Un meeting de soutien à ATT est convoqué pour cet après-midi au Centre du secteur privé à la demande du président contesté de la Chambre de commerce et d'industrie du Mali (CCIM), Jeamille Bittar. Des messages radiotélévisés aux allures de campagne invitaient depuis le lundi 6 mars les opérateurs économiques à cette rencontre pour « remercier ATT pour ce qu'il a fait pour le secteur privé » .
Jeamille Bittar est réputé très proche de la famille présidentielle. L'homme ne s'en cache même plus. Ses victoires tronquées aux élections consulaires du district sont imputées au chef de l'Etat et à son épouse qui y auraient joué un rôle déterminant. Le soutien que Bittar s'apprête à apporter à ATT n'est qu'une manière de lui retourner l'ascenseur.
Mais ce faisant, ATT doit savoir qu'il se met, lui et la République avec, sur une pente dangereuse. Les régimes passent, mais le Mali, notre mère patrie, est éternel. La CCIM est une institution comme tant d'autres. Elle n'a pas vocation à faire de la politique politicienne, mais de veiller à ce que dans notre pays des règles claires et égales pour tous soient édictées dans le cadre de l'entreprenariat privé .
Tous les fils du pays sont égaux en droit, en liberté et en devoir. Donc une institution, service public ou parapublic fonctionnant avec l'argent du contribuable, ne doit pas afficher sa préférence pour tel ou tel candidat caché ou supposé à une quelconque élection.
Toutefois, les membres de la CCIM, pris individuellement, peuvent faire la politique. La structure regorge d'adhérents qui ont des sensibilités politiques différentes. Bittar a le droit de soutenir qui il veut. Mais le fait qui consiste à embarquer une institution dans une aventure sans lendemain relève de l'imposture.
Le meeting de cet après-midi n'est nullement un acte de remerciement à l'égard d'un homme. Il participe d'une campagne déguisée. La CCIM est en déconfiture. Bittar est boudé par les grands opérateurs économiques de la place qui ne vont pour rien au monde participer à une rencontre organisée par un président dont ils contestent la légitimité.
Le meeting, sous la bannière de Bittar, est planifié depuis Koulouba avec des hommes de main de Mme l'épouse du président de la République, Mme Touré Lobbo Traoré. La stratégie consiste à mettre en branle les amis du pouvoir, susceptibles de mobiliser la foule. Bittar joue ainsi sa partition puisqu'il est aussi membre d'un club de soutien à ATT (CSJ-ATT) créé à la mi-février par Mme Bah Mabo Touré, une des filles du président. Le soutien de Bittar cache des intentions machiavéliques, puisqu'il est lui aussi épinglé pour malversations dans le dernier rapport de la Casca.
L'Assemblée permanente des chambres d'agriculture du Mali (Apcam) de Bakary Togola, membre influent du Mouvement citoyen, avait organisé à N'kourala, dans une commune rurale de Sikasso son meeting de soutien à la candidature d'ATT. Il promet au chef de l'Etat, 3 000 000 de voix de paysans le 29 avril prochain. Est-ce pourquoi n'a-t-il jamais été inquiété dans le scandale de la surfacturation des intrants agricoles ?
Des commerçants fournisseurs de ces intrants ont été grugés dans cette affaire par M. Togola. La CMDT, qui s'est rendue compte de la nébuleuse, a refusé de payer la facture de plusieurs milliards de nos francs à ses pauvres fournisseurs. Ceux d'entre eux qui ont les bras longs et larges sont néanmoins rentrés dans leurs droits.
Une autre inquiétude est l'entrée en lice des chefs de quartier de Bamako normalement neutres. Travaillant sous les services d'ATT, une coordination leur a été taillée sur mesure. Ils tiennent eux aussi leur part de meeting de soutien au président sortant. Cette « ATTmania » au forceps est en train de gagner les mosquées comme celle de Batiékérobougou à Niamakoro, où ATT lui-même s'est rendu avec espèces sonnantes et trébuchantes pour, dit-il, aider les fidèles à finir les travaux de construction de leur édifice religieux.
ATT le premier magistrat du pays est au courant de ces affaires scabreuses. Mais, il suffit d'être son ami et de partager son souhait de rempiler pour un deuxième mandat pour qu'il ferme les yeux comme si de rien n'était. Tiébilé Dramé, qui était en bon terme avec lui, l'a appris à ses dépens pour lui avoir refusé son soutien électoral. Et si Dioncounda Traoré, le président de l'Adéma/PASJ avait raison, lui qui disait, il y a peu : « Si nous n'avions pas soutenu ATT, nous aurions eu l'administration, la Sécurité d'Etat et la justice sur le dos » . Serions-nous alors dans une République de… ?
