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2007

Mois de mars

Les Echos du 12 mars 2007

IL FAUT LE DIRE

Même scénario

Un chef d'Etat africain, qui a la propension d'exprimer tout haut ce que les autres murmurent, a dit un jour qu'un président qui organise des élections en Afrique ne peut pas les perdre. Même s'il a été quelque peu démenti par l'alternance en 2000 au Sénégal, force est de reconnaître qu'El hadj Omar Bongo n'a pas totalement tort.

Le président sénégalais, candidat à sa propre succession, l'a emporté haut la main malgré des vélleïtés de contestation de son opposition. Celle-ci cite pêle-mêle le bourrage des urnes, la non-conformité de signatures sur les feuilles d'émargement et la liste électorale informatisée… Un candidat à cette élection n'aurait pas obtenu une seule voix dans le bureau dans lequel lui et les siens ont voté.

Ainsi va l'Afrique démocratique. Alors même que les revendications essentielles des populations demeurent, alors que la vie chère s'installe ; la corruption, le trafic d'influence, la gabegie… omniprésents, les chefs d'Etat sortants sont quasiment plébiscités.

En plus de leur mainmise sur l'administration électorale et sur les moyens de l'Etat, ils ont aussi, comme par hasard, l'onction d'observateurs dits internationaux qui, tout en restant dans leurs hôtels le jour du scrutin, confessent que le scrutin s'est bien passé malgré quelques incidents mineurs qui ne sont pas de nature à entacher sa crédibilité.

Pour en venir au cas malien, pourquoi donc dépenser plus d'une dizaine de milliards si le chef de l'Etat est donné gagnant au « takokélen », c'est-à-dire dès le 1er tour ? Quel gâchis dans un pays où l'accès à l'eau potable, en dépit des discours, est un luxe dans des quartiers de la capitale, notamment aux logements sociaux de Yirimadio ! N'est-ce pas de l'argent jeté par la fenêtre dans un pays où les équipements sociaux de base manquent où il n'y a plus d'école ? A qui profitent donc les milliards des élections ? Au peuple ?

S'il faut qu'un président se succède forcément à lui-même, pourquoi ne pas réviser notre Constitution en changeant l'article sur le mandat du chef de l'Etat pour le porter à 10 ans non renouvelables ? Ce serait peut-être une économie de temps, d'énergie et surtout d'argent dans un pays où tout est à construire. Hélas !

A. M. T.

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BLAISE SANGARE, 3e VICE-PRESIDENT DU FDR

« Ceux qui parlent de takokélen s'amusent »

S'il est réputé être un brillant orateur, Mamadou Bakary dit Blaise Sangaré, président de la Convention démocrate et sociale (CDS), s'est rarement livré à la presse. C'est chose faite aujourd'hui. Dans un entretien exclusif qu'il nous a accordé, « Mogotigui » parle des élections générales. Connaissant les réalités du terrain, il met en garde les tenants d'une réélection dès le 1er tour. Pour le 3e vice-président du Front pour la démocratie et la République (FDR), seul un 2e tour peut départager les protagonistes. Le Mali, qui a arraché sa démocratie dans le sang, n'est pas le Sénégal, avance-t-il. Interview.

Les Echos : La CDS dont vous êtes le président a signé la plate-forme du Front pour la démocratie et la République (FDR) et vous en êtes le 3e vice-président. Pourquoi le FDR ?

Mamadou Bakary Sangaré dit Blaise : Les raisons sont toutes simples. Je peux dire qu'elles sont même élémentaires en matière de démocratie. Nous sommes entrés en partenariat avec tous ceux qui se réclament des principes de liberté, de démocratie, de pluralisme démocratique et de multipartisme. Cela impose un certain nombre de comportements. Cela nous donne même si vous voulez, des choix de mission. Des choix d'obligation, qu'elle soit morale, qu'elle soit sociale. Créer un parti politique, l'animer, veut dire aller à la conquête du pouvoir. Il faut comprendre que les partis se constituent en concluant un pacte moral et social avec la collectivité. Ce pacte veut dire que nous nous engageons au terme de la Constitution, de la loi électorale et de la charte des partis à former la conscience politique de nos concitoyens et à briguer les différents suffrages, à aller au pouvoir, à l'exercer ou à le contrôler. C'est notre engagement perpétuel qui n'est pas séquentiel, mais qui est continu, qui s'inscrit dans le temps, dans la durée. Nous devons aller aux élections, parce que cela suppose que d'élections en élections nous proposons des choix fondamentaux à faire. Voilà pourquoi nous sommes engagés aux côtés de nos partenaires du FDR qui, comme nous, pensent la même chose.

Les Echos : A l'opposée du FDR, il y a l'Alliance pour la démocratie et le progrès (ADP) soutenant une probable candidature d'ATT. Vos détracteurs vous accusent d'être un regroupement d'aigris politiques. Que répondez-vous ?

