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2007

Mois de Novembre

Les Echos du 26 Novembre

PRIVATISATION DE LA CMDT

Une « catastrophe » certaine

La privatisation de la Compagnie malienne de développement des textiles (CMDT) ne s’annonce guère sous de bons auspices. Cette privatisation, dont le processus est très avancé, sera une véritable catastrophe pour notre pays avec des conséquences dévastatrices. C’est du moins la conviction de Maurice Adevah-Poeuf, ancien professeur à l’Ecole normale supérieure (EN Sup) de Bamako et président de l’Agence française d’appui aux collectivités (Afac).

L’Etat malien a décidé de privatiser la filière-coton en 2001. La privatisation sera effective à partir de janvier 2008. Avant cette date, les commentaires vont bon train et beaucoup de nos compatriotes ne cessent pas de manifester leur désapprobation vis-à-vis de cette « vente du Mali ».

Le Cercle de réflexion Djoliba a ouvert le débat samedi dernier dans ses locaux à travers une conférence sur « La privatisation de la filière-coton au Mali : opportunité ou catastrophe ? » L’animateur n’était autre que Maurice Adevah Poeuf, un fin connaisseur de la filière-coton en Afrique, qui n’a pas hésité à mettre les pieds dans le plat.

La primauté du coton dans le développement socio-économique du Mali n’est pas à discuter. La filière, dont le chiffre d’affaires est de l’ordre de 200 milliards de F CFA (20 à 25 % du budget national) nourrit au minimum 4 millions de personnes avec 1200 personnes employées à la CMDT. Annuellement, l’Etat bénéficie de 15 milliards de F CFA à travers les recettes fiscales et douanières.

Cependant, depuis plus d’une décennie, dira le conférencier, le secteur est très mal en point à cause de la baisse des cours mondiaux consécutive aux subventions américaines et européennes à leurs producteurs. « Chaque année aux USA, l’Etat verse à ses 25 000 producteurs de coton près de 5 milliards de dollars, soit environ 2000 milliards de F CFA, le double de budget de l’Etat malien, le triple de ce que les États-Unis consacrent à l’aide au développement de l’Afrique subsaharienne », a précisé M. Poeuf. Ce qui a occasionné une distorsion entre le marché local et mondial. Du coup, la CMDT accuse un passif d’environ 100 milliards de F CFA.

Un échec cuisant

Selon le conférencier, le schéma de la privatisation prévoit que la nouvelle CMDT sera un « holding » divisé en 4 filiales, c’est-à-dire, les succursales Bougouni-Sikasso, Koutiala-San, Fana-Ohvn et Kita. Dans ce schéma, « la CMDT holding garde les achats, le commercial, le contrôle de gestion » et les fonds générés par les filiales serviront à acquitter les créances de l’ex-CMDT.

Mais ce schéma comporte beaucoup des risques. Et pas n’importe lesquels. Que ce soit du point de vue technique, social qu’économique. Ces périls se resument à l’effondrement de la production, au licenciement des ressources humaines compétentes, à l’absence d’ « opérateur sérieux » pour l’acquisition des filiales et surtout des paysans dépourvus qui n’auront pas accès au crédit intrants.

L’ancien député maire prévoit un scénario des plus catastrophiques vers fin 2008. « Aucun groupe bancaire n’a accepté de financer le crédit intrants faute de garantie. Personne n’est en mesure de fournir des semences aux paysans et les salariés sont découragés et démotivés, particulièrement les meilleurs et les plus compétents », a souligné le conférencier avant de faire allusion aux échecs de privatisation de l’Huicoma, de Betram et des filières coton en Afrique. A cause de cet échec global, c’est tout « le Mali qui sera appauvri », a-t-il, il Le « miracle malien » aura ainsi pris fin et notre « or blanc se transformera en plomb ».

L’Etat, est convaincu M. Poeuf, sera contraint d’enterrer le secteur au détriment du Mali ou de le confier à des candidats « peu sérieux », incapables de remplir les conditions d’une privatisation réussie. Est-il possible de redresser le secteur ? Oui, a répondu le conférencier mais à condition de faire preuve de pragmatisme et de volonté politique. Cette dernière, a-t-il déploré, n’a pas été ressentie dans les différents messages lors des dernières élections présidentielle et législatives.

