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2007

Mois de Novembre

Les Echos du 27 Novembre

GREVE DE CSTM

Des travailleurs et usagers se prononcent

La grève de 72 h de la Confédération syndicale des travailleurs du Mali (CSTM), prévue pour débuter ce matin, si elle a lieu, causera bien des désagréments aux usagers. En attendant, des Bamkois ont bien voulu s’exprimer sur son bien-fondé ou non. Réactions.

Sékou Sangaré(coordinateur du Conseil national de la société civile) :

« Nous ne sommes pas contre l’eventuel grêve de la CSTM. Ce que je veux dire aux autorités concerne toutes les revendications. A partir du moment où il y a un cadre de concertation, il faut dire la vérité. Le problème est que chaque fois qu’il y a revendication, l’Etat s’engage sans en avoir les moyens. On doit également tenir compte de l’équité dans l’action gouvernementale. Pendant que les revendications de l’un sont satisfaites, on refuse la satisfaction de celles de l’autre. Cela provoque le durcissement ».

Adama Traoré  (professeur d’enseignement secondaire)  :

« Je ne fais pas partie du CSTM. Ce que le CSTM fait n’est pas sérieux. En une année, un syndicat ne peut pas se présenter devant le gouvernement avec 58 points. Cela montre qu’ils n’ont pas travaillé durant toute l’année. Ce n’est pas responsable ». 

Kadiatou Coulibaly(secrétaire bureautique) :

« Le CSTM a ses raisons d’aller en grêve car celui qui ne revendique pas n’a rien dans notre pays. Je soutiens cette grève ».

Amadou Kéita (administrateur civil)  :

« Je suis fonctionnaire, la grêve ne me gêne pas, mais 58 points de revendication, c’est trop demandé de la part de CSTM. Tant qu’il y a travail, il y a toujours des problèmes. Les problèmes ne finissent pas. 58 points pour une année est exceptionnel. S’il y a satisfaction sur 15 ou 20, on doit laisser le reste des points pour l’année suivante ».

Mme Doumbia Sadio Traoré(agent commercial) :

« Je n’étais pas au courant de la grêve du 27 au 29 de CSTM. Ce matin, quand je suis venue pour faire une opération, j’ai vu l’affiche à la porte. Comme, je ne viens pas chaque jour à la banque, je ne suis pas trop concerné à cette grève. En tout cas, ça fera mal à des gens qui ont, tous les jours, besoin d’argent. Il y a des hommes d’affaires pour lesquels 24 h de grève cause beaucoup de désagréments ».

Maïmouna Sanogo(banquière) :

« Je ne sais pas précisément sur quoi portent les différents points de revendication, mais c’est le souhait de nous tous que ces points soient satisfaits ».

Propos recueillis par

Sidiki Doumbia (stagiaire)

 

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DEMOLITION A NAFADJI

Consensus sur 84 hectares

Contrairement à d’autres opérations de démolition, celle des maisons illégalement construites sur les 84 hectares à Nafadji (Commune I), n’a pas donné lieu à des contestations. Ils sont 1579 bénéficiaires devant être recasées sur le site.

Entre la construction illégale des maisons sur les 84 ha à Nafadji et leur démolition intervenue dans la dernière semaine du mois d’octobre dernier, beaucoup d’eau a coulé sous le pont.

Au départ, les auteurs des constructions illicites étaient hostiles à toute démolition au point qu’ils ont traîné en 2004 la mairie de la Commune I devant les tribunaux lorsque cette dernière avait décidé de casser un premier lot de maisons. Or, depuis 2002, l’espace a été mis à la disposition des autorités communales pour les besoins du recasement des populations déguerpies de Banconi, Doumanzana, Nafadji et Fadjiguila.

Le jugement rendu a consacré la victoire de la mairie l’autorisant à procéder à des sorties de voie, ce qui passe par une démolition des maisons spontanées. La mairie s’est livrée à cet exercice dans la dernière semaine du mois d’octobre sans résistance des occupants des lieux.

