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2007

Mois de Novembre

Les Echos du 02 Novembre

AFFAIRE OLAF

Ahmed Sow s’explique…

Au cœur d’un scandale depuis quelque temps, le gouvernement n’avait d’autre choix que de rompre le silence. Chose faite vendredi dernier. Face à la presse, le principal intéressé, accompagné pour la circonstance de la porte-parole du gouvernement, a apporté des « éclaircissements » par rapport à cette affaire, qui est visiblement loin de connaître son épilogue.

Le ministre des Mines, de l’Energie et de l’Eau, Ahmed Sow, est dans le collimateur de l’Office européen de lutte anti-fraude (Olaf), une structure de l’Union européenne. Il aurait favorisé des entreprises maliennes et sénégalaises dans lesquelles il serait actionnaire dans le cadre de l’attribution des subventions du Centre pour le développement des entreprises (CDE), dont il était précédemment le directeur.

Cette accusation, révélée par les médias, a suscité beaucoup de réactions et de commentaires. Le gouvernement a donc tenu à apporter sa part de « vérité » lors d’un point de presse, tenu vendredi dernier à la Maison de la presse. Une lourde tâche qui incombait à la porte-parole du gouvernement, Mme Diabaté Fatoumata Guindo, et au ministre incriminé.

Dans sa déclaration lue par son porte-parole, le gouvernement reconnaît avoir été saisi par l’Olaf pour l’ouverture d’une « enquête administrative à Bamako » sur le CDE et « entend gérer cette affaire en toute responsabilité et dans la sérénité et attendra avec intérêt les résultats de l’enquête ». Il ajoute que, « à ce jour, toutes les dispositions sont prises afin que l’enquête se déroule dans la transparence, mais aussi dans le respect des principes régissant la présomption d’innocence ».

L’ancien directeur du CDE n’a point voulu se comporter en accusé passif. Il s’est fait son premier avocat et a essayé d’user de tous les arguments pour se convaincre et peut être convaincre les autres qu’il « ne se reproche rien ». Selon lui, tout est parti d’une lettre anonyme appuyée par la suite de « fichiers informatiques » envoyés en avril 2007 à l’Olaf par l’ex-chef de service informatique de la boîte mécontent d’avoir été relevé de ses fonctions pour « faute grave ». Ces fichiers prouveraient qu’il y a des entreprises maliennes et sénégalaises dans lesquelles M. Sow serait actionnaire et qui ont reçu plus d’assistance du CDE.

Une décision réfléchie

« Je ne suis actionnaire d’aucune société » , s’est défendu l’accusé. Même s’il reconnaît avoir un moment créé « une petite entreprise au capital de cinq millions de F CFA : Echos Invest ». Le ministre des Mines, de l’Energie et de l’Eau a argumenté que l’Olaf n’a trouvé aucune preuve de sa culpabilité : « L’Olaf n’a rien trouvé au Sénégal. Elle n’a jamais mis pied au Mali ». Et à M. Sow d’ajouter que « ma présence à la tête du CDE a permis à beaucoup d’entreprises maliennes de mieux connaître le CDE et d’envoyer plus de requêtes. C’est tout à fait normal ». D’après ses estimations, une trentaine d’entreprises maliennes ont bénéficié de l’appui du CDE. L’un des auteurs du PDES s’est indigné du fait que « je viens au Mali et on veut me faire partir ».

Concernant sa décision de quitter le CDE, à la tête duquel il se dit fier d’avoir fait un parcours brillant, Ahmed Sow dira qu’elle est le résultat d’une réflexion mûre et d’une réelle volonté de servir sa patrie, surtout après avoir passé 30 ans à l’étranger.

Selon un de nos compatriotes, « la nomination d’Ahmed Sow ressemble plus à une cabale qu’à autre chose » dans la mesure où « les plus hautes autorités de notre pays étaient informées de son cas bien avant sa nomination ». A ce propos, le porte-parole du gouvernement a déclaré que l’Etat n’avait pu s’occuper du dossier à cause du remaniement ministériel.

La question que les Maliens se posent est pourquoi nommer ministre un citoyen qui est sous le coup d’une enquête d’un partenaire au développement du Mali aussi stratégique que l’Union européenne ? L’incriminé lui-même n’a-t-il pas admis le risque d’une telle nomination pour le pays et que son ardent désir était que toute la lumière puisse être faite sur la situation avant ? Ce qui est sûr, c’est qu’il s’est expliqué sans réellement convaincre !

