Les Echos du 12 Novembre
MORT DU S. G. DE LA SECTION SADI DE NIONO
La « mafia politico-affairiste à l’O. N. » indexée
Pour Oumar Mariko, qui animait samedi un point de presse, la mort du secrétaire général de la section Sadi de Niono, Youssouf Dembélé, n’est plus ni moins qu’un assassinat politique orchestré par la « mafia politico-affairiste à l’Office du Niger ».
Le corps sans vie du secrétaire général de la section Sadi de Niono, Youssouf Dembélé, a été découvert dans son champ le 12 août 2007. Si les enquêtes ouvertes par la brigade de recherche de Niono n’ont pas permis jusque-là de trouver des preuves palpables, le parti Sadi vient de faire des révélations fracassantes à même de donner une nouvelle tournure à l’affaire.
En tout cas, Oumar Mariko, le secrétaire général du parti est formel : « Youssouf Dembélé est mort pour ses convictions politiques. Il est mort pour avoir parlé. Youssouf a été assassiné pour avoir déclaré le 8 août dernier à la Radio Kayira que si la Cour constitutionnelle confirme nos résultats (Ndlr : élections législatives de Niono où Sadi était en tête), je donnerai aux nouveaux élus le reste des documents que je détiens sur les magouilles de la direction de l’Office du Niger », a révélé M. Mariko. Et d’ajouter que « ces documents ont disparu après le crime ».
Selon Dr. Mariko, l’arrestation et l’incarcération du fils du défunt, le dessaisissement de l’agent Boubacar Coulibaly du dossier qui avait procédé aux investigations préliminaires, les harcèlements à l’endroit de militants Sadi et la fermeture de la Radio Kayira de Niono par le maire sont autant de sujets à réflexion.
Poursuites contre le maire
Mais, sans autre forme de procès, il accuse et cite nommément des responsables administratifs et des opérateurs économiques, fournisseurs d’engrais comme étant les commanditaires de cet assassinat. « Youssouf Dembélé a été victime des affairistes et des spéculateurs à l’Office du Niger. Il faut que ceux qui ont commis ce crime soient démasqués et passent devant la justice pour qu’ils reçoivent des sanctions exemplaires ». « Nous avons la ferme conviction que la justice de Niono et l’avocat général Souleymane Coulibaly, travaillent pour brouiller les pistes afin que la vérité n’éclate pas », a-t-il ajouté.
Dans un mémorandum rendu public, le parti Sadi recense une longue liste d’assassinats de ses militants à Niono. Tout en dénonçant ces actes, Mariko soulignera que rien ne saurait plus jamais étouffer le droit des Maliens de dire, de dénoncer les crimes et leurs auteurs quels qu’ils soient. Autre motif de colère du parti : la fermeture, la semaine dernière, de la Radio Kayira de Niono par le maire pour menace à la stabilité sociale.
Mais, dans leurs témoignages respectifs, les honorables Oumou Coulibaly et Mamadou Guindo de Niono sont catégoriques : « On veut empêcher la radio de parler de l’assassinat de Youssouf Dembélé. Ses assassins paniquent et ne savent plus quoi faire ».
Pour Mariko, il n’est pas du ressort d’un maire de fermer une radio. C’est pourquoi d’ailleurs, le parti introduira une plainte contre le maire auprès du Tribunal administratif dans les jours à venir. « Le combat dans lequel nous sommes résolument engagés avec notre peuple peut connaître un répit, mais il ne souffrira jamais de coup d’arrêt », a conclu l’honorable Oumar Mariko.
Sidiki Y. Dembélé
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GOUVERNANCE AU MALI
Rôle des acteurs non étatiques
Ayant tenu un rôle déterminant dans la chute de la IIe République et pour continuer de jouer leur partition, les acteurs non étatiques au Mali ont largement participé à la Conférence nationale qui s’est tenue en juillet 1991 ainsi qu’à l’élaboration des actes constitutifs de la IIIe République. Il leur est demander aujourd’hui de veiller à l’application d’une gouvernance au Mali.
Au Mali, la création des associations est libre et sa procédure est simple. L’obtention de l’agrément est conditionnée au dépôt à la direction nationale de l’intérieur d’un dossier comprenant les statuts, le procès-verbal de l’assemblée générale constitutive, la liste des participants à cette assemblée, et la composition de l’organe dirigeant.