ATT a le devoir d'arrêter tout cela pendant qu'il est encore temps. Il est le garant moral d'élections apaisées et transparentes. Nombre de gens sont fondés à croire que ces associations et clubs de soutien sont le terreau fertile de la violence électorale.
Le président de tous les Maliens est averti et interpellé.
Le camp Guitteye et le patronat boycottent Bittar
Le patronat, présidé par Moussa Balla Coulibaly, et un groupe des commerçants alignés derrière Ousmane Guittèye se réservent le droit de boycotter le meeting de cet après-midi. C'est ce qui ressort d'une réunion tenue séparément hier dans la matinée par les deux structures.
Pour la tendance Guitteye dont nous avons suivi la rencontre, Bittar qui sait qu'il file du mauvais coton du côté du secteur privé veut redorer son blason par ce meeting en faisant sortir les gros calibres du milieu économique pour faire plaisir à ATT.
Non content de mettre en lambeaux le secteur privé, Bittar est en train, affirme-t-on, de le mettre dos-à-dos avec ATT en étant sûr que personne ne va le suivre. Il aurait pris cette initiative au nom du Mouvement des entreprises du Mali (Mdem) qu'il a récemment créé sans les consulter. « Il n'aime pas ATT plus que nous, mais nous refusons ce genre de soutien qui relève de l'opportunisme de Jeamille Bittar » , a indiqué un intervenant.
Pour d'autres, ils ont réclamé haut et fort et soutenu la candidature d'ATT en 2002, lorsque Bittar était dans l'anonymat total. Pour le camp Guitteye, le soutien qu'ils vont manifester à ATT sera différent de celui de Bittar, qui n'a, selon eux, aucun mandat pour parler en leur nom.
A. D.
Acceuil
PRESIDENTIELLE 2007
L'équation du bulletin unique
Présenté comme une procédure de simplification du vote, le bulletin unique peut bien au contraire constituer une source de complication.
Par bulletin unique, il faut entendre un seul bulletin pour tous les candidats. Autrement dit, ils sont portés sur le même bulletin contrairement au système classique où chaque candidat avait son bulletin à part. Si ce bulletin présente à bien d'égard des avantages, il comporte aussi des inconvénients.
Au rayon des avantages l'on peut classer l'allègement des travaux électoraux, la réduction du coût de financement des élections… Pour mémoire, les 24 candidats à l'élection présidentielle de 2002 ont coûté chacun 120 millions de F CFA rien que pour la confection des bulletins de vote, soit plus de 2,8 milliards de F CFA. Avec le système de bulletin unique, tout porte à croire que le coût sera réduit.
Cependant, le bulletin unique comporte des inconvénients en ce sens qu'il s'adapte plus facilement aux pays où les électeurs sont alphabétisés. Or, dans le cas d'espèce, les électeurs sont à 80 % illettrés. Dans ce contexte, certains auront du mal à reconnaître leur « choix » parmi une multitude de candidats portés sur le même bulletin.
L'autre inconvénient, c'est que, contrairement au bulletin par candidat, le bulletin unique entraîne une prolongation du temps de vote ne serait-ce que pour identifier son candidat, ensuite pour apposer sa signature dans la cage de ce dernier. Ce qui implique une grande diligence de la part du votant. Par ailleurs, il doit également bien plier ce bulletin pour le mettre dans l'urne. Il faut s'attendre à ce niveau à une flambée de bulletins nuls parce que le défaut de le plier soigneusement et d'apposer sa signature dans la cage du candidat pour lequel on a voté entraîne la nullité du vote. Avec un tel système, à la fois contraignant et compliqué, il faut peut-être s'attendre à une réduction du nombre des votants.
Ils sont peu nombreux aujourd'hui ceux qui ont compris le système du vote par bulletin unique. Certes, les campagnes de sensibilisation sont en cours à la télé, mais il faut reconnaître qu'une bonne partie du pays ne reçoit pas la télévision et ceux qui en disposent dans les confins du pays sont minoritaires. Les différentes publicités autour de la question risqueraient de se limiter à un nombre restreint.
C'est dire que contrairement à une version de la direction nationale de l'intérieur arguant que le bulletin unique entraîne une simplification, il semble qu'il provoque bien au contraire des complications du vote.
Mohamed Daou
Acceuil
GESTION DES DECHETS PLASTIQUES A BAMAKO
Nécessité d'un changement de comportements
De nos jours, manger dans la rue est devenu, un signe d'aisance ou de capacité de bien s'alimenter. Les sandwiches, les brochettes, le « dégue », le « djouka », les farines… sont vendus en sachets plastiques, tous destinés à la rue au détriment de l'environnement et de la santé humaine.
