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2007

Mois de mars

Les Echos du 06 mars 2007

DROIT DE TRAVERSEE ROUTIERE

Malversations sur les fonds perçus

Le dernier rapport de la Cellule d'appui aux structures de contrôle de l'administration (Casca) démontre que des membres de cabinets ministériels et des forces de sécurité ont détourné une partie des fonds perçus (plus de 150 millions de F CFA) sur le droit de traversée routière pour faire la bamboula : achats irréguliers de billets d'avion, de véhicules d'occasion…

Les véhicules de transport, de l'intérieur comme de l'extérieur, payent à longueur de journée des droits de traversée routière aux agents des forces de sécurité chargés du contrôle routier. Ces sommes doivent, en principe, être reversées dans les caisses du Trésor public.

Mais, le dernier rapport de la Cellule d'appui aux structures de contrôle de l'administration (Casca) révèle que ces sous du contribuable prennent d'autres directions et ils ne sont pas justifiés.

Le rapport souligne notamment le non reversement de 942 862 F CFA par la brigade de gendarmerie de Faladié et de 1 316 625 F CFA par la brigade de Kadiolo, la non disponibilité de la totalité des quittanciers de 2000 au niveau de la brigade territoriale de Ségou, l'achat irrégulier de carburant (67 310 698) en 2003 et de lubrifiant (10 556 329) en 2004, le payement irrégulier de factures de téléphones portables ainsi que l'appui aux téléphones portables pour divers officiers de la gendarmerie pour un montant de 10 245 154 F CFA.

Ces sommes auraient également, selon le rapport 2006 de la Casca, servi en 2002 à l'achat non justifié de pièces détachées par la DAF du ministère de l'Industrie, du Commerce et des Transports de l'époque pour un montant de plus de 25 millions de F CFA et de frais de réparation de véhicules privés pour plus de 10 millions de F CFA.

Le rapport note également le payement irrégulier à des membres du cabinet du ministère de la Sécurité intérieure et de la Protection civile, d'un montant de 20 640 000 F CFA au titre des gratifications, l'achat irrégulier de billets d'avion pour 1 927 150 F CFA au profit de certains commissaires et 1 286 200 F CFA à des bénéficiaires non identifiés, l'achat irrégulier de cinq véhicules d'occasion sans appel à la concurrence pour un montant de 24 589 220 F CFA.

S'ajoutent à ces faits gravissimes l'inexistence de commission de recrutement des contrôleurs routiers, le manque de qualification de la majorité des contrôleurs routiers, l'inexistence d'appel à candidature pour le recrutement des contrôleurs routiers, le non fonctionnement du comité national et du comité technique du droit de traversée routière, etc. Toutes choses qui ont conduit la Casca à transmettre ce dossier brûlant aux autorités judiciaires compétentes.

Sidiki Y. Dembélé

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ALLIANCES POLITIQUES

Le président de l'ADP du district pète les plombs

En s'attaquant dimanche au CICB à des formations politiques qui n'ont jamais accepté de s'aligner pour des prébendes, le président de la coordination régionale de l'Alliance pour la démocratie et le progrès (ADP) du district, a versé dans la provocation.

Sékou Diakité : c'est le nom de celui qui présidera pendant 6 mois aux destinées de la coordination régionale de l'ADP du district. Son élection a eu lieu au petit soir du 4 mars dernier au CICB. Le regroupement, qui compte 36 partis politiques, est créé, dit-on, pour soutenir ATT à l'occasion de l'élection présidentielle mais aussi travailler à l'élaboration d'un programme de gouvernement pour les 5 ans à venir.

Amélioration du taux de participation aux élections dans le district, renforcement de capacité de mobilisation sur le terrain, encadrement des militants pour le processus électoral sont les défis auxquels la coordination régionale ADP du district s'est engagée à relever.

Mais là où le bât blesse, c'est la sortie inattendue et musclée de celui qui a été chargé de conduire le navire ADP à bon port. Le quidam dans sa faconde, croyant bien dire, a versé dans la provocation. « L'incompréhension et l'étonnement sont grands chez les Maliens. Certaines formations politiques qui ont participé à la gestion du pays pendant 5 ans s'obstinent à noircir en vain un bilan qui, à bien d'égards, est positif. A croire que nous ne sommes pas dans le même pays et comme si nous autres Maliens nous n'étions pas là. Les Maliens ne sont pas dupes. Ils ont fait leur opinion. Et les discours n'y changeront rien » .

