L'élection contestée du président de la République soulève la nécessité de la relecture des textes fondamentaux du Mali. C'est du moins l'avis des avocats des 4 candidats du FDR qui animaient mercredi une conférence de presse au cours de laquelle ils ont dénoncé et démonté l'arrêt de la Cour constitutionnelle qui, à leurs yeux, ne tient pas la route.
La conférence de presse animée mercredi au siège du Front pour la démocratie et la République (FDR) par les avocats des 4 candidats de ce regroupement politique avait pour objectif d'attirer l'attention des médias nationaux et étrangers ainsi que l'opinion publique sur les vices de forme de l'arrêt de validation de la présidentielle et d'appeler à un débat ouvert entre juristes et constitutionalistes afin de corriger les insuffisances. Les conférenciers ont, point par point, démonté l'arrêt de la Cour constitutionnelle. Aux yeux des avocats, cet arrêt ne tient pas la route et est la preuve que la Cour constitutionnelle a été légère dans son travail.
Par arrêt n°07/157/CC-EP du 12 mai 2007, la Cour constitutionnelle, après redressement et annulation de voix dans certains bureaux de vote, validait les résultats du 1er tour de l'élection présidentielle du 29 avril qui donnent une large victoire au candidat Amadou Toumani Touré avec un taux de plus de 71 %. Cette élection est contestée par des candidats en l'occurrence ceux du FDR pour, disent-ils, de nombreuses irrégularités qui auront entaché le scrutin.
Au cours de la conférence de presse qu'ils ont animée mercredi, les conseils d'Ibrahim Boubacar Kéita, Tiéblé Dramé, Soumeylou Boubèye Maïga et Mamadou Bakary Sangaré ont précisé que leurs requêtes introduites à la Cour constitutionnelle visaient à obtenir l'invalidation des opérations électorales et non pas de l'élection d'Amadou Toumani Touré contrairement à ce que croient beaucoup de gens. Les avocats s'étaient persuadés que la Cour allait les suivre au regard des arguments qu'ils ont avancés preuves à l'appui et par constats d'huissier. « Mais la Cour constitutionnelle a rejeté toutes nos requêtes au motif qu'il n'y avait pas de preuve » , a regretté Me Gakou.
Me Amidou Diabaté, expliquant les vices de forme qui seraient contenus dans l'arrêt de la Cour validant les résultats, a affirmé que la Cour a fait des entorses à la loi tant au cours de la procédure d'examen des différentes requêtes que dans la proclamation des résultats et la date de prise de fonction du nouveau président.
A en croire Me Diabaté, la loi n°97-010 du 11 février 1997, modifiée par la loi n°02-011 du 5 mars 2002 portant loi organique déterminant les règles d'organisation et de fonctionnement de la Cour constitutionnelle ainsi que la procédure suivie devant elle, a été violée par la Cour constitutionnelle. La juridiction n'a pas daigné entendre les témoins du FDR ni les candidats requérants, et pis elle a communiqué leurs requêtes aux conseils du candidat Amadou Toumani Touré sans leur donner la possibilité de réagir, a expliqué Me Diabaté.
Pour l'ancien garde des Sceaux, la loi veut en l'occurrence que les conseils du FDR prennent connaissance du mémoire qui avait été déposé à la Cour par les conseils d'Amadou Toumani Touré et réagir en conséquence s'il y a lieu. Or, poursuivra-t-il en regrettant cet état de fait, ce n'est que dans la salle, au moment de la proclamation des résultats, qu'ils ont pris connaissance de ce document formulé par les conseils du candidat Amadou Toumani Touré.
Sur ce point, Me Gakou, a estimé qu'il y a eu encore une autre violation de la loi parce que « la Cour ne devait pas accepter les conseils du candidat Amadou Toumani Touré parce que ceux-ci ne seraient pas régulièrement mandatés par celui-ci » . Pour Me Diabaté, si la Loi fondamentale qu'est la Constitution reconnaît aux partis politiques le droit de concourir à l'expression du suffrage, ils ont alors le droit de demander et obtenir l'audit du fichier électoral rejeté par la Cour au motif que la loi électorale ne l'a pas prévu.
