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2007

Mois de mars

Les Echos du 21 mars 2007

BESOINS VITAUX NON SATISFAITS

Trois millions de Maliens privés d'eau potable

Au Mali, plus de 3 millions de personnes n'ont pas accès à l'eau potable. La révélation a été faite hier au cours d'une conférence de presse organisée par le Comité national de pilotage de la campagne internationale pour l'eau et l'assainissement.

Le Mali, à l'instar de la communauté internationale, célèbre demain la Campagne internationale pour l'eau et l'assainissement. En prélude à l'événement, le président du Comité national de pilotage, notre confrère Idrissa Camara, s'est prêté mardi au CICB aux questions des journalistes, qui voulaient en savoir plus sur la campagne.

D'entrée de jeu, le conférencier a indiqué que le secteur de l'eau et de l'assainissement connaît une crise à l'échelle mondiale. Les statistiques avancées donnent le vertige : 1 milliard de personnes n'ont pas encore accès en 2006 à l'eau potable, 2,6 milliards d'habitants des pays pauvres ne disposent pas d'installations sanitaires adéquates, 1,8 million d'enfants meurent chaque année, soient 5000 enfants par jour du fait d'une maladie liée au manque d'eau et d'assainissement…

Au Mali, selon les statistiques officielles, plus de 3 millions et 6 millions de personnes n'ont pas encore accès respectivement à l'eau potable et à des équipements sanitaires adéquats. Des dizaines de milliers de filles sont injustement privées d'éducation parce qu'elles s'adonnent quotidiennement aux corvées d'eau. C'est bien pour toutes ces raisons, dira M. Camara, que les partenaires du secteur (organisation de la société civile, ONG internationales et nationales, services techniques, bonnes volontés) ont décidé de conjuguer leurs efforts pour lancer une campagne internationale pour l'eau et l'assainissement qui couvrira la période 2007-2011. « Au cours de cette période, nous devons tout mettre en œuvre afin que les Objectifs du Millénaire pour le développement soient atteints » , a-t-il souhaité.

L'objectif de la campagne, ajoutera-t-il, « est la mobilisation de fonds adéquats pour l'accès universel des populations aux services d'eau et d'assainissement et la gestion rationnelle des ressources en eau en vue d'atteindre l'objectif n°7 des OMD » .

Et au conférencier de poursuivre que même si des efforts considérables sont en train d'être faits « force est de constater que nos autorités nationales, en dépit de la volonté dont elles font montre, restent confrontées au problème récurrent de la mobilisation financière et de la gestion rationnelle des ressources existantes pour un accès universel de nos populations aux services d'eau et d'assainissement » . Ce qui lui fera dire que l'atteinte de l'objectif n°7 des OMD n'engage pas seulement la responsabilité du gouvernement, mais interpelle également la conscience des acteurs du secteur.

Mohamed Daou

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BETRAM-SA

Neuf mois sans salaire

Les travailleurs de la Base pour l'équipement et les transports du Mali (Betram-SA) accusent aujourd'hui plus de neuf mois sans salaire. Face à cette situation dramatique, ils ont organisé hier un sit-in pour montrer à l'opinion nationale toute leur souffrance.

Après plusieurs correspondances adressées à l'Union nationale des travailleurs du Mali (UNTM), à la presse et aux autorités compétentes, les travailleurs de la Betram-SA continuent toujours de souffrir du non-paiement de plus de neuf mois de salaire. Excédés, ils ont tenu hier devant leur entreprise, située à Sogoniko, un sit-in au cours duquel ils ont demandé le paiement intégral des arriérés de salaires et le respect du cahier de charges et de ses clauses.

La privatisation d'une entreprise est toujours liée à un cahier de charges. Celui de la Betram-SA prévoit le retrait pur et simple de l'entreprise privatisée à son acquéreur ou l'actionnaire majoritaire en cas de non-respect par celui-ci d'une des clauses.

La Betram-SA, privatisée en 1993 par l'Etat malien, a pour actionnaire principal le Groupe Simaga qui détient 95 % du capital et les travailleurs de l'entreprise 5 % des actions. Le Groupe Simaga, aux dires des travailleurs, a complètement tourné le dos à la Betram-SA, après son acquisition. Il n'a jamais pris en compte le cahier de charges . L'Etat non plus ne lève le petit doigt.