Ogopémo Ouologuem

(stagiaire)

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Hamed Sow, un faux moraliste

Certains responsables maliens n’apprécient toujours pas à sa juste valeur le précieux apport des médias dans la consolidation de la démocratie, dont l’information du peuple est l’un des maillons clés. Dans cette affaire, Ahmed Sow veut faire de la presse sa victime expiatoire, qu’il accuse de ne l’avoir jamais contacté. « Qui, dans cette salle, m’a appelé pour me poser la question : M. Sow, il paraît que vous êtes inculpé dans telle affaire ? » s’est-il insurgé avant d’ajouter que « tout le monde connaît mon cabinet ».

Nous à notre niveau, nous n’avons rien à nous reprocher et nous n’avions rien à lui demander puisque nous avions tous les éléments prouvant qu’il était sous le coup d’une enquête. Maintenant, c’était à lui de prouver que nos informations étaient fausses et de se défendre. Et face à la presse, il n’a apporté aucune information pouvant démentir ce que nous avons publié. Pourquoi alors le rencontrer alors que nous avons tous les éléments à notre portée ? Pour ses beaux yeux ?

Le plus grave, c’est que le ministre se veut aussi moraliste à l’égard des journalistes. A ses dires, au lieu de nous occuper de tels problèmes, notre objectif à nous tous doit être la résolution des réels problèmes de développement de ce pays. Le ridicule ne tue plus ! Mais, qu’il sache que si on écoutait réellement les journalistes, ce pays ne serait jamais là où il est aujourd’hui car des hommes sous le coup d’une enquête, même administrative, n’aurait jamais été ministres dans notre pays avant d’être clairement blanchis.

Qu’il sache aussi que c’est parce que nous nous soucions du développement de notre pays et de son image que nous avons voulu que cette situation soit connue de tous les Maliens. Que tous nos compatriotes sachent qui est qui dans le nouveau gouvernement annoncé comme celui de « la rupture ». Et visiblement, c’est ce qui a le plus dérangé M. Sow qui aurait préféré que cette affaire ne fût jamais ébruitée. C’est raté !

La rédaction

 

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Courage, fuyons !

La décision du gouvernement et du ministre des Mines d’aller devant la presse pour s’expliquer est louable. C’est une première qui mérite d’être saluée, encouragée et retenue dans le cadre de la gouvernance politique.

Du coup, l’exercice excuse le retard, les premières tentatives, via la délégation de l’Union Européenne, de cacher la vérité, de nier l’évidence. Car, il apparaît clairement que l’on en serait resté au démenti de l’UE si nous n’avions pas cherché à approfondir.

La stratégie d’Ahmed Sow et du gouvernement est bien connue en matière de communication de crise : on reconnaît ce que l’on ne peut pas nier, et pour tout le reste, on botte en touche. Et c’est ce qui a été fait. Le ministre reconnaît qu’il y a enquête, que ça concerne sa gestion, mais, toute sa défense a constitué à se présenter en victime, et « une certaine presse » qui a eu l’outrecuidance d’en parler et qui a été presque traitée de ne pas aimer le Mali.

Pour M. Sow, c’est au nom du Mali qu’il a connu des déboires. Or, c’est au nom de ce Mali que « une certaine presse » en a parlé ! Des animateurs radios, connus pour leur allégeance et leur ignorance des terrains de reportage ont même fait le déplacement pour tendre complaisamment des perches du genre : « l’acharnement sur votre personne ne vient-il pas du fait que vous êtes un proche d’ATT ? »

Franchement, la stratégie de défense a été bien pensée, mais, en la matière, elle n’était pas la plus indiquée. Ahmed Sow a reconnu que le problème a éclaté il y a au moins un an. Même si on le savait, puisqu’il n’était pas un personnage public malien, ce n’était qu’un fait divers. Mais, là, ce n’est plus le cas.

Mieux, ses propos contenaient énormément d’incohérences. Ce n’est pas en jurant la main sur le cœur qu’il se blanchit, et ce n’est pas la presse qu’il doit convaincre, mais bien les limiers de l’Olaf. Ce sont eux qui ont ouvert une enquête à la suite d’une « dénonciation » (mot utilisé par le ministre Sow).

En attendant, et malgré la maladresse de l’exercice et l’amalgame (la moitié de la salle était constituée du cabinet qui rivalisait dans l’applaudimètre), retenons que la tentative est noble.

