Les Echos du 01 mars 2007
MALI
L'Etat doit cesser d'être la propriété d'une coterie...
Le Mali, aujourd'hui, on peut l'affirmer péremptoirement, se porte mal. Il va très mal même et à n'en pas douter, si jamais rien n'est fait, la loi de la jungle deviendra l'ordre suprême. L'Etat, comme organisation sociale au Mali, est mort.
Il est fort probable que l'agonie du Mali ait commencé depuis qu'en ce mois de mai 2002, la Cour constitutionnelle a, par ses considérants, "créé" un président de la République. Ici, ce n'est ni une boutade ni un dénigrement gratuit.
René Capitant a donné les caractéristiques d'un Etat sérieux, tourné vers le développement en ces mots : "L'Etat repose aussi et plus encore sur la volonté des citoyens, sur leur conscience politique, sur le sentiment de leurs droits et de leurs devoirs à l'égard de la communauté, sur leur résolution à les défendre et à l'accomplir" .
Or, à voir l'image de ce pays, l'Etat est absent. Certains optimistes trouvent qu'il a démissionné. A regarder autour de soi, il existe une telle déliquescence de toutes les structures de l'Etat, qu'il faut bien en convenir, un ressort décidément s'est cassé, et cette panne est mortelle si on n'y remédie pas.
Cheick Oumar Diarrah, dans son livre consacré à la gestion du général Moussa Traoré (Bilan d'une gestion désastreuse) a écrit ces mots : "L'Etat doit cesser d'être la propriété d'une coterie, car c'est la captation de l'appareil d'Etat par une classe politique illégitime qui explique bon nombre de déboires du pays. Si l'Etat n'est pas l'instrument de la promotion des aspirations de la société civile, il n'est manifestement qu'un appareil de contrainte" .
Le même constat est de mise sous le règne d'ATT. Je voudrais inviter chaque Malien à analyser objectivement la situation de ce pays, sans a priori . C'est contre pareille situation que le peuple s'est révolté en mars 1991. Aujourd'hui, l'Etat n'est plus au service de la nation. Toutes ses articulations sont mises au service de la réélection d'ATT, et pour ce faire, rien n'est épargné. La loi est foulée au pied, l'argent public comme les moyens de l'Etat, tout est au service de la coterie.
Le pouvoir au Mali d'ATT est revenu à sa pratique et à son essence archaïque d'avant 1990, celui que Maurice Gléglé a éloquemment décrit ainsi dans l'Encyclopédie juridique d'Afrique : "L'exécutif est le pouvoir souverain. Il est l'Etat. Il peut tout faire. Il ne peut craindre que la force brutale des armes. Son pouvoir est conforté par le parti unique institutionnalisé" . Plus grave, l'administration est en sommeil. Un sommeil ponctué par l'absentéisme, la corruption, le népotisme, la gabegie, et on pourrait citer à la pelle les maux qui la minent. La corruption est si prenante, si présente, qu'un nouveau jargon a fait son apparition pour masquer les dessous de tables : les taxes sauvages, les tracasseries, etc. Ainsi complaisamment qualifié, tout peut passer.
Le policier devient juste quelqu'un qui fait du zèle. Il ne se corrompt pas, il tracasse seulement le pauvre citoyen. Le juge n'est pas corrompu, seulement il tombe un peu dans l'excès. Les agents des finances, chargés du recouvrement, ne font que dans les taxes sauvages, ils ne sont pas corrompus, etc. Ainsi considéré, le vice n'est plus le vice, c'est juste un égarement, une farce que la victime n'a pas comprise. A ce rythme, c'est à se demander si le Malien ne s'est pas trompé d'époque. Quand la morale et la vertu ensemble ne se conjuguent pas au même temps, alors on se pose une vraie question existentielle.
