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2007

Mois de Novembre

Les Echos du 20 Novembre

GESTION DECENTRALISEE DE L’ECOLE

Le Snec interpelle l’Etat

Tout en se gardant de remettre en cause la décentralisation, le Syndicat national de l’éducation et de la culture (Snec), estime que les collectivités locales n’ont pas les moyens nécessaires pour gérer les écoles, notamment la prise en charge du personnel enseignant. Il demande à l’Etat de revoir sa copie.

« Nous avons laissé l’Etat tenter sa décentralisation. Mais à un moment, il est bon de s’arrêter pour évaluer le chemin parcouru. Sans remettre en cause la décentralisation, nous pensons que les collectivités ne sont pas suffisamment prêtes pour gérer les écoles. Il appartient à l’Etat de revenir à la charge » . Telle est la conviction de Maouloud Ben Katra, chargé de recherche, de formation et questions académiques au Snec.

C’est pour partager cette vérité que le Syndicat a organisé le week-end dernier à la Bourse du travail, une rencontre qui a regroupé une trentaine d’associations de la société civile pour échanger et débattre sur la gestion des enseignants non-fonctionnaires en mode décentralisé.

Le débat, initié par le Snec, n’est pas parti du hasard. Il fait suite à une étude qu’il a réalisée en août dernier afin d’évaluer la gestion décentralisée de l’école. L’étude révèle qu’après 5 à 6 ans de modèle de décentralisation des écoles, les élus des assemblées locales et régionales sont confrontés au recrutement et à la gestion des carrières des enseignants, la réalisation des infrastructures, des mobiliers, etc. Bref, elle présente un tableau désolant : rentrée souvent tardive, personnel enseignant recruté en milieu d’année scolaire, absence de statut et de plan de carrière, démotivation en matière de salaires.

Retour à la case départ

Des insuffisances qui ont fait dire au Snec que la gestion de l’école en mode décentralisé complique le but et les missions que l’école doit poursuivre. « Nous ne sommes pas contre la décentralisation qui vise à donner plus de responsabilité à nos concitoyens. Mais pour l’éducation, socle du développement, nous estimons que la carrière des enseignants doit être gérée par l’Etat. Car, c’est trop pour les collectivités naissantes. Certaines peuvent le faire mais toutes. Que l’Etat donc les prenne en charge et gère leur carrière », a proposé M. Katra.

En clair, Le Snec demande au gouvernement de prendre en charge la carrière des enseignants non-fonctionnaires, c'est-à-dire qu’il paye leurs salaires, procède à leur avancement administratif, à leur nomination à des postes de responsabilité et de ne laisser à la charge des collectivités décentralisées que la construction des salles de classes, l’achat des mobiliers scolaires et matériels didactiques.

« Nous estimons que c’est trop demander aux collectivités décentralisées de recruter les enseignants et de payer leurs salaires. En réalité, ils n’ont pas le poids institutionnel pour recruter les enseignants, les payer et gérer leur carrière. Pour nous, cela ne peut se faire que plus tard après l’avènement des collectivités viables, des ressources humaines bien formées académiquement, politiquement » , a indiqué le secrétaire chargé de recherche, de formation et questions académiques du Snec.

Il est apparu que le transfert des compétences n’a pas été accompagné du transfert des ressources. Ce qui explique les difficultés que les communes et les collectivités ont pour prendre en charge les questions éducatives.

La non-effectivité du transfert des ressources pour la prise en charge effective des compétences dévolues aux collectivités est certes aujourd’hui un handicap majeur, mais la gestion du personnel enseignant de l’enseignement fondamental du 1er cycle reste la question essentielle.

Mohamed Daou

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DELIMITATION DE LA FRONTIERE MALI-GUINEE

Kafougouna Koné déçoit Siradiouba

La rencontre entre les populations de Yanfolila et les ministres de la Sécurité intérieure et de l’Administration territoriale le vendredi dernier n’a pas répondu aux attentes des Wassoulouké. Si certains se félicitent des déclarations de Sadio Gassama, ceux de Kafougouna Koné sont restés au travers de nombreuses gorges.

