La création de la Délégation générale aux élections (DGE) et de la Commission électorale nationale et indépendante (Céni) sont en soi des désaveux pour notre administration. Et, à tout jamais, ATT portera la responsabilité d'avoir politisé et rendu servile et aux ordres notre administration vivant des impôts des partisans et opposants, de tous les Maliens.
De la part d'un administrateur, cela ne peut pas passer inaperçu, surtout que ces propos ont été tenus avant les élections. En effet, comment quelqu'un qui est chargé de l'organisation des élections peut-il, de façon aussi flagrante, donner un point de vue aussi partisan ? Qui attend de lui un tel parti pris ?
En second lieu, c'est affligeant de constater qu'un personnage aussi clef de l'administration (secrétaire général, deuxième personnalité du cabinet, dirigeant le cabinet technique différent du cabinet politique) peut-il comparer les affaires publiques à de la soupe ? Se mêler ou vouloir gérer la cité n'est-il, pour lui, qu'une simple participation au banquet ? L'administration, finalement, n'est pour lui qu'un gâteau à partager ?
En tous les cas, sa prise de position, surtout avant les élections, lui enlève à lui, à son département et à tous ceux qu'il tente de défendre tout crédit. Le général Kafougouna Koné, hélas ! donne de lui-même une image qui est loin de la stature d'homme qui s'est construite par de hauts faits d'arme.
Il lui revient, à lui et surtout à ATT, de désavouer et de se démarquer de la position du secrétaire général ainsi que de celle de tout agent de l'Etat qui jette l'opprobre sur une corporation qui a tenté, tout le long des élections, de prouver une neutralité de façade, du reste battue en brèche tous les jours par quelques brebis galeuses de la troupe.
ELECTION D'ATT
Alors, « takokélen » ou « takaprin » ?
Il voulait le « takokélen », la victoire dès le premier tour. Ses adversaires l'ont moqué en parlant de « takaprin », la victoire imposée. La proclamation, vendredi dernier par le ministère de l'Administration territoriale, des résultats complets provisoires a confirmé les appréhensions des uns et des autres.
Le président sortant Amadou Toumani Touré a remporté le scrutin haut la main par un score sans appel de 68,91 % des voix alors que son principal opposant Ibrahim Boubacar Kéita enregistre moins de 20 % des suffrages exprimés. Tiébilé Dramé du Parena arrive troisième avec 3 % des voix. Soumeylou Boubèye Maïga, qui s'est affranchi de l'Adéma ralliée à ATT, a fait moins que le trublion Oumar Mariko du parti Sadi. Les petits candidats eux sont à moins de 1 %.
Avec seulement 36,17 % des inscrits qui ont voté, les uns et les autres trouveront des arguments pour justifier leur score. On notera que la participation a quand même fait un progrès de dix points. Mais que reste-t-il de légitime lorsque la mobilisation populaire fait tant défaut ? C'est peut être là, un des enseignements de ce scrutin qui prolonge une politique expérimentale de chloroformisation de la démocratie : le consensus modèle ATT.
Lorsqu'en 2002 pour la première fois, le général ATT a voulu se présenter à la magistrature suprême du pays, nous avons été de ceux-là qui ont exprimé notre crainte de voir la démocratie malienne mise entre parenthèse pendant son régime car, sa candidature privait le pays d'une véritable alternance démocratique. Le parti Adéma venait d'imploser de nouveau donnant à IBK, de réelles chances d'être le nouveau président tout désigné de la République et des adversaires les opposants déterminés au sein d'une Assemblée nationale multicolore à la majorité fluctuante. Cette situation de démocratie ouverte, donnait au pays la chance indéniable de renforcer ses acquis, de mûrir notre jeunesse expérience.
Ce beau schéma, que presque tous les analystes et observateurs politiques de la scène malienne croyaient salutaire, a été mis de côté par la déclaration de candidature d'ATT après moult hésitations. Une fois élu, ATT a prôné le consensus national avec le souci de représenter dans son gouvernement toutes les sensibilités politiques, annihilant ainsi toute opposition à son gouvernement.