Les avocats se sont également interrogés sur le fait que c'est à 25 jours de l'élection que les plus hautes autorités se décident à accorder des primes aux gouverneurs, préfets et sous préfets. Pour preuve, ont-ils avancé, la Cour dans son arrêt « proclame M. Amadou Toumani Touré élu président de la République. Dit que son mandat prendra effet le 8 juin 2007 à zéro heure conformément à l'article 37 de la Constitution » .
Les conseils ont finalement conclu que la Cour a fait un travail inachevé, en ce sens que nous ne pouvons pas organiser des élections libres, transparentes selon nos textes actuels, tout comme la Cour constitutionnelle ne peut pas examiner sereinement toutes les plaintes et proclamer les résultats acceptés par tous dans les délais impartis. C'est pourquoi d'ailleurs, ils ont estimé qu'un débat devrait être engagé entre juristes et constitutionalistes afin de pallier les insuffisances. Cela est d'autant nécessaire qu'en l'état actuel des choses, il s'agit d'une légitimation de la fraude qui ne profite pas à notre pays. Les avocats du FDR pensent que c'est la raison pour laquelle la révision des textes demandée depuis 2003 soit restée lettre morte.
LOTISSEMENT DIANEGUELA-SOKORODJI
Mercredi cauchemardesque à Dianéguéla-Sokorodji
Pour contrer toute velléité de vandalisme de la part des populations lors des opérations de réhabilitation hier, les forces de sécurité ont quadrillé Dianéguéla et Sokorodji.
Annoncés depuis plus de 2 ans, les travaux de réhabilitation des quartiers Dianéguéla et Sokorodji en Commune VI du district ont finalement démarré hier. Non pas sans la farouche opposition des résidents qui avaient érigé des barricades de part et d'autre pour manifester leur opposition.
« Nous ne bougerons pas d'ici tant qu'on ne nous montrera pas notre zone de recasement même si c'est au prix de notre sang. Nous avons vu le cas de Niamakoro et si ce scénario doit se rééditer, il le sera ici aujourd'hui » , affirmaient des résidents de Sokorodji. Toutefois, selon certaines informations, des lots de recasement ont été attribués aux familles qui seront touchées par la réhabilitation. Cependant, les mêmes sources indiquent que bon nombre d'entre elles auraient revendu leurs parcelles.
En tout état de cause, qu'il s'agisse de Dianéguéla ou de Sokorodji, l'atmosphère était surchauffée entre résidents qui voulaient tout comprendre sauf à vider les lieux et les forces de sécurité. Partout, c'était des cris et des pleurs de populations désemparées qui tentaient de sauver ou de récupérer ce qui pouvait l'être encore.
« En réalité, nous avons été avertis depuis des années par les autorités. Mais nous n'avons jamais pris la mesure au sérieux. C'est lundi encore que nous avons été informés par les crieurs publics. Toute ma maison est concernée par le lotissement et je ne sais plus à quel saint se vouer. Mon mari n'est pas là et mes enfants sont allés à l'école » se lamentait Mme Doumbia Bintou Traoré. D'autres se trouvant dans la même situation, n'ont trouvé mieux que d'enlever les tôles, les portes et les fenêtres pour ne pas les voir écraser par le Caterpillar déployé sur le terrain pour les besoins de la cause.
Sans pitié
Sur place, les forces de sécurité, comme des anges sourds, ont procédé au bouclage systématique des dites zones à l'effet de contrer tout acte de vandalisme. A vrai dire, les populations de Dianéguéla et de Sokorodji ont vécu hier une journée cauchemardesque car, elles ont essuyé des coups de grenades lacrymogènes. Même la presse a eu sa part de réprimande. « Nous n'avons pas besoin de la presse ici. Allez-y vous faire voir ailleurs ! Vous n'avez rien à cirer dans cette affaire. Un conseil : disparaissez de notre vue sinon vous allez voir de quel bois nous allons nous chauffer » , nous a lancé à la figure un éléments des forces de sécurité alors même que nous leur montrions notre carte de presse.
En plus de l'usage de gaz lacrymogènes, des agents ont tabassé des jeunes qui ont osé s'approcher des lieux de l'opération. Ils ne devront la vie sauve qu'à l'agilité de leurs jambes. « Je n'ai pas lancé de pierres encore moins tenu de propos injurieux. Seulement, je me suis approché d'eux pour être témoin oculaire de l'évènement. C'est ce qui m'a valu ce traitement inhumain. Ils m'ont copieusement tabassé et je sens des douleurs au niveau de tout mon corps. Et je ne suis pas le seul à être tabassé » , a témoigné Drissa Coulibaly. De plus, des policiers ont saisi des motos qui faisaient la navette sur les lieux des opérations. D'ailleurs, il nous est revenu qu'une moto a pris feu suite à l'explosion d'une grenade lacrymogène.
