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2007

Mois de Novembre

Les Echos du 30 Novembre

AFFAIRE DES 84 HECTARES DE LA COMMUNE I

Lettre ouverte de Banconi Wèrèda à ATT

Dans une lettre ouverte adressée au président de la République, l’Association pour le développement de Banconi-Djanguinébougou Wèrèda, se disant excédée par la mairie de la Commune I après les casses du mois, ne porte pas de gant et demande diligence au président de la République sinon, avertit-elle, demain… il sera trop tard.

« Excellence M. le président,

J’ai l’honneur de venir très respectueusement attirer votre attention sur la violation flagrante de la loi par la mairie de la Commune I du district de Bamako qui peut, si rien n’est fait troubler l’ordre social. Ainsi en votre qualité du chef de l’Etat, chef suprême des armées, président du conseil supérieur de la magistrature, garant de l’indépendance du pouvoir judiciaire, je vous demande de bien vouloir user de votre pouvoir hautement hiérarchique en diligentant immédiatement toutes enquêtes et mesures nécessaires en vue de faire cesser les agissements de la mairie qui n’honorent pas la démocratie malienne.

A cet effet, en prenant le peuple malien en témoin, je porte à votre connaissance ce qui suit :

Nous sommes habitants de Banconi-Djanguinébougou Wèrèda en Commune I du district de Bamako depuis plus d’une décennie sur le site communément appelé 84 hectares. Plus de 600 familles y logent. Qu’en août 2004 nous avons impuissamment assisté à la démolition de nos constructions par la mairie de la Commune I en absence d’un titre exécutoire ou décision administrative sans sommation ou une mise en demeure. En son temps, la mairie avait refusé tout compromis, nous avons de ce fait introduit une requête aux fins de confirmation de propriété et réparation de préjudice devant le tribunal civil de la Commune I de Bamako.

Après deux ans de procès, le tribunal a finalement vidé son délibéré le 6 novembre 2006 après l’avoir rabattu plus de 4 fois. Comme le droit n’a pas été dit, par acte n°91 en date du 10 novembre 2006, appel a été régulièrement interjeté du jugement entrepris. Le dossier toujours pendant devant la Cour d’appel a été inscrit au rôle pour la première fois le 18 octobre 2007.

Mais avant, nos conseils Mes Boh Cissé et Tièsselo Konaré furent approchés par leurs confrères de la mairie en ce que celle-ci serait désormais favorable au dialogue. En accueillant favorablement la nouvelle, nous avons tenu une réunion extraordinaire. Le procès-verbal de ladite réunion a été notifié à nos conseils pour être transmis aux conseils de la mairie.

Malheureusement nos avocats ont bloqué le PV de la réunion ; mais pour quelle raison ? Que fort curieusement, en dépit de l’effet suspensif de l’appel édicté par l’article 573 du décret n°99-254/P-RM du 15 août 1999 portant Code de procédure civil, commercial et social ainsi libellé : « L’appel remet la chose jugée en question devant la juridiction d’appel pour qu’il soit à nouveau statué en fait et en droit » et notre volonté de négocier (que la mairie sait par le fait de ses espions qui assistent à nos réunions), la mairie a envoyé sur le site les 27, 28, 29, octobre 2007 trois Bulldozers avec plus de 200 policiers pour déguerpir environ 600 familles en cassant tout sur leur passage comme en août 2004.

Ce crime odieux, on le sait bien, a été perpétré avec la complicité des plus hautes autorités de notre pays en ce soi-disant Mois de solidarité où cette histoire de casse s’est répétée à Djanguinébougou Wèrèda. Devant un tel tableau que dire de votre volonté de donner un toit aux Maliens sachant bien que vous avez été informé en temps réel pratiquement au même moment que le ministre des Collectivités territoriales ? Depuis, nous attendons votre réaction qui tarde à venir.

