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2007

Mois de Novembre

Les Echos du 07 Novembre

GOUVERNANCE

EID et « pays-frontière » des labels maliens

Le Mali a présenté, la semaine dernière, à Ouagadougou, au Burkina Faso, un rapport national sur la gouvernance. C’était lors d’un sommet organisé par le Pnud sur le même thème et portant sur « Les Etats capables ».

Trois consultants ont été engagés par le Programme des Nations unies pour le développement (Pnud) les 29 et 30 août 2007, pour traiter la redéfinition du rôle de l’Etat et les problèmes de développement en Afrique ; le renforcement des capacités institutionnelles et humaines pour le bon fonctionnement du secteur public ; la légitimité de l’Etat et des dirigeants ; l’amélioration de la façon dont l’Etat s’acquitte de ses obligations au moyen de la décentralisation de la gouvernance ; le rôle des acteurs non étatiques ; la mondialisation et les compétences de l’Etat.

Pour ce travail, ont été consultés, les départements ministériels, les institutions de la République, les services centraux des départements ministériels spécialement chargés du renforcement des capacités, les deux syndicats des travailleurs, le Conseil national du patronat du Mali, les organisations des collectivités territoriales, les organisations de la société civile, les établissements de recherche, les organisations des femmes, le Conseil national de la jeunesse, le secteur privé, la presse (publique et privée), les partenaires techniques et financiers.

L’option pour l’économie libérale au Mali date des années 1980, suite aux premiers accords d’ajustement structurel passés entre le Mali et les institutions de Bretton Woods. Depuis, des réformes profondes ont été opérées pour assurer la stabilité macroéconomique, libéraliser l’économie et créer un environnement favorable au développement du secteur privé. Après la révolution de mars 1991, ces réformes économiques ont été complétées par des réformes politiques et institutionnelles qui ont contribué à la consolidation du processus démocratique au Mali.

Dans son rapport sur la gouvernance présenté à Ouagadougou, notre pays a mis l’accent surtout sur l’EID et le concept de « pays-frontière », qui sont « made in Mali ».

S’unir face à la mondialisation

« L’Espace d’interpellation démocratique (EID) qui est une pratique unique dans le monde permet à tout citoyen d’interpeller directement le gouvernement sur les actes posés par celui-ci, actes considérés comme attentatoires aux droits humains par l’interpellant. Le concept de pays frontière est un processus engagé depuis octobre 2000. Le flou des frontières héritées du régime colonial est à l’origine des nombreux conflits intercommunautaires. Le Mali a engagé une réflexion sur la gestion des frontières en Afrique, frontières qui doivent être non des points de fracture, mais des points de rencontre. Au lieu de diviser, les frontières doivent être un facteur de rencontre et d’intégration des communautés » .

« D’autres expériences intéressantes sont entreprises actuellement au Mali comme la mise à la disposition des pays africains par le Mali de centaines de milliers d’hectares dans la zone de l’Office du Niger, le Vérificateur général, les pôles économiques et financiers, etc. » .

Le rapport fait le point sur l’état de préparation du Mali à la mondialisation en énumérant les différentes activités entreprises dans tous les domaines pour adapter les structures, les procédures, les règlements et les mécanismes au nouvel environnement international. Le rapport mentionne également les atouts dont dispose le Mali dans le contexte de l’intégration régionale et sous-régionale et celui de la mondialisation.

« Avec l’Office du Niger, le Mali bénéficie d’un avantage incomparable. C’est le seul pays de la sous-région disposant d’une superficie d’un million d’hectares pouvant être irrigués par gravitation. Cependant, les démarches solitaires d’un Etat comme le Mali ne lui permettront pas de surmonter tout seul les obstacles et de faire face aux défis de la mondialisation. Il est donc urgent pour l’ensemble des pays africains de renforcer les blocs régionaux et sous-régionaux basés sur la proximité géographique et la convergence d’intérêts pour leur permettre de participer de manière plus active au jeu de la mondialisation » .