Déboires des agents et valse de directeurs

Les déboires des agents ont commencé en 1999 quand 18 travailleurs ont été licenciés pour cause de restructuration qui n'a jamais eu lieu. Lorsque le Groupe Simaga reprenait la société, elle comptait 71 travailleurs. Aujourd'hui, elle ne compte qu'une trentaine d'agents à cause des licenciements et démissions. Leurs salaires varient de 36 000 F CFA à 80 000 F CFA. La Betram-SA a connu également une valse de directeurs. De 1993 à nos jours, neuf directeurs s'y sont succédé .

Selon Birahima Lam, le secrétaire général du comité syndical, chaque fois qu'un directeur vient et qu'il commence à poser des actes d'épanouissement de l'entreprise, ce dernier se fait licencier par Bamadou Simaga, le fondateur du Groupe du même nom.

« M. Simaga ne veut pas le développement de la Betram-SA parce que tout simplement il veut étouffer la part minoritaire des actions des travailleurs afin que l'entreprise soit sa propriété privée. Après le départ de tous les directeurs, il a nommé l'un de ses fils à la tête de l'entreprise pour qu'elle soit orientée à son souhait » , a-t-il ajouté.

« Nous vivons dans la misère totale. On ne peut plus avoir de crédits avec les voisins. Les gens disent qu'on n'a pas de salaires » , a déploré une travailleuse.

Pour Oumar Coulibaly, délégué du personnel, « le problème de la Betram a duré tout ce temps à cause du mutisme des autorités. Simaga pense qu'en refusant de nous payer, nous allons nous décourager et nous en aller. Sinon ce n'est pas par faute de moyens qu'on n'a pas nos salaires. Mais nous n'allons pas relâcher. Nous allons lutter jusqu'à ce qu'on soit mis dans nos droits » .

Les responsables de Betram n'ont pas daigné prononcer un seul mot.

Sidiki Doumbia

( stagiaire )

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CONSEIL DES TRANSPORTEURS ROUTIERS

Blocage dans la mise en place du bureau

Dans les milieux d'affaires maliens, les contentieux électoraux nés de l'élection des membres des différentes chambres consulaires se suivent et se ressemblent. Transporteurs, chargeurs et opérateurs économiques sont victimes d'une main invisible… connue.

L'élection des membres consulaires du Conseil malien des transporteurs routiers (CMTR) du district de Bamako connaît à son tour son contentieux électoral. Les résultats du scrutin du 17 février 2007, favorables à Youssouf Traoré, PDG de Bani Transport, ont été annulés vendredi dernier par le Tribunal administratif.

Par jugement n°003 en date du vendredi 17 mars, le Tribunal administratif statuant en audience publique extraordinaire, a annulé l'élection des membres consulaires du CMTR du district de Bamako et a ordonné de nouvelles élections dans les 15 jours qui suivent. Cette décision est consécutive à la plainte en annulation introduite par Moctar Théra, tête de liste « B » de la section transport interurbain, qui a perdu dans les trois sections (transport urbain, transport interurbain et transport international) contre Youssouf Traoré de la liste « A ».

L'annulation des résultats a du coup empêché la mise en place du bureau du CMTR, prévue le samedi 17 mars 2007. Youssouf Bani Traoré qui sort victorieux de ces élections a indiqué hier au cours d'une conférence de presse, que « le verdict du Tribunal administratif ne devait pas entraver le processus électoral parce qu'il n'a qu'un caractère informatif et non exécutoire » . Selon lui, il ne devait pas empêcher la mise en place du bureau.

Deux poids, deux mesures

Le département des Transports par le canal de la direction nationale des transports (DNT), qui a pris une part active dans l'organisation matérielle de ces élections, est soupçonnée de parti pris. Selon le camp de Youssouf Bani Traoré, « la DNT a pris la responsabilité sur elle d'annuler les résultats des élections sans avoir le plumitif du greffe encore moins la grosse du jugement » .

Pis, la DNT avait informé la veille de l'audience du Tribunal administratif, les transporteurs des régions de Koutiala, Sikasso et Ségou à ne pas faire le déplacement de Bamako à cause de l'annulation du scrutin du 17 février 2007. Les membres consulaires de Bamako et ceux d'autres régions n'étant pas dans le secret des dieux s'étaient mobilisés pour la mise en place du bureau, a témoigné M. Traoré.

Tout se passe comme s'il y a deux poids, deux mesures dans ces commissions d'organisation des élections consulaires chapotées par le gouvernorat du district.