Est-ce à dire que la politique de logement du gouvernement du Mali « un toit pour tous »s’adresse à une couche privilégiée de Maliens qui ne sont pas plus Maliens que nous. Si tel est le cas qu’on nous montre maintenant et tout de suite le pays devant nous accueillir. Mais c’est bien vrai que le ridicule ne tue plus au Mali. Plus grave encore, comme pour remercier les plus hautes autorités du pays qui l’ont mandatée, Mme le maire s’est exprimée sur une radio de la capitale peu après la démolition du quartier de Banconi-Djanguinébougou Wèrèda « que les opérations se sont déroulées dans de bonnes conditions ».

A ces mots, nous disons que la population victime des casses a estimé que face à ce « coup de force », il fallait opposer un « repli tactique ». Que c’était la seule façon d’éviter un bain de sang. Nous ne pouvons plus laisser la mairie piétiner impunément nos droits. Tout compte fait, la ré-attribution du site à d’autres citoyens plus nantis se fera sur nos cadavres avec le plan de bornage que la mairie se propose de faire.

Pour cette seconde phase, la contre-attaque sera sanglante car on répond à la violence par la violence. A ce propos, a-t-on coutume de dire que : « le village appartient certes, au chef du village mais celui qui n’a rien que faire de ce monde peut se permettre tout ».Alors qui de la mairie ou de l’ADDW aura le dernier mot ? « Wait and see ». Et nul n’est et ne sera au-dessus de la Loi, l’Etat et ses démembrements y compris, force reste à la loi et nulle nation ne peut prospérer dans le désordre encore moins dans l’injustice.

Vous en souhaitant bonne réception, je vous prie d’agréer, M. le président de la République l’assurance, de ma déférente considération ».

Bamako, le 22 novembre 2007

Le président de l’Association,

Bah Kona Konta

(Tél. : 641 62 27)

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ENTREPRENDRE ET REUSSIR

Basile Boli finance la jeunesse malienne

L'ancien footballeur Basile Boli qui a créé ERA (Entreprendre et réussir en Afrique) doit effectuer un voyage à Bamako très bientôt. Objectif : installer l'antenne-relais de son organisme pour le financement de projets économiques des migrants désirant retourner au bercail mais aussi et surtout de jeunes talents locaux qui ont besoin d'appui et d'accompagnement.

A Paris où ERA est installé depuis septembre dernier, un chef de projets diaspora a été engagé. Il collecte auprès de ses compatriotes les idées de projet et organise l'accompagnement du candidat au retour en informant sur le dispositif. Déjà une vingtaine de projets ont été listés. Tous émanent de candidats volontaires au retour qui, très souvent, ignorent les aides.

Entreprendre et réussir en Afrique ambitionne ainsi de faire du retour non un échec mais une victoire avec à la clé un projet viable financé. C'est ce qu'ils appellent « le retour gagnant », c'est-à-dire semer l'espoir dans les pays d'origine des immigrés en faisant comprendre que tout est possible sur place. Le projet recueilli en France est étudié et monté au Mali. En France, la structure ne s'occupe que de la mise en relation et de la recherche de financements.

Basile Boli, qui a raccroché ses crampons au lendemain de la victoire en 1993 de l'Olympique de Marseille en Champion's League, la seule jusqu'ici d'une équipe française, n'est donc pas resté les bras croisés. Il est retourné dans son pays et a initié l'idée d'une Coupe d'Afrique des jeunes contre le Sida avec un financement initial de seulement un million de F CFA. L'idée a séduit des opérateurs économiques comme Total, puis Bouygues et Bolloré. « A un moment on se bousculait au portillon. Et en seulement quelques mois, nous avons pu bénéficier de la confiance de partenaires dont la mise totale s'élevait à plus de 500 millions de F CFA ».

BB Promotion qui a initié l'idée n'a pas cependant eu le temps de lancer l'événement à cause des événements malheureux survenus en Côte d'Ivoire. Mais l'homme a continué sur sa lancée et se trouve aujourd'hui à la tête de grosses structures comme BB Evénement spécialisée dans la promotion des footballeurs africains en Europe, dans les domaines du marketing sportif et de la production audiovisuelle.