« Que ferons-nous ? Qu'allons nous devenir ? Ces logements, nous avons mis du temps pour les construire. S'il faut qu'on vienne les démolir aujourd'hui, nous ne comprenons pas l'attitude des autorités. J'avais commencé à faire des briques dans l'espoir que la parcelle me reviendra un jour. Ce rêve vient d'être brisé une fois pour toutes » , a expliqué Broulaye Diarra, un déguerpi.
Malgré les jets de grenades de lacrymogènes, certains se précipitaient encore pour prendre les objets utiles (lit, armoire, télé) pendant que le Caterpillar, inexorablement, démolissait une dizaine de maisons sous l'œil triste de leurs occupants.
Mohamed Daou
Boubacar Diakité Sarr
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16 MAI 1977-16 MAI 2007
Le président Modibo Kéita en mémoire
Il y a 30 ans mourrait dans des conditions non encore élucidées le premier président du Mali indépendant. La mémoire de Modibo Kéita, qui repose au cimetière d'Hamdallaye, a été honorée mercredi par le président de la République à travers le dépôt d'une gerbe de fleurs sur sa tombe.
« Le peuple malien se souvient et salue le grand Africain Modibo Kéita », pouvait-on lire sur une banderole ce mercredi 16 mai 2007 devant le cimetière d'Hamdallaye en Commune IV du district de Bamako, où repose Modibo Kéita, premier président de la République du Mali.
C'est justement par devoir de mémoire que le président de la République, Amadou Toumani Touré, fraîchement réélu, a rendu hommage à l'illustre disparu en déposant une gerbe de fleurs sur sa tombe. ATT s'est incliné devant la mémoire du héros de l'indépendance malienne en présence notamment de sa famille, des leaders de l'US-RDA, des membres du gouvernement, des représentants des institutions de la République et des missions diplomatiques accréditées dans notre pays.
Né le 15 juin 1915 à Bamako et un des dirigeants charismatiques du Rassemblement démocratique africain (RDA) avec les Ahmed Sékou Touré de la Guinée et autres Félix Houphouët-Boigny de la Côte d'Ivoire, Modibo Kéita a conduit notre pays à la souveraineté nationale et internationale le 22 septembre 1960 et l'a dirigé jusqu'au 19 novembre 1968, date à laquelle il fut renversé par le Comité militaire de libération nationale (CMLN), conduit par le lieutenant Moussa Traoré.
Le chef de l'Etat, en fin de cérémonie, a déclaré que « le gouvernement, les institutions de la République, le Mali tout entier, nous nous arrêtons un moment pour venir déposer ici une gerbe de fleurs pour ce que Modibo Kéita, ses collaborateurs, ses prédécesseurs, tous ensemble ils ont fait pour le Mali et leur dire que nous n'oublierons jamais ». Et d'ajouter que : « La ligne de conduite qu'ils (les premiers dirigeants du Mali, Ndlr) ont voulue nous transmettre doit être celle de chaque Malien qui est investi dans de hautes responsabilités de notre pays ».
Les dirigeants de l'US-RDA, qui réclamaient des funérailles nationales dignes d'un ancien président, n'ont pas voulu faire de déclarations sur les lieux.
Le président Modibo Kéita a trouvé la mort dans les geôles du CMLN juste après une manifestation estudiantine qui exigeait son retour aux affaires. Le 17 mai 1977, il a eu droit à des funérailles populaires après que sa dépouille mortuaire eut été remise à sa famille par les autorités militaires.
Ogopémo Ouologuem
( stagiaire )
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LES MURMURES DE BAMAKO
Chasse aux sorcières au ministère de l'Environnement
La Daf du ministère de l'Environnement et de l'Assainissement (MEA) accueille présentement une mission du Contrôle général d'Etat. Les comptes du ministère et l'ensemble de sa gestion sont en train d'être scrupuleusement audités. Ce travail est diligenté moins d'un mois après la démission du titulaire du portefeuille, Nancoma Kéita. Le ministre RPM a rendu son tablier quelques jours après la présidentielle pour protester contre la manière de faire de la commission de centralisation des résultats.
