Les Echos du 07 Novembre
GOUVERNANCE
EID et « pays-frontière » des labels maliens
Le Mali a présenté, la semaine dernière, à Ouagadougou, au Burkina Faso, un rapport national sur la gouvernance. C’était lors d’un sommet organisé par le Pnud sur le même thème et portant sur « Les Etats capables ».
Trois consultants ont été engagés par le Programme des Nations unies pour le développement (Pnud) les 29 et 30 août 2007, pour traiter la redéfinition du rôle de l’Etat et les problèmes de développement en Afrique ; le renforcement des capacités institutionnelles et humaines pour le bon fonctionnement du secteur public ; la légitimité de l’Etat et des dirigeants ; l’amélioration de la façon dont l’Etat s’acquitte de ses obligations au moyen de la décentralisation de la gouvernance ; le rôle des acteurs non étatiques ; la mondialisation et les compétences de l’Etat.
Pour ce travail, ont été consultés, les départements ministériels, les institutions de la République, les services centraux des départements ministériels spécialement chargés du renforcement des capacités, les deux syndicats des travailleurs, le Conseil national du patronat du Mali, les organisations des collectivités territoriales, les organisations de la société civile, les établissements de recherche, les organisations des femmes, le Conseil national de la jeunesse, le secteur privé, la presse (publique et privée), les partenaires techniques et financiers.
L’option pour l’économie libérale au Mali date des années 1980, suite aux premiers accords d’ajustement structurel passés entre le Mali et les institutions de Bretton Woods. Depuis, des réformes profondes ont été opérées pour assurer la stabilité macroéconomique, libéraliser l’économie et créer un environnement favorable au développement du secteur privé. Après la révolution de mars 1991, ces réformes économiques ont été complétées par des réformes politiques et institutionnelles qui ont contribué à la consolidation du processus démocratique au Mali.
Dans son rapport sur la gouvernance présenté à Ouagadougou, notre pays a mis l’accent surtout sur l’EID et le concept de « pays-frontière », qui sont « made in Mali ».
S’unir face à la mondialisation
« L’Espace d’interpellation démocratique (EID) qui est une pratique unique dans le monde permet à tout citoyen d’interpeller directement le gouvernement sur les actes posés par celui-ci, actes considérés comme attentatoires aux droits humains par l’interpellant. Le concept de pays frontière est un processus engagé depuis octobre 2000. Le flou des frontières héritées du régime colonial est à l’origine des nombreux conflits intercommunautaires. Le Mali a engagé une réflexion sur la gestion des frontières en Afrique, frontières qui doivent être non des points de fracture, mais des points de rencontre. Au lieu de diviser, les frontières doivent être un facteur de rencontre et d’intégration des communautés » .
« D’autres expériences intéressantes sont entreprises actuellement au Mali comme la mise à la disposition des pays africains par le Mali de centaines de milliers d’hectares dans la zone de l’Office du Niger, le Vérificateur général, les pôles économiques et financiers, etc. » .
Le rapport fait le point sur l’état de préparation du Mali à la mondialisation en énumérant les différentes activités entreprises dans tous les domaines pour adapter les structures, les procédures, les règlements et les mécanismes au nouvel environnement international. Le rapport mentionne également les atouts dont dispose le Mali dans le contexte de l’intégration régionale et sous-régionale et celui de la mondialisation.
« Avec l’Office du Niger, le Mali bénéficie d’un avantage incomparable. C’est le seul pays de la sous-région disposant d’une superficie d’un million d’hectares pouvant être irrigués par gravitation. Cependant, les démarches solitaires d’un Etat comme le Mali ne lui permettront pas de surmonter tout seul les obstacles et de faire face aux défis de la mondialisation. Il est donc urgent pour l’ensemble des pays africains de renforcer les blocs régionaux et sous-régionaux basés sur la proximité géographique et la convergence d’intérêts pour leur permettre de participer de manière plus active au jeu de la mondialisation » .
Alexis Kalambry
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CONCOURS D’ENTREE A LA FONCTION PUBLIQUE
Deux postes pour deux enfants Ould Ganfoud ?
Au-devant de l’actualité depuis plusieurs semaines, la direction nationale de la fonction publique est à présent accusée d’avoir fait des deux postes à pourvoir au titre de « administration réseau informatique » une chasse gardée.
Ouverts le 27 septembre dernier, les concours de recrutement direct à la fonction publique dans les différentes filières se sont achevés samedi dernier. Mais de mémoire de candidats, jamais le concours n’avait fait l’objet de bruits, de contestations et de frustrations que cette année. En réalité, le dernier recrutement a donné lieu à de nombreuses incompréhensions entre la direction nationale de la fonction publique et des candidats qui se sont dit indignés au plus fort moment du dépôt des dossiers.
Après les bruits autour de la spécialité « Méthode informatique appliquée à la gestion » (Miage), qui a vu des candidatures écartées pour, dit-on, non-conformité au profil, celle de l’administration réseau informatique où il y a deux postes à pourvoir vient aussi de connaître son lot de mécontents.
Pourtant, explique un finaliste de la Faculté des sciences et techniques et candidat, son dossier a été bel et bien accepté avec annotation du chef de division. « Pour le dépôt, j’ai été voir le chef de division de la direction nationale de la fonction publique, M. Dembélé. Il m’a assuré que je peux bel et bien postuler et mon dossier a reçu une annotation de sa part signifiant que je peux postuler », raconte notre interlocuteur.
Des jumeaux bien nés ?
