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2007

Mois de mai

Les Echos du 30 mai 2007

Pr. MAMADOU K. TOURE, ENSEIGNANT HOSPITALO-UNIVERSITAIRE

« L'Etat nous a menés en bateau »

Des lois et décrets allouent des émoluments au personnel sanitaire évoluant dans le secteur universitaire et hospitalier. L'inapplication de ces textes est à l'origine de la guerre désormais ouverte entre le collectif des enseignants de la Faculté de médecine, de pharmacie et d'odontostomatologie (FMPOS), qui envisage une cessation de travail ce 30 mai 2007, et l'Etat. Le Pr. Mamadou Koreissi Touré, secrétaire général du Syndicat des cadres médicaux évoque plus en détail la situation. Interview.

Les Echos : Vous projetez une grève ce 30 mai 2007 jusqu'à satisfaction de vos doléances. Peut-on savoir les raisons de cette décision grave ?

Pr. Mamadou Koreissi Touré : Je précise qu'il ne s'agit pas d'une grève, mais d'une cessation d'activités hospitalières. Nous sommes fonctionnaires du ministère de l'Education nationale. Je veux parler des enseignants de la Faculté de médecine, de pharmacie et d'odontostomatologie (FMPOS), qui exercent en plus de cette activité d'enseignement et de recherches au titre ou au compte du ministère de l'Education, des activités hospitalières. Les médecins sont au compte du ministère de la Santé dans les différents hôpitaux. Je parlais de cessation d'activités hospitalières parce que nous allons continuer à exercer nos fonctions d'enseignants pour lesquelles nous sommes réellement payés.

Les Echos : Qu'est-ce que vous revendiquez au juste ?

Pr. M. K. T. : Nous revendiquons le paiement des activités que nous exerçons au titre du ministère de la Santé. Quand vous travaillez pour quelqu'un, il vous doit un salaire ou une rétribution. C'est cette rétribution que nous réclamons de la part du ministère de la Santé.

Les Echos : Dans la lettre que vous avez adressée à Mme la ministre de la Santé pour l'informer de la mesure de cessation d'activités, vous faites cas d'une série de promesses non tenues et des lois nons appliquées. Peut-on savoir lesquelles ?

Pr. M. K. T. : On a l'impression que le Mali, notre pays, veut se singulariser dans tous les domaines. Ce que nous réclamons là n'est nullement propre au Mali. Je vais vous montrer des documents béninois, sénégalais, ivoirien et français (Ndlr : il nous a remis les copies des différents documents), où le paiement des émoluments et autres indemnités a été légiféré et s'applique aux fonctionnaires enseignants exerçant dans les hôpitaux. Donc sur ce point, il n'y a pas de particularisme au Mali. La lettre dont vous faites état plus haut traite des textes de lois maliens.

La loi 98/067 du 30 décembre 1998 portant statut du personnel de l'enseignement supérieur, la loi hospitalière n°02/050 du 22 juillet 2002 et le décret n°03-346 P/RM du 7 août 2003 fixant les modalités de mise en application de la convention hospitalo-universitaire, dans différents articles disent que le personnel enseignant hospitalo-universitaire a droit à une rémunération au titre du travail qu'il accomplit dans les hôpitaux. Depuis 1998 jusqu'à la date d'aujourd'hui, des négociations ont été menées. Les dernières datent de novembre 2006. Après novembre 2006, nous en avons fait en avril et mai 2007. Nous avons abouti à un certain nombre d'accords. Nous avons eu des avancées. Mais jusqu'à présent, il n'a pas été fait mention de la date à laquelle ces émoluments nous seront payés. Maintenant, nous en avons assez et voulons rentrer dans nos droits !

Les Echos : Ne pensez-vous pas que ce sont les malades qui vont récolter les pots cassés, quand on sait que vous êtes la cheville ouvrière de nos hôpitaux ?

