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2007

Mois de Novembre

Les Echos du 01 Novembre

MALI

Le Pr. Dialla Konaté se prononce sur l’immigration

Le Mali a le devoir d’aider, de soutenir les communautés maliennes où qu’elles se trouvent. Partout où je vais, je découvre des Maliennes et des Maliens qui se battent à main nue. Nos jeunes ont souvent acquis des savoirs impressionnants, mais vivent dans la précarité, la fragilité et la vulnérabilité. Ils sont comme le dieu Hercule, ils ont de la force et du savoir, mais n’ont pas de point d’appui.

Il y de cela déjà quelque temps, c’était lorsque le cycle des élections était à venir, des cadets m’avaient demandé de m’exprimer sur les images atroces de nos jeunes pris dans cette folle envie d’Europe. Il est difficile de donner de la voix en période électorale sans entraîner de vacarme, voilà pourquoi j’avais choisi de rester muet sur le sujet mais non indifférent.

Avec la signature entre le Mali et l’UE (Union européenne), le 23 octobre 2007 d’une convention de financement de la construction d’un « Centre d’information et de gestion des migrants (CIGM) », le moment est certainement arrivé de répondre à ceux qui ont porté cette question à moi, en ces termes « Le problème de l’immigration est-il bien traité par le Mali ? Sinon quelle solution est possible ? »

Avant de discuter l’objet de l’article je voudrais rapidement apprécier l’actualité. En premier point, il faut féliciter le gouvernement pour deux choses. La première est sa tendance grandissante à reconnaître les Maliens gagnants et à les célébrer. Ce fut le cas avec différentes équipes sportives ayant honoré notre pays sur les terrains de jeu ou des scolaires.

S’il y a une aristocratie à laquelle je donne du crédit, c’est l’aristocratie du mérite, elle est républicaine. Cette reconnaissance des plus méritants est saine et bienvenue après tant d’années de floraison de l’aristocratie malsaine du privilège mal acquis. Il faut aller plus loin en étendant la pratique à tous les corps de métier à l’intérieur du pays et à l’extérieur, surtout à l’endroit des jeunes et des femmes. Mais, il faut, pour cela, de la crédibilité. Créer des comités d’honneur, fixer des critères objectifs d’éligibilité pour ces distinctions.

La deuxième chose à saluer est le séminaire gouvernemental organisé pour accueillir les nouveaux ministres. Une femme ou un homme n’est jamais trop informé. Ils ne sont jamais trop formés. La responsabilité n’a de sens réel que pour un citoyen informé et formé. Au risque d’être long sur la digression, je m’en vais également distribuer un blâme et un avertissement.

Blâme et avertissement

Le blâme d’abord. Il est pour ces partis représentés ou ayant espéré être représentés au gouvernement. Un parti normalement constitué devrait avoir des comités et sous-comités à thèmes. Par exemple chaque parti devrait avoir un comité ou sous-comité à l’éducation. Les membres de ces comités se spécialisent, développent des idées et acquièrent une capacité à traduire en actes politiques, administratifs et législatifs les souhaits de notre peuple en matière d’éducation. De façon naturelle, ces comités sont les viviers où l’on peut aller chercher des femmes et des hommes compétents et préparés à assumer des tâches gouvernementales.

Autrement on voit avec tristesse des gens qui brandissent leurs CV au bord de la route avec l’espoir d’être cooptés pour entrer au gouvernement de la République. Cette image conforte la caricature selon laquelle les partis sont des centres de placement pour chômeurs invétérés et incompétents. Du reste qui a vérifié ces CV ?

Je suis obstinément de ceux qui croient que la compétence n’a rien à voir avec le diplôme. Mais puisqu’on en est à mystifier « le bon peuple » en brandissant des diplômes, je voudrais dire ici que la grande confusion créée à partir de 1991 et amplifiée par la Conférence nationale a fourni une idéale et brumeuse opportunité à certains. J’affirme que de nombreuses personnes précipitées de l’étranger, les mains vides, se sont inventé des diplômes. Choisir des ministres que l’on souhaite honnêtes et bons gestionnaires, sur le vu de diplômes non vérifiés, est un cirque qu’il ne faut certainement pas poursuivre.

En second, l’avertissement. Il s’adresse à d’autres partis. Ceux ayant fait le choix de se tenir en dehors du gouvernement. Il serait néfaste de prendre un statut dit de l’opposition qui consisterait à créer, en leur sein, un Tartuffe auquel on donnerait le pouvoir de se prendre pour le roi de Zanzibar avec des pseudos attributs d’un Premier ministre fantôme. Le respect de l’opposition serait de confier à ses membres des missions gouvernementales ou parlementaires clairement définis pour le bien de la République et de la nation.

Dans ces tâches, les membres de l’opposition se feraient une expérience tout en constituant une capacité de réflexion. C’est d’une telle opposition républicaine, active, responsable et vigilante dont le Mali a besoin. On peut même envisager de modifier la loi relative à l’attribution des financements aux partis politiques et associations civiques sur ce modèle républicain. Tant qu’à distribuer de l’argent aux partis (ils auraient reçu plus de 3 milliards de F CFA en 10 ans), il vaut mieux donner de l’argent aux partis qui font quelque chose qu’à des partis inefficaces, peu démocratiques comme c’est actuellement le cas.

