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2007

Mois de mars

Les Echos du 27 mars 2007

IL FAUT LE DIRE

Leurres

Au Mali, les mères en particulier craignent ce qu'on appelle le « daw », c'est-à-dire les préjugés dit favorables à un enfant. Reconnu beau, intelligent ou même pieux… par son entourage, celui-ci peut voir sa belle « destinée » écourtée par jalousie ou simplement par le fait divin.

Il devrait peut-être en être de même en politique, car notre société enseigne aussi que « sa do go len dé bè kogo ». Autrement formulé, le serpent doit pouvoir se cacher pour échapper à l'adversité des hommes. En réalité, c'est une parabole qui enseigne l'humilité, la sagesse et condamne la propension au m'as-tu-vu.

Ces beaux enseignements sont-ils en train d'aller à vau l'eau ? Toujours est-il qu'à présent on ne cesse de dire les mérites du chef de l'Etat, sans lequel, semble-t-il, les Maliens seraient encore à l'âge de la pierre taillée. On sasse et ressasse qu'ATT est une chance pour le Mali, si le Mali n'est pas un don de lui. Eskèye ! On feint même d'ignorer que l'argent qui lui permet de bâtir vient du contribuable.

Si cela était et venait du fond du cœur, il fallait avoir peur pour ATT. Mais voyez-vous la plupart des soutiens découlent de la volonté de ceux qui se sont habitués à l'ambroisie et ne peuvent plus s'en passer. C'est un peu l'histoire de l'âne et du miel. Or, tout flatteur vit aux dépens de celui qui l'écoute.

Si le vote est vraiment secret, pourquoi chanter sur tous les toits, pardon à l'ORT… Koulouba sa préférence pour le président sortant tout en appelant les autres électeurs à faire de même ? Passe encore que tous ceux qui sont susceptibles de concilier et de réconcilier en cas de pépins optent pour le chef de l'Etat sortant. Passe que la neutralité de l'administration est désormais sujette à caution. Mais pourquoi diable les enfants et épouses de militaires aussi si l'armée n'a pas été politisée ?

Les hommes, dit-on, meurent là où sont leurs enfants et leurs femmes. Peut-il en être autrement pour les porteurs d'uniformes ? L'exemple d'un officier supérieur a fait tache d'huile. Mais il y a peut-être déjà péril en la demeure.

A. M. T.

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CONSENSUS POLITIQUE AU MALI

Chronique d'une fin de règne imposée

Le problème de la candidature d'ATT est en réalité plus caillou que coton. S'il ne respecte pas son engagement, il rendra compte aux négociateurs de 2002. D'où le mutisme actuel de Koulouba, les voyages et les déplacements multiples à l'intérieur et à l'étranger, d'où aussi souvent la mauvaise humeur du président quand ses affidés se font plus royalistes que le roi. ATT a tout à perdre avec un second mandat.

Dans beaucoup de sociétés humaines le verbe, c'est-à-dire la parole donnée, joue un grand rôle dans les relations entre les hommes singulièrement chez nous où l'oralité s'est implantée au détriment de l'écriture, ce que dit un individu est un déterminant pour lui et, pour parler simplement, la parole sert de baromètre pour apprécier sa qualité. En termes clairs, plus un homme sera soucieux de respecter sa parole qui équivaut à un engagement de sa part, plus il sera jugé homme de parole et d'honneur et plus il la déconsidère, moins il sera pris pour quelqu'un de valable et de respectable.

Nous ne sommes pas dans les secrets des dieux politiques mais la manière dont l'élection présidentielle de 2002 s'est déroulée fait penser que quelque part à Libreville (Gabon) où Ibrahim Boubacar Kéita s'est rendu avant le premier tour, et à Paris, qui fut en liaison téléphonique permanente avec Alpha Oumar Konaré, un accord a été trouvé au sein de la classe politique malienne pour dire à IBK de mettre provisoirement en berne ses ambitions présidentielles, de façon à permettre à ATT de gouverner le pays pendant 5 ans, de 2002 à 2007.

Le consensus tant décrié maintenant n'a de sens que dans ce contexte dans la mesure où c'est toute la chasse politique qui a décidé de s'effacer provisoirement au profit d'ATT, l'homme de mars 1991, parce que la situation politique intérieure exigeait son retour pour 5 ans, pas plus. L'on craignait alors que remonté à Koulouba suite aux élections après avoir été démarqué en 2000, Ibrahim Boubacar Kéita, élu président de la République du Mali, ne fasse nettoyer sévèrement et durement les écuries d'Augias de la maison Adéma.

