Au Mali, les mères en particulier craignent ce qu'on appelle le « daw », c'est-à-dire les préjugés dit favorables à un enfant. Reconnu beau, intelligent ou même pieux… par son entourage, celui-ci peut voir sa belle « destinée » écourtée par jalousie ou simplement par le fait divin.
Il devrait peut-être en être de même en politique, car notre société enseigne aussi que « sa do go len dé bè kogo ». Autrement formulé, le serpent doit pouvoir se cacher pour échapper à l'adversité des hommes. En réalité, c'est une parabole qui enseigne l'humilité, la sagesse et condamne la propension au m'as-tu-vu.
Ces beaux enseignements sont-ils en train d'aller à vau l'eau ? Toujours est-il qu'à présent on ne cesse de dire les mérites du chef de l'Etat, sans lequel, semble-t-il, les Maliens seraient encore à l'âge de la pierre taillée. On sasse et ressasse qu'ATT est une chance pour le Mali, si le Mali n'est pas un don de lui. Eskèye ! On feint même d'ignorer que l'argent qui lui permet de bâtir vient du contribuable.
Si cela était et venait du fond du cœur, il fallait avoir peur pour ATT. Mais voyez-vous la plupart des soutiens découlent de la volonté de ceux qui se sont habitués à l'ambroisie et ne peuvent plus s'en passer. C'est un peu l'histoire de l'âne et du miel. Or, tout flatteur vit aux dépens de celui qui l'écoute.
Si le vote est vraiment secret, pourquoi chanter sur tous les toits, pardon à l'ORT… Koulouba sa préférence pour le président sortant tout en appelant les autres électeurs à faire de même ? Passe encore que tous ceux qui sont susceptibles de concilier et de réconcilier en cas de pépins optent pour le chef de l'Etat sortant. Passe que la neutralité de l'administration est désormais sujette à caution. Mais pourquoi diable les enfants et épouses de militaires aussi si l'armée n'a pas été politisée ?
Les hommes, dit-on, meurent là où sont leurs enfants et leurs femmes. Peut-il en être autrement pour les porteurs d'uniformes ? L'exemple d'un officier supérieur a fait tache d'huile. Mais il y a peut-être déjà péril en la demeure.
CONSENSUS POLITIQUE AU MALI
Chronique d'une fin de règne imposée
Le problème de la candidature d'ATT est en réalité plus caillou que coton. S'il ne respecte pas son engagement, il rendra compte aux négociateurs de 2002. D'où le mutisme actuel de Koulouba, les voyages et les déplacements multiples à l'intérieur et à l'étranger, d'où aussi souvent la mauvaise humeur du président quand ses affidés se font plus royalistes que le roi. ATT a tout à perdre avec un second mandat.
Dans beaucoup de sociétés humaines le verbe, c'est-à-dire la parole donnée, joue un grand rôle dans les relations entre les hommes singulièrement chez nous où l'oralité s'est implantée au détriment de l'écriture, ce que dit un individu est un déterminant pour lui et, pour parler simplement, la parole sert de baromètre pour apprécier sa qualité. En termes clairs, plus un homme sera soucieux de respecter sa parole qui équivaut à un engagement de sa part, plus il sera jugé homme de parole et d'honneur et plus il la déconsidère, moins il sera pris pour quelqu'un de valable et de respectable.
Nous ne sommes pas dans les secrets des dieux politiques mais la manière dont l'élection présidentielle de 2002 s'est déroulée fait penser que quelque part à Libreville (Gabon) où Ibrahim Boubacar Kéita s'est rendu avant le premier tour, et à Paris, qui fut en liaison téléphonique permanente avec Alpha Oumar Konaré, un accord a été trouvé au sein de la classe politique malienne pour dire à IBK de mettre provisoirement en berne ses ambitions présidentielles, de façon à permettre à ATT de gouverner le pays pendant 5 ans, de 2002 à 2007.
Le consensus tant décrié maintenant n'a de sens que dans ce contexte dans la mesure où c'est toute la chasse politique qui a décidé de s'effacer provisoirement au profit d'ATT, l'homme de mars 1991, parce que la situation politique intérieure exigeait son retour pour 5 ans, pas plus. L'on craignait alors que remonté à Koulouba suite aux élections après avoir été démarqué en 2000, Ibrahim Boubacar Kéita, élu président de la République du Mali, ne fasse nettoyer sévèrement et durement les écuries d'Augias de la maison Adéma.