Pr. M. K. T. : Vous nous posez-là un cas de conscience. Mais, il est regrettable qu'au Mali, il n'y a de place que pour la violence ou pour les oppositions musclées entre l'administration et le personnel qui réclame son droit. Bien sûr, ça nous pose un problème d'abandonner les malades. Je puis vous dire que nous ne sommes pas responsables de cette situation. Le seul responsable c'est le ministère de la Santé. Donc ne nous posez pas un cas de conscience. Nous en sommes responsables mais au second degré. Le premier degré, c'est le ministère de la Santé, qui doit bien s'occuper de nous aussi.

Les Echos : Combien de professeurs sont concernés ? Avez-vous fait une évaluation financière du coût de ces émoluments ?

Pr. M. K. T. : Je ne connais pas le nombre d'enseignants qui travaillent dans les hôpitaux. Il y a certainement 200, 300, je ne le sais trop. L'évaluation financière n'est pas mon problème non plus. Je ne l'ai pas faite et je ne vous dirais pas ce que ça doit coûter à l'Etat. Si l'Etat vous emploie, il doit avoir des moyens de vous rétribuer. S'il a besoin de vous, de vos services, il doit payer.

Les Echos : Y a-t-il, selon vous, un espoir de voir les négociations aboutir dans les ultimes minutes pour éviter le débrayage des hôpitaux ce matin ?

Pr. M. K. T. : A la réunion du 24 avril 2007, au département de la Santé, nous avions convenu avec le ministère que les émoluments seraient payés par le département ou les hôpitaux qui nous emploient. Des pistes avaient été dégagées. Nous avions convenu de la suspension du mot d'ordre de cessation d'activités prévue initialement le 26 avril 2007. Le 25 avril, des chargés de mission du département sont venus faire le compte-rendu aux enseignants qui ont accepté les termes de la convention qui a été signée entre nous. Nous avions dit que si le 26 mai 2007, il n'y avait pas de solution acceptable à notre proposition, que nous allions maintenir notre mot d'ordre de cessation d'activités.

Malheureusement, le 24 mai 2007, nous avons été appelés en réunion où l'on nous a parlé d'un projet de décret qui n'a rien à voir avec le paiement de nos émoluments. Le 25 mai 2007 était un jour férié, nous n'avons pas pu réunir les membres du collectif, les 26 et 27 mai étaient également un week-end. C'est le 28 mai que nous nous sommes réunis à la FMPOS pour prendre cette décision de cessation d'activités le 30 mai 2007 à compter de minuit. C'est parce qu'il n'y a eu aucune avancée. Voilà comment les choses se sont passées. Eu égard à tout cela, à mon sens, les espoirs d'aboutir à des négociations même de dernière minute sont minces.

Propos recueillis par

Abdrahamane Dicko

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CONFERENCE DE PRESSE POST-PRESIDENTIELLE

Mariko piétine la Céni et la Cour constitutionnelle

Tirant les enseignements de la présidentielle du 29 avril dernier hier au cours d'une conférence de presse, le candidat de Solidarité africaine pour la démocratie et le développement (Sadi) Oumar Mariko a demandé la dissolution de la Commission électorale nationale indépendante. Cette structure « budgétivore » est, selon lui, « pire que l'administration dans l'organisation de la fraude électorale ».

Mieux vaut tard que jamais, dit-on. Le candidat de Sadi qui s'était, jusque-là, retranché dans un silence mortel après la proclamation des résultats, s'est enfin décidé à parler. C'était mardi au cours d'une conférence de presse au CICB.

De l'organisation des élections, à son déroulement en passant par la proclamation des résultats par la Cour constitutionnelle, les préparatifs des législatives, les alliances, tout a été ébauché au cours de ces échanges qui ont duré deux heures d'horloge. L'une des premières leçons ou recommandations du candidat Sadi, bon quatrième de la présidentielle, est la dissolution pure et simple de la Commission électorale nationale indépendante (Céni).

