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2007

Mois d'octobre

Les Echos du 05 Octobre

MODIBO SIDIBE

La preuve par le PDES

Avec une situation économique défavorable et une opposition désormais résolue, la tâche du nouveau Premier ministre n'est pas aisée. Modibo Sidibé est loin d'être sur une rampe de lancement.

Modibo Sidibé l'a dit lui-même, il est chargé « de mettre en musique » les promesses électorales d'Amadou Toumani Touré contenues dans son désormais fameux Programme de développement économique et social (PDES), plan de consolidation des acquis du premier quinquennat d'ATT et condensé d'un autre document assez fameux et pompeusement appelé Cadre stratégique de lutte contre la pauvreté, qui entre dans sa phase II.

Dans l'équipe qu'il vient de composer en tentant un dosage qu'on se refuserait à qualifier de savant, l'ordre protocolaire qui définit la préséance et l'importance des portefeuilles donc de leur titulaire (Ibrahima Ndiaye, 1er vice-président de la première force parlementaire, l'Adéma, est présenté comme le numéro deux du gouvernement avec le maroquin de l'Emploi et de la Formation professionnelle) cache mal la prépondérance de certaines fortes têtes qui émergent comme par exemple Hamed Diané Séméga qui se voit relégué au dixième rang avec le ministère de l'Equipement et des Transports.

L'attelage que compte diriger Modibo Sidibé est composé de ministres provenant de formations politiques comme l'Adéma avec 3, l'URD 2, le Cnid 2 et d'autres petites formations sans envergure avec chacune un ministère comme Mme Sidibé Aminata Diallo du REDD, promue au ministère de l'Education de base, de l'Alphabétisation et des Langues nationales ou le Pr. Amadou Touré de l'UMP qui dirigera l'Enseignement, secondaire, supérieur et la Recherche scientifique. Il y a les militaires et les amis du général faussement cachés sous le manteau de la société civile. Tout ce beau monde devra accorder les violons et donner du rythme à la musique de Modibo. Le la est d'ores et déjà sonné.

Mais quel rythme le compositeur Modibo adoptera-t-il ? Le rythme traditionnel comme le janjon pentatonique des cordes ou la frénésie des percussions et cuivres à la manière des orchestres militaires ?

Il demeure que le PDES est conçu sur la base d'hypothèses de plus forte croissance sur les secteurs porteurs (les mines ou plutôt l'or, l'agriculture et précisément la production de cultures vivrières, les recettes douanières et autres taxes), le développement du secteur privé, l'investissement dans les ressources humaines, l'agriculture et l'élevage.

Gageure ?

Qualifié de volontariste, ce scénario prévoit une croissance moyenne de 7 % par an, et une fiscalité élargie respectant l'objectif de taux de pression fiscale de l'Uémoa de 17 % minimum dès 2008. Or, les chiffres sont là qui parlent d'eux-mêmes. Même si depuis le début de la mise en œuvre du CSLP, le Mali a enregistré des taux de croissance positifs avec un pic de 7,6 % en 2003, depuis cette date la flèche se trouve dans une phase descendante (en 2004 et 6,1 % en 2005 et 5,3 % en 2006 et pour cette année 2007 un petit 0,1 % par rapport à l'exercice passé).

A l'agriculture, levier du programme, sera affecté pas moins de 20 % du budget d'Etat et au bas mot c'est une enveloppe de 212,5 milliards F CFA qui doit être investie dans ce seul secteur dans les cinq ans à venir. ATT l'a également dit, il ambitionne de réaliser une couverture de plus de 75 % à l'horizon 2012 et dépasser ainsi le seuil fixé en matière d'accès à l'eau potable par les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) alors même que tous les experts du monde réunis mettent un doute sérieux sur l'atteinte de ces objectifs.

La première tâche pour Modibo sera d'abord de réunir un budget de plus de 700 milliards F CFA pour doter le pays en infrastructures et équipements lui permettant d'être au diapason.

Sans citer les autres secteurs prioritaires qui nécessiteront de gros efforts financiers pour « faire décoller véritablement le pays » selon le pieux vœu du chef de l'Etat lui-même. Modibo Sidibé, s'il veut arriver jusqu'au bout de ce deuxième et dernier mandat d'ATT, devra travailler telle une fourmi pour amasser près de 6400 milliards de nos francs nécessaires à l'effort budgétaire qu'induit le PDES. En attendant, pour son premier exercice budgétaire, le pauvre doit réunir 1014,385 milliards sachant qu'en tout et pour tout, il ne pourra compter que sur 947,768 en termes de ressources budgétaires. Là aussi si les prévisions sont bonnes.

Et tout ceci sans compter le fait qu'une opposition parlementaire tenace se constitue sur la route du gouvernement composée du RPM, du Parena et de Sadi trois partis qui se caractérisent, le premier par l'envergure de son charismatique chef Ibrahim Boubacar Kéita, ancien président de l'Assemblée nationale, le second par la force de ses idées et sa pro activité et la troisième par son caractère trublion n'hésitant pas à prendre les tambours pour ameuter l'opinion publique nationale et internationale.

Bonne chance Modibo !

Oussouf Diagola

(Paris)

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GOUVERNEMENT DU MALI

Madrigaux à Modibo, le Premier ministre

Vous n'êtes pas un appelé d'urgence mais un homme qui vient en son temps. Bienvenu alors mais surtout bonne mission au nouveau chef du gouvernement Modibo Sidibé. Mes propos sont ceux d'un républicain prêt à tout pour que vous réussissiez votre séjour à cette haute station de l'Etat.