Manifestement, M. Diakité qui a apparemment le don de tout peindre en rose et qui est surtout allergique aux débats d'idée à l'image d'ailleurs de celui qu'il soutient voulait régler des comptes. Sinon quel lien y a-t-il entre la mise en place de la coordination régionale ADP du district et sa sortie contre des formations politiques dont le seul tort a été de dire par principe non au système de gestion du pays.

Les Maliens préoccupés par une école en déliquescence, et qui assistent impuissants à la corruption à grande échelle, au chômage qui frappe de plein fouet des centaines de jeunes, il n'est guère étonnant que des gens comme Tiébilé Dramé, IBK, connus pour leur conviction, prennent leur responsabilité face à ces fléaux qui gangrènent le pays. Seuls ceux qui courent derrière les postes sont surpris.

Pendant les 5 ans de la gestion ATT, personne n'a été inquiétée pour avoir détourné ou dilapidé des fonds de l'Etat. Pourtant, il y a de la matière. L'on peut citer pêle-mêle, les scandales financiers à l'Office du Niger, à la Daf du ministère de l'Economie et des Finances, à la CCIM, etc. Sur ces malversations parmi tant d'autres, le président de la République n'a pipé mot. Les dossiers ont été simplement classés dans les tiroirs comme si de rien n'était donnant du coup l'impression aux citoyens comme s'il existe des super Maliens.

Comment voulons-nous dans ces conditions que des patriotes convaincus ne se démarquent pas et dénoncent les déboires d'un régime qui s'est surtout illustré par le laisser-aller au détriment de notre démocratie chèrement acquise ? Quelle est la raison d'être d'un parti politique qui ne participe pas à la conquête du pouvoir ? Participer à la gestion du pays pendant 5 ans ne signifie nullement accepter de faire le béni oui-oui.

Mohamed Daou

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MEDIAS ET ELECTIONS

La presse malienne face à ses responsabilités

Samedi, au cours de la 44e édition du Club de la presse de Radio Klédu, des représentants des médias de l'intérieur et du district et les responsables des structures chargées de l'organisation des élections de 2007 (MATCL, Céni et DGE) ainsi que les représentants des deux principaux regroupements politiques (ADP et FDR) ont échangé et débattu des enjeux des élections, des défis à relever dans l'organisation d'élections libres et transparentes et de la responsabilité de la presse en période électorale.

La 44e édition du Club de la presse de Radio Klédu, samedi dernier autour du thème « Médias et élections » , a débattu du rôle et responsabilité des médias en période électorale, des relations entre les partis politiques et la presse du point de vue des acteurs, de l'état des préparatifs des élections de 2007, entre autres.

Cet espace d'échange, qui a regroupé journalistes et présidents des structures chargées de l'organisation matérielle des élections, aura permis aux participants d'identifier les défis à relever par toutes les structures chargées de l'organisation matérielle du scrutin et d'évoquer les responsabilités des médias en période électorale.

A travers ses missions de la diffusion de l'information politique, de l'organisation de débats sur des sujets sociaux et économiques, d'explication des programmes de société des différents candidats aux populations, de couverture de campagnes des candidats, de sensibilisation des électeurs sur l'importance du vote et surtout du vote à bulletin unique, une innovation de la loi électorale, la presse a un rôle important à jouer dans les élections générales de 2007.

La responsabilité des médias en période électorale est grande en ce sens que de leur comportement dépend en partie la réussite du processus, la détermination du choix des électeurs, entre autres. Cependant, beaucoup d'obstacles se dressent sur le chemin des médias dans l'accomplissement de ses missions en période électorale. Il s'agit, entre autres, du manque de formation des journalistes, de la méconnaissance de la loi électorale, de la précarité des organes de presse. Les échanges ont porté sur l'expérience vécue par Birama Fall, journaliste au « Républicain » .

