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2007

Mois de mai

Les Echos du 09 mai 2007

PAYS EN PANNE DE L'EPT EN 2015

Le Mali sur la liste noire de l'Unesco

Les pays d'Afrique et du monde s'étaient réunis à Dakar en 2000 dans le cadre du Forum « Education pour tous (EPT) en 2015 ». Sept ans avant la date fatidique, l'Unesco a dressé une liste noire de pays, dont le nôtre, qui n'atteindront pas les objectifs de l'EPT. La Coalition nationale pour l'EPT, qui vient de boucler la semaine nationale dédiée à la cause, a tiré hier la sonnette d'alarme au cours d'un point de presse.

La Coalition nationale des organisations de la société civile pour l'EPT est un conglomérats de 35 ONG, syndicats travaillant dans le domaine de l'éducation. Ils ont décidé de mettre fin à des actions solitaires pour cheminer ensemble depuis novembre 2006. Dans le cadre de ses actions, la Coalition a bouclé la 6e édition de l'EPT (du 23 au 28 avril 2007) faite de plaidoyers, d'interpellations des décideurs sur l'atteinte des objectifs de l'EPT dans notre pays.

Hier, à la Bourse du travail, face à la presse, la présidente de la Coalition nationale, Mme Maïga Kadiatou Baby, et ses camarades ont défini leurs actions et le point de l'EPT au Mali. La Coalition a comme mission fondamentale, d'influencer les politiques éducatives dans notre pays et de développer un cadre de concertation et d'échanges entre les différents acteurs.

La semaine de l'EPT a été célébrée cette année sur le thème générique « engagez-vous davantage pour le respect des droits éducatifs, matintenant » . Au Mali, le thème  : « éducation spéciale », y a été jumelé. La semaine, selon Mme Maïga, avait à son menu, une marche, suivie de la visite de l'Union malienne des aveugles (Umav), la remise du grand dossier d'interpellation et de plaidoyer au ministère de l'Education nationale.

Interpellations et plaidoyers

Le dossier interpellation et plaidoyer de la Coalition décortiqué par Fily Sissoko, son trésorier général, et Ben Katra du Snec, porte sur le faible taux de scolarisation et les disparités existant entre les régions. L'éducation pour tous et sa gratuité est un droit reconnu par la Constitution de février 1992 et la Déclaration universelle des droits de l'Homme et des peuples. Cependant, la Coalition s'inquiète que « les résultats du Pise I et les ambitions du Pise 2, à ce rythme d'exécution, risquent de ne pas permettre l'atteinte de la scolarisation primaire universelle d'ici 2015, pourtant souscrit par notre pays lors du forum de Dakar » .

Les appréhensions de M. Sissoko sont fondées sur le fait que le taux brut de scolarisation (TBS) comporte des dispartités intra-régionales et entre les sexes. Les indicateurs de l'éducation en 2006 de la CPS ont estimé le TBS de Bamako à 122,6 % (122,2 % pour les garçons et 123,2 % pour les filles). Il est de 54,1 % à Mopti (56,5 % pour les garçons et 51,17 % pour les filles) contre 46 % à Kidal (51,2 % pour les garçons et 40,3 %) pour les filles.

Le droit à l'éducation serait en outre compromis en dépit de l'espoir suscité par le Pise. Selon les mêmes indicateurs de la CPS, le ratio élève maître est jugé très élévé et peut atteindre 150 élèves/maîtres. L'école en plus n'est pas gratuite.

Dans un pays où 67 % de la population vit en dessous du seuil de pauvreté (145 000 F CFA/an), les pauvres sont confrontés aux frais fluctuants des cotisations scolaires (entre 1000 à 10 000 F CFA par an). Des communautés sont sollicitées pour prendre en charge le salaire des enseignants, pour la construction de classes, l'achat d'équipements, etc. et la floraison d'écoles privées qui sont au-dessus des moyens de la majorité des populations.

Selon M. Sissoko, le Mali figure sur une liste noire dressée par l'Unesco, relative aux pays ne pouvant pas atteindre l'EPT en 2015. Pour remonter la pente, la Coalition a fait un certain nombre de propositions au gouvernement en guise de plaidoyers portant sur l'accès à l'éducation, sa qualité, sa gratuité et la levée des entraves comme le paiement de cotisations scolaires, entre autres.

