Le gouvernement malien est sur le point d’abolir la peine de mort. Un projet de loi est élaboré dans ce sens et sera bientôt soumis à l’appréciation des députés. Si la plupart des partis politiques gardent encore le silence ou du moins restent prudents sur la question, l’Union nationale pour la renaissance Faso Dambé (UNPR), s’élève contre le projet de loi.
Dans un entretien qu’il nous a accordé après sa conférence de presse samedi dernier, le leader de l’UNPR explique que la position de sa formation politique découle du fait que « laïcité ne veut pas dire la négation de nos fondements culturels ». Selon lui, l’Etat est en train « d’appliquer la laïcité avec zèle », c’est-à-dire qu’il ne tient plus compte de nos fondements culturels, dont l’islam est un.
A l’analyse du président de l’UNPR, la peine de mort doit demeurer en tant que force dissuasive. A l’en croire, le vrai motif de l’Etat à vouloir abolir cette peine est que le bailleur de fonds du 10e Fed (2008-2015) a conditionné son financement au vote de ce projet de loi. Autre condition, indique le président de l’UNPR pour le financement de ce 10e Fed, c’est la reconnaissance future, par l’Etat malien, des associations homosexuelles…
En attendant, l’UNPR, dit-il, ne souscrit pas à l’argument selon lequel l’application de la peine de mort n’a jamais permis de diminuer le taux de criminalité. M. Sangaré se dit persuadé, prenant l’exemple sur les USA et l’Afrique du Sud, que c’est parce que le Mali n’applique pas la peine de mort depuis 27 ans que la criminalité prend de l’ampleur dans notre pays.
L’Afrique du Sud est considérée au monde comme le pays ayant le taux le plus élevé de criminalité. Cela est dû, selon M. Sangaré, au fait que ce pays a suspendu la peine de mort. « Qu’adviendrait-il si les USA abolissent la peine de mort ? » s’interroge-t-il.
Pour l’UNPR, cela est inadmissible. Et c’est pour faire entendre sa voix que le parti organise ce matin une marche pacifique. Mais le président lui-même n’est pas très sûr. Il affirme être intimidé par les autorités administratives, en l’occurrence le gouverneur du district qui lui aurait demandé de surseoir à toutes ses activités.
La marche devra en principe partir de la Bourse du travail pour s’achever à l’Assemblée nationale, où les manifestants comptent remettre un mémorandum au président de l’Assemblée nationale. Pour M. Sangaré, elle n’est pas seulement destinée à faire savoir la désapprobation du parti sur le projet de loi portant abolition de la peine de mort. Elle marque aussi le désaccord avec la façon dont s’effectue la relecture du code de la famille. « La relecture de ce code ne se déroule plus de façon consensuelle », déplore-t-il et son parti n’est pas d’accord sur certaines dispositions de ce code (héritage, statut de l’enfant adultérin…)
A la question de savoir si des partis politiques partagent la même vision de l’UNPR sur l’abolition de la peine de mort, son président s’interroge juste sur le mutisme des partis politiques et fait sien de l’adage qui dit que « qui ne dit rien consent ». « On ne doit pas laisser le président gérer le pays de façon solitaire », prescrit le président de l’UNPR sur les questions relatives à l’école, la cherté des céréales et autres produits de première nécessité.
MARIKO REPOND A ABOU SOW
« Fali min bè mogo bin, i t’a tulo ye »
Face aux propos du gouverneur de Ségou Abou Sow qui a traité des hommes politiques de « dangaden » (maudit) dans l’affaire des casiers asséchés de Macina, le secrétaire général de Sadi Oumar Mariko ne mâche pas ses mots. « C’est indélicat et irrespectueux de la part du gouverneur de Ségou, ce mec corrupteur, de traiter ainsi l’honorable Ousmane Bâ qui a rencontré les paysans de Macina », déclare-t-il avant de mettre en garde M. Sow en ces termes : « Fali min bè mogo bin, i t’a tulo ye ».