Alexis Kalambry

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CONCOURS D’ENTREE A LA FONCTION PUBLIQUE

Deux postes pour deux enfants Ould Ganfoud ?

Au-devant de l’actualité depuis plusieurs semaines, la direction nationale de la fonction publique est à présent accusée d’avoir fait des deux postes à pourvoir au titre de « administration réseau informatique » une chasse gardée.

Ouverts le 27 septembre dernier, les concours de recrutement direct à la fonction publique dans les différentes filières se sont achevés samedi dernier. Mais de mémoire de candidats, jamais le concours n’avait fait l’objet de bruits, de contestations et de frustrations que cette année. En réalité, le dernier recrutement a donné lieu à de nombreuses incompréhensions entre la direction nationale de la fonction publique et des candidats qui se sont dit indignés au plus fort moment du dépôt des dossiers.

Après les bruits autour de la spécialité « Méthode informatique appliquée à la gestion » (Miage), qui a vu des candidatures écartées pour, dit-on, non-conformité au profil, celle de l’administration réseau informatique où il y a deux postes à pourvoir vient aussi de connaître son lot de mécontents.

Pourtant, explique un finaliste de la Faculté des sciences et techniques et candidat, son dossier a été bel et bien accepté avec annotation du chef de division. « Pour le dépôt, j’ai été voir le chef de division de la direction nationale de la fonction publique, M. Dembélé. Il m’a assuré que je peux bel et bien postuler et mon dossier a reçu une annotation de sa part signifiant que je peux postuler », raconte notre interlocuteur.

Des jumeaux bien nés ?

Fort de cette garantie, sa surprise a été cependant grande de constater la veille du concours que son nom ne figure pas sur la liste des candidats. « Pour l’administration réseau informatique, il y a deux postes à pourvoir. Ont été retenus pour les dits postes les jumeaux Alhousseny Badi Ould Ganfoud et Alhassane Badi Ould Ganfoud ». Ce qui a éveillé des soupçons. Notre source parle même de postes bien taillés car, persiste t-elle, « les deux candidats retenus seraient des jumeaux du ministre sortant de la Fonction publique, de la Réforme de l’Etat et des Relations avec les institutions ». Et d’ajouter que « les candidats non retenus pour la spécialité avaient le choix entre la filière maintenance informatique et informatique gestion ».

Nos tentatives de rencontrer lundi et hier le chef de division qui aurait assuré un candidat à concourir pour le poste administration réseau informatique n’ont pas abouti. Néanmoins, nous avons pu approcher le directeur national de la fonction publique, qui a mis les points sur les « i ». « Seuls les détenteurs de diplôme supérieur en administration réseau pouvaient concourir. Celui qui a fait électronique ne pouvait pas le faire. Personne n’a été écartée, mais des dossiers ont été rejetés parce qu’ils ne répondent pas au profil ».

A l’en croire, ceux qui reçoivent les dossiers ne sont pas des spécialistes. « Après le dépôt, les dossiers sont instruits. Il s’agit de vérifier leur conformité avec les filières demandées. Et ce travail se fait avec les techniciens. Si la filière est conforme, la candidature est retenue. Quelqu’un dont le profil ne correspond pas, son dossier est rejeté ».

Sidy Traoré de préciser que ceux qui ont été écartés sont des maintenanciers et non des spécialistes en réseau, qui est une nouvelle filière au Mali. « Les deux postes ne sont pas des postes taillés sur mesure. Les médecins qui ont été dispensés ne sont-ils pas des Maliens ? Ne sont-ils pas nos enfants ? Ramener le problème au niveau d’un citoyen est humainement insupportable. Mieux, ce n’est pas nous qui demandons mais des services notamment le ministère de la Communication qui a exprimé le besoin ».

