Les Echos du 28 Novembre
CSTM
La grève boudée par les militants
Suite à l’échec de ses négociations avec le gouvernement et le patronat à propos de son cahier de doléances, la Confédération syndicale des travailleurs du Mali (CSTM) observe depuis Mardi une grève de 72 h. Mais, cet appel à l’arrêt du travail n’a été véritablement suivi que parla Fédération de l’éducation nationale (Fen) et une banque de la place. Film d’une première journée ratée.
La grève de la CSTM est largement suivie par la Fédération de l’éducation nationale (Fen). A Bamako, certaines écoles que nous avons pu sillonner comme les groupes scolaires Mamadou Konaté, N’tomikorobougou, Darsalam, Camp-Digue et Camp des gardes, St-Kizoto à Lafiabougou sont restées fermées. De nombreux enseignants n’étaient pas à leurs postes.
Mais, le succès a été moindre du côté du Syndicat national des banques et établissements financiers (Synabef), qui a timidement observé le mot d’ordre de grève. Sur la dizaine de banques de Bamako, seule la Banque of Africa a baissé ses stores et aucun paiement ne se faisait à ses guichets. Les clients se sont rabattus sur les guichets automatiques qui ont néanmoins fonctionné.
La Banque nationale de développement agricole (BNDA), l’un des fiefs de la CSTM, a aussi boudé le mot d’ordre de son syndicat mère. Selon Kalifa Diakité, secrétaire général du comité syndical de la BNDA, « nous n’avons pas observé la grève pour une raison fondamentale. On ne nous a pas associés au préavis de grève par conséquent on n’a pas été préparés en la matière ».
Impréparation
M. Diakité ajoute que trois jours, c’est trop pour une centrale syndicale qui n’est jamais allée en grève. Il précise que « je leur ai dit au cours de la réunion de faire 24 ou 48 h de grève car nous n’avons pas l’expérience de la grève. Face à la concurrence et la non-préparation, la BNDA ne peut observer 72 h de grève, mais nous sommes solidaires de l’esprit de la grève. Nous avons une politique vis-à-vis de la clientèle. C’est hier (Ndlr : lundi la veille de la grève) seulement qu’on nous a informés de la grève. On ne pouvait pas informer tous nos clients. Nos clients n’ont pas été préparés et informés. C’est ainsi que le comité syndical de la BNDA a décidé de travailler pour ne pas pénaliser les clients ».
Les assurances et autres établissements financiers ont également travaillé normalement. Les transports urbain et interurbain n’ont pas non plus participé à cette première journée de grève. Les « Sotrama », bus et taxis étaient visibles en circulation toute la journée d’hier.
La CSTM a 58 points de revendications qui tournent autour de l’amélioration des conditions de travail, l’amélioration des conditions de vie, le respect des droits et des libertés et le bannissement de l’exclusion.
Lundi à 14 h 30, les négociations avec le gouvernement et le patronat se sont terminées sur un constat d’échec. Sur les 58 points de revendications, il y avait 16 points de non-accord, 13 points d’accord et 1 point d’accord partiel. Cet échec des négociations ne pouvait que conduire la CSTM à observer son mot d’ordre de grève.
Sidiki Doumbia
(stagiaire)
Acceuil
EXPULSIONS DE MALIENS DE FRANCE
En neuf mois, 288 Maliens rapatriés
Ce sont 288 de nos compatriotes qui ont été refoulés par les autorités françaises au cours des neuf premiers mois de l’année 2007.
Ils sont 288 Maliens « sans papier » en situation irrégulière à être expulsés de France entre janvier et septembre 2007. C’est le chiffre donné par le ministre français de l'Immigration, de l'Intégration, de l'Identité nationale et du Co-développement, Brice Hortefeux en visite dans notre pays.
Ce chiffre de M. Hortefeux est en contradiction avec celui donné par l’Association malienne des expulsés de France (Ame), qui parle de 479 de nos compatriotes expulsés de janvier à novembre 2007. Toujours est-il que l’année 2006 a enregistré l’expulsion de quelque 23 000 « sans papiers », dont plus de 400 Maliens.
Le président Sarkozy a indiqué que, pour 2007, 25 000 immigrés seront reconduits aux frontières de la France.
