophobes ou haineux en Europe et en Amérique. Elle est la base du darwinisme social appelé aussi eugénisme que tentent de défendre des « scientifiques » en mal de crédibilité.

De grâce, dans un pays du Tiers-monde encore confronté à des crises alimentaires, qu'on ne vienne pas ajouter un débat trop complexe comme celui de l'identité. Et je dirai au zouave monozygote qui interroge ma « malianité »  : ATT ne te connaît ni d'Adam ni d'Eve, moi je n'attends récompense que de Dieu. Si tu penses que ton destin est entre les mains d'un humain comme toi, bonne chance. Mais, souviens-toi : tout être humain peut décevoir l'espoir de son prochain, seul Allah ne déçoit jamais celui qui lui fait confiance. Mon pain et mon beurre, je travaille pour l'avoir et je demande à Dieu de me mettre à l'abri du besoin. Ce besoin qui fait perdre toute dignité à certains êtres humains.

Encore un mot pour finir : mon arrière-grand père, capitaine de la cavalerie du Macina, a fait la guerre à titre bénévole, il faisait partie des officiers qui ont pourchassé El hadj Omar jusqu'aux portes de Deguimbéré. Il vendait ses propres bœufs et vaches pour payer ses armes à son forgeron préféré : Ibrahim Demba Landouré. L'histoire de la Dinaa de Sékou Ahmadou est trop sophistiquée pour qu'un gougnafier puisse la comprendre.

Et accessoirement, pour descendre plus proche, mon père, feu Sékou Salah, est l'homonyme du saint homme de Wouro Boubou qui lui a personnellement appris le Saint Coran et la voie de Dieu. Tu comprends donc que je n'ai pas besoin de crier sur les toits pour prouver quelque chose. Tu comprends surtout que nous ne sommes pas de la même école de pensée.

Ousmane Sow

(journaliste, Montréal)

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DOUANE

Recrutements controversés

La douane fait face à un casse-tête chinois : des employés qui étaient sur place avec le statut de « journaliers » viennent d'être embauchés à Bamako et dans les régions. De journaliers, ils passent employés à plein temps, ajoutant à la détresse d'une structure qui se cherche et qui a de plus en plus de mal à atteindre les objectifs à elle fixés.

Voilà l'histoire : Mme aurait envoyé une liste de chômeurs pour les récompenser des efforts déjà fournis et surtout pour leur disponibilité dans la campagne. Des ministres sortants ont saisi l'opportunité pour prolonger la liste avec qui son frère, qui son neveu, qui le frère de sa maîtresse, etc. Une décision d'annulation avait été prise pour revenir sur un recrutement similaire qui avait vu l'embauche de certains jeunes à la douane. A la Fonction publique, le principe est que tout recrutement doit se faire par voie de concours.

Pourquoi revenir sur la pratique qui a été déjà condamnée de par le passé ? Ce pays pourra-t-il disposer un jour de cadres consciencieux qui travailleront pour le pays et rien que pour le pays ? A quand serons-nous justes et équitables ? Pourquoi deux poids deux mesures ?

Dans la nouvelle disposition en gestation, la douane va perdre son rôle de « vache à lait », car, l'accent, pour un vrai développement du pays, va être de plus en plus mis sur la taxe intérieure pour faire vivre l'Etat, plutôt que la fiscalité de porte. Dans ce cas, avec la pléthore que l'on crée au niveau de la douane, que se passera-t-il ?

A. Kalambry

 

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IMD

Mieux afficher les identités politiques

Le Projet pour le renforcement des capacités des partis politiques du Mali, (PPRCPP) est le partenaire des partis politiques au Mali en matière de renforcement de leur capacité contribuant ainsi à l'ancrage de la démocratie dans notre pays.

La collaboration entre le Projet et les partis politiques s'étalait sur un an. Elle a été et demeure des plus salutaire pour la plupart de nos formations politiques, surtout les plus jeunes. Aujourd'hui, bon nombre de « ces petits partis » tout comme les poids lourds de l'échiquier politique que sont l'Adéma, l'URD… connaissent un épanouissement certain grâce à l'appui du PPRCPP dans le domaine de formation de leurs cadres que dans le financement des projets, entre autres.

Pour sa seule phase III par exemple, 12 sessions de formation modulaires sur sept thèmes ont touché plus de 700 cadres membres de partis. En outre, plusieurs projets des partis politiques ont été financés au cours des quatre phases.