« C’est à la faveur d’une mesure en 2003 qui a vu la suspension de la vente des parcelles par les mairies que j’ai occupé les lieux. Mais je savais que les sorties de voie n’étaient pas effectives. En même temps, je sais que le plan de lotissement a été approuvé depuis 2002. Naturellement, je m’attendais à ce genre de situation. Pour moi, c’était un jeu de loterie c'est-à-dire au cas où ma maison serait épargnée, ce serait une chance. Malheureusement, c’est le contraire qui s’est produit et c’était d’ailleurs prévisible. Donc je ne peux que me soumettre » , reconnaît Oumar Traoré.

En réalité, les occupants des 84 ha n’étaient munis que d’une simple lettre de signification qu’ils auraient obtenue auprès d’une famille Coulibaly à Nafadji. « En toute honnêteté, je sais qu’une lettre de signification ne donne pas droit à une parcelle. Il faut à la limite que le bornage se fasse d’abord accompagné d’une lettre de notification. Mais la crise foncière au Mali est telle que chacun est pressé d’avoir un lopin. C’est ce qui m’a amené à entrer dans ce jeu. De plus, c’était à des prix abordables entre 50 000 F CFA et 100 000 F CFA. Je connais beaucoup de gens qui se sont procurés dans ces conditions d’une dizaine de parcelles dans l’espoir un jour de les valoriser », dévoile Siaka Kéita.

Parmi ceux qui avaient occupé illégalement et érigé anarchiquement des concessions, il y a des cadres de l’administration, des commerçants et des citoyens moyens. « Si j’ai bonne souvenance, dans ma carrière d’agent de sécurité, une opération de démolition ne s’est pas aussi bien passée que Nafadji. En toute sincérité, sur le terrain il n’y a eu aucun grincement de dents encore moins d’opposition des populations. En 3 jours en compagnie d’une centaine d’agents, il n y a pas eu d’usage de gaz lacrymogène pour contrer des velléités comme cela a été le cas ailleurs », témoigne l’inspecteur de police qui a dirigé l’opération.

Transparence

Les sorties de voie des quartiers Banconi, Fadjiguila… étaient liées à la démolition de maisons illicitement construites sur les 84 ha de Nafadji. « Nous ne sommes pas parvenus à faire des sorties de voie au Banconi, à Nafadji. Dans ces zones, les maisons concernées ne peuvent être cassées tant qu’on ne montre pas à leurs occupants leurs parcelles sur le site des 84 ha. Aujourd’hui, ils sont pressés de voir la couleur de leurs parcelles. Ce à quoi nous nous attelons d’ailleurs », explique la maire de la Commune I, Mme Konté Fatoumata Doumbia.

A l’en croire, entre 2002 et 2003, il y a eu au moins 3 décisions de recasement sur ledit site. « Il y a déjà plus de 1000 notifications qui sont détenues parmi les ayants droits au niveau des quartiers Banconi, Fadjiguila, Doumanzana, Nafadji parmi lesquels il y a plus de 800 personnes qui ont payé les frais d’élidité depuis 2002 en raison de 150 000 F CFA ».

L’édile de préciser qu’ils sont au total 1579 personnes qui doivent être recasées sur le site et que les autorités communales se sont données un mois pour achever les travaux de bornage. « L’espace en question suffit pour recaser les 1579 personnes déguerpies lors de la réhabilitation des quartiers Banconi, Doumanzana, Nafadji, Fadjiguila. Le bornage a commencé dans le dessein de l’attribuer aux bénéficiaires. D’ici à janvier 2008, ce travail prendra fin et les gens seront installés », promet-elle.

Mme Konté Fatoumata Doumbia s’est inscrite en faux contre des allégations selon lesquelles, elle aurait acheté dans le temps des centaines de notifications pour aller les revendre à Paris. « Honnêtement, ma préoccupation, c’est d’installer les ayants droits. Pour moi, ce n’est pas une affaire de la mairie. Je n’ai jamais acheté une notification avec l’équipe sortante. Je n’ai même pas mis les pieds dans la cour de la mairie à plus forte raison venir voir Yaro. Même une fois. Je mets quiconque au défi de produire une notification qu’il aurait achetée avec moi. Et tous ceux qui sont venus me voir pour des cas sociaux, ma réponse a été : je ne sais pas », défend-elle.

