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2007

Mois de mars

Les Echos du 29 mars 2007

PRESIDENTIELLE DE 2007

Les Maliens de France ne votent pas ATT

Même seul en lice, le président de la République, qui s'est porté candidat à sa propre succession mardi dernier à Nioro du Sahel, mordrait la poussière à l'élection présidentielle malienne en France. Entre ATT et les immigrés maliens au pays de Jacques Chirac, l'heure n'est plus à l'incompréhension seulement, mais à la haine cordiale même.

Les Maliens de France sont plus que jamais décidés à barrer la route d'un second mandat à ATT. Inutile de convoquer une assemblée générale dans les foyers pour se rendre compte qu'ATT est impopulaire, voire détesté par ses compatriotes de Navarre. Parce que dans les débats ou causeries dans les réfectoires, évoquer son seul nom est déjà considéré comme un péché capital.

Regroupés au sein du Front pour la démocratie et la République (FDR), des Maliens de France s'activent sur le terrain pour une participation massive à l'élection présidentielle. Des rencontres, des AG ont été tenues dans différents foyers parisiens (Saint-Denis, Chevalerie, Pied de la Gare, Bibliothèque François Mitterrand, Rubara…) Et c'est toujours le fameux laissez-passer qui est revenu chaque fois dans les débats. Pour de nombreux Maliens, le président de la République sortant a donné un blanc-seing à la France dans sa lutte sans merci contre l'immigration. A preuve, la propension du consulat général du Mali à Paris à délivrer des laissez-passer de reconduite aux frontières pour les Maliens sans papier qui tombent dans les mailles du filet.

Le dimanche dernier, ils ont animé une grande assemblée générale où étaient présents plusieurs centaines de Maliens, mais aussi des ressortissants de pays voisins. « L'objectif de la rencontre est de faire en sorte qu'ATT n'ait pas une seule voix en France. Nous savons qu'il sera vaincu. A moins qu'il truque sinon le résultat est déjà connu chez nous et ça on le lui a démontré lors de son passage ici » , a affirmé des responsables du FDR au Foyer Rubara.

Me Tall tenu en échec

Des jeunes ont déployé de petites pancartes sur lesquelles on pouvait lire : « ATT, nous ne voulons plus de toi » , « Ça suffit pour la délivrance des laissez-passer » . Ils n'hésitent pas à comparer la politique d'ATT à celui de Nicolas Sarkozy (Ndlr : candidat à la présidentielle française, ci-devant ministre de l'Intérieur) toute basée sur le retour des immigrés au pays. « Le consulat, en délivrant des laissez-passer aux Maliens pris par la police, exécute ainsi le vœu de Sarkozy, qui a décidé de bouter hors de la France tous les immigrés sans papier. Pour qui connaît le nombre d'immigrés Maliens en France, les refoulements massifs seraient mortels pour de nombreuses familles au pays » .

La rencontre a été l'occasion pour certains de battre en brèche les propos tenus par Me Mountaga Tall qui disait lors de la conférence qu'il a animée la semaine dernière au foyer « Pied de la gare » dans le XIIIe arrondissement qu'ATT est avec les Maliens de France. « Vous apportez plus de 40 milliards de F CFA au pays » . Selon eux ces propos du nouvel avocat de Koulouba sont tout simplement démagogiques.

« On ne peut pas aimer une chose et son contraire. Nous apportons de l'argent au pays en même temps le consulat nous force à rentrer. Donc ATT et Sarko, c'est kif-kif » , ont-ils martelé. « Nous nous demandons si le consulat n'est pas à la solde de Sarkozy et de sa clique » . « Dites à nos frères du Mali que la mission est sur le point d'être accomplie en tout cas ici en France » , a dit un des responsables du FDR.

Les Maliens de France estimant que c'est l'amateurisme de l'homme fort de Koulouba qui les empêche de dormir ont décidé de prendre les choses en main, c'est-à-dire de battre ATT.

Amadou Sidibé

( envoyé spécial à Paris)

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PRESIDENTIELLE

Tiébilé a déposé sa candidature hier

Tiébilé Dramé, président du Parti pour la renaissance nationale (Parena) est depuis hier à 12 h 30 la 4e personnalité à déposer sa candidature au secrétariat général de la Cour constitutionnelle pour l'élection présidentielle du 29 avril prochain .

Il était 12 h 7 environ lorsque le véhicule de Tiébilé Dramé, une BMW immatriculée P-8032-MD, s'est immobilisé devant le bureau du secrétaire général de la Cour constitutionnelle avec au volant le jeune ex-ministre des Sports Moussa Balla Diakité.

Costume noire, sans cravate (son style préféré), Tiébilé s'est dirigé vers le petit groupe de journalistes qui l'attendaient à la porte en disant, « je salue la grande presse » . A sa suite, des ténors de son parti, Me Amidou Diabaté, Mme Bintou Maïga, Mme Koura Kamissoko, Mme Kéita Oumou Diarra, Mme Maïga Nana Kadidia, Djibril Séméga, Alou Diarra et Dazié Sogoba.