Après plus d'une décennie d'apprentissage démocratique, il y a des comportements que l'on ne devrait plus voir au Mali. Le règne tout puisant de la République et de ses lois devrait être une exigence. Or aujourd'hui, en violation de la loi, une association apolitique, la nébuleuse du Mouvement citoyen, sert de parti dominant au général-président. Lui-même s'autorise tout. Tout lui est permis, même les violations du texte fondamental. Oui, quand les institutions de la République servent à un système, il y a de graves incertitudes pour l'avenir. Le Pr. Roger-Gérard Schwartzenberg, dans un de ses ouvrages majeurs consacré à la sociologie politique, a fait des démonstrations qui font encore autorité, tant la pertinence de l'analyse est d'une réalité crue.
Surpouvoir
Il fait le lien entre sous-développement et "surpouvoir" , un concept qui en Afrique est porteur de toutes les hypothèques, quant à l'avenir. Et c'est bien là le cas du Mali, qui connaît une exacerbation de l'ego du président et de son entourage. Le Mali est tombé dans le système de la personnalisation du pouvoir, par laquelle, un "personnage symbolise, incarne la nation, l'Etat, le parti" . C'est si vrai que cette analyse rejoint celle de Jouvenel qui écrit : "Les phénomènes de disharmonie sociale et morale favorisent la floraison du pouvoir absolu : incohérence sociale, conduites an-harmoniques, inconduites, phénomènes de dépaysement et de dérèglement... des hommes déracinés arrivant dans la condition nouvelle n'y trouvent pas d'images de comportement qui gouvernent leur nouveau personnage" , d'où l'émergence de montreur de conduite.
Le leader, ce montreur de conduite, devient à la fois le lieu géométrique et l'étalonnage du groupe. C'est cela qui conduit à l'ivresse du pouvoir. Il suffit de se rappeler qu'au Mali, ATT est le référentiel absolu dans tous les discours. On le cite à tort et à travers, à n'importe quelle occasion. Et lui-même, absorbé par ses fonctions de représentation, d'incarnation collective (discours, meetings, visites à l'étranger, participation à des congrès internationaux), il se décharge sur son entourage de l'exercice du pouvoir. Ainsi, il n'est responsable de rien, tout est de la faute de ses ouvriers. Amalgame de tendances, d'ambitions et de chapelles, cette cour se trouve souvent paralysée par des rivalités de clans. D'où la déformation ou le blocage des décisions du leader.
Le chef, versant de la personnalisation dans le pouvoir personnel, est souvent privé de toute instance de débat ou de contrôle, qui pourrait lui signaler ses erreurs. Dès lors, l'inefficacité devient, fatalement, la rançon de l'autoritarisme. La politique devient dès lors par la pratique de certains de ses acteurs, une chose abominable. Il suffit d'un rien pour transformer la plus belle chose en un vil objet. Le Christ ne disait-il pas « il ne faut pas jeter l'or aux pourceaux ? » Entre mensonge, trahison et flagornerie, il n'y a plus de place pour la vertu. Or, sans vertu, que peut-on construire de durable et de stable ? La gestion familiale ou clanique de l'Etat est réapparue.
Entre copinage et coterie, les institutions se transforment progressivement en chapelle. Au rythme où vont les choses, c'est la confiscation des libertés qui se dessine. Il se passe de plus en plus un glissement dangereux vers la dictature, car les espaces de liberté se réduisent de jour en jour. Pour s'en convaincre, il suffit seulement de se rappeler qu'au Mali d'ATT, il faut ou avoir les bras longs, ou être riche. Bras longs se conjuguent avec appartenance à la nébuleuse du Mouvement citoyen. L'animateur Diarra dit Dragon vous dira bien quel est l'état de santé de la liberté de la presse. Il suffit de se référer à la soumission quasi-griotique de la station nationale de télévision au régime de pouvoir personnel du Sieur Généralissime ATT. Le Pr. Roger-Gérard Schwartzenberg déclare justement : "Toute dictature sécrète rapidement une classe sociologique de soutien, un appareil bureaucratique qui a intérêt à son maintien. Cette pesanteur sociologique explique la permanence de fait qui au lieu de se libéraliser, de s'épanouir en démocratie, se dégrade en bureaucraties" . C'est cela la réalité du Mali. Un appareil d'Etat au service d'un homme. Les moyens de l'Etat servant à un usage privatif. Quand même des véhicules de l'armée servent de transport pour des meetings politiques, ou quand contre la loi des agents de l'Etat, au mépris de l'obligation d'impartialité qui leur incombe, se muent en commis voyageurs du chef, c'est assurément là, une métastase cancéreuse pour les acquis du 26 mars, un attentat contre la démocratie.