M. B. S. : Il faut qu'on se mette d'accord sur le concept. Qu'est-ce que c'est qu'un aigri ? Un aigri veut dire quelqu'un qui n'est pas en harmonie avec sa conscience et qui a manqué un devoir. J'appellerai ça un aigri. Mettons les choses dans leur contexte. L'ADP est formée quand même de partis politiques. Il faut qu'ils se souviennent que le rejet systématique de la chose politique aujourd'hui par nos concitoyens, le bas niveau de la participation, le mépris que les hommes et les femmes de ce pays commencent à afficher envers la chose politique sont liés justement à la non-combativité et à la non-représentativité des acteurs de la vie politique aujourd'hui. Finalement, si l'on essaie de faire un match de football à deux camps, dans le camp du FRD, il y a ceux-là qui sont des partis politiques, financés comme tel et qui ont engagé leurs responsabilités et pour qui l'Etat et le peuple malien ont consenti des sacrifices financiers pour soutenir l'action politique, la formation politique donc le processus électoral. Ils se sont engagés dans ce sens et veulent répondre présents à l'élection présidentielle du 29 avril 2007. Ne pas aller à une élection, pour nous, à la CDS, ce n'est pas avoir d'idées, ne pas avoir de programmes, ne pas avoir d'engagement à proposer. Cela veut dire qu'on est en panne. Si on est en panne, on doit dégager de la scène. De l'autre côté, il y a ceux qui disent avec tout l'argent qu'on nous a donné, on n'a pas de proposition, on n'a pas d'action, on n'a rien d'autre à proposer que de nous mettre ensemble derrière quelqu'un qui n'a même pas un parti politique et avec qui naturellement nous n'avons rien en commun. Est-ce que les 36 partis de l'ADP ont le même programme ? Est-ce qu'à 36 ils peuvent fusionner ? S'ils sont d'accord autour d'un même programme et d'un même homme ils n'ont qu'à fusionner. Mais nous nous proposons à l'opposée la pluralité.

Les Echos : L'ADP étant sûre de sa force et de ses moyens jure par le « takokélen », c'est-à-dire l'élection d'ATT dès le 1er tour. Vous laisserez-vous faire ?

M. B. S. : Aujourd'hui, nous devons avoir souci de trouver les meilleurs sujets de thèse et de mémoire pour nos étudiants en sciences po de la FSJP. La démocratie pluraliste malienne est certes unique en son genre. Mais, elle regorge d'exemples concrets. Tout n'est pas addition arithmétique et systématique des voix. Cela peut faire passer à côté ceux-là qui pensent que le peuple malien est frappé de sclérose. Je vous donne un exemple qui est une hypothèse concrète. Je suis actuellement à la tête de la CDS, mais la CDS a une expérience en la matière à Bougouni aux élections générales de 1997. Au sortir des élections ratées du 13 avril 1997, la CDS était sortie première contre une liste commune Adéma-Parena-PDP. Devant notre refus d'aller en liste commune, il y en a qui ont pensé que l'addition des voix des 3 partis ferait disparaître la CDS de la scène politique. Mais tout s'est joué en un tour. A l'époque l'addition de ces voix faisait 36 000 voix contre 16 000 en premier pour la CDS. Mais lorsqu'il s'est agi de liste commune contre la CDS, c'était l'inverse. La CDS l'a remporté à 32 000 voix contre 12 000. Cela veut dire qu'en politique, il n'y a pas d'arithmétique. Que deux et deux ne font pas 4. Justement, le challenge que nous nous voulons relever, c'est de faire confiance à la maturité politique du peuple. Nous faisons confiance au sens de discernement du peuple malien. Si les partis de l'ADP se rendaient compte aujourd'hui, le nombre de grands signes qu'on nous fait dans la rue pour avoir eu le courage d'affirmer notre identité politique, notre appartenance à la classe politique, de rehausser l'image du combat politique de l'action politique, de dire qu'on répond présent et qu'on veut proposer des choix, ils auraient vite déchanté. Le soir du 29 avril déjà je ne vais pas jusqu'au 30, les premiers résultats qui vont tomber vont leur prouver que le peuple malien a trois choses à défendre : la moralité, l'engagement, la sincérité. Ces trois choses, nous au FDR, nous les avons plus que ceux qui vont se mettre dans un système de confusion qui consiste à dire encore on prend l'argent du contribuable, mais qu'on refuse d'aller aux élections. Rupture du contrat moral. Je dis à ce niveau-là, que la différence fondamentale est faite. Déjà nous-nous en félicitons. Le distinguo sera fait entre les vrais partis politiques, capables de proposer un programme, de le défendre, capables d'aller au suffrage, capables d'aller à la sanction populaire d'en avoir les résultats si ces élections sont transparentes et régulières.

Les Echos : Alors, le « takokélen », mythe ou réalité ?