La phase IV, qui a commencé en janvier 2006 et pris fin le 31 décembre dernier, a contribué à renforcer le dialogue inter partis ; appuyer la structuration de groupes ou alliances de partis dans la perspective d'élections paisibles que le pays a vécues en avril et juillet derniers.

En effet, bien que ces élections aient été dénoncées par des partis politiques et par la Cour constitutionnelle, pour raison de fraudes, l'action du PPRCPP, qui a permis l'installation d'un climat de dialogue à travers la signature d'un code de bonne conduite avant, pendant et après les élections, a fait que le pays n'a pas basculé dans une violence post-électorale.

En plus, pour des responsables de partis politiques, ce code de conduite a permis dans une certaine mesure d'asseoir un climat social apaisé après les élections générales. C'est dire que la collaboration entre le Projet et les partis politiques mérite davantage d'être renforcé, d'où l'élaboration d'un plan quinquennal qui, à coup sûr, permettra aux partis du Mali de mieux se structurer et d'afficher leur identité.

Pour le plan quinquennal 2008-2012, les actions prioritaires du PPRCPP seront destinées à les aider à travailler à éclaircir leur identité, c'est-à-dire à comprendre qui ils sont, en quoi sont-ils différents les uns des autres. Toutes choses qui ne font qu'honneur à notre démocratie souvent citée en exemple dans la sous-région.

Denis Koné

 

Ils ont dit

Pr. Yoro Diakité (président du Bara)  :

« Nous rêvons d'avoir des partis politiques où les membres valent par leurs opinions que par leur argent ».

Mme Dicko (responsable UMP)  :

« Grâce à l'IMD, les partis politiques ne se regardent plus en ennemi mais en adversaire ».

Dioncounda Traoré (président de l'Adéma)  :

« L'IMD, par son approche et son travail, contribue à créer des relations de type nouveau entre les pays du Sud et ceux du Nord ».

 

Promouvoir le dialogue

Le PPRCPP a pour missions de contribuer au renforcement des capacités des acteurs politiques à travers des formations sur des sujets pour lesquels ils expriment leurs besoins. L'une des missions du Projet est aussi le renforcement du partenariat entre les partis politiques du Mali et ceux de la sous-région à travers une mise en relation à l'intérieur et à l'extérieur du Mali.

La promotion du dialogue entre les partis maliens à travers l'animation d'espaces de débats et d'échanges sur des thèmes d'intérêt politique et national ainsi que la promotion d'initiatives individuelles et collectives des partis politiques leur permettant un meilleur fonctionnement à travers des appuis spécifiques fait également partie des missions du PPRCPP.

D. K.

 

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FONDATION PARTAGE

Adame Ba Konaré rompt le jeûne au Banconi

Le mois de ramadan est un mois de solidarité, d'entraide et de pensée pieuse envers le tout Puissant Allah et les couches les plus défavorisées. C'est ce qui a inspiré la présidente de la Fondation Partage, Mme Adam Ba Konaré en initiant l'opération ramadan qui se traduit par la préparation de la bouillie et du riz au gras dans des mosquées du district et banlieue pendant le mois béni pour la rupture du jeûne.

Fidèle à la tradition, la Fondation Partage n'a pas dérogé à la règle cette année en procédant le premier jour du mois sacré de ramadan au lancement de l'opération ramadan qui est à sa 8e édition. C'est en prélude aux activités de clôture de l'opération que la pionnière de la solidarité de proximité s'est rendue vendredi dernier à la mosquée de Banconi Flabougou pour rompre le jeûne avec ses coreligionnaires.

Accueillie par la lecture du saint Coran et des femmes habillées en hidjab, la présidente de la Fondation Partage a partagé le même plat avec ses coreligionnaires de la mosquée de Banconi Flabougou, répondant ainsi à la philosophie même de l'opération, c'est-à-dire, que les nantis et les couches défavorisées se retrouvent au tour d'un même plat dans la joie et dans la communion.

A travers cette visite de courtoisie, Adame Ba Konaré a voulu témoigner à la communauté musulmane de Banconi Flabougou sa sympathie et sa considération mais aussi rappeler que le mois de ramadan est un moment fort de partage, de générosité et de pardon.

« Je suis heureuse de retrouver mes coreligionnaires. Le mois de ramadan est un mois de solidarité, d'entraide. Cette visite de courtoisie m'a permis non seulement de communier avec des fidèles musulmans mais aussi de constater comment l'opération se déroule sur le terrain » , a-t-elle confié. Et de poursuivre : « Le choix de la mosquée de Banconi Flabougou relève du hasard. Le choix pouvait tomber sur n'importe quelle mosquée » . L'initiatrice de l'opération ramadan a émis le vœu de retrouver une prochaine fois ses coreligionnaires.