On gardait présent à l'esprit comme une formule incantatoire le passage en dents-de-scie de ce parti aux affaires avec les dégâts que chacun sait. Durant ces dix ans, tout n'avait pas été propre dans les rangs de l'Adéma et, en prenant en compte les récentes déclarations de son président disant que si le parti n'avait pas soutenu ATT (politiquement et électoralement) il aurait eu dans le dos la Sécurité d'Etat, l'administration et la justice, on peut dire que dans ce laps de temps il y eut plus de gaspillages et de détournements de fonds que d'éclaircies pour le pays. Venu dans ces conditions d'apaisement, le consensus pouvait se comprendre, mais comme formule de gouvernement comme l'a tenté de le faire le Mouvement citoyen à partir de 2002, il apparaît plutôt comme du vaudeville auquel ne croient même pas ses propres promoteurs, cette doctrine n'étant enseignée nulle part en sciences politiques.
On n'a pas de preuve mais tout laisse penser qu'ATT a été désigné pour faire passer au pays cinq ans de désordre, voire de guerre civile après les gloutonneries de l'Adéma. Mais l'appétit venant en mangeant, les pressions de l'entourage se faisant fortes et lui-même cédant à l'attrait et aux privilèges liés au pouvoir, ATT a décidé unilatéralement de revenir sur sa parole donnée et de se porter candidat en 2007.
Du Capitole à la roche Tarpéienne ?
Mais il sait que les acteurs et les témoins de 2002, qui sont tous vivants, ne l'entendront pas de cette oreille, ne manqueront pas de lui rappeler les termes de l'accord de 2002 et c'est pourquoi il se trouve aujourd'hui au centre d'un embarras terrible, presqu'un dilemme cornélien qui le fait tourner en rond. Ne comprenant rien à ce méli-mélo politique, les sieurs du Mouvement citoyen et tous ceux qui veulent profiter de sa présidence durant les 5 ans à venir, grenouillent autour de lui effarouchés qu'il prenne du retard à faire acte de candidature.
Cependant, dès le départ, entre 2004 et 2005, lorsque les loups se sont levés pour annoncer qu'il lui fallait un second mandat en 2007 pour parachever une œuvre qui n'était même pas encore commencée, c'était à lui de mettre fin courageusement à la zizanie en leur disant qu'il n'est pas partant pour un second sacre. Il ne l'a pas fait et a laissé la pagaille économique, sociale et politique s'implanter. Le résultat est qu'il est lui-même pris aujourd'hui à son propre piège.
Les femmes de beaucoup d'horizons mais toutes intéressés par sa victoire, croyant qu'il est pauvre au point de manquer de 10 millions de F CFA pour payer la caution constitutionnelle ont décidé récemment de cotiser et de la payer à sa place. Elles ignorent qu'ATT est plus riche qu'elles toutes mises ensemble avec leurs tribus et que si ce n'était qu'un petit problème de dix millions, même le planton de Koulouba peut acquitter cela en une nuit sans souci pour le lendemain.
Le problème de la candidature d'ATT est en réalité plus caillou que coton. S'il ne respecte pas son engagement, il rendra compte aux négociateurs de 2002. D'où le mutisme actuel de Koulouba, les voyages et les déplacements multiples à l'intérieur et à l'étranger, d'où aussi souvent la mauvaise humeur du président quand ses affidés se font plus royalistes que le roi.
Tiébilé Dramé a dit lors de la dernière conférence nationale du Parena (courant février 2007) que son salut est de ne pas demander un deuxième mandat. Il sait de quoi il parle et ATT ne doit pas écouter ses courtisans et ses laudateurs qui ne comprennent rien à rien, ne voyant que leurs seuls intérêts matériels et financiers immédiats. Il a déjà trop fait pour le Mali et ce peuple lui sera éternellement reconnaissant.
Une première fois en mars 1991 il a mis fin aux boucheries organisées par Moussa Traoré et ses sbires, mieux il a réussi à organiser la conférence nationale et a dirigé la transition démocratique jusqu'aux élections présidentielles de 1992. Une seconde fois en 2002, quand le pays était au bord de l'incendie par le fait de ses propres fils, appelé par la conjecture, il a répondu présent et s'est montré à la hauteur.
Un homme qui a été deux fois sapeur-pompier pour son peuple mérite de compter parmi les dignes fils du pays. Pour toutes ces raisons ATT ne doit pas se représenter en 2007 pour éviter de sortir par la petite porte. Pour toutes ces raisons, il doit courageusement suggérer à ses souteneurs de se présenter eux-mêmes au lieu de s'agripper à lui comme le font au bon nageur les gens sur le point de se noyer dans le fleuve.
Yiriba
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DIASPORA
Les Maliens de France ne gobent plus ATT
Malgré l'opération de charme effectuée par Me Mountaga Tall la semaine dernière à Paris, les Maliens de France ne veulent plus entendre parler d'ATT. Ils promettent de le sanctionner à la présidentielle.