Nécessaire sursaut
Dans sa contribution sur l'inflation législative dans les formations sous développées, Youssef Ben Achour écrivait : "Le plus grand nombre des sociétés en voie de développement, n'a pas réellement une doctrine vigoureuse et prospective de développement, ces sociétés sont certainement investies par le discours dans lequel le verbe n'a d'égal que la théâtralité politique, tous deux destinés à la mobilisation maximum au service d'un gouvernement, d'un parti ou plus fréquemment d'un homme. Il manque à nos sociétés une planification méthodique et rigoureuse, mais surtout un régime politique fondé sur la transparence" . Il est d'évidence certaine, que toutes les analyses qui précèdent, s'appuient sur des faits pertinents, têtus, qui dictent aux Maliens, de quelque bord qu'ils soient, de se donner la main pour barrer la route à cet homme, qui atteint depuis belle lurette son seuil d'incompétence.
En bambara on dit "a sera a kari-kari bè ma" (Il a vraiment atteint son maximum). Avec lui, ce pays, le Mali, est descendu dans les abysses, si profondément qu'il y a à désespérer de son avenir, si les choses ne sont pas reprises en main. Il faut réhabiliter la politique, ont dit les évêques ! Belle espérance. Il est important de le redire encore, ce qu'il faudra, aujourd'hui, c'est une coalition de tous ceux qui se sentent exclus du jeu politique, de la vie publique, tous ces millions de Maliens, marginalisés, car refusant de s'acoquiner avec le Mouvement citoyen ou qui ont fait le deuil du choix irresponsable et antidémocratique de leur formation politique.
L'émergence sur la scène politique malienne de l'ADP, cet hybride regroupement contre-nature du bourreau et des ayants droits de la victime, trouble et demande que toutes les personnes qui sont conscientes de ce qu'a coûté au pays cette gouvernance d'ATT qui dure depuis cinq longues et laborieuses années, se mobilisent pour faire front et obtenir, par les urnes, ce que les prétoires leur ont volé en 2002. Il s'agit des parents de tous ces enfants, qu'on abrutis, par une école qui ne distille plus le savoir, mais au nom de laquelle le gouvernement se donne bonne conscience à travers des chiffres qui maquillent son incapacité.
Il s'agit de tous ces paysans, rançonnés, exploités et spoliés de leur terre et dont les rares ressources servent aux dépenses de prestige d'un système. Il s'agit des étudiants maliens auxquels on refuse le savoir et qui, comble de tout, sont forcés d'accepter la dure loi du chômage..., au mépris des dispositions pertinentes de la Constitution du Mali : Article 17 : "L'éducation, l'instruction, la formation, le travail, le logement, les loisirs, la santé, et la protection sociale constituent des droits reconnus" . Article 18 : "Tout citoyen a droit à l'instruction. L'enseignement public est obligatoire, gratuit et laïc. L'enseignement privé est reconnu et s'exerce dans les conditions définies par la loi" . Or, au lieu de respecter son serment, ATT et compagnie font dans le divertissement. Il faut dès lors que chacun, de son bulletin de vote, fasse une arme de destruction du système ATT.
Je voudrais ici proposer aux forces démocratiques, qui se battent contre la mainmise de la nébuleuse du Mouvement citoyen, de se mobiliser et de conquérir également l'Hémicycle. C'est là que se jouera une autre partition incontournable de la vie politique de ces cinq prochaines années. Il faut avoir la majorité pour : gérer le gouvernement. En effet, avec la majorité, le président nomme un Premier ministre issu du camp des forces démocratiques ou les députés lui refusent leur confiance, auquel cas, il ne peut être investi.
Le Premier ministre est issu du camp démocratique et de l'espoir, alors, il nomme des ministres patriotes et le président, si par malheur c'est ATT, est obligé de subir une cohabitation qui le met hors-jeu dans ses velléités de faire du pays sa chose. C'est la meilleure chose qui puisse arriver à ce pays, meurtri par la gestion d'un homme, peut -être de bonne foi, (j'en doute) mais d'une incompétence proverbiale et dont l'entourage ne vaut pas mieux.