J'ai parié bien avant ce jour de septembre, celui de votre nomination, que vous êtes un des rares à pouvoir porter l'étoffe primatoriale pour accompagner le dernier quinquennat du président ATT. Les arguments en votre faveur sont votre parcours sur les marches défoncées de la République avec ses coupes sombres et ses balbutiements. Vous connaissez et les hommes et les dossiers du Mali démocratique sous sa IIIe République.

Qu'ils soient galonnés de la mouvance présidentielle ou estampillés opposants, les hommes politiques maliens n'ont pas aspérité ignorée de vous. Vous savez autant les crampes des muscles d'un Mali qui se veut gagnant : questions subversives du Nord, identités complètement poreuses aux souffles de la corruption, pathologies gangrenées de l'école, port honteux et controversé des couleurs nationales, entre les institutions de la République, les circulations sur les rues de la République sous la direction de l'incurie et de l'indiscipline…

Donc M. le Premier ministre vous êtes déjà un averti de tous ces cahiers de charges de la nation à la République. Un sacerdoce, vous avez dit ? En acceptant le challenge moi je ne suis pas surpris. Et le chef de l'Etat ne pouvait trouver finalement mieux. C'est ma conviction.

Dès lors, vous devriez de lui avoir carte blanche, j'allais dire maximum de marges de manœuvres. Mes soupçons disent que le temps pris pour la formation de l'attelage gouvernemental en est un signe précurseur. Ainsi soit-il !

A cet effet, chef d'orchestre alerte et positif, vous devriez constamment avoir à l'œil les clavecinistes aux conduits auditifs défaillants mus par une simple rente de l'Etat au gouvernement. Ne bradez pas la République. Ne nous donnons pas un gouvernement largeur 30 mètres où les promenades se le disputent aux fantaisies sans résultat probant sur le terrain.

Que cessent enfin les folklores intempestifs. Que l'information saine serve de viatique à la nation. Que l'éthique et la déontologie recouvrent leur sens. Que le mérite soit magnifié et récompensé. Que la justice redevienne socle. Que la transparence soit vertu et pourquoi pas vice.

M. le chef du gouvernement, vous le savez, nos textes fondamentaux sont le ventre mou de notre démocratie républicaine. Instruisez qu'ils soient vite revus et corrigés. Ce serait peut-être une chance pour sortir le politique de sa torpeur dans un champ de jeu clair et respecté.

Combattez les criquets et autres déprédateurs, mais aménagez autant que vous en aurez les moyens les riches terres du Maliba, de Diboli à Tessalit. Les jeunes et les femmes, les pères et les mères vous attendent les cœurs ouverts sur les chantiers avec l'espoir que le policier que vous êtes saura lire et agir à temps sur les signaux sociaux puisque par devoir et par profession, informé, le premier.

M. le PM, gouverner par les vertus de la communication vraie. Agissez en vérité et bavardez moins. D'ailleurs vous êtes sur la bonne voie, il vous est reproché d'être avare en paroles. Alors restez vous-même tout en cultivant avec fertilisants vos qualités nombreuses. Tous comptent sur vous pour libérer le grand frère national de la tenaille de ces nombreuses sensibilités associatives.

Que l'homme qu'il faut soit enfin partout à sa place. Que nul segment ne vienne emprisonner le pays dans ses ambitions personnelles sordides.

M. le PM donnez à notre drapeau, dès demain, ses véritables couleurs à la place des tissus avachis par les intempéries. Que les cadres de la République se meuvent pour qu'on en finisse avec les directeurs troncs d'arbres, inamovibles, enracinés aux postes. Le citoyen indispensable est une claustrophobie intellectuelle.

Chef de gouvernement, refusez d'être stoïque et écrivez votre nom sur le marbre de l'immortalité. ATT vous en offre le plateau. Donnez-nous raison d'avoir applaudi votre nomination à la prestigieuse fonction primatoriale vos atouts étant : la jeunesse et certainement la compétence.

Alakadion

 

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LACINE DIAWARA, UN MALIEN DU CANADA

Entre le président ATT et moi, le saviez-vous ?

« ATT est mon parent par alliance, mais les vertus que mes devanciers m'ont léguées ne m'autorisent pas à le suivre aujourd'hui ». C'est du moins la substance d'un courrier adressé par Lacine Diawara, un Malien établi au Canada, à un prétendu membre du Mouvement citoyen au Canada.

C'est en juin dernier, pendant la deuxième semaine de mon retour du Mali, que des amis ont attiré mon attention sur une attaque haineuse écrite dans des sites maliens contre ma personne. Sur recommandation de mon avocat, j'ai fait venir du Mali un original de l'hebdomadaire bamakois contenant la preuve palpable de cette attaque ciblée. C'est le venin d'un instruit inculte qui, en sa qualité de secrétaire politique du Mouvement citoyen à Montréal, profite d'un hypothétique « droit de réponse du Mouvement citoyen du Canada », pour tenter de me vilipender en ces termes trop tendancieux :

«  Il est aussi capital de vous souligner que M. Lacine Diawara, se disant journaliste, est très connu au Canada pour avoir publié un livre qui s'intitule "Tiékoura" dans lequel il relate en intégralité l'immigration africaine vers le Canada. L'auteur y dévoile tous les procédés utilisés par les Maliens pour obtenir un visa et insiste sur les inconvénients de cette immigration pour le Canada. Il n'a pas non plus hésité à collaborer avec Immigration Canada en tant que délateur au détriment de ses frères maliens. Aujourd'hui, bon nombre de personnes ont été rapatriées grâce à ses loyaux services. Et c'est également ce qui explique que l'ambassade du Canada au Mali ne soit plus habilitée à délivrer des visas. Ainsi, nous considérons Monsieur Diawara comme une personne qui ne pense qu'à ses propres intérêts ».