« La Céni, cette structure budgétivore qui dénonçait certaines irrégularités avant l'élection est pire que l'administration. Il faut la dissoudre et mettre l'argent qu'elle gaspille à la disposition des délégués des partis politiques. Ces derniers peuvent être un contrepoids au vol lors du scrutin » .

Une autre structure fortement impliquée dans le processus électoral et fortement décriée par Oumar Mariko : la Cour constitutionnelle. Selon lui, « la Cour constitutionnelle envoie des observateurs payés par l'Etat et qui n'observent rien du tout » . A la question de savoir pourquoi son parti n'a pas envoyé de requêtes aux neuf sages, il répondra, sans équivoque, que « la Cour constitutionnelle ne valait pas la peine d'être saisie. Nous savions d'avance qu'elle ne ferait pas mieux et qu'elle ne dirait pas mieux que l'administration. La preuve, non seulement, elle a confirmé les résultats fournis par le ministère de l'Administration territoriale, mais aussi, elle a ajouté un point au score d'ATT » .

Un système de bourgeois rentiers

Revenant sur l'organisation propre des élections, le secrétaire général de Sadi dira qu'elles ont été une belle farce. Car, soutiendra-t-il, elles ont été émaillées d'insuffisances au nombre desquelles, « l'implication forcée de l'administration avec entre 150 000 à 300 000 F CFA par préfet, 50 et 150 000 F par maire. Les chefs de services ont été mobilisés avec des moyens de l'Etat, des généraux de réserve sont sortis de leur réserve pour aller intimider dans les coins de brousse, les gardes républicaines, les commissaires, le logo de la CMDT a été utilisé pour mobiliser des paysans tout en leur faisant des chantages. Il y a eu des pré-votes, la grosse corruption par des agents du Mouvement citoyen et de l'ADP. Bref, c'est l'argent qui a parlé » .

Toutes choses qui feront dire au candidat malheureux de Sadi qu' « ils ont gagné les élections, nous, nous avons la victoire. Nous avons beaucoup de respect pour les personnes qui ont voté pour nous. Personne ne nous donnait le rang que nous avons. Et si ce n'est pas la fraude, ATT ne peut pas nous battre à Niono, Koutiala encore moins à Yorosso. Il y a une lueur d'espoir car de 2002 à 2007 nous avons fait une belle ascension, et avec une forte mobilisation, le peuple pourra changer les choses » , ajoutera-t-il.

Pour les législatives de juillet prochain, le parti qui compte 36 candidats dont six femmes, entend s'organiser pour faire échec à la fraude et mettre un frein au système politique actuel qui, selon Mariko, « affame les Maliens, une classe de bourgeois rentiers incapables de produire quoique ce soit » .

Les confrères se sont également interrogés sur certaines alliances jugées « contre-nature » , notamment avec des partis du FDR dont Oumar qualifie les responsables de « gens douteux » . Comme réponse, Mariko dira que « ce sont ces partis qui sont venus à nous. Nous nous sommes dit que mieux vaut être avec certains de ces partis que d'être liquidé. Mais nous sommes restés maîtres de nos alliances. Nous sommes en politique et ce n'est pas les sciences exactes. Après les élections, chacun ira de son côté, nous à gauche. Nous voulons bâtir notre identité propre » , a conclu le candidat de Sadi.

Sidiki Y. Dembélé

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Petites phrases

Des « Garanké Mamou » ?

Oumar Mariko le candidat de Sadi n'est pas tendre avec les responsables de l'Alliance pour la démocratie et la République (ADP), notamment Choguel Kokalla Maïga et Mountaga Tall qu'il a qualifiés de Garanké Mamou. Ce célèbre homme de caste a chanté les louanges de moult personnalités maliennes. « Ces deux Garankés Mamou de l'ADP ont vendu leurs partis pour des postes et pour de l'argent » , a-t-il dit.

Ministre ou pas ministre ?

