Les Echos du 20 Novembre
GESTION DECENTRALISEE DE L’ECOLE
Le Snec interpelle l’Etat
Tout en se gardant de remettre en cause la décentralisation, le Syndicat national de l’éducation et de la culture (Snec), estime que les collectivités locales n’ont pas les moyens nécessaires pour gérer les écoles, notamment la prise en charge du personnel enseignant. Il demande à l’Etat de revoir sa copie.
« Nous avons laissé l’Etat tenter sa décentralisation. Mais à un moment, il est bon de s’arrêter pour évaluer le chemin parcouru. Sans remettre en cause la décentralisation, nous pensons que les collectivités ne sont pas suffisamment prêtes pour gérer les écoles. Il appartient à l’Etat de revenir à la charge » . Telle est la conviction de Maouloud Ben Katra, chargé de recherche, de formation et questions académiques au Snec.
C’est pour partager cette vérité que le Syndicat a organisé le week-end dernier à la Bourse du travail, une rencontre qui a regroupé une trentaine d’associations de la société civile pour échanger et débattre sur la gestion des enseignants non-fonctionnaires en mode décentralisé.
Le débat, initié par le Snec, n’est pas parti du hasard. Il fait suite à une étude qu’il a réalisée en août dernier afin d’évaluer la gestion décentralisée de l’école. L’étude révèle qu’après 5 à 6 ans de modèle de décentralisation des écoles, les élus des assemblées locales et régionales sont confrontés au recrutement et à la gestion des carrières des enseignants, la réalisation des infrastructures, des mobiliers, etc. Bref, elle présente un tableau désolant : rentrée souvent tardive, personnel enseignant recruté en milieu d’année scolaire, absence de statut et de plan de carrière, démotivation en matière de salaires.
Retour à la case départ
Des insuffisances qui ont fait dire au Snec que la gestion de l’école en mode décentralisé complique le but et les missions que l’école doit poursuivre. « Nous ne sommes pas contre la décentralisation qui vise à donner plus de responsabilité à nos concitoyens. Mais pour l’éducation, socle du développement, nous estimons que la carrière des enseignants doit être gérée par l’Etat. Car, c’est trop pour les collectivités naissantes. Certaines peuvent le faire mais toutes. Que l’Etat donc les prenne en charge et gère leur carrière », a proposé M. Katra.
En clair, Le Snec demande au gouvernement de prendre en charge la carrière des enseignants non-fonctionnaires, c'est-à-dire qu’il paye leurs salaires, procède à leur avancement administratif, à leur nomination à des postes de responsabilité et de ne laisser à la charge des collectivités décentralisées que la construction des salles de classes, l’achat des mobiliers scolaires et matériels didactiques.
« Nous estimons que c’est trop demander aux collectivités décentralisées de recruter les enseignants et de payer leurs salaires. En réalité, ils n’ont pas le poids institutionnel pour recruter les enseignants, les payer et gérer leur carrière. Pour nous, cela ne peut se faire que plus tard après l’avènement des collectivités viables, des ressources humaines bien formées académiquement, politiquement » , a indiqué le secrétaire chargé de recherche, de formation et questions académiques du Snec.
Il est apparu que le transfert des compétences n’a pas été accompagné du transfert des ressources. Ce qui explique les difficultés que les communes et les collectivités ont pour prendre en charge les questions éducatives.
La non-effectivité du transfert des ressources pour la prise en charge effective des compétences dévolues aux collectivités est certes aujourd’hui un handicap majeur, mais la gestion du personnel enseignant de l’enseignement fondamental du 1er cycle reste la question essentielle.
Mohamed Daou
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DELIMITATION DE LA FRONTIERE MALI-GUINEE
Kafougouna Koné déçoit Siradiouba
La rencontre entre les populations de Yanfolila et les ministres de la Sécurité intérieure et de l’Administration territoriale le vendredi dernier n’a pas répondu aux attentes des Wassoulouké. Si certains se félicitent des déclarations de Sadio Gassama, ceux de Kafougouna Koné sont restés au travers de nombreuses gorges.
En vue de calmer les esprits et d’apaiser la tension dans le conflit qui oppose le village malien de Siradiouba et son voisin guinéen de Dalakan(Guinée) depuis plus de six mois, le chef de l’Etat Amadou Toumani Touré a dépêché les ministres de la Sécurité intérieure et celui de l’Administration territoriale pour rencontrer les populations de Siradiouba et villages environnants.
La rencontre, qui s’est tenue à Yanfolila le vendredi 16 novembre, a enregistré la présence des autorités locales, les notabilités et les jeunes sortis très nombreux. La rencontre a été l’occasion, pour les deux ministres, de dire ce qu’ils pensent de la crise et préconiser des solutions. Mais, ce qui s’est passé à Yanfolila ce jour révèle de l’extraordinaire : contradiction dans les propos des ministres, confusion dans les esprits des populations ont été quelques enseignements de cette rencontre.
De l’avis d’un chef coutumier, les propos tenus par le ministre de l’Administration territoriale et des Collectivités locales, le général Kafougouna Koné, ne rassurent pas les populations. Les populations après la rencontre ne sont pas contentes de la gestion de la crise par Kafougouna. Les participants sont unanimes à reconnaître que le général Koné a semé la confusion dans les esprits et aurait accusé les populations de Siradiouba de représailles.