Abdrahamane Dicko

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PRESIDENTIELLE MALIENNE

Les arrogants ont perdu la voix

Partis pour trôner avec arrogance et mépris aux côtés du prince, Mountaga Tall et Choguel Maïga ont subitement perdu la voix. Pourquoi ?

Le mardi 1er mai 2007. Les porte-voix officiels d'Amadou Toumani Touré, en l'occurrence Mountaga Tall du Cnid et Choguel Maïga du MPR (épaulés par Tiémoko Sangaré de l'Adéma et Souleymane Koné du Mouvement citoyen qui furent plus discrets) se sont livré à une démonstration de mépris qui sentait la haine (et le désir d'humilier) contre ceux qui, dans une démocratie, avaient osé défier le chef : en se présentant contre lui.

Comme des centaines de milliers de Maliens, mes oreilles ont sifflé quand Me Tall, la faconde en envol, a persiflé en avançant que le score de 70 % attribué derechef à leur poulain n'est que l'expression de leur modestie puisqu'ils avaient carrément écrasé leurs rivaux.

Passe encore sur le manque de retenue qui a provoqué ce point de presse inopportun . L'essentiel se trouve dans l'expression des deux hommes. D'abord Me Tall. Il appert clairement que pendant cette conférence de presse, le désir de l'avocat n'était pas de vanter la victoire de son chef mais carrément de régler des comptes personnels haineux avec Ibrahim Boubacar Kéita.

Tous les proches et confidents du leader du Cnid le savent, leur président continue encore à ressasser la vieille rengaine de son séjour en prison du temps du Coppo. Me Tall a visiblement oublié tout le reste de son compagnonnage avec IBK pour fixer son envie de vengeance sur cet épisode.

Il ne semble même pas se rendre compte que parlant de fief, il n'en a tout simplement pas et que c'est grâce au RPM qu'il a pu devenir député à Ségou. Me Tall qui a actuellement de sérieux problèmes de leadership avec le ministre Adéma de l'Agriculture Seydou Traoré, cherche d'ailleurs à se faire investir en Commune VI à Bamako afin d'éviter de relever le défi à lui lancé par l'ex-gestionnaire des criquets pèlerins.

Des incendiaires

D'un point de vue personnel, Me Mountaga Tall a des relations très proches avec ma famille. Mon oncle paternel de Bla lui a voué une fidélité absolue toute sa vie et sa descendance lui a emboîté le pas. Mais j'ai aujourd'hui une sorte de malaise profond pour ne pas avouer de honte intérieure quand je vois cet homme qui avait eu toutes les chances de diriger le Mali n'eut été sa gestion calamiteuse des événements de mars 1991, devenir le porte-parole d'un autre. La réalité politique et la recherche de gloriole ont franchement une limite.

Quant à Choguel Kokala Maïga, le seul fait, pour les Maliens, de voir l'héritier autoproclamé de Moussa Traoré voyager dans les bagages d'ATT et devenir un de ses laudateurs les plus acharnés doivent les pousser à réfléchir plus sérieusement sur la nature profonde des gens qui aspirent à les diriger.

Maintenant, en revenant à la question en introduction, il ne serait pas étonnant que le silence brutal de Me Tall et de Choguel soient un ordre venu du président ATT en personne qui a compris que ces apprentis sorciers, loin de lui rendre service, sont ceux qui risquent de plonger le pays dans un cycle infernal de violence.

L'intelligence la plus embryonnaire chez l'humain nous impose, en période de tension post-électorale, de réfléchir sérieusement avant de diffuser sur les ondes publiques des rodomontades qui révèlent plus un infantilisme persistant qu'une maturité assumée.

L'élection présidentielle du 29 avril 2007 n'est pas, contrairement aux prétentions outrageuses de Dioncounda Traoré, chose du passé. Ce scrutin a généré un contentieux qui pend actuellement devant la Cour constitutionnelle. Il faut être légaliste et laisser cette instance trancher, dire la vérité. Si la Cour, en toute indépendance, honnêteté et vérité tranche, notre pays servira encore de modèle au monde.

Les sages doivent se montrer dignes de la confiance des Maliennes et des Maliens en refusant de se soumettre à une autre que celle de l'honneur et de leur conscience. Mais en attendant, nous espérons vivement qu'aucun homme politique malien ne s'affublera de porte-parole aussi irresponsables et arrogants dans le futur.

Ousmane Sow

( journaliste , Montréal)

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POURQUOI NE PAS LE DIRE ?