Docteur Panghalê
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BANQUES
La BHM reprend du souffle
La Banque de l'habitat du Mali (BHM) est sortie de la zone rouge. Aujourd'hui, tout semble bien aller pour cette structure financière qui a fait du financement du logement son centre d'intérêt.
Le premier signe qui frappe le visiteur en entrant aujourd'hui à la BHM est la disparition des longues files d'attente. Le grand hall qui était encombré par des clients qui attendaient parfois plus de trois jours pour arriver au guichet est un mauvais souvenir.
« En semaine, il faut moins de 20 minutes d'attente pour arriver à la caisse » , témoigne un client. Mieux, autre signe qui ne trompe pas, la BHM ouvre maintenant les samedis, ce qui n'était plus le cas depuis des lustres ! « C'est vraiment une banque maintenant » , ajoute notre interlocuteur.
On se rappelle que le nouveau PDG de la BHM, Modibo Cissé, qui a été nommé, voilà moins de six mois, avait promis de redresser la barre. Sa détermination laissait beaucoup de Maliens sceptiques, car, pour bien de nos compatriotes, la messe était dite. Pour eux, la BHM, dans l'agonie, n'attendait plus que son heure.
L'Etat a promis, grâce à la solidarité de place, de renflouer les caisses. L'Etat avait promis à la BHM 10 milliards de F CFA. Sur ce montant, la banque n'a eu à ce jour que 7,5 milliards de F CFA. Cependant, cela n'a pas été un handicap pour la BHM.
En effet, depuis la mise en place de ce fonds qui a permis à la nouvelle équipe d'avoir les coudées franches, ils ont pu faire plus. Selon nos sources, bon an mal an, maintenant, grâce à l'agressivité de ses commerciaux et de son réseau à l'étranger, la BHM mobilise par jour dans le milliard de F CFA de dépôt.
Crédit relancé
Cette situation a permis à la BHM de revenir à ses missions. Ainsi, elle a déjà repris avec les crédits. Selon des sources, la Banque de l'habitat du Mali a déjà entrepris d'accorder des prêts. Ces prêts sont de plusieurs sortes.
Il y a les prêts d'équipement. Tous les salariés, qui parviennent à produire trois bulletins de salaire et un engagement de leur comptabilité, peuvent prétendre à un prêt échelonné sur deux ans.
Les prêts au logement sont de deux sortes : ceux qui veulent un logement peuvent faire recours à la BHM. Le seul changement à ce niveau, c'est que les prêts sont désormais plus moralisés. « La Banque de l'habitat du Mali n'a pas pour vocation de financer des palaces, mais les logements sociaux » . Ainsi, cette fois, les crédits seront plafonnés à 20 millions de F CFA pour ceux qui veulent des logements. En plus, la BHM financera l'acquisition de terrains à bâtir pour ses clients désireux d'avoir des parcelles.
La Banque de l'habitat du Mali revient de loin et compte bien gérer sa renaissance. Son portefeuille actuel, dans la nouvelle gestion, se veut respectueuse de l'orthodoxie bancaire.
Les clients ne demandent pas plus.
Alexis Kalambry
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JEUNES ET CITOYENNETE
Les lycéens face au défi de la cité
Dans le cadre du renforcement de la citoyenneté en milieu scolaire, le projet pilote « Jeunes citoyens » a procédé mardi dernier au lancement d'un concours entre les lycées maliens. Le coup d'envoi a été donné par le ministre de l'Administration territoriale et des Collectivités locales, le général Kafougouna Koné.
Dix lycées de Bamako et de l'intérieur du pays compétiront sur des thèmes aussi variés que le banditisme à Bamako, les accidents de la circulation, le non-respect du code de la route, le phénomène de l'ensablement, la délinquance juvénile, la dégradation des patrimoines culturels ou encore la pollution industrielle, l'insalubrité, la drogue et l'alcool.