Je nie catégoriquement ces allégations.

L'auteur de ces absurdités, très avide de popularité, souhaiterait que je le nomme dans la présente mise au point. Ainsi, il aura gagné son pari de se faire connaître. Il est conscient qu'il parle au nom du Mouvement qui a piloté en 2002 comme en 2007 les campagnes du général ATT pour son élection et réélection à la présidence de la République du Mali.

Ne connaissant pas ce secrétaire politique signataire de ce texte, j'ai demandé au président et à la secrétaire à l'organisation du Mouvement citoyen du Canada leurs positions par rapport à cet écrit incongru. Ces deux, qui entretiennent avec moi de très bonnes relations, m'ont précisé qu'ils n'ont pas du tout été associés à la rédaction, à l'approbation ou à la publication de ce texte contre un ami que je suis pour eux. Comme le trop mouvementé secrétaire politique du Mouvement citoyen a commis cette bévue compromettante, j'ai le devoir de lui révéler la réalité des faits :

D'abord le titre complet de mon roman est : « Tiécoura, nouvel homme ». Je doute fort que le diffamateur ait lu ou compris le contenu de mon œuvre dont les qualités littéraire et culturelle lui ont valu d'être placée dans les bibliothèques francophones du Canada pour lecture publique. Dans ce roman, j'ai fait un plaidoyer pour les immigrants en mettant en évidence leurs souffrances physiques surtout morales dans leurs pays d'origine et en Occident. J'y interpelle tous les décideurs politiques africains. J'ai déposé moi-même un exemplaire de ce roman à l'ambassade du Mali au Canada, à Ottawa et envoyé un autre à la présidence du Mali par l'intermédiaire de l'ambassadeur de l'époque qui m'a félicité pour la qualité de l'œuvre.

Quant à l'étiquette de délateur que l'amnésique secrétaire politique me colle odieusement, je dois lui rappeler une récente réalité politique qui contredit catégoriquement son affirmation futile. Il a déjà oublié que lors des dernières élections générales canadiennes du 23 janvier 2006, j'ai été sollicité par le Parti libéral du Canada pour être son candidat à la députation. Ici au Canada, jamais un parti politique n'acceptera de présenter la candidature de quelqu'un qui a joué le rôle de délateur. Car, tout futur candidat, surtout un immigrant, passe par les peignes fins des enquêtes approfondies de moralité, de crédibilité et de sécurité pour qu'il ne ternisse pas l'image du parti pendant la campagne électorale.

Ainsi, incapable de critiquer mes livres et articles de journal, le secrétaire politique du Mouvement citoyen, par étroitesse d'esprit, s'évertue à éclabousser ma personne. Tout comme un jury limité qui, au lieu de noter un film, s'attaque au cinéaste. Il agit en vrai instruit inculte dont la première préoccupation est d'avoir ou de conserver un poste par le suivisme auprès des dirigeants actuels du Mali. Le président ATT en a plein le bras, malheureusement pour le Mali.  

Dans sa diatribe, l'agité secrétaire politique m'incombe la responsabilité de « … ce qui explique que l'ambassade du Canada au Mali ne soit plus habilitée à délivrer des visas. », affirme-t-il. Cette mesure prise par le Canada a coïncidé avec ma décision de démissionner de mon poste de premier responsable de l'Association des Maliens à Montréal, il y a plus de 10 ans. A l'époque un responsable de la représentation diplomatique canadienne au Mali, qui a accordé une interview à un journal malien (dont je détiens un exemplaire) sur la question, n'a pas hésité de clamer : « … J'ai pris ma décision… parce que le Malien a deux langues… moi je n'ai qu'une… »

ATT est mon frère par alliance…

Dans leur intention de créer la dissension entre le journaliste, Ousmane Sow et moi, certains Maliens du Canada répandent des rumeurs calomnieuses. Ils s'entêtent à raconter que j'ai aidé le journaliste, Ousmane Sow, à obtenir « les papiers canadiens ». Raison pour laquelle celui-ci se joint à moi pour combattre le président ATT, selon eux. Ceux-ci ignorent le contexte particulier dans lequel j'ai connu ce journaliste perspicace et efficace avec qui j'ai beaucoup d'affinités. C'était en janvier 2000, j'avais terminé d'interviewer en direct à Radio Centre-ville de Montréal, Henry Dary, poète et romancier d'origine haïtienne. Avant de s'en aller, Dary m'a proposé d'inviter à mon émission un journaliste malien nommé Sow, auteur du roman « Condamné à mort ».

Bien que je ne connaissais pas ce compatriote, je suis entré en contact avec lui. C'est ainsi que j'ai, pour la toute première fois, vu et interviewé, en janvier 2000, le journaliste Ousmane Sow qui était déjà citoyen canadien depuis le 9 septembre 1998. Les propos de Sow ont été tellement impressionnants que des auditeurs ont demandé et obtenu la rediffusion de son interview. Alors, de quel papier d'immigration plus important que la citoyenneté, Sow pouvait-il avoir besoin d'obtenir par mon aide pour s'installer au Canada ?