C'est fort de cette sacrée expérience, où la renommée du célèbre buteur lors de la finale de la Coupe d’Europe des clubs champions avec le seul but vainqueur de la rencontre a été de beaucoup, que l'homme se lance le défi du co-développement, du développement tout court avec l'idée du « mécénat économique ».

Après le foot, le développement

Boli croit que les financements sont éparpillés et que les structures sont trop lourdes. Son idée est de mettre en place une structure plus proche des intéressés, plus souple et assez réactive pour proposer des financements sous forme de dons ou de crédits remboursables. Dans cet ordre, une convention liant ERA à l'Anaem (Agence nationale d'accueil des étrangers et des migrations), fait de la première le point focal en matière de co-développement par l'expérimentation de la méthode et de la philosophie Boli. Une enveloppe d'environ 7000 euros est dédiée à chaque projet retenu et « tous les projets des candidats volontaires au retour sont financés ».

Mais ce n'est pas tout, l'immigré désirant rentré chez lui n'est le seul visé par ERA. Le jeune diplômé ou non qui désire entreprendre et réussir dans son pays est aussi une priorité dans le dispositif ERA. L'organisme installera bientôt dans les pays où il va intervenir à savoir le Mali, le Sénégal et le Bénin des correspondants relais qui collecteront les idées de projets, les étudieront et tenteront d'y apporter l'accompagnement nécessaire tant sur le plan de l'étude, auprès des administrations que des financiers. Pour cela ERA songe déjà à la mise en place d'un fonds d'investissement privé devant répondre au besoin des porteurs de projets.

Mais sans tarder, une expérience simple et promotrice est en cours au Rwanda avec un projet de gestion des terres et de protection des sols qui doit créer quelque 6000 emplois pour un investissement initial de 4 millions de dollars US. Ce projet agricole en partenariat avec le ministère rwandais des Terres doit aider à l'autosuffisance alimentaire par la culture de maïs, du blé, de la pomme de terre et d'oignon. A l'avenir, il s'agira d'exporter vers les pays voisins et pourquoi pas en dehors du continent.

Partant de son exemple personnel, M. Boli croit que les talents existent sur le continent et qu'il leur faut un appui simple pour voir les ailes de la jeunesse se déployer. Le footballeur dont le cri de hargne pour la victoire résonne encore dans les cœurs, a troqué le maillot de foot contre l'habit du développeur. En tunique dans les champs, ou en costard cravate sur les chantiers des nouvelles technologies accompagnant toujours les jeunes dans l'entreprenariat.

Oussouf Diagola

(Paris)

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5e CONGRES DE L’URTEL

Yaya Sangaré passe le flambeau

L’examen des rapports d’activités et financier du bureau sortant et la mise en place d’une nouvelle équipe sont les principaux points inscrits à l’ordre du jour du 5e congrès de l’Union des radios et télévisions libres du Mali (Urtel), ouvert mercredi au CICB.

Le 5e congrès de l’Urtel, qui a débuté hier au CICB, regroupe près de 200 participants venus des radios de l’intérieur et de Bamako. Deux jours durant, ils examineront la gestion du bureau sortant avant de mettre en place, ce vendredi, un nouveau bureau pour un mandat de 3 ans.

Un exercice important, selon le ministre de la Communication et des Nouvelles technologies, Mme Diarra Mariam Flantié Diallo, qui a l’avantage, non seulement de relever les faiblesses et lacunes, mais aussi de capitaliser et d’amplifier les atouts et potentialités.

Des faiblesses, elles demeurent toujours, si l’on en croit le président sortant de l’Urtel, Yaya Sangaré. Car, pour lui, si le désir de changement est vif et très largement partagé par tous, « nos radios souffrent des problèmes de formation des ressources humaines, de génération de revenus consistants permettant leur plein épanouissement. L’aide publique à la presse est très insuffisante au regard du service public rendu par la presse privée, du nombre sans cesse grandissant des radios ».

Occasion pour lui d’engager ses successeurs à prendre des mesures énergiques et volontaristes pour sortir les hommes de médias de la misère. « Nous avons essayé de faire de notre mieux, mais les problèmes demeurent et s’accumulent. Du coup, l’exaspération est là, palpable, mais l’espérance aussi. A chacun de prendre ses responsabilités et de s’impliquer, se mouiller pour la cause de la radio libre », a-t-il plaidé.

