Cooperative culturelle ; Cooperative multimédia
Jamana Contact
Imprimer
 

 

 

2007

Mois de mars

Les Echos du 20 mars 2007

TIEBILE DRAME, CANDIDAT A LA PRESIDENTIELLE

« ATT nous a poignardés dans le dos »

Dans l'interview ci-dessous, Tiébilé Dramé, président du Parti pour la renaissance nationale ( Parena ), candidat à la présidentielle du 29 avril 2007, accepte enfin de parler de son divorce d'avec ATT qui, dit-il, a poignardé dans le dos le parti du Bélier blanc qui lui a pourtant tout donné. Tout en dénonçant la gouvernance actuelle et en expliquant la prévenance fraternelle qu'il a faite à ATT de ne pas se représenter, le président Dramé nous éclaire sur les raisons profondes de sa candidature. Entretien.

Les Echos : Vous êtes candidat à l'élection présidentielle du 29 avril 2007. Pourquoi ?

Tiébilé Dramé : Je suis candidat, parce que mon parti et moi, nous avons des idées, nous avons des projets et une ambition pour le Mali. L'élection présidentielle est une élection assez importante car il s'agit de renouveler la première institution du pays, c'est-à-dire le mandat de président de la République. Par conséquent, il nous a paru nécessaire de participer à cette élection, de proposer aux Maliens un choix, notre vision, notre projet pour le Mali, ce projet que nous avons déjà élaboré sous forme de livret au seuil du nouvel an et à l'attention du peuple malien. Vous savez, le président de la République a une influence énorme sur la vie du pays. Le choix du président de la République est un choix crucial pour un pays, pour un peuple. Les actes que le président pose, ses décisions, ses orientations quotidiennes ont un impact sur notre vie de tous les jours. Nous y participons parce que nous pensons qu'aujourd'hui, la République du Mali, la démocratie malienne sont en danger.

Les Echos : Un moment donné, vous étiez attendu du côté de l'ADP (la mouvance présidentielle), eu égard à vos bons rapports avec le président de la République. Vous avez plutôt signé la plate forme du FDR. Pourquoi ce choix ?

T. D. : Votre question aurait dû être pourquoi avez-vous rompu avec le président de la République ? Ma rupture avec le président de la République, la rupture de mon parti avec lui, nous ont conduits au FDR. Avant le FDR, il y a notre rupture avec le président de la République. Vous savez, pour nous, la morale existe en politique. Le candidat Amadou Toumani Touré est venu au siège du Parena , le 3 mai 2002 entre les deux tours de l'élection présidentielle pour demander le soutien du Parena . Il avait dit ce jour, que c'était la première fois qu'il mettait les pieds au siège d'un parti politique. Il nous a dit ce jour combien le soutien du Parena était important pour lui. Le candidat ATT et le 1er vice-président du Parena ont procédé à la signature d'une déclaration conjointe, qui vaut accord politique entre les deux parties. Nous avons quand même pris de part et d'autre des engagements politiques que nous ferons savoir au peuple malien le moment venu. Tout le long du mandat d'Amadou Toumani Touré, le Parena a procédé à un accompagnement conséquent. Conformément à cet accord.

Les Echos : Qui a faussé les règles du jeu ?

T. D. : Il est évident pour nous, que cet engagement n'a pas été tenu par celui qui a gagné l'élection présidentielle et qui était candidat au 2e tour et que nous avons soutenu par de nos forces et tous nos moyens. Le problème va au-delà de ça. Pour nous, la morale existe en politique, encore une fois.

Quand on a soutenu un homme pour son élection, quand on l'a accompagné tout au long de son mandat, quand on a stoïquement fermé les yeux sur tous les traitements infligés à notre parti, quand on a estimé tout au long de son mandat que la parole de notre parti, l'engagement de notre parti, allaient au-delà des actes ponctuels, quand enfin, en septembre 2006, nous avons eu la preuve que notre partenaire qu'est le président de la République nous a poignardés dans le dos, alors nous avons réalisé que notre engagement était unilatéral.