Dans nos marchés, tout se vend avec emballage, même quant vous achetez 25 F CFA d'arachides, on vous sert dans du plastique. Il ressort du constat fait par la direction régionale de l'assainissement et du contrôle des pollutions et des nuisances du district de Bamako (DRACPN), qu'environ 600 000 (sur une population totale de près de 1 600 000 habitants) Bamakois abandonnent par jour des sachets plastiques juste après les avoir utilisés. C'est pour cette raison que les déchets plastiques jonchent toutes les rues au gré du vent. Toutes choses qui constituent un problème environnemental et une menace pour la santé publique.
La gestion des sachets plastiques dans le district de Bamako devient plus qu'une nécessité. Ce combat commence, aux jeux du directeur de la DRACPN Amadou Tandia, par un changement de comportement des populations qui doivent accepter de faire le petit geste en mettant les déchets plastiques dans une poubelle. « Avec ce comportement, je reste persuadé que notre ville sera totalement débarrassée de ce problème » , soutient-il dans un document intitulé « Déchets plastiques : débat interactif ».
Sur le plan de l'agriculture, la DRACPN, rapporte que l'espoir de voir ces déchets se dégénérer et se transformer dans le sol dépasse la vie de cinq générations sur terre. C'est dire que transporter ces sachets dans les champs en même temps que les ordures peut empêcher tout développement des plantes. Sans compter les dommages qu'ils causent aux animaux qui, une fois qu'ils consomment ces sachets, sont condamnés en l'absence d'une intervention chirurgicale urgente.
« En plus des nuisances visuelles, leur incinération avec les ordures dégage des gaz qui peuvent atteindre la couche d'ozone, avec des conséquences de cancer et de stérilité sur les êtres vivants et les plants » , ajoute M. Tandia.
La DRACPN exhorte toutes les populations de la ville comme en campagne à soutenir les efforts du gouvernement qui a installé les poubelles fixes aux arrêts des transports en commun et sur les grands axes routiers du centre ville.
Selon M. Tandia, la stratégie dont dispose son service pour venir à bout du fléau, est la sensibilisation à laquelle la population doit adhérer et comprendre les risques d'usage abusif des sachets plastiques.
Amadou Waïgalo
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ORDRE NATIONAL DU FASO
Un gouverneur et deux maires maliens faits chevaliers
En marge à la réunion du comité de suivi de la Commission mixte Mali-Burkina, tenue hier, l'ambassadeur du Burkina au Mali a organisé, lundi après-midi dans l'enceinte de l'ambassade à l'ACI-2000, une cérémonie de décoration de personnalités maliennes. Il s'agit d'Abou Sow, gouverneur de Ségou, Ibrahima Thiéro, maire de Ségou, et Abdel Kader Sidibé, maire de la Commune III du district.
Abdel Kader Sidibé, le président de l'Association des municipalités du Mali (AMM), a été fait chevalier de l'Ordre national du Faso. Tout comme le maire de Ségou, dont la ville abrite une importante communauté burkinabé qui vit en parfaite symbiose avec les autochtones.
S. E. Sanné Mohamed Topan, ambassadeur du Burkina au Mali, dira que son chef de l'Etat Blaise Compaoré rend ainsi hommage à tous les maires du Mali. Selon lui, le maire de la Commune III a toujours fourni des efforts pour la bonne mise en œuvre des activités annuelles de son ambassade.
Abou Sow, également élevé au grade de chevalier de l'Ordre national du Faso, a expliqué que cette distinction encourage les récipiendaires à faire plus dans l'accomplissement leur devoir qui consiste à renforcer la fraternité entre les deux peuples.
La cérémonie s'est déroulée en présence du ministre de l'Administration territoriale et des Collectivités locales, de l'ambassadeur du Mali au Burkina Faso, de l'ambassadeur de Palestine au Mali, S. E. Abou Rabah, et de plusieurs autres personnalités.
Sidiki Doumbia
( stagiaire )
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SANTE PUBLIQUE
De nouvelles combinaisons gratuites contre le paludisme
Au Mali 2 millions d'enfants de moins de 5 ans sont exposés en moyenne à deux accès palustres par an. D'où la décision des autorités de distribuer massivement et gratuitement les nouvelles combinaisons thérapeutiques à base d'artésine (CTA) aux enfants de moins de 5 ans à compter d'avril 2007. L'annonce a été faite, hier au cours d'un point de presse, par la ministre de la Santé.