Ceux qui me dénigrent cruellement par médisance et m'insultent grossièrement au téléphone (à Bamako et à Montréal) sous prétexte que je suis un ennemi du général ATT ne savent pas le solide lien de parenté circonstancielle qui existe entre Amadou Toumani Touré et moi bien avant qu'il ne devienne président de la République.

Dans une interview qu'il a accordée à un journal local en juin 2007, ATT fraîchement réélu à la présidence de la République précisait : « Je cite, entre autres, mon beau-père Ténéman Traoré… » son beau-père en question est mon beau-frère. C'est-à-dire le mari de ma grande sœur, Mme Traoré Ami Koné qui a été la secrétaire particulière du premier président du Mali, Modibo Kéita. C'est chez cette aînée de notre grande famille que nous appelons affectueusement Nkoro Ami, que Lobbo Traoré a habité pendant des années. Cette même grande sœur, une humaniste convaincue, a été la marraine de l'actuelle première Dame du Mali, Lobbo Traoré, lors de son mariage avec Amadou Toumani Touré dit ATT très peu connu à l'époque.

Mabo Touré, une fille du couple présidentiel, pendant tout son séjour estudiantin à Montréal, m'a toujours respectueusement appelé : tonton sans jamais prononcer mon nom. Un respect qui a toujours concrétisé la profondeur et la splendeur des bons rapports humains entre nos deux familles. Telle est succinctement la nature des relations entre le président ATT et moi.

A la lumière d'une telle réalité, toutes les conditions m'étaient favorables pour boire, à suffisance, la sauce de l'opportunisme en suivant et en flattant le président Amadou Toumani Touré sans jamais lui avouer sincèrement ma position sur sa façon de diriger la nation. Mais non, ma conscience d'écrivain engagé et aventureux ne me permet pas de goûter à une telle sauce. Mon éducation familiale me l'interdit ! Ma notion de l'abnégation socio-politique acquise par l'écoute pathétique, pendant de nombreuses années, de mes inspirateurs politico-littéraires me l'empêche. Il s'agit des Mamadou El Béchir Gologo, Seydou Badian Kouyaté, Amadou Djicoroni Traoré… et mon beau-frère Ténéman Traoré qui, presque tous les dimanches, se retrouvaient sur la grande terrasse de ce dernier leur servant de « grin », lieu de causeries à Quinzambougou. Ces hommes de détermination et de conviction parlaient de leur gestion du pouvoir avec Modibo Kéita, de leur détention à Taoudénit et surtout de leur vision de l'avenir du Mali auxquelles j'ouvrais attentivement tout mon esprit.

C'est au début des années 1980 que j'ai commencé à publier mes analyses critiques dans la revue Jamana (première revue indépendante du Mali) au temps du général président Moussa Traoré. De cette époque jusqu'à maintenant l'encre n'a pas séché dans ma plume engagée. Jamais, je n'abandonnerais mon devoir et mon droit de faire des critiques assorties de propositions sur des idées lancées, des décisions prises ou des actes posés par les dirigeants dans la gestion de notre cité commune qu'est la nation. Si cette prise de position courageuse me vaut l'étiquette d'ennemi du président ATT, je l'assume. Je continuerais à assumer mes responsabilités d'instruit intrépide (le contraire d'instruit inculte) en faisant « de la terre mes chaussures, du ciel mon chapeau, de la bénédiction ma canne de marche et avoir la foi… », comme l'a dit l'artiste international.

Selon ma petite expérience de vie, je demeure convaincu qu'un chef ou dirigeant de quelque niveau qu'il soit doit se doter de ces trois principaux piliers pour bien gérer : l'humilité, la perspicacité et l'autorité. Ces trois combinées génèrent et assurent la productivité, c'est-à-dire la prospérité. Je n'ai jamais douté que ATT le chef de l'Etat ait en lui un grand pourcentage d'humilité si remarquable dans son interview du même mois de juin dernier. «  Quand on a eu le privilège de présider aux destinées d'un pays comme le nôtre… chaque jour, vous devez dire que vous n'êtes pas forcément le meilleur qui serait arrivé aux affaires par voie de concours académique. C'est la voie du destin, certes, mais vous restez quand même un homme avec ses qualités et ses défauts ».

… Mais je refuse de le suivre aujourd'hui

Pour atténuer certaines de ses lacunes, l'actuel président doit s'évertuer à élever les degrés nettement insuffisants de sa perspicacité (difficile bons choix de proches collaborateurs) et de son autorité (grande fermeté dans l'application de la loi) comme mode de gestion des affaires de l'Etat pendant ce deuxième mandat. Car, ATT, le chef d'Etat malien, ne devrait pas ignorer cette phrase : « La qualité de vie dans la famille, dans le village et dans le pays, ne dépend que de la qualité du chef qui dirige  », si bien chanté par l'artiste très cultivé. Le président ATT a certes, effectué des réalisations considérables, mais celles-ci n'ont pas été à la hauteur des espoirs que son retour, en 2002 à la magistrature suprême, avait suscités. Pour son dernier mandat, ATT pourra-t-il trouver en un Premier ministre une force compensatoire de sa perspicacité et de son autorité dans le travail de nomination des ministres ? Tout comme Alpha Oumar Konaré a trouvé Ibrahim Boubacar Kéita, IBK, qui a su faire preuve d'autorité sans autoritarisme pour rehausser l'image de son président et de son pays.