L'élection présidentielle s'approche à grands pas. Les partis signataires de l'Alliance pour la démocratie et le progrès (ADP, mouvance présidentielle) sont en train de faire une offensive généralisée sur le terrain.
Après la sortie ratée d'ATT à Montreuil le mois dernier (il avait tenté de faire croire une histoire de varan qu'il a lui-même mal assimilée à ses compatriotes avant d'être hué), c'était autour de Me Tall d'effectuer le déplacement à Paris pour laver l'affront fait à son nouveau patron.
Le samedi 24 mars, le 1er vice-président de l'Assemblée nationale a animé une conférence dans un foyer parisien « Pied de la gare » au XIIIe arrondissement où ce sont en tout 50 curieux qui ont fait le déplacement. Cette offensive de charme en direction de nos « tounkarakés » a été un flop en termes de mobilisation.
Mais devant des participants clairsemés, Me Tall a dit tout sauf la réalité au Mali. Il a fait croire aux enfants maliens de France que tout va bien au pays. De l'école à la santé, en passant par les infrastructures, Me Tall a peint un tableau idyllique du mandat d'ATT à la tête du Mali.
Connivence contre les « irréguliers » ?
« Nous ne sommes pas au pays, mais ça ne veut pas dire que nous ne sommes pas au courant de ce qui se passe là-bas » , nous ont fait savoir plusieurs participants à la rencontre. A la question de savoir pourquoi ils ont fait le déplacement, nos interlocuteurs ont affirmé qu'ils voulaient entendre les « bobards de Tall » .
« Nous ne donnerons pas nos voix à un pouvoir dont la politique peut nous conduire aux frontières de la France. Depuis l'arrivée d'ATT, il ne passe pas un jour sans que des Maliens soient refoulés souvent menottés. Le peu de dignité qu'on avait s'est envolé. Les Maliens constituent le plus grand contingent dans les centres de détentions de Vincennes, Roissy, Bobigny, Pontoise, Cité », ont-ils affirmé.
Ils affirment que l'une des raisons qui fait qu'ils ne vont pas voter ATT, tient au fait que le consulat du Mali en France, contrairement aux autres, délivre le plus grand nombre de laissez-passer (autorisation de reconduite à la frontière) pour leurs compatriotes en situation irrégulière tombés dans les filets de la police.
« Nous pensions qu'il était venu nous dire que le président a pris des dispositions par rapport à ça. Mais non ! » Selon notre interlocuteur, le consulat du Mali ne se soucie pas de ses ressortissants. « Tout ça c'est la politique d'ATT. Nous n'allons pas le suivre dans cette voie » , ont-ils tranché.
Amadou Sidibé
( envoyé spécial à Paris)
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IBK A L'INSTALLATION DE LA COORDINATION FDR DE SEGOU
« ATT a trahi les Maliens »
Ibrahim Boubacar Kéita, président du Front pour la démocratie et la République (FDR) a, avec ses alliés, entamé dimanche dernier à l'espace culturel Mieru Ba de Ségou, la mise en place des bureaux de coordination régionale. IBK a en profité pour s'attaquer à ATT.
Un événement en cache un autre. Venu pour la cérémonie de mise en place du bureau régional du FDR dans la Capitale des Balanzans, le président en exercice du FDR, Ibrahim Boubacar Kéita, entouré de Me Mamadou Gakou de la COPP, de Mahamadou Dallo Maïga du Parena, d'Abdoul Traoré dit Diop de l'ADJ, d'Ousmane Baba Kalé de la Concertation démocratique (CD) et de El-Madani Diallo de Convergence-2007, a dénoncé certaines dérives de la campagne électorale anticipée entreprise par ATT.
« Ce n'est pas pour rien que je fais peur aux gens. Je n'ai jamais mangé un franc de l'argent public. Il y a le palais de l'Assemblée nationale. Pourtant, je suis chez moi. J'ai acheté la voiture dans laquelle je suis venu à Ségou en 2001 quand je n'étais pas encore à l'Assemblée. Aujourd'hui, on voit que le président de la République ne respecte pas la loi. Il utilise l'argent de l'Etat pour tromper les gens. Il a trahi les Maliens. Il faut savoir que les hommes passent toute la nuit à s'amuser mais cela ne les empêche pas de se faire la guerre le lendemain. Le FDR est créé dans le cadre de l'approfondissement de la démocratie malienne et du renforcement de l'état de droit… » , a rappelé IBK.