En vue de calmer les esprits et d’apaiser la tension dans le conflit qui oppose le village malien de Siradiouba et son voisin guinéen de Dalakan(Guinée) depuis plus de six mois, le chef de l’Etat Amadou Toumani Touré a dépêché les ministres de la Sécurité intérieure et celui de l’Administration territoriale pour rencontrer les populations de Siradiouba et villages environnants.

La rencontre, qui s’est tenue à Yanfolila le vendredi 16 novembre, a enregistré la présence des autorités locales, les notabilités et les jeunes sortis très nombreux. La rencontre a été l’occasion, pour les deux ministres, de dire ce qu’ils pensent de la crise et préconiser des solutions. Mais, ce qui s’est passé à Yanfolila ce jour révèle de l’extraordinaire : contradiction dans les propos des ministres, confusion dans les esprits des populations ont été quelques enseignements de cette rencontre.

De l’avis d’un chef coutumier, les propos tenus par le ministre de l’Administration territoriale et des Collectivités locales, le général Kafougouna Koné, ne rassurent pas les populations. Les populations après la rencontre ne sont pas contentes de la gestion de la crise par Kafougouna. Les participants sont unanimes à reconnaître que le général Koné a semé la confusion dans les esprits et aurait accusé les populations de Siradiouba de représailles.

Pour lui, « faute de délimitation de frontière entre le Mali et la Guinée, les populations doivent résoudre de façon locale le conflit ». Les Wassoulouké pensent, en revanche, que le Sankarani constitue une limite naturelle entre les deux pays. « Les chefs coutumiers des deux pays ont toujours fait du Sankarani la frontière des deux pays. Si aujourd’hui, le ministre vient nous dire qu’il n’y a pas de limite, nous ne savons plus quoi dire », s’est insurgé un des chefs coutumiers.

Comme pour couper court aux propos de son collègue de l’Administration territoriale, le ministre de la Sécurité intérieure, le général Sadio Gassama a pris position en affirmant que, pour lui, il y a belle et bien une délimitation naturelle entre les deux pays qui reste le Sankarani, un affluent du fleuve Niger. Répondant aux préoccupations des populations sur l’implantation d’un camp militaire, M. Gassama a dit que tous les moyens seront mis en œuvre pour que les populations soient sécurisées.

Passivité du préfet

Les Wassoulouké, selon une source, avaient besoin de propos réconfortants et non qui les accusent d’agressions sur leurs voisins.

« Ce que le ministre a oublié de rappeler, c’est que les populations de Siradiouba, contrairement à certaines allégations, n’ont jamais exercé de représailles. Nous avons toujours été attaquées par des Guinéens sur notre territoire et l’on nous accuse de faire de la vengeance ou des représailles » . Pour notre interlocuteur, le ministre Koné n’a pas dit qu’ils sont agressés par les Guinéens. « Les Guinéens traversent le fleuve et viennent cultiver sur notre territoire ». Parmi les personnalités dont les agissements, selon les Wassoulouké, ont causé des pertes en vies humaines et causé des dégâts importants, figure le préfet de Yanfolila. En effet, certains l’accusent de n’avoir rien entrepris pour contrer l’attaque des Guinéens alors que des informations lui avaient été données la veille par des populations.

Il faut rappeler que la population de Siradiouba, village malien dans la Commune rurale de Guerenikoro (cercle de Yanfolila) frontalier avec la Guinée, a été de nouveau la cible d’attaques des habitants de Dalakan (Guinée) le mardi 6 novembre 2007. L’attaque, menée par une centaine de jeunes Guinéens, a fait 5 morts dont un gendarme et 13 blessés. Les blessés ont été évacués sur le Centre hospitalo-universitaire (CHU) Gabriel Touré pour y recevoir des soins.

Ce n’est pas la première fois que Siradiouba est attaqué par des Guinéens. La dernière en date remonte au 26 mai 2007. Elle avait occasionné la mort d’un des vieux du village, Domo Noumankan Sidibé. Le moins que l’on puisse dire, c’est que toutes ces représailles de paisibles maliennes se font au su et au vu de nos autorités sans que celles-ci prennent des mesures appropriées pour assurer la sécurité des populations.

Avant de prendre congé de leurs hôtes de Siradiouba, les deux ministres ont appelé les populations meurtries au calme en les invitant de rester derrière les autorités.