Déséquilibre

Maintenant parlons immigration. A mon avis, le problème de l’immigration est mal cerné au Mali où les autorités qui s’expriment le considèrent comme une question de souveraineté ou pire une question morale ou d’équité dans les relations internationales. De façon plus prosaïque, il s’agit d’un problème économique. Pour bien illustrer de quoi il s’agit revenons à la visite que M. Tiébilé Dramé, candidat à l’élection présidentielle, avait rendue à des Maliens sans papiers travaillant dans une boucherie en France. Au nom de la justice et de l’équité, supposons que les autorités françaises acceptent de donner du travail à ces jeunes Maliens. Voyons quelles en seront les conséquences à terme. Pour la France d’un côté et pour le Mali de l’autre.

D’abord le côté français. Cette entreprise française, en raison de la politique agricole commune de l’UE, n’était pas rentable et donc était condamnée à la faillite. Les Maliens acceptant des bas salaires et l’abandon d’avantages sociaux font revivre cette entreprise et espoir aux éleveurs de la région. C’est toute une région qui revit et échappe à la désertification humaine créée par la fermeture des entreprises agricoles et la migration des forces du travail vers les villes. L’entreprise produit de la viande subventionnée par l’UE. La production de cette entreprise, pour éviter de faire effondrer les cours de la viande est achetée par l’UE qui la stocke dans ses chambres froides.

Regardons le côté malien. En raison des accords de partenariats entre l’UE et le Mali, la viande subventionnée sera vendue au Mali. Sa qualité et son prix mettent hors circuit la viande fournie par les bouchers maliens. Imaginez le boucher Seydou à Bamako. Son fils Madou, diplômé de la Flash, est allé en France. Madou s’est retrouvé dans cette usine-boucherie parce qu’il faut gagner de l’argent et éviter de mourir de froid et de faim. Son père Seydou comptait sur l’argent envoyé par Madou pour moderniser sa boucherie. Mais en réalité, le travail de Madou aura pour conséquence, très rapidement de le mettre en faillite en raison d’une concurrence déséquilibrée.

Au bilan, côté français que de choses positives ! Des cadres supérieurs maliens comme Seydou permettent une excellente productivité, font revivre la région et paie la retraite des retraités qui n’ont pas fait assez d’enfants pour les entretenir dans la vieillesse. Du côté malien, un cadre universitaire est soustrait à l’économie nationale pour devenir un travailleur subalterne payant la retraite des travailleurs retraités en France et dont l’activité contribue à mettre son père au chômage et à affamer ses frères et sœurs restés au pays.

Ceci est un raccourci avec ses insuffisances, mais ce raccourci décrit assez fidèlement la réalité économique. De la même façon, le fils du cotonculteur ou du producteur d’arachide qui va travailler la terre en Espagne produit du tournesol. Ce tournesol produit de l’huile subventionnée par l’UE. Cette huile arrivera à un prix et à une qualité que l’huile d’arachide ou l’huile de la graine de coton ne peuvent soutenir. En plus, au Mali la réalité est que les marchés du coton, de l’huile, de l’arachide, de la viande et du lait sont corrélés. Une déprime de l’un des marchés entraîne une déprime sur tous les autres créant un effet domino.

Manifestement et au-delà du moindre doute, ce schéma n’est pas ce qui est espéré par M. Dramé. Le problème de la migration n’est pas sentimental ou moral, il est économique. La France a besoin de trouver 10 milliards d’euros pour les 10 ans venir pour seulement payer les retraites, sans compter les autres branches de la sécurité sociale qui sont toutes en déficit grave.

Pure perte

Pour résorber ces déficits, il faut des gens bien formés pour assurer une bonne productivité et qui ne réclament ni retraite ni charges sociales. Aux Etats-Unis où les études sont complètes, les chiffres du Bureau of Labor montrent que si les travailleurs étrangers étaient acceptés sur une base égalitaire avec les travailleurs nationaux, cela créerait un déficit pour les 300 années à venir !

Que faut-il faire ? Il faut construire au Mali un pays viable avec une économie qui marche. Les autres pays ne regardent que l’intérêt de leurs populations. Ainsi doivent faire les responsables maliens. Partons des 120 milliards F CFA que les travailleurs maliens an France envoient chaque année au Mali. C’est plus que les 11 milliards d’aides budgétaires de l’UE au Mali ajoutés au 20 milliards d’aide bilatérale de la France.

Mais ces 120 milliards ne survivront pas à la crise actuelle. Le Mali doit prendre les devants et proposer des solutions, intérêts contre intérêts. En peu de mots, pour moi la solution consiste à ce que l’UE et les pays européens, au lieu de donner de l’argent au Mali, donnent leur argent à leurs communautés locales qui souhaitent recevoir des travailleurs émigrés maliens. Chaque migrant malien recevrait alors un contrat de travail-formation pour, disons, 5 ans.