En général, les intervenants se sont montrés contre la « privatisation du Mali ».

Ogopémo Ouologuem

(stagiaire)

 

Le cas Tahirou Bamba sur le tapis

Un intervenant s’est insurgé contre le silence radio après l’emprisonnement de Tahirou, initiateur d’un nouveau mouvement syndical paysan. Selon l’intervenant, le responsable syndical a été victime de son engagement à mettre fin à la « dictature » du président de l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture du Mali (Apcam) dans le milieu paysan. On réprochait à M. Bamba d’avoir proféré des menaces de mort à l’endroit de Bakary Togola. « Nous voulons en finir avec Bakary Togola », avait-il dit en faisant allusion à certaines manœuvres du leader de l’Apcam.

O. O.

 

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PROCES DU VANDALISME DU RESEAU SOTELMA

La justice se fait clémente pour les pilleurs

Eu égard à la gravité des faits à eux reprochés ayant occasionné la perte de plusieurs millions de F CFA à la Société des télécommunications du Mali, on peut dire que la justice, en condamnant les vandales du réseau de la Sotelma à des peines minimales, n’a pas eu la main lourde. Ce qui, de l’avis de nombre d’observateurs, n’est pas de nature à dissuader d’autres déprédateurs de la société tapis dans l’ombre.

Depuis un certain temps, les installations de la Sotelma font l’objet de sabotage de la part d’individus mal intentionnés. Mais le 12 octobre dernier, suite à une dénonciation, deux malfrats et de surcroît bénévoles à la Sotelma ont été appréhendés par la police. Il s’agit de Moussa Magassouba et de Seydou Coulibaly.

Les faits. A la veille de la fête d’Aïd el fitr, ils ont été pris en flagrant délit de vol de câbles téléphoniques de la Sotelma. Arrêtés et interrogés par la police, ils ne se sont pas contentés de reconnaître les faits mais ils ont dénoncé 6 autres agents titulaires de la société comme étant les têtes de ce réseau de vol.

Interpellés, les 6 agents (Abdoulaye Togola, Ali Karambé, Amadou Dègoga, Dianguiné Diawara, Salif Bâh et Idrissa Konaté) sont passés aux aveux. Non seulement ils sont impliqués dans l’opération qui a vu leur arrestation mais ils ont aussi reconnu avoir commis des actes similaires par le passé.

La seule opération de la veille de la fête de Ramadan a coûté à la Sotelma plus de 2 millions de F CFA. Et pour la seule année en cours, le cumul de leurs forfaits à travers différentes opérations a coûté plus de 100 millions de F CFA à l’opérateur historique.

A la lumière des révélations des auteurs du délit (les 2 bénévoles), leurs complices en l’occurrence les 6 agents de la Sotelma et le receleur Abdramane Ballo, l’on s’aperçoit que le système est bien rodé. De jour comme de nuit, ils n’éprouvaient aucune difficulté à repérer les lieux se prêtant à leur forfait.

« Clémence surprenante »

C’est ainsi que mois après mois, année après année, ces ennemis du bien public ont causé d’énormes dégâts à la Sotelma. Au-delà du manque à gagner considérable en termes d’argent, les vols de câbles ont sérieusement terni l’image de la société qui a vu le départ de ses nombreux agents pour d’autres secteurs.

Les faits incriminés sont d’autant plus graves qu’ils sont reprochés à des agents de la Sotelma qui ont tous avoué aussi bien à l’enquête préliminaire qu’à l’instruction définitive, leurs forfaits. Devant la véracité des faits, la justice a enrôlé le dossier avec diligence mais sans avoir la main lourde à l’égard des accusés. De l’analyse de certains observateurs, les peines prononcées sont loin de constituer une vraie leçon pour les autres prédateurs tapis dans l’ombre.