Alexis Kalambry

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AFFAIRE HAMED SOW/CDE

Des problèmes adjacents

La presse britannique a été la première à se faire l’écho de l’enquête ouverte par l’Olaf. De ce côté, les sujets de Sa Majesté n’ont pas été tendres avec M. Sow. Cependant, au niveau de Bruxelles, une autre question persiste. Selon nos informations, le CDE proviendrait du CDI « de façon douteuse ».

Mais, à ce niveau, certaines sources, jamais démenties par M. Sow, font état d’une plainte au niveau déjà de la Commission de l’UE pour des questions de « mouvements » et de « repositionnements »«  des personnes dans le cadre de l’organigramme parallèle CDI/CDE » .

En 1995, alors que M. Sow Ahmed travaillait dans le contexte de l’organigramme légal du CDI sous la supervision de Daniel Nairac, le voilà avec les mêmes fonctions dans un organigramme parallèle sous l’autorité d’un certain Gary Aylmer et de Delchambre Jean-Marie se disant « conseiller spécial ». Une fonction contestée puisque n’existant pas dans l’organigramme légal du  CDI. Delchambre Jean-Marie, étant le signataire d’un chèque contesté du 11 septembre 2001, a été déféré devant le juge pénal le 27 septembre 2007…

Comme quoi, les affaires « sulfureuses » sont nombreuses, et nous nous ferons le devoir d’en parler. Pour le Mali, n’en déplaise au gouvernement.

A. K.

 

 

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CONDAMNEE A PAYER 7 MILLIARDS A LA SIGC

Les avocats de l’ACI refusent la décision de la Commune IV

Une méprise nous a fait écrire, dans une précédente parution que le contentieux qui opposait l’Agence de cession immobilière (ACI) à la Société ivoirienne de concept et de gestion (SICG), concernant un contrat de vente de parcelles, a été tranché par le Tribunal du commerce. Il fallait lire Tribunal de première instance de la Commune IV.

L’Agence a été condamnée à payer à Mohamed Saïdi la somme de 7 milliards de F CFA. Par un jugement de Salomon, le président du Tribunal de la Commune IV a aussi réussi à faire condamner la SIGC au paiement d’un milliard et poussières à l’ACI. Après tout calcul, l’Agence de cession immobilière serait redevable de plus de 5 milliards de F CFA à Mohamed Saïdi. Ses avocats ont interjeté appel, ce qui suspend l’exécution de la décision de la Commune IV.

De quoi s’agit-il au juste ? Un contrat de vente de parcelles liait la SIGC à l’ACI. Mais, plus tard, s’étant rendue compte que Mohamed Saïdi ne respectait pas ses clauses, l’ACI a mis fin à la collaboration. Malgré la notification à lui faite, le patron de la SICG a néanmoins continué à vendre les lots de l’ACI, qui était dans l’obligation de recourir aux tribunaux pour résilier le contrat.

Le président du Tribunal de la Commune IV, dans sa « sagacité », a condamné l’ACI au paiement de 5 milliards de F CFA au promoteur de la SICG dans une décision de partage entre les deux protagonistes parce que l’ACI se trouverait dans une situation intenable. Si cette décision était exécutée, inutile de vous dire que ce sont des centaines de Maliens, pères de famille, qui iront grossir le lot des chômeurs.

Le verdict paraît d’autant plus surprenant que les faits reprochés à l’ACI sont mineurs, c’est-à-dire qu’ils pourraient tout au plus se résumer en une rupture de contrat dont les clauses n’étaient plus respectées par une partie. Plus grave, c’est le montant de la condamnation qui donne le tournis et amène le commun des mortels à se poser des questions sur ses péripéties et ses fondements réels. D’ailleurs, il se dit déjà que le Libanais aurait de grandes relations au Mali pour obtenir gain de cause. Il aurait ses entrées dans les cercles du pouvoir.

De toute façon, l’ACI n’est pas prête à se laisser faire, car ses avocats ont interjeté appel. Un appel qui rend suspensif le jugement suspecté du Tribunal de la Commune IV. Après Francis, la justice malienne cédera-t-elle à un autre étranger contre l’intérêt national ? L’arrêt de la Cour d’appel nous édifiera davantage.