Chaque travailleur recevrait un salaire déterminé et une formation adéquate. Une caisse d’épargne serait ouverte pour recevoir des contributions sociales en leur faveur. Ils recevraient la couverture maladie pour la durée de leur séjour. Les communes d’accueil s’engageraient également dans un accord de développement local avec des zones de développement économique au Mali. Ainsi, l’argent des autorités européennes vont aux Européens. Une partie juste des revenus générés par des Maliens revient au Mali. Il y a alors et réellement une action de co-développement.

Il reste que le Mali doit être capable de transformer l’argent reçu des migrants en un système réel de création de la richesse en soutenant le cercle vertueux de l’économie : création monétaire - production et productivité et innovation - consommation - épargne - production. Actuellement, ce schéma n’est pas appliqué parce que les banques qui reçoivent l’argent des migrants disent que cet argent est du dépôt à vue et ne peut être investi pour produire des biens durables. C’est comme si on disait que les Maliens sont condamnés à consommer immédiatement tous leurs revenus.

En d’autres termes, les Maliens devraient travailler pour jeter l’argent aux toilettes. Ceci n’est pas acceptable. Nos banquiers savent que depuis 1990, c’est l’argent qui produit la richesse du monde, à 98 %, laissant 2 % seulement à la production de biens et services. Il faut éduquer, nos populations, les déposants afin qu’ils fassent de l’épargne et non de la consommation exclusivement. Cela est aussi du rôle des banques et des banquiers et c’est inévitable et c’est urgent pour le développement de notre pays. Autrement, pour développer le Mali, il ne restera plus que le choix entre deux options qui sont : soit changer de populations, soit changer de banquiers.

Du reste aux Etats-Unis, on ne peut créer un compte chèque sans créer un compte d’épargne. Tout dépôt dans un compte est orienté par défaut dans le compte d’épargne. C’est l’épargne qui construit le futur d’un individu, d’une famille et d’une nation. En attendant, je me félicite que les banques maliennes déclarent des bénéfices de plusieurs milliards d’une année à l’autre. Si j’avais un pouvoir de décision, j’imposerais un impôt spécifique sur les bénéfices bancaires d’au moins 10 % sur les 10 années à venir pour financer le désir d’entreprendre des Maliens partout dans le monde à commencer par ceux qui vivent au Mali.

Le Mali a le devoir d’aider, de soutenir les communautés maliennes où qu’elles se trouvent. Partout où je vais, je découvre des Maliennes et des Maliens qui se battent à main nue. Nos jeunes ont souvent acquis des savoirs impressionnants, mais vivent dans la précarité, la fragilité et la vulnérabilité. Ils sont comme le dieu Hercule, ils ont de la force et du savoir, mais n’ont pas de point d’appui. Si nous leur donnons un point d’appui, comme Hercule, ils déplaceront le monde. Je continuerai à être du nombre de ceux qui n’épargneront aucun effort pour aider notre jeunesse.

Pour terminer je voudrais signaler avoir appris ces derniers jours qu’un tribunal de Bamako m’a condamné à payer solidairement plus de 13 millions de F CFA. J’avais aidé des jeunes, il y a 15 ans en France à obtenir le soutien de pays européens dans leurs ambitions d’installer des projets de développement dans des villages maliens. Je n’ai été associé ni de près ni de loin à la réalisation de ces projets. Je n’ai plus entendu parlé de ces projets depuis 15 ans. Des problèmes seraient survenus dans la gestion des projets qui étaient dirigés par une personne devenue, depuis, un personnage important au sein du principal parti politique du Mali.

Ceci étant dit, je ne crois pas qu’il y a eu la moindre interférence politique. En attendant la suite de cette « affaire », tout en continuant tous les efforts que je ne cesse de consacrer à mes jeunes compatriotes, je choisis de m’abstenir d’écrire ou parler publiquement afin de ne pas influencer le cours de la justice. Ceci est donc mon dernier article avant la conclusion de cette affaire partie en appel. Je porterai au public les conclusions de ce dossier quoi qu’il en soit et, ensemble, en respectant la justice de notre pays, nous tirerons les conclusions adéquates, en particulier sur le plan de la jurisprudence.

Dialla Konaté

Le 30 octobre 2007

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ADEQUATION EMPLOI-FORMATION

Le couple manquant au Mali

Des milliers de diplômés et peu de recrues : telle est une triste réalité dans notre pays. L’une des principales causes de ce « désastre » est l’absence d’une réelle adéquation entre l’emploi et la formation, résultante d’un système éducatif « dépassé et défaillant » et une politique d’emploi en panne.

Dans le monde contemporain en pleine évolution, tout est conçu à l’avance dans un but déterminé. La formation et l’emploi, deux entités qui vont de pair, ne dérogent pas à cette logique, le premier préparant le terrain du second.

L’unanimité est d’ailleurs faite que la capacité d’un pays à se développer ou à se maintenir au rythme du développement dépend dans une large mesure d’une main d’œuvre qualifiée et compétente. Cette dernière est le fruit d’un système éducatif sans faille et conforme aux besoins du marché du travail. C’est pourquoi, beaucoup de pays développés n’ont pas hésité à adapter leur système éducatif aux réalités locales, qui sont à la base des enseignements dispensés au niveau des établissements.