Amadou Sidibé

 

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Info-flash

L’érosion hydrique fait des sans abris

La Commune rurale de Lakanguémou dans la région de Kayes est fortement menacée aujourd’hui par l’érosion hydrique. Le marigot qui traverse le village est soumis à ce phénomène. Chaque année, elle fait de nombreux sans abris. Cette année, l’on dénombre 15 maisons aux alentours du marigot qui se sont effondrées du fait de l’érosion hydrique. Les victimes ont élu domicile chez des voisins et ceux qui ont assez de moyens sont en train de construire de nouvelles maisons. Les populations de Lakanguémou s’inquiètent de l’avancée de l’érosion hydrique. C’est tout le village qui est menacé si rien n’est fait.

De l’eau bénite pour Lakanguémou ?

A Lakanguémou, pour déboucher sur de l’eau en creusant un puits, il faut 25 à 30 m. Mais la semaine dernière le puits qui a été réalisé dans la cour du campement a débouché sur de l’eau à moins de 2 m. Cette eau a une spécificité car, apprend-on, elle traite toutes les maladies. C’était la ruée la semaine dernière dans la cour du campement qui pour remplir son bidon, qui pour faire le plein de son sceau. « J’ai trouvé des bidons remplis dans notre famille. Les gens se lavent et boivent l’eau en question qui serait un remède contre les maux dont souffrirait quelqu’un », a témoigné un villageois. En tout cas, la découverte de cette eau a poussé bon nombre de familles à remplir les bidons pour les garder.

Route Kayes-Yélimané : le goudron emporté

L’espoir suscité par la construction de la route Kayes-Yélimané s’estompe petit à petit. En effet, une bonne partie de cette route a cédé sous l’effet des eaux. Il se dit de plus en plus que ceux qui ont exécuté les travaux, n’y ont pas mis de sérieux. En voyant les parties endommagées, l’on se rend compte que là où devait être dressé un pont, du fer ou des poteaux, c’est du sable qu’on a mis pour ensuite le couvrir avec du goudron. A l’arrivée de l’hivernage, les parties non solides ont été emportées par les eaux de pluie. Ce que tout le monde regrette aujourd’hui, ce sont des milliards du contribuable qui sont partis en poussière. Et l’honorable député Mamadou Hawa Gassama a de quoi interpeller pour situer les responsabilités.

 

 

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19 NOVEMBRE 1968

Jour de descente aux enfers du Mali

Jadis connue de tous les Maliens et célébrée avec fastes sur les antennes de la radio nationale, qui à l’occasion jouait de la musique militaire ou des hymnes à la bravoure de la junte militaire qui avait renversé le président Modibo Kéita, la date du 19 novembre 1968 s’efface petit à petit des mémoires.

« La longue marche du Mouvement démocratique malien s’activa le 19 novembre 1968, quand un groupe d’officiers de l’armée nationale, au nom d’un Comié militaire de libération nationale (CMLN), s’empara du pouvoir en renversant le régime du président Modibo Kéita, père de l’indépendance du Mali et premier président de la République » , peut-on lire sur le site adema-pasj.org.

Jadis connue de tous les Maliens et célébrée avec faste, la date du 19 novembre 1968 s’estompe petit à petit des mémoires. Cela est d’autant logique que le CMLN puis son rejeton l’UDPM se sont montrés aussi incapables de satisfaire les préoccupations des Maliens et pour lesquelles ils avaient affirmé prendre le pouvoir.

Demeurant un pan de notre histoire, le 19 novembre 1968 n’a pas fait que sauver de nombreux Maliens d’une mort certaine comme l’a prétendu le colonel Youssouf Traoré. Ancien membre CMLN et président de l’Union des forces démocratiques et du progrès, (UFDP), il avait osé, au cours d’une conférence débats sur l’éducation, demandé à l’assistance de bénir la date du 19 novembre 1968.

Pour le premier responsable du parti de l’Eléphant, « le 19 novembre avaitt sauver la vie de plusieurs centaines de Maliens d’une mort certaine ». Mais ce que le colonnel avait oublié d’ajouter c’est que cette date est l’une des plus macabres de notre histoire, et ce n’est pas pour rien que l’Adéma trouve que la longue marche démocratique s’activa dès ce jour-là parce qu’en fins politiques ceux qui ont créé ce parti savaient que le peuple ne pouvait rien attendre de bon de cette junte militaire qui venait d’accéder au pouvoir par la force. Et les evénemments leur donnèrent raison.