Dans le cas des ONG, qui constituent le plus grand nombre d’acteurs non étatiques, la procédure d’obtention de l’agrément exige essentiellement la création préalable de l’association et la signature de l’accord-cadre de base entre l’Etat et les ONG-associations. Cet accord-cadre est « la convention de base du partenariat liant l’Etat et l’ensemble des ONG-associations ou groupe d’ONG-associations qui l’ont signé ». Suite aux dernières concertations Etat/ONG-associations, l’accord-cadre de base a été révisé.
Le nouvel accord-cadre implique pour les ONG-associations, qui en sont signataires, une obligation de dépôt des rapports annuels (rapports d’activité et rapports financiers statutairement adoptés) à la Cellule d’appui au développement à la base (CADB). En retour, elles bénéficient de certains avantages de la part de l’Etat. Il s’agit, entre autres, de l’engagement de l’Etat à créer avec ces ONG-associations un cadre de partenariat et un cadre de concertation annuelle, de leur faciliter l’accès au financement et de les soutenir dans leurs missions d’appui humanitaire et de développement.
La CADB s’engage également à délivrer aux ONG-associations, après examen et vérification de leurs rapports annuels, un certificat d’opérationnalité… Sans compter qu’elles peuvent participer pratiquement à toutes les concertations sur les problèmes majeurs concernant la vie de la nation. Enclenché depuis 1999, le processus de décentralisation encourage davantage cette participation citoyenne.
Un rôle de sentinelle à prendre
Il s’agit de l’adhésion aux valeurs, normes, standards contenus dans les conventions et traités internationaux signés et ratifiés par le Mali. A cet égard, les gouvernements sont généralement plus soucieux de légitimité internationale, dont dépend très souvent leur survie, que de légitimité nationale. Les « bons élèves » de la communauté internationale, qui mettent en œuvre les politiques et les stratégies dictées par les institutions financières et économiques internationales sont récompensés par l’octroi de prêts concessionnaires ou des dons.
C’est ainsi que la communauté internationale a décerné un satisfecit au Mali pour ses performances macroéconomiques. S’agissant des dépenses, une gestion rigoureuse a permis de maintenir une position budgétaire conforme aux objectifs du programme avec le FMI. Les investissements et les dépenses courantes sont maintenus dans les limites dudit programme.
Les retombées financières sont cependant intéressantes. Ainsi, le Mali est éligible à l’Agoa, au Millenium Challenge Account (MCA) et à l’Initiative sur le paludisme du président des Etats-Unis. Malheureusement, l’Agoa exclut explicitement le coton africain de son champ d’application. La préférence est réservée aux textiles produits en Afrique avec du coton provenant des Etats-Unis.
Le Mali est également le pays africain qui reçoit le plus d’aide de l’UE après l’Ethiopie. Qu’en fait-il réellement ? Il revient en tout cas aux acteurs non étatiques de veiller à ce que ces aides financières soient judicieusement investies.
Alexis Kalambry
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CAMPAGNE AGRICOLE 2007-2008
Une baisse de production en vue
Selon les premières annonces du Système d’alerte précoce, le Mali connaîtra une production agricole globalement moyenne et en deçà de celle de la campagne précédente.
La réunion d’expertise du Système d’alerte précoce (Sap) sur l’évaluation provisoire de la situation alimentaire du Mali au titre de la campagne agricole 2007- 2008 a débuté vendredi, sous la présidence de la commissaire à la sécurité alimentaire, Mme Lansry Nana Yaya Haïdara.
Cette réunion, qui s’étendra sur une semaine, sera l’occasion, pour les techniciens du Sap, d’examiner sans complaisance la situation alimentaire du pays et de proposer des réponses qui s’imposent.
Déjà, il se dégage des premières analyses livrées par la commissaire à la sécurité alimentaire que les perspectives de récoltes sont globalement moyennes dans le pays. Si les pâturages, les points d’eau et la crue sont suffisamment bons, « certaines localités à travers le pays sont susceptibles de connaître des baisses de production relativement importantes, liées entre autres causes, aux inondations et à l’arrêt précoce des pluies », a-t-elle expliqué.
Abondant dans le même sens, le représentant des partenaires techniques et financiers, Robert Olivier, directeur adjoint du Pam, a ajouté que la combinaison de ces facteurs pourrait être source de difficultés dans certaines parties du pays.
« Ces phénomènes conjugués au déficit de production annoncé par le CILSS dans certains pays de la région et au contexte international de l’offre et de la demande de produits alimentaires pourrait en conduire à une tension sur les marchés qui affecterait les capacités d’accès à la nourriture des ménages vulnérables, si des mesures idoines ne sont pas prises à temps » , a-t-il averti.
Sidiki Y. Dembélé
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