Rien de durable par le mensonge

Le contentieux né de l'élection présidentielle commence à inquiéter plus d'un. Les organisations de la société civile et notamment des autorités traditionnelles et religieuses,  selon notre confrère Info-Matin, daté de mardi 8 avril, auraient entrepris des démarches pour concilier les positions des différents protagonistes (ADP et le FDR).

La démarche n'est pas mauvaise en soi, mais l'on se demande ce que cette médiation pourrait changer à la situation qui va de mal en pis. En décembre et janvier derniers, les évêques du Mali, reconnus pour leur franc-parler et leur neutralité, avaient attiré l'attention sur les écarts de notre processus démocratique en publiant la lettre à Théophile, intitulée « Et si nous réhabilitions la politique ? »

La situation que vit le Mali après ce calamiteux 29 avril leur donne parfaitement raison. Pourquoi les autorités traditionnelles et religieuses n'avaient-t-elles pas jointes leurs voix aux évêques du Mali afin de former un véritable groupe de pression pour prévenir ce que nous vivons présentement ?

Toujours est-il que si la médiation entamée par ces autorités religieuses et traditionnelles peut ramener les protagonistes à de meilleurs sentiments pour qu'ils mettent le Mali et son peuple au-dessus de leurs propres intérêts, c'est tout le souhait que l'on peut formuler, car un pays ne se construit pas sur le mensonge.

Denis Koné

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GESTION POST-ELECTORALE

Les religieux à la rescousse

Le lundi dernier, les religieux du Mali ont été commis par ATT pour rencontrer et discuter avec le FDR. Il s'agissait de supplier les quatre, afin qu'ils reviennent à de meilleurs sentiments et acceptent le fait accompli.

La tâche des religieux n'était pas facile, puisqu'en leur sein, l'unanimité n'était même pas faite quant à l'opportunité d'une telle démarche. « Il faut souvent laisser à la politique les questions politiques, à la justice les questions de justice. Les religieux ne devraient intervenir qu'à l'épuisement de tous les recours dans ces domaines et sur les aspects de morale et d'éthique » , soutenait un camp.

Finalement, la rencontre d'hier avec le Front pour la démocratie et la République (FDR) n'a rien donné. Les « médiateurs » n'avaient pas d'arguments solides car, comme l'ont répondu les responsables du FDR, il ne s'est rien passé.

A. K.

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SARKOZY PRESIDENT

Le scepticisme d'un enseignant

Jamais une élection présidentielle française n'avait intéressé et suscité tant d'attention des Africains. La raison ? Nicolas Sarkozy ministre de l'Intérieur, qui a fait de la lutte contre l'immigration, une de ses priorités était candidat et mettrait en œuvre son fameux projet qui, inéluctablement, aboutira à des reconduites humiliantes et indignes aux frontières.

Dimanche dernier, comme de nombreux Africains, mon voisin Broulaye Diarra, maître de 1er cycle, et moi-même étions installés autour d'un thé pour suivre sur Radio France internationale (RFI), qui avait consacré une soirée spéciale à l'évènement, l'issue du vote des Français et les commentaires.

« C'est Sarkozy qui a passé. Je ne vois pas en quoi cet homme a pu séduire les Français » , me dit M. Diarra, très déçu. « Ségolène était la mieux indiquée. Je pense qu'elle pouvait mieux comprendre nos problèmes, surtout l'immigration. Denis, je te le dis, tu vas bientôt voir nos compatriotes immigrants en France débarquer chaque jour à l'aéroport de Bamako-Senou sans autre forme de procès dans des conditions humiliantes surtout que notre président (Ndlr : ATT) lors de sa dernière visite là-bas n'a fait que renforcer la position de Sarko sur l'immigration » .

Pour cet enseignant, l'élection de Sarkozy est une catastrophe pour le Mali. Sarko ministre sera certainement différend de Sarko président de la République rétorquai-je.

« Je ne pense pas » , tranche-il avec l'air de quelqu'un qui aurait reçu une boule de neige sur la tête. « Ecoutons son premier discours sur l'Afrique et les Africains » , conseillai-je. Alors, il a augmenté le volume du poste récepteur. Les analyses portaient sur les raisons de la défaite de la gauche, le discours de Ségolène Royal, les déclarations de Dominique Strauss-Kahn qui parlait de sa disponibilité à rénover la gauche. Notre conversation s'est alors portée sur notre élection présidentielle, les contestations et les péripéties judiciaires qui l'entourent.