Le cas le plus palpable et certainement le plus connu au Mali est celui de la France. Il y a seulement quelques années, ce pays s’est engagé dans une vaste réforme de son système éducatif, désormais transformé en schéma licence, master, doctorat (LMD). Selon l’un des principaux acteurs de ce changement, « le système LMD vise à mieux répondre aux demandes du marché du travail en France tout en ciblant certains secteurs-clefs dans le processus de développement de notre pays ».

Cependant, au Mali, force est de constater que l’adéquation entre l’emploi et la formation est un chaînon manquant, car les différentes filières proposées ne sont généralement pas conformes aux besoins du monde professionnel. La conséquence directe est que le chômage ne cesse d’augmenter avec une pléthore de diplômés incapables de se vendre sur le marché du travail.

« Cela fait quatre ans que j’ai soutenu un mémoire à la Faculté des sciences et techniques (Fast) et je cours toujours derrière la perle rare : le travail. Je suis régulièrement les annonces de vacances de postes dans les structures privées, mais sans voir aucune demande concernant ma spécialité » , nous a dit un jeune chômeur dans sa trentaine. Le hic : c’est qu’il y a des milliers de ses semblables qui traînent dans les rues et les tentatives de recyclage proposées ça ou là sont le plus souvent vouées à l’échec.

Quelle filière et à quelle fin ?

Aujourd’hui, il est déplorable qu’au Mali, on continue à former dans des spécialités alors que leurs audiiteurs n’ont aucune chance d’emploi à la fin de leurs études. Comme le dit un adage de chez nous, « c’est la sueur sous la pluie ». Ce qui n’arrange guère les structures locales, qui sont contraintes de recourir à des compétences étrangères pour un poste généralement national. « Nous avons fait venir des ressortissants de pays voisins dans notre boîte, car nous n’avons pu trouver de compétence locale dans certains domaines » reconnaît le responsable des ressources humaines d’une entreprise bien implantée au Mali.

La présence de travailleurs étrangers dans nos mines d’or est de notoriété publique. En manque cruel d’ingénieurs et de spécialistes de travaux miniers, notre pays est obligé de faire appel à des ressortissants d’autres pays pour l’exploitation de cette ressource. Ce qu’a d’ailleurs souligné l’ancien ministre des Mines, de l’Energie et de l’Eau, Hamed Diané Séméga, lors d’un point de presse. En attendant le retour des quelques étudiants envoyés en Afrique du Sud pour des formations d’ingénierie en mines, « les étrangers continueront à occuper la part belle ».

Mais, il convient de signaler que les écoles supérieures privées offrent de filières assez séduisantes et en conformité avec beaucoup des besoins du monde professionnel. Hélas ! Elles sont confrontées à deux obstacles majeurs, à savoir la reconnaissance de leurs diplômes par l’Etat et le manque de confiance que leur diplôme inspire chez les gens.

Toutes choses qui constituent des raisons principales au fait que les « nantis » envoient leurs progénitures dans des universités étrangères de renom pour qu’ils aient plus de chances d’embauche après l’obtention de leurs diplômes.

Ha, égalité des chances quand tu nous tiens !

Ogopémo Ouologuem

(stagiaire)

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LUTTE CONTRE LE PALUDISME

Trois pistes balisées pour vaincre le fléau

Aujourd’hui, le paludisme reste toujours un problème majeur de santé publique en Afrique, singulièrement au Mali. De façon générale, ce fléau tue une personne toutes les 30 secondes et 9 cas sur 10 décès surviennent sur notre continent. Heureusement, pour combattre ce « serial killer », les initiatives ne manquent pas. C’est ainsi que depuis lundi dernier, une conférence internationale se tient à Bamako à l’initiative de « Voix du Mali » (un projet de plaidoyer contre le paludisme) et de ses partenaires.

Toutes les voies sont à explorer pour venir à bout du paludisme. Y compris la mobilisation des ressources financières et humaines. C’est ainsi que, depuis lundi dernier, une centaine d’experts intervenant dans le plaidoyer en Afrique, en Europe et en Amérique sont réunis dans notre capitale. Cette initiative de Voix du Mali et de ses partenaires (gouvernement du Mali, Groupe Pivot Santé et Population, John Hopkins Bloomberg et Core…) vise à renforcer la concertation entre les acteurs du plaidoyer pour la lutte contre la malaria.

Il s’agit aussi de mettre en évidence les acquis et les défis dans ce plaidoyer et de plaider auprès des autorités maliennes « un soutien politique visible ». Cette conférence internationale commence déjà montrer son importance, car elle a permis de baliser trois pistes qui redonnent au monde l’espoir de parvenir à bout du paludisme.

Directeur du projet de plaidoyer « Voices » basé aux Etats-Unis, Matthew Lynch, a déclaré que la piste en exploration est celle de nouveaux médicaments et vaccins qui pourraient aboutir à des progrès et avancées notables. Ainsi, il est prévu l'expérimentation d'un vaccin au Mozambique dans dix ans. Tout comme un nouveau médicament devra faire l'objet d'un suivi sur trois ans à Zanzibar (Tanzanie). Ces révélations ont été faites par M. Lynch lors de sa présentation du paysage actuel de la lutte contre le paludisme.