M. B. S. : Je vais vous faire peut-être sourire, mais c'est notre tradition du « sinakounya » (cousinage à plaisanterie) qui est d'usage dans notre pays. Si le camp d'en face pense au « takokélen », il s'amuse à se faire plaisir. Mais le « takokélen » quand il ne s'agit pas d'acteurs sérieux, engagés et qui ont déjà l'habitude de présenter des résultats concrets, le peuple ne l'acceptera pas. Le candidat du RPM, celui de la CDS, du Parena, de Convergence-2007 et d'autres qui arrivent et je citerais Dr. Oumar Mariko de la Sadi en précisant que lui ne fait pas partie du FDR mais nous admirons ce qu'il fait, donc que tous ces candidats respectables de la scène politique malienne s'engagent dans la bataille, proposent des programmes et des choix au peuple et que toutes ces voix engrangées soient battues par l'autre camp déjà je ne présage pas de ce que vous allez penser. Donc tant que c'est dit sur le ton du « sinakounya », nous l'acceptons. Mais si vraiment ils le pensent, je pense qu'il sera mieux de se réveiller parce que le peuple a déjà commencé à dire non. Un deuxième tour est naturellement ouvert. La question chez nous ne va même pas se poser. Un premier tour ne peut pas se passer. Nous nous connaissons sur le terrain. Nous savons qui vaut quoi et nous allons le prouver.

Les Echos : Au Sénégal, Me Wade avait écarté toute idée de 2e tour et il a battu ses adversaires à plate couture au 1er tour. Cela ne peut pas donner des idées au Mali ?

M. B. S. : Le Sénégal n'est pas le Mali. Il n'y a pas eu de 26 mars au Sénégal pour l'avènement de la démocratie. Au Sénégal, il y a eu un passage démocratique négocié. Mais chez nous c'était au forceps. Et là encore, c'est une interpellation grave. Est-ce qu'on aurait versé le sang des martyrs dans ce pays-là pour revenir à la case départ ? C'est comme si les dix années sous Alpha Oumar Konaré avaient été une fenêtre qu'on avait juste ouverte sur la démocratie pour savoir ce que c'est pour revenir à la case départ avec un général à la tête de tous les partis politiques qui se résumeraient en un parti unique. Franchement, dites-moi que la comparaison n'est pas bonne sinon je dirais que vous n'êtes pas au Mali. Parce que tout Malien est tenté de le croire. On fait partir un général, on dit que c'est un parti unique, une pensée unique. Dix ans après, on fait revenir un général qui est apolitique et derrière qui tous les partis se mettent. En faisant la somme des 36 partis qui le soutiennent on se retrouve en un seul parti sans programme derrière un homme.

Les Echos : Vous ne pensez pas que le futur candidat de l'ADP (ATT) part favori avec la flopée d'associations, de clubs et mouvements de soutien et l'appui démesuré de l'ORTM ?

M. B. S. : La première fraude électorale et la plus malheureuse pour notre peuple c'est la sublimation des consciences. On a commencé par la voix de l'ORTM à violer les consciences. L'ORTM qui est le plus grand média audiovisuel public de ce pays, qui couvre l'ensemble du territoire national, animé par des agents publics, rémunérés et soutenus par des deniers publics, et qui se met au service d'un individu, je pense que ce n'est autre que le détournement des missions et des moyens de l'Etat. Je pense que c'est d'autant plus triste que l'ORTM contribue à rendre le peuple malien borgne. Il pousse le peuple vers des antennes étrangères qu'il n'a pas les moyens de se payer ou à se tourner vers des émissions étrangères qui ne contribuent en rien à sa formation, à son éveil. Donc, on oriente forcément le peuple à regarder dans un seul sens. C'est déjà la fraude qui a commencé parce que l'ORTM n'est même pas prêt à proposer le choix. Or le premier droit pour un citoyen en démocratie c'est le droit de choisir. On essaie de sublimer, en ce sens qu'on fait passer des images qui, de plus en plus, vont s'incruster dans le subconscient social. Contre ça nous nous battons. Nous sommes sur le terrain à la régulière, nous portons la vraie information et nous disons que quelque part, cette sublimation commence à faire des excès et des excès qui nous sont profitables. En se promenant dans les rues, on se rend compte que chaque fois qu'il y a un attroupement devant un téléviseur, c'est pour regarder une autre émission que celle offerte par l'ORTM. Ce n'est pas une force que nous avons en face. C'est à nous de les opposer la force de la réalité démocratique, de l'action politique, de la volonté politique.

Les Echos : Deux candidatures sont déclarées pour le moment au FDR. Pourquoi n'avez-vous pas songé à une candidature unique pour battre ATT ?

M. B. S. : Ce serait ne pas être conforme à notre éthique politique. Ce qui est le trait commun entre tous ces partis, c'est leur conviction profonde pour le combat politique. Nous avons comme philosophie qu'un parti doit avoir pour ambition de briguer la magistrature suprême. Encore une fois je le souligne, pas pour amener un homme mais pour présenter un programme qu'un homme une fois élu exécute. Si nous avions proposé à l'opposé un candidat commun, ce serait pratiquement la réponse du berger à la bergère. De l'autre côté ce que nous critiquons, ce que nous combattons, c'est-à-dire le « contentisme » politique, la démission politique, le retrait politique d'aucuns nous répondraient que ça ne correspond à rien. Ils n'auraient pas tort non plus. Tous nos candidats auraient leur programme à défendre, mais nous nous battons dans un souci de complémentarité.