A la question de savoir si Oumar Mariko sera ministre dans le prochain gouvernement, sa réponse est sans équivoque. « Je ne serais pas ministre, même si je ne suis pas député. Il y a des militants qui me disent d'aller au gouvernement pour pouvoir régler certaines préoccupations. Je dis non » . Et son parti ? Là-dessus, il dira que c'est un débat qui va se mener au sein du parti au moment opportun. « La question n'est pas pour le moment à l'ordre du jour » , a-t-il ajouté.

Kolondiéba : seul contre 28

Dans la seule circonscription de Kolondiéba où le secrétaire général de la Sadi est candidat, il y a 28 candidatures pour deux postes de député. « Des candidatures suscitées » , selon Oumar Mariko qui dénonce « la circulation de l'argent à Kolondiéba en ces temps de pré-campagne » . Quatrième à la présidentielle, Mariko, devra avec son colistier, mouiller fortement le maillot pour siéger à l'Assemblée nationale.

Yorosso : on arnaque !

Selon les révélations de Moussa Théra, un paysan de Yorosso qui participait à la conférence de presse d'Oumar Mariko, les populations de Yorosso sont fréquemment harcelées par les gardes. « Ils enchaînent et maltraitent tous les jours des citoyens pour les forcer à payer l'impôt et les frais de carburant des gardes » , témoigne-t-il. Il a aussi révélé qu'au cours de la dernière visite du président de la République à Yorosso, tous les chefs de famille ont été sommés de payer 1000 F CFA. « Après les dénonciations des pauvres paysans, ils sont en train de restituer aujourd'hui ces sommes » , a-t-il confié.

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CANDIDATURES AUX LEGISLATIVES

La Cour constitutionnelle invalide neuf listes

Au total, ce sont neuf listes de candidatures qui ont été invalidées par la Cour constitutionnelle lors de la proclamation provisoire des candidatures lundi. Une fois encore la mauvaise compréhension des textes de loi et les luttes d'intérêt ont fait des victimes.

Insuffisance du nombre de candidats sur les listes, défaut d'être investi par un parti politique, non-acquittement des frais de participation à l'élection des députés à l'Assemblée nationale, non-légalisation de documents administratifs notamment le casier judiciaire, appartenance à des associations et non à des partis politiques, présentation de deux listes pour un même parti politique, etc. ont été des motifs qui ont amené la Cour constitutionnelle à invalider les listes de candidatures de partis politiques et d'indépendants aux élections législatives de juillet prochain.

Ces élections, faut-il le rappeler, se tiendront le 1er juillet pour le 1er tour.

Une fois encore la mauvaise compréhension des textes de loi et les luttes d'intérêt ont fait des victimes. Plusieurs listes de candidatures ont été invalidées en raison de leur vice de forme dans les circonscriptions électorales de Nara, Kolondiéba, Niono, Youwarou, Assongo et la Commune II du district de Bamako.

A Nara, ce sont les listes URD-Bdia et indépendante « Unité et développement », conduite par Ould Aboubacrine Cheikné Mohamed Lagdaf, qui sont passées sous les fourches caudines des juges électoraux.

Selon la Cour, l'examen des dossiers de candidatures a laissé apparaître que le parti URD dans la circonscription de Nara est représenté sur deux listes. Une liste commune (URD-Bdia) venant de candidats non investis par leur parti respectif et l'autre (URD) émanant du parti. La Cour a accédé à la demande du président de l'URD, Younoussi Touré, qui avait dénoncé cette liste commune.

Pour ce qui est de la liste indépendante « Unité et développement », elle a été invalidée parce qu'elle comportait une seule candidature au lieu de trois requises. De plus, Me Cheikné Mohamed Lagdaf, apparemment initiateur de cette liste, ne s'est pas s'acquitté des frais de participation fixés à 50 000 CFA.