Nécessaire communication

Le directeur national de la fonction publique dit comprendre la réaction des candidats, dont le dossier n’a pas été retenu. « C’est tout à fait normal qu’ils aient ce comportement. Moi, à leur place, je réagirai de la même façon surtout après avoir obtenu la confirmation d’un chef de division que je peux postuler. Leur réaction est normale, mais ils ont été mal informés ».

Un boulevard ouvert par M. Traoré pour dire que le chef de division n’est pas compétent pour apprécier un dossier. « Un chef de division n’est pas fondé à apprécier un dossier. En dernier ressort, c’est le directeur qui apprécie. Je ne suis pas le seul à faire le travail. Je me suis fait entourer de toutes les garanties pour prendre ma décision dans la mesure où les dossiers ont été examinés par les spécialistes à savoir : la direction nationale de la statistique et de l’informatique et l’Institut universitaire de gestion », conclut-il.

A ce train, une politique de communication s’impose pour mieux informer les candidats sur ce qu’ils doivent faire en fonction de leur spécialité, en faisant une description précise des profils.

Mohamed Daou

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PRATIQUES ANORMALES SUR LES ROUTES

La police s’insurge contre le classement du Mali

Le Syndicat national de la police s’est porté en faux contre le classement de l’Observatoire des pratiques anormales sur les routes, publié à Accra le 25 octobre dernier qui estime que les policiers maliens sont les plus « corrompus de la sous-région ». C’était au cours d’une conférence de presse hier à la Bourse du travail.

Au cours d’une conférence de presse, mardi à la Bourse du travail, la Section syndicale de la police nationale s’est félicitée de la nomination d’un policier à la tête du gouvernement. Tidiani Coulibaly, secrétaire général de la Section syndicale de la police nationale a adressé les vifs remerciements du syndicat et réaffirmé son soutien indéfectible au Premier ministre, Modibo Sidibé.

M. Coulibaly a ajouté que le syndicat ferait en sorte que cette mission réussisse. Siaka Diakité, le secrétaire général du Syntade, à laquelle est affiliée la section de la police, avait auparavant indiqué que l’UNTM resterait aux côtés des policiers pour la prise en compte de ses différentes revendications. Il a invité les policiers à poser des actes qui honorent la profession.

Le SG de la section de la police a reconnu que beaucoup de revendications ont eu des réponses satisfaisantes. Parmi elles il y a la relecture de certains textes, la construction des commissariats, la dotation en nouveaux véhicules. Cependant, M. Coulibaly a lancé un appel pour la prise en compte des revendications restantes.

Sur le rapport de l’Observatoire des pratiques anormales sur les routes, il s’est inscrit en faux contre le classement de l’Observatoire. Ce rapport indique clairement que les policiers maliens sont les plus « corrompus de la sous-région ».

Selon l’enquête, menée par cette structure, les corps en uniforme, la police malienne, sur une distance de 100 km, perçoit des taxes illicites de ou 2679 F CFA. « C’est faux ! Nous ne sommes pas les plus corrompus. Nous travaillons dans la légalité et dans le respect des règles de la République », s’est défendu M. Coulibaly. Le SG a promis de réagir dans les jours à venir au classement qui, selon lui, n’honore pas les policiers maliens.

M. Coulibaly a aussi évoqué le bicéphalisme syndical à la police. A l’en croire si ce problème persiste, le syndicalisme dans la police sera enterré. Aussi a-t-il appelé tous les policiers à s’unir dans un seul syndicat.

L’anniversaire de la police et les griefs formulés à leur encontre par les transporteurs suite à la grève de la semaine dernière ont été d’autres sujets abordés au cours de la conférence.

Amadou Sidibé

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ENTRE POPULATIONS ET AUTORITES A MACINA

Le pont de la réconciliation

Comme tout village malien, Macina connaît de sérieux problèmes d’unité et de solidarité entre populations. Ces difficultés ont été exacerbées par la crise d’eau dans le casier rizicole qui fait planer le spectre de la famine sur la ville et ses villages environnants. La rencontre de l’Arsydem avec le chef de village et ses conseillers a permis de jeter les bases d’une réconciliation d’une part entre les populations elles-mêmes, entre autorités administratives et chefs traditionnels, d’autre part.