Dans son verdict, le Tribunal correctionnel de la Commune III, a condamné les 6 agents de la Sotelma impliqués à six mois de prison avec sursis et au paiement de 50 000 F CFA d’amende chacun.

La chance a souri au receleur qui a été relaxé. Les deux bénévoles se sont tirés d’affaire chacun avec 3 mois de prison ferme et 30 000 F CFA d’amende. De nombreux observateurs s’accordent à dire que les autorités judiciaires dans leur « clémence surprenante » ont raté l’occasion de donner le bon exemple pour le respect de l’Etat et de ses biens.

Mohamed Daou

 

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POUR OU CONTRE LA PEINE DE MORT ?

La suite de l’histoire de Malcom

Nous avons vu, dans l’édition de mardi dernier, que la police a trouvé tout ce qu’il faut chez Malcom pour en faire le coupable idéal du meurtre de Jennifer : le sac à main, la petite culotte, l’argent, etc. En plus, avec un casier judiciaire long comme un bras, Malcom est ce qu’on appelle un criminel d’habitude.

Son procès en cour de comté à Milwaukee ne fut guère long. Il a été reconnu coupable de meurtre et condamné à mort. Le procureur criait victoire, sans état d’âme. Mais, est-ce vraiment Malcom le meurtrier ? Voici la vraie histoire qui ne sortira que 12 ans plus tard et cette fois, tout est réel à part les noms fictifs Jennifer et Malcom.

La nuit du meurtre, Malcom, drogué dépendant, souffrait d’un manque terrible de cocaïne. Vers 22 h 45, il vint faire un tour dans le parking où étaient garées une dizaine de voitures et cherchait un réservoir non sécurisé. Il repère vite une fourgonnette, ouvre le réservoir, y imbibe un chiffon ramassé par terre et snife l’essence jusqu’à ce que les vapeurs remontent à son cerveau. Puis, il s’écroule dans un petit boisé à la lisière du parking.

Vers 23 h 17, il reprend ses esprits et se dirige vers le restaurant où travaille Jennifer afin de quêter à manger, comme à ses habitudes. Il fait à peine deux pas qu’il aperçoit une forme humaine allongée. Il s’approche du corps et pense que la fille dort. Il lui tâte les poches et vole son argent. Puis, lui enlève sa culotte sans aucune raison. Au moment où il commence à fouiller le sac à main, il entend des bruits de pas et fuit avec l’objet. C’est ainsi qu’il se retrouvera, dans sa piaule avec les effets personnels de Jennifer.

Malcom est un drogué, alcoolique et voleur à la tire, mais il n’a jamais fait de mal à quelqu’un. Pourtant, il venait d’être condamné à mort et dans toute l’Amérique personne ne doutait de sa culpabilité. Il attendait tranquillement dans le couloir de la mort. Comment a-t-il été sauvé ? C’est Jeffrey Damer, surnommé le « tueur de Milwaukee » à cause de la trentaine de meurtres à son actif qui lui sauvera la vie en racontant l’histoire. Malcom, intoxiqué, ne se souvenait de rien.

Alors, en tant que juré, auriez-vous été parmi ceux qui ont douté ou parmi ceux qui n’ont jamais douté. La peine de mort, une fois appliquée, n’est plus réparable. La justice humaine comportant les défauts de l’humain, nous ne sommes jamais à l’abri de la faute, de l’erreur, de la colère ou du désir de vengeance.

Je pense que toute œuvre humaine étant imparfaite, gardons toute notre raison et évitons de confondre justice et vengeance. La seule justice infaillible est celle de Dieu.

Que la sagesse nous guide tous !

Ousmane Sow

(journaliste, Montréal)

 

 

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CASSE AU MARCHE DIBIDA

Le maire de la Commune III sur la sellette

Le président de la Coordination des associations des commerçants, Hama Cissé, s’est insurgé contre la casse, par la mairie de la Commune III, des kiosques des occupants des rues Pointcarré et Mage du marché Dibida. Il en fait porter le chapeau au maire Abdel Kader Sidibé.