Ne tournons pas autour du pot : la cabale montée contre le président du Parena au sujet du dossier du Sommet Afrique-France nous a définitivement donné la preuve que notre partenaire, le président de la République, n'est pas fiable dans la collaboration.

Les Echos : Le dossier de la Casca qui met en doute votre gestion en votre qualité du président du comité d'organisation du Sommet Afrique-France ( Cnosaf ) est-il à l'origine de la rupture dont vous parlez ?

T. D. : Le dossier de la Casca , s'il y en a, est venu bien plus tard. Je pense qu'il date de janvier ou février. Nous avons le dossier de la Casca et un rapport du Contrôle d'Etat qui a été manipulé, tripatouillé à la présidence de la République et transmis à la justice. Beaucoup de vos confrères, sans doute malintentionnés, disent que le problème c'est que nous avons été appelés à la justice pour le détournement de 2 milliards de F CFA. Non seulement cela est faux, mais aussi et surtout, cela n'est pas la question.

Cela est faux parce qu'en fait, pour des raisons évidentes d'intoxication de l'opinion, la Casca qui a balancé ce chiffre s'est refusée à en donner les détails qui allaient couper court aux allégations mensongères : il s'agit d'un ensemble de 24 marchés publics passés en conseil des ministres (où le Parena ne siégeait pas) pour 5 milliards dont trois milliards déjà payés et les 2 147 307 150 F CFA restants, programmés principalement comme suit :

- 960 709 468 F CFA au titre du budget d'Etat 2006 ;

- 660 709 468 F CFA au titre du budget 2007.

Le reste, dont 465 721 931 F sur des restants de budgets en relation notamment avec la réfection du Palais des congrès. Cela n'est pas non plus la question parce que dans notre déclaration du 17 septembre 2006 nous avons dit deux choses :

Premièrement : il y a eu la mission de contrôle et de vérification de la gestion du Cnosaf , ce qui est normal : quand on a géré, on doit se soumettre à un contrôle. Nous avons été convoqué à la justice, encore chose normale. Nous sommes des citoyens comme tous les autres. Nous sommes allé répondre à l'appel du Pôle économique.

Deuxièmement : beaucoup de gens ignorent ou font semblant d'ignorer qu'il y a eu deux rapports dans cette affaire. L'un en date du 13 mars, qui dit que sur les questions fondamentales il n'y a pas d'anomalie dans les dépenses de fonctionnement, pas d'anomalie dans les dépenses de personnel, que les marchés ont été exécutés correctement. Un autre rapport en date du 16 mars 2006 (coïncidence : cela fait un an aujourd'hui !) soit 3 jours après qui gomme toutes les appréciations positives contenues dans le premier rapport du Contrôle d'Etat et qui est signé des mêmes contrôleurs. Y a-t-il manipulation ou pas ? Y a-t-il eu tripatouillage ou pas ? Pourquoi a-t-on procédé ainsi ? Pour nous, cela vaut cause de rupture. La morale existe en politique. On n'accepte pas d'être poignardés dans le dos quand on est compagnons, quand on est amis. C'est la raison pour laquelle, le Parena a passé en revue l'ensemble de son compagnonnage politique avec le président de la République et a décidé que non seulement nous n'y gagnons rien, mais en plus, que nos appels au président pour gérer le pays autrement n'ont jamais été entendus.

Les Echos : Quels appels avez-vous lancés et qui n'ont pas été suivis par ATT ?

T. D. : Nous lui avons écrit régulièrement pour lui dire que le consensus politique doit lui servir pour faire des réformes essentielles. Nous avons fait le bilan et nous avons décidé de nous éloigner de lui. Nous l'avons fait en allant le lui dire. Nous l'avons fait en lui disant que nous ne signerons pas la plate-forme de l'ADP, qui vise à préparer sa réélection. Nous ne la signons pas parce qu'il y a eu une crise de confiance entre nous. Nous sommes des hommes libres. Nous nous battons depuis des années pour l'avènement de la démocratie. Nous nous battons depuis des années pour la consolidation de cette démocratie. Nous avons compris et nous avons décidé de nous éloigner du président ATT.