Aux élections consulaires du Conseil malien des chargeurs (CMC) du district du 17 mars 2007, le jugement du Tribunal administratif portant annulation de la candidature d'Ousmane Babalaye Daou a été ignorée par le président de la commission d'organisation pour la simple raison qu'elle n'est pas exécutoire. Ce qui a permis à M. Daou de se présenter et de se faire élire contre le président sortant Amadou Djigué.

La leçon à retenir dans tout ça est que ces élections corporatistes qui se sont toutes soldées par des contestations paraissent aux yeux des observateurs avisés comme les prémices d'élections présidentielle et législatives de 2007 tourmentées. L'Etat doit se ressaisire et mettre des garde-fous au besoin.

Abdrahamane Dicko

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PRESIDENTIELLE MALIENNE

Ministres cherchent place dans la campagne

Alors même qu'ils doivent observer une stricte neutralité, les membres du gouvernement Pinochet battent ouvertement campagne pour le président candidat. Depuis cinq ans, nous assistons à la mise à mort programmée de notre démocratie devenue une marionnette entre les mains d'ATT.

Les ministres sont chargés, au sein du gouvernement, chacun en ce qui le concerne, de conduire la politique de la nation. Ils détiennent dès lors une position centrale dans la vie de la nation, notamment par leur double fonction administrative et politique. Ces deux fonctions pourtant ne sont-elles pas appelées, du fait de leur divergence de nature à entrer en conflit l'une avec l'autre ?

La position administrative du ministre en fait un acteur indispensable de la vie institutionnelle de la République car, de par la position médiane entre sa fonction politique et sa fonction administrative, il détient des pouvoirs immenses sur les cadres relevant de sa tutelle et même des populations alors même qu'il n'a aucune légitimité populaire. Il détient tous ces pouvoirs, parce que tout simplement il s'est trouvé être l'ami du premier élu qui peut n'avoir aucun souci pour « son » peuple. C'est pourquoi, dans cette confusion indescriptible, chacun essaie d'avoir le don de l'ubiquité (être à la fois partout). Nos ministres s'agitent autour du candidat ATT.

Il y a les ministres amis de toujours, il y a ceux qui ont une place évidente, voire officielle sur les questions nationales et de famille, il y en a qui sont des porte-parole éternels... et puis il y a ceux qui sont là mais qui aimeraient bien exister un peu plus dans la campagne du candidat général, et même beaucoup plus. Les places ministérielles deviennent de plus en plus chères et chacun le sait. C'est pourquoi, ils s'agitent particulièrement ces derniers temps. Ils rivalisent de méthodes et d'approches pour se faire désirer par le chef qui veille à table avec « sa » famille sur tout.

La méthode et les moyens importent peu. L'essentiel est d'assurer la victoire dès le 1er tour, le fameux « takokélen ». Dans l'entourage du candidat non déclaré en campagne, le mot d'ordre est clair : « chacun aura la place qu'il aura cherché en mouillant bien le maillot ; on gagne ensemble ou l'on perd ensemble, nos sorts sont intimement liés ». On fait donc tout pour peser. Si on n'organise pas des fora pour préparer l'opinion à la relecture de la Constitution qui limite le mandat présidentiel, on organise des manifestations folkloriques au cours desquelles on fait semblant de verser des contributions pour la bonne mise en œuvre des idées du président qui est affublé de « Rédempteur du peuple, Messie, Don du ciel ». Ah les ignares, ils ne savent même plus ce qu'ils disent, car tous les rédempteurs du peuple autoproclamés reposent aujourd'hui dans la paix… du cimetière.

On a l'impression d'être dans un pays où la population est difficile, voire ingrate face à un président visionnaire, magnanime, inoffensif et un gouvernement laborieux. Nous estimons que pour tout cela le candidat non déclaré doit être prudent, sinon de faire « progressivement ». Pour l'essentiel, nos ministres doivent intervenir dans la campagne en raison de leurs compétences. Ce qui n'est pas le cas pour la plupart d'entre eux. Chacun entend donner à son soutien un sens politique. On pèse et on soupèse pour mieux négocier son ralliement. Il n'y a pas eu de suspense dans les choix des candidats pour 2007. Il n'empêche, tout est mesuré.