On gardait présent à l'esprit comme une formule incantatoire le passage en dents-de-scie de ce parti aux affaires avec les dégâts que chacun sait. Durant ces dix ans, tout n'avait pas été propre dans les rangs de l'Adéma et, en prenant en compte les récentes déclarations de son président disant que si le parti n'avait pas soutenu ATT (politiquement et électoralement) il aurait eu dans le dos la Sécurité d'Etat, l'administration et la justice, on peut dire que dans ce laps de temps il y eut plus de gaspillages et de détournements de fonds que d'éclaircies pour le pays. Venu dans ces conditions d'apaisement, le consensus pouvait se comprendre, mais comme formule de gouvernement comme l'a tenté de le faire le Mouvement citoyen à partir de 2002, il apparaît plutôt comme du vaudeville auquel ne croient même pas ses propres promoteurs, cette doctrine n'étant enseignée nulle part en sciences politiques.

On n'a pas de preuve mais tout laisse penser qu'ATT a été désigné pour faire passer au pays cinq ans de désordre, voire de guerre civile après les gloutonneries de l'Adéma. Mais l'appétit venant en mangeant, les pressions de l'entourage se faisant fortes et lui-même cédant à l'attrait et aux privilèges liés au pouvoir, ATT a décidé unilatéralement de revenir sur sa parole donnée et de se porter candidat en 2007.

Du Capitole à la roche Tarpéienne ?

Mais il sait que les acteurs et les témoins de 2002, qui sont tous vivants, ne l'entendront pas de cette oreille, ne manqueront pas de lui rappeler les termes de l'accord de 2002 et c'est pourquoi il se trouve aujourd'hui au centre d'un embarras terrible, presqu'un dilemme cornélien qui le fait tourner en rond. Ne comprenant rien à ce méli-mélo politique, les sieurs du Mouvement citoyen et tous ceux qui veulent profiter de sa présidence durant les 5 ans à venir, grenouillent autour de lui effarouchés qu'il prenne du retard à faire acte de candidature.

Cependant, dès le départ, entre 2004 et 2005, lorsque les loups se sont levés pour annoncer qu'il lui fallait un second mandat en 2007 pour parachever une œuvre qui n'était même pas encore commencée, c'était à lui de mettre fin courageusement à la zizanie en leur disant qu'il n'est pas partant pour un second sacre. Il ne l'a pas fait et a laissé la pagaille économique, sociale et politique s'implanter. Le résultat est qu'il est lui-même pris aujourd'hui à son propre piège.

Les femmes de beaucoup d'horizons mais toutes intéressés par sa victoire, croyant qu'il est pauvre au point de manquer de 10 millions de F CFA pour payer la caution constitutionnelle ont décidé récemment de cotiser et de la payer à sa place. Elles ignorent qu'ATT est plus riche qu'elles toutes mises ensemble avec leurs tribus et que si ce n'était qu'un petit problème de dix millions, même le planton de Koulouba peut acquitter cela en une nuit sans souci pour le lendemain.

Le problème de la candidature d'ATT est en réalité plus caillou que coton. S'il ne respecte pas son engagement, il rendra compte aux négociateurs de 2002. D'où le mutisme actuel de Koulouba, les voyages et les déplacements multiples à l'intérieur et à l'étranger, d'où aussi souvent la mauvaise humeur du président quand ses affidés se font plus royalistes que le roi.

Tiébilé Dramé a dit lors de la dernière conférence nationale du Parena (courant février 2007) que son salut est de ne pas demander un deuxième mandat. Il sait de quoi il parle et ATT ne doit pas écouter ses courtisans et ses laudateurs qui ne comprennent rien à rien, ne voyant que leurs seuls intérêts matériels et financiers immédiats. Il a déjà trop fait pour le Mali et ce peuple lui sera éternellement reconnaissant.

Une première fois en mars 1991 il a mis fin aux boucheries organisées par Moussa Traoré et ses sbires, mieux il a réussi à organiser la conférence nationale et a dirigé la transition démocratique jusqu'aux élections présidentielles de 1992. Une seconde fois en 2002, quand le pays était au bord de l'incendie par le fait de ses propres fils, appelé par la conjecture, il a répondu présent et s'est montré à la hauteur.

Un homme qui a été deux fois sapeur-pompier pour son peuple mérite de compter parmi les dignes fils du pays. Pour toutes ces raisons ATT ne doit pas se représenter en 2007 pour éviter de sortir par la petite porte. Pour toutes ces raisons, il doit courageusement suggérer à ses souteneurs de se présenter eux-mêmes au lieu de s'agripper à lui comme le font au bon nageur les gens sur le point de se noyer dans le fleuve.

Yiriba

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DIASPORA

Les Maliens de France ne gobent plus ATT

Malgré l'opération de charme effectuée par Me Mountaga Tall la semaine dernière à Paris, les Maliens de France ne veulent plus entendre parler d'ATT. Ils promettent de le sanctionner à la présidentielle.

L'élection présidentielle s'approche à grands pas. Les partis signataires de l'Alliance pour la démocratie et le progrès (ADP, mouvance présidentielle) sont en train de faire une offensive généralisée sur le terrain.