Défis

La nouvelle équipe devra également veiller à la mission fondamentale de l’Urtel qui est le développement harmonieux du Mali à travers la promotion de la radio libre. Faire de l’Urtel une puissante structure harmonieuse, responsable et dynamique au sein de laquelle se conjuguent entente et courtoisie, labeur et esprit collégial : tel est le souhait de M. Sangaré.

« C’est à ce prix , dira-t-il, que notre organisation pourra jouer son rôle de lobby auprès des décideurs et des partenaires. Il revient à chacun de nous, animateurs comme directeurs, de faire de cette question d’harmonie, d’unité, de responsabilité et de dynamisme, sa part de charge historique. Les épreuves sont éprouvantes et les défis nouveaux ».

Atmosphère confraternelle, cohésion et unité de l’union, a ajouté le ministre Diallo, sont les maîtres mots pour relever les défis à venir.

Quant au représentant de l’USAID, Denis Bulodo, il a souligné l’importance de la radio dans le développement socio-économique et culturel. L’USAID, a-t-il rappelé, appuyé l’Urtel dans la création de radios, des télecentres communautaires.

Tout en réitérant l’engagement de son agence à soutenir les radios, M. Bulodo a invité la nouvelle équipe à mettre l’accent sur l’autorégulation et le rôle de la radio dans le processus électoral, surtout en cette veille d’élections communales.

Sidiki Y. Dembélé

 

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BSIC-MALI

Un siège à la dimension de ses ambitions

Dans 20 mois sera érigé à Hamdallaye l’ACI-2000 le futur siège de la Bsic-Mali pour un coût de 2 milliards de F CFA.

La Banque sahélo-saharienne pour l’investissement et le commerce (Bsic) veut participer pleinement au développement socio-économique des pays membres de la Communauté des Etats sahélo-sahariens (Cen-SAD). L’atteinte de cet objectif passe d’abord par la dotation de ses filiales en local adapté.

La cérémonie de pose de la première pierre du futur siège de la BSIC-Mali a eu lieu mercredi après-midi à Hamdallaye ACI-2000, soit quatre ans après son arrivée dans notre pays. C’était sous la présidence de la ministre de l’Economie, du Commerce et de l’Industrie, Mme Bah Fatoumata Néné Sy, en présence de certains membres du gouvernement, des missions diplomatiques accréditées dans notre pays, des présidents des institutions et du personnel de la BSIC-Mali.

Pour un coût total de 3 millions d’euros (2 milliards de F CFA), le futur siège de la banque panafricaine sera bâti sur une surface de 3300 m2. Dans 20 mois, l’immeuble, qui s’élèvera à Hamdallaye ACI-2000, comportera, entre autres, un sous-sol, un rez-de-chaussée, une mezzanine et des bâtiments annexes repartis en locaux techniques et en guérites.

De quoi émerveiller la ministre de l’Economie, de l’Industrie et du Commerce. A ses dires, avec un capital de 250 millions d’euros, la Bsic constitue un outil important dans le développement des zones où elle est implantée.

Le financement, par la Bsic, des projets agropastorales, des petites et moyennes entreprises et autres projets de lutte contre la pauvreté donnera un grand coup d’accélérateur à l’épanouissement du Mali, a-t-elle ajouté. C’est pourquoi, Mme Bah Fatoumata Néné Sy a émis le vœu que la banque s’implante dans les autres capitales régionales du Mali.

Le PDG de la Bsic, Alhadi Mohamed Alwafarli, a surtout souligné la volonté des pays membres de la Cen-SAD de doter leur communauté d’une institution bancaire digne de ce nom. Une idée qui sera soutenue par le secrétaire général de la Cen-SAD, Dr. Mohamed El Madani Lahzari. Il a plaidé pour l’indépendance économique de l’Afrique, qui doit relever le défi du développement dans un environnement bancaire purement africain.

