Les Echos du 03 Octobre
GESTION CALAMITEUSE DE L'ECOLE
Le Snec se fâche
Profitant d'une conférence de presse ce mardi à la Bourse du travail organisée dans la mouvance de la rentrée des classes, le Syndicat national de l'éducation et de la culture (Snec) a dénoncé certaines pratiques dont est victime notre école. Après avoir fait le point des maux qui traînent dans la boue notre système éducatif, le secrétaire général du Snec a réitéré que son syndicat jouera pleinement son rôle.
Convaincu qu' « il est temps que certaines vérités soient dites » , le Snec n'est pas allé avec le dos de la cuillère face à « l'extraordinaire gravité » de notre école, la baisse constante de la qualité de l'éducation, l'ambiance maléfique entourant le milieu scolaire, le manque de dialogue entre les acteurs…
Il y a quelques semaines, le Snec avait évoqué la question de la rentrée scolaire en fustigeant le gouvernement qui, à ses dires, voulait fuir la responsabilité du report de la rentrée scolaire. De rentrée scolaire, il en a été largement question lors du point de presse d'hier.
Le Snec est convaincu que la rentrée scolaire, effective depuis hier au niveau du fondamental, ne s'annonce guère sous de bons auspices étant donné que les conditions idoines ne sont pas réunies. Elle n'est pas correctement amorcée et démarre sous « un ciel annonciateur de péril » , surtout que chaque rentrée scolaire constitue une nouvelle épreuve au Mali.
Selon Tibou Telly, secrétaire général du Snec, des problèmes persistent toujours. A titre d'exemple, l'Etat n'a pas non seulement fini de recruter le personnel enseignant, mais aussi tout le matériel didactique n'est pas sur place. La conséquence est que les élèves vont faire des va-et-vient sans bénéficier d'un encadrement. Puisqu'on ne conteste jamais sans proposer, le Snec suggère que l'année scolaire 2008-2009 soit préparée durant cette année scolaire.
Partisan du franc jeu, le Snec s'est retiré de la commission nationale de travail mise en place au niveau du ministère de l'Education nationale. Tout en précisant que « le Snec n'est pas prêt à accepter les mauvais traitements dans les négociations » et qu'il y a des « pratiques qui ne marchent pas » , Tibou Telly a exigé que des excuses soient présentées à son syndicat.
Le comité Snec des Facultés des sciences juridiques et politiques et de la Faculté des sciences économiques et de gestion ont d'ailleurs rejoint M. Telly, à travers leur secrétaire général M. Komé, en dénonçant des manœuvres, qui nuisent à notre école. Il a fait cas du « conflit » qui existe toujours au niveau de leurs facultés au sujet du poste de doyen avec le verdict de la justice qui n'arrive pas à être exécutée avant « l'organisation de nouvelles élections dans la légalité » .
A en croire M. Komé, le recteur de l'Université de Bamako a muté les responsables syndicaux des deux facultés, ce qui les handicaperait même en cas de nouvelles élections. C'est pourquoi, « le comité syndical Snec de la FSJP et de la FSEG a décidé de surseoir aux corrections des copies d'examen et de devoir jusqu'à l'abrogation des décisions de mutation arbitraire des membres et militants syndicaux et le rétablissement de la légalité dans l'administration dans les deux facultés » , indique un communiqué de presse distribué à l'issue du point de presse.
Ogopémo Ouologuem
( stagiaire )
Acceuil
Le cas Bassirou Minta sur le tapis
Après avoir purgé sa peine dans l'affaire « La maîtresse du président » , l'enseignant Bassirou Minta était présent à la conférence de presse d'hier. Après avoir précisé que la « démocratie ne se décrète pas, mais se construit » , Tibou Telly a déploré l'arrestation d'éducateurs qui « porte un coup fatal à la qualité de l'enseignement » .
Il a réitéré le soutien de son syndicat à M. Minta dont le blanchiment dans cette affaire, ajoutera-t-il, est un objectif à atteindre. Il s'est surtout indigné de l'interdiction d'enseigner qui frappe M. Minta, contrairement à la recommandation Unesco/OIT de 1970 relu en 1997 auquel notre pays a adhéré.
Sur un tout autre plan, le Snec s'est félicité de la réélection de Mme Doumbia Mama Koité au poste de présidente régionale du Réseau de développement et de communication des femmes africaines (Femnet).
O. O.
Acceuil
POLICE NATIONALE
Le 47e anniversaire sur fond de crise
La célébration demain jeudi du 47e anniversaire de la police nationale par une frange de policiers divise ce corps. La division syndicale de la police nationale crie à l'imposture et au complot.
De tout temps, la police a fêté avec les autres forces armées et de sécurité du pays. Jamais de mémoire de Maliens, elle n'a organisé, isolément, un quelconque anniversaire. Curieusement, depuis un certain temps, un groupe de policiers se réclamant de la Fédération des syndicats de la police, dirigée par Mamadou Z. Sidibé, est entré dans la danse pour, dit-on, organiser le 47e anniversaire de la police nationale, demain jeudi 4 octobre 2007.
C'est pour prendre à témoin l'opinion nationale et internationale contre ce qu'elle appelle « un complot au sein de la police nationale » que la division syndicale de la Section syndicale de la police nationale du district a rencontré hier à son siège au Groupement mobile de sécurité (GMS) la presse.
Cette rencontre avec les médias avait pour but de permettre à la section syndicale de manifester sa désapprobation avec des arguments à l'appui. La division syndicale, par la voix de son secrétaire général, Siméon Kéita, a trouvé anormale l'organisation du 47e anniversaire de la police en ce sens que l'histoire de cette dernière remonte à 1885.
Selon lui, si l'on s'en tient à cette date, la police a plus de 47 ans d'existence. « La police de tout temps a été militarisée jusqu'à la Conférence nationale en 1991 et a toujours fêté avec les autres forces armées. Si réellement, nous voulons démarquer la police des autres corps, il faut remonter en 1991, date à laquelle elle a été démilitarisée et dotée d'un statut autonome » . Ce qui démontre à suffisance, aux dires de M. Kéita, que la police n'a pas 47 ans d'existence.
Des préparatifs en catimini
Ce qui paraît écœurant selon le conférencier, c'est l'organisation en catimini du fameux anniversaire. « A notre entendement, la police est nationale, mais l'anniversaire dont il s'agit s'organise uniquement à Bamako. Et les autres unités de l'intérieur ne sont pas avisées » . Ce qui dénote, a dit le responsable de la division syndicale, que la fête n'est pas celle de la police nationale mais plutôt une volonté cachée d'une poignée de policiers de se médiatiser et de médiatiser une organisation syndicale en manque de légitimité d'autant plus, dira-t-il, que l'organisation se fait sous l'égide de la Confédération syndicale des travailleurs du Mali (CSTM).
« Cela prouve que c'est loin d'être la fête de la police nationale. Si c'était le cas, les préparatifs allaient se dérouler dans les locaux de la police » , proteste le conférencier. « Si c'est pour une fête de la police nationale, pourquoi se cacher pour vendre des pagnes imprimés pour la circonstance ? » , se demande Siméon Kéita. Pour lui, c'est l'administration qui ne s'est pas assumée.
Quoi qu'il en soit, la division a adressé des correspondances à toutes les unités leur demandant de bouder le soi-disant anniversaire de la police nationale. Cette cacophonie, au sein des flics, pourrait être préjudiciable à ce corps, à son unité au moment précisément où tout est mis en œuvre afin que l'unité syndicale devienne une réalité.
Mohamed Daou
Acceuil