Après la sortie ratée d'ATT à Montreuil le mois dernier (il avait tenté de faire croire une histoire de varan qu'il a lui-même mal assimilée à ses compatriotes avant d'être hué), c'était autour de Me Tall d'effectuer le déplacement à Paris pour laver l'affront fait à son nouveau patron.

Le samedi 24 mars, le 1er vice-président de l'Assemblée nationale a animé une conférence dans un foyer parisien « Pied de la gare » au XIIIe arrondissement où ce sont en tout 50 curieux qui ont fait le déplacement. Cette offensive de charme en direction de nos « tounkarakés » a été un flop en termes de mobilisation.

Mais devant des participants clairsemés, Me Tall a dit tout sauf la réalité au Mali. Il a fait croire aux enfants maliens de France que tout va bien au pays. De l'école à la santé, en passant par les infrastructures, Me Tall a peint un tableau idyllique du mandat d'ATT à la tête du Mali.

Connivence contre les « irréguliers » ?

« Nous ne sommes pas au pays, mais ça ne veut pas dire que nous ne sommes pas au courant de ce qui se passe là-bas » , nous ont fait savoir plusieurs participants à la rencontre. A la question de savoir pourquoi ils ont fait le déplacement, nos interlocuteurs ont affirmé qu'ils voulaient entendre les « bobards de Tall » .

« Nous ne donnerons pas nos voix à un pouvoir dont la politique peut nous conduire aux frontières de la France. Depuis l'arrivée d'ATT, il ne passe pas un jour sans que des Maliens soient refoulés souvent menottés. Le peu de dignité qu'on avait s'est envolé. Les Maliens constituent le plus grand contingent dans les centres de détentions de Vincennes, Roissy, Bobigny, Pontoise, Cité », ont-ils affirmé.

Ils affirment que l'une des raisons qui fait qu'ils ne vont pas voter ATT, tient au fait que le consulat du Mali en France, contrairement aux autres, délivre le plus grand nombre de laissez-passer (autorisation de reconduite à la frontière) pour leurs compatriotes en situation irrégulière tombés dans les filets de la police.

« Nous pensions qu'il était venu nous dire que le président a pris des dispositions par rapport à ça. Mais non ! » Selon notre interlocuteur, le consulat du Mali ne se soucie pas de ses ressortissants. « Tout ça c'est la politique d'ATT. Nous n'allons pas le suivre dans cette voie » , ont-ils tranché.

Amadou Sidibé

( envoyé spécial à Paris)

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IBK A L'INSTALLATION DE LA COORDINATION FDR DE SEGOU

« ATT a trahi les Maliens »

Ibrahim Boubacar Kéita, président du Front pour la démocratie et la République (FDR) a, avec ses alliés, entamé dimanche dernier à l'espace culturel Mieru Ba de Ségou, la mise en place des bureaux de coordination régionale. IBK a en profité pour s'attaquer à ATT.

Un événement en cache un autre. Venu pour la cérémonie de mise en place du bureau régional du FDR dans la Capitale des Balanzans, le président en exercice du FDR, Ibrahim Boubacar Kéita, entouré de Me Mamadou Gakou de la COPP, de Mahamadou Dallo Maïga du Parena, d'Abdoul Traoré dit Diop de l'ADJ, d'Ousmane Baba Kalé de la Concertation démocratique (CD) et de El-Madani Diallo de Convergence-2007, a dénoncé certaines dérives de la campagne électorale anticipée entreprise par ATT.

« Ce n'est pas pour rien que je fais peur aux gens. Je n'ai jamais mangé un franc de l'argent public. Il y a le palais de l'Assemblée nationale. Pourtant, je suis chez moi. J'ai acheté la voiture dans laquelle je suis venu à Ségou en 2001 quand je n'étais pas encore à l'Assemblée. Aujourd'hui, on voit que le président de la République ne respecte pas la loi. Il utilise l'argent de l'Etat pour tromper les gens. Il a trahi les Maliens. Il faut savoir que les hommes passent toute la nuit à s'amuser mais cela ne les empêche pas de se faire la guerre le lendemain. Le FDR est créé dans le cadre de l'approfondissement de la démocratie malienne et du renforcement de l'état de droit… » , a rappelé IBK.

Habité par la foi en Dieu, le président du FDR a laissé entendre que : « Si Dieu veut abandonner un individu, il fait de lui son propre ennemi. Dieu est avec nous parce qu'Il sait bien que nous sommes en train de travailler pour le bien être de notre pays ».

Me Mamadou Gakou a rappelé que le président de la République doit arrêter la torture qu'il inflige au peuple malien.