M. Fall, outre les élections de 2000 au Mali, a été l'envoyé de sa rédaction pour couvrir l'élection présidentielle au Togo, qui a vu la victoire de Faure Eyadema.

Déjà des entorses

Aux termes des échanges, les présidents de la Céni et de la Délégation générale des élections, Fodié Touré et colonel Siaka Sangaré, croient fermement que leurs structures s'acquittent convenablement des tâches qui leur sont assignées pour la réussite d'élections libres et transparentes. En tous les cas, à leur niveau, il ne semble pas y avoir de difficultés particulières pour remettre en cause le processus électoral ou contester les futurs résultats qui sortiront des urnes.

Fodié Touré a, comme dans ses sorties précédentes face aux médias, rassuré de la présence physique des délégués de la Céni dans les 19 000 bureaux de vote, de la centralisation et du décompte des voix à l'interne, de la supervision et du suivi des opérations de transmission par le ministère des résultats provisoires et des documents afférents à la Cour constitutionnelle.

Pour sa part, Siaka Sangaré, président de la DGE, sans préciser de date, a laissé entendre que le fichier électoral sera verrouillé dans peu de temps. La difficulté majeure à laquelle son service aura été confronté est la « sectorisation des électeurs nomades », c'est-à-dire, l'affectation aux nomades électeurs de bureaux de vote fixes.

Selon M. Sangaré, cette difficulté a été créée par la suppression des bureaux de vote itinérants. Pour lui, la DGE, qui a pour devise légalité, transparence et neutralité, s'efforce de respecter scrupuleusement ce credo. Ce même son de neutralité, de transparence a été donné par le secrétaire général du ministère de l'Administration territoriale et des Collectivités locales, Mamadou Seydou Traoré. Selon lui, les élections générales coûteront 15 milliards de F CFA au budget national, toutes rubriques et structures confondues.

Mais cet optimisme n'est pas partagé par le représentant du FDR. Me Mamadou Gakou a déploré une campagne prématurée du futur candidat de l'ADP relayée sans cesse par l'ORTM. S'il a reconnu le courage de la Céni d'avoir dénoncé cette attitude des médias publics, Me Gakou a fustigé l'absence du FDR à la Céni nationale.

Denis Koné

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DERIVES DANS LA PRESSE

Commanditaires et animateurs de ce qui n'est pas malien

La presse est un acteur incontournable dans le processus des élections en ce sens qu'à travers les ondes et les journaux, les électeurs prennent connaissance des programmes des différents candidats, leur ambition pour le pays et le projet de société qu'ils comptent mettre en œuvre une fois élu.

Tout ce travail doit se faire dans le respect des règles déontologiques du métier, de la dignité de la personne humaine. Dans l'atmosphère de pré campagne électorale qui prévaut chez nous, c'est le défi le plus urgent qui semble se présenter à la presse malienne. La remarque a été faite lors du Club de presse de Radio Klédu.

Une remarque pertinente lorsque l'on observe maintenant une "dérivé" dans le traitement de l'information par certains organes, les insultes et autres insinuations qui, sous d'autres cieux, auraient conduit leurs auteurs derrière les barreaux. Mais le hic est que les organes de régulation de la presse qui sont les mieux placés pour rappeler à l'ordre semblent s'accommoder de la situation qui va de mal en pis.

Le Comité légal d'accès aux médias d'Etat qui a été invité, selon les organisateurs du club n'a pas fait le déplacement, tout comme le Conseil supérieur de la communication. Pourtant ce sont à de tels forums de débats et de discussions que ces structures peuvent attirer l'attention des uns et des autres sur le rôle de la presse pour des élections apaisées et transparentes.

Tout semble indiquer que ce souhait n'est pas la chose la mieux partagée par l'ensemble de la presse malienne, dont une partie a pris fait et cause pour le pouvoir en place. En plus de l'ORTM, qui s'est laissé vilipender par la faute de son DG, il nous est revenu que des animateurs de radios libres, entretenus par un des leurs à coup de millions dont la traçabilité est connue de tous, ont décidé d'ignorer certains journaux critiques à l'égard du pouvoir en place dans leur revue de la presse quotidienne. En revanche, ils se délectent (c'est vérifiable) d'articles incendiaires et insultants sur les tenants de l'opposition. Plus que le contenu des articles, c'est leur grain de sel qui cause la nausée à leurs auditeurs…

Parce que l'injure, les insinuations perfides et les atteintes à la dignité… ne font pas partie de la culture malienne, ils sont porteurs des germes de la violence. Il appartient à leurs mentors de siffler la fin de cette récréation malsaine afin de ne pas en répondre un jour au moins devant le tribunal de leur conscience.