A Kolondiéba l'invalidation a concerné le dossier de candidature du parti Union nationale pour la renaissance (UNPR) au motif que ce dossier ne comporte pas aussi de reçu du paiement des frais de participation à l'élection des députés à l'AN.

A Niono, ce sont les listes de candidature du parti PDS et du Parti écologiste du Mali qui ont été invalidées car portant chacune le nom d'un seul candidat alors que la loi exige trois candidats.

A Youwarou, c'est la liste « indépendante-Kaawral » d'Issa Kadel Kassambara qui a été invalidée. Motif : cette liste ne comporte pas de date de dépôt à la préfecture de Youwarou, ni de signature légalisée et que le bulletin n°3 du casier judiciaire n'est pas aussi daté.

A Nioro du Sahel ce sont les candidatures de Cheick Sidi Tahara Diallo, Mamoudou Diawara et Diakaridia Coulibaly qui a été retirée de la course au motif que leur mouvement, le Mouvement citoyen Djiké, n'est pas un parti politique légalement constitué.

Les listes de candidatures des sieurs Maha Tazidate Ag Biga et Djibrilla Hachimi Maïga dans la circonscription électorale d'Assongo et celle de Sidi Ibrahim et Abdoulaye Amadou Diallo ont également été déclarées hors course. La première se disait appartenir au Mouvement citoyen (une association) et la seconde indiquait qu'elle appartenait à  l'Association malienne de reconnaissance à Amadou Toumani Touré (AMRE-ATT).

De nombreuses autres requêtes avaient été introduites à la Cour. Mais comme la Cour n'avait pas encore procédé à la proclamation provisoire des candidatures validées, elle a déclaré ces requêtes irrecevables.

Hier lors de notre passage à la Cour, des mandataires de partis politiques et candidats s'empressaient de déposer leurs requêtes en annulation de listes de candidatures. La Cour constitutionnelle avait donné, lundi, un délai de 48 h aux partis et candidats pour le dépôt d'éventuelles requêtes.

Denis Koné

 

Ag Intalla, candidat le plus heureux

Si bon nombre de candidats à la députation ont des soucis à se faire, ce n'est certainement pas le cas de Mohamed Ag Intalla. Dans la circonscription électorale de Tin-Essako dans la région de Kidal, M. Intalla (Adéma/PASJ) est le seul candidat en course. C'est dire que celui-là peut se faire appeler d'ores et déjà honorable.

D. K.

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BANANKABOUGOU

« Pas de vote sans assainissement »

Depuis quelques jours, des pétitions appelant les citoyens de Banankabougou à boycotter les élections législatives, circulent au marché du quartier. Les populations ont fait de l'assainissement du quartier, transformé en zone de décharge, un préalable à leur participation aux législatives de juillet prochain.

Après avoir dénoncé et saisi en vain le ministre de l'Environnement contre ce qu'elle appelle le scandale environnemental à Banankabougou, l'Association de développement de ce quartier de la Commune VI du district vient de brandir une arme « redoutable », celle de la désobéissance civile pour exiger l'assainissement du cadre de vie.

En effet, le vaste espace situé entre le lycée Ibrahima Ly, la mosquée et le marché de Banankabougou est transformé en zone de décharge. Un vrai capharnaüm où pullulent mouches, moustiques, cafards, fous, odeurs nauséabondes, etc.

Dans une lettre adressée à Nancoma Kéita, alors ministre de l'Environnement et de l'Assainissement, l'Association dénonçait la passivité des autorités face à ce problème de santé publique. « Une bonne partie du quartier est transformée en zone de décharge. Malgré toutes les démarches entreprises (rencontres avec le maire de la Communes VI, direction nationale de l'assainissement), des ONG locales avec la complicité de la Commune continuent de déverser à travers charrettes et pousses-pousses leurs poubelles pratiquement dans les concessions » , soulignait la correspondance.