Le coq à l'âne présidentiel

Dans tous les déplacements et autres activités de nos ministres, nos pauvres s'engagent à reprendre un certain nombre d'idées chères au chef. Même nos professeurs reconnus internationalement pour leur « intégrité intellectuelle » reprennent les thèses alambiquées de notre président « ignorant » du genre « même si le soleil est sot » (même si le soleil est chaud). Peut-on tomber plus bas pour conserver un poste fut-il ministériel ? Entre autres sujets abordés tous azimuts, nous pouvons citer les logements sociaux, les infrastructures routières, la stabilité politique, la réduction de la pauvreté, etc.

Tous les sujets sont devenus des thèmes de campagne, sauf l'essentiel. Tout le monde prend le soin d'ignorer la lutte contre la corruption, l'école, le pouvoir d'achat, le panier de la ménagère, autant de secteurs clefs pour la sécurisation des populations et la paix sociale. Des signaux sociaux montrent que le peuple a besoin qu'on lui dise comment ses impôts sont utilisés, comment accéder à l'eau potable, comment ses enfants seront instruits et soignés…

Pour cela, on n'a pas besoin de sondages. Nos ministres sont très actifs, chacun essaie d'être omniprésent. Ils font feu de tous bois ; ils ameutent le peuple incrédule qui n'attend que le 29 avril pour se prononcer. Pourtant, l'esprit de citoyenneté chez le Malien devient de plus en plus vivace. Chacun est en train de comprendre que sa carte d'électeur a une valeur dans le choix des dirigeants. Ils continuent d'organiser ou de susciter des manifestations via des clubs de soutien montés de toutes pièces sans conviction pour montrer qu'ils disposent de solides réseaux politiques. Ils arrivent apparemment à mobiliser. Au prix de quels efforts et pour quels résultats ? Tous, nous nous devons d'assumer nos responsabilités, c'est-à-dire avoir la capacité de prendre une décision utile pour notre cité, en dehors de toute influence ou pression.

Ainsi la démocratie telle qu'appliquée au Mali depuis bientôt cinq ans suscite de plus en plus de vives critiques au point qu'on s'interroge si nous sommes restés toujours des démocrates ? Si la réponse spontanée est évidemment positive, on peut se demander comment expliquer alors le rejet ou la timidité des Maliens face aux actions du gouvernement depuis un certain temps.

En témoigne la suspicion qui entoure les activités ministérielles : timidité des populations aux accueils, sauf s'ils sont payés. Les citoyens reprochent en effet aux dirigeants de ne plus être en adéquation avec leurs volontés, d'essayer de leur confisquer subtilement le pouvoir et d'abuser de cette possession du pouvoir…Ils sont clairement plus suspicieux face au pouvoir. L'érosion de la confiance de nos concitoyens est donc devenue l'un des problèmes majeurs de notre société.

Monzon

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PRESIDENTIELLE D'AVRIL 2007

Le Malien et la raison politique

Les élections à venir seront le test de maturité de notre jeune démocratie. Il est important d'en faire un test d'éveil citoyen pour que la fleur de l'espoir reste vivante.

Par une nuit de chaleur à Kalabancoura, je décide de déserter momentanément mon appartement pour discuter au bord de la route avec le boutiquier du coin et la smala de chômeurs qui passe le temps à boire du thé. Très rapidement, la causerie prend une tournure politique, la perspective des élections aidant. Personne parmi mes amis d'un jour n'a un diplôme, encore moins un métier. Mais ils sont fermement convaincus de savoir tout ce qui concerne la politique malienne. Chacun parle de son candidat favori, surtout d'Amadou Toumani Touré et d'Ibrahim Boubacar Kéita qu'ils considèrent comme les plus sérieux prétendants. Pendant plus d'une heure, les arguments s'entrechoquent dans une passion digne d'une arène romaine.

Mais il y avait quelque chose d'étrange autour de ce débat. Des sept personnes autour du thé, seules deux étaient inscrites sur les listes électorales et la deuxième affirmait clairement ne pas être intéressée à aller voter. Ensuite, aucun des protagonistes du débat ne connaissait le programme de son candidat. Ces deux faits conduisent à un constat : la démocratie malienne ne fonctionne pas. Les taux de participation nous avaient déjà donné une indication sur les tares graves de notre système. Les Maliens ne s'intéressent pas à la gestion de la chose publique. Nous avons un sérieux problème d'éducation à la citoyenneté.

En interrogeant quelques personnes autour de cette fameuse tasse de thé, j'ai eu une indication de ce qui constitue le discrédit de l'action politique. « Il ne sert à rien de voter, tout est manigancé d'avance » ou « les politiciens ne règleront jamais nos problèmes, ils ne font que profiter de nous pour se remplir les poches » ou enfin « les politiciens ne disent jamais la vérité » .