« … Un avocat ne suffit pas. Si vous voulez, constituez 10, 100 ou 1000. Ça ne servira à rien ni à Ségou, ni à Bamako. Ces politiki môgô dangadenw qui viennent notamment se concerter avec vous ici ne peuvent rien résoudre et à la première difficulté, ils vous abandonnent et vous les pauvres qui en pâtirez… » , aurait lancé le gouverneur de Ségou Abou Sow à l’occasion d’une rencontre avec les riziculteurs de Macina. Ceux-ci manifestaient contre la rupture d’eau dans leurs périmètres due à des erreurs techniques de l’Office du Niger.
Ces propos restent en travers de la gorge du secrétaire général de Sadi. Oumar Mariko ne passe pas par le dos de la cuillère pour sa réplique. Selon lui, « le gouverneur de Ségou fait partie de ces fonctionnaires de l’Etat qui ont chassé les paysans de leurs terres et qui ont récupéré leurs champs. Quoi de plus normal que ce gouverneur refuse de se faire prévaloir de sa propre turpitude », affirme-t-il avant d’ajouter, imperturbable : « Abou Sow, tout le monde le connaît, c’est un mec corrupteur. Il a essayé avec certains de nos agents, il n’a pas réussi. Il fait partie de la bande de ceux qui pillent l’Office du Niger parce qu’il recevait lui-même les dividendes ».
Pour Oumar Mariko, cet écart de langage d’Abou Sow est une pique à l’endroit de l’honorable Ousmane Bâ de Macina qui a, à ses dires, rencontré les paysans de sa localité. « S’il traite l’honorable Ousmane Bâ de « dankaden », c’est vraiment très indélicat de sa part et ce n’est pas respectueux de sa part parce que c’est l’honorable Ousmane Bâ qui est parti à Macina s’informer de la situation et qui nous a informés. Je n’y suis pas allé. Mais je sais ce qui se passe là-bas pour avoir écouté des responsables paysans de Macina sur la question ». L’affaire de Macina, souligne l’honorable Mariko, incombe à l’administration qui serait en faute. « Ce qui est, d’ailleurs, la conclusion que l’honorable Ousmane Bâ a tiré quand nous nous sommes rencontrés », indique-t-il.
Le secrétaire général de Sadi va plus loin en pointant un doigt accusateur sur les autorités administratives, avec en tête le ministre de l’Administration territoriale et des Collectivités locales. « Ce gouverneur ne mérite pas là où il est. Les supérieurs du gouverneur font la part belle à leurs représentants comme si ceux-ci étaient en territoire conquis : ils ne respectent pas la loi, il n’y a pas d’éthique chez eux, il n’y a pas de déontologie en la matière pour eux. Ils sévissent comme des potentats et ils sont protégés contre leur peuple au niveau du ministère de l’Administration territoriale ».
Les sanctions, dit-il, devraient pleuvoir, parce que, prévient-il, « si on devrait continuer comme ça, avec tout le respect que nous avons pour le général Kafougouna Koné, nous nous posons la question de savoir quelle est son implication. Car, à beau laisser des gens sous sa responsabilité agir impunément contre les citoyens, on arrive à prendre la responsabilité soi-même ».
Sidiki Y. Dembélé
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MALAMINE KONE, CREATEUR D’« AIRNESS »
« Le Mali se développera par l’artisanat »
L’équipementier des Aigles du Mali, notre compatriote Malamine Koné, promoteur de MK Production et de la marque d’équipement sportif « Airness », a été séduit par le génie créateur de nos artisans à la fête de l’artisanat et du tourisme à Paris. Il croit au développement de notre pays qui doit, selon lui, passer par ce secteur et s’engage aux côtés du ministère de l’Artisanat et du Tourisme.