Il s'agira, pour les concurrents, à travers le thème choisi, d'éveiller la conscience des citoyens sur un problème communautaire, de dire depuis combien de temps ce problème existe et si des gens avaient déjà tenté de le résoudre.
Les concurrents devront aussi identifier les couches les plus touchées par les méfaits du problème et les obstacles à sa résolution. Dans l'exploration de solution au problème soulevé, les concurrents indiqueront à quel niveau de décision politique, administrative ou sociale le problème doit être traité.
Mardi, à l'espace Blonba, la compétition a opposé les élèves des lycées Dagaba Sangaré de N'Tomikorobougou et Mahamane Alassane Haïdara de Tombouctou. Leurs prestations ont été appréciées par la foule composée de lycéens, mais aussi des autorités administratives, policières et des parents d'élèves. Le lycée Dagaba Sangaré avait choisi le thème des accidents de la circulation à Bamako.
De leurs investigations, il ressort qu'au moins 40 accidents ont lieu chaque jour dans notre capitale. La plupart des victimes sont des jeunes. Comme solutions préconisées, ces lycéens proposent, outre le respect du code de la route, le réaménagement des voies avec des couloirs exclusivement destinés aux motocyclistes et aux piétons.
A en croire, le commissaire du 4e arrondissement, Moumouni Séry, des mesures sont à l'étude pour réaliser la proposition des élèves. Toutefois, a-t-il expliqué, les camions et autres gros-porteurs sont interdits de circulation à certains moments de la journée et sur certains axes routiers afin de prévenir des accidents de la circulation.
« J'en appelle à la jeunesse pour le respect strict du code de la route. C'est la seule façon de réduire le nombre des accidents de la circulation » , a réitéré le commissaire Séry.
Le thème du lycée Mahamane Alassane Haïdara de Tombouctou sur le phénomène de l'ensablement a aussi attiré l'attention du public. Seules des actions citoyennes peuvent venir à bout de ce phénomène qui prend de l'ampleur et anéantit tous les efforts de développement. Les Tombouctiens ont interpellé leur maire sur le fléau et ont préconisé la plantation d'arbres et la fixation des dunes en guise de solutions.
Aux termes du concours, des prix seront décernés aux différents lauréats.
Denis Koné
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EQUIPEMENT DES CENTRES DE SANTE DU DISTRICT
L'opération test lancée au CS Réf de la Commune II
Le maire du district, Moussa Badoulaye Traoré, a lancé mardi après-midi l'opération d'équipement des centres de santé de référence (CS Réf) et centres de santé communautaire (CSCOM) du district de Bamako. Cette opération sera menée par la mairie du district en partenariat avec Dr. Kéita Daffa Djénéba, consultante Tokten/France.
Le CS Réf de la Commune II a été honoré le 27 février 2007 par le lancement d'une opération d'équipement des CS Réf et CSCOM de la capitale par la mairie du district et Dr. Kéita Daffa Djénéba. Des dons (antalgiques, anti-inflammatoires, anti-septiques, antibiotiques, antifongiques, antisécrétoires, petits matériels et consommables, un électrocardiographe et de linges pour le personnel du bloc et les malades) ont été remis à ce CS Réf.
Ces dons seront d'un appoint considérable pour ce centre de santé. Selon le médecin-chef du de la Commune II, Dr. Sangaré Adama Coulibaly, avec ces équipements, la mairie vient de sauver son centre qui allait très mal ces derniers moments.
« Le reste de l'équipement et du matériel pour le bloc, les hospitalisations dans les CS Réf et les CSCOM doivent arriver. Ce qui va permettre de renforcer davantage le processus de mise en œuvre de la référence entamée au niveau de la Commune par le ministère de la Santé à hauteur de 67 millions de nos francs » , a-t-elle ajouté.
Pour le maire, c'est dans le cadre de la coopération décentralisée que l'opération a été rendue possible.
« Le maire nous a soutenus pour l'acheminement des matériels. Aussi, le projet Tokten nous a beaucoup aidés. Ensemble, nous parviendrons à faire un bon travail pour que nos centres de santé reçoivent les mêmes qualités que les autres dans les autres pays » , s'est félicitée Dr. Kéita Daffa Djénéba, la principale partenaire de la mairie du district dans la mise en œuvre de l'opération.