Les Echos : On peut s'attendre dans les prochains jours à la déclaration de candidature de Blaise ?

M. B. S. : Je ne voudrais parler sans avoir un élément d'appréciation. C'est l'occasion de signaler que Blaise Sangaré est conseiller communal à Garalo (Bougouni), je suis conseiller de cercle à Bougouni, conseiller régional à l'Assemblée régionale de Sikasso. Dans le cadre du FDR, Blaise Sangaré est tête de liste régionale à Sikasso dans un regroupement politique RPM-CDS pour conduire la liste régionale pour les élections au Haut conseil des collectivités. Cette élection est prévue déjà le 18 mars 2007. Mon parti et moi sommes engagés sur ce premier front. Au sortir du 18 au soir, nous allons engager l'autre combat. Ce qui fait que la déclaration d'intention est faite . Tout le monde sait que je suis engagé avec des candidats que mon parti est en train de se battre pour trouver tous les moyens administratifs, juridiques, financiers pour que nous soyons candidats dans la dignité d'une candidature républicaine. Mais seulement on voudrait, pour conforter le partenariat avec le RPM, mener le premier combat à bon port. A la proclamation des résultats, qui ne va pas tarder le 18 ou le 19 déjà, nous serons sortis de ce combat. La position du président de la CDS sur cette liste sera clarifiée. Mais ça ne fait aucun doute qu'en respectant les termes et les dates fixés par la loi, cette déclaration de candidature se fera en temps opportun.

Les Echos : Les partisans d'ATT mettent tout à son actif : routes, barrages, stabilité politique, entre autres. Vous êtes un témoin politique. Quel commentaire en faites-vous ?

M. B. S. : Il y a un philosophe, un penseur religieux qui m'a dit un jour : Dieu connaissant les hommes a dit qu'il crée d'abord la terre avant de créer le ciel. Parce que s'il avait fait l'inverse, les gens auraient pensé qu'il a posé les pieds sur terre pour le faire, que sinon ce n'est pas possible de créer quelque chose en suspension. Traduction à la symbolique : nous sommes tous des acteurs politiques de ce pays. Qui a pu faire quoi avant de venir au pouvoir ? Est-ce que tout ça a été fait parce qu'il est au pouvoir ? Tout ça a été fait avec les moyens du pouvoir d'Etat et les moyens publics de l'Etat ? Ou qu'est-ce qui a été fait avant ? On sait de façon locale, de façon régionale, qui et qui sont les acteurs qui sont impliqués avec leurs propres moyens, avec leur présence. Ils ont pu avoir une renommée, une réputation, ils ont pu avoir un engagement sur le terrain. Donc s'il est possible pour un homme de faire des réalisations publiques par ses moyens privés, c'est un leurre que le Malien lambda comprend. Je me plais souvent à le dire, il faut le souligner de deux traits : au Mali, il y a des gens qui ne savent pas encore lire et écrire en français. Vous avez encore des gens qui ne savent pas lire et écrire en arabe ou en bambara. Mais vous n'avez plus personne qui ne sache réfléchir. Tout le monde sait qu'il y a des réalisations qui ne peuvent être faites que par l'Etat et au nom de celui-ci. Si des réalisations publiques passent au nom d'un patrimonialisme simple, vous conviendrez que le FDR a sa raison d'être pour éclaircir et expliquer tout ça. Qui l'aurait fait mieux que nous ? Chacun peut défendre un bilan. Mais qu'on ne s'y méprenne pas. Ne confondons pas deux choses. Nous allons à des élections. Nous n'allons pas parler de bilan mais de programme. Une élection ne se fait pas sur la base d'un bilan. Ceux qui s'engagent dans cette voie doivent savoir que nous nous voulons savoir quelles sont les alternatives proposées. D'abord leur alternative à l'ADP, c'est d'arrêter les arguments, ne pas réfléchir, rester derrière un homme. Que non !

Les Echos : Quels conseils pour les électeurs ?

M. B. S. : Les Maliens doivent comprendre que le choix fondamental est facile à faire. Ne nous perdons pas dans des hypothèses. Le choix, il est tout à fait simple, il est même élémentaire et à portée de main. Est-ce que des hommes politiques et des partis politiques bénéficiant de financements publics, ponctionnés sur le budget de l'Etat, sortis d'autres programmes de développement, considérant que cet argent va aussi au développement du processus électoral et de la consolidation de la démocratie ont raison de dire qu'ils ne vont pas au combat politique ? Si la réponse est non, ça veut dire que ce peuple, dans sa grande majorité votera oui pour les candidats du FDR et que cela soit clair.

Propos recueillis par

Abdrahamane Dicko

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« LE MULTIPARTISME A LA CROISEE DES CHEMINS »

Modibo Diakité propose la tenue d'une conférence nationale

Le « multipartisme à la croisée des chemins » était le thème d'une conférence-débats animée samedi au Centre Djoliba par le Pr. Modibo Diakité, ancien ministre, historien et chercheur à l'Institut des sciences humaines. Le Pr. est également un militant du Cnid ou l'était en tout cas. Aux termes des débats, de nombreuses recommandations ont été suggérées à la classe politique malienne en vue d'approfondir notre système démocratie dont la tenue d'une autre conférence nationale.