Dans la nuit du mercredi 21 novembre, la mairie de la Commune III a détruit au bulldozer des kiosques appartenant à de jeunes commerçants aux alentours du Centre Djoliba au Dibida, occasionnant des millions de F CFA de dégâts. Les biens, composés de pièces détachées de véhicules, de téléphones, de moteurs électriques, tôles… ont disparu sans laisser de trace.

La mairie a agi en dépit d’une décision du Tribunal de la Commune III qui lui défend toute opération de déguerpissement avant le verdict du Tribunal de commerce, seul habilité à se prononcer.

Après l’acte, le président de la Coordination des associations des commerçants détaillants, Hama Cissé, a vigoureusement réagi. « Indigné et outré », M. Cissé dira que la mairie devrait avoir mieux à faire que de s’attaquer aux biens des jeunes commerçants.

Selon lui, elle a outrepassé ses prérogatives de garant de la municipalité. Pour lui, les adhérents de l’Association des commerçants détaillants des rues Pointcarré et Mage du marché Dibida ne sont pas ces jeunes « bana-bana » qui squattent les abords des voies. « Cette association est légalement constituée et a son récépissé délivré par le gouverneur. Ses membres occupent des kiosques au marché Dibida pour exercer leurs activités commerciales et professionnelles depuis 1992 ».

A en croire, M. Cissé, l’association s’est toujours acquittée des droits d’installations et des taxes d’exploitation conformément aux clauses insérées dans les autorisations d’installation. « On ne peut se lever et casser un bien comme son propre poulailler ». « On appelle ça une insulte à l’endroit de notre justice et de nos justiciables ».

Suite à une plainte, le Tribunal de la Commune III, lors de son audience du 15 octobre 2007, a ordonné à la mairie de la Commune III de cesser de troubler les commerçants détaillants du marché Dibida dans l’exercice de leurs activités commerciales et professionnelles, jusqu’à la décision définitive d’expulsion du Tribunal de commerce. En outre elle a prorogé de six mois le délai contenu dans la lettre de congé de la mairie, et ceci à partir de la date de la présente décision.

Hama Cissé a dénoncé les agissements « honteux » de ceux qui ont pris cette « décision irréfléchie » qui ne fait que saper les efforts des plus hautes autorités dans la lutte contre le chômage des jeunes. « L’acte ignoble de la mairie met ainsi des centaines de jeunes en chômage. Mais ce sont aussi les fruits de plusieurs années de labeur qui sont réduits à néant. Des dizaines de millions partis en fumée », s’est-il offusqué.

L’acte que M. Cissé qualifie de « vandalisme » a été posé au moment même où les parties étaient en pourparlers en vue de trouver un terrain d’entente. « On ne peut pas faire une ville comme si on fait sa famille ».

Approché par les victimes, le président de la Chambre de commerce et d’industrie du Mali, affirme n’avoir pas été mis au courant de la décision de déguerpissement des revendeurs. Il a aussitôt commis un huissier pour évaluer les dégâts.

Jeamille Bittar, aux dires des déguerpis, a affirmé que toutes les dispositions seront prises pour que les jeunes commerçants soient remis dans leurs droits.

Amadou Sidibé

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Info-flash

La Libye inaugure sa représentation au Mali

« Un bâtiment à la dimension de nos relations », voilà comment définit la nouvelle représentation de Libye au Mali le chargé d’affaires du bureau populaire arabe libyen de Bamako, Saad Azoubeik. Le nouveau bâtiment, situé à l’ACI-2000, est construit à la mode libyenne (architecture ancienne) sur une superficie de 1000 m2. Selon M. Azoubeik, cette représentation va redynamiser davantage les relations, déjà historiques, entre les deux pays. La cérémonie d’inauguration a regroupé, autour d’un cocktail, plusieurs personnalités dont le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, S. E. Moctar Ouane, le président de l’Assemblée nationale Dioncounda Traoré, Soumeylou Boubèye Maïga…

