« Nous ne sommes pas contre l’eventuel grêve de la CSTM. Ce que je veux dire aux autorités concerne toutes les revendications. A partir du moment où il y a un cadre de concertation, il faut dire la vérité. Le problème est que chaque fois qu’il y a revendication, l’Etat s’engage sans en avoir les moyens. On doit également tenir compte de l’équité dans l’action gouvernementale. Pendant que les revendications de l’un sont satisfaites, on refuse la satisfaction de celles de l’autre. Cela provoque le durcissement ».
« Je ne fais pas partie du CSTM. Ce que le CSTM fait n’est pas sérieux. En une année, un syndicat ne peut pas se présenter devant le gouvernement avec 58 points. Cela montre qu’ils n’ont pas travaillé durant toute l’année. Ce n’est pas responsable ».
« Le CSTM a ses raisons d’aller en grêve car celui qui ne revendique pas n’a rien dans notre pays. Je soutiens cette grève ».
« Je suis fonctionnaire, la grêve ne me gêne pas, mais 58 points de revendication, c’est trop demandé de la part de CSTM. Tant qu’il y a travail, il y a toujours des problèmes. Les problèmes ne finissent pas. 58 points pour une année est exceptionnel. S’il y a satisfaction sur 15 ou 20, on doit laisser le reste des points pour l’année suivante ».
« Je n’étais pas au courant de la grêve du 27 au 29 de CSTM. Ce matin, quand je suis venue pour faire une opération, j’ai vu l’affiche à la porte. Comme, je ne viens pas chaque jour à la banque, je ne suis pas trop concerné à cette grève. En tout cas, ça fera mal à des gens qui ont, tous les jours, besoin d’argent. Il y a des hommes d’affaires pour lesquels 24 h de grève cause beaucoup de désagréments ».
DEMOLITION A NAFADJI
Consensus sur 84 hectares
Contrairement à d’autres opérations de démolition, celle des maisons illégalement construites sur les 84 hectares à Nafadji (Commune I), n’a pas donné lieu à des contestations. Ils sont 1579 bénéficiaires devant être recasées sur le site.
Entre la construction illégale des maisons sur les 84 ha à Nafadji et leur démolition intervenue dans la dernière semaine du mois d’octobre dernier, beaucoup d’eau a coulé sous le pont.
Au départ, les auteurs des constructions illicites étaient hostiles à toute démolition au point qu’ils ont traîné en 2004 la mairie de la Commune I devant les tribunaux lorsque cette dernière avait décidé de casser un premier lot de maisons. Or, depuis 2002, l’espace a été mis à la disposition des autorités communales pour les besoins du recasement des populations déguerpies de Banconi, Doumanzana, Nafadji et Fadjiguila.
Le jugement rendu a consacré la victoire de la mairie l’autorisant à procéder à des sorties de voie, ce qui passe par une démolition des maisons spontanées. La mairie s’est livrée à cet exercice dans la dernière semaine du mois d’octobre sans résistance des occupants des lieux.
« C’est à la faveur d’une mesure en 2003 qui a vu la suspension de la vente des parcelles par les mairies que j’ai occupé les lieux. Mais je savais que les sorties de voie n’étaient pas effectives. En même temps, je sais que le plan de lotissement a été approuvé depuis 2002. Naturellement, je m’attendais à ce genre de situation. Pour moi, c’était un jeu de loterie c'est-à-dire au cas où ma maison serait épargnée, ce serait une chance. Malheureusement, c’est le contraire qui s’est produit et c’était d’ailleurs prévisible. Donc je ne peux que me soumettre » , reconnaît Oumar Traoré.
En réalité, les occupants des 84 ha n’étaient munis que d’une simple lettre de signification qu’ils auraient obtenue auprès d’une famille Coulibaly à Nafadji. « En toute honnêteté, je sais qu’une lettre de signification ne donne pas droit à une parcelle. Il faut à la limite que le bornage se fasse d’abord accompagné d’une lettre de notification. Mais la crise foncière au Mali est telle que chacun est pressé d’avoir un lopin. C’est ce qui m’a amené à entrer dans ce jeu. De plus, c’était à des prix abordables entre 50 000 F CFA et 100 000 F CFA. Je connais beaucoup de gens qui se sont procurés dans ces conditions d’une dizaine de parcelles dans l’espoir un jour de les valoriser », dévoile Siaka Kéita.
Parmi ceux qui avaient occupé illégalement et érigé anarchiquement des concessions, il y a des cadres de l’administration, des commerçants et des citoyens moyens. « Si j’ai bonne souvenance, dans ma carrière d’agent de sécurité, une opération de démolition ne s’est pas aussi bien passée que Nafadji. En toute sincérité, sur le terrain il n’y a eu aucun grincement de dents encore moins d’opposition des populations. En 3 jours en compagnie d’une centaine d’agents, il n y a pas eu d’usage de gaz lacrymogène pour contrer des velléités comme cela a été le cas ailleurs », témoigne l’inspecteur de police qui a dirigé l’opération.
Transparence
Les sorties de voie des quartiers Banconi, Fadjiguila… étaient liées à la démolition de maisons illicitement construites sur les 84 ha de Nafadji. « Nous ne sommes pas parvenus à faire des sorties de voie au Banconi, à Nafadji. Dans ces zones, les maisons concernées ne peuvent être cassées tant qu’on ne montre pas à leurs occupants leurs parcelles sur le site des 84 ha. Aujourd’hui, ils sont pressés de voir la couleur de leurs parcelles. Ce à quoi nous nous attelons d’ailleurs », explique la maire de la Commune I, Mme Konté Fatoumata Doumbia.