Les recommandations issues de la conférence-débats de samedi organisée par le Centre Djoliba et son cercle de réflexion sur le thème : «  le multipartisme à la croisée des chemins » ont été nombreuses et variées. Elles vont de la restauration du « kokadjè » , autrement dit la lutte contre la corruption et l'enrichissement illicite, la formation, l'éducation des militants, l'instauration d'une démocratie à l'interne des partis politiques, la constitution d'alliances sur des bases claires, la moralisation des élections, la limitation du nombre des partis politiques, la suspension de l'aide aux partis. Des recommandations non moins osées, explicitement la tenue d'une conférence nationale bis, voire la révision de la Constitution en vue de doter notre pays d'un régime parlementaire ont été aussi suggérées.

Contrairement à l'idée qui est généralement véhiculée, le multipartisme au Mali n'a pas commencé après mars 1991. Celui-ci remonte au temps du colonisateur, avec l'existence de plusieurs partis parmi lesquels le PSP, l'US-RDA le PDS, a expliqué Pr. Diakité dans son exposé liminaire. Plusieurs régimes se succéderont après l'indépendance à savoir : le régime de parti unique (1960-1968), le régime d'exception (1968-1979), le régime de parti unique constitutionnel (1979-1991). Le 26 mars 1991 marque une étape où le Mali devait renouer avec le multipartisme qui consacre plus de liberté collective, individuelle du respect des droits et devoirs et surtout suppose la bonne gouvernance, l'indépendance des institutions, etc.

Quinze après, le constat qui a été établi, au cours de la conférence-débats de samedi, est qu'un long chemin reste à parcourir pour atteindre les idéaux de mars 1991 et de l'instauration du multipartisme. Et de nos jours, la classe politique malienne est plus que jamais interpellée sur son rôle d'éducation, de formation des militants, d'animation de la vie politique et de conquête du pouvoir.

Des partis à dissoudre

De l'avis de plusieurs intervenants, la démocratie malienne est en panne et à en croire Pr., l'ex-parti majoritaire Adéma/PASJ en porte une part de responsabilité. De son avis, les cinq premières années du mandat d'Alpha Omar Konaré devraient être un prolongement de la transition. Mais, « les appétits personnels et des clans ont eu raison de l'idéal » , a indiqué le conférencier, qui dit avoir cité un haut responsable du parti de l'Adéma.

Selon le conférencier et autres intervenants notamment Victor Sy qui fut membre du présidium de la conférence nationale les maux de notre démocratie ont pour origine la conférence nationale. M. Sy estime que déjà en prônant un multipartisme intégral, il y avait eu entorse. C'est ce qui explique aujourd'hui la floraison des paris politiques qui, au lieu d'être des baromètres de la vivacité de notre démocratie, sont aujourd'hui dans la pratique des coquilles vides où le débat sur les problèmes de la nation est absent au profit des intérêts personnels. Pour M. Sy, Dr. Mariko, ou encore colonel Youssouf Traoré, les partis qui ne concourent pas à l'expression des suffrages devraient être dissous.

L'idée d'un régime parlementaire a été également soulevée au cours de cette conférence-débats. Elle résulte du constat qu'a la place d'un régime semi-présidentielle , nous avons un régime présidentielle fort avec un président de la République qui a trop de pouvoirs. Pr. Diakité trouve que les soutiens qui fusent de partout pour la candidature d'ATT sont dans l'ordre des choses. Mais fustige le fait que ces soutiens sont « inconditionnels et sans réserve » .

Denis Koné

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Le 5 avril planifié ?

Le 5 avril 1993, Bamako était mis à feu et à sang par des jeunes désireux de renverser l'ordre constitutionnel. Lors de la rencontre, du Club perspectives et développement, un participant, proche d'ATT et ancien membre de l'AEEM reconnaissait qu'il y avait coup d'Etat. En tout cas, son témoignage faisait état d'une implication de sa structure d'alors, l'AEEM.

Samedi, au Centre Djoliba, le conférencier, membre du Cnid/Fyt, alors de l'opposition radicale, a encore levé un pan de voile : il affirme qu'ils ont eu, le 4 avril (la veille donc), une rencontre et qu'au cours de cette rencontre, un jeune de l'Adide a dit que « si le salut du Mali est dans les troubles, que ceux-ci ne nous soient pas épargnés » .

D. K.

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PROGRAMME ARIANE

Plus de 100 dossiers sur le point d'être financés

Les responsables du programme d'Appui et renforcement des initiatives des acteurs non étatiques (Ariane) ont animé vendredi dernier au Centre Djoliba une conférence de presse pour expliquer le processus de sélection des dossiers de subvention du programme Ariane qui s'est fixé comme objectif la consolidation de la société civile par le financement des actions de base en faveur de la gouvernance et de la lutte contre la pauvreté, le renforcement des capacités des acteurs non étatiques et l'amélioration de l'information et de la communication.