Les Echos : Ces faits prouvent-il, selon vous, qu'ATT ne mérite pas confiance ?

T. D. : Ecoutez ! Chacun tirera les conclusions qu'il voudra tirer de cela. Nous, nous disons qu'il y a crise de confiance entre le président de la République et nous le Parena . Nous n'avons pas été traités dans notre compagnonnage avec la morale qui sied à la politique. Quand nous nous retrouvons dans le Front pour la démocratie et la République (FDR), c'est tout à fait normal. Le FDR n'est que l'aboutissement logique des décisions successives prises de part et d'autre.

Les Echos : Vous êtes en rupture avec ATT qui va bientôt boucler ses 5 ans à la tête de l'Etat du Mali. Vous qui l'avez soutenu jusque-là, quel jugement portez-vous sur son régime ?

T. D. : Le président Amadou Toumani Touré avait suscité d'énormes espoirs. Raison pour laquelle l'essentiel des forces politiques du pays s'était mis ensemble pour le soutenir et pour accompagner ses actions. Les gens avaient à l'esprit l'homme de la Transition démocratique. Mais force est de reconnaître qu'au bout des cinq ans, il y a eu plus de déception que de satisfaction, que de réalisations. Prenons d'abord les réalisations dont l'ORTM nous rabat les oreilles chaque jour. Mais croyez-vous qu'un président d'un pays ne doit pas travailler à construire le pays ? A faire des routes, des puits, des ponts ? Pourquoi présente-t-on cela comme étant quelque chose d'exceptionnelle ? Avant ATT, il y a eu des routes, des dizaines de kilomètres de route à Bamako, il y a eu deux échangeurs qui sont des réalisations grandioses dans la politique d'urbanisation du Mali. Qui a été au courant de la pose de la première pierre de ces infrastructures ? Qui a été au courant de leur inauguration ? Il y a eu des aéroports construits à Kayes, à Sikasso, Mopti, Ségou, etc. Il n'y a jamais eu de fanfares pour leur inauguration. Je pense que le pays n'a jamais été habitué à ce genre de pratique. En outre, cela plonge le pays dans une campagne électorale permanente depuis juin 2002, qui a fini par lasser l'opinion nationale. Le président de la République ne doit pas avoir une caméra déposée à côté de lui chaque fois.

Les Echos : Qu'est-ce qui peut motiver tout ça ?

T. D. : Cela est fait justement pour cacher l'immobilisme qui a marqué les années d'ATT. Pourquoi cet immobilisme alors que le consensus politique aurait dû être le moment de la réforme ? Où en sommes-nous avec la réforme de notre politique d'éducation, la réforme de l'administration malienne, la réforme de notre politique de sécurité et de défense, la réforme de la justice dont tout le monde sent le besoin ? Malheureusement, le consensus n'a été que le temps du sur-place, le temps de tourner en rond. C'est tout cela que nous présentons au peuple malien. Il a le choix entre l'immobilisme, dans ce cas nous allons droit dans le mur, ou les réformes, pour préparer l'avenir, pour que le Mali aille de l'avant.

Les Echos : Vous êtes de ceux qui pensent que l'école a été un échec sous ATT ?

T. D. : J'ai entendu, lors d'un débat à RFI, l'un des partisans du président dire que l'école est apaisée. Mais l'école est apaisée est-ce que c'est l'école avec des années scolaires de 3 à 4 mois que nous voulons pour notre pays ? Chacun sait que la rentrée universitaire a eu lieu, il y a quelques semaines. L'année scolaire va se terminer aussi dans quelques semaines. Le consensus aurait dû régler toutes ces questions.

Les Echos : Selon vous, le consensus n'a pas du tout été une bonne chose pour le pays ces cinq dernières années ?

T. D. : Tel que nous l'avons vu, il a été une très mauvaise expérience. Il faut en sortir vite. C'est aller de l'avant. Aller de l'avant, c'est faire le choix du Parena , du FDR.