La nouvelle année 2007 marquera un tournant décisif dans l'éradication du paludisme dans notre pays. A en croire la ministre de la Santé, Mme Maïga Zeïnab Mint Youba, qui était face à la presse hier, toutes les conditions politiques, économiques et humaines sont réunies aujourd'hui pour entreprendre une lutte d'envergure contre ce terrible fléau.
Ainsi, elle notera, sur le plan politique, l'implication du chef de l'Etat qui a annoncé la gratuité des antipaludiques pour les enfants de moins de 5 ans, des moustiquaires imprégnées et du TPI pour les femmes enceintes dans son discours de Nouvel an.
Cette volonté politique sera traduite grâce aux financements massifs octroyés à notre pays pour la lutte contre le paludisme dans notre pays dans les cinq prochaines années. Il s'agit d'une part du financement du Fonds mondial pour 13 milliards de F CFA et l'inscription du Mali à l'Initiative du président américain pour la lutte contre le paludisme 37 à 45 milliards de F CFA et le financement du budget national.
Le ministère de la Santé, a-t-elle indiqué, a accueilli cet important financement avec l'ambition et la détermination de faire reculer le paludisme de manière significative à travers la mise en œuvre de son Programme national de lutte. L'un des objectifs de ce Programme est la distribution massive et gratuite des CTA aux enfants de moins de 5 ans pour la prise en charge des cas de paludisme simple.
« Au Mali 2 millions d'enfants de moins de 5 ans sont exposés en moyenne à 2 accès palustres dit simple par an. Ce qui fait qu'on a 4 millions d'accès à traiter par an dans cette population d'enfants. Sur ces 2 millions, 100 000 vont faire des accès graves avec des complications que nous connaissons, décès, complications neurologiques, retard scolaire » , a expliqué Mme Zeïnab Mint Youba.
Le glas qui sonne pour la nivaquine
Ainsi, pour l'année 2007, le coût global des CTA dans la prise en charge des enfants, des tests de diagnostics rapides et du traitement à la quinine injectable, est estimé à 1 269 034 000 F CFA. Les cas de paludisme compliqués seront également pris en charge conformément au protocole et gratuitement. En plus de cette prise en charge gratuite, qui s'étalera sur 5 ans, le programme prévoit également des mécanismes de distribution gratuite de moustiquaires imprégnées, des médicaments pour la prévention et la prise en charge du paludisme chez la femme enceinte, la pulvérisation intra et extra domiciliaire avec insecticide…
La première livraison des CTA est attendue en avril prochain et elles seront disponibles dans tous les centres de santé du pays avant le début de l'hivernage, saison de transmission, a assuré la ministre. Ces nouvelles stratégies, a-t-elle ajouté, permettront de réduire la morbidité mesurable, la mortalité maternelle et néonatale, les complications neurologiques et les cas graves.
Zeïnab Mint Youba a engagé le personnel socio-sanitaire à travailler pour réussir l'important tournant que va prendre la lutte contre le paludisme par l'abandon de la nivaquine au profit des CTA et du choix fait par le président à en assurer la gratuité à tous les enfants de moins de 5 ans dans toutes les structures publiques et communautaires. « L'éradication du paludisme est une tâche urgente, mais aussi un objectif réalisable qui exige, cependant l'implication de tous » , a conclu la ministre de la Santé.
Sidiki Y. Dembélé
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Des milliards pour des moustiques ?
Le paludisme est une maladie parasitaire qui se transmet par les moustiques, c'est-à-dire une maladie évitable à condition que nous fassions de l'assainissement notre cheval de bataille. Les nouvelles mesures édictées par le ministère de la Santé, gratuité des CTA pour les enfants de moins de 5 ans, prise en charge des femmes enceintes malades, distribution des moustiquaires, sont salutaires.
Mais, nul n'a besoin d'être spécialiste en santé pour savoir que l'anophèle provient de nos ordures. Des Etats sont parvenus à éradiquer le paludisme à travers seulement l'assainissement. Sans cadre de vie assaini, le gouvernement malien continuera à engloutir des milliards du fonds de lutte contre le palu et d'autres généreux donateurs contre les moustiques. Mais le paludisme continuera toujours à tuer des milliers de personnes dans notre pays car les moustiques auront toujours des gîtes pour se reproduire.
Il faut combattre le mal par sa racine. La pulvérisation intra et extra-domiciliaire qui est préconisée par le programme national de lutte contre le paludisme ne suffit pas. Il faut installer des mini-égouts, creuser et protéger des fosses septiques, curer les caniveaux… Bref, changer de comportement. Et c'est là le premier combat à mener. Sinon, les moustiques vont engloutir tous ces milliards et continuer à crier victoire sous les lauriers des citoyens.
S. Y. D.
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