Selon le coordonnateur du programme Ariane, Koffi Awity, l'appel à propositions de projets à subventionner a été lancé le 25 octobre et la réception des demandes de subventions clôturée le 8 janvier 2007. La présélection (ouverture et vérification administrative) a eu lieu dans toutes les régions et dans le district pendant la période du 9 au 19 janvier 2007.

Toujours selon lui, la deuxième étape de la présélection (évaluation des notes succinctes de présentation), commencée le 7 février dernier, est en cours de finalisation. Ce processus a déjà donné un résultat. En effet, sur 200 dossiers attendus par le programme, il en a reçu 338 en terme de demandes de besoins exprimés à travers des ONG. Sur ce total, 40 dossiers ont été rejetés pour arrivée tardive et 121 autres rejetés après vérification administrative.

Aux dires de M. Awity, ce sont finalement 110 dossiers qui ont été admis par le projet pour être évalués. Ils totalisent un montant de plus de 2,473 milliards de F CFA, dépassant largement le montant de l'appel à proposition qui est de 400 millions de F CFA.

Les lignes directrices du programme stipulent que les dossiers qui doivent être admis à l'étape 3 sont ceux qui ont obtenu une note égale ou supérieure à 30 sur 50 et dont le montant total ne dépasse pas le double du montant de l'appel à propositions. Ce qui a fait dire au coordonnateur que la moyenne d'admission sera probablement revue à la hausse afin de respecter les dispositions des lignes directrices.

Les projets retenus en fonction des domaines d'intervention sont la prévention et gestion des conflits, l'exclusion sociale et groupes défavorisés, droits et citoyenneté, lutte contre la pauvreté et bonne gouvernance. Le domaine qui a reçu plus de dossiers est celui de la femme et société (47 dossiers).

Mohamed Daou

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CASE SANGA

Ou la détection de jeunes célébrités en musique

Le projet « Case Sanga » ou case de la célébrité est une initiative de deux jeunes Maliens vivant en France. Papa Ouane et Ander Baba Diarra ont créé une structure dénommée « Fannaday » pour la détection de jeunes talents en musique traditionnelle en vue de les produire. Ils étaient face à la presse le samedi.

Le projet vise à détecter des jeunes talents, les accompagner, les produire et les mettre sur le marché du show biz national et intrenational. Tout va se jouer par voie de compétition entre jeunes âgés de 18 à 26 ans qui sont appelés à s'inscrire du 7 au 31 mars 2007. Le casting commencera fin avril et la diffusion au mois de juin 2007.

Selon les promoteurs Ouane et Diarra, ce serait une première dans notre pays de faire émerger de jeunes talents par la télé réalité. Pour les besoins de la cause, le projet a noué un partenariat avec Blonba, une entreprise culturelle qui s'occupe de la production des œuvres musicales. Africable est chargée de leurs diffusions. Le choix de ces deux structures s'explique par le fait que Blonba a les moyens techniques nécessaires puisqu'il a l'expérience dans le cadre du projet jeune et citoyenneté et est même promoteur de spectacle en Europe. Africable, quant à elle, couvre 15 pays de l'Afrique de l'Ouest et une partie de l'Europe.

Chanson traditionnelle

Il s'agit de faire aussi la promotion de nos chansons traditionnelles. C'est pourquoi Case Sanga ne prend pas en compte les musiques rap et les chansons qui font les louanges individuelles.

Case Sanga, d'après ses initiateurs, a une dimension internationale en ce sens qu'il est ouvert aux jeunes Africains vivant au Mali ou même ceux de la sous-région. Le directeur d'Africable a expliqué qu'il a adhéré au projet parce qu'il s'adresse aux jeunes qu'il faut aider. L'administratrice de Blonba, créée et gérée par des jeunes, a pour sa part indiqué que cela entre dans ses objectifs.

Cinquante jeunes talents seront sélectionnés dans un premier temps. Dix personnes seront éliminées par semaine et par casting en vue d'une diffusion hebdomadaire sur Africable. Les douze finalistes seront entièrement pris en charge pour leur production sous le parrainage d'un artiste de grande envergure comme Oumou Sangaré, Rokia Traoré, Djénéba Seck, Tiken Jah, Habib Koité, Salif Kéita et Amadou et Mariam, etc. Les trois meilleurs seront retenus pour les aider à émerger sur la scène internationale.

Abdrahamane Dicko

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INFRASTRUCTURES SPORTIVES AU MALI

Le gouvernement poursuit ses efforts

Malgré les contre-performances du football malien, le gouvernement poursuit ses efforts de construction et de modernisation des infrastructures sportives du pays. Ainsi, le conseil des ministres du 7 mars 2007 a adopté un projet de décret portant approbation du marché relatif à l'exécution des travaux d'extension des stades de Bougouni, Koutiala et San.