La rédaction

 

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 FETE DE L’ARTISANAT ET DU TOURISME DU MALI A PARIS

Le Mali s’expose sur les bords de la Seine

Paris a accueilli du 30 octobre au 3 novembre 2007, la 7e édition de la fête de l’artisanat et du tourisme du Mali. Cette fête traditionnelle de la culture malienne, qui se déroule depuis sept ans aux bords de la Seine, a tenu toutes ses promesses.

Trente stands, une soixantaine d’exposants, plus de 20 000 visiteurs : la 7e édition de la fête de l’artisanat et du tourisme du Mali à Paris a tenu toutes ses promesses. Une rencontre organisée par le ministère de l’Artisanat et du Tourisme avec le concours de la Maison de l’Afrique en collaboration avec la Chambre de commerce et d’industrie de Paris.

La fête de l’artisanat et du tourisme du Mali, qui s’est déroulée pendant huit jours sous la rotonde de la Chambre de commerce et d’industrie de Paris, est l’une des activités phares du ministre de l’Artisanat et du Tourisme, qui s’est juré de gagner le pari de la promotion des produits artisanaux nationaux sur le marché européen. Les participants ont l’occasion de conquérir le vaste marché européen avec leurs meilleures productions, d’en vendre un grand nombre, de conclure des contrats.

L’exposition vente est un grand miroir sur la vie culturelle et socioéconomique du Mali. De Kidal à Gao en passant par Tombouctou, Kayes, Ségou et Sikasso, les Parisiens ont découvert la riche culture malienne. Dans les stands, les nombreux visiteurs ont découvert les talents cachés de nos bijoutiers, orfèvres, tisserands et fabricants de tissus bogolan et en indigo. Ils ont pris connaissance avec l’artisanat et la tradition touareg, maure, peul, bambara, dogon, sénoufo, malinké, sarakolé, diawambé, bozo, khassonké, toucouleur et bwa.

A l’ouverture de la foire, le ministre de l’Artisanat et du Tourisme, Ndiaye Bah, accompagné de son homologue mauritanien, Madine Bah, et pour la première fois de notre compatriote Malamine Koné, de M. K. Production et promoteur de la marque Airness, a parlé de toute l’importance de cette exposition vente pour les artisans maliens.

Il dira que son département, avec le concours du gouvernement, envisage de mettre des moyens importants en jeu pour impulser davantage la promotion de l’artisanat à travers un schéma de développement de l’artisanat qui vient d’être élaboré.

Le ministère de l’Artisanat et du Tourisme, à en croire M. Bah, entend faire de notre pays la meilleure destination touristique du monde en dépassant les 500 000 arrivées dans les cinq prochaines années. Pour atteindre cette performance, Ndiaye Bah compte sur les actions de promotion entreprises ces dernières années, pour faire du Mali l’une des plus grandes destinations émergentes reconnues par l’Organisation mondiale du tourisme (OMT). D’autres actions sont en cours pour accroître la fréquentation et la destination Mali, a-t-il ajouté.

Abdrahamane Dicko

(envoyé spécial à Paris)

 

Malamine Koné s’engage

Le promoteur de la marque d’équipement sportif Airness, notre compatriote Malamine Koné, patron de M. K. Production était le co-président de la 7e édition de la fête de l’artisanat et du tourisme. Le jeudi, à la suite d’une visite de courtoisie au siège de M. K. Production situé à l’avenue Bayard, dans le VIIIe arrondissement de Paris, du ministre Ndiaye Bah, M. Koné a déclaré qu’il s’investira dans le domaine de l’artisanat malien.

« Malamine Koné peut faire beaucoup de choses pour l’artisanat. Puisque je suis un jeune entrepreneur avant tout et je suis frustré que mon nom soit uniquement lié à Airness, qui est une marque et non une entreprise » . C’est par ces propos que Malamine Koné s’est dit déterminé à discuter des projets avec le ministère de l’Artisanat et du Tourisme. Il a fait cette déclaration au cours d’une conférence de presse en présence de Ndiaye Bah et de Manu Dibango.

Malamine Koné veut accompagner les jeunes talents. Il a en les moyens en tant qu’entrepreneur mondialement connu et surtout il fait partie de la commission « Génération Afrique », présidée par le secrétaire d’Etat français, Jean-Marie Bockel et comprenant Manu Dibango, le célèbre journaliste français Patrick Poivre d’Arvor et le cinéaste mauritanien Abderrahmane Sissako. Cette commission entend lutter contre l’afro-pessimisme et aider à l’émergence du continent dans divers domaines.