Rhumatologue au Centre médico-chirurgical de la Porte de Pantin à Paris, Dr. Kéita se propose d'organiser des consultations gratuites en rhumatologie les jeudi, vendredi et samedi au CS Réf de la Commune II.
Sidiki Doumbia
( stagiaire )
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TELECOMMUNICATIONS
La 4e assemblée générale de l'Artao à Bamako
Bamako a abrité les 27 et 28 février la 4e assemblée générale ordinaire de l'Assemblée des régulateurs de télécommunication de l'Afrique de l'Ouest (Artao). Cette rencontre, qui a réuni 14 agences de régulation des télécommunications de la sous-région, avait à son ordre du jour, entre autres points, la nomination d'un nouveau secrétaire général, l'adoption de la procédure administrative et financière ainsi que l'adoption du budget de l'exercice 2007.
Au cours des travaux, les délégués se sont également attelés à formaliser le lien institutionnel entre l'Agence de régulation des télécommunications en Afrique de l'Ouest (Artao) et la Cédéao et à l'étude du projet d'harmonisation des politiques et cadres réglementaires pour la transposition de toutes les décisions dans les textes nationaux et leur mise en application. De plus, la rencontre de Bamako s'est penchée sur le manuel de procédure afin de doter l'Artao d'outils de gestion modernes et efficaces.
Parallèlement, les délégués à Bamako ont été invités à réfléchir et à faire des propositions sur le projet de création de l'Association des régulateurs africains de télécommunication.
Le ministre de la Communication et des Nouvelles technologies, Gaoussou Drabo, qui a procédé à l'ouverture des travaux, a souhaité que l'Artao demeure une force de propositions pour le développement des infrastructures et des services de télécommunication.
Denis Koné
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FACULTES
La FSJP fermée au cadenas
Dans l'insécurité qui prévaut, l'administration provisoire de la Faculté des sciences juridiques et politiques (FSJP) et le secrétaire général du bureau de coordination de l'AEEM s'accusent mutuellement. La première a décidé de fermer à clé les locaux de l'établissement jusqu'à nouvel ordre.
Le lundi 19 février 2007, les éléments des deux tendances du comité AEEM de la Faculté des sciences juridique et politique (FSJP) se sont violemment affrontées . Le clan d'Ousmane Diarra dit Gouzno, radié par le bureau de la coordination de l'AEEM qui accorde sa préférence à un nouveau comité, persiste à dire qu'il est le seul habilité à parler au nom des étudiants de la FSJP.
Incapable d'endiguer la violence, l'administrateur provisoire a fermé à clé les locaux de l'établissement jusqu'à nouvel ordre à compter du lundi 26 février 2007. « Je n'ai rien à ajouter. Si l'AEEM m'accuse d'être démissionnaire, c'est son problème » , a affirmé mercredi l'administrateur provisoire de la Faculté, Bani Touré, sollicité pour s'expliquer sur sa décision de fermeture.
Hier, au cours d'un autre entretien que nous eu avec le secrétaire général du bureau de coordination de l'AEEM, Mohamed Ibrahim Baby a reconnu que l'application des règlements intérieurs de l'AEEM en matière de discipline pose problème à la FSJP. « Au sein de l'association, il n'y a aucun problème. Aucune grève n'est en vue comme certaines presses l'avaient annoncée. Je pense que le problème de la FSJP, c'est l'administration, qui ne s'assume pas » , a ajouté M. Baby.
M. Baby a souligné que les actes posés par le clan Gouzno n'engagent pas l'AEEM. « C'est la coordination qui a décidé de radier à vie Ousmane Diarra dit Gouzno qui a violé les règlements intérieurs de l'AEEM qui bannissent désormais toute violence et agression au sein des établissements solaires et universitaires » . Selon lui, le rôle de son association n'est pas d'assurer la sécurité. « C'est l'administration qui ne joue pas sa partition » , ajoutera-t-il.