Cette initiative a été prise dans le cadre de la politique de promotion du sport et des activités physiques aux niveaux régional et local. Une politique qui avait déjà vu le gouvernement doter les villes de Bougouni, Koutiala et San de stades sommaires avec une capacité d'accueil de 2000 places, un terrain de football non gazonné, une piste d'athlétisme de huit couloirs et des locaux pour diverses fonctions (vestiaires, salle d'arbitres…)

L e projet annoncé mercredi dernier vise à réaliser l'extension de ces stades et d'améliorer la qualité des diverses installations. Au niveau de chacun de ces stades, de nombreux travaux d'amélioration et de modernisation sont annoncés. Il s'agit notamment de la construction d'une tribune supplémentaire de 2200 places portant ainsi la capacité des gradins de 2000 à 4200 places, l'aménagement des aires de jeu en gazon, la construction de toilettes extérieures ainsi que l'aménagement de la devanture du bureau des entrées, des parkings, du système de protection de l'aire de jeu et des issues de secours.

Les travaux prévoient également la construction d'un local transformateur avec groupe et la mise en place d'un système d'éclairage sportif, la réalisation de forages et équipements, la fourniture et la mise en place d'un système de sonorisation et d'équipements pour la communication.

Le coût total de ces travaux s'élève à près de 4,2 milliards de F CFA. Le financement est assuré par le gouvernement de la République populaire de Chine pour 1,460 milliards de F CFA et par le budget national pour 2,7 milliards de F CFA. Le marché est attribué à l'entreprise Groupe de construction Qilu (QLCG) pour un délai d'exécution de 12 mois.

A la fin de ces travaux Bougouni, Koutiala et San vont se retrouver avec de véritables stades omnisports qui doivent leur permettre de contribuer au développement sportif du pays. En matière d'infrastructures sportives, l'Etat fait de son mieux depuis la Can « Mali-2002 » . Aux sportifs maintenant d'honorer ces efforts en alignant les meilleures performances.

Moussa Bolly

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CARNET DE VOYAGE AU BURKINA

Quand Ouaga fait cinéma

Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso, a vécu (du 24 février au 3 mars 2007) au rythme de la biennale du cinéma africain (Fespaco), une 20e édition qui a accueilli le Mali comme invité d'honneur. Le charme des Ouagalaises a inspiré notre envoyé spécial dont nous vous proposons ici le carnet de voyage.

« Il n'y a pas développement du cinéma sans critique »  : c'est la sentence d'Olivier Barlet, un grand critique du 7e art. Et en la matière, le cinéma africain a aujourd'hui besoin d'un autre regard que celui des critiques occidentaux. Un vide que des initiatives privées tentent de combler.

Ainsi, du 19 au 24 février 2007, un atelier sous-régional a réuni une quinzaine de journalistes intéressés par la critique cinématographique. Organisée à l'Institut supérieur de l'image et du son (Isis) de Ouagadougou, cette formation a été initiée par la Fédération africaine de critique cinématographique (Fac) en partenariat avec des organismes comme l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF), Africalia (Belgique), le ministère français des Affaires étrangères, le ministère burkinabé de la Culture et du Tourisme et le Fespaco.

Cet atelier avait pour but de rendre plus visible la critique cinématographique africaine pour le développement d'un cinéma de qualité en Afrique. Ainsi, pendant une semaine, des journalistes venus du Bénin, du Burkina, de la Côte d'Ivoire, de la Guinée-Conakry, du Mali, du Niger, du Sénégal et du Togo ont été formés pour être des ambassadeurs de la critique africaine dans leurs pays respectifs.

Cette formation a permis aux participants de s'outiller en techniques et méthodes d'analyse et de critique de film. Elle était essentiellement portée sur l'histoire du cinéma, l'introduction à l'analyse filmique, les genres cinématographiques, les spécificités du documentaire et la technique d'interview. La théorie était complétée en soirée par la projection de films qui faisaient l'objet d'exercice, de discussion et de production d'articles de critique.

Pour les organisateurs de cet atelier parrainé par Gaston Kaboré, l'un des grands cinéastes africains, c'est « une étape capitale dans le plan d'action de la Fac » . En effet, il doit favoriser l'instauration d'une tradition critique dans les pays africains. Ce qui est aujourd'hui une condition sine qua non du développement du cinéma africain pour qui sait que l'activité de critique a pour fonctions essentielles d'informer, d'évaluer, de promouvoir et d'éduquer.

Comme le dit Olivier Barlet, formateur avec Hassouna Mansouri de la Tunisie, « le critique essaye de saisir l'intention du film et d'expliquer comment elle est soutenue par les choix esthétique et thématique du réalisateur… Le critique mobilise le spectateur pour en faire un citoyen débout qui prend, à son tour, la parole pour faire évoluer les choses » .

Superstition ou quête de reconnaissance ?

L'espoir du Mali reposait sur Faro, la Reine des eaux de Salif Traoré pour le 20e Fespaco. Même si ce long-métrage, qui a ouvert la compétition officielle, a beaucoup séduit le public ouagalais, il n'a récolté aucune distinction. Une situation qu'un confrère de Ségou explique par le fait que le réalisateur n'a pas respecté la tradition en projetant le film en avant-première dans la localité où il a été réalisé, Sékoro (Ségou) en l'occurrence. Une localité historique, touristique et surtout un lieu de dévotion avec sa célèbre mosquée, celle de Ba Sounou Sacko, la mère de Biton Coulibaly, qui a plus de 200 ans.