Les réalisations furent spectaculaires sous Modibo Kéita. Pays à vocation agro-pastorale, le Mali, alors s’est engagé sur dans la voie du socialisme et se dota d’industries, dont de petites unités qui absorbaient les productions agricoles. Les sucreries, la cimenterie, la Sonatam, etc. sont autant d’unités industrielles qui ont contribué et contribuent à présent à l’essor de l’économie nationale.

Bases d’un Etat moderne

Au niveau de l’enseignement, le régime du président Modibo Kéita a incontestablement fait beaucoup plus que le CMLN et l’UDPM réunis. Il a entrepris une réforme audacieuse en juillet 1962, dont le slogan de base restait une éducation de masse et de qualité. Il opta pour le système des grandes écoles. L’Ecole normale supérieure (EN Sup) pour la formation des enseignants, l’Ecole nationale d’administration (ENA) où étaient formés les cadres de la magistrature, de l’administration, de l’économie, l’Ecole nationale d’ingénieurs (ENI), etc. Un système éducatif performant dont le pays reste fier de nos jours parce qu’ayant formé de cadres compétents qui ont fait leur preuve partout où ils ont servi.

Pour l’encadrement de la jeunesse, le mouvement pionnier a beaucoup contribué à éveiller les consciences des juenesmalgré son caractère politique.

Au plan diplomatique, le régime de Modibo a réussi à nouer des relations avec presque tous les pays de l’Est et du bloc occidental. Le Mali a ainsi été l’une des rares nations à avoir reconnu les deux république d’Allemagne (RFA et RDA).

En Afrique, le Mali a soutenu tous les mouvements de libération en particulier le FLN (Front de libération nationale) algérien qui avait même des bases au Mali. Il a soutenu également les combattants pour la liberté en Angola, au Mozambique, en Afrique du Sud. Mieux qu’une prouesse, le régime de Modibo a réussi, en 1963, à réconcilier Algériens et Marocains à Bamako. « Force est de reconnaître que le régime de Modibo Kéita a jeté les bases d’un Etat moderne », reconnaissent même ses adversires les plus irréductibles.

Peut-on en dire autant du CLMN ? La comparaison est hasardeuse. Mais la réponse, assurément, est non. Autant le régime de Modibo Kéita a connu une dérive sur le plan du respect des libertés humaines, autant celui du CLMN a connu la sienne. Mais nombre d’observateurs de notre vie politique et sociale sont de plus en plus unanimes que le 19 novembre est une date « sinistre » en ce sens que les régimes CMLN et UDPM qui en sont issus, n’ont pas su renforcer, voire perenniser les acquis de l’indépendance. Les espoirs suscistés par la junte militaire ont tôt fait place aux désillutions.

La presque totalité des industries ont été liquidées faisant des chômeurs. L’éducation, une fierté de la nation eu égard au système d’enseignement efficace, va progressivement tomber dans une déchéance au point que les sujets d’examen et les notes deveinnent des marchandises.

Que serait le Mali si le 19 novembre 1968 n’avait pas eu lieu ? Cela est une autre hstoire pour nos historiens politilogues. Pour l’heure, prendre l’auteur du 19 novembre 1968 comme le Messie Sauveur de la nation, c’est prendre sa vessie pour une lanterne.

Denis Koné

 

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ECOLES

La tenue scolaire tourne le dos à ses objectifs

Le port de la tenue à l’école permet, à tout le moins, d’égaliser les chances des élèves au plan vestimentaire. Mais, aujourd’hui, au lieu de jouer véritablement le rôle qui lui revient, la tenue a cédé le terrain au laxisme et au mercantilisme.

L’importance de la tenue scolaire n’est plus à démontrer. Elle permet d’uniformiser les élèves au sein d’un même établissement et de minorer les différenciations sociales, ce qui, normalement, permet aux élèves de se consacrer à l’essentiel, c’est-à-dire les études et d’oublier les modes, qui donnent lieu à toutes sortes d’excès, de convoitises, etc. C’est fort de tout cela que des messages publicitaires passaient sur l’ORTM pour encourager le port de l’uniforme en milieux scolaires.