Drissa Diop

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PRECAMPAGNE PRESIDENTIELLE

Les pauvres, les grands oubliés des politiques

Les élections prochaines sont dans tous les esprits. Les débats vont dans tous les sens. Les alliances naturelles et contre-nature se font. Les alliés d'hier sont les ennemis d'aujourd'hui ou vice-versa. Pour conquérir le pouvoir et ses avantages, rien n'est laissé au hasard. Malheureusement, ceux censés être au centre des débats politiques sont aussi les plus oubliés : les pauvres du Mali.

Plus de deux Maliens sur trois sont pauvres. Nous n'avons point besoin des statistiques pour l'attester. Ils sont partout. Au marché, ils passent des journées entières pour tenter d'empocher ne serait-ce qu'un seul kopeck et subvenir à leurs besoins. Le soir, une meute de mendiants entassés à côté du Grand hôtel quémandent la pitance quotidienne à des maquisards qui rentrent des boîtes de nuit.

Pour certains, les pauvres sont devenus des professionnels qui n'ont qu'une seule mission : déranger. Plus on leur donne de l'argent, plus on les démotive à trouver une voie de sortie à leur pauvreté. Pour d'autres, la pauvreté est un fait divin. Une fatalité. La preuve en est qu'elle existe partout dans le monde entier.

Tous ceux qui raisonnent ainsi ont de mauvaises intentions ou ont tendance à masquer leur ignorance par des explications compliquées destinées à impressionner les uns et les autres. Aujourd'hui plus que jamais, des moyens simples existent pour en finir avec cette pauvreté qui prévaut dans nos villes et villages.

Essentiellement, la pauvreté a trois aspects : la pauvreté de revenu, la pauvreté d'accès et la pauvreté de pouvoir. Pour l'éradiquer, il faut nécessairement redresser ces aspects. Le premier aspect est le plus visible. Les pauvres manquent de tout parce qu'ils ne peuvent rien s'acheter. A cause de leur pouvoir économique, ils n'ont ni droit ni pouvoir, ni espoir. Pis, ils doivent payer pour recevoir des bien publics qui sont disponibles pour les moins pauvres. Ils sont harcelés par les autorités à chaque opportunité. Ils ne bénéficient de la protection de personne. Ils sont à la merci des autres. Heureusement, la pauvreté du revenu a une solution connue. Celle de la Grammen Bank montre la voie.

Un exemple à suivre

L'exemple frappant de la Grammeen Bank prouve que le micro crédit est un moyen efficace pour lutter contre la pauvreté du revenu. Il démontre non seulement que les pauvres sont solvables avec un taux de recouvrement supérieur à 98 % (plus élevés que les banques traditionnelles), mais qu'ils sont aussi des êtres rationnels qui savent saisir l'occasion. Le résultat ne s'est pas fait entendre : ce sont 20 millions de Bangladais aujourd'hui (plus que l'ensemble de la population du Mali) ou 15 % du Bengladesh se sont arrachés à la pauvreté.

Le deuxième aspect est la pauvreté d'accès. Les pauvres sont éloignés de tout ce qui est le pouvoir. Ils vivent dans des quartiers éloignés. Ils n'ont ni écoles, ni commissariat de police, ni eau potable, ni électricité. Toutes les maladies y sont présentes, mais aucun centre de santé n'est à leur portée. Ils n'ont ni emplois, ni terres, ni abris et sont analphabètes pour la plupart.