Pour Pr. Abdoul Traoré dit Diop, « il est vrai que beaucoup de partis se sont donnés à ATT pieds et mains attachés. Alors que sans parti politique, il n'y a pas de démocratie. C'est pourquoi on a décidé de créer l'ADJ. Avec l'aide du RPM et du Parena, on a pu mettre sur place le FDR. L'ADJ n'est pas venue au FDR pour chercher le pouvoir mais pour de temps en temps rappeler les partis politiques à l'ordre » .

Le bureau de la coordination FDR de Ségou a été mis en place. Les membres du nouveau bureau ont été choisis par une commission mise en place par les 16 partis et associations du FDR qui ne sont pas tous représentés. Selon Seydou Dembélé, le nouveau président élu, « Ségou a été honoré du coup d'envoi des activités de la mise en place des coordinations régionales FDR. On peut dire que c'est aujourd'hui qu'on va commencer le travail. Nous allons travailler pour faire avancer ce front » .

Bien qu'il n'y avait pas eu de t-shirt pour motiver les gens dans le cadre de l'évènement, les militants du FDR sont venus nombreux de tous les cercles de Ségou pour la mise en place de leur bureau de coordination FDR. L'espace culturel Mieru Ba de Ségou a refusé de monde.

Sidiki Doumbia (stagiaire)

( envoyé spécial)

 

Les membres du nouveau bureau

Seydou Dembélé RPM (président)

Amadou Coulibaly RDT (1er vice-président)

Mamadou Boundi Convergence-2007 (2e vice-président)

Adama Diarra Parena (3e vice-président)

Dialla Diakité d'ADJ (4e vice-président)

Oumar Djiré CD (5e vice-président)

Sinandi Santara (6e vice-président)

Ousmane Fofana COPP (7e vice-président),

Soumaïla També de ADJ (secrétaire général)

Adama Fankélé Pléa ADJ (secrétaire général adjoint)

Aliou Maïga de Convergence-2007 (trésorier)

Ousmane Tangara RPM (trésorier adjoint).

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Potins

Campagne : le MC éconduit par des Ségoviennes

L'Association des femmes de Ségou, qui travaille à Bamako, a décidé de se recréer samedi dernier à Ségou en organisant une fête. Le Mouvement citoyen (MC) s'est accaparé l'organisation de cette fête. Cet acte du MC a démotivé des femmes de la Cité des Balanzans. Seul un groupuscule de Ségoviennes qui travaillent à Bamako transportées par deux cars du ministère de la Justice ont pris part à la fête. Selon Nouhoum Diarra, 2e adjoint au maire de la commune urbaine de Ségou,  « ce que le MC est en train de faire actuellement n'est plus ni moins que la violation de la loi qui se fait au vu et au su du président de la République. Les Ségoviennes venant de Bamako devaient être accueillies par leurs sœurs de Ségou, mais quand celles-ci ont appris que le Mouvement citoyen et le ministère de la Justice se sont mêlés de l'organisation, elles se sont tout bonnement retirées » .

Médias publics : IBK envoie paître l'ORTM

A l'issue de la mise en place du bureau de coordination de Ségou, l'équipe de l'ORTM qui a couvert l'événement a demandé une interview à IBK. Ce dernier n'a pas hésité une seule minute en faisant dos au micro, infligeant publiquement une humiliation à cette équipe de l'ORTM. « L'ORTM m'a demandé une interview. Je n'accorde pas d'interview à l'ORTM. On ne va jamais oublier tout ce que l'ORTM nous a fait. Il s'agit notamment des cadres de l'ORTM. On ne va jamais oublier » , a averti le président du FDR.

Markala : guerre sous-préfet/population

Le sous-préfet de Markala, qui continue d'être le coordinateur de CSJ-ATT de sa sous-préfecture, est devenu aujourd'hui un malfaisant aux yeux des citoyens de Markala. Ils lui demandent soit de quitter la scène politique soit de laisser leur ville… Le quiproquo a commencé entre lui et le député Mme Diarra Traoré. Celle-ci n'a pas du tout accepté son irruption sur la scène politique. Le sous-préfet est même accusé de ventes illicites de parcelles dont l'argent lui sert d'organiser des activités du CSJ-ATT. En cherchant des soutiens tous azimuts, ATT, mine de rien, est en train de semer les graines de violences inutiles dans le pays.

S. D.

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SBM, INVESTI CANDIDAT A LA PRESIDENTIELLE

« La situation changera »

Et de trois pour le Front pour la démocratie et la République (FDR). Ce regroupement politique a à son compteur trois candidatures déclarées à la présidentielle du 29 avril 2007 depuis samedi dernier. Après IBK (RPM) et Tiébilé Dramé (Parena), Soumeylou Boubèye Maïga a été investi candidat au nom de Convergence-2007, le 24 mars 2007 au CICB.

La symbolique des dates est forte à Convergence-2007. L'investiture de Soumeylou Boubèye Maïga le 24 mars est loin d'être fortuite. Cette date représente l'une des journées qui ont marqué les répressions sanglantes de mars 1991, qui ont précédé la chute du régime de Moussa Traoré ouvrant la voie au multipartisme.