Aux dires du président de l'Association, Diaby Dembélé, « à plusieurs reprises, des bagarres ont éclaté et le pire fut chaque fois évité de justesse. En effet, les citoyens ne peuvent admettre que les saletés ramassées de partout soient déposées dans leurs concessions au motif qu'il n'existe pas de décharge en Commune VI. La situation est donc explosive dans le quartier. Les enfants sont menacés sur le plan sanitaire car l'air est irrespirable dans toute la zone » .

Si les autorités communales bottent en touche, en accusant la mairie du district qui a loti cette zone, les populations ne comprennent pas l'indifférence de certains responsables qui vivent non loin de ces ordures. Le ministre de l'Environnement lui-même loge à 200 mètres de là, le jeune député Me Demba Traoré est à deux carrefours de la zone pour ne citer que ceux-ci. « La situation est grave sur le terrain » , affirme M. Dembélé qui interpelle de nouveau les autorités.

En attendant, les jeunes viennent de lancer une pétition du genre « assainissement contre vote » . Ces pétitions et tracts sont distribués surtout aux femmes au marché pour les inviter à boycotter les élections législatives, histoire de contraindre les candidats aux législatives de la Commune VI et les autorités à satisfaire leur doléance avant le 1er juillet, date du 1er tour de l'élection des députés.

Sidiki Y. Dembélé

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JO : SENEGAL-MALI

S'armer moralement pour réussir

Seuls la volonté, la détermination et l'esprit de combativité feront la différence dans la rencontre entre les sélections olympiques du Sénégal et du Mali. Ce match comptant pour la première journée des éliminatoires des Jeux olympiques « Pékin-2008 » , est prévu pour ce vendredi Dakar.

Malheureusement, la sélection malienne ira au pays de la Terranga très diminuée. Elle est d'abord handicapée par le manque de préparation idoine, sans un match international amical dans les pieds. Elle a seulement disputé quelques matches amicaux contre les clubs de 1re division. Les matches internationaux amicaux annoncés contre le Maroc et le Ghana ont été reportés sine die .

Sans compter que des éléments essentiels comme El hadji Mahamane Traoré (Nice), Modibo Maïga (Le Mans) et Bekaye Traoré (France) ne seront pas du rendez-vous de Dakar pour raison de blessures. Les « Marocains » Kalilou M. Traoré, Boubacar Coulibaly (Wac) et surtout le « Fribourgeois » Boubacar Coulibaly (frère de l'international Soumaïla) vont être présents, mais ne seront pas certainement en possession de toutes leurs capacités pour jouer à fond ce match. Les deux premiers cités reviennent de blessures.

D'autres joueurs annoncés du côté de l'Europe sont incertains. Toutefois, Mory Goïta peut et doit faire confiance aux joueurs locaux appelés en renfort. Il s'agit de, entre autres, Amadou Diamouténé et Amadou Sidibé (COB), Cheick Sadibou Touré (Usfas), Moussa Diallo (DAC) et le portier de Korofina qui se battront pour conforter leur place au sein de la sélection. Ils vont être soutenus par des professionnels tels Abdou Traoré (Bordeaux) et Oumar Sissoko, gardien de but de Metz.

Comme on le constate, c'est avec une formation handicapée mais motivée et confiante que le sélectionneur des espoirs Mory Goïta tentera de faire un bon résultat, vendredi 1er juin, face à l'équipe olympique du Sénégal. « Nous n'avons pas d'autres choix que de participer, même avec les handicaps et une préparation escamotée » , souligne le technicien avec beaucoup d'amertume.

Un avis partagé par le milieu de terrain, Cheick Sadibou Touré. « On travaille d'arrache pied et l'ambiance est bonne, malgré les nombreuses défections… nous irons à Dakar pour revenir avec un bon résultat » . Mais c'est le lieu de rappeler que la bataille de Dakar ne sera pas facile. Certainement avec la volonté de défendre leur patrie, les Aigles olympiques réussiront leur rentrée dans ces éliminatoires des Jeux olympiques.

Boubacar Diakité Sarr

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