« Je dois vous dire que j'aime la France comme on aime un être cher. La France m'a tout donné, c'est maintenant à mon tour de tout donner à la France… » . Nicolas Sarkozy prononçait son discours. M. Diarra qui écouta attentivement cette intervention de M. Sarkozy a indiqué, à la fin du discours, avoir été surpris par le ton conciliateur face aux Africains. En effet, contrairement au ministre de l'Intérieur, c'est un autre Sarkozy que les Africains auront peut-être découvert.

Conciliateur, décidé à aider l'Afrique, à ne pas l'abandonner, à lutter contre la maladie… Aucun propos désobligeant comme on l'avait entendu lors de sa visite en Afrique et pendant la campagne électorale. « Mais attendons de le voir à l'œuvre, il ne m'inspire toujours pas confiance » , a dit M. Diarra en prenant congé.

Denis Koné

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APPLICATION DES ACCORDS D'ALGER

L'Alliance du 23 mai hausse le ton

Après les antennes de RFI, les responsables de l'Alliance du 23 mai pour le changement, viennent de donner l'alerte sur leur site Kidal.info. Dans une déclaration, Hama Ag Sid'Ahmed, le porte-parole de l'Alliance souligne qu': « aucun engagement de l'Accord n'a été respecté à ce jour, excepté le retour des armes le 9 mars. Or aujourd'hui, on devrait mettre en place les unités spéciales de sécurité composées majoritairement de Touaregs issus de ce mouvement. On constate aujourd'hui le contraire. On voit bien que le dispositif militaire est en train de se renforcer. On voit des patrouilles sortir de la ville de Kidal, occuper des points d'eau et des villages d'éleveurs nomades. C'est inacceptable »  !

Il poursuit que le mécontentement est très important. Il est difficile de maîtriser ceux qui se sont soulevés le 23 et les autres. « On voit bien qu'aujourd'hui certains combattants regagnent leurs bases parce que pour eux cet accord est tout simplement une sorte de tromperie parce que rien ne se passe sur le terrain » , a-t-il informé.

Selon lui, « les Touaregs aujourd'hui ont bien montré qu'ils ne souhaitent pas déstabiliser les élections et qu'ils sont vraiment très patients. C'est une patience qui a ses limites et aujourd'hui il est temps aussi que de l'autre côté il y ait un signal fort. » , a-t-il averti.

Il ajoutera qu'il est difficile de concevoir la paix dans la région sans l'application complète de l'Accord d'Alger. C'est pourquoi, il a invité les autorités maliennes à « manifester un peu plus de bonne foi dans la gestion de cette crise, sinon c'est le serpent qui se mordra la queue » .

Sidiki Y. Dembélé

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CHAMPIONNAT NATIONAL

Le COB reste toujours leader

La quatorzième journée, qui marque le début de la phase retour du championnat national a pris fin dimanche dernier. Elle n'a pas connu de changement à la tête du classement où le leader et ses poursuivants immédiats se sont imposés.

Amadou Diamouténé et ses coéquipiers du COB n'ont pas fait de détail devant les nouveaux promus de Korofina. 2-1, c'est par ce score qu'ils ont défait leurs adversaires vendredi dernier au Stade Modibo Kéita. Face à la formation de Korofina, les Verts ont consolidé leur avance. Très mobiles et assez présents sur l'aire de jeu, ils ont contraint Abdramane Guissé et autres Bakoraba à commettre de nombreuses fautes. Procédant par des contres bien combinés, le COB a fait plier l'échine des néo-promus dans une rencontre on ne peut plus houleuse. Même scénario chez les militaires de l'Usfas et l'équipe des « Sept Villages » qui se sont tirées à bon compte face respectivement à la Commune II (1-0) et l'ASB (2-1).

On n'en dira pas autant pour les poulains de Mohamed Magassouba vainqueurs à Koulikoro face au Nianan. Ils ont remporté par (3-1) devant une équipe du Nianan qui n'a encore rien perdu de son beau jeu, malgré l'état de santé de son entraîneur principal Mamadou Kéita « Capi ».

Le duel entre le Djoliba AC et l'AS Bakaridjan a tourné à l'avantage de la première équipe. Le Réal s'est fait une santé en battant difficilement le Stade malien de Sikasso (3-2). Quant au Centre Salif Kéita, il a remporté son derby face au Sigui battu 2-0.

Boubacar Diakité Sarr

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