Une autre piste, la deuxième, vise à briser la chaîne de transmission de la maladie par la couverture de tous les membres d'une même communauté. Le recours aux CTA (combinaisons thérapeutiques à base d'arthémisinine) s'intègre dans cette nouvelle vision prônée par Voices et des organismes internationaux comme l’OMS, l’Unicef, etc.

« Une troisième et dernière piste envisagée pour l'éradication du paludisme est celle de la technique de lutte contre les larves, principalement dans les zones urbaines où la densité demeure très forte » , a poursuivi M. Lynch. Et, en plus de ces pistes, les chercheurs seraient unanimement tombés d'accord sur le besoin d'une « distribution de rattrapage » visant à prolonger la durée de protection de la femme enceinte et de son enfant au moyen de moustiquaires imprégnées.

Une politique dont les retombées sont visibles partout en Afrique, particulièrement au Mali où l’Etat l’a adoptée comme stratégie de prévention de ce problème de santé publique que demeure le paludisme. De plus en plus traitées avec un long « effet de rémanence », ces moustiquaires sont en outre associées à l'épandage résiduel d'insecticides sur les murs et le traitement préventif intermittent pour les femmes enceintes. Et qui plus est, au Mali, elles sont gratuites pour les femmes enceintes et les enfants de moins 5 ans.

Ces dernières techniques, ajoutées à une augmentation des ressources de lutte contre le paludisme, qui ont atteint 1,7 milliard de dollars par an, ont été à la base de progrès notables au point que le Kenya et Zanzibar enregistrent une baisse de mortalité due au paludisme. « Si les fonds ne manquent pas pour lutter contre le paludisme, leur utilisation pose par contre problème », a toutefois rappelé le directeur du projet de plaidoyer Voices.

De l’avis de l'expert, l'éradication du paludisme sera un combat de longue haleine qui va reposer non seulement sur les progrès thérapeutiques, mais aussi sur les stratégies de prévention essentiellement axées sur le changement de comportement dans les communautés.

Il est en tout cas nécessaire de maintenir les efforts contre cette maladie qui fait que plus d'un million de personnes meurent chaque année. Pis, selon l'OMS, elle coûte plus de 12 milliards de dollars par an à l'Afrique. Un vrai handicap pour le développement socioéconomique des pays africains tel que le Mali.

Moussa Bolly

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PDES ET INTEGRATION

ATT pour une diplomatie productive

Le 11e et dernier chapitre du PDES est consacré à l’intégration. Dans ce chapitre, ATT conçoit et perçoit cet aspect comme un outil « capable de mobiliser les flux indispensables à notre développement ».

Dans sa lettre de cadrage, à Pinochet, ATT l’invitait « à conférer à notre diplomatie un profil davantage productif, mobilisateur des flux de ressources indispensables à notre développement et à promouvoir une coopération stratégique avec nos partenaires ».

« Cette vision doit demeurer la trame de l’action de nos représentations diplomatiques et consulaires, parallèlement à leur mission traditionnelle, celle d’assurer le rayonnement du Mali et son affirmation sur la scène internationale. Le Mali bénéficie d’une excellente image sur la scène internationale. Son expérience démocratique exemplaire, sa stabilité politique et la paix sociale, ses immenses potentialités culturelles et économiques et ses efforts constants pour ancrer les principes de la bonne gouvernance et asseoir les bases d’un développement durables sont largement salués à travers le monde » , dit-il.

Dans cet ordre d’idée, ATT promet de rendre davantage visible et incontournable la diplomatie malienne dans la géographie de la diplomatie africaine. « Que Bamako soit de plus en plus le lieu de grandes rencontres internationales et que le Mali bénéficie d’une confiance enviable des partenaires au développement, sont déjà des acquis considérables. Il nous faut jouer un rôle encore plus important en Afrique et dans le monde. Le Mali sera encore plus présent dans toutes les initiatives pour la promotion de la paix et de la stabilité, en Afrique de l’Ouest en particulier et œuvrera de façon conséquente pour son intégration ».

L’intégration africaine, « le choix résolu du Mali » sera au cœur de cette action. Ainsi ATT enjoint à la diplomatie de « traduire dans les faits la cause de l’unité africaine », pour la construction d’espace politique et de sécurité, puis économique et social est de nature à faire de l’Afrique un pôle de prospérité et de développement.

Ces avancées, couplées avec la mobilité des facteurs de production, permettent d’envisager une croissance économique soutenue pour l’amélioration du bien-être des pays de notre espace commun. C’est dans ce sens que s’inscrit la politique de développement des infrastructures routières en direction des pays frontaliers du Mali.

La libéralisation des échanges économiques et commerciaux, y compris des facteurs de production, exige de réfléchir aux nouveaux enjeux de l’intégration africaine et jeter les bases d’une politique malienne en la matière. Une politique qui, tout en réaffirmant notre ferme volonté d’accélérer le processus d’intégration africaine, viserait à préparer davantage le secteur privé et la société civile à l’environnement concurrentiel émergent de l’intégration ainsi qu’à accroître l’attractivité de l’économie malienne et bénéficier d’un marché plus large.