Le temps d'une opposition affirmée
La parenthèse ouverte depuis, peut se refermer maintenant si les adversaires vaincus de cette élection présidentielle se résolvent à assumer leur statut d'opposants lors du renouvellement de l'Assemblée nationale.
Les humeurs chagrines dont notamment le parti d'Ibrahim Boubacar Kéita a fait montre notamment au moment de la formation du nouveau bureau de l'Assemblée nationale et surtout lors de la résolution de la révolte, l'année dernière, de soldats touaregs intégrés dans l'armée nationale, ont eu le don de réveiller une opposition endormie comme sous l'effet d'un chloroforme.
Les coups tordus montés contre Tiébilé Dramé chargé par ATT, himself, de l'organisation du Sommet Afrique-France, la lucidité affirmée d'un Soumeylou Boubèye Maïga refusant de laisser son parti l'Adéma/PASJ dériver dans une léthargie assassine, ont fini de provoquer un réveil brusque d'hommes politiques de la première heure qui s'étaient laissés séduire par le consensus national soit par calcul politicien motivé par l'égoïsme et la méchanceté, soit par instinct de survie politique. En tous les cas, on a constaté le désir d'être dans le coche et surtout de ne pas être absent lors du partage du gâteau.
Les amis du président n'ont pas manqué de souligner la présence volontaire de membres de certaines de ces formations politiques qui avaient commencé à agir comme de véritables opposants au gouvernement avec des critiques ouvertes, souvent violentes et jamais innomées.
Quels que soient donc les développements futurs du scrutin présidentiel, les vaincus peuvent décider de donner suite à leur meeting après la proclamation des résultats le week-end dernier, quels que soient donc les événements à venir, il importe avant tout d'avoir à l'esprit qu'il est temps de fermer la parenthèse ouverte en 2002 et que rien ne doit la maintenir ouverte. Bref, il est temps de s'opposer, de contredire, de critiquer, de proposer autre chose face à l'ATTcratie.
Oussouf Diagola
(Paris)
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TAHIROU BAMBA, FNA-USCPC
"Nous voulons en finir avec Bakary Togola"
Rien ne va plus entre le président de l'Assemblée permanente des chambres d'agriculture du Mali (Apcam), Bakary Togola, et une partie des producteurs de Bougouni, Sikasso, Kita et Fana. Ces derniers, exclus des unions des coopératives de producteurs, viennent de créer la Fédération nationale des unions des coopératives de producteurs de coton (FNA-USCPC). Son coordonnateur Tahirou Bamba qui ne mâche pas ses mots à l'endroit de Bakary Togola, revient sur les motifs de la création de la FNA-USCPC.
Les Echos : Pourquoi une fédération parallèle aux unions des coopératives de producteurs ?
Tahirou Bamba : Cette fédération est mise en place pour corriger une injustice et des lacunes qui sont ressorties lors de la mise en place des unions des coopératives de producteurs de coton du Mali. Dans les localités de Bougouni, Fana, Kita, Sikasso et OHVN, il y a une vingtaine d'unions communales entièrement exclues. C'est pour combler cette lacune et donner la chance à tous les producteurs de participer au développement de la cotonculture que nous avons mis en place cette fédération, parallèlement à l'union et pour qu'ensemble nous puissions travailler.
Les Echos : Vous dénonciez également une injustice…
T. B. : Le président de l'Apcam a envoyé des coups de fil dans les zones cotonnières pour exclure des unions de coopératives tous ceux qui peuvent le contredire. Ce qui fait qu'il n'y a pas eu de consensus dans la mise en place de ces unions. Le 5 avril dernier, nous avons tenu un point de presse pour sensibiliser l'opinion internationale sur le problème. Bakary Togola nous a menacé en disant que celui qui va mettre en place un bureau autre que l'union le trouvera sur son chemin. Eh bien, nous avons mis en place notre fédération, que M. le président s'exécute !