L’Association des ressortissants et sympathisants de Macina (Arsydem) à Bamako n’entend pas être un spectateur passif dans le conflit qui oppose l’Office du Niger à la population de Macina. Elle vient d’y séjourner.

L’objectif de cette visite au bercail, selon le président de l’Arsydem, Moussa Katilé, était d’écouter les différentes parties (la population à travers l’association locale Niéta, les comités de crise, le chef de village et ses conseillers) afin de trouver une solution idoine au sinistre du casier rizicole. Le casier rizicole de Macina a manqué d’eau, assèchant presque toutes les parcelles faisant planer le spectre d’une famine dans la localité.

« Nous sommes venus pour écouter et ensuite refléchir afin que nous trouvions ensemble les solutions appropriées à l’épineux problème du casier rizicole » , a-t-il dit s’adressant aux populations, aux autorités administratives et traditionnelles de la ville de Macina.

Les 2 et 3 novembre, la délégation de l’Arsydem est allée s’imprégner des difficultés des paysans macinankés par une série de rencontres et visite du casier. Et la difficulté majeure est le manque d’eau, ce qui a eu pour conséquence l’assèchement de la presque totalité des champs. Ainsi, les membres de la délégation ont tour à tour rencontré le comité de crise mis en place par l’association locale Nieta, les deux comités de crise mis sur pied par les autorités administratives (présidés par le préfet) et l’association Nieta.

Promesses

Au cours de la rencontre avec les responsables de l’association locale Nieta, l’Arsydem a été édifié sur la génèse de la crise d’eau. Celle-ci a atteint son paroxysme le 1er octobre avec la marche de protestation de la population et plus tard par les commentaires hasardeux à la télévision du gouverneur de la région Abou Sow sur les dégats occasionnés.

Des entretiens avec le comité de crise installé par Niéta, on retient surtout que la crise d’eau n’a été que la goute d’eau qui a débordé le vase parce que les populations paysannes se disent victimes d’injustices dans la distribution des terres. Toutes choses qui avaient déjà fait que les relations entre les populations les autorités administratives de la ville et de l’ON, les notabiltés que sont le chef du village et ses conseillers et l’Office du Niger étaient tendues.

La rencontre avec le comité de crise, présidée par le préfet, a été importante à plus d’un titre. Elle aura permis à l’Arsydem de se faire une idée de la vision des autorités administratives et de celle de l’Office du Niger sur la crise d’eau qui a frappé le casier et sur toutes les difficultés à résoudre de manière pérenne le problème.

Mais de tout cela, les échanges avec le chef du village et ses conseillers auront été des plus salutaires puisque aux termes de ceux-ci, les populations ont promis de tout mettre en œuvre pour sauvegarder les relations sociétales, empreintes d’entre-aide, de solidarité et d’unité. Elles se sont engagées à soutenir tous les efforts des autorités administratives quelles qu’elles soient afin de faire de Macina une zone de production par excellence.

Denis Koné

 

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LUTTE CONTRE L’INSECURITE

Fascinant Epervier du Mandé

Papa Mamby Kéita est un inspecteur de police qui mérite les lauriers de la nation.

C’est par la presse malienne que j’ai découvert, pour la première fois, les exploits de l’inspecteur principal Papa Mamby Kéita, chef de la Brigade de recherche du commissariat du 3e arrondissement de Bamako. Au début, je n’y prêtais qu’une vague attention, parce que j’ai toujours eu une méfiance naturelle envers les forces de l’ordre. Dans ma courte vie, j’en ai vu des ripoux, des violents et des incompétents dans ce corps, que ce soit au Mali ou ailleurs dans le monde. Je pensais donc que les informations le concernant étaient savamment coulées par les chefs à des fins de communication.