A l’en croire, entre 2002 et 2003, il y a eu au moins 3 décisions de recasement sur ledit site. « Il y a déjà plus de 1000 notifications qui sont détenues parmi les ayants droits au niveau des quartiers Banconi, Fadjiguila, Doumanzana, Nafadji parmi lesquels il y a plus de 800 personnes qui ont payé les frais d’élidité depuis 2002 en raison de 150 000 F CFA ».
L’édile de préciser qu’ils sont au total 1579 personnes qui doivent être recasées sur le site et que les autorités communales se sont données un mois pour achever les travaux de bornage. « L’espace en question suffit pour recaser les 1579 personnes déguerpies lors de la réhabilitation des quartiers Banconi, Doumanzana, Nafadji, Fadjiguila. Le bornage a commencé dans le dessein de l’attribuer aux bénéficiaires. D’ici à janvier 2008, ce travail prendra fin et les gens seront installés », promet-elle.
Mme Konté Fatoumata Doumbia s’est inscrite en faux contre des allégations selon lesquelles, elle aurait acheté dans le temps des centaines de notifications pour aller les revendre à Paris. « Honnêtement, ma préoccupation, c’est d’installer les ayants droits. Pour moi, ce n’est pas une affaire de la mairie. Je n’ai jamais acheté une notification avec l’équipe sortante. Je n’ai même pas mis les pieds dans la cour de la mairie à plus forte raison venir voir Yaro. Même une fois. Je mets quiconque au défi de produire une notification qu’il aurait achetée avec moi. Et tous ceux qui sont venus me voir pour des cas sociaux, ma réponse a été : je ne sais pas », défend-elle.
Un marché, une école, une medersa, une mosquée, une église, une place publique, les espaces verts sont des équipements prévus sur le site.
Mohamed Daou
Acceuil
SIT-IN DES TRAVAILLEURS DE L’HUICOMA
Pour réclamer leurs droits de licenciement
Licenciés il y a six mois, des travailleurs de l’Huilerie cotonnière du Mali (Huicoma) ont organisé lundi un sit-in devant la direction de l’entreprise, à l’immeuble Graphic industrie, pour réclamer le paiement de leurs droits.
« Non à la violence » , « Non au chantage », « Nous voulons nos droits », « Non au protocole », tels sont les slogans qu’on pouvait lire, hier matin, sur des banderoles déployées par des travailleurs licenciés de l’Huicoma. Ils étaient en sit-in devant les locaux de la direction générale de l’entreprise pour réclamer leurs droits de licenciement.
« En juin, la direction a arrêté l’usine et nous a mis en chômage technique pour trois mois. A notre retour en septembre, elle a choisi quelques-uns pour reprendre le travail. Le 5 octobre, nous avons reçu nos lettres de licenciement par le biais d’un huissier. Depuis ce jour, nous n’avons pas encore perçu nos droits. C’est pourquoi, nous sommes là, sans violence, pour exiger nos droits » , a expliqué le porte-parole des travailleurs, Modibo Sidibé.
Ils sont, au total, 409 travailleurs qui ont été licenciés par Alou Tomota, le nouveau patron d’Huicoma depuis sa privatisation en 2004. « Depuis six mois, les gens souffrent, ils n’ont rien. Imaginez des chefs de famille qui se retrouvent du jour au lendemain au chômage, sans droit et sans certificat de travail », s’est insurgé M. Sidibé qui a dénoncé le « chantage » dont les licenciés sont victimes de la part de leur ex-employeur.
« Parce qu’ils savent que nous sommes à bout de souffle, ils veulent nous contraindre à signer un protocole à la place du plan social tout en nous empêchant de poursuivre la société en justice. Nous disons non ! C’est à la limite du chantage, sinon de l’escroquerie » , a-t-il encore dénoncé.
Fausses promesses
Selon M. Sidibé, le nouvel acquéreur aurait violé, de bout en bout, le cahier de charges de la privatisation. « Il s’était engagé à mettre en place un plan social avec une offre de 3 milliards, deux mois après la reprise, pour désengager les travailleurs. Trois ans après, rien n’est encore fait », a-t-il regretté.
Les travailleurs licenciés, après avoir adressé une lettre de protestation à la direction de l’entreprise, ont été reçus, hier, par la directrice des ressources humaines, Konda Kadidia Haïdara. Cette dernière aurait demandé aux licenciés d’aller récupérer leur chèque avec Me Lamissa Coulibaly, l’avocat d’Huicoma.
« C’est pour nous rouler encore dans la farine », a lancé un travailleur, désabusé. « C’est le même langage qu’ils ont tenu la semaine dernière. Quand nous sommes allés voir l’avocat vendredi dernier, il nous a dit qu’il ne disposait d’aucun chèque et qu’ils n’avaient pas encore fini de calculer nos droits. Et quarante-huit heures après, on nous dit de retourner voir l’avocat, c’est quoi ce jeu », s’est-il interrogé.
En tout cas, après le sit-in, ils se sont fixés rendez-vous chez l’avocat, tout en jurant de porter plainte contre le groupe Tomota et l’Etat, garant de la société, s’ils n’entraient pas en possession de leur dû dans les 48 h.
Sidiki Y. Dembélé
Acceuil