Un marché, une école, une medersa, une mosquée, une église, une place publique, les espaces verts sont des équipements prévus sur le site.

Mohamed Daou

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SIT-IN DES TRAVAILLEURS DE L’HUICOMA

Pour réclamer leurs droits de licenciement

Licenciés il y a six mois, des travailleurs de l’Huilerie cotonnière du Mali (Huicoma) ont organisé lundi un sit-in devant la direction de l’entreprise, à l’immeuble Graphic industrie, pour réclamer le paiement de leurs droits.

« Non à la violence » , « Non au chantage », « Nous voulons nos droits », « Non au protocole », tels sont les slogans qu’on pouvait lire, hier matin, sur des banderoles déployées par des travailleurs licenciés de l’Huicoma. Ils étaient en sit-in devant les locaux de la direction générale de l’entreprise pour réclamer leurs droits de licenciement.

« En juin, la direction a arrêté l’usine et nous a mis en chômage technique pour trois mois. A notre retour en septembre, elle a choisi quelques-uns pour reprendre le travail. Le 5 octobre, nous avons reçu nos lettres de licenciement par le biais d’un huissier. Depuis ce jour, nous n’avons pas encore perçu nos droits. C’est pourquoi, nous sommes là, sans violence, pour exiger nos droits » , a expliqué le porte-parole des travailleurs, Modibo Sidibé.

Ils sont, au total, 409 travailleurs qui ont été licenciés par Alou Tomota, le nouveau patron d’Huicoma depuis sa privatisation en 2004. « Depuis six mois, les gens souffrent, ils n’ont rien. Imaginez des chefs de famille qui se retrouvent du jour au lendemain au chômage, sans droit et sans certificat de travail », s’est insurgé M. Sidibé qui a dénoncé le « chantage » dont les licenciés sont victimes de la part de leur ex-employeur.

« Parce qu’ils savent que nous sommes à bout de souffle, ils veulent nous contraindre à signer un protocole à la place du plan social tout en nous empêchant de poursuivre la société en justice. Nous disons non ! C’est à la limite du chantage, sinon de l’escroquerie » , a-t-il encore dénoncé.

Fausses promesses

Selon M. Sidibé, le nouvel acquéreur aurait violé, de bout en bout, le cahier de charges de la privatisation. « Il s’était engagé à mettre en place un plan social avec une offre de 3 milliards, deux mois après la reprise, pour désengager les travailleurs. Trois ans après, rien n’est encore fait », a-t-il regretté.

Les travailleurs licenciés, après avoir adressé une lettre de protestation à la direction de l’entreprise, ont été reçus, hier, par la directrice des ressources humaines, Konda Kadidia Haïdara. Cette dernière aurait demandé aux licenciés d’aller récupérer leur chèque avec Me Lamissa Coulibaly, l’avocat d’Huicoma.

« C’est pour nous rouler encore dans la farine », a lancé un travailleur, désabusé. « C’est le même langage qu’ils ont tenu la semaine dernière. Quand nous sommes allés voir l’avocat vendredi dernier, il nous a dit qu’il ne disposait d’aucun chèque et qu’ils n’avaient pas encore fini de calculer nos droits. Et quarante-huit heures après, on nous dit de retourner voir l’avocat, c’est quoi ce jeu », s’est-il interrogé.

En tout cas, après le sit-in, ils se sont fixés rendez-vous chez l’avocat, tout en jurant de porter plainte contre le groupe Tomota et l’Etat, garant de la société, s’ils n’entraient pas en possession de leur dû dans les 48 h.

Sidiki Y. Dembélé

 

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ACCIDENTS DE LA CIRCULATION

Halte à l’hécatombe !

Les accidents de la circulation avec leur lot de morts et de blessés ne sont pas une fatalité. Et malgré l’état désastreux de nos routes et de nos moyens de locomotion, nous pouvons les réduire considérablement par une volonté politique et un respect du code de la route. C'est la conclusion à laquelle a abouti le débat sur le thème « jeunesse et sécurité routière ».