La présence du Contrôle d'Etat, même si elle procède d'un acte réglementaire, est vue par beaucoup d'observateurs comme un acharnement visant à trouver des indélicatesses pouvant nuire au ministre démissionnaire. Le contrôle porte sur les opérations comptables du MEA de 2004 à 2006. Selon des sources, une autre mission, celle du Vérificateur général, est attendue dans le même département dans les prochains jours. Dur dur d'être opposant. Ce qui donne une fois de plus raison au président Dioncounda Traoré de l'Adéma. Celui-ci justifiait devant ses militants, il y a quelques mois, le soutien de l'Adéma à ATT en ces termes : « Si nous n'avions pas soutenu ATT, nous aurions l'Administration, la Justice et la Sécurité d'Etat sur le dos » . No comment !
Le ministre de l'Emploi, candidate aux législatives
Le ministre de l'Emploi et de la Formation professionnelle, Mme Ba Awa Kéita craint-elle de ne pas être reconduite dans le nouveau gouvernement du régime d'ATT II ? Toujours est-il qu'aujourd'hui, elle se bat pour être député lors de la prochaine législature de l'Assemblée nationale. Mme Ba Awa Kéita est candidate aux législatives de juillet prochain dans la circonscription de Kéniéba avec comme colistier le député Babani Sissoko dit Foutanga, qui veut renouveler son mandat. Native de cette ville, elle veut briguer le suffrage de ses parents. Elle avait déjà initié une opération de charme, il y a quelques mois en direction des populations de Kéniéba. A l'occasion d'une mission, elle a été accueillie à bars ouverts par les siens. Au cours d'une cérémonie
Salif Kéita, chercheur d'or à Dabia
Le Rossignol du Mandé, Salif Kéita ne vit pas que de musique. L'ex-ambassadeur du Motel de Bamako travaille aussi dans l'orpaillage. Il s'est équipé en matériels lourds pour la recherche de pépites d'or dans la zone de Kéniéba, plus précisément à Dabia. Le nouveau job lui réussit, semble-t-il, aussi bien que la musique. Selon certains, le « Domingo » de la musique malienne est en train de se faire une place au soleil dans cette nouvelle activité après avoir déjà écrit les plus belles pages de la musique contemporaine malienne et africaine.
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KONIAKARY
Zihara de Cheick Oumar Al Foutiyou
Gloire à Dieu, Maître des vies et des choses qui a permis à la communauté musulmane de se retrouver à nouveau à Koniakary pour la 6e édition de la Zihara Cheick Oumar Tall.
Ils étaient des milliers et des milliers de fidèles venus de presque tous les coins du Mali et d'ailleurs particulièrement du Sénégal, de la Guinée, de la Cote d'Ivoire, de la Mauritanie, de la Guinée-Bissau, de la Gambie, du Gabon, de la Zambie et de la France pour participer à cette Zihara qui a enregistré environ 10 000 fidèles.
Ainsi quatre jours durant, les 9, 10, 11, et 12 mai, les fidèles se sont réunis, ont échangé et partagé en commun l'idéal de la Zihara qui est l'immortalisation de l'œuvre gigantesque de Cheick Oumar Al Foutiyou, « laamdo juurbe » .
La cérémonie a eu lieu dans le haut lieu de rassemblement qu'est la forteresse (tata) d'El hadj Oumar Tall a construit en 1855.
Discours d'ouverture du khalife général Cheick Chérif Mamadou Sikou Tall, lecture du saint Coran, zikr, prières collectives, interventions des Cheick Yaya Tall, Chérif Tall, prêches, bénédictions, visites des deux cimetières, visites des familles de notabilités Haïdara et Tall, grandes prières du vendredi à la mosquée de Koniakary, voilà entre autres les temps forts de cette Zihara qui a enregistré la présence remarquée du ministre malien de l'Artisanat et du Tourisme Ndiaye Ba et du ministre sénégalais du Commerce, Thiam Nourou.
Les sections de l'Association pour le développement de Koniakary ENNDAM Jombuku ont participé massivement à l'événement en marge duquel, elles ont fait le point de l'état de l'adduction d'eau, du CESCOM, de l'école, du marché, de la radio Tata FM.