La résolution du problème de la FSJP ne semble pas pour demain, car de l'avis de nombreux étudiants, le clan Gouzno reste majoritaire et bénéficie du soutien des étudiants. « L'actuel comité AEEM de la FSJP n'est pas crédible. Il est préoccupé par les affaires des seuls membres du bureau. Or, c'est grâce à Gouzno qu'on a pu passer les examens de l'année dernière » , a jugé un étudiant.
Amadou Waïgalo
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SUR LA QUESTION DU SOUS-EMPLOI DES JEUNES
Mines et populations de Kéniéba accordent leurs violons
Le sous-emploi des jeunes dans les mines divise les sociétés et les populations de Kéniéba. Pour ces dernières, les multinationales ne font pas suffisamment d'efforts. Celles-ci évoquent la nécessité d'une qualification. En visite dans la région, la ministre de l'Emploi et de la Formation professionnelle a partagé la « cola » en deux. Les solutions qu'elle a proposées, si elles étaient traduites en actes concrets, pourraient assurer la prospérité de la localité.
Du 25 au 27 février 2007, la ministre de l'Emploi et de la Formation professionnelle, accompagnée des directeurs généraux de l'Apej, du Fafpa et de l'ANPE, a séjourné dans le cercle de Kéniéba. Il s'agissait, pour la délégation ministérielle, de voir de visu les projets financés par l'Apej, de rencontrer les jeunes, les associations de femmes et les associations minières pour échanger sur leurs difficultés en vue d'y trouver des solutions.
Mais, aussitôt après l'accueil chaleureux réservé à la ministre, les populations environnantes des mines d'or de Tabakoto et de Loulo, ont fait part de leur mal vivre. L'emploi des jeunes dans les mines, la pollution de l'environnement, le refus de financer les projets, selon M. Sissoko, indiquent que les mines, plus qu'elles ne servent, desservent ces deux localités.
« Dans la mine de Loulo, les jeunes qui y travaillent ne dépassent pas 10 personnes. Ils sont exposés à la bronchite due à la poussière. Les explosifs des mines occasionnent également les fissures de nos maisons. Nos plaintes à Somilo sont restées vaines » .
A Kénieba, la question du travail des jeunes dans les mines d'or a été également évoquée. Le maire adjoint Bréhima Doumbia, le représentant des jeunes ont eux aussi dénoncé le comportement des deux sociétés dans le recrutement des jeunes. « Les sociétés minières n'honorent pas leurs engagements. Les projets ne sont pas financés à hauteur de souhait » , a tranché le maire.
Les accusations portées à l'encontre des sociétés minières par les populations ont été battues en brèche par le directeur de Somilo qui, au cours de la rencontre qu'il a eue avec la délégation, a fourni des explications sur le mode de recrutement des jeunes dans la mine et le développement communautaire.
Des propositions
De ses explications, il apparaît que l'emploi des jeunes ruraux est une priorité à Somilo. En une année, l'effectif prévu en termes d'emploi, dira-t-il, a été atteint. Sur les 723 travailleurs, toutes nationalités confondues, figurent 372 Maliens. Selon lui, le faible taux de recrutement des jeunes ruraux dans les mines s'explique par un manque de mains d'œuvre qualifiées.
Dans le domaine du développement communautaire, il a été construit des écoles, des forages ont été réalisés. Pour démontrer sa volonté de développer la communauté, un budget de 50 millions de F CFA a été dégagé pour financer les projets qui seront soumis à la société. « En 2006, nous n'avons pas reçu de projets » . Quant à Tamico, elle a présenté au ministre un projet de développement communautaire de 45 millions de F CFA pour 2007. Mais ce montant a été jugé dérisoire par la ministre qui a exhorté la société à plus d'investissement.
A Loulo, le peu d'empressement de la population à présenter des projets a contraint Somilo, à en croire le directeur, à ouvrir un bureau à Keniéba qui aura pour mission de créer un cadre d'échange avec la population afin de dégager les priorités de développement. Pour le directeur, l'emploi des jeunes dans les mines n'est pas la seule porte de sortie pour des jeunes.