A. D.

 

Ils ont dit…

Madine Bah (ministre de l’Artisanat et du Tourisme de Mauritanie)  :

« Je suis là en frère et en témoin parce que je suis là au milieu de mes frères maliens et africains. Le Mali et la Mauritanie entretiennent de très bonnes relations depuis la nuit des temps et nous avons les mêmes us et coutumes, la même histoire, la même culture. Je ferais tout ce que je pourrais pour faire rayonner l’artisanat malien ».

Bak (agro-économiste, visiteur vietnamien)  :

« Je ne connais pas la culture africaine, c’est pour moi l’occasion d’en savoir un peu plus. Je pense que cette fête est formidable pour nous qui habitons de l’autre côté du monde ».

Fatma(visiteuse Andaloue) :

« Moi, je suis folle des couleurs et surtout des objets d’art. Je viens de faire de belles découvertes artistiques et culturelles. Ce genre d’exposition est non seulement bien pour le pays qui a l’initiative de le faire, mais aussi il permet de mettre en valeur le savoir-faire des artisans et de mieux les faire connaître ».

Virginie(visiteuse française, juriste) :

« Moi, j’adore l’art. J’ai vu un peu de tout : des bijoux, des masques, des pagnes teints à l’africaine. J’ignorais tout cela et surtout l’artisanat touareg. Je connaissais très mal l’Afrique. Je faisais mal le distinguo entre le Sénégal et le Mali. Je viens de faire la part des choses ».

Massa Traoré(représentant de la Fédération nationale des artisans du Mali Fnam) :

« Cette 7e édition a été une innovation pour moi. Cette année, le département a pris des dispositions pour accueillir les exposants à l’aéroport. Ce qui n’était pas le cas auparavant. Des artisans ont pu faire de belles affaires et noué de bons contacts. J’en suis émerveillé ».

Ousmane Théra(consultant du ministère de l’Artisanat et du Tourisme à Paris) :

Je pense que ça marche d’année en année. Auparavant, la fête se passait uniquement à Paris. Mais j’ai pu associer d’autres villes comme Montreuil, Evry. Lille s’y ajoutera l’année prochaine. La fête qui s’organisait en septembre a été décalée en novembre qui coïncide avec les fêtes de fin d’année en Europe où les gens font des cadeaux à leurs proches. Cette fête permet aux Maliens de l’extérieur d’être fiers de leurs compatriotes artisans. Ceux-ci ont l’occasion pour la plupart de faire de belles affaires ».

Propos recueillis par

A. D.

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  ELECTIONS AU CMC

Djigué soutient avoir payé les 20 000 F CFA

L’imbroglio qui entoure les élections au Conseil malien des chargeurs (CMC) ne connaît toujours pas une issue acceptable par les deux camps opposés, et l’affaire continue avec sa série de rebondissements.

Dans son audience de jeudi, la Cour suprême a donné une suite favorable à la requête d’Ousmane Babalaye Daou avec comme effet une confirmation de sa victoire. La raison de ce verdict est que Amadou Djigué, président sortant du CMC, n’aurait pas payé la caution de 20 000 F CFA pour être candidat aux élections consulaires du CMC. Ce que ce dernier et ses conseillers rejettent en bloc affirmant que Djigué s’est bel et bien acquitté de cette somme (voir reçu en fac-similé) malgré le fait que les textes en la matière n’en font pas une obligation.

Le camp Djigué ajoute que le représentant du gouvernement a été clair sur le paiement de la caution : « Ce n’est pas obligatoire ». Il s’en tient surtout à l’arrêt n°52 du 3 mai 2007 de la Cour suprême, qui avait jugé irrecevable pour défaut le recours d’Ousmane Babalaye Daou aux fins de sursis à exécution du jugement n°02 rendu le 16 mars 2007 par le Tribunal administratif de Bamako.

Ogopémo Ouologuem

(stagiaire)

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  DU PATRIMOINE CULTUREL AU MALI

La restauration et la conservation en panne

Avec un glorieux passé, le Mali est un pays dont le patrimoine culturel est énorme. Un trésor aussi immense que menacé puisque sa conservation et la perpétuation des techniques de conception et de réalisation ont toujours fait défaut. Conscient de cette menace, l’Etat tente aujourd’hui de trouver les voies et moyens lui permettant de faire face au défi.