Lieu d'échange, de brassage, de rencontre et de communications, la Zihara de Cheick Oumar Al Foutiyou est un événement à vivre.
Cela fait six ans que les fils de Koniakary, du Diombuku ont décidé de se retrouver à Koniakary, ville pleines d'histoires et de symboles pour se souvenir, se remémorer, immortaliser Cheick Oumar Tall, conquérant, érudit, homme de foi et de conviction profonde.
Rendez-vous a été pris pour l'édition 2008, la 7e inch'Allah !
Moussa Soro Sy
( journaliste )
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LUTTE CONTRE LE PALUDISME EN AFRIQUE
La nécessité de circonscrire les nouveaux cas
Le paludisme continue de tuer près d'un million de personnes chaque année en Afrique, pour la plupart des enfants et des femmes enceintes. Aujourd'hui, le combat contre le fléau progresse grâce à des partenariats internationaux qui accordent aux Africains une large part de responsabilité en ce qui concerne la conception et l'application des stratégies de prévention et de traitement.
Réduire de moitié les nouveaux cas de paludisme : tel est l'un des objectifs de l'élan de solidarité manifesté ces derniers temps par des partenariats internationaux à l'égard des pays africains comme le Mali dans leur combat contre ce fléau.
Plus de 90 % des victimes du paludisme vivent en Afrique, continent dont le produit intérieur brut est réduit de 12 milliards de dollars à cause de cette maladie. « Nous pouvons aujourd'hui célébrer le succès de programmes mis en œuvre dans 15 pays ciblés d'Afrique où l'objectif était de réduire les cas de paludisme de 50 % » , a déclaré le coordonnateur de l'Initiative du président américain en matière de lutte contre le paludisme (President's Malaria Initiative ou PMI). L'amiral Timothy Ziemer intervenait ainsi le 3 mai, à l'occasion d'une conférence organisée à l'Université George Washington et intitulée « Vaincre le paludisme en Afrique : faire fond sur les succès enregistrés grâce aux partenariats » .
Lancée en juin 2005 par le président George Bush, la PMI est un programme sur cinq ans financé à hauteur de 1,2 milliard de dollars que dirige l'Agence des Etats-Unis pour le développement international (USAID) en collaboration avec d'autres organes du gouvernement des Etats-Unis se vouant aux questions liées à la santé. Il s'agit notamment du Centre fédéral épidémiologique.
Pour les autorités américaines, l'optimisme est de mise en ce qui concerne la possibilité que les cas de paludisme, en Afrique, puissent être progressivement réduits grâce à la conjugaison de médicaments comme l'artémisinine et la mise en œuvre de mesures relevant de la prévention comme l'installation de moustiquaires imprégnées et la pulvérisation d'insecticides à l'intérieur des habitations.
Depuis le lancement de la PMI, 6 millions de personnes ont reçu un traitement contre le paludisme ou ont bénéficié de mesures mises en œuvre pour encourager sa prévention. En 2007, ce programme devrait atteindre 11 millions de personnes supplémentaires. Celui-ci a aussi renforcé la volonté des Africains à être de véritables partenaires dans les efforts visant à éradiquer le paludisme sur le continent.
Ce partenariat, a souligné l'amiral Ziemer, s'aligne sur la stratégie des Etats-Unis en matière d'aide étrangère qui privilégie les gouvernements responsables qui font preuve de coopération et qui ont mis sur pied un plan durable afin de répondre aux besoins de leur population. Il s'est traduit par un financement important de la part des Etats-Unis en faveur des pays comme le Mali.
Le financement total des programmes de l'USAID visant la lutte contre le paludisme atteignait 1 million de dollars en 1997 par exemple, alors qu'il sera de 300 millions de dollars pour l'année budgétaire 2008. « La PMI est donc l'un des nombreux éléments de l'engagement pris par ce gouvernement en faveur du développement des communautés et de l'amélioration de la santé publique en Afrique » , a fait observer l'amiral Ziemer.
La PMI n'étant que l'un des partenaires parmi tant d'autres œuvrant à la lutte contre le paludisme, l'amiral Ziemer a fait remarquer que le président Bush avait mis le secteur privé au défi de se rallier à cette cause. « La bonne nouvelle, c'est que de nombreuses sociétés et organisations des secteurs public et privé participent désormais à la lutte contre le paludisme » , a-t-il assuré.