Les Echos : Vous êtes le parti qui s'est le premier manifesté officiellement pour soutenir l'Accord d'Alger. Est-ce que c'est une conviction ou un soutien à ATT au temps où tout allait bien entre vous ?

T. D. : C'était lors de notre conseil national à Sikasso le 15 juillet 2006. Nous n'avons pas soutenu l'Accord d'Alger par amitié pour le président de la République. Nous avons soutenu cet accord et nous continuons à le faire parce que la région de Kidal n'est pas ailleurs, elle est au Mali. Dans cette région, depuis les années 1960, le pays est régulièrement confronté à des formes d'irrédentisme qui mobilisent l'attention nationale. Chaque fois qu'il y a des difficultés dans cette partie du pays, il faut les résoudre par le dialogue. C'est la signification profonde de notre soutien à l'Accord d'Alger. Immédiatement pendant ce conseil de Sikasso, nous avons produit un mémorandum sur la situation du Nord qui appelle à une grande politique d'unité et d'intégration nationale où nous faisons des propositions précises. Nous critiquons même le processus qui nous a conduit aux événements du 23 mai 2006. On doit veiller sur la question du Nord comme si on avait du lait sur le feu. C'est pourquoi le Parena a recommandé la mise en place d'une cellule stratégique sur l'intégration nationale, sur l'unité nationale. Si on arrive aux affaires, dans quelques semaines, nous allons, sur cette question, prendre des initiatives hardies. Nous allons faire en sorte que les jeunes dans cette partie du pays, à Kidal comme à Tombouctou, puissent davantage connaître le reste du pays. Nous n'hésiterons pas à recréer les internats dans les lycées à Kidal, Tombouctou et Gao pour un meilleur brassage entre la jeunesse.

Les Echos : C'est votre expérience d'ancien ministre des Zones arides et Semi-arides qui vous le commande ?

T. D. : Avant cela, c'est mon expérience dans les bagnes du Nord. J'ai été emprisonné à Boureissa en 1980. Quand je passais à ce moment, Abeïbara était un puits. C'est aujourd'hui un cercle. C'était un point d'eau. C'est mon expérience de prisonnier à Ménaka qui me fait croire fondamentalement à l'intégration nationale parce que pendant cette période des années difficiles, alors qu'on était les pestiférés du régime d'alors, nous avons connu une solidarité rarement vue avec les populations du Nord, blanches comme noires. On nous a déportés, on était des exilés intérieurs, on était en prison. Mais, nous avons été entourés d'une attention et d'une solidarité par les populations du Nord qui nous ont fait chaud au cœur. On croit fondamentalement à la paix. On maintient notre soutien à l'Accord d'Alger.

Les Echos : A votre investiture il y a quelques semaines, vous avez conseillé ATT de ne pas se présenter à la présidentielle. Pourquoi ?

T. D. : Le président ATT est un monument de notre histoire. A l'aube du 26 mars, lui et ses parachutistes, en relation avec d'autres chefs militaires, ont parachevé la révolution démocratique. Il a conduit une transition politique de 14 mois qui a été un moment palpitant pour notre peuple. En 2002, après les deux mandats du président Alpha Oumar Konaré, nous l'avons tous soutenu en croyant qu'il serait un très bon président pour réconcilier la classe politique. Il a fait de son mieux. Mon appel au président est un appel d'ami. Je veux qu'il reste un monument de notre histoire. Je veux qu'il reste le héros de mars 1991. C'est pourquoi je l'invite à nouveau à ne pas briguer un second mandat. Cela peut contribuer à ternir son image. Je l'invite fraternellement à se limiter à ce seul mandat. Vous avez vu comment les Français ont apprécié Chirac l'autre jour, qui déclarait qu'il ne sollicite pas un autre mandat. Le monde entier a tressé des lauriers à Chirac.

Les Echos : Si l'on vous demandait, pas en tant que politique, mais en tant qu'enseignant de formation d'attribuer une note à ATT pour ces cinq ans, combien lui donneriez-vous ?