Alexis Kalambry

 

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ECONOMIE

L’Afrique au cœur de toutes les convoitises

La course aux matières premières a réveillé l’intérêt pour l’Afrique. Les pays convoités à cause de leurs richesses doivent en profiter pour faire décoller leur économie sans tomber dans la dépendance.

Depuis quelques années, l’Afrique connaît un regain d’intérêt de la part de nombreux pays étrangers. Ce ne sont plus seulement les anciennes puissances coloniales qu’elle intéresse, mais aussi les Etats-Unis et les pays émergents comme la Chine, l’Inde et le Brésil. Les Indiens sont déjà présents au Mali avec le transport ferroviaire et la machinerie agricole. Si la présence brésilienne n’est pas encore assez perceptible, la Chine est aujourd’hui omniprésente dans l’économie malienne.

Passées les premières années de la décolonisation et la période d’instabilité chronique qui s’en est suivie, la relative stabilité socio-politique du continent est naturellement propice au climat des affaires. Mais, si l’Afrique intéresse aujourd’hui plus d’un, c’est essentiellement du fait des ressources naturelles dont elle regorge.

Il s’agit, entre autres, du pétrole, de l’uranium, du charbon. Le coton n’attise plus les convoitises parce que l’or blanc africain est moins compétitif que celui de l’Europe, des Etats-Unis, voire de la Chine et de l’Inde. Pour combler ce vide, nos Etats doivent convaincre les paysans de consacrer plus de place aux cultures céréalières qui assurent non seulement l’autosuffisance alimentaire, mais vont être bien cotées sur le marché international à cause de la pénurie mondiale qui pointe à l’horizon.

Ce qui est sûr, c’est que l’épuisement des ressources naturelles en certains endroits de la planète et les difficultés d’accès ont tôt fait de transformer l’Afrique en une réserve de premier choix. La crise du Darfour (Soudan) n’aurait sans doute pas mobilisé tant de grandes puissances et d’énergies s’il s’agissait uniquement de se pencher sur le sort de pauvres Soudanais Noirs martyrisés par leurs « frères Blancs ».

Le génocide qui s’y déroule découle de la volonté du régime de Khartoum d’expulser les populations noires du Darfour pour le repeupler par les Arabes afin de faire main basse sur ses importantes réserves de pétrole et de bauxite. Une politique discriminatoire encouragée par la Chine et tolérée par des puissances occidentales qui rêvent toutes d’être des partenaires privilégiés du Soudan.

Les traditionnels partenaires européens sont désarçonnés par cette ruée sur l’Afrique. Et pour mieux cadenasser leur part de marché, il est temps aujourd’hui d’imposer aux Africains des Accords dit de partenariat économiques (APE) dont le seul objectif est de faire du continent un marché acquis aux produits européens. Rejetés par les Africains, les APE ne constituent pas un bouclier suffisant pouvant les empêcher d’être évincés à terme par les nouveaux partenaires comme la Chine et l’Inde, plus pragmatiques dans le partenariat.

La Chine , l’ennemi commun à abattre

Pour se garantir des ressources en pétrole, la Chine a résolument pris pied partout sur le continent et rivalise maintenant avec les Etats-Unis et la France. L’exemple le plus éloquent est la guerre larvée pour le contrôle de l’exploitation de l’uranium au Niger.

Si l’Inde reste discrète sur le terrain minier, le Brésil n’est pas dans le même cas. Solidement implanté en Angola et en Guinée-Bissau, où il exploite des gisements pétroliers et continue à prospecter, il gagne du terrain sur le continent. D’autant qu’il propose d’exporter sa technologie de production de biocarburant, une idée qui séduit et pourrait faire tache d’huile.

Des pays comme le Bénin, où la pollution atmosphérique commence à sérieusement inquiéter - ont déjà conclu des accords dans cette perspective. Le Mali, le Sénégal, le Burkina Faso ne tarderont certainement pas à suivre le pas des Béninois. En tout cas, le président béninois, Boni Yayi, a officiellement demandé à son homologue brésilien (Lula da Silva) de parrainer l’émergence économique du Bénin : tout un symbole des nouvelles relations entre le continent noir et le reste du monde. On n’est pas loin de l’époque où Moussa Traoré avait décidé de mettre l’économie malienne à l’école japonaise.

« Longtemps perçue comme une terre sans intérêt, le continent africain fait aujourd’hui figure de priorité pour les Etats-Unis qui y voient un moyen de remporter les trois batailles auxquelles la première puissance mondiale est confrontée : bataille contre l’expansion islamique, contre l’impérialisme chinois et pour la maîtrise des ressources pétrolières » , écrivait récemment Kashkazi, un mensuel comorien. « Cette stratégie implique, pour les Etats-Unis, une présence militaire accrue afin d’assurer la sécurité des sociétés américaines ». Une donne qui n’est pas étrangère à l’unification du commandement des forces américaines intervenant sur le continent à travers Unicom.