« La fonction essentielle de l'architecture est de penser l'espace afin de l'aménager, de le plier à une utilisation projetée au préalable qui concrétise une certaine façon d'habiter, l'organisation de l'espace se veut en même temps une forme de rencontre avec le monde naturel apte à générer l'acte d'exister » . C’est ce qu’écrit J. P. Boutinet dans son ouvrage « Du projet », publié en 1996. Et en la matière, le Mali était jadis une référence. L'architecture traditionnelle malienne répond avant tout à la nécessité de combler le « besoin d'habiter ».

Mieux, nos talentueux architectes du terroir réussissaient même à allier la satisfaction de ce besoin à la quête d’expression culturelle dans le strict respect des principes de fonctionnalité, d’esthétique, de spiritualité, de moralité... On comprend alors que l’architecture en terre du Mali ait séduit le monde entier par son originalité et sa conservation jusqu’à une date récente.

Malheureusement, ce pan important de notre patrimoine culturel est menacé dans ses fondations. Leur conservation et leur perpétuation ont été des aspects négligés de notre politique culturelle. Se laissant emporter par le courant d’un modernisme fragile et onéreux, nous nous sommes vite affranchis de ce trésor en mimant essentiellement l’architecture venue d’ailleurs.

Le vent transporte beaucoup de poussières, il faut donc s’en protéger... donc pas d’ouvertures directement opposées aux vents. Le rayonnement solaire est très important, il faut donc adopter des formes aux compacités maximales afin de diminuer la surface exposée au soleil. Des matériaux de couleurs claires permettent de diminuer l’absorption du rayonnement solaire. Les ouvertures sont de taille minimum pour diminuer l’apport d’air chaud pendant la journée.

Les écarts de température entre le jour et la nuit doivent être compensés par l’inertie thermique du bâtiment : il faut que les calories accumulées le jour soient restituées la nuit et que le refroidissement nocturne permette un rafraîchissement interne pendant la journée… Ce sont là, entre autres, les aspects pris en compte par nos architectes traditionnels. Des réalités occultées par les constructions dites modernes, gourmandes en énergies, donc très polluantes.

 

Prise de conscience

Et comme toute œuvre abandonnée, nos acquis architecturaux se sont écroulés au fil des ans sous nos regards indifférents. « Les maisons en Alhor des plus nantis avoisinent avec les ruines des maisons en terre des plus démunis. Seules les trois mosquées, qui semblent braver le temps, constituent les témoignages d’une civilisation ancienne ». C’est le constat fait par l’architecte Baba Alpha Cissé, lors d’une conférence-débat animée à Tombouctou en prélude à la Semaine nationale du patrimoine culturel. Ce constat en dit long sur les difficultés rencontrées pour la conservation de notre patrimoine architectural. De Djenné à Tombouctou en passant par Ségou, San… tous nos joyaux architecturaux portent cette « blessure profonde ».

Cette blessure, nous l’avons presque voulue. La sagesse aurait recommandé que le Mali indépendant crée une école d’architecture traditionnelle pour non seulement conserver son patrimoine en la matière, mais aussi revaloriser nos maçons et nos matériaux de constructions.

Malheureusement, nos ingénieux architectes traditionnels ont été délaissés parce que nous étions sans cesse attirés par les styles occidentaux pas forcément adaptés à notre climat et surtout à notre besoin d’habiter. Construire en terre a été vite mis à l’apanage des pauvres. Le ciment s’est imposé dans les cœurs pour défigurer notre environnement architectural. Autant nous étions fiers des mosquées de Djenné, Mopti, Tombouctou, San… autant nous nous préoccupions peu de leur conservation.

La prise de conscience est aujourd’hui réelle. Mais, que reste-t-il à sauver ? Le Mali a-t-il encore les moyens de la politique de conservation de son patrimoine architectural ? Est-il conscient des réformes nécessaires à cette conservation ? Voilà autant de questions que nous ne cessons de nous poser. On nous dira sans doute que « la volonté politique » existe et que cela est essentiel. Mais, celle-ci n’est qu’une simple manifestation d’intention.

Au Mali, les initiatives de revalorisation des matériaux traditionnels de construction (brique en banco stabilisé…) n’ont jamais manqué. Et elles ont été toutes publiquement soutenues par les décideurs politiques. Hélas ! Elles n’ont jamais comblé les attentes à ce niveau. Elles sont presque toutes restées au seuil de l’expérimentation. Pourquoi ? Parce que tout simplement elles n’ont pas pu être traduites en véritables politiques nationales. Cela nous montre les limites de la volonté politique dont la Semaine nationale (du 22 au 25 octobre 2007) serait une émanation.