Je mets au défi quiconque de trouver dans mes livres et articles publiés une seule phrase d'injure ou de diffamation envers le président ATT.

Je ne saurai terminer la citation des extraits de ce texte truffé de fautes grammaticales sans souligner que son auteur a aussi fièrement mentionné son titre d'ingénieur. Dans le dessein d'émettre le doute sur les valeurs intrinsèques d'Ousmane Sow et de moi-même, l'ingénieur politicien du Mouvement citoyen n'a cessé de mettre en exergue la bassesse lamentable de son niveau intellectuel et moral ainsi : « Le fait, que le RPM s'appuie sur de tels individus pour mener sa campagne pour les élections présidentielles, nous oblige à dire qu'ils s'écartent des principes moraux qui constituent le socle de notre culture, c'est-à-dire le respect et l'intégrité ».

J'affirme, sans ambages, que depuis l'indépendance nationale jusqu'à ce jour, Ousmane Sow et moi, nous n'avons jamais été membres d'un parti politique malien.

Au sujet de mon intégrité, je vous fais lire cette anecdote :

Peu de temps après l'assassinat du président Thomas Sankara, j'ai écrit sur lui un poème acrostiche (versifier les 13 lettres composant son nom et prénom). Mon ami, feu Abdoulaye Barry, m'a transporté sur sa moto « Vespa » chez Alpha Oumar Konaré afin d'insérer ce poème dans le prochain numéro de la revue Jamana qui était presque finalisée. Après la publication dudit poème sur une page entière, un responsable d'une représentation diplomatique au Mali a envoyé son collaborateur me prendre à mon bureau dans leur luxueuse voiture de fonction pour une « discussion importante ». Dans sa petite et coquette salle de réunion, entouré de ses deux collègues, le diplomate se dit très émerveillé par le poème que j'ai écrit sur Sankara.

Au cours de la trentaine de minutes d'échanges, mon interlocuteur m'a proposé (sur le ton de l'ostentation) de faire le même genre de poème moyennant une récompense d'un million de franc CFA pour chacune des lettres constituant le nom de son président de la République. Donc près d'une vingtaine de millions correspondant au nombre de lettres dans le nom du président que je ne spécifierai pas maintenant. Je lui ai demandé de me donner deux jours de réflexion avant de prendre une décision. Surpris par mon attitude impassible, le diplomate a tenté de m'inciter à accepter son offre en me précisant que la moitié du montant de notre éventuelle entente me sera versée dès que je donnerai mon accord d'écrire le poème élogieux.

Main tendue

J'ai expliqué et analysé cette proposition diplomatique avec mon ami et confident qui est actuellement un haut cadre dans une grande banque à Bamako. Cet ami m'a sincèrement encouragé à rejeter poliment cette alléchante offre d'écriture par rémunération sans conviction qui est absolument contraire à ma logique d'homme de principe. Avant d'immigrer au Canada, j'ai fait allusion à cette courageuse décision dans une interview accordée à la Radio télévision du Mali, RTM, (ancienne appellation de l'ORTM) en précisant que je n'écris pas sur commande comme certains me le demandent.

En concluant, je veux faire comprendre à l'impudent secrétaire politique du Mouvement citoyen du Canada qu'on ne peut pas impunément tenter de souiller la bonne réputation d'une personne honnête par des écrits haineux et infondés. Dans le respect de notre valeur culturelle de conciliation, je lui donne la chance de se ressaisir pour éviter les fâcheuses conséquences de son inconséquence. Des conséquences douloureuses qui découleront d'une poursuite judiciaire que je suis prêt à entamer contre lui dans le cas où il refuserait de :

1. Désavouer clairement ses propos diffamatoires dans un article de présentation d'excuses d'au moins une demi-page signée aux mêmes noms et titres mentionnés dans l'article m'incriminant.

2. Prouver que sa rétractation a été publiée dans l'hebdomadaire qui a édité la diffamation et par ces trois quotidiens : Les Echos, L'Indépendant et Le Républicain.

3. Respecter strictement le délai de trois semaines et deux jours, à partir de la date de parution de cette mise au point, au terme duquel l'article de désaveu doit être publié dans les journaux cités. Je précise : avant le 30 octobre 2007 à minuit, heure locale.

Si ces trois conditions ne sont pas entièrement satisfaites, je me verrais dans l'obligation de déclencher, le jeudi 1er novembre 2007, les procédures judiciaires conformément à la loi. A l'entame de cette phase, toute tentative de médiation serait absolument vaine. Dans ce cas, je vous promets de publier la décision qui sera prise par le tribunal.

Ainsi la balle est lancée au jongleur secrétaire politique en perpétuel mouvement. Il revient à lui seul de l'amortir, de la mettre à terre pour mieux la jouer dans son propre intérêt.

Lacine Diawara

(animateur de radio et écrivain à Montréal, Canada)

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EPILOGUE

Les employés de l'Etat

Le Mali a hérité en 1960 du modèle jacobin de l'Etat et de l'administration en vigueur en France (malgré les retouches faites par de Gaulle et ses différents successeurs) depuis 1789. Ce schéma, qui est caractérisé par une trop forte tendance à la centralisation, fait de l'Etat le principal, sinon l'unique animateur de la vie socio-économique du pays. Le but du système éducatif élaboré et mis en œuvre par l'école dite républicaine et qui date de la IIIe République, est de former des citoyens respectueux de l'Etat, de ses biens et de ses valeurs.