Si l’Afrique suscite tant de convoitises, c’est que les autres continents ont plus que jamais besoin d’elle. Et c’est l’occasion pour elle d’en tirer le meilleur profit et de jeter les bases de son décollage en militant pour un transfert de technologies et de compétences.

Malheureusement, l’exploitation des potentialités économiques du continent a toujours profité à une minorité au détriment du développement de nos pays. La démocratie n’y a presque rien changé.

Moussa Bolly

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 EAU ET ASSAINISSEMENT

Un Plan sectoriel de développement en vue

Lancé en février dernier par WaterAid Mali, le processus d’élaboration du Plan sectoriel de développement (PSD) de l’eau et de l’assainissement de 22 communes a été adopté hier. Il sera soumis à l’appréciation des partenaires financiers en décembre prochain à Ségou.

Vingt-deux communes du Mali disposent désormais d’un document de planification stratégique et opérationnelle en matière d’eau et d’assainissement. Elaboré par WaterAid, il a été soumis, en début de semaine, à l’appréciation des représentants de tous les services techniques des ministères chargés des questions d’eau et d’assainissement, des membres de la campagne nationale de pilotage, d’ONG et du Réseau des journalistes pour la promotion de l’eau potable et l’assainissement. Ceux-ci, après avoir vérifié la conformité technique et institutionnelle des plans et aux normes nationales ainsi que la forme et le contenu, l’ont adopté.

Ce document fait le point de la situation en matière d’accès à l’eau, à l’assainissement, le niveau de satisfaction des besoins et les actions opérationnelles de développement dans les 22 communes ciblées. Ces communes, a expliqué Nicolas Sidibé de WaterAid, ont été choisies sur des critères de pauvreté et de difficultés d’accès à l’eau et aux infrastructures d’assainissement.

La population cible du projet est d’environ 1 504 712 personnes reparties entre 211 134 ménages et 398 localités. Le PSD, perçu comme un outil de négociation et de plaidoyer capable d’influencer les politiques, vise à faciliter l’inscription des collectivités territoriales dans leurs démarches pour la décentralisation et la bonne gouvernance.

Plus de 1300 m pour avoir l’eau

« Nous allons faire le marketing et la mise à l’échelle de ce Plan afin qu’il soit intégré dans le Programme national de l’eau et d’assainissement » , a ajouté M. Sidibé, pour qui, « si le problème d’eau est global, sa solution est locale. WaterAid s’inscrit dans une logique d’atteinte des Objectifs du Millénaire pour le développement en matière d’accès à l’eau potable au Mali ».

Des efforts ont été fournis dans l’accès des populations à l’eau potable. Mais, toujours est-il que le problème demeure. Le document révèle que la distance moyenne à parcourir pour accéder au point d’eau potable dans les zones d’interventions est de l’ordre de 394 mètres. Cette difficulté d’accès est plus marquée au niveau de la Commune de Gossi (Gao), où la distance moyenne à parcourir est d’environ 1390 mètres. « Cette situation est exacerbée par le fort taux de non-fonctionnalité de la plupart des points d’eau potable, notamment des forages, mais également par l’effort physique que requiert la collecte de l’eau au niveau des puits », souligne les auteurs du PSD.

Ce Plan sectoriel d’eau et d’assainissement qui sera soumis aux bailleurs de fonds, aux responsables des communes concernés en décembre à Ségou, prévoit des actions opérationnelles en matière d’amélioration de l’accès à l’eau, de l’assainissement, d’hygiène et la promotion de la gouvernance locale.

Sidiki Y. Dembélé

 

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  LUTTE CONTRE LA PIRATERIE

18 000 œuvres piratées saisies au Sénégal

Après quelques saisies spectaculaires suite à la fermeture de Mali K7 et de Seydoni-Mali, la lutte contre la piraterie s’est essoufflée au Mali. Les pirates ont repris le contrôle du marché discographique. Au même moment, la brigade contre la piraterie mise en place au Sénégal, il y a moins d’un an, enregistre des résultats prometteurs. Il y a quelques jours, elle a saisi près de 18 000 œuvres piratées.

Si la lutte contre la piraterie marque le pas au Mali, elle progresse dans des pays comme le Sénégal où 18 000 supports audiovisuels piratés viennent d’être saisis. En effet, la Brigade nationale sénégalaise de lutte contre la piraterie et la contrefaçon a procédé à la saisie de quelque 18 000 supports audiovisuels piratés et d'une centaine d'appareils ayant servi à leur confection. La valeur de cette saisie est évaluée à environ 40 millions de F CFA, a-t-on appris de source officielle.

Selon le commissaire Ndiarra Sène, adjoint au chef de la Brigade, à l'issue de trois mois d'opération, environ 18 000 supports audio, composés de DVD, de VCD, de CD audio, de VHS et de cassettes ont été saisis. Sans compter une centaine d'appareils composés principalement d'ordinateurs munis de graveurs, de duplicateurs de DVD et de CD, d'imprimantes, de scanners, de lecteurs DVD et CD ayant servi à la confection de ces supports. C ’ est dire que la brigade a porté un grand coup au réseau. « La valeur des supports estimée à 30 millions de F CFA et celle du matériel à une dizaine de millions de F CFA », a indiqué M. Sène.