Selon les statistiques de l’Association malienne pour la sensibilisation, la prévention, la sécurité et l’indemnisation des victimes de la circulation routière (Caprive), la route a fait, entre 2006 et cette année qui s’achève, 9426 morts par suite d’accidents de circulation. Ce chiffre ne prend pas en compte les accidentés qui ont quitté leur lit d’hôpital, mais qui sont décédés ensuite des suites de séquelles.

Au total 17 512 accidents se sont produits sur la route entre 2006 et octobre 2007. Dans le district de Bamako, la route a été particulièrement meurtrière dans toutes les communes, où le nombre des accidents n’a jamais été en dessous de la barre de 500, dépassant d’ailleurs le millier en Commune V.

Cette commune, d’après les statistiques, arrive en tête avec 1380 accidents qui ont fait 659 tués. La même tendance est observée dans les régions. Ce sont les engins à deux roues qui ont fait le plus de morts (5656), suivi des véhicules de transport en commun (1885), des poids lourds (1414). Les véhicules légers ferment ce tableau macabre avec 471 tués.

Les causes de ces accidents sont multiples et selon Caprive elles vont des tranches anarchiques (trous, fentes pour fils ou tuyaux) opérées sur les voies à l’absorption de substances nuisibles (drogue, alcool, etc. qui diminuent les réflexes du conducteur) aux défauts de signalisation, à l’état des routes et des engins, à la faiblesse de la législation.

Pour le président de l’Association, Moussa Bendéka Diabaté « 99 % des Maliens ne savent pas ce qui se passe en matière de sécurité routière », en raison du peu de temps d’antenne et d’espace que les médias publics nationaux accordent à la sécurité routière. Ils sont nombreux les Maliens à penser que dans les accidents de circulation mortels sont une fatalité. Ainsi les auteurs de graves accidents avec mort d’homme ne sont pas blâmés à plus forte raison inquiétés.

La nation tout entière interpellée

Souvent, l’auteur de tel accident se voit confisquer son permis de conduire. Mais il lui suffit de faire une déclaration de perte de permis dans une autre commune pour qu’on lui établisse un duplicata. C’est pourquoi une relecture de toute la législation notamment en ce qui concerne le permis de conduire est souhaitable afin de l’adapter aux réalités de l’heure.

A côté de cette relecture de textes, un véritable changement de comportement de nos agents et aussi de nos conducteurs s’impose. En effet, il est connu de tous que des véhicules en défaillance technique notoire franchissent beaucoup de postes de contrôle pour venir occasionner des morts en pleine ville. Les enquêteurs, qui ne sont autres que les policiers et gendarmes, se rendent seulement compte en ce moment que ce véhicule avait des défaillances.

L’éducation à la maison est également un moyen efficace de prévention des accidents tragiques dont la plupart touche les jeunes. Le commissaire du 2e arrondissement M. Kanté suggère que les parents ne se laissent pas emporter très souvent par leur sentiment.

« En achetant une moto pour votre enfant, soyez sûr qu’il peut, par sa force, tenir cette moto, qu’il connaisse bien le code de la route… » . M. Kanté sait de quoi il parle. L’officier affirme avoir interpellé de jeunes enfants, qui peuvent à peine tenir leur moto debout. Sur le boulevard de l’Indépendance, dimanche aux environs de 2 h, des adolescents font du motocross qui a tué, entre juin 2007 et septembre 2007, 11 personnes et fait 88 blessés.

« Il ne coûte rien d’enfermer à clef dans le magasin la moto de votre fils chaque samedi » , conseille le commissaire aux parents. Après une interpellation d’enfants, qui s’adonnaient à cet exercice casse-gueule, mettant leur vie et celle des usagers en danger, leurs parents avaient, en pleurs, sollicité leur libération.

De plus, il est impératif de soutenir les différentes associations qui travaillent dans la recherche la sécurité routière notamment Caprive, l’AEE, etc. Ces associations, par leur travail sur le terrain, ont démontré que l'on peut réduire de moitié, voire atteindre l’objectif zéro accident dans les années à venir si tout le monde - Etat, gouvernement, politique et société civile - s’y emploie.