T. D. : Non, au-delà d'une note, je lui donne une appréciation : pouvait mieux faire, voire, devait mieux faire.

Les Echos : Samedi (17 mars 2006), a été célébré, l'anniversaire de la mort de Cabral. Qu'est-ce que vous retenez de lui et de son assassinat supposé ?

T. D. : Assassinat supposé vous avez dit ? Cabral a été assassiné. Ceux qui l'ont assassiné en 1980 ont commis un crime odieux. Cabral a été élu secrétaire général de l'UNEEM dans des conditions extrêmement difficiles. Il fallait une bonne dose de courage et d'héroïsme pour accepter de prendre la direction d'un mouvement qui venait d'être dissout et interdit par le régime de Moussa Traoré. Il a été élu à la fin de mon mandat après la fin de mes études. Il a été leader de la génération d'élèves et d'étudiants qui ont aujourd'hui 50 ans. Si son souvenir reste encore vivace, c'est qu'il a été un exemple de courage et de bravoure. Ceux qui ont été trempés dans ce crime n'ont jamais été identifiés, ils n'ont pas payé pour ce crime. C'est malheureux. Je pense que la révolution de mars 1991 était une excellente occasion pour que le Mali fasse une introspection de son histoire et en tirer toutes les conséquences.

Propos recueillis par

Abdrahamane Dicko

Acceuil


CONSEIL MALIEN DES CHARGEURS

Djigué dénonce la parodie électorale

Dimanche après-midi, au cours d'une conférence de presse au siège du Conseil malien des chargeurs (CMC), le président de l'institution, Amadou Djigué , et des membres de son staff ont manifesté leur indignation face à ce que certains ont qualifié de farce électorale. Ils ont imputé leur défaite à des irrégularités commises avant et pendant le scrutin.

La principale irrégularité à l'élection des membres du CMC du district, relevée par M. Djigué , fait état de la validation par le président de la Commission électorale, le procureur de la Commune I, Alou Nampé , de la candidature d'Ousmane Babalaye Daou, frappée d'annulation par le Tribunal administratif de Bamako pour défaut de qualité. La première décision, qui avait un caractère non-exécutoire, a été suivie d'une autre décision exécutoire.

Des griefs font état pêle-mêle, de la soustraction de noms d'opérateurs économiques de la liste d'Amadou Djigué au profit de la liste B de son adversaire Ousmane Babalaye Daou au moment de la confection des bulletins. Ces mêmes bulletins ont été imprimés par le gouvernorat du district et gardés à ce niveau 24 h avant le scrutin. Des copies se sont retrouvées indûment avec des électeurs. D'autres personnes dûment inscrites sur la liste A ne figuraient finalement sur aucune des deux listes.

Le vote par correspondance avait été d'office exclu dans les trois sections (importation, exportation et commerce). Une disposition qui visait à conjurer la fraude massive qui a caractérisé les élections au niveau du district des membres consulaires de la Chambre de commerce et d'industrie du Mali (CCIM) du 1er octobre 2006. Contre toute attente, 47 votes par correspondance ont été constatés par le camp Djigué sur la liste B de Daou.

Un électeur du nom d'Abdoulaye Samaké , éliminé par la Commission électorale pour indélicatesse avec le fisc, s'est retrouvé sur la liste B et a voté. Bakary Yaffa , qui était lui aussi dans les mêmes conditions d'élimination, a voté dans la section exportation de la liste B.

Les huissiers ont constaté la violation de la décision n°07-0044 MET-SG du 7 février 2007, fixant les dates de clôture des listes électorales et des listes de candidature des membres de l'assemblée consulaire du CMC. Celle-ci stipule en son article 1er que : les listes électorales et les listes de candidatures sont arrêtées par la Commission électorale du district de Bamako le mercredi 7 février 2007 à minuit. La Commission, de son propre chef, a continué d'enregistrer des électeurs au-delà de minuit. Selon le constat d'huissier, 115 noms ont été inscrits après l'heure indiquée.