Les Echos : Pensez-vous travailler dans ces conditions délétères ?
T. B. : Nous voulons notre identité, nous voulons une reconnaissance et c'est ce que Bakary Togola ne veut pas. Au lieu de notre fusion, il nous propose de nous coopter. La loi coopérative ne permet pas la cooptation.
Voilà d'ailleurs pourquoi, nous avons mis en place cette fédération. Le président de l'Apcam a écrit au ministère et un peu partout pour dire qu'il ne saurait encourager notre action et qu'il ne nous considère pas comme partenaire. Ce n'est pas à lui de nous considérer comme partenaire, nous ne cultivons pas pour lui. Il ne peut nous empêcher de mettre quoi que ce soit en place. Nous sommes dans un pays démocratique et nous voulons l'essor de la culture du coton au Mali.
Les Echos : Pourquoi s'oppose-t-il, selon vous, à la création de votre fédération ?
T. B. : Il y a un adage qui dit : "Un ignorant qui s'ignore est un ignorant fini. Un ignorant qui s'y connaît est un ignorant progressant" . Quand on a confiance à quelqu'un et qu'il abuse de cette confiance croyant qu'il connaît tout, ça devient de la dictature. Nous avons pensé qu'un président des paysans doit être conciliateur, un rassembleur. Mais, un président qu'on ne peut pas contester, contredire, avec qui l'on ne peut pas avoir une divergence d'idées, n'est pas démocrate. Et nous tirerons les leçons de ces comportements aux prochaines élections.
Si Bakary Togola était un démocrate, il ne devait pas s'opposer à la mise en place d'une fédération alors que la loi le permet. Surtout que nous avons dit que nous ne sommes pas contre lui, mais nous voulons notre identité, c'est tout. Un président qui se sert de son pouvoir pour intimider et influencer n'est pas démocrate. Bakary Togola ne sait plus pourquoi nous l'avons mis à la tête de l'Apcam. Nous lui disons de faire beaucoup attention, les hommes ne sont pas des moutons.
Les Echos : Règlement de comptes politiques ou défense des intérêts des producteurs ?
T. B. : La politique a fait son entrée dans les champs de coton. Et c'est le président de l'Assemblée permanente des chambres d'agriculture du Mali (Apcam) qui a politisé le monde rural et qui a semé la division au sein des producteurs. Nous avons dit que ce n'est pas parce qu'on ne partage pas son avis qu'on n'aime pas la République. Les anciens présidents de l'Apcam ne se sont jamais mêlés de politique. Il ne faut pas que Bakary Togola confonde vitesse et précipitation, c'est-à-dire, j'ai tous les paysans, je dois les tirer par le nez. Non, on ne partage pas le même point de vue que le président de l'Apcam. Il doit se mettre en tête qu'il ne peut être qu'un paysan et nous sommes prêts à en découdre avec lui.
Les Echos : Et comment ?
T. B . : Nous allons faire une main tendue aux unions pour qu'on travaille ensemble pour la promotion de la filière. Mais, dans sa lettre, Bakary Togola dit qu'il ne nous reconnaît pas comme partenaire de la filière. Nous lui disons que la filière ne lui appartient pas. Il est venu trouver que nous cultivons du coton et il va partir nous laisser avec nos champs.
Propos recueillis par
Sidiki Y. Dembélé
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GUINEE EQUATORIALE
Un haut fonctionnaire escroqué par un marabout malien
Un marabout malien est enfermé dans les geôles guinéennes, à Bata, depuis quelques semaines. Le marabout, dont l'identité n'a pas été révélée par une source de Bata, capitale économique de la Guinée équatoriale, est soupçonné d'escroquerie. Il aurait soulagé un haut fonctionnaire du Trésor public équato-guinéen d'une somme estimée à plusieurs centaines de millions de nos francs.