Ogopémo Ouologuem

(stagiaire)

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COOPERATION MALI-GHANA

S. E. Yaache dans le Mali profond

L’ambassadeur ghanéen au Mali, S. E. Yaach, premier directeur de l’Ecole de maintien de la paix Kofi Anan d’Accra, est à la rencontre de ses compatriotes vivant dans le pays profond.

L’ambassadeur de Ghana au Mali, S. E. le général Clayton Naa Boanubah Yaache a entrepris du 26 au 29 novembre 2007, un périple de quatre jours en première région. La visite du général Yaache l’a conduit successivement à Kayes et dans les cercles de Krané, Nioro du Sahel, et Yélimané. Elle se situe dans le cadre des activités de la chancellerie ghanéenne au Mali. Celle-ci s’est fixée comme objectif d’aller à la rencontre de la communauté ghanéenne où qu’elle se trouve sur le territoire malien.

L’ambassade du Ghana au Mali a établi une tradition de voyage dans le Mali profond. La première étape de cette série de visites s’est déroulée du 9 au 12 octobre 2007 dans les villes de Sikasso, Koutiala, Niono et dans les frontières entre notre pays et le Burkina Faso à Koury et Hérémakono. Son voyage dans la première région, la deuxième du genre, boucle son programme 2007 des visites prévues à travers le pays.

Dans son périple de quatre jours dans la région de Kayes, l’ambassadeur était accompagné du président de la communauté ghanéenne, Kofi Otsin et du chef de la chancellerie, Mawutor Alifo . Partout où elle est passée , la délégation a été émerveillée par le climat de bonne cohabitation dans lequel vit la communauté ghanéenne du Mali forte d’environ 800 âmes et surtout l’accueil chaleureux des autorités locales.

Abdrahamane Dicko

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EPILOGUE

L’amalgame dans l’héritage

L’héritage peut être défini comme l’ensemble des biens matériels, mobiliers et immobiliers, qu’un homme ou une femme laisse à sa descendance à sa mort. Ainsi compris, il concerne les maisons d’habitation, les champs, les vergers et même le bétail possédé par le défunt. Dans les sociétés occidentales où l’habitude du compte en banque a pris le pas sur la thésaurisation à domicile, celui-ci est aussi compris dans l’héritage paternel ou maternel.

Au Mali, dans certains groupes ethniques comme les Malinkés et les Bamanan, jusqu’à très récemment les dernières épouses de l’homme faisaient aussi partie de sa succession et il était permis à l’aîné de ses fils ou l’un des plus âgés des enfants d’en prendre comme épouses. Mais les contacts avec l’extérieur ont progressivement conduit à l’abandon de cette pratique à cause sans doute de son aspect immoral.

En Europe et en Occident, de façon générale, l’héritage, qu’il soit paternel ou maternel, est régi par le droit civil et il y a peu de chance que la procédure dérape et fasse des victimes. Dans ces sociétés, depuis les XVIIe et XVIIIe siècles, les gens ont pris l’habitude de rédiger des testaments de leur vivant et cette tradition a traversé les siècles jusqu’à maintenant. En outre la politique de contrôle des naissances, pratiquée en Europe dès le XIXe siècle, fait que les ménages font peu d’enfants, ce qui simplifie le règlement des problèmes d’héritage.

Chez nous où l’écriture fut absente jusqu’à la pénétration coloniale, ces problèmes étaient réglés par la voie orale, c’est-à-dire que, sur son lit de mort, lorsqu’il en avait eu le temps et la force, le mourant dictait à ses proches ses dernières volontés, à savoir la manière dont ses biens devaient être repartis. Lorsqu’il n’a pas pu communiquer à quelqu’un ses dernières volontés, on procède à un sondage dans son entourage pour déterminer comment l’héritage doit être partagé entre les enfants qui en ont droit.

En principe, en milieu bamanan (comme dans beaucoup d’autres), pour jouir du bien du père décédé, il faut être enfant légitime, c’est-à-dire être né dans le cadre du mariage. Les enfants nés hors mariage même s’ils sont du père ne sont pas concernés par l’héritage. Il en a de même pour des filles mariées dont beaucoup sont exclues du partage du bien paternel ou n’en reçoivent qu’une infime partie.