Le développement de l'agriculture, de l'aviculture, le maraîchage est aussi perçu comme une solution. « La plupart de nos produits de consommations sont importés alors que toutes les conditions sont réunies pour le produire sur place ». Ces propos du directeur de Somilo ont été confirmés par le préfet qui a ajouté que les collectivités ne veulent pas travailler. « L'emploi ce n'est seulement dans les mines » , a-t-il martelé.
Et à la ministre de conseiller ses interlocuteurs que l'activité minière a une grande importance au regard de l'affluence qu'elle draine, mais qu'elle ne doit pas être la seule piste à explorer. « Elle ne doit pas constituer le seul espoir de trouver un emploi » . Pour elle, bien d'autres possibilités s'offrent autour des mines et ailleurs comme l'agriculture, l'élevage, l'aviculture. « Il faut désormais les explorer car Kénieba a des atouts majeurs dans tous ces domaines. Elle est riche de sa diversité à tous égards » , a-t-elle affirmé.
Amadou Sidibé
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PRESIDENTIELLE D'AVRIL 2007
Le parti Sadi face à l'équation des parrainages
Dr. Oumar Mariko, le porte-drapeau du parti Solidarité africaine pour la démocratie et l'indépendance (Sadi) à la présidentielle d'avril prochain, aura-t-il les parrainages nécessaires pour faire valider sa candidature ? C'est aujourd'hui la grande question qui hante les militants de l'ex-leader estudiantin.
L'une des spécificités de l'élection présidentielle de cette année est l'institution par la loi électorale du système de parrainage. Autrement dit, chaque candidat aux fonctions du président de la République devra d'abord obtenir la signature d'au moins 5 élus communaux par région ou 10 députés pour être autorisé à s'aligner par la Cour constitutionnelle.
Si l'on s'en tient à la force politique du parti Sadi, qui ne dispose pas d'assez d'élus, le parrainage de Dr. Mariko paraît a priori relever de la quadrature du cercle. Une difficulté que le candidat malheureux à la présidentielle de 2002 n'a pas perdu de vue à l'occasion de son investiture samedi dernier dans la Capitale des Balanzans.
« Je sais que la tâche ne sera pas aisée. Déjà, des manœuvres sont en cours pour verrouiller toute possibilité d'assurer le parrainage de notre candidature. Des chantages seront faits aux élus, qui seront réfractaires à cette éventualité, des campagnes de dénigrement seront menées pour réduire le sens de notre combat » , avait-il souligné.
Cette sortie de Dr. Mariko ne rassure pas bon nombre d'observateurs de la scène politique. Pour certains, il n'est pas sûr de lui-même. Pour d'autres, c'est une anticipation montée de toutes pièces à l'effet de préparer l'opinion pour enfin crier à l'exclusion ou à l'injustice au cas où il n'arriverait pas à récolter les parrainages nécessaires. Le candidat de Sadi semble être dire que les dés sont d'ores et déjà pipés. Ce qui fait dire à certains qu'il ne se prépare qu'à amuser la galerie.
Lueur d'espoir
Toutefois, la candidature d'Oumar Mariko paraît possible d'autant que la loi électorale n'impose guère qu'un candidat soit parrainé exclusivement par les élus de son parti. Il peut être parrainé par des élus d'autres formations. Normalement, comme le prévoit la loi électorale, ils ne doivent pas se baser sur des critères politiques ou individuels pour parrainer un candidat. Perçue sous cet angle, l'équation Mariko peut trouver une solution. Mais s'il arrivait que des élus mettent en avant les critères politiques et individuels, les chances de Sadi de prendre part à l'élection présidentielle fondront comme beurre au soleil. Tout porte à croire que tous ceux qui veulent tenir la dragée haute à ATT en 2007 sont perçus d'un bon œil au FDR. Il n'est donc pas exclu que Sadi soit parrainée par des partis de ce regroupement.
Ce qui ne sera forcément pas le cas à l'ADP qui n'hésiterait pas à demander à ses élus de bouder la candidature du parti Sadi. Il appartient maintenant à Dr. Oumar Mariko de démarcher les élus en leur faisant partager le bien-fondé de ses ambitions pour le Mali.
Mohamed Daou
[haut]