L’avantage de cette initiative, c’est qu’elle permet de sensibiliser l'opinion nationale sur les avantages de l'architecture de terre. C’est l’occasion de nous rappeler que « la terre est, en effet, un matériau esthétique, fiable et peu onéreux parce que disponible partout ». Mais, quel est son impact réel sur l’efficacité des projets et programmes de conservation du patrimoine ? Quelle est son efficacité à circonscrire les dangers qui planent sur notre patrimoine bâti en terre ? La réponse à ces questions est sans doute la finalité recherchée par les initiateurs de la Semaine nationale du patrimoine culturel.

Des attentes qui tardent à être visiblement comblées car les blessures sur nos joyaux architecturaux d’antan ne cessent de s’aggraver.

Moussa Bolly

 

 

Djenné, célèbre par sa mosquée

« Le rôle des communautés locales dans la préservation de l'architecture de terre, cas de la ville ancienne de Djenné » était le thème d’une des nombreuses communications de la Semaine nationale du patrimoine culturel (du 22 au 25 octobre 2007). Un thème présenté par Boubacar Diaby, archéologue, directeur du Psic et ex-chef de la Mission culturelle de la Religieuse. Quant on parle d’architecture de terre à Djenné, les regards se tournent logiquement vers la célèbre mosquée de la localité. Un légendaire lieu de culte dont une grande partie de l’histoire reste méconnue.

« La première mosquée a été construite en 1280 sur ordre du 26e roi Koy Komboro à sa conversion à l’islam » , disait récemment le chef de la Mission culturelle de Djenné, Yamoussa Fané, dans un entretien accordé à notre correspondant dans la localité. Le souverain fit détruire son palais afin de construire à sa place la première mosquée de Djenné comme expression de sa nouvelle foi.

De cet édifice, ses successeurs ajoutèrent des tours et une enceinte. René Caillé, de passage à Djenné en 1828, décrit un bâtiment très bas dû au manque d’entretien et consécutif aux effets de dix années de pluies. « Il y a à Djenné une grande mosquée en terre, dominée par deux tours massives et peu élevées. Elle est grossièrement construite quoi qu’elle soit très grande. Elle est abandonnée à des milliers d’hirondelles qui y font constamment leurs nids. Ce qui y produit une odeur infecte et a fait perdre l’habitude de faire la prière dans une cour intérieure », avait-il écrit.

Les conquérants français ne trouvèrent à la prise de Djenné, le 12 avril 1893, que les ruines de l’édifice du côté ouest de la place centrale. Détruite, modifiée et reconstruite à plusieurs reprises lors des différentes occupations de la ville (marocaine, peule, française), cette mosquée est le symbole de la noblesse du banco. Le chef peul et réformateur musulman, Sékou Ahmadou, fit construire une nouvelle mosquée en prenant la ville en 1819. Celle-ci fut inaugurée le 27 septembre 1834.

L’ancienne mosquée fut abandonnée. La mosquée de Sékou Ahmadou devrait rester en service jusqu’au 1er octobre 1907, année de finition de l’actuelle mosquée érigée sur les ruines de la toute première qui lui a servi de modèle. Le gouverneur colonial français, William Ponty, accepte à la demande du marabout Almamy Sonfo de reconstruire à l’identique l’ancienne mosquée du roi Koy Komboro. Commencé le 15 octobre 1906, le nouvel édifice fut terminé le 1er octobre 1907. Ses travaux ont duré près d’un an. Sa construction fut supervisée et dirigée par le chef de la corporation des maçons, Ismaïla Traoré.

Le nouvel édifice ainsi terminé pouvait contenir 1000 fidèles. Avec 90 piliers à l’intérieur et 104 trous d’aération, la mosquée s’élève au-dessus de la place du marché sur une butte d’environ 75 m sur 75 m. Telle une statue sur un socle, elle domine toute la ville. Les murs mesurent 40 à 60 cm d’épaisseur.