Au terme de leur formation au sein de l'école laïque et publique, les citoyens sont absorbés par l'administration et par les grands services publics relevant de l'Etat qui apparaît alors comme le principal employeur du pays et de la nation. En principe, les leçons d'éducation civique apprises à l'école au cours de la scolarité doivent suffire à doter l'individu d'un comportement responsable capable de l'empêcher de faire le voyou avec l'Etat et ses biens. Ce schéma général fonctionna tant bien que mal au Mali de l'indépendance à ce jour.

Dans le but de contrôler le bon recrutement des agents appelés à le servir, l'Etat a mis en place une fonction publique dite de nomination, de préférence à celle dite d'embauche en vigueur surtout dans les pays anglo-saxons et qui accorde plus d'importance à la compétence intrinsèque qu'au niveau du diplôme obtenu. Sous la Première République, ce système marcha sans grande difficulté parce que d'une part le nombre des diplômés n'était pas trop élevé et d'autre part l'école ne connaissait aucune crise susceptible de mettre en cause la qualité des cadres formés.

Les fonctionnaires, dans leur ensemble, faisaient de leur mieux pour servir l'Etat avec loyauté et compétence et, ceci, malgré le niveau bas des salaires relevé par la plupart des observateurs de l'époque. En retour, en dépit de la faiblesse de ses moyens budgétaires, l'Etat s'acquitta de ses obligations vis-à-vis de ses employés en prenant en charge leurs nombreux problèmes sociaux. N'étant pas contraints de courir dans la rue pour la couverture financière de leurs charges familiales, les fonctionnaires étaient plus présents dans les bureaux et les ouvriers plus actifs sur les chantiers. La période est d'ailleurs marquée, en plus du culte de la loi, par le respect des biens de l'Etat et la recherche de la qualité du service public pour lequel on est payé.

L'arrivée au pouvoir des militaires en 1968 remit en cause tous ces acquis et fit perdre la plupart de ces valeurs. Sans remettre fondamentalement en cause ces grands principes, le Comité militaire de libération nationale (CMLN) et l'Union démocratique du peuple malien (UDPM) n'en firent jamais un credo. Au contraire, plus soucieux de la conservation de leur pouvoir que des progrès du pays, ils laissèrent s'installer dans l'administration et dans les entreprises le laisser aller, la négligence et même le vol.

Des comportements comme l'absentéisme ou le refus de travailler sans contrepartie financière (en plus du salaire) virent le jour instantanément sans aucune sanction. Pendant ce temps, le pays était rattrapé par une crise économique sans précédent dans son histoire. Non seulement les salaires étaient maintenus à leur niveau d'avant 1968 mais en plus étaient irrégulièrement payés, sauf ceux des forces armées et de sécurité. Devant le nombre de plus en plus croissant des diplômés, l'Etat dut instituer les concours d'entrée à la fonction publique pour limiter le nombre des fonctionnaires et des travailleurs dans les entreprises.

Ces concours, dont on dit qu'ils sont mal organisés mais surtout négociables à souhait parce que rendus presque payants pour certaines professions, sont l'occasion, pour certains fonctionnaires, de s'enrichir aux frais des candidats. Les fonctionnaires issus de ces concours, persuadés qu'ils ont payé leur poste et qu'ils doivent se faire rembourser par l'Etat, travaillent d'abord pour eux-mêmes, pour l'Etat ensuite. Il s'en suit une perte considérable de la qualité du service public quand ce n'est pas sa disparition pure et simple. C'est ce vol de l'Etat par ses propres agents qui a fortement déprécié la notion de service public, au point qu'aujourd'hui celle-ci ne signifie presque plus rien.

Les problèmes accumulés par ces longues années de mauvaise gouvernance ont conduit aux événements de mars 1991. La nécessité de changer d'orientation et de repartir sur un autre pied fut exprimée par le Mouvement démocratique non seulement en politique mais également dans les autres domaines comme l'administration, l'économie, la santé et la justice.

Mais au regard du chemin parcouru, on s'aperçoit qu'après quelques années de silence et de retenue des anciennes habitudes sont revenues avec plus de force encore. Au nom de la démocratie et du pluralisme politique les gens refusent de travailler honnêtement et font du n'importe quoi.

La perte de l'autorité se fait sentir à tous les niveaux, ce qui fait que tous les abus sont tolérés et tous les excès permis. La pagaille est devenue si criarde qu'on se demande parfois où est le commandement. Cette anarchie est mise à profit par certains fonctionnaires pour s'enrichir. Ainsi dans les hôpitaux, tout se vend et s'achète par les soins du personnel socio-sanitaire qui se livre à ce commerce illicite sans prendre de précaution.

Il en va de même dans les écoles où les passages dans les classes supérieures, les redoublements et les exclusions constituent l'occasion pour le personnel enseignant de s'en mettre plein les proches au détriment de la législation qui condamne ces pratiques. Dans les mairies, c'est encore pire. La moindre pièce d'état-civil n'est délivrée que lorsque l'usager a doublement payé : pour l'agent chargé de faire ce boulot et pour la mairie.

Dans ces conditions beaucoup pensent qu'on a fait une révolution pour rien parce que l'ordre ancien chassé du pays a réoccupé le terrain. Même le personnel politique de l'ancien régime a repris du service dans l'administration et au sommet de l'Etat. La philosophie actuelle est de travailler pour soi-même d'abord, pour le pays ensuite. La notion de patrie, pour laquelle certaines de nos aïeux sont morts, n'a plus de sens aujourd'hui. La preuve, dès que l'occasion se présente, on se précipite pour voler l'Etat, le piller et s'en aller s'établir à l'étranger.