En effet, les réalisateurs maliens s'illustrent le plus souvent par leur choix de projeter leurs films dans la localité du tournage en avant-première. Au confrère de citer Cheick Oumar Sissoko avec Genèse , Abdoulaye Ascofaré avec Faraw et récemment Boubacar Sidibé avec Le fou du village . Tous ces réalisateurs, en signe de reconnaissance, ont projeté leurs œuvres en avant-première dans les sites de tournage.

Un privilège que n'ont pas eu les populations de Sékoro où Faro, la Reine des eaux a été tourné pendant une quarantaine de jours. Une situation que notre confrère ségovien souhaiterait voir rapidement corriger par Salif Traoré. Selon nos informations, Faro a été projeté aux Berlinades (Festival du cinéma de Berlin, Allemagne) avant d'être projeté au Fespaco. Dans les deux festivals, le film a fasciné le public, mais n'a pas séduit le jury.

Branchées à vélo

A Ouagadougou, s'il y a un spectacle qui n'échappe pas à l'œil du visiteur : ce sont ces jeunes filles bien sapées qui circulent à vélo sans aucun complexe. Ouagadougou est la capitale des cyclomoteurs. Mais, les filles qui n'ont pas les moyens de payer un scooter ne se cassent pas la tête.

Elles optent pour des vélos. Ainsi, il n'est pas rare de voir de charmantes filles élégamment sapées sur des vélos pour aller au travail, à l'école ou rejoindre un amoureux dans l'une des nombreuses places publiques de Simonville (autre appellation de Ouagadougou dont l'édile s'appelle Simon Compaoré). La simplicité de ces filles branchées surprend nous autres parce que chez nous les nanas sont tellement complexées qu'elles rougissent souvent qu'on les surprenne en Jakarta (scooter).

Elles rêvent toutes aujourd'hui d'avoir une petite voiture quelque que soit le prix à payer pour y parvenir. On sent cette même simplicité chez les Ouagalaises dans leur façon de s'habiller, dans leurs modes de vie quotidienne et même dans les nombreux espaces de loisirs comme les célèbres Kundé qui poussent aujourd'hui comme des champignons. Bravo branchées de Ouaga. Vous faites honneur aux Africaines !

Amateur au pays des pros

« Si j'avais su que cette compagnie avait un partenariat avec une société de transport malienne, j'aurai opté pour une autre. Voyager dans des cars maliens est le plus souvent un véritable calvaire »  ! Ces propos sont d'une commerçante du Faso. Et elle ne pensait pas si bien dire. En effet, la différence entre une compagnie comme TCV (Transport confort voyageurs ) du Burkina et Bittar Transport du Mali est comme le paradis et l'enfer. Le samedi 4 mars nous avons emprunté TCV pour revenir au bercail. Mais, nous ignorions que nous allions faire le trajet Bobo-Bamako avec Bittar.

Ce qui est sûr, c'est qu'entre Ouaga et Bobo, le voyage s'est déroulé dans le confort total et avec une étonnante ponctualité de la part d'une compagnie de transport routier. Arrivé à Bobo-Dioulasso aux environs de 4 h du matin, nous devrions quitter cette ville à 8 h 30. Notre première surprise a été de voir un tacot de la compagnie Bittar s'avancer à la place de TCV. Un petit bus sans coffres à bagages pour transporter une quarantaine de voyageurs, essentiellement des commerçants. Ce qui a donné lieu à une première bagarre pour hisser les bagages sur le toit du véhicule. C'était la condition pour faire partie du voyage ! Las d'attendre depuis 4 h du matin, tout le monde était pressé de reprendre la route vers Bamako.

Une grande partie des sacs a trouvé place sous les chaises inconfortables et dans les allées. Lourdement chargé, le car a pris la route avec près d'une demi heure de retard. Il ne mit pas du temps à s'essouffler. Surtout avec un chauffeur qui a eu le culot de grimper une longue côte à la 4e vitesse. C'est avec beaucoup de peine que nous avons atteint Koutiala parce qu'il fallait mettre de l'eau dans le radiateur tous les dix kilomètres. Et les passagers étaient contraints de pousser le car après chaque arrêt.

Dans la Capitale de l' Or blanc , on a mis près de trois heures à remplacer les tuyaux d'alimentation en eau. L'un des convoyeurs nous a appris que le véhicule, datant de la Can « Mali-2002 » , a été privé d'une turbine de refroidissement et que c'était son premier voyage depuis. Finalement, c'est aux environs de 1 h 30 du matin (au lieu de 19 h) que nous sommes arrivés à la gare de Sogoniko. On comprend alors aisément pourquoi les compagnies de transport maliennes ont une piètre image au Burkina Faso voire dans toute la sous-région où les sociétés ont fait de gros efforts dans le sens du professionnalisme et du confort des voyageurs.

Moussa Bolly

( envoyé spécial)

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