Cependant, force est de reconnaître qu’aujourd’hui, les établissements au sein desquels les uniformes sont réellement exigés et où les contrevenants s’exposent à des sanctions examplaires se comptent sur le bout des doigts.

Aujourd’hui, dans de nombreuses écoles, le port de l’uniforme est foulé au pied, car les élèves sont libres de le porter ou non. « Dans notre lycée, la tenue n’est pas exigée. Les élèves peuvent s’habiller comme ils veulent et personnellement je peux faire un mois sans la porter » , témoigne un élève d’un lycée public de Bamako.

Mais, ce n’est pas tant le laxisme dans l’exigence du port de la tenue que son absence même dans certains établissements qu’il faut craindre. Dans les écoles dans lesquelles les uniformes n’existent plus, c’est à un désordre perceptible auquel on assiste. Est-il possible de parvenir à une école « apaisée et performante » sans d’abord l’instauration d’une discipline vestimentaire ?

Scénario inédit

Toutefois, l’exemple d’un lycée privé de l’académie de la rive droite du district de Bamako édifie plus sur le mercantilisme occasionné par les uniformes. Dans cette école, créée il n’y a pas plus de 10 ans, l’administration a décidé d’« invalider » les anciennes tenues que les élèves avaient déjà en leur possession. Ce sont deux nouvelles tenues, cédées à prix d’or, qui y seront exigées à partir du 1er janvier 2008.

Ces nouveaux pagnes seraient des productions de la Comatex, qui aurait accepté que leur vente soit de la responsabilité exclusive de l’établissement. Les élèves du lycée sont donc obligés de les payer avec l’administration en place et à un prix fixé d’avance ( 12 000 F CFA). Pourquoi cette disposition n’avait pas été prevue à la rentrée scolaire et pourquoi attendre jusqu’à janvier pour exiger l’uniforme ?

D’ores et déjà, l’inquiétude a gagné plus d’un élève, car sachant bien que leurs parents, qui sont incapables de tenir la dragée haute à la cherté de la vie, ne pourront leur offrir ces « perles ». « Mon père a toutes les peines du monde pour nous nourrir et quand je lui parlerai d’achat de tenues, il me dira certainement qu’il n’en peut plus alors que la direction a averti que ceux qui ne s’habilleront pas avec les nouvelles tenues n’auront pas accès aux classes. Que faire donc ? » s’intérroge une jeune fille.

D’autres élèves n’entendent pas se résigner. « Je rentrerai de force ou de gré avec mon ancienne tenue parce que je considère qu’elle sera toujours valable. Mon père m’achète tous le matériel didactique avant la rentrée et il n’est pas capable de gérer les dépenses imprevues », tranche un élève, qui n’entend pas « hypothéquer » son avenir à cause d’une « histoire d’uniforme ».

En attendant le 1er janvier 2008, date de l’exigence des nouveaux uniformes, les élèves de ce lycée de la rive droite spéculent sur les solutions possibles.

Ogopémo Ouologuem

(stagiaire)

 

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CNOSM

Un modèle de consensus électoral

L’assemblée générale du Comité national olympique et sportif du Mali (Cnosm) est prévue pour le 12 janvier 2008. Et conformément aux dispositions statutaires, les prétendants aux différents postes avaient jusqu’au 12 novembre 2007 pour déposer leurs candidatures. A l’arrivée, le consensus a prévalu car il n’y aura certainement pas de grands chamboulements dans la composition actuelle de l’équipe dirigeante.

« Le Comité olympique et sportif doit servir de référence aux familles du sport et de l’olympisme. C’est pourquoi nous avons cherché le consensus à la veille de notre prochaine assemblée générale prévue le 12 janvier prochain » . C’est ce que nous dit le président du Cnosm, Habib Sissoko, à la fin de la période prévue pour le dépôt de candidatures aux différents postes.

« Nous pensons que le président a été bien inspiré de prendre le devant pour concilier toutes les tendances par rapport à la prochaine assemblée générale. Cela a permis de mettre fin à certaines frustrations. Nous pouvons ainsi préparer cette échéance dans la sérénité dans l’intérêt du sport malien » , nous dit un responsable fédérale qui a requis l’anonymat.