Mais, le doute s’est vite estompé avec la constance dans l’action de celui qui a abondamment mérité le surnom Epervier du Mandé. Avec la régularité du métronome, il alpague des bandits de grand chemin, des escrocs internationaux, des criminels de la pire espèce. Pratiquement sans moyens. La méfiance s’est peu à peu muée en admiration. Et, au mois d’avril dernier, profitant d’un séjour au Mali, j’ai suggéré à un ami d’aller voir en personne Papa Mamby Kéita. Non pas pour lui apporter l’or d’Ali Baba, mais simplement pour lui dire un gros « merci ».

Nous avons été le voir dans ce commissariat. Je m’attendais à trouver un colosse bâti comme un Rambo, fier et arrogant qui exhibe ses muscles. Eh bien, non ! J’ai découvert un homme tout à fait normal, quasiment mince, humble, presque effacé et carrément gêné de faire l’objet d’une telle sollicitude. Il s’est contenté de murmurer : « Ça fait plaisir d’apprendre que des Maliens, jusqu’au Canada, ont une idée positive de notre commissariat et apprécient notre travail. Nous sommes fiers des Maliens de l’étranger qui n’oublient pas leur pays ». Puis, comme pour éclipser sa personne, il nous a présenté ses collaborateurs de la BR un à un. Tous aussi sympathiques les uns que les autres. Le commissaire était absent. Nous avons pris quelques photos avant de partir.

Cette rencontre n’a fait que renforcer mon admiration envers cet homme tout comme envers tous les gros travailleurs, des gens qui, sans moyens, travaillent au lieu de passer leur vie à se lamenter. Quand nous avons parlé de moyens, il a simplement dit : « Nous faisons avec ce que nous avons sur place ». Cet homme est vraiment exceptionnel.

Un commissariat à part

Alors, j’ai voulu en savoir plus sur lui. J’ai interrogé un ami d’enfance, maintenant commissaire de police. Il y a près de 30 ans, à l’Ecole primaire de Quinzambougou, nous avons découvert le 3e arrondissement ensemble quand Djibril Sylla, fils de Youssouf Balla Sylla, était notre camarade de classe. Cet ami qui connaît bien l’Epervier du Mandé m’a ainsi parlé de l’homme : « La première chose à savoir sur PMK, c’est que l’homme est un policier dans l’âme. Il n’est pas entré dans ce corps pour éviter le chômage ou parce que ses parents ont payé l’examen à gros prix. Il est devenu policier parce que c’est le seul métier qu’il aime. Ensuite, PMK est un travailleur d’équipe. Il n’est pas infatué de sa personne et fait entièrement confiance à ses hommes. Non seulement il leur fait confiance, mais il les met en valeur et écoute leurs conseils. Puis, PMK a eu la chance de tomber sur le commissaire Sissoko. Comme chef, Sissoko n’est ni un patron jaloux et mesquin ni un assoiffé de gloriole. Il sait que les exploits de ses hommes rejaillissent automatiquement sur tout le commissariat qui est sous sa responsabilité. Le 3e arrondissement est un commissariat à part tant l’esprit de corps y est développé. Ils ont une tradition et une réputation qu’ils tiennent à sauver. Je pense que PMK est servi par Dieu : un policier compétent, des collaborateurs compétents et un chef qui les laisse travailler. Sais-tu que PMK achète lui-même ses cartes de recharge de cellulaire et souvent la BR cotise pour acheter l’essence ? C’est exceptionnel pour le souligner ».

Travailler dans un tel état de dénuement et démanteler des réseaux très riches et puissants est assurément une gageure. Je n’avais pas idée de l’état de nécessité dans lequel vit la police malienne. Arrêter dans ces conditions un pickpocket simplement mérite des félicitations.