Exécuté par les maçons de Djenné, ce véritable chef d’œuvre architectural fête cette année ses cent… ans ! Il est le symbole d’une architecture soudanienne réussie et inscrit en 1988 sur la liste du patrimoine mondial à l’instar du reste de la ville de Djenné. Ce fleuron de l’architecture de terre a positivement influencé les techniques de construction de toute l’Afrique de l’Ouest en témoignent les mosquées de Bobo-Dioulasso (Burkina Faso), Larabanga (Nord du Ghana), Kong et Odienné en Côte d’Ivoire et de nombreuses autres au Mali comme celles de Mopti, M’Pessoba, San, Niono... Les fils et les filles de Djenné se retrouvent régulièrement pour entretenir ce patrimoine qu’ils ont accepté de partager avec le reste de l’humanité.

M. B.

 

Tombouctou, la vitrine du désert

Tombouctou, l’éternelle rivale de Djenné, était autrefois un centre culturel réputé dans tout le monde musulman. Au XVe siècle, la ville comptait 100 000 habitants, dont 25 000 étudiants répartis entre l’université et les 180 écoles coraniques. A cette époque, Tombouctou était encore le centre de ralliement des chameliers du Sahara et des bateliers du Niger. La ville organisait les échanges entre le désert, la savane et la forêt. Mais, aujourd’hui, cette époque est bel et bien révolue et c’est à présent Mopti qui a hérité de l’activité commerciale de l’ancienne cité.

La Mystérieuse vit aujourd’hui dans le souvenir de sa légende et son ensablement progressif n’est pas pour faciliter le développement de la ville même si celui-ci devait bientôt s’arrêter avec les grands travaux lancés par le gouvernement avec le soutien de la Libye.

Pour ce qui est de la construction, la majorité des habitations sont encore construites en Al-hor, une pierre calcaire extraite dans le désert à une soixantaine de kilomètres de la ville. Ces pierres de petites dimensions (plus ou moins 15 x 15 x 15 cm) sont appareillées avec un liant spécial qui ne comporte pas de sable. L’organisation de la maison ainsi que sa décoration a conservé de nombreux éléments de l’origine berbère de la ville et des invasions marocaines. Tombouctou est une ville de liaison entre l’Afrique blanche et noire. Son architecture s’apparente donc plus au style marocain qu’à la maison soudanaise.

Les mosquées sont construites en banco, mais ne reprennent pas les formes de Djenné avec la façade monumentale. Elles sont constituées d’un bâtiment à toiture plate de faible hauteur, la salle de prières, d’où émerge le minaret à base carrée et d’allure pyramidale. Cet élément se retrouve dans les mosquées du Niger, à l’est de Tombouctou.

L’état actuel des mosquées laisse à désirer et le classement par l’Unesco ne semble pas arranger la situation. L’officialisation de l’entretien et les autorisations préalables à toute transformation semblent avoir bloqué tous travaux de rénovation des enduits, contrairement à Djenné. Une mauvaise organisation de l’écoulement des eaux et l’absence de délimitation de la voirie aggravent encore l’état des bâtiments qui furent jadis la gloire de la ville. Ce qui fait que la vitrine islamique du Sahara est un patrimoine universel plus que jamais menacé.

M. B.

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  TOURNOI DE L’INTEGRATION A OUAGA

Soumbeyla Diakité prive le Mali de finale

Les Maliens espéraient sur un sacre des Aigles-Espoirs au tournoi de l’intégration à Ouagadougou (du 28 octobre au 4 novembre 2007). Ce rêve s’est brisé sur un acte insensé du portier et capitaine malien.

Le Mali progressait allègrement vers la finale de la 1re édition du tournoi de l’intégration jusqu’à la 55e minute. C’est à ce moment précis que tout s’est écroulé suite à un geste insensé et inutile du gardien et capitaine des Aigles, Soumbeyla Diakité. Une agression gratuite sur un attaquant ivoirien, qui a échappé à la vigilance de ses gardes du corps, qui lui a valu le carton rouge direct. Et pourtant, l’arbitre avait déjà sifflé une position de hors-jeu en faveur du Mali.

En infériorité numérique, les Aigles ont sombré concédant deux penalties coup sur coup. Nos espoirs se sont effondrés en une minute. Déstabilisés et incapables de revenir psychologiquement dans la rencontre, les Espoirs maliens ont une fois de plus baissé pavillon devant les Eléphanteaux de la Côte d’Ivoire (0-2). Ceux-ci ont gagné une fois de plus leur pari car ils avaient dit à qui voulait l’entendre qu’ils allaient battre le Mali et jouer la finale. Une nouvelle désillusion de la part de nos Espoirs qui avaient pourtant suscité beaucoup d’espoir après leurs deux premières sorties.

Moussa Bolly

 

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