La réduction du nombre des accidents et leur lot de morts et de blessés est un défi qui s’impose à la nation. Mais sur les 8 candidats à la présidentielle d’avril 2007, aucun n’avait inscrit la question au cœur de ses préoccupations. ATT le fera après une intervention du président de Caprive sur les antennes de RFI déplorant et dénonçant cette attitude de ceux qui sollicitaient le suffrage des Maliens. En tout état de cause, la question n’est pas abordée dans son PDES.

Denis Koné

 

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CAN/MONDIAL-2010

La prudence s’impose aux Aigles

A première vue, les Aigles auront la tâche facile lors des éliminatoires combinées Can/Mondial-2010, dont les phases finales sont respectivement prévues en Angola et en Afrique du Sud. Mais, nous devons être prudents car le sort nous a souvent joué de mauvais tours chaque fois que nous nous sommes trouvés dans une pareille situation.

Congo, Soudan, Tchad sont les adversaires du Mali dans les éliminatoires combinées de la Can et du Mondial-2010, respectivement en Angola et en Afrique du Sud. Le tirage au sort a eu lieu dimanche dernier à Durban (Afrique du Sud) devant une pléiade de personnalités et de stars mondiales du football.

Dans le groupe 10, les trois premiers sont systématiquement qualifiés pour la phase de la Can« Angola-2010 ». Pour ce qui est du Mondial, il faut souligner que le premier de chaque poule est qualifié pour le deuxième tour ainsi que les huit meilleurs deuxièmes. On aura ainsi 20 équipes reparties en cinq groupes dont les premiers seront les représentants africains au Mondial-2010, en plus de l’Afrique du Sud, qui est le pays organisateur.

A la première analyse, la tâche des Aigles paraît facile, surtout en ce qui concerne la qualification pour la Can-2010. Et le coup peut être même jouable pour le Mondial. Toutefois, il faut se méfier de nos adversaires, notamment du Congo-Brazzaville et du Soudan. Le premier pays ne nous a pas souvent réussi. On se rappelle que nous étions dans le même groupe que les Congolais lors des éliminatoires combinées de la Can et du Mondial-2006.

Quant au Soudan, il fait son grand retour dans le gotha du football africain en faveur de la Can« Ghana-2008 ». Le football soudanais connaît actuellement une période faste car El Meriek avait réussi cette année à se hisser en finale de la Coupe de la Confédération africaine de football (Caf). Donc, il ne faut pas trop minimiser ces deux pays dans ce groupe 10 des éliminatoires de la Can et du Mondial-2010. Tout comme d’ailleurs le Tchad.

Mais, pour l’heure, le Mali doit focaliser d’abord son attention sur la Can« Ghana-2008 » qui est l’échéance la plus proche et la plus importante pour le football malien. Annoncé parmi les outsiders, notre pays a un grand coup à jouer. Heureusement que les autorités maliennes sont conscientes de l’enjeu et du défi à relever. Elles sont déterminées, à travers le ministère de la Jeunesse et des Sports, à tout mettre en œuvre pour une préparation adéquate et une participation honorable des Aigles à l’édition ghanéenne de la Can.

Alphaly

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MARIETOU MARIETTE DICKO, CREATRICE DE MODE A PARIS

« Mon souci à Paris »

Mariétou Mariette Dicko est l’une des rares créatrices stylistes maliennes vivant en France et qui fait de la promotion de la mode malienne et africaine son cheval de bataille. Elle a participé à toutes les éditions de la Fête de l’artisanat et du tourisme du Mali à Paris en sa qualité de consultante du ministère de l’Artisanat et du Tourisme. Notre reporter l’a rencontrée à l’occasion de cette fête qui s’est déroulée du 30 octobre au 6 novembre 2007 à la Bourse de commerce de Paris. Interview.

Les Echos : Quel est votre domaine d’activité ?

Mariétou Mariette Dicko : Je travaille dans le domaine de la promotion de la mode africaine. Je confectionne des vêtements avec des étoffes africaines surtout maliennes dans les styles qui permettent d’être portés par les différentes communautés vivant en France ou en Europe et aux Etats-Unis.

Les Echos : La mode africaine est-elle bien appréciée en France ?