Similairement, les enfants des pauvres en subissent le même sort. Bien que l'éducation représente la voie la plus sûre de sortir de la pauvreté, les enfants pauvres n'y ont pas accès. Mêmes ceux qui ont la chance de commencer l'école ne restent que quelques années. Les autres enfants rêvent d'aller à Paris en vacances, et eux rêvent de voir Koulouba. Les autres veulent des jean's pour aller à l'école, et eux demandent juste le droit d'aller à l'école. Les autres passent le week-end en piscine et eux passent de longues journées avec maman ou papa pour avoir de quoi survivre.

La pauvreté d'accès peut être résolue en régularisant davantage les propriétés des pauvres. Une fois sûr de leurs propriétés, tout est fait pour les maintenir. Il faut davantage situer les services publics à la portée des pauvres et mettre en place les infrastructures nécessaires au maintien de vie. Un fonds national pourra être mis en place pour s'occuper de cette tâche.

Quand vous passez par l'aéroport de Paris, des pots sont placés partout pour recueillir de l'argent des voyageurs qui finira par être investi dans les quartiers sensibles. A travers une telle initiative, nous pouvons construire et des écoles et des centres de santé dans nos villes et villages éloignés.

Le troisième aspect, non moins le plus important, est la pauvreté de pouvoir. Bien vrai qu'ils constituent la majorité de l'électorat, ils sont les moins écoutés. La raison est connue : ils ne votent pas et la démocratie les exclut. Comment demander à quelqu'un qui n'a jamais gagné 250 F CFA par jour d'acquérir une carte d'identité qui coûte 3000 F CFA pour pouvoir s'inscrire sur la liste électorale ? Le problème ici est d'ordre structurel : pour pouvoir influencer les politiques, il faut s'organiser. Mais l'organisation demande du temps et pour les pauvres, le temps constitue un luxe qu'ils ne peuvent s'offrir. Pour penser à 2008, il faut tout de même franchir les obstacles quotidiens qui se dressent sur le chemin de 2007.

Faillites et tapages

Nos gouvernants ont failli à leurs obligations de lutte contre la pauvreté, et leurs actions en témoignent. Quand le gouvernement renonce à des taxes sur l'essence, c'est pour les usagers des transports et non les pauvres (les pauvres n'empruntent pas les dourouni ). Quand le président se vante de la hausse des salaires des fonctionnaires, les pauvres sont exclus (ils n'ont pas d'emplois), etc.

Par ailleurs, durant le Mois de la solidarité et fêtes de fin d'années, de Ramadan et de Tabaski, les pauvres sont visités par ceux censés les représenter tout au long de l'année. Pour quelques sommes aux vieilles personnes, des sacs de riz et de sucre dans les mosquées, le gouvernement soulage sa conscience et le fait précéder par un bon grand tapage médiatique. Il en est de même pour les logements sociaux qui excluent immédiatement les plus pauvres.

Nous ne cesserons jamais de le répéter : au lieu de s'attaquer aux causes de la pauvreté, c'est toujours les symptômes qui attirent la plus grande attention. Et à chaque fois qu'on proteste devant les hautes autorités, la réponse est toujours la même : « La lutte contre la pauvreté n'est pas aussi simple que vous le pensez » . Peut-être ! Mais nous, étudiants du développement, sommes convaincus aussi que ce n'est pas aussi compliqué qu'ils veulent nous le faire croire. Quelques exemples suffiraient à le démontrer.

Depuis les réformes de 1978, ce sont plus de 300 millions de Chinois qui ont été libérés de la pauvreté. Les réformes de 1991 en Inde ont à leur tour, affranchi plus de 150 millions d'Indiens de la pauvreté absolue. En Inde comme en Chine, quand les temps étaient durs, ni le président, ni aucun membre du gouvernement ne circulait en Mercedes, ils ne voyageaient non plus en 1re classe. Le montant de ces économies est très peu, mais l'action est symbolique. Qu'est ce qu'on fait au Mali ? Exactement le contraire. Il est grand temps d'inverser cette tendance fâcheuse.