Un rappel historique de l'événement a été fait dans un film documentaire retraçant les journées folles de mars 1991. Boubèye lui-même en sa qualité d'acteur, a indiqué dans son allocution d'investiture, qu'il s'agit, d'une date mémorable. Selon lui, ce jour-là, Bakary Karambé pour l'UNTM, Me Demba Diallo pour l'AMDH, Abdrahamane Baba Touré pour l'Adéma, Me Amidou Diabaté pour le Cnid, Me Drissa Traoré pour le Barreau, Hamadoun Ba pour l'AEEM ont apporté à Koulouba, au chef de l'Etat de l'époque, au nom de la Coordination des associations et organisations démocratiques, les revendications du Mouvement démocratique. La même journée, dans l'après-midi, les premiers morts ont été enterrés au Carré des martyrs à Niaréla.

Ce rappel qui vaut tout un discours a été greffé à la déclaration de candidature de Soumeylou Boubèye Maïga. Ce dernier a fait savoir, qu'il y a quelques mois déjà, il avait répondu favorablement à l'appel à candidature d'hommes et de femmes sur toute l'étendue du territoire national en disant qu'il était prêt et disponible. « C'est avec confiance et détermination que je serais candidat aux élections d'avril 2007 pour changer la vie de ceux qui souffrent. Pour redonner un sens à l'action publique. Pour œuvrer à combler le compromis social sur les valeurs démocratiques et républicaines » .

Le candidat de Convergence-2007 inscrit sa candidature dans un devoir de mémoire et une obligation de fierté envers leur lutte commune et envers tous ceux dont le sacrifice leur a permis d'être là aujourd'hui. Il a rendu hommage à des camarades disparus ou en vie et a appelé ses compagnons à se saisir du flambeau des anciens d'autant plus que, selon ses dires, « la situation du Mali est préoccupante » .

Dégringolades nationales

Pour Soumeylou qui dépeint un tableau peu reluisant de notre situation socio-économique, le pays est fragilisé à 70 %. Il met au compte de la décennie 1992-2002 les 80 % des réalisations solides de notre pays. Aujourd'hui, dit-il, 7/10 de personnes vivent dans l'extrême pauvreté, sans revenu. La zone cotonnière est caractérisée par le surendettement.

Le système scolaire est en décadence et les jeunes condamnés à l'errance. Plus de 60 % des ressources engagées dans le secteur ne parviennent pas à destination. L'indice de 2,9/10 fait figurer le Mali parmi les pays à fort taux de corruption. Au plan extérieur, la voix du Mali s'est progressivement tue entraînant le déclin de l'autorité et de l'influence de notre pays ainsi qu'une faible aptitude à protéger nos compatriotes vivant à l'extérieur, a signalé Soumeylou.

Les défis à relever à ses dires visent, entre autres, à restaurer la puissance publique, par la renaissance de l'autorité et de l'impartialité de l'Etat, la réhabilitation de la mission de service public et le renforcement de la morale et de l'éthique publiques. A promouvoir « une République une et indivisible mais plurielle » . A passer à une nouvelle étape du processus de décentralisation à travers une plus grande responsabilisation des collectivités territoriales notamment en matière d'aménagement du territoire, d'investissements et de relations extérieures, favorisant ainsi l'émergence de pôles régionaux véritablement compétitifs…

« Au-delà de cette salle, je voudrais m'adresser aux vrais militants de l'Adéma, à tous les militants aujourd'hui en deuil de leurs partis respectifs. Je sais votre indignation et votre tristesse devant la démission et l'abdication. Je sais aussi que vous comprenez et soutenez notre combat qui est une étape de notre lutte commune pour une véritable démocratie pluraliste fondée sur les partis politiques forts, crédibles, seuls remparts contre toute forme de dérive. C'est pourquoi, je ne doute pas un seul instant de votre soutien et de votre mobilisation à nos côtés » . Il a laissé entendre sur ces notes : « La situation doit changer. La situation peut changer. La situation va changer » . Il en est d'autant plus convaincu qu'il fait sien le slogan : « la force du changement est en chacun de nous » .

Abdrahamane Dicko

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ELIMINATOIRES CAN-2008 : MALI-BENIN (1-1)

Tout un peuple mobilisé mais finalement déçu

Avec cinq points à leur compteur, les Aigles du Mali marquent le pas face au Togo qui est désormais premier du groupe 9 avec 6 points. On peut même dire que les Aigles « sont sortis entre les cuisses de l'éléphant » grâce à un penalty discutable. Ambiance avant, pendant et après Mali-Bénin (1-1) de dimanche dernier.