Dans un vieux pays comme le nôtre, que l'étranger regarde dans le but d'y puiser des références, ces actes qui s'apparentent au vagabondage, ne doivent pas être tolérés. Mais ils sont commis et passés sous silence par ceux-là mêmes qui sont censés les réprimer, d'où l'impunité qui accompagne leur accomplissement.

Facoh Donki Diarra

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FONCTION PUBLIQUE

Plus de 38 070 agents pour servir l'Etat

L'effectif actuel des fonctionnaires au Mali est de 38 074, dont 9569 femmes qui représentent le quart de la fonction publique.

Par notion de service public, l'on peut comprendre l'acceptation de servir tout le monde. Par le principe du service public, l'intérêt général domine sur les intérêts partisans ou particuliers. Et le fonctionnaire est cet agent chargé d'assurer le service public.

Selon le directeur national de la fonction publique, Sidy Traoré, le nombre de fonctionnaires au Mali se chiffre à 38 074 qui peut se repartir ainsi qu'il suit : catégories A (11 121), B1 (4909), B2 (16 818) et 5226 agents pour la catégorie C.

Dans cet effectif, précise le directeur national, les policiers ne font pas partie quand bien même ils demeurent des fonctionnaires. Il en est de même pour les conventionnaires évoluant sous contrat, l'armée, les contractuels des collectivités. En somme, la fonction publique se compose de 28 505 agents représentant 74,86 % de l'effectif.

S'agissant des femmes, elles sont au nombre de 9569, soit 25,13 % ou le quart de la fonction publique. Une situation qui s'expliquerait, selon notre interlocuteur, par des facteurs socioculturels qui pèsent sur des femmes à travers notamment les mariages précoces en milieu rural où le taux de scolarisation des filles est encore faible.

Aux dires de M. Traoré, une classification par âge des agents publics permet de se rendre à l'évidence que 2848 agents sont dans la tranche d'âge 19-30 ans, 8404 fonctionnaires se situent entre 31 et 40 ans, 11 594 agents de 41 à 50 ans. Et ceux qui ont 51 ans et plus sont au nombre de 15 228.

A la lecture de ses chiffres, on peut en conclure qu'au moins 70 % des effectifs de la fonction publique ont au moins 40 ans, et 39,99 % ont un minimum de 50 ans. Les magistrats et les professeurs de l'enseignement supérieur restent plus longtemps en fonction suivant leur statut (63 ans).

Dans tous les corps de la fonction publique, il y a un plan de carrière. « Les fonctionnaires sont regroupés par cadres correspondant à la vocation générale du personnel se trouvant dans ce cadre. Par exemple, au niveau de la santé, il y a des médecins, des techniciens supérieurs et techniciens de santé. Chacun constitue un corps rassemblé dans un cadre et tous ont vocation à soigner. L'éducation c'est la même chose : c'est la vocation d'enseigner » , explique Sidy Traoré.

Il ajoute que le plan de plan de carrière repose sur une structuration. « Quelqu'un qui débute au bas de l'échelon peut, par voies de concours, de formation accéder à la catégorie supérieure. C'est le cas d'un technicien de santé qui peut devenir un jour médecin » .

De plus, il existe également un plan de carrière pour l'occupation des postes définis par le statut particulier de la loi 94-09 de la charte des services publics portant principes fondamentaux de la création, de l'organisation et du fonctionnement des services publics.

A en croire le directeur national, les problèmes inhérents à la gestion de la fonction publique tiennent en partie à la non-intégration des valeurs du service public par des fonctionnaires. « Il faut que les fonctionnaires intègrent les valeurs de service public, c'est-à-dire beaucoup d'humilité. L'usager ne doit pas venir en quémandeur de prestations mais en demandeur. Le fonctionnaire ne doit pas être traité non plus comme un esclave mais un serviteur » .

Pour M. Traoré, si l'on parvient à faire ce changement de mentalité, les problèmes de l'administration malienne seraient résolus à 90 %.

Mohamed Daou

 

Deux types de sanctions

Il existe deux types de sanctions contre les fonctionnaires fautifs. Il y a les sanctions du 1er degré prises pour faute mineure. Elles concernent l'avertissement et le blâme. Quant aux sanctions du second degré, elles interviennent lorsque la faute est jugée grave. Elles vont de l'abaissement d'échelon à la révocation avec ou sans droit à la pension en passant par l'abaissement de grade, l'exclusion temporaire.

Mais pour qu'on arrive à ces différentes étapes, explique Sidy Traoré, le fonctionnaire doit être traduit devant le conseil de discipline présidé en principe par le directeur national de la fonction publique, les représentants de l'administration de l'agent en cause, les syndicats.

« J'ai tenu beaucoup de conseils de discipline et des fonctionnaires ont été sanctionnés. Je me rappelle encore en 1991, un infirmier de santé a vendu des vaccins avariés à une famille dont un enfant a été mordu par un chien enragé. Un conseil de discipline s'est tenu sur la question et il y a eu un arrêté de licenciement de l'infirmier » , se souvient-il.

M. D.

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TAEKWONDO

Daba Modibo qualifié pour les JO

Privé de Jeux africains d'Alger suite à une blessure, notre compatriote Daba Modibo Kéita devait se qualifier pour les Jeux olympiques « Pékin-2008 » sur le tatami lors du tournoi mondial de Manchester (Angleterre). C'est chose faite depuis vendredi dernier. Le champion du monde de taekwondo s'est hissé en finale chez les +84 kg. Malheureusement, il s'est contenté de la médaille d'argent car il a été obligé de signer forfait à cause de sa blessure au dos.