M. M. D. : La mode malienne en particulier et africaine en général est bien appréciée. La preuve est que je ne vis que de ça. Je puis dire que les gens l’apprécient quand elle est adaptée au climat et à la saison en Europe. Vous savez, tous les habits occidentaux sont confectionnés en fonction du climat. Je tiens également compte des motifs comme la couleur, la forme, etc.

Les Echos : Vous avez participé à toutes les éditions de la Fête de l’artisanat et du tourisme du Mali à Paris. Pensez-vous qu’elle vaut la peine d’être tenue ?

M. M. D. : Cette fête est vraiment indispensable pour faire la promotion de l’artisanat et du tourisme malien en France et même dans le monde entier vu l’audience qu’elle a auprès des visiteurs qui ne sont même pas français. Elle donne l’occasion de faire connaître notre culture ailleurs, ce qui incitera bien de gens à aller visiter notre beau pays.

Les Echos : Compte tenu de votre expérience, quelles innovations avez-vous introduites à la présente édition ?

M. M. D. : Pour la première fois, le jour du lancement, j’ai habillé les hôtesses. Il s’agissait pour moi de donner un avant-goût du défilé que j’ai organisé quelques jours plus tard. Le public qui vient à cette cérémonie est un public VIP. Il n’a pas le temps de venir assister au défilé de mode. J’ai habillé les hôtesses dans mon style, dans les tissus du pays.

Les Echos :Qu’est-ce que vous avez montré au public au défilé ?

M. M. D. : j’ai montré le style traditionnel qu’est le boubou travaillé dans du tissu qui peut être porté par toutes les nationalités, à toutes les occasions. J’ai aussi montré ce que c’est que la mode du Mali. J’ai mis en exergue des modèles qui ne sont portés qu’en Europe. Comme on est en printemps où il fait déjà froid, j’ai utilisé du « bogolan » pour faire différents modèles. J’ai en fait présenté ma collection printemps-automne 2008. Le défilé s'est passé avec les représentants de toutes les nationalités (métisses, chinois, noirs, blancs). C’est le signe que la diversité culturelle marche même dans la mode à moi. Par ailleurs, la collection automne-hiver 2008, que je vais présenter au mois de mars 2008 au Salon mondial du tourisme de Paris où sera présent le ministre de l’Artisanat et du Tourisme, Ndiaye Bah, sera à base d’une autre matière traditionnelle le « niaga ».

Les Echos : Quels sont vos projets immédiats ?

M. M. D. : Comme événement proche, il y a les Frimousses des créateurs de France de l’Unicef ce mois de novembre. Je fais partie de ce projet et j’ai déjà créé une poupée en pagne tissé du Mali qui sera présente parmi les plus grandes collections des créateurs comme Paco Rabanne, Yves Saint-Laurent, Christian Dior. J’ai un autre projet important dans le court terme à Montreuil. Le maire de cette ville et ses conseillers m’ont promis de me donner un grand magasin. Je compte ouvrir là-bas une boutique de mode, de produits africains et une galerie pour vendre des articles d’artisanat de tous les corps de métier de notre pays et d’Afrique ainsi que mes créations, bijoux et accessoires africains à Paris. La boutique sera située rue de Paris. Le maire de Montreuil est en train de s'investir pour cela. Il a même posé des actes concrets dans ce sens. Ma satisfaction sera qu'il aura une représentation de la mode africaine et de tous les corps de métier afin que les Africains puissent vivre de leur métier. Ce serait un bon signe de co-développement franco-malien. Ce qui me permettra d’être l’ambassadrice de la mode africaine à Paris.

Les Echos :Paris est-elle votre seule terrain de prédilection ?

M. M. D. : Je fais des défilés en Suisse et un peu partout dans le monde. Je vends mes collections en Guadeloupe, aux USA. Je suis fréquemment invitée par des associations. L’ambassade du Mali m’invite à défiler pour les épouses des diplomates accrédités à Paris et souvent pendant des fêtes importantes de notre pays.

Les Echos : La mode africaine nourrit-elle son homme ?

M. M. D. : L’art ou la création de façon générale nourrit son homme quand on sait s’adapter, quand on est à l’écoute de sa clientèle.

Propos recueillis, à Paris, par

Abdrahamane Dicko

 

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