Brice Hortefeux au Mali

Ministre de l'Immigration, de l'Intégration, de l'Identité nationale et du Codéveloppement au sein du gouvernement de François Fillon, Brice Hortefeux entame à partir de demain une visite de deux jours dans notre pays. Promoteur de la loi de maîtrise de l'immigration adoptée le 23 octobre 2007, qui complète en grande partie les lois Sarkozy de 2003 et 2006, cette loi qui limite en particulier le regroupement familial, Brice Hortefeux, avec son humour assassin, est surnommé « le porte-flingue de Nicolas Sarkozy », son ami. Il a d’ailleurs été le témoin de son premier mariage et le parrain d’un de ses enfants…

Rentrée judiciaire 2007-2008

C’est demain qu’aura lieu la rentrée solennelle des cours et tribunaux sous la présidence du chef de l’Etat, premier magistrat. Cette rentrée s’effectue au moment où il y a des challenges qui attendent les hommes en noir, comme l’affaire « la maîtresse du président », l’affaire feue « Me Niaré » ou les multiples dossiers scolaires.

Maison de la presse : Diaby revient…

Modibo Diaby dit Magué Modibo, président du Réseau des journalistes pour la défense des intérêts de la Maison de la presse et directeur de publication du journal « Le Politicien musulman » revient à la charge. C’est lui qui s’était illustré dans le conflit ouvert qui mine la presse autour de la Maison de la presse, en faisant vider les lieux par des loubards. Il vient d’adresser une « lettre ouverte » au tout nouveau ministre de la Communication et des Nouvelles technologies pour signifier son opposition à la gestion faite de la question.

 

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BRICE HORTEFEUX AU MALI DEMAIN

Les expulsés préparent la riposte

Pour l’arrivée demain dans notre pays du ministre français de l’Immigration et de l’Identité nationale, l’Association malienne des expulsés (Ame) n’écarte pas l’hypothèse d’une marche de protestation ou un sit-in pour manifestation sa désapprobation.

C’est en principe demain mardi que le ministre français de l’Immigration et de l’Identité nationale, Brice Hortefeux, sera à Bamako. Mais qu’est-ce que le Mali peut attendre de la visite de M. Hortefeux, l’un des concepteurs du test ADN ? Pas grand-chose, a répondu samedi l’Ame au cours d’une rencontre avec la presse à son siège à Korofina.

« Chaque immigration est la résultante de l’échec du pays de départ. Attendre quelque chose de ces gens-là, c’est rêver, c’est de l’illusion. Ils sont contents de dire que les Maliens envoient l’argent de l’extérieur mais quand il s’agit de défendre leurs droits, les autorités sont absentes », proteste-t-on à l’Ame. 

Ignorant les raisons officielles de la visite du ministre français de l’Immigration et de l’Identité nationale, les responsables de l’Association se disent néanmoins convaincus qu’il ne s’agit ni plus ni moins que de la finalisation d’un accord avec ATT sur la question de réadmission des expulsés.

Quoi qu’il en soit l’Ame a critiqué cette visite qui est, selon elle, une manière de tramer des choses sur le dos des Maliens vivant en France. Interloquée d’avoir appris la nouvelle par voie de presse internationale alors même que la presse nationale n’en est pas informée, l’Ame n’entend pas rester bras croisés à l’occasion de l’arrivée de ce ministre qui organise, planifie et prépare l’expulsion des migrants dans des conditions inhumaines et insupportables.

En signe de protestation, elle n’écarte pas la possibilité d’une marche ou un sit-in pour dire non à cette visite. Etonnée par le silence des autorités sur le programme de la visite du ministre français, l’Association s’est dit déçue de l’attitude d’ATT lors de sa dernière visite à Paris quand il a affirmé que le débat sur le test ADN est franco-français. Pour l’Association, « ATT n’a pas de position ».

Déplorant l’inertie des autorités maliennes face à ce qui se passe, l’Ame indique que de janvier 2007 à novembre 2007 : 479 Maliens ont été expulsés de la France, 328 Maliens refoulés de la Libye, 656 de l’Espagne, etc. Toutes ces expulsions, révèle-t-elle, se font dans conditions inhumaines.

Mohamed Daou

 

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