« La Fête de l’artisanat et du tourisme à Paris est une chance pour le secteur et contribue à donner de l’espoir à l’économie malienne. Si le Mali doit se développer, il se développera par l'artisanat. L'histoire contemporaine a prouvé que l'artisanat a joué et continue de jouer un grand rôle en ce sens qu'il retrace le vécu quotidien de nos peuples, dans leurs us et coutumes » . Pour Malamine Koné, c'est un secteur appelé à se développer en évoluant vers la modernité.
Malamine Koné, qui a co-présidé la cérémonie d’ouverture, manager d’entreprise, promoteur de MK Production, fabricant de la marque d’équipements sportifs « Airness » a accepté de faire un saut dans le secteur de l’artisanat et du tourisme pour l’aider à se développer.
Mala est passé directement à l’acte après l’ouverture de la fête en faisant le tour des stands des bazins teints à l’indigo, des tissus bogolans, parures traditionnelles, objets d’art, etc. Il a acheté dans chaque stand au moins un article. Il a dépensé au minimum 1,5 million de F CFA (environ 2000 euros) dans ses emplettes.
Le PDG d’Airness a donné un contenu à son engagement pour la cause de l’artisanat quelques jours plus tard, lorsqu’il a reçu au siège de son entreprise, le jeudi 1er novembre 2007 en compagnie de l’artiste musicien Manu Dibango, le ministre de l’Artisanat et du Tourisme, Ndiaye Bah. Au cours de cette rencontre, le ministre a visité les locaux de MK Production, situé au 8e arrondissement de Paris, sur l’Avenue Bayard, à quelques encablures des Champs Elysées. Une visite qui a été sanctionnée par une conférence de presse.
L’arrivée de Ndiaye Bah dans les locaux d’Airness avait un double objectif. D’une part, l’équipementier des Aigles a profité de la présence de cette personnalité de l’Etat et de la presse nationale pour présenter le modèle du nouveau maillot du onze national en route pour la Can« Ghana-2008 ». Le clou de l’événement était la déclaration du pacte entre Mala et Ndiaye Bah en faveur de notre artisanat.
Aider la jeunesse à émerger
Le ministre Bah, tout ému et satisfait de ce partenariat en gestation, a affirmé que « Malamine Koné est un symbole, un cas concret de réussite au Mali et en Afrique. Au-delà de tous les slogans, si nous voulons avancer, l’histoire de Mala doit être enseignée dans nos écoles comme référence », a-t-il déclaré.
A en croire le ministre, grâce à son génie créateur, Mala, parti de rien, est parvenu à imposer une marque d’équipements sportifs mondialement connue et s’engage par son patriotisme à aider ses frères maliens dans le domaine du sport et de l’artisanat.
Pour la mise en marche du futur partenariat, Ndiaye Bah a laissé entendre que les deux parties ont parlé de créneaux porteurs, de professionnalisation du secteur et de créations de petites unités industrielles. Toutes choses permettant aux artisans de vendre un peu partout dans le monde. Le ministre de l’Artisanat et du Tourisme entend mettre l’accent sur la formation des artisans aux Ntic pour qu’ils puissent faire leurs affaires sur la toile mondiale.
Selon une étude réalisée en 2004 par un organisme international, le secteur de l’artisanat occupe 46 % de la population active au Mali. Il contribue à hauteur de 10 à 15 % au PIB.
« Les artisans africains sont le moteur de l’économie du continent. Nous devons les aider à avoir de bonnes idées créatrices et à nouer des partenariats féconds pour que ce secteur se professionnalise. Si je peux apporter cela à notre artisanat, je le ferais. Voilà ce que sera mon soutien » , a conclu M. Koné.
A noter que Malamine Koné fait partie du cercle de sommités comme le cinéaste Aberhamane Sissako, le musicien Manu Dibango, le présentateur de JT sur TFI, Patrick Poivre-d’Arvor réunis au sein de la commission « Génération Afrique », présidée par le secrétaire d’Etat français à la Coopération, Jean-Marie Bockel.
Abdrahamane Dicko
(envoyé spécial à Paris)
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