Le passage d'Adame Ba Konaré à la mosquée de Banconi Flabougou qui bénéficie pour la 4e fois de ses œuvres de bienfaisance a émerveillé plus d'un. « Nous sommes heureuses de recevoir la présidente de la Fondation Partage qui n'a ménagé ni son temps, ni ses efforts pour venir partager ses moments de prière avec nous. Par cet acte, elle a contribué à rehausser l'image de Banconi Flabougou et de sa mosquée. C'est la 4e année de suite que notre mosquée bénéficie de l'opération ramadan. Nous prions pour elle et pour sa famille » , a laissé entendre la représentante des femmes, Mme Fanta Cissé.

Grâce à l'opération ramadan, qui tire à sa fin, la bouillie était servie tous les jours dans des mosquées sauf les vendredis où c'était le plat de résistance (riz au gras). Elle a permis d'aplanir le souci de nombreux fidèles qui ne savaient pas où donner de la tête après la rupture. Mais avec l'opération bouillie et l'opération riz au gras, des fidèles démunis ont pu observer le mois de jeûne.

Mohamed Daou

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TOM SANK 2007

Thomas Sankara en mémoire

L'affaire Thomas Sankara est bloquée au niveau du Tribunal pénal de Genève, mais les « Sankaristes » n'entendent pas pour autant baisser les bras. Tout en voulant donner un caractère solennel au 20e anniversaire de l'assassinat de Thomas Sankara, ses partisans entendent une fois de plus se mobiliser pour que les commanditaires de l'assassinat de leur héros soient punis et répandre davantage les idéaux de celui qui fut président du Burkina Faso de 1983 à 1987.

Après avoir sillonné les continents américains et européens, la caravane « Tom Sank 2007 » à l'honneur de l'illustre disparu Thomas Sankara est maintenant en Afrique et plus précisément au Mali, où elle séjourne jusqu'au 10 octobre. Au programme, figurent des conférences-débats, des projections de films et des concerts. Dans ce registre, le Centre Djoliba a servi de cadre, samedi dernier, à une conférence-débats sur « impunité et droit » .

Le principal conférencier, Amadou Tiéoulé Diarra, a d'abord parlé des violations des droits de l'Homme (crime contre l'humanité, crime de guerre, crime d'agression…) avant de détailler certains textes et législations en vigueur dans certains pays et au plan international en vue de sanctionner les cas de violation des droits de l'Homme. A ses dires, l'impunité n'a cessé de se répandre dans le monde comme le cas de l'assassinat de Thomas Sankara, « un cul-de-sac » plein de contradictions.

L'infraction dans l'affaire Sankara relevant d'une juridiction militaire, a commenté le conférencier, la chambre de droit commun du Burkina s'est déclarée incompétente. Le procureur du Faso, qui aurait dû dénoncer ce « cas d'inféodation » au ministre de la Défense, « semble dire que cette affaire doit être classée et qu'elle ne doit plus être contentieuse » .

Les infractions économiques et financières restent aussi impunies en Afrique, singulièrement au Mali, a ajouté le conférencier. Djiguiba Kéita dit PPR, modérateur du jour, a renchéri que « l'impunité est ce que nous vivons quotidiennement au Mali » . Il s'est notamment indigné du traitement de nos paysans dans la zone Office du Niger et de la gestion de nos mines d'or.

Le public n'est pas resté en marge des débats. A l'image de l'honorable Oumar Mariko secrétaire général de la Sadi, qui a salué la mémoire du nationaliste révolutionnaire qu'est Sankara avant de souhaiter la revalorisation des valeurs des dirigeants africains comme lui et autres Ahmed Sékou Touré. « Des dirigeants comme Sankara ont fait un choix tout en prenant un risque : gagner ou perdre. Ils ont bien fait de choisir leur peuple, car il y a des générations qui naissent avec leurs idéaux » , s'est félicité l'ancien leader estudiantin.

Visiblement désabusés, certains intervenants ont dénoncé le cas de dilapidation de nos deniers publics dans ce qu'il convient d'appeler l'affaire « des 11 millions de F CFA » dépensés en thé en une matinée au ministère des Mines, de l'Energie et de l'Eau et qui a été mentionné dans le dernier rapport du Vérificateur général. « Au lieu d'être sanctionné, Hamed Diané Séméga a été promu. On lui a confié un département plus juteux. Voyez-vous ? » , s'est plaint l'un d'eux.