Si l’islam reconnaît aux filles non mariées une petite part dans l’héritage paternel, le droit traditionnel (la coutume) les met carrément de côté, car les considérant comme faisant partie d’une autre famille. Dans les zones rurales, l’héritage est rarement partagé. Il est mis en commun et exploité au profit de tous. Ainsi, les bœufs de labour et le matériel agricole du défunt père, ne sont ni vendus ni partagés, mais utilisés dans les champs communs.

En brousse, la grande famille arrive à survivre grâce au chef de famille. Les frères et les cousins de ce dernier font continuer l’œuvre entamée par lui en faisant aller les choses comme auparavant. Les biens de la famille continuent d’être exploités collectivement, de même que les affaires sont gérées en commun. De façon générale, en milieu rural, il y a moins de pression sur l’héritage que dans les centres urbains. En raison du fait que les sociétés rurales sont des zones sans grandes liquidités financières, les problèmes d’héritage tournent plus autour des biens matériels que sur l’argent laissé par le défunt. Ensuite le contexte de pauvreté générale fait que peu de pères sont capables de laisser des biens précieux et des sommes importantes d’argent à leurs enfants.

Mais qu’il s’agisse de la campagne ou de la ville, c’est dans le cadre polygamique que l’on rencontre le maximum de problèmes en matière d’héritage. Le nombre trop élevé d’enfants nés de mères différentes complique dangereusement la situation, même s’il y a un testament écrit. Notons d’ailleurs que l’usage de ce document n’est pas bien répandu car circonscrit aux grandes familles de lettrés et d’intellectuels que comptent nos grandes villes. La grande majorité de la population liquide les problèmes d’héritage avec les recettes de la tradition, du droit religieux musulman et du code civil (droit moderne).

Dans les villes, la pression des mères fait que l’héritage est rapidement partagé de façon à permettre aux enfants bénéficiaires de voler de leurs propres ailes. Beaucoup d’objets et de biens comme la voiture, la charrette ou les simples terrains à usage d’habitation non bâties sont ainsi vendus et le produit de cette vente réparti entre les ayant droit du défunt père.

Dans les situations où la cohabitation devient difficile entre les enfants, c’est la maison paternelle elle-même qui est soit morcelée, soit vendue (contrairement à ce qui se fait en brousse). Mais même dans le cadre monogamique, quand le nombre d’enfants est élevé, la famille est confrontée à d’énormes problèmes de succession ou de partage des biens paternels.

Toutefois, la monogamie étant surtout pratiquée par les chrétiens et les intellectuels, l’habitude des testaments écrit s’est installée dans ces milieux. La conséquence est qu’il y a moins de problèmes dans ces familles en ce qui concerne les successions. Le manque de testament écrit et le nombre trop élevé d’enfants ne sont pas les seuls facteurs de désordre dans les problèmes d’héritage au Mali.

Le droit traditionnel (la tradition) reconnaît des droits aux frères du défunt sur les biens de ce dernier. Cette situation, si elle n’est pas intelligemment gérée, peut être conflictuelle entre les oncles paternels et les neveux. D’autres part, le droit moderne (code civil) fait de la veuve l’héritière de son mari si elle a eu des enfants avec lui.

Tel n’est le point de vue ni du droit musulman ni de la tradition qui tous les deux ne voient en la femme qu’une intruse chez l’homme, une étrangère incapable d’hériter de lui. Dans la plupart des régions du Mali, le droit musulman et le droit moderne sont amalgamés et pratiqués à côté de la tradition. Le résultat est que les problèmes d’héritage sont gérés à géométrie variable, presque au cas par cas.

Dans tous les cas l’héritage a la triste réputation d’un bien maudit qui se prête facilement au gaspillage et à la dilapidation. Une fois qu’on la mange, on est obligé de se débrouiller tout seul, ce qui ne réussit pas à tout le monde. Les échecs dans ce domaine sont plus nombreux que les réussites.

Facoh Donki Diarra

 

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