« Le Bénin n'est pas un foudre de guerre. On étrillera les Ecureuils » , entendait-on souvent à Bamako à la veille de la rencontre Mali-Bénin de dimanche dernier comptant pour la 3e journée des éliminatoires de la Can-2008. L'optimisme était évidemment présent chez de très nombreux Maliens.

Dans les rues jusqu'au Stade du 26-Mars, tous étaient acquis à la cause des Aigles, même ceux qui avaient longtemps boudé les stades ont daigné faire, cette fois-ci, le déplacement. Dès les premières heures de la matinée, on pouvait voir le drapeau malien flotter dans les airs ou agité par des motocyclistes et des automobilistes. Ce qui a motivé les quelques sceptiques à se joindre aux férus du ballon rond.

Le Stade du 26-Mars a été rarement aussi plein. Devant un impressionnant dispositif de sécurité, les milliers de supporters présents au stade se sont mis à chanter, danser et applaudir. On pouvait observer des banderoles, des drapeaux maliens et même des supporters peints en vert jaune rouge.

Les joueurs furent beaucoup ovationnés lors de leur sortie pour les réchauffements. L'ambiance était bon à vivre et montait de plus en plus. Malgré un début de match difficile pour les Aigles, le public, soutenu par le comité central des supporters, continuait à donner de la voix. Les gradins s'échauffaient lorsque les poulains de Jean-François Jodar ont commencé à se créer des occasions de but qu'il n'ont pas pu concrétiser.

Déception, colère, injures

Sur les cinq tirs de Kanouté et de Seydou Kéita qui ont heurté le poteau de l'excellent gardien béninois, le public a laissé sortir des cris de désespoir. Ce désespoir est devenu très perceptible quand, dans les arrêts de jeu de la première période, les Béninois, sur une contre-attaque, accélèrent et battent un Mahamadou Sidibé impuissant sur le coup.

Une atmosphère de douche froide s'abattit sur le stade avant le but égalisateur consécutif à un penalty (généreux pour beaucoup) transformé par le sociétaire du FC Séville Frédéric Oumar Kanouté à la 53e minute de jeu. Avec l'espoir de voir Mahamadou Diarra et ses camarades marquer un second but, le public s'est mis à ovationner les Aigles de nouveau. Hélas, c'était une peine inutile. Il était écrit quelque part que les Aigles ne marqueraient pas un second but.

Très déçus, les supporters ont commencé à quitter le stade à quelques minutes de la fin de la rencontre. Au coup de sifflet final du référé central ivoirien, des supporters se sont engagés dans des discussions stériles sur l'état de forme des joueurs et sur les changements opérés par Jean-François Jodar.

Des extrémistes ont même proféré des injures à l'endroit des joueurs. On peut donc aisément deviner que du stade jusqu'au centre ville, les gens traînaient les pas tellement qu'ils étaient déçus. Ceux qui avaient prévu de faire la fête après le match l'ont naturellement remis à plus tard.

Ogopémo Ouologuem

( stagiaire )

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SALON DU LIVRE A PARIS

L'Inde invitée d'honneur

Le 27e Salon du livre, ouvert le 23 mars Porte de Versailles au cœur de Paris, poursuit son petit bonhomme de chemin. Cette année, c'est la littérature indienne qui en est l'invitée d'honneur. L'Afrique au sud du Sahara est quasiment absente.

La plus grande manifestation littéraire a ouvert ses portes le vendredi 23 mars 2007 Porte de Versailles dans la capitale française dans le temple du parc des expositions. Le 27e Salon qui célèbre l'Inde accueille sur les 50 000 m2 près de 1200 éditeurs, 200 auteurs français et étrangers, qui assurent plus de 3000 séances de dédicaces pour près de 180 000 visiteurs attendus.

Pour fêter l'importance de cette littérature indienne, 30 écrivains indiens sont présents dans un pavillon de plusieurs mètres carrés entièrement consacrés à la production indienne. Ils sont auteurs de romans, d'essais politiques et historiques, de livres pour enfants ou même de bandes dessinées. Les invités du Salon reflètent une certaine idée de la diversité du second pays le plus peuplé au monde. Cette diversité culturelle reste souvent méconnue. Les ouvrages écrits dans des langues souvent rattachées à des castes dites inférieures et à une grande précarité, sont encore d'un accès très limité, ont affirmé les organisateurs.

Le Salon est l'occasion pour les uns et les autres d'échanger, de vendre des livres, de rencontrer les auteurs ou encore de donner le goût de la lecture par des animations variées. Il faut avoir de bonnes jambes ou de l'énergie pour visiter tous les stands. Des étudiants, élèves ou de simples visiteurs s'entre croisent sur les lieux d'expo, dans des ateliers littéraires, dans les salles de débats animés par des professionnels du BD, Club de jeunesse, Carré des arts.