Selon nos informations, deux membres de la Commission électorale, Ousmane Bilal Maïga des impôts et Baye Ba de la mairie du district ont démissionné de cette instance le jour du scrutin pour, dit-on, marquer leur désapprobation aux votes par correspondance et d'autres irrégularités.

Abdrahamane Dicko

[haut]

Acceuil


JEUNESSE AFRICAINE ET EMIGRATION

L'inefficacité des solutions préconisées

Freiner l'émigration massive des jeunes Africains est aujourd'hui le défi que les dirigeants de l'Afrique et de l'Europe doivent relever pour éviter leur déstabilisation sociale, économique et politique. Mais, les solutions actuellement préconisées sont loin des attentes des jeunes.

« Les jeunes Africains sont-ils condamnés à vivre sans autre ambition que celle d'émigrer ? » C'est la question que beaucoup d'observateurs se posent aujourd'hui. Ce qui est évident, c'est que personne ne fait le choix volontaire d'émigrer. Comme le disent les Bambaras, « on est bien chez soi » où personne ne vous demande vos papiers et ne vous confronte à toutes sortes de tracasseries humiliantes.

En général, les gens émigrent par désespoir parce qu'ils ne voient pas de « futur » chez eux. Face au manque de perspectives réelles d'avenir dans leurs pays, les jeunes du continent ne voient d'alternative qu'émigrer. « Tant que les jeunes d'Afrique de l'Ouest continueront de considérer comme illusoire la possibilité de trouver du travail dans leur propre région, ils fuiront ces terres d'infortune » , soulignait récemment Ahmedou Ould Abdallah, représentant spécial du secrétaire général de l'ONU en Afrique de l'Ouest. C'était à l'occasion du lancement, le 1er décembre 2005, de l'étude réalisée sur « Chômage des jeunes et insécurité régionale en Afrique de l'Ouest » .

Poursuivant son commentaire, il avait ajouté : « Cette jeunesse est désabusée et se retrouve de plus en plus confrontée à deux choix : la violence ou l'émigration qui, à son tour, représente un risque d'insécurité pour les démocraties avancées » . Mais, les dirigeants africains offrent-ils d'autres choix à leur jeunesse qui tente de gagner l'Europe à bord d'embarcations de fortune ?

Face à l'urbanisation rapide, la forte croissance démographique et les faiblesses des politiques gouvernementales, notre génération a peu de choix. De nos jours, les jeunes du continent ne peuvent nourrir aucun espoir de justice ou de travail décent. « Quand, dans le même temps, ils voient les élites se comporter comme s'il n'existait pas de besoins dans leur pays, ils tombent dans le banditisme, la guerre civile ou choisissent l'exil en masse » , dénonce M. Ould Abdallah dans une récente interview accordée au Les Echos de la Banque mondiale. C'est malheureusement le cas dans bien de pays de la sous-région comme le Mali où une minorité de dirigeants et de parvenus continuent de gaspiller les richesses de l'Etat.

Une élite indifférente à ses responsabilités

Pour le représentant spécial des Nations unies en Afrique de l'Ouest, « lorsque la frange la plus active et la plus ambitieuse d'une population a pour seul rêve de quitter son pays, il y a une forte interpellation que les dirigeants doivent mieux évaluer » . Et c'est cette prise de conscience qui fait largement défaut aux dirigeants de la sous-région. Des pays comme le Mali et le Sénégal tentent d'endiguer l'émigration par des réformes agraires.

Certes l'accès à la terre, la modernisation des moyens de production et la diversification des filières agricoles peuvent créer beaucoup d'emplois. Mais, répondent-elles réellement aux aspirations de la jeunesse désœuvrée ? Les jeunes peuvent-ils accepter de s'endetter pour produire sans aucun débouché pour l'écoulement de leurs produits ?

Ces réformes agraires ne doivent pas être considérées comme une panacée. Présentement, dans un pays comme le Mali, les producteurs agricoles sont les plus grands perdant de la chaîne de commercialisation. Ils sont livrés à des intermédiaires, avec la complicité de l'Etat, qui sont les vrais bénéficiaires des efforts publics. Tandis que ces opérateurs véreux dorment aujourd'hui sur de grosses fortunes, les pauvres paysans continuent à être écrasés par le poids des dettes de campagne. Conscients de cette exploitation, les jeunes peuvent-ils s'accrocher aux projets agricoles démagogiquement médiatisés comme Reva d'Abdoulaye Wade  ?