Aujourd'hui, les enfants des pauvres Maliens sont condamnés au travail forcé pour le restant de leurs jours. Ne pensez-vous pas que les milliards de F CFA dépensés dans les logements sociaux seraient mieux utilisés en garantissant la scolarité des enfants de rue pour les six ans de l'école primaire ? Ne croyez-vous pas que les centaines de millions de nos francs dépensés dans les bilans médicaux de nos ministres en France pourraient mieux être investis dans les centres de santé des pauvres ? Echanger les Mercedes des ministres avec des Renault ne permettrait-il pas de faire assez d'économie qui servirait d'allocation aux parents de mendiants qui laisseraient leurs enfants à l'école ?

La pauvreté humilie l'homme au plus profond de lui-même. Lutter contre la pauvreté n'est pas seulement d'ordre humanitaire ou une question d'équité et de justice, c'est aussi et surtout une question de survie de la nation. Un pays où plus de la moitié de la population est pauvre tirera, tôt ou tard, tout le pays vers le bas.

Il faut un héros national pour mettre la lutte contre la pauvreté dans le radar des politiques. Les discours scandés de Koulouba et de la classe politique ces dernières années ont montré leurs limites. Le moment est venu d'honorer la mission principale de notre temps : faisons plus pour ceux qui en ont moins, car les pauvres ne sont pas moins Maliens que les autres.

Soya Djigué

( économiste à Washington DC)

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APRES LE FESTIVAL

La réaction de Pr. Diop

La 11e édition du Fesmamas a eu lieu au prix de mille sacrifices. Le problème de financement a occupé une place de choix. Selon Pr. Diop, le suspens a été au rendez-vous encore cette année. Nous vous livrons sa réaction .

« Le suspens aura été au rendez-vous une fois de plus : le Fesmamas aura-t-il lieu cette année ? Etrange qu'après 10 éditions et 13 ans d'existence, les organisateurs du plus vieux festival du Mali en soient encore à se demander chaque année comment boucler leur budget. Et pourtant tout ou presque aura été mis en œuvre pour éviter les affres de l'incertitude cette année.

Tout d'abord, le dépôt du dossier du festival auprès du ministre de la Culture du Mali : suite aux promesses tenues par ce dernier aux Markalais le 3 mars 2006, les organisateurs ont remis le dossier du 11e Fesmamas au ministre en fin avril 2006. Déjà. Mieux, ils ont élaboré un deuxième dossier pour le Psic (dépendant du même ministère de la Culture) : les "experts" dudit Psic ont trouvé un argument béton pour déclarer le 11e Fesmamas inéligible au fonds du Psic. Cet argument ? Je vous le donne en mille : parce qu'il est dédié à la lutte contre l'excision, le 11e Fesmamas ne serait pas un projet culturel, mais un projet socio-sanitaire.

Oh sancta simplicitas ! Heureusement que le ridicule ne tue pas, sinon d'innombrables personnes à l'incompétence avérée deviendraient charognes à longueur de journée !

Et le ministre de la Culture dans tout ça ? Il est, et nous le croyons, plein de bonne volonté pour le Fesmamas ! Mais est-ce un engagement qui ne serait pas partagé par certains de ses collaborateurs et qui joueraient dans l'ombre... des masques ! Malgré l'inéligibilité du Fesmamas aux fonds européens du Psic, le ministère de la Culture nous a soutenu comme par le passé. Mais s'agit-il là d'une réelle solution de financement pour le premier né des festivals du Mali ? Né avant le Psic, ce dernier n'a jamais su prendre la mesure du Fesmamas et encore moins en saisir l'orientation et la philosophie qui sont pourtant bien dégagées dans tous les documents depuis ces nombreuses années.

A en croire que personne là-bas ne lit réellement les dossiers qui seraient financés à la tête du client ou à la longueur de son carnet d'adresses. Il n'empêche ! Le Fesmamas se tiendra quand même, comme les autres années ! Avec un engouement qui déborde largement les capacités financières du Club de Markala, tant sont nombreuses, d'année en année, les communautés qui se battent pour être présentes à Markala.

Les choix, les sélections deviennent de plus en plus ardus. Pour une raison bien simple : le Fesmamas n'est ni un show-biz, ni une rencontre de vedettes de variétés, ni de stars (pour lesquels nous avons un profond respect par ailleurs).