Pour lui, « faute de délimitation de frontière entre le Mali et la Guinée, les populations doivent résoudre de façon locale le conflit ». Les Wassoulouké pensent, en revanche, que le Sankarani constitue une limite naturelle entre les deux pays. « Les chefs coutumiers des deux pays ont toujours fait du Sankarani la frontière des deux pays. Si aujourd’hui, le ministre vient nous dire qu’il n’y a pas de limite, nous ne savons plus quoi dire », s’est insurgé un des chefs coutumiers.
Comme pour couper court aux propos de son collègue de l’Administration territoriale, le ministre de la Sécurité intérieure, le général Sadio Gassama a pris position en affirmant que, pour lui, il y a belle et bien une délimitation naturelle entre les deux pays qui reste le Sankarani, un affluent du fleuve Niger. Répondant aux préoccupations des populations sur l’implantation d’un camp militaire, M. Gassama a dit que tous les moyens seront mis en œuvre pour que les populations soient sécurisées.
Passivité du préfet
Les Wassoulouké, selon une source, avaient besoin de propos réconfortants et non qui les accusent d’agressions sur leurs voisins.
« Ce que le ministre a oublié de rappeler, c’est que les populations de Siradiouba, contrairement à certaines allégations, n’ont jamais exercé de représailles. Nous avons toujours été attaquées par des Guinéens sur notre territoire et l’on nous accuse de faire de la vengeance ou des représailles » . Pour notre interlocuteur, le ministre Koné n’a pas dit qu’ils sont agressés par les Guinéens. « Les Guinéens traversent le fleuve et viennent cultiver sur notre territoire ». Parmi les personnalités dont les agissements, selon les Wassoulouké, ont causé des pertes en vies humaines et causé des dégâts importants, figure le préfet de Yanfolila. En effet, certains l’accusent de n’avoir rien entrepris pour contrer l’attaque des Guinéens alors que des informations lui avaient été données la veille par des populations.
Il faut rappeler que la population de Siradiouba, village malien dans la Commune rurale de Guerenikoro (cercle de Yanfolila) frontalier avec la Guinée, a été de nouveau la cible d’attaques des habitants de Dalakan (Guinée) le mardi 6 novembre 2007. L’attaque, menée par une centaine de jeunes Guinéens, a fait 5 morts dont un gendarme et 13 blessés. Les blessés ont été évacués sur le Centre hospitalo-universitaire (CHU) Gabriel Touré pour y recevoir des soins.
Ce n’est pas la première fois que Siradiouba est attaqué par des Guinéens. La dernière en date remonte au 26 mai 2007. Elle avait occasionné la mort d’un des vieux du village, Domo Noumankan Sidibé. Le moins que l’on puisse dire, c’est que toutes ces représailles de paisibles maliennes se font au su et au vu de nos autorités sans que celles-ci prennent des mesures appropriées pour assurer la sécurité des populations.
Avant de prendre congé de leurs hôtes de Siradiouba, les deux ministres ont appelé les populations meurtries au calme en les invitant de rester derrière les autorités.
Amadou Sidibé
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Info-flash
L’érosion hydrique fait des sans abris
La Commune rurale de Lakanguémou dans la région de Kayes est fortement menacée aujourd’hui par l’érosion hydrique. Le marigot qui traverse le village est soumis à ce phénomène. Chaque année, elle fait de nombreux sans abris. Cette année, l’on dénombre 15 maisons aux alentours du marigot qui se sont effondrées du fait de l’érosion hydrique. Les victimes ont élu domicile chez des voisins et ceux qui ont assez de moyens sont en train de construire de nouvelles maisons. Les populations de Lakanguémou s’inquiètent de l’avancée de l’érosion hydrique. C’est tout le village qui est menacé si rien n’est fait.
De l’eau bénite pour Lakanguémou ?
A Lakanguémou, pour déboucher sur de l’eau en creusant un puits, il faut 25 à 30 m. Mais la semaine dernière le puits qui a été réalisé dans la cour du campement a débouché sur de l’eau à moins de 2 m. Cette eau a une spécificité car, apprend-on, elle traite toutes les maladies. C’était la ruée la semaine dernière dans la cour du campement qui pour remplir son bidon, qui pour faire le plein de son sceau. « J’ai trouvé des bidons remplis dans notre famille. Les gens se lavent et boivent l’eau en question qui serait un remède contre les maux dont souffrirait quelqu’un », a témoigné un villageois. En tout cas, la découverte de cette eau a poussé bon nombre de familles à remplir les bidons pour les garder.
Route Kayes-Yélimané : le goudron emporté
L’espoir suscité par la construction de la route Kayes-Yélimané s’estompe petit à petit. En effet, une bonne partie de cette route a cédé sous l’effet des eaux. Il se dit de plus en plus que ceux qui ont exécuté les travaux, n’y ont pas mis de sérieux. En voyant les parties endommagées, l’on se rend compte que là où devait être dressé un pont, du fer ou des poteaux, c’est du sable qu’on a mis pour ensuite le couvrir avec du goudron. A l’arrivée de l’hivernage, les parties non solides ont été emportées par les eaux de pluie. Ce que tout le monde regrette aujourd’hui, ce sont des milliards du contribuable qui sont partis en poussière. Et l’honorable député Mamadou Hawa Gassama a de quoi interpeller pour situer les responsabilités.
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