Le drame des jeunes Africains est aujourd'hui accentué par la cécité politique de ceux qui disent les gouverner alors qu'en réalité ils ne pensent qu'à assurer les arrières de leur descendance en pillant les richesses du pays. On ne se soucie réellement des jeunes que dans les discours politiques. On comprend alors que la misère des jeunes soit devenu un fonds de commerce pour des régimes et leur émigration un moyen de chantage sur des pays de destination comme l'Espagne. « Si vous ne nous aidez pas, nous ne ferons rien pour empêcher nos jeunes de vous envahir » . Tel semble être les arguments de nombreux dirigeants africains face à des interlocuteurs comme l'Union européenne.

L'arme du chantage politique

Un chantage qui paye puisque les accords de partenariat se sont multipliés aujourd'hui entre l'Espagne et de nombreux Etats africains comme la Gambie, le Sénégal et le Mali. Des partenariats soutenus par des « promesses d'argent » . Des partenariats au détriment des jeunes émigrés. Aujourd'hui, rares sont les vols Air France, Royal Air Maroc… qui arrivent à Bamako sans des « clandestins » maliens expulsés d'Espagne. Mais, il est utopique de croire que ces accords peuvent endiguer l'émigration de la jeunesse africaine vers des cieux cléments.

Comme l'a souligné M. Ould Abdallah, « les démocraties avancées qui attirent ces jeunes ne sont pas sans savoir qu'il est impératif de soutenir les efforts nationaux des gouvernements d'origine par le truchement d'une coopération plus adaptée et d'une assistance plus vigoureuse dans la lutte contre la corruption dans la gestion des ressources nationales » . Il ajoute : « L'aide la plus efficace reste une meilleure gestion des ressources, tant d'origine nationale qu'internationale » . L'émigration massive des jeunes n'est que la manifestation de la crise structurelle dans laquelle l'Afrique se trouve depuis des décennies à cause de la mauvaise gestion de ses élites.

Aucune réforme agraire, aucun partenariat, aucune politique d'immigration ne permettra de retenir des jeunes dans des pays, qui les oppriment et brisent leurs rêves, tant qu'une minorité continuera à faire la pluie et le beau temps avec les maigres ressources nationales. A regarder de près, la mauvaise gouvernance fait plus de mal à l'Afrique que « l'immigration choisie » de Nicolas Sarkozy.

On ne peut rien attendre de la corruption érigée en système de gouvernance si ce n'est la pauvreté, la misère, la déchéance sociale et morale des bras valides… l'émigration.

Moussa Bolly

[haut]

Acceuil


LIGUE AFRICAINE DES CHAMPIONS

Pas de miracle pour le Stade malien

Battu 1-3 à Casablanca par le Wac , le Stade Malien de Bamako dit adieu à la prestigieuse Ligue africaine des champions. A l'aller, les Blancs de Bamako avaient déjà concédé le nul vierge (0-0). C'est donc à domicile que les protégés de Mohamed Magassouba ont perdu leur chance de qualification pour la phase finale de cette compétition. Et pourtant, c'était l'ambition affichée par l'équipe dirigeante au début de cette saison. Malgré une domination outrageuse, les Blancs n'avaient pu s'imposer sur leurs propres installations.

Après avoir barré la route aux Sénégalais de l'AS Douanes sur tapis vert, nos représentants prennent le chemin du retour.

M. B.

[haut]

acceuil

Dans ce site web vous trouverez :
OpeneNRICH

 

 




 
Les fondateurs
:: JAMANA : Coopérative Culturelle Multimédia AV. Cheick Zayed - Porte 2694 - Hamdalaye Bamako Mali ::
Tél. 00(223) 229 62 89 - Fax : 00 (223) 229 76 39 - http://www.jamana.org