Ce qui a profité au Français Michaël Borot qui a remporté la médaille d'or du Tournoi mondial de qualification olympique de Manchester. Malgré la joie de cette qualification, il y a des raisons réelles de s'inquiéter pour notre champion du monde des +84 kgs, l'une des grandes chances de médaille d'or du Mali aux prochains JO. Déjà, cette même blessure l'avait empêché de participer aux Jeux africains faute d'autorisation du médecin traitant.

Il est donc grand temps que le Comité national olympique et sportif du Mali (Cnosm) et le département de la Jeunesse et des Sports prennent cette blessure à bras le corps pour bien soigner Daba Modibo Kéita. Le pays doit tout entreprendre pour que le jeune talent puisse retrouver la plénitude de ses moyens physiques avant les JO dont l'ouverture officielle aura lieu le 8 août 2008. Cela est d'autant plus souhaitable que, avec Daba Modibo Kéita, le Mali a enfin l'opportunité de remporter la première médaille d'or de son histoire aux Jeux olympiques. Une chance que nous ne devons nullement gaspiller !

Moussa Bolly

 

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TOGO-MALI, LE 12 OCTOBRE A LOME

L'entraîneur des Aigles optimiste

La dernière sortie des Aigles du Mali pour le compte des éliminatoires de la Coupe d'Afrique des nations Ghana-2008 aura lieu le vendredi 12 octobre 2007 à Lomé face aux Eperviers du Togo. Avant ce rendez-vous capital, le sélectionneur national Jean-François Jodar, qui se dit optimiste, a animé hier un point de presse au siège de la Fédération malienne de football.

Jean-François Jodar a d'abord félicité la Fédération malienne de basket-ball pour le sacre de nos basketteuses à Dakar et M. Hamane Niang, nouveau ministre de la Jeunesse et des Sports. Il a espéré que la belle performance d'Hamchétou Maïga et ses coéquipières inspire ses poulains contre le Togo.

Les Aigles seront au grand complet à l'exception d'Eric Sékou Chelles, qui souffre d'un problème musculaire. Pour cette mission commando, Jean-François Jodar a jeté son dévolu sur 18 joueurs dont deux locaux (Soumaïla Diakité du Stade malien de Bamako et Souleymane Dembélé du Djoliba AC).

Le technicien français n'a qu'un seul mot d'ordre : la victoire. C'est un impératif, car tout autre résultat que la victoire, a-t-il dit, nous serait fatale. D'autant plus que, il n'est plus possible, pour les Aigles, de décrocher le dernier ticket de meilleur 2e, qualificatif pour la Can. C'est pourquoi, M. Jodar mettra tous les atouts de son côté pour empocher le gain de la partie.

Convaincu que le match se jouera sur l'approche tactique et la capacité de ses protégés de gérer l'événement, le coach des national entend, avec l'accord des joueurs, mettre en place un système de jeu et compte surtout sur l'expérience des Mahamadou Diarra « Djilla », Frédéric Oumar Kanouté et autres Seydou Kéita, des habitués de la haute compétition.

Cependant, Jean-François Jodar n'a pas occulté le problème de la fin du ramadan (certains joueurs observant le jeûne) et surtout l'arrivée tardive de certains de ses poulains. Adama Tamboura, par exemple, doit jouer un match de championnat lundi prochain et ne rejoindra ses camarades que plus tard. D'ailleurs, selon lui, la moitié de l'effectif n'arrivera que lundi soir.

Dans un tel contexte, a-t-il précisé, il faudra préparer les joueurs à l'horaire de la rencontre dans la mesure où ceux-ci sont habitués à jouer des matches nocturnes. Il a une fois de plus qualifié la date du match de « mauvaise » , parce que la Sierra Leone, qui joue un match pour le compte des éliminatoires de la Coupe du monde 5 jours plus tard (le 17 octobre) ne se donnera certainement pas à fond dans un match sans enjeu pour elle.

Maintenant, l'heure est d'oublier les difficultés et d'être motivé à bloc tout en supportant les pressions du public togolais pour décrocher une qualification longtemps attendue par le peuple malien.

Ogopémo Ouologuem

(stagiaire)

 

Liste des joueurs convoqués

Mahamadou Sidibé (Pasginnia, Grèce), Soumaïla Diakité, (Stade malien de Bamako), Souleymane Diamounténé (Lecce, Italie), Adama Coulibaly (Lens, France), Cédric Kanté (Nice, France), Adama Tamboura (Helsingborg, Suède), Boubacar Koné (Fès, Maroc), Moussa Coulibaly (Mouloudja d'Alger, Algérie), Djibril Sidibé (Châteauroux, France), Mahamadou Diarra, (Réal Madrid, Espagne), Seydou Kéita (FC Séville, Espagne), Mohamed Lamine Sissoko, (Liverpool, Angleterre), Bassala Touré (Levadiaskos, Grèce), Souleymane Dembélé (Djoliba AC, Mali), Frédéric Oumar Kanouté (FC Séville, Espagne), Dramane Traoré (Lokomotiv Moscou, Russie), Mamadi Sidibé (Stoke City, Angleterre) et Mamadou Diallo (FC Qatar).

 

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Un para à Koulouba

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