Habité par la foi en Dieu, le président du FDR a laissé entendre que : « Si Dieu veut abandonner un individu, il fait de lui son propre ennemi. Dieu est avec nous parce qu'Il sait bien que nous sommes en train de travailler pour le bien être de notre pays ».
Me Mamadou Gakou a rappelé que le président de la République doit arrêter la torture qu'il inflige au peuple malien.
Pour Pr. Abdoul Traoré dit Diop, « il est vrai que beaucoup de partis se sont donnés à ATT pieds et mains attachés. Alors que sans parti politique, il n'y a pas de démocratie. C'est pourquoi on a décidé de créer l'ADJ. Avec l'aide du RPM et du Parena, on a pu mettre sur place le FDR. L'ADJ n'est pas venue au FDR pour chercher le pouvoir mais pour de temps en temps rappeler les partis politiques à l'ordre » .
Le bureau de la coordination FDR de Ségou a été mis en place. Les membres du nouveau bureau ont été choisis par une commission mise en place par les 16 partis et associations du FDR qui ne sont pas tous représentés. Selon Seydou Dembélé, le nouveau président élu, « Ségou a été honoré du coup d'envoi des activités de la mise en place des coordinations régionales FDR. On peut dire que c'est aujourd'hui qu'on va commencer le travail. Nous allons travailler pour faire avancer ce front » .
Bien qu'il n'y avait pas eu de t-shirt pour motiver les gens dans le cadre de l'évènement, les militants du FDR sont venus nombreux de tous les cercles de Ségou pour la mise en place de leur bureau de coordination FDR. L'espace culturel Mieru Ba de Ségou a refusé de monde.
Sidiki Doumbia (stagiaire)
( envoyé spécial)
Les membres du nouveau bureau
Seydou Dembélé RPM (président)
Amadou Coulibaly RDT (1er vice-président)
Mamadou Boundi Convergence-2007 (2e vice-président)
Adama Diarra Parena (3e vice-président)
Dialla Diakité d'ADJ (4e vice-président)
Oumar Djiré CD (5e vice-président)
Sinandi Santara (6e vice-président)
Ousmane Fofana COPP (7e vice-président),
Soumaïla També de ADJ (secrétaire général)
Adama Fankélé Pléa ADJ (secrétaire général adjoint)
Aliou Maïga de Convergence-2007 (trésorier)
Ousmane Tangara RPM (trésorier adjoint).
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Potins
Campagne : le MC éconduit par des Ségoviennes
L'Association des femmes de Ségou, qui travaille à Bamako, a décidé de se recréer samedi dernier à Ségou en organisant une fête. Le Mouvement citoyen (MC) s'est accaparé l'organisation de cette fête. Cet acte du MC a démotivé des femmes de la Cité des Balanzans. Seul un groupuscule de Ségoviennes qui travaillent à Bamako transportées par deux cars du ministère de la Justice ont pris part à la fête. Selon Nouhoum Diarra, 2e adjoint au maire de la commune urbaine de Ségou, « ce que le MC est en train de faire actuellement n'est plus ni moins que la violation de la loi qui se fait au vu et au su du président de la République. Les Ségoviennes venant de Bamako devaient être accueillies par leurs sœurs de Ségou, mais quand celles-ci ont appris que le Mouvement citoyen et le ministère de la Justice se sont mêlés de l'organisation, elles se sont tout bonnement retirées » .
Médias publics : IBK envoie paître l'ORTM
A l'issue de la mise en place du bureau de coordination de Ségou, l'équipe de l'ORTM qui a couvert l'événement a demandé une interview à IBK. Ce dernier n'a pas hésité une seule minute en faisant dos au micro, infligeant publiquement une humiliation à cette équipe de l'ORTM. « L'ORTM m'a demandé une interview. Je n'accorde pas d'interview à l'ORTM. On ne va jamais oublier tout ce que l'ORTM nous a fait. Il s'agit notamment des cadres de l'ORTM. On ne va jamais oublier » , a averti le président du FDR.
Markala : guerre sous-préfet/population
Le sous-préfet de Markala, qui continue d'être le coordinateur de CSJ-ATT de sa sous-préfecture, est devenu aujourd'hui un malfaisant aux yeux des citoyens de Markala. Ils lui demandent soit de quitter la scène politique soit de laisser leur ville… Le quiproquo a commencé entre lui et le député Mme Diarra Traoré. Celle-ci n'a pas du tout accepté son irruption sur la scène politique. Le sous-préfet est même accusé de ventes illicites de parcelles dont l'argent lui sert d'organiser des activités du CSJ-ATT. En cherchant des soutiens tous azimuts, ATT, mine de rien, est en train de semer les graines de violences inutiles dans le pays.
S. D.
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