« Le fait que des sociétés internationales, telles que la Coca-Cola Company, prennent part à la distribution de moustiquaires de lit pourrait avoir des effets bénéfiques lorsqu'il s'agit de protéger la population contre les moustiques qui répandent le paludisme » , a expliqué un spécialiste des questions liées à la lutte contre les maladies parasitaires en Afrique.
« De telles entreprises sont implantées aux quatre coins du monde et les projets de lutte contre le paludisme pourraient se servir de leurs vastes réseaux de distribution qui ne se limitent pas aux villes » , a-t-il précisé.
Le Dr. Mark Grabowsky, responsable du Service national de santé publique détaché auprès du Fonds mondial pour la lutte contre le Sida, la tuberculose et le paludisme, a indiqué pour sa part que les consultations avec les pays hôtes sont au cœur même des programmes internationaux visant la lutte contre le paludisme.
« Jadis, nous qui travaillions dans le domaine de la santé internationale, nous étions dans un bureau ici à Washington et dictions aux pays hôtes les stratégies qu'ils devaient suivre en matière de lutte contre le paludisme. Mais, à l'heure actuelle, l'accent est mis sur les partenariats qui tirent le meilleur parti possible des ressources américaines afin d'aider les pays africains à atteindre les objectifs qu'ils se sont fixés au plan de la santé » , a-t-il, il.
Il s'agit là sans doute d'une méthode complexe pour lutter contre la maladie, mais les pays ont le sentiment d'être responsables des activités mises en œuvre, ce qui, à long terme, devrait assurer la pérennité des initiatives entreprises dans le domaine de la lutte contre le paludisme.
Moussa Bolly
( avec l'Usinfo)
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ELIMINATOIRES DE LA COUPE DU MALI
Onze Créateurs, petit poucet, grands desseins
Tombeur du CSK, le Onze Créateurs croise le fer ce dimanche avec le COB, actuel leader du championnat de 1re division pour le compte du 2e tour des éliminatoires de la Coupe du Mali phase de Bamako. Les poulains de M'Bono promettent de terrasser « l'ogre ».
Le président du Onze Créateurs, Sékou Maciré Sylla, dans un entretien avec la presse en septembre 2004, déclarait que l'ambition de son club est de « continuer à fournir des joueurs aux grandes équipes et aux sélections nationales, mais aussi de jouer dans un futur proche le championnat d'élite » .
L'homme ne se doutait nullement que le Onze Créateurs allait juste l'année suivante rejoindre la 1re division. Malheureusement, par des concours de circonstances liés au scandale de la ligue de Bamako, la formation de Niaréla est demeurée en 2e division.
Mais, depuis, les jeunes de M. Sylla jouent fréquemment dans la cour des grands. Actuel leader du groupe A du championnat de D2, Onze Créateurs a beaucoup grandi et le prouve lorsque l'occasion lui est donnée de se frotter aux grandes formations.
Et comme pour confirmer sa réputation de poisson de mer dont les piquants font mal à tous ceux qui s'y frottent, le CSK, s'est fait éliminer de la Coupe du Mali avec la réception du Onze Créateurs.
Réputés tombeurs des grands en amical les garçons d'Ibrahim Konaté dit « M'Bono le Sorcier » disent avoir désormais faim de Dame Coupe du Mali lui-même. « Nous avons pour ambition de jouer la finale, ce qui serait une grande première dans l'histoire du football malien pour un club de 2e division » , a prévenu le coach M'Bono 72 h après son succès sur les Centristes. « Ici personne n'a été surpris de cette entame victorieuse devant le CSK » , ajoutait l'entraîneur adjoint Lamine Sacko, affirmant que les jeunes ont « envie d'apprendre et de progresser » .
Toutefois, en championnat de 2e division, après huit journées dans le groupe A , les protégés de Sékou Maciré Sylla alternent joies et peines. Le retour de l'équilibre paraît cependant certain.
Mais, s'ils donnent l'impression de faire du surplace en championnat, en Coupe du Mali, en revanche, les Niaréla Boys appuient sur le champignon. Les Clubistes sont avertis.
Boubacar Diakité Sarr
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