La déclaration de candidature qui s'est déroulée dans le bureau du secrétaire général de la Cour constitutionnelle Boubacar Tawati a été brève et sobre. Le désormais candidat à la course à Koulouba a, une à une et sans se soucier de son portable qui sonnait, présenté ses différents dossiers de candidature au secrétaire général : la demande de candidature dûment remplie avec une photo d'identité en couleur, un extrait d'acte de naissance, un certificat de nationalité, un casier judiciaire et les formulaires de parrainages des 8 régions et du district.

Sur ce dernier acte, le 3e candidat déclaré du Front pour la démocratie et la République (FDR), a successivement recueilli les parrainages de 20 élus à Kayes, 18 à Koulikoro, 7 à Sikasso, 8 à Ségou, 11 à Mopti, 5 à Tombouctou, 5 à Gao, 7 à Kidal et 5 à Bamako, soit un total de 86 parrainages. La loi n'en demande que 45 à raison de 5 par région.

Après vérification des dossiers, M. Dramé a apposé sa signature sur le registre courrier entérinant ainsi sa candidature à l'élection présidentielle du 29 avril prochain et avec une promesse ferme de sa camarade Bintou Maïga au secrétaire général : « Je te promets que c'est le futur président du Mali qui vient de signer » .

La date limite de dépôt de candidature est fixée à ce jeudi à minuit et Tiébilé est officiellement le 4e candidat inscrit après Amadou Toumani Touré, Ibrahim Boubacar Kéita, Mamadou Blaise Sangaré. Selon nos sources, Soumeylou Boubèye Maïga devait, en principe, déposer ses dossiers hier en début de soirée.

La liste provisoire des candidats sera fixée le samedi et la liste définitive le lundi 2 avril 2007.

Sidiki Y. Dembélé

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« ATT s'est mué en candidat »

Répondant à une question des journalistes sur la déclaration de candidature du président sortant dans son « fief » à Nioro du Sahel, Tiébilé Dramé dira que : « les Niorois ne s'attendaient pas à recevoir un candidat. Mais un président de la République » , avant d'ajouter, « ATT s'est mué en candidat, les Maliens apprécieront » .

Selon lui, tout le monde peut se rendre à Nioro du Sahel, une partie du territoire national pour faire sa déclaration de candidature. Mais, s'est-il empressé d'ajouter, « ce qui est particulièrement préoccupant, c'est un président de la République, chef de l'Etat en fonction que les Niorois ont reçu dans le cadre de la traditionnelle hospitalité qui caractérise les populations de cette contrée du Sahel. Mais, ce président s'est mué en candidat. Les électeurs apprécieront » , a-t-il commenté.

S. Y. D.

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BLAISE SANGARE INVESTI CANDIDAT

La CDS refuse la « falsification démocratique »

S'adressant à ses militants et aux membres de sa coalition politique, le FDR à son investiture comme candidat à la présidentielle, Blaise Sangaré de la CDS Mogotiguiya a donné une photographie du Mali politique d'aujourd'hui.

A la requête de son bureau politique national, le président de la Convention social-démocrate (CDS/Mogotiguiya), Mamadou Bakary Sangaré dit Blaise, s'est déclaré mardi 27 mars candidat à l'élection présidentielle du 29 avril 2007. Il l'a fait au cours d'une cérémonie sobre, au siège de son parti en présence de ses militants et des membres de la coalition politique, le Front pour la République et la démocratie (FDR).

« Monsieur le secrétaire général, vous demandez que je sois candidat ? Alors je le suis dès cet instant à l'élection présidentielle d'avril 2007 » , a répondu Blaise à son BPN, aux militants et sympathisants de la CDS/Mogotiguiya. Auparavant, il avait fait le survol de l'histoire politique contemporaine du Mali.

« Le visage politique du Mali d'aujourd'hui est comme tiré d'un vieux cliché de cette mémoire collective : celui du Mali de 1979 à 1991 où tout le monde était militant d'office d'un parti unique sous la direction unique d'un général ! A croire que bien que née dans le sang et la violence, la démocratie malienne est en train d'être balayée comme phénomène de mode… » Blaise Sangaré s'est insurgé ainsi contre la perte d'identité des partis politiques mangés dans la sauce du consensus politique.

Un programme et non un bilan

A en croire le président de la CDS/Mogotiguiya, son parti a toujours dit non « à la renonciation, à l'hésitation, au colmatage, encore moins à la falsification démocratique » . Il a fait cas de trois concepts dégagés par la CDS. Primo : « l'élection présidentielle se fait au scrutin direct et non indirect, donc le choix des dirigeants ne caporalise pas les militants et les électeurs ». Secundo : « l'élection présidentielle est une mise en relation d'un candidat avec le peuple » . Tertio : « l'élection présidentielle se fait sur la base du programme et non d'un bilan » .