Ogopémo Ouologuem

(stagiaire)

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MINISTERE DE LA JEUNESSE ET DES SPORTS

Un besoin crucial de sang neuf et d'humilité

A la faveur de la mise en place du nouveau gouvernement, le président de la Fédération malienne de basket-ball (FMBB), Hamane Niang, s'est vu confier les rennes du département de la Jeunesse et des Sports. Une juste récompense pour ce cadre intègre qui a fait ses preuves dans le milieu sportif, notamment à la tête de la FMBB depuis près de 8 ans. Son choix suscite l'espoir d'une nouvelle politique sportive axée sur la rigueur et la justice. Un défi que tous les sportifs devront l'aider à relever.

Le ministère de la Jeunesse et des Sports a un nouveau patron depuis mercredi dernier. Il s'agit d'Hamane Niang, ci-devant président de la Fédération malienne de basket-ball (FMBB). Ce département, très important, gère surtout le sport qui, bien organisé, peut devenir un véritable ambassadeur, un digne représentant du pays.

Ces dernières années, certaines disciplines sportives ont été reléguées aux oubliettes. Le hand-ball, qui a souvent porté haut les couleurs maliennes, est ainsi négligé. Dans cette discipline, le Mali ne participe plus aux compétitions africaines des clubs comme celle qui vient de se dérouler au Bénin. Et pourtant, un championnat national est organisé dans la discipline. Le cyclisme se meurt et la boxe, sport de prestige au Mali dans le passé, a périclité, faute de moyens.

Que dire du sport pour handicapés, cette discipline qui a valu au Mali des trophées continentaux ? Handisport a récemment connu les pires difficultés tant au niveau des clubs réunis en association qu'en équipe nationale. A l'arrivée, les clubs et les Aigles ont perdu leurs premières places africaines. Le basket, l'athlétisme, le judo, le taekwondo, la lutte, l'hippisme n'ont vécu ou survécu que par la seule volonté de certains dirigeants dévoués, comme Hamane Niang, et générosité du Comité national olympique et sportif du Mali (Cnosm).

Le football, sport roi par excellence, a beaucoup fait parler de lui, non seulement grâce à d'excellents résultats sportifs mais aussi et surtout à travers des querelles historiques entre les présidents de la Fédération malienne de football, en l'occurrence Tidiane M. Niambélé et Salif Kéita, et les ministres qui se sont succédé au département de la Jeunesse et des Sports. Les scandales liés aux finances (ristournes de la Can Tunis-2004, Ndlr), aux frais des billets impayés des employés de Malifoot, à l'improvisation dans la gestion des Aigles… sont autant de maux qui minent notre football.

Vaste chantier

On a encore en mémoire le forum du sport organisé en 2005 à l'initiative de l'ex-Premier ministre Ousmane Issoufi Maïga. Il devrait permettre au sport malien de repartir sur de nouvelles bases. Hélas, ses conclusions n'ont pas été suivies des actions attendues !

La création d'un comité de gestion des matches des Aigles dirigé par le département a provoqué le courroux du président de Malifoot. Ce dernier, peu importe le résultat du match du vendredi prochain, ne se sent plus concerné par la gestion des Aigles. Il faut ajouter à cela les manigances pour la confirmation de Salif Kéita lors du conseil extraordinaire de Ségou. Cette réélection, on s'en souvient, avait jeté l'émoi sur le milieu du football qui, bien géré, devrait être une réelle locomotive pour le mouvement sportif malien.

La jeunesse a besoin de se retrouver autour d'un même idéal. Elle a besoin d'hommes et de femmes capables d'innover et de travailler avec rigueur. On attend alors avec impatience des actes que va poser le nouveau locataire du département de la Jeunesse et des Sports. Tout déprendra réellement du choix des hommes en qui il va faire confiance pour l'accompagner dans cette noble mission patriotique.

Nous n'avons de comptes à régler avec personne. Mais nous sommes d'avis, comme beaucoup d'autres connaisseurs du milieu, que ce département mérite un grand coup de balai pour le débarrasser des oiseaux de mauvais augure et d'opportunistes qui ont pris en otage le développement du sport malien. Si l'on veut plus de constance dans nos résultats sportifs, il faut des hommes et des femmes neufs et humbles au ministère de la Jeunesse et des Sports.

Boubacar Diakité Sarr

 

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