L’Epervier du Mandé est un policier qui mérite les honneurs, lui, ses hommes et son commissaire. Il est également important que je vous parle de l’inspecteur principal Siaka Traoré du 11e arrondissement qui m’a aidé, pendant ce séjour, à mettre hors d’état de nuire un voleur qualifié. Je l’ai vu à l’œuvre avec son équipe. Démunis mais déterminés. Et je vous raconte une anecdote. Un jour, vers 13 h, l’équipe de la BR du 11e était en train de déjeuner quand un citoyen est venu apporter l’information selon laquelle une bande de voleurs de Jakarta se disputait sous un arbre à propos du partage des motos. Je m’attendais à une réaction de dépit du genre : « Tu vois pas que nous sommes en train de manger ! » ou « Nous n’avons pas les moyens de les cueillir, pardi ! »

Non, les policiers ont abandonné repas et thé, pris la seule voiture de patrouille, réquisitionné un taxi pour se rendre illico à la place indiquée et attraper les filous en flagrant délit. Rien qu’à voir le large sourire de l’inspecteur Traoré quand il se faisait taquiner par son collègue Attaher Maïga, j’ai compris que là également, c’est une famille au travail. Ce sont des exemples de ce genre qui nous font encore espérer en la qualité des hommes.

Ousmane Sow

(journaliste, Montréal)

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  SIRADIOUBA, FRONTIERE MALI-GUINEE

Une attaque guinéenne fait 5 morts et 12 blessés graves

Siradiouba, un village malien dans le cercle de Yanfolilla (3e région) frontalier avec la Guinée, a été victime d’une attaque de Guinéens mardi aux environs de 5 heures du matin. Selon nos sources, l’attaque a fait 6 morts, dont deux gendarmes, côté malien. Nos sources ajoutent que Siradiouba a été encerclé par une centaine de jeunes Guinéens appuyés par de rebelles libériens démobilisés. Les assaillants ont aussi incendié une partie du village. Les autorités régionales de Sikasso ont envoyé des renforts à Siradiouba hier. Ce n’est pas la première fois que des Guinéens s’en prennent à de paisibles Maliens sur le territoire national. Nous y reviendrons dans notre édition de demain.

Nouveau marché de Mopti : des empoignades en perspective

Les travaux de construction du nouveau marché de Mopti seront bouclés à la fin de ce mois, a déclaré un responsable de l’entreprise, la Société ivoirienne de construction et de gestion (SICG). C’était au cours d’une visite effectuée dimanche sur le chantier par le ministre du Logement, des Affaires foncières et de l’Urbanisme. Financé à hauteur de 1,5 milliard de F CFA par la SICG, l’ouvrage comporte environ 187 places. Mais, à peine les travaux de finition entamés, des interrogations se posent quant à la gestion du futur marché. Qui de la mairie, de la Chambre régionale d’industrie et de commerce ou de la Société va en avoir le monopole ? La question reste pour l’heure sans réponse même si certains proposent la mise en place d’un comité de gestion incluant les représentants de ces organisations. Selon des indiscrétions, la SICG, le bailleur, n’entend pas de cette oreille. Elle aurait promis des places gratuites aux tailleurs auxquels l’espace sur lequel est bâti l’immeuble appartenait. Pour le reste, elle veut gérer à sa manière en vue de récupérer ses fonds. Une poudrière qui ne tardera pas à exploser .

Logements sociaux de Mopti (1) : la ministre en colère

Au cours d’une visite éclair aux logements sociaux de Mopti, inaugurés il y a seulement une année, la ministre du Logement, des Affaires foncières et de l’Urbanisme, Mme Gakou Salamata Fofana, a été désagréablement surprise de voir que des caniveaux étaient bouchés et des devantures de maisons envahies par de hautes herbes. Coup de colère. Elle a, du coup, interpellé le gouverneur et des résidents d’ATT-bougou sur ce phénomène malsain. « Il faut curer ces caniveaux. Ce ne sont pas des dépotoirs d’ordures et d’eaux usées », a ordonné la ministre. Pour elle, l’assainissement des lieux doit être une des priorités des habitants du nouveau quartier et des autorités.