« On a mis l'action dans un premier temps sur les vendeurs dans les grandes artères de la ville tels que les feux, les carrefours …  » , a expliqué M. Sène, précisant que l'opération vise à mettre ces produits prohibés hors de la portée des consommateurs. Et pourtant au Mali, des revendeurs se promènent avec des produits piratés à la barbe des agents de répression.

La Brigade a intensifié ses activités depuis une quinzaine de jours et a interpellé une centaine de personnes déjà traînées devant la justice. Un autre exemple que le Mali, qui perd des milliards de F CFA par an à cause de la piraterie, doit suivre car les saisies et les arrestations de pirates ne sont jamais suivies de sanction pénale même si cela est prévu par le code pénal.

Créée le 28 décembre 2006, la Brigade sénégalaise de lutte contre la piraterie et la contrefaçon a commencé ses activités au mois d'août dernier. En un an d ’ existence, elle prouve déjà son efficacité. Une efficacité que n ’ a pas celle créée au Mali depuis plus de trois ans. Dépourvues en moyens humains et matériels, elle ne parvient pas encore à combler les attentes des artistes, des producteurs … du Mali. En réalité, elle n ’ est ni plus ni moins qu ’ une coquille vide un moment brandie pour prouver « la volonté politique » du gouvernement à combattre la piraterie.

Moussa Bolly

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  MUSIQUES DU MONDE

Le triomphe africain à Paris

Dans les années 1920, la musique hawaïenne a connu un succès phénoménal en Europe. Dans les années 1940 et 50, ce fut au tour des musiques des Antilles (le mambo, le cha-cha-cha et le calypso) de connaître un grand succès grâce notamment à Harry Belafonte. A partir de 1970, les musiques non occidentales deviennent une référence permanente pour de nombreux artistes occidentaux car ils y trouvent une intarissable source d’inspiration. En 1973, le reggae triomphe avec Bob Marley avant l’entrée en scène des musiques africaines.

Les années 1980 sont marquées par l’émergence en France, et plus spécialement à Paris, de nombreuses stars africaines. Il s’agit notamment des Manu Dibango, Youssou N’Dour, Alpha Blondy, Salif Kéita, Nahawa Doumbia, Mory Kanté, Franco ou Papa Wemba. Cette génération a ouvert la voie à de nouvelles dont les têtes d’affiche ont été, entre autres, Ali Farka Touré, Boubacar Traoré dit Kar-Kar, Oumou Sangaré, Kofi Olomidé, Meiway, Ismaël Lô, Abdoulaye Diabaté, Rokia Traoré, Magic System, Saly Nyolo…

Leurs musiques, pourtant bien ancrées dans les traditions ancestrales du continent africain, font preuve d’une modernité qui séduit des musiciens occidentaux comme Peter Gabriel ou Paul Simon. Etiquetées « musiques du monde », elles obtinrent là leur première reconnaissance publique à l’échelle internationale.

D’autres genres musicaux comme le raï algérien ont énormément profité de ce succès. Né au début du 20e siècle, il triomphe dans les années 1980 en modernisant des airs traditionnels du Maghreb grâce à des instruments électroniques. Ses principaux interprètes sont Cheb Mami, Cheb Khaled, Cheb Sahraoui et Cheb Khader. Le reggae africain avec Alpha Blondy, Tiken Jah Fakoly et Lucky Dube (assassiné le 11 octobre 2007) s’est aussi fait une fantastique renommée dans le showbiz parisien, voire occidental. Le zouk des Antilles est également particulièrement populaire à cette période, grâce à des groupes mythiques comme Kassav, Expérience 7 ou Zouk Machine.

D’autres styles comme la morna de Cesaria Evora ont contribué à faire la renommée des musiques du monde en Occident, notamment en France. Avec d’ailleurs la multiplication des échanges, ce concept est devenu une coquille vide. En effet, les traditions musicales du monde entier sont désormais des sources d’inspiration et des modèles pour les musiciens occidentaux (américains et européens). Aujourd’hui, presque toutes les musiques, y compris les musiques électroniques comme la techno, font appel à des sonorités étrangères et à des rythmes folkloriques.

En dehors des musiques africaines, d’autres continents ont triomphé dans le showbiz en Europe. Parmi les musiques et les artistes les plus en vogue en Occident figurent la musique du sous-continent indien, dont les principaux représentants sont l’Indien Ravi Shankar et le Pakistanais Nusrat Fateh Ali Khan. On ne saurait non plus oublier la musique arabe avec la sublime et l’inoubliable Egyptienne, Oum Kalsoum, et la légendaire Libanaise, Fayrouz.

La musique latino-américaine, avec les Portoricains Tito Puente et Willie Colón et les Cubains Celia Cruz, Compay Segundo et Ibrahim Ferrer ont également eu leur temps de gloire. Tout comme la musique celtique, qui parvient à séduire le grand public par sa dimension à la fois festive et mystérieuse.

Moussa Bolly

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Du nouveau aux éditions jamana

Un para à Koulouba

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Droit et pratique du droit au Mali

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Les pièges du destin

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Le mouvement mondial des femmes

Prix:4500f cfa

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