De grands auteurs de l'édition européenne, américaine, d'Asie, d'Afrique sont présents qui pour des séances de dédicaces, qui pour animer des conférences. L'un des moments attendus est certes, le jeu-concours à la découverte de l'Inde qui permettra de donner le grand prix public du Salon. Les organisateurs, à travers cette partie, offrent à 15 ouvrages indiens et à leurs auteurs la chance d'une meilleure visibilité. Ouvert au public via près de 400 librairies en France, le jeu-concours sera une belle occasion de revisiter la littérature indienne.

Un constat majeur au Salon : c'est l'absence de maisons d'éditions de l'Afrique au sud du Sahara. Exceptées quelques maisons d'éditions, l'Afrique n'est pas présente à ce grand rendez-vous littéraire. Cette absence, selon un membre de l'Alliance des éditeurs indépendants, est due à un manque d'organisation, de mobilisation des maisons d'éditions africaines.

Le problème ne devait pas se poser puisque selon notre interlocuteur, certains éditeurs en association comme Afrilivres devrait pouvoir être présents.

La clôture du salon est prévue ce soir.

Amadou Sidibé

( envoyé spécial à Paris)

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AFFAIRE DE SAMAYA

Lettre ouverte à nos compatriotes maliens

Des laïcs catholiques interpellent le président ATT sur sa promesse et prennent à témoin l'opinion nationale à travers cette lettre ouverte.

A la veille de Noël, dans nos églises c'était la joie. Un décret venait nous restituer nos droits, Georges était exproprié. L'affaire Francis appelée affaire Samaya de façon très restrictive était réglée. Nous pensions déjà célébrer, l'office religieux de Noël dans la chapelle de Notre Dame du Liban près du Dibida, Rue Poincaré.

C'était oublier la capacité de nuisance de Georges et sa connaissance du maillon faible de notre société : l'appât du gain facile et immédiat quel qu'en soit le chemin. Malgré la bonne volonté des hautes autorités, nous demeurons impuissants.

En bon stratège, il a investi tous les ministères concernés : la Justice dont la Cour suprême était son lieu géométrique, l'Administration territoriale malgré la bonne volonté des ministres : malgré notre opposition à un avis de perte de titre foncier, peine perdue. Ne parlons pas des Domaines : malgré le litige, notre opposition. Les correspondances signées en février n'arrivent à destination qu'en juin, d'autres se trouvent enfouis sous un tas de dossiers près de 18 mois. Des parcelles qui sont subdivisées par des agents.

Un exemple ahurissant, Notre Dame du Liban est divisée en deux parcelles : l'Eglise une parcelle et la maison du curé une parcelle, car Georges sait bien qu'une parcelle contenant l'Eglise ne serait jamais vendue à un Malien. Des parcelles vendues à des centaines de millions aux Libyens, une parcelle à un Malien d'une ambassade malgré notre opposition, un dossier signé à Sikasso alors qu'il est sur Kati, car entre-temps l'agent avait été muté.

Le seul endroit où Georges semble avoir investi c'est l'hôtel « les Cèdres » qui a été détourné de sa vocation première de jardin d'enfants, il est devenu ce que tous vous savez : l'épisode du gouverneur est éloquent. Nous savons d'où venait cet argent. Georges Francis qui es-tu ? Pour avoir droit d'entrer partout. Jusqu'ici nous avons gardé le silence alors que tout n'est pas secret au Mali.

Trop c'est trop, Georges qui es-tu ? Le neveu d'un prêtre maronite ? Sais-tu qu'un maronite est un catholique de rite oriental lié à Rome contrairement à tes propos ? Renseigne-toi auprès des vrais Libanais à Bamako. Qui est Saint Maron, le fondateur de l'Ordre maronite, une des plus anciennes branches de l'Eglise catholique ayant son rite propre (5e siècle). Tes compatriotes auront honte de t'entendre dire qu'ils sont maronites et pas catholiques.

Ton oncle était un prêtre catholique, demandé par l'archevêque catholique de Bamako, pour s'occuper des maronites catholiques du Mali car ils ont reçu toute leur éducation chrétienne dans ce rite et cette langue. C'est pour rendre service aux vrais Libanais présents dans notre pays que le responsable catholique de Bamako a fait appel à un prêtre catholique de rite oriental - souci légitime d'un pasteur. Mais à condition : le respect de la juridiction de ce responsable. Comment alors une paroisse peut-elle être la propriété de celui qui est mandaté pour la gérer en son nom. Les juges ont dit, il est fondateur et propriétaire.

Si tous les missionnaires avaient fait comme Francis que resterait-il de l'Eglise et de ses œuvres au Mali : pas de lieu de culte, pas de dispensaire, pas d'école. Or le père Youssouf est arrivé ici mains et portefeuille vides, il est encore vivant, le vieux gardien qui lui amenait son enveloppe contenant sa pension mensuelle.