Cette démarche, en amont, était d’autant plus nécessaire que les élections sont devenues de nos jours un sujet de vraie préoccupation au Mali. Celles organisées au niveau de la Chambre de commerce et d’industrie du Mali, au niveau des Chambres consulaires… le prouvent éloquemment.

Mais, grâce à la clairvoyance de l’actuelle équipe dirigeante, le Cnosm a pu circonscrire les contestations en amont. Ainsi, les différents prétendants aux postes du comité exécutif avaient jusqu’au 12 novembre 2007 pour déposer leurs candidatures. A l’arrivée, seulement trois dossiers sont reçus.

Mieux, le président Habib Sissoko est assuré d’un 3e mandat car il n’y a eu aucune candidature contre la sienne. Il ne faut donc pas s’attendre à de grands changements dans la composition actuelle du bureau. En tout cas, les titulaires de postes clefs sont assurés de rester dans l’équipe dirigeante du Cnosm après l’assemblée du 12 janvier 2007.

Ce consensus n’est pas seulement le fruit des démarches effectuées en amont du dépôt des candidatures. Mais, il faut reconnaître que le bilan de l’équipe dirigée par le président Sissoko plaide largement en sa faveur. De 2000 à nos jours, le Comité olympique n’a ménagé aucun effort pour l’essor du sport malien. Et cela malgré les actes de vandalisme dont son siège a été victime au cours des événements du 27 mars 2005. Aujourd’hui, la contribution du Cnosm au développement du sport malien est palpable au niveau de toutes les disciplines sportives.

Des stages pratiques à l’équipement des fédérations sportives, le Cnosm est très présent sur le front du développement du sport malien. C’est d’ailleurs l’une des finalités de la politique du président Habib Sissoko depuis qu’il le dirige (il a été élu pour la première fois en mars 2000). Ainsi, le Comité a énormément contribué aux bonnes performances réalisées ces dernières années par le sport malien, notamment les arts martiaux (karaté et taekwondo) et le basket-ball.

Un appui constant aux sports

La contribution du Cnosm est multiforme. Elle va de l’appui à l’organisation des instances des différentes fédérations nationales sportives à l’arbitrage des conflits en leur sein en passant par l’appui à la participation aux compétitions africaines et mondiales, l’octroi de bourses de perfectionnement et de préparation aux athlètes, l’élaboration de projets sportifs…

Le Comité olympique malien a pu aussi mettre en évidence sa capacité d’organisation avec les Jeux de la Zone II du Conseil supérieur du sport en Afrique (CSSA) organisés à Bamako du 23 au 28 décembre 2006. Réservés aux sportifs de moins de 20 ans, ces jeux ont été un vrai succès populaire dont la réussite a été reconnue par tous les participants.

En plus des stages techniques et des stages pour dirigeants, le Comité s’est également beaucoup investi dans la mise à niveau de certains techniciens. Ainsi, Corentin Kéita (directeur technique du cyclisme), Cheick Oumar Koné (entraîneur de football), Boubou Sidibé (coach de judo) et Aliou Badara Traoré (directeur technique de la Fédération de taekwondo) ont bénéficié de stages de perfectionnement, notamment en France, en Suisse…

Pour préparer les Jeux Africains, « Alger-2007 », et les Jeux olympiques, « Sydney-2008 », le Comité a également obtenu six bourses pour certaines disciplines sportives. Il s’agit du taekwondo (Daba Modibo Kéita et Ismaël Traoré), de l’athlétisme (2), du judo (1) et de la boxe (1).

En préparation aux Etats-Unis depuis un peu plus d’un an, Daba Modibo Kéita et Ismaël Traoré ont pu ainsi participer au Championnat du monde de taekwondo en Chine grâce à l’appui du Cnosm. Daba Modibo Kéita a été sacré champion du monde. Une première pour un Africain en taekwondo.

Il a aussi fait venir un expert allemand pour restructurer les écoles et centres de football afin d’en faire de vraies pépinières du football malien. Les gestionnaires et les encadreurs techniques de ces centres et écoles seront formés à leur gestion administrative et technique.

Comme on le voit, le Comité national olympique et sportif du Mali est en train de poser, petit à petit, les jalons d’un développement harmonieux du sport au Mali. Et avec le soutien des fédérations sportives nationales, du ministère de la Jeunesse et des Sports, de la Solidarité olympique.

Moussa Bolly

 

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