Le Fesmamas, c'est un festival à forte identité populaire, un lieu de rencontre où cette population rurale qu'on instrumentalise en maintes autres occasions devient une actrice majeure de la scène artistique et culturelle. Il est forgé par les communautés, pour les communautés ? Et c'est bien pourquoi il résiste à tous les écueils !

Merci à nos partenaires, qui ont décidé de nous accompagner dans cette fabuleuse galère. On ne regrette jamais de faire le voyage de Markala !

Oui, le Fesmamas, quand même ! »

Pr. Abdou Traore dit Diop

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CHAMPION'S LEAGUE/STADE-WAC : 0-0

Les Blancs joueront leur destin à Casa

Les poulains de Mohamed Magassouba se sont contentés d'un nul vierge face à leurs homologues marocains, dimanche 4 mars 2007 au Stade Modibo Kéita dans le cadre des 16e de finale aller de la Champions League. Leur sort dans cette compétition sera connu à l'issue du match retour, prévu dans deux semaines à Casablanca.

La rencontre Stade-Wac de dimanche dernier a démarré tout doucement, les deux équipes ayant observé une sorte de round d'observation d'une dizaine de minutes. Mais les « Rouges », sous la conduite de leur nouvel entraîneur Lozano Ladislas, procéderont ensuite par de petites passes courtes et répétées pour faire sauter le verrou.

Mais très en verve, les Stadistes vont imposer un pressing haut sur le porteur du ballon, empêchant ainsi les champions marocains de poser leur jeu. Les hommes de Mohamed Magassouba poursuivaient en même temps un travail de sape, et à la 22e, Mouzaki Hakim, le gardien marocain, a dû effectuer une magnifique parade pour repousser une reprise de Lassana Diallo consécutive à un coup franc bien exécuté par Saja Leigh. Auparavant, à la 17e, un but de Lassana Diallo a été refusé pour hors-jeu.

Vigilants, à l'image de leur axe central Mansour Abdelka, les « Rouges » du Wac tiendront tête à l'attaque du Stade qui a privilégié un moment les actions individuelles. Toutefois, les protégés de Sam s'appuieront sur leur milieu de terrain. Leur domination territoriale allait une fois encore porter ses fruits à la 36e. Sur un centre venu de la gauche, Bakary Coulibaly « Bako », laissé seul, a néanmoins manqué sa reprise. Le Stade atteindra la mi-temps avec un score vierge devant un Wac très combatif.

A la reprise, les Stadistes ont appuyé sur le champignon à l'image de Lacine Diarra qui mettra à rude épreuve la belle assurance de la défense marocaine. Les Casablancais, malgré le travail des transfuges bamakois (Kalilou Traoré et Boubacar Coulibaly) ont accusé le coup pendant un long moment, mais sans grand danger. Il a fallu attendre plus d'une dizaine de minutes pour voir les Stadistes se faire dangereux sur un une-deux Saja-Lacine, mais le portier waciste s'est montré décisif sur une opération sauvetage à la 65e.

Malgré les derniers réglages et les changements opérés de part et d'autre le score n'allait plus évoluer. Le Stade malien, repêché sur tapis vert au tour préliminaire contre l'AS Douanes du Sénégal, devra trouver d'autres arguments solides s'il veut continuer l'aventure de la Ligue africaine des champions, une ambition de sa direction plusieurs fois contrariée.

Boubacar Diakité Sarr

 

Ils ont dit…

Mohamed Magassouba   (entraîneur du Stade)   :

« Nous avons eu des problèmes en attaque. On a eu des opportunités de but qu'on n'a pas su exploiter par manque de lucidité des attaquants devant le but adverse. Mais je dis que ce score 0-0 est un bon résultat, car tout autre résultat nul nous qualifierait à Casablanca. Avec ce résultat, j'ai l'espoir. Il faut se préparer et aller jouer crânement sa chance au match retour ».

Lozano Ladislas (entraîneur du Wac)  :

« Je crois que le Wac a préservé ses chances de qualification. Ce 0-0 à l'extérieur est bon pour le Wac, mais rien n'est fait car à Casablanca, ce sera un tout autre match. J'ai vu une bonne équipe du Stade qui a produit un football engagé, athlétique. Toutes choses qui honorent son statut de champion et de meilleure équipe malienne ».

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