Georges, si nous répondions du tic au tac, je ne sais pas si tu serais encore au Mali. Tu as montré à certains de nos fidèles que tu as été légionnaire (soldat spécialisé dans certaines interventions dangereuses) et que tu ne crains personne, preuve à l'appui, deux revolvers dont un de calibre 12, un fusil de chasse avec lequel tu as menacé les étudiants de Samaya en tirant en l'air lors de ton premier incendie.

Tout cela, les juges n'en ont cure. Comme disait un juriste par boutade « vous n'avez pas d'argent, vous êtes des radins » , ou encore cet homme bien informé : « l'autre vous a devancé de plusieurs coudées, il a de l'argent qui lui ouvre maintenant des portes, des gens à son service ; vous avez manqué la bonne occasion, le petit Tiecoro l'aurait déjà expulsé, c'est trop tard car avec l'argent et tous les gens qu'il a compromis, sauf si Dieu vous aide, sinon il a de beaux jours devant lui, je me demande s'il ne faut pas baisser les bras. Vos responsables ont fait trop confiance à un type de ce genre. Que Dieu vous aide » .

Pire encore, qui es-tu ? Nous avons hésité à le dire mais tu nous contrains à le faire. Tu ne serais pas le neveu de Youssouf. Ton père serait un Pakistanais marié à une Libanaise qui est ta mère et qui aurait eu des relations d'affaires avec Youssouf. Si c'était le cas, quelle serait la portée de la supercherie ? Les testaments ? Vérifiez les deux formulations :

* C'est à leur Maison Généralice à Rome qu'il a envoyé le vrai et authentique testament avec témoin religieux. A son retour du Mali où en réalité il a été expulsé comme ne jouant plus sa fonction de prêtre catholique, il a vécu en France comme aumônier d'un couvent de religieuses dans l'Archidiocèse d'Albi. Nous avons une lettre de l'Archidiocèse d'Albi qui bat en brèche tout ce que tu dis sur la vie de celui que tu appelles ton oncle. Il n'avait pas besoin de ton aide c'est lui qui t'a aidé par la rente de la villa qu'il a vendue. Il jouissait de la retraite à 100 %, comme les prêtres âgés de l'Archidiocèse d'Albi où il a continué à être un habile manœuvrier jusqu'à son lit de mort où tu lui as extorqué un faux testament qui lui dénie le titre même de prêtre ? Nous nous gardons de le juger car seul Dieu est juge et miséricordieux.

* Georges, l'Eglise du Mali n'est pas la propriété de Monseigneur Jean Zerbo, il en est un des intendants.

Ce n'est pas son patrimoine et il ne saurait la donner en héritage à un éventuel prétendant. Ce n'est donc pas une affaire entre toi Georges et Monseigneur Zerbo, mais entre une Communauté et l'individu Georges.

Georges et ton écrivain de même acabit, cessez de tenir des propos malveillants à l'égard de notre Archevêque. Nous conseillons à ton scribouillard que nous connaissons bien, de ne pas se laisser embobiner, il joue un jeu dangereux même s'il jouit de tes largesses au bar « les Cèdres ».

Pour mettre à exécution le décret, nous avons appris la mise en place d'une Commission de règlement à l'amiable. On entend parler de milliards de dédommagement. Somme qui dépasse notre entendement, l'endettement du Malien qui ne mange pas à sa faim, qui n'a pas où loger ? Qui financera ce milliard ? Ce petit contribuable. Quel scandale ! Et même quel crime ! Donner une telle somme d'argent à un escroc avéré qui n'en serait pas à son premier coup dans notre pays (tout le monde est au courant de l'affaire Sotelma, suite à laquelle tu as fait quelques jours de prison) ! Non Georges, nos autorités n'oseraient pas prendre une telle décision, les catholiques pourraient-ils prier dans la chapelle de Notre Dame du Liban à cette condition ! Non, notre maman ne se fera pas complice.

Monsieur le président, le dénouement de cette triste et longue affaire est en votre pouvoir. Un individu compromis dans des détournements qui dépassent notre entendement, cela peut-il continuer ? Citoyens de ce pays, nous voulons que justice soit faite, mais pas sur le dos des pauvres contribuables qui peinent à trouver leurs trois (deux) repas quotidiens et sans logement décent.

Nous ne sommes pas prêts à accepter que des centaines de millions soient données à un escroc dans un règlement à l'amiable car cela signifierait qu'il a raison. Prendre une Eglise en otage et la libérer avec de telles cautions ? Je ne sais pas s'il y a un seul catholique ou même un seul de nos compatriotes qui entrerait dans ce jeu. Le trop de juridisme tue la justice.

Nous sommes trop respectueux de nos responsables pour leur lancer un ultimatum, ce n'est pas notre méthode, ni notre idéal de vie en société. « Heureux les artisans de paix » , nous dit le Maître, mais aussi dit-il, « Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice » .

Des citoyens catholiques à leurs frères maliens

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