Nos compatriotes vivant sur place ont récolté les pots cassés. Comme la plupart d'entre eux sont des commerçants, la police de Bata a cadenassé leurs boutiques pendant trois jours. De plus, les populations locales les avaient menacés de représailles. Même le consulat à vocation diplomatique, n'a pas été épargné non plus, a indiqué notre source. Les bureaux du consul, (un officier supérieur de notre armée) sont restés fermés pendant des jours.
La colère des Equato-guinéens contre les Maliens de Bata s'explique par le fait que l'argent subtilisé par le quidam a été viré dans une banque malienne. Selon nos sources, la tension a baissé même si le marabout reste toujours en détention. Les boutiques de nos compatriotes ont été réouvertes le week-end dernier.
Il y a six mois, les Maliens de Guinée équatoriale étaient considérés par les autorités de Malabo comme des pestiférés. Ils avaient même reçu l'ordre de quitter définitivement le pays. Cette haine à leur égard est la conséquence de la xénophobie qui prévaut dans ce petit pays de l'Afrique centrale devenu un eldorado économique grâce au boom pétrolier.
Les étrangers et particulièrement les Maliens assez nombreux et qui travaillent dans le négoce et les petits métiers sont considérés comme les pilleurs de l'économie guinéenne. Ils constituent, selon les statistiques des services économiques de Bata, les 2/3 des clients des caisses des agences d'envoi rapide d'argent à destination du Mali.
L'affaire du marabout ne fait que réveiller les vieux démons et en rajouter au désamour existant.
Abdrahamane Dicko
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COUPE DU MALI DE BASKET MASCULIN
L'AS Commune I et le Réal en finale
AS Commune I/AS Réal sera l'affiche de la finale de la Coupe du Mali de basket-ball messieurs dont la date reste à déterminer par le bureau fédéral. Les deux équipes ont obtenu leur ticket à l'issue des demi-finales disputées samedi à Sikasso et Mopti.
Communards et Réalistes se sont imposés respectivement face au Tata (77-41) et au Debo Club de Mopti (44-25). La rencontre entre le Tata et la Commune I fut à l'image de celle du Top 8 avec une équipe du Tata accrocheuse, mais manquant d'expérience.
A l'entame du match, les deux équipes feront preuve de prudence, passant deux minutes sans marquer le moindre panier. C'est finalement Youssouf Diaby qui débloquera le compteur pour la Commune I avec le premier panier réussi sur une percée. Par la suite, les Sikassois subiront jusqu'aux ultimes minutes du premier quart temps, remporté (22-10) par la Commune I.
L'équipe de Kénédougou engageait le second quart temps avec un esprit conquérant, mais c'était sans compter avec la maladresse des Drissa Traoré, Kounandi Sanogo et autres Daouda Traoré. Leurs shoots à distance n'inquiéteront pas outre mesure les poulains de Boubacar Diallo dit Sy.
L'ascension des communards s'est poursuivi au 3e quart temps qu'ils dominèrent à nouveau (63-25). Les Sikassois fatigués, commençaient à perdre les duels, permettant à Moussa Tounkara, Mahamane Haïdara et Boubacar Ndiaye de se mettre en exergue. Résultat : la Commune I s'impose finalement sur la marque de 77-41.
Très fair-play, le manager du Tata, Moussa Traoré a reconnu la supériorité et l'expérience de l'adversaire. Il imputera la défaite de son équipe aux nombreuses fautes techniques, mais aussi par manque de « balle A 6 » . « La Commune I a mérité sa victoire, je lui souhaite bonne chance pour la finale » , dira-t-il.
En finale, les Communards pour la première fois de l'histoire seront opposés à l'AS Réal qui a dominé le Débo de Mopti 44-25 dans l'autre demi-finale jouée dans la Venise malienne.
En finale dames, l'Usfas pour la première fois également de son histoire sera opposée à l'AS Réal. Les deux équipes ont obtenu leur ticket à l'issue des demi-finales disputées samedi à Ségou et à Mopti face respectivement au Biton (74-22) et le Débo (43-20).
Boubacar Diakité Sarr
(envoyé spécial à Sikasso)
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