Logements sociaux de Mopti (2) : l’école de la honte

Des hangars en paille comme salles de classe, voilà le spectacle désolant qu’offre ATTbougou de Mopti. Ces habitants n’ont trouvé d’autres moyens que de dresser ces maisons en paille au beau milieu des 147 logements sociaux pour les 200 élèves du cycle fondamental. Et visiblement, ils en sont fiers. Car, de l’avis d’un chef de famille, « cela nous évite de parcourir de longues distances pour amener nos enfants à Mopti ville ou à Sevaré ». A première vue, ces hangars donnent l’impression qu’on est dans un marché, un cadre qui n’est pas du tout propice à l’apprentissage. « C’est vraiment vilain de construire ces hangars servant d’école au milieu de ces belles maisons. Ils pouvaient s’organiser pour chercher des financements, commencer par trois salles et aller petit à petit. Ce n’est pas une école digne d’ATT-bougou », a confié un proche de la ministre Gakou.

 

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  BASKET FEMININ

Hamchétou Maïga engagée par un club tchèque

Le club champion de République tchèque de basket-ball féminin, Brno, a annoncé lundi dernier avoir engagé notre compatriote Hamchétou Maïga, ex-joueuse de l'équipe française de Mondeville et de Houston aux Etats-Unis. La nouvelle reine d’Afrique a été engagée pour deux saisons.

« Je suis prête à disputer mercredi (aujourd’hui) le match de la 1re journée de l’Euroligue, contre Gdynia » , a indiqué sur le site Internet du club la joueuse, qui n’a pourtant regagné Brno que lundi dernier. « J’avais besoin de me reposer un peu après la Coupe d’Afrique des nations de basket féminin », a-t-elle expliqué.

Capitaine des Aigles, victorieuse au 20e Championnat d’Afrique féminin de Dakar (Sénégal, 20 au 30 septembre 2007), Mme Bâ Hamchétou Maïga a été proclamée meilleure joueuse du tournoi. Pour mémoire, le Mali avait battu le Sénégal (63-56) lors de la finale disputée au stade Marius Ndiaye à Dakar. La Malienne est la troisième recrue étrangère de Brno pour cette nouvelle saison, après l’Américaine Tamika Whitmore et la Hongroise Timea Beres.

Le recrutement de l’ailière et capitaine des Aigles du Mali est un atout majeur pour le club tchèque dans la mesure où, dans ses beaux jours, elle est insaisissable. Le sélectionneur des Lionnes du Sénégal, Maguette Diop, en sait quelque chose. En effet, au lendemain de la finale perdue contre le Mali, le technicien sénégalais avait reconnu que « la seule présence au sein du Mali de la meilleure joueuse du tournoi, Hamchétou Maïga, a coûté la victoire à mon équipe ».

Il avait avoué avoir usé de toutes les stratégies pour la museler. « J'ai essayé de museler Hamchétou Maïga en utilisant toutes mes défenseurs. Mais, physiquement, elle en avait plus que mes joueuses », avait effectivement confié Maguette Diop à l'Agence sénégalaise de presse (APS), peu après la défaite de ses protégées face aux Aigles en finale du 20e Championnat d’Afrique.

Meilleure marqueuse du match de la finale avec 29 points, celle qu’on appelle affectueusement Tanty a été « la force motrice du Mali » durant cette compétition. Et le contrat qu’elle vient de signer avec le club tchèque de Brno peut être considéré comme une retombée directe de la brillante prestation à Dakar de l’ancienne reine du basket au sénégalais.

Agée de 29 ans ( 1,85 m), elle a évolué à l'USO Mondeville (France) puis aux Houston Comets (WNBA) durant la saison 2006-2007. Et Hamchétou a été la MVP Etrangère 2007 et meilleure joueuse de la Ligue féminine de basket en France. C’est dire que 2007 a été l’année de toutes les consécrations pour cette dame talentueuse, mais ô combien humble !

Moussa Bolly

 

 

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