Depuis quelques années le nombre d’expulsés maliens va crescendo. Les expulsions se font présentement suivant une procédure très rapide, la police française voulant éviter de présenter les clandestins devant un tribunal français, quatre jours après leur arrestation.
« Ministre ADN »
Répondant aux questions d’un confrère sur le test ADN, M. Hortefeux a affirmé que douze États européens offrent déjà aux candidats au regroupement familial ce moyen supplémentaire de prouver leur filiation lorsque l'état-civil ne le permet pas. Le Parlement français, a-t-il poursuivi, a alors naturellement tenu à ce que la France propose également ce dispositif. « Ce n'est donc pas une spécificité française et les Africains le savent ».
A ses dires, il a personnellement veillé à ce que cette mesure s'inscrive dans un cadre juridique à la fois précis et protecteur. Comme le prouve le jugement favorable rendu par le Conseil constitutionnel. « La procédure des tests ADN respecte parfaitement la dignité humaine ».
M. Hortefeux dira qu’il a voulu que ces tests ne soient proposés que dans des pays où nos partenaires européens le pratiquent déjà. « Ce n'est pas le cas au Mali, qui n'est donc pas aujourd'hui concerné ».
« Le ministre ADN » a souhaité voir une plus grande circulation des artistes. « Plus de visas seront accordés aux artistes, vecteurs de la bonne image d’un pays ».
Amadou Sidibé
Acceuil
SOTUBA
Plus de 300 millions pour la sortie des voies
Avec le premier coup de gradeur donné hier par la maire de la Commune I, Sotuba disposera dans deux ans, d’infrastructures de base répondant aux normes d’urbanisation .
Le processus de régularisation foncière suit son cours normal à Sotuba. Pour preuve, ce vieux quartier, situé sur la route de Koulikoro, un des quartiers spontanés dans le district, a reçu hier, la visite du maire de la Commune I au bord d’une pelle chargeuse pour donner le coup d’envoi officiel de la réhabilitation du quartier. A travers cet acte symbolique, il s’agira de doter Sotuba d’infrastructures de base : réseaux d’eau et d’assainissement, d’électricité, de téléphone, de routes qui seront aménagées en latérite et bordées de caniveaux.
Les rues qui seront spécialement aménagées concernent la grande voie d’accès au quartier et la rue qui va vers le marigot. Bref, tout ce qu’il faut pour que le quartier répond aux normes d’urbanisation.
Prévue pour durer deux ans, la réalisation des travaux a été rendue possible grâce à un partenariat entre la mairie et la Fédération internationale de synthèse architecturale (Fisa), une ONG espagnole intervenant en communes I, III, IV et Ségou. Environ 300 millions de F CFA, c’est le montant qui sera déboursé par l’ONG pour mener à bien le projet d’habitat populaire de Sotuba. Sur ce montant, la contribution de la mairie est de l’ordre de 5 %.
Pour la maire de la Commune I, il y a de fortes chances que les travaux soient achevés avant la date indiquée. « Nous espérons terminer les travaux avant 2 ans puisque le financement est déjà acquis », a assuré Mme Konté Fatoumata Doumbia. Selon elle, l’intérêt du projet est simple et visible. « C’est Fisa qui a eu l’initiative d’appuyer la mairie pour réaliser cette sortie des voies. L’intérêt est certain pour la population et c’est une grande fierté pour moi de donner le coup d’envoi du démarrage des travaux de réhabilitation de Sotuba », s’est réjouie Mme Konté.
Les résidents de Sotuba, qui ont favorablement accueilli l’initiative, ont exprimé leur gratitude aux autorités municipales et se sont engagés à ne ménager aucun effort pour la réussite du projet.
Avant le 1er coup de gradeur, la mairie a préalablement examiné les tenants et les aboutissants à travers une enquête sociale et des études de faisabilité sur le terrain. Aux dires de Me Gaoussou Fofana, président de la commission du projet d’habitat populaire de Sotuba, il est prévu une zone de recasement pour des familles qui seront en grande partie touchées par la sortie des voies. D’ores et déjà, celles qui ne sont guère menacées ont reçu leur permis.
Mohamed Daou
Acceuil