Fort de cette garantie, sa surprise a été cependant grande de constater la veille du concours que son nom ne figure pas sur la liste des candidats. « Pour l’administration réseau informatique, il y a deux postes à pourvoir. Ont été retenus pour les dits postes les jumeaux Alhousseny Badi Ould Ganfoud et Alhassane Badi Ould Ganfoud ». Ce qui a éveillé des soupçons. Notre source parle même de postes bien taillés car, persiste t-elle, « les deux candidats retenus seraient des jumeaux du ministre sortant de la Fonction publique, de la Réforme de l’Etat et des Relations avec les institutions ». Et d’ajouter que « les candidats non retenus pour la spécialité avaient le choix entre la filière maintenance informatique et informatique gestion ».
Nos tentatives de rencontrer lundi et hier le chef de division qui aurait assuré un candidat à concourir pour le poste administration réseau informatique n’ont pas abouti. Néanmoins, nous avons pu approcher le directeur national de la fonction publique, qui a mis les points sur les « i ». « Seuls les détenteurs de diplôme supérieur en administration réseau pouvaient concourir. Celui qui a fait électronique ne pouvait pas le faire. Personne n’a été écartée, mais des dossiers ont été rejetés parce qu’ils ne répondent pas au profil ».
A l’en croire, ceux qui reçoivent les dossiers ne sont pas des spécialistes. « Après le dépôt, les dossiers sont instruits. Il s’agit de vérifier leur conformité avec les filières demandées. Et ce travail se fait avec les techniciens. Si la filière est conforme, la candidature est retenue. Quelqu’un dont le profil ne correspond pas, son dossier est rejeté ».
Sidy Traoré de préciser que ceux qui ont été écartés sont des maintenanciers et non des spécialistes en réseau, qui est une nouvelle filière au Mali. « Les deux postes ne sont pas des postes taillés sur mesure. Les médecins qui ont été dispensés ne sont-ils pas des Maliens ? Ne sont-ils pas nos enfants ? Ramener le problème au niveau d’un citoyen est humainement insupportable. Mieux, ce n’est pas nous qui demandons mais des services notamment le ministère de la Communication qui a exprimé le besoin ».
Nécessaire communication
Le directeur national de la fonction publique dit comprendre la réaction des candidats, dont le dossier n’a pas été retenu. « C’est tout à fait normal qu’ils aient ce comportement. Moi, à leur place, je réagirai de la même façon surtout après avoir obtenu la confirmation d’un chef de division que je peux postuler. Leur réaction est normale, mais ils ont été mal informés ».
Un boulevard ouvert par M. Traoré pour dire que le chef de division n’est pas compétent pour apprécier un dossier. « Un chef de division n’est pas fondé à apprécier un dossier. En dernier ressort, c’est le directeur qui apprécie. Je ne suis pas le seul à faire le travail. Je me suis fait entourer de toutes les garanties pour prendre ma décision dans la mesure où les dossiers ont été examinés par les spécialistes à savoir : la direction nationale de la statistique et de l’informatique et l’Institut universitaire de gestion », conclut-il.
A ce train, une politique de communication s’impose pour mieux informer les candidats sur ce qu’ils doivent faire en fonction de leur spécialité, en faisant une description précise des profils.
Mohamed Daou
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PRATIQUES ANORMALES SUR LES ROUTES
La police s’insurge contre le classement du Mali
Le Syndicat national de la police s’est porté en faux contre le classement de l’Observatoire des pratiques anormales sur les routes, publié à Accra le 25 octobre dernier qui estime que les policiers maliens sont les plus « corrompus de la sous-région ». C’était au cours d’une conférence de presse hier à la Bourse du travail.
Au cours d’une conférence de presse, mardi à la Bourse du travail, la Section syndicale de la police nationale s’est félicitée de la nomination d’un policier à la tête du gouvernement. Tidiani Coulibaly, secrétaire général de la Section syndicale de la police nationale a adressé les vifs remerciements du syndicat et réaffirmé son soutien indéfectible au Premier ministre, Modibo Sidibé.
M. Coulibaly a ajouté que le syndicat ferait en sorte que cette mission réussisse. Siaka Diakité, le secrétaire général du Syntade, à laquelle est affiliée la section de la police, avait auparavant indiqué que l’UNTM resterait aux côtés des policiers pour la prise en compte de ses différentes revendications. Il a invité les policiers à poser des actes qui honorent la profession.
Le SG de la section de la police a reconnu que beaucoup de revendications ont eu des réponses satisfaisantes. Parmi elles il y a la relecture de certains textes, la construction des commissariats, la dotation en nouveaux véhicules. Cependant, M. Coulibaly a lancé un appel pour la prise en compte des revendications restantes.
Sur le rapport de l’Observatoire des pratiques anormales sur les routes, il s’est inscrit en faux contre le classement de l’Observatoire. Ce rapport indique clairement que les policiers maliens sont les plus « corrompus de la sous-région ».
Selon l’enquête, menée par cette structure, les corps en uniforme, la police malienne, sur une distance de 100 km, perçoit des taxes illicites de ou 2679 F CFA. « C’est faux ! Nous ne sommes pas les plus corrompus. Nous travaillons dans la légalité et dans le respect des règles de la République », s’est défendu M. Coulibaly. Le SG a promis de réagir dans les jours à venir au classement qui, selon lui, n’honore pas les policiers maliens.
M. Coulibaly a aussi évoqué le bicéphalisme syndical à la police. A l’en croire si ce problème persiste, le syndicalisme dans la police sera enterré. Aussi a-t-il appelé tous les policiers à s’unir dans un seul syndicat.
L’anniversaire de la police et les griefs formulés à leur encontre par les transporteurs suite à la grève de la semaine dernière ont été d’autres sujets abordés au cours de la conférence.
Amadou Sidibé
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