Certes, ces remarques ne sont pas typiquement maliennes, dans les plus grandes démocraties du monde, les politiques font face aux mêmes préjugés et sentences hâtives mais cela n'empêche pas les citoyens de se rendre aux urnes. Pour paraphraser Jean Chrétien, ancien Premier ministre du Canada, il faut voter même si c'est pour élire un sourd, muet et aveugle. Il disait également que les politiciens ne sont que le reflet de la société : il y a des acteurs d'une probité morale irréprochable et des fieffés manipulateurs ; des citoyens sincères et animés d'élan patriotique et des opportunistes sans aucun scrupule.

Le raisonnement malien a cette conséquence fâcheuse, je dirai même triste, en ce qu'il constitue un abandon, une fuite de responsabilité et surtout un déficit criant d'éducation à la citoyenneté. En refusant de se rendre dans l'isoloir, l'abstentionniste donne l'occasion à une minorité active et militante de choisir à la place de la majorité ; il remet son destin entre les mains des autres, en oubliant que les erreurs de gouvernance ou l'incompétence crasse auront des conséquences directes sur sa vie. Le raisonnement malien est un condensé de fatalisme, de désespoir et quelque part de paresse. Le citoyen ne se donne pas les moyens et l'énergie de défendre son bien-être. Il se réfugie dans une capitulation regrettable et propice à l'éclosion de toutes les dérives anti-démocratiques.

Je pense qu'il est temps de comprendre, dans notre société, que chacun de nous est responsable de la conduite des affaires publiques. L'Etat n'est pas une structure désincarnée, animée par des individus choisis selon la volonté divine. Le Mali est une propriété collective et c'est le Malien ordinaire, où qu'il se trouve et quelle que soit son occupation qui doit en faire une affaire personnelle. Il ne suffit pas de bavarder sans arrêt, d'afficher ostensiblement sa couleur politique ou de déclarer la guerre à l'adversaire qui ne fait qu'exercer un droit reconnu par la Constitution.

Nous sommes à une étape cruciale de l'évolution de notre société dans le sens de la défense de nos acquis démocratiques. Le raisonnement que nous tenons est un danger pour la survie de ces acquis. Il est nécessaire de mener des actions énergiques en vue de renverser la tendance. C'est seulement à ce prix que nous serons dignes de rendre un sincère hommage à nos martyrs de mars 1991, pour que leur sacrifice ne soit l'objet de notre honte commune.

Ousmane Sow

( journaliste , Montréal)

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COMPETITIONS AFRICAINES DES CLUBS

Les Marocains, bêtes noires des Maliens

Le Mali n'a plus de représentant en compétitions africaines des clubs. Après l'Association sportive de Bamako en Coupe de la Confédération, le Stade malien de Bamako a été éliminé dimanche après-midi par le Wydad Athlétique Club de Casablanca du Maroc en Ligue africaine des champions (0-0 à Bamako, 3-1 à Casa). Au-delà de cette nouvelle élimination prématurée, une question mérite d'être posée : à quand la fin du signe indien de nos clubs de football face à ceux du Maroc ?

En 1999, le Djoliba AC de Bamako s'est fait battre en second tour de la Ligue africaine des champions par le Raja de Casablanca, pourtant dominé dans tous les compartiments de jeu.

En 2005, l'Olympique Club de Khouribga a poussé le Nianan de Koulikoro à faire ses adieux à la Coupe de la Confédération. Déjà auteurs d'un nul blanc à Bamako, les Marocains ont assuré leur qualification pour le tour suivant en gagnant à domicile.

Et, cette année, le Wydad, champion du Maroc en titre et club de la grande métropole économique marocaine, a brisé le rêve des protégés du coach Mohamed Magassouba, qui étaient confiants pour cette manche retour. Autrement dit, le Stade n'a fait que confirmer ce qui existait déjà.

Cette débâcle a certainement suscité des interrogations parmi les amoureux du ballon rond au Mali et interpelle tout le monde, y compris les supporters. De concert avec la Fédération malienne de football, les ligues nationales de football, les clubs, le ministère de la Jeunesse et des Sports devront trouver des solutions idoines pour éviter ces éliminations précoces. Wait and see !

Ogopémo Ouologuem

( stagiaire )

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