Par sa candidature, Blaise dit vouloir redonner confiance à la classe politique, revaloriser les institutions de la République, renforcer l'Etat et son administration, restaurer la confiance en la justice et faire prendre confiance en notre capacité à créer, à transformer, à exploiter toutes les facultés pour faire du Mali un pays qui gagne.

Créée le 7 janvier 1995, la CDS a été présente à toutes les échéances électorales de notre pays. Le parti du « Cheval blanc » participera pour sa deuxième fois à l'élection présidentielle (2002 et 2007). Pendant deux mandats législatifs successifs, il a raflé les 4 sièges de député de la circonscription électorale de Bougouni et compte aujourd'hui plus de 200 conseillers municipaux et nationaux. Blaise est lui-même conseiller national, élu le 18 mars 2007.

Abdrahamane Dicko

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SOUTIENS TOUS AZIMUTS A ATT

L'AEEM embarquée sur le terrain politique

L'Association des élèves et étudiants du Mali (AEEM), à travers ses anciens responsables, vient de faire une irruption sur la scène politique nationale en organisant lundi un meeting de soutien à Amadou Toumani Touré, candidat à sa propre succession . Toutes choses qui ne siéent pas au mouvement estudiantin, qui, comme les casernes , devait rester hors du champ politique.

L'Association des élèves et étudiants du Mali (AEEM) serait-elle amnésique ? C'est la question qui vient à l'esprit après le rassemblement organisé lundi dernier par des anciens responsables du mouvement estudiantin. Yehiya Ould Zarawana, Opéry Berthé, Safounè Togo et consorts étaient lundi au Palais de la culture pour un meeting de soutien à ATT. Ce soutien aurait été à l'endroit de Tiébilé Dramé, IBK, SMB, ou encore Mme Sidibé Aminata Diallo ou encore tout autre prétendant au fauteuil de Koulouba, le jugement serait le même à savoir que l'AEEM qui fut le fer de lance du soulèvement populaire qui a renversé la dictature de Moussa, conforte l'opinion nationale que l'école malienne n'est toujours pas en dehors du champ politique.

Ce soutien ostentatoire au chef de l'Etat ou à tout autre prétendant au palais de Koulouba par d'anciens responsables qui se réclament toujours de l'AEEM n'honore pas l'organisation estudiantine du Mali. Au contraire, ce soutien entame sa crédibilité aux yeux de l'opinion publique et, pis, l'éloigne des idéaux de la lutte victorieuse de 1991 en ce sens que les élèves et étudiants du Mali ont payé un lourd tribut pour avoir des conditions idoines, c'est-à-dire un nombre suffisant de professeurs et de classes, de bourses payées à temps. En réalité, les leaders de l'AEEM (anciens ou nouveaux) devraient veiller constamment à ce que ces conditions s'améliorent davantage. Or, à l'heure actuelle on ne peut parler que d'accalmie à l'école malienne qui va très mal. De plus, nul ne sait ce qu'ATT promet de faire pour l'école. Si ATT, dans son projet de société, décidait de supprimer la bourse, seriez-vous vous d'accord ?

« Le coq a fait les louanges du coucou parce que tout simplement le coucou fait les louanges du coq » , dit un proverbe russe. L' AEEM, association responsable et mûre, ne devait pas tomber dans le piège de cette euphorie de soutiens au point d'oublier sa raison d'être : celle de la défense des intérêts des élèves et étudiants et rien d'autre. La Fédération nationale des parents d'élèves, qui n'a pas encore réagi à cette irruption de l'AEEM sur la scène politique, est interpellée.

Denis Koné

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MONDIAL FRANCOPHONE DE TAEKWONDO

Trois médailles de bronze pour le Mali

La 4e édition du Championnat du monde francophone de taekwondo s'est déroulée du 18 au 19 mars 2007 à Tunis (Tunisie). Le Mali était représenté à cette compétition par sept combattants. Parmi eux, trois ont gagné une médaille de bronze.

Les médaillés sont : Ismaël Traoré, qui se prépare aux Etats-Unis en vue des Jeux olympiques de 2008, Oumar Cissé, lauréat du challenge francophone de taekwondo, et Aminata M. Traoré, 16 ans, championne de taekwondo de la Zone II Afrique. Pour cette dernière, qui doit défendre les couleurs nationales du Mali au tournoi « Open international de Nantes » en France, la Coupe du monde francophone de taekwondo « était une expérience enrichissante dont je pourrai profiter lors des prochaines échéances » .

L'entraîneur national, Gaoussou Soumaré dit Mafa, n'a pas caché sa satisfaction surtout quand on sait qu'il était à sa première participation à un Championnat du monde en tant que coach. Cependant, il demande plus de considération de la part des autorités sportives maliennes car, dira-t-il, « le taekwondo, discipline olympique, peut beaucoup apporter à notre pays, notamment aux prochains jeux olympiques » .

Ogopémo Ouologuem

( stagiaire )

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