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2007

Mois de mai

Les Echos du 07 mai 2007

Changement de cap

Quel que soit le verdict de la Cour constitutionnelle, le déroulement de la campagne de la présidentielle du 29 avril dernier prouve déjà que plus rien ne sera comme avant. « Champion de la gestion consensuelle », donc de moins de bruit, le président sortant, si sa victoire est confirmée par les « Neuf sages » du Dabanani malgré la tonne de requêtes formulées par le FDR, devra compter avec une opposition résolue. Ce serait d'ailleurs une bonne chose pour la vitalité de notre démocratie.

Comment un président qui, dit-on, déteste cordialement la critique va-t-il se comporter avec des contradicteurs qui vont exploiter à fond la moindre incartade ? C'est la question qui hante à présent les esprits. En attendant, avec la flopée de courtisans, qui font dans l'excès de zèle, il n'est pas interdit de voir une sorte de chape de plomb sur ceux qui vont penser autrement que Koulouba. Mais, s'il se laisse mener à la baguette par des gens « qui n'ont pas de fief » (Blaise Sangaré, dixit), le locataire de Koulouba pourrait voir son capital sympathie fondre comme beurre de karité au soleil.

Le président, qui revendique de tout le temps l'indépendance, a tout intérêt à s'affranchir des partis et à faire savoir à l' ADP qu'il doit tout d'abord la victoire à son aura personnelle. Car comment comprendre que des politiciens qui n'ont jamais pu se faire élire députés dans leurs fiefs sans un coup de pouce extérieur puissent du jour au lendemain réussir le pari du «  takokélé  » avec un autre ? Foutaises. Il est évident que, pour cacher leurs incapacités, de nombreux alliés du chef de l'Etat vont répugner les législatives. Ils espèrent pourtant récolter les dividendes de leur refus de se soumettre à la sanction du peuple.

Le bas peuple, lui, s'attend à ce que plus rien ne soit comme avant. Il refuse déjà que le Mali soit une orange délicieuse dans la bouche de ceux qui sont à la droite du chef, qui la presse sans tenir compte des autres. Le président élu est attendu sur le terrain de la lutte contre la corruption, la gabegie, le népotisme… Dans ce domaine, il possède, pense-t-on, un atout majeur avec les rapports du Vérificateur général.

Faut-il espérer ou douter de l'avènement d'un soleil nouveau au profit exclusif du peuple malien ? L'avenir proche nous édifiera.

A. M. T.

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PRESIDENTIELLE DU 29 AVRIL

Quand des Maliens deviennent des électeurs économiques

A travers les résultats provisoires de l'élection présidentielle du 29 avril dernier, l'on peut voir non pas une légitimité démocratique du président sortant mais une légitimité artificielle acquise au prix de l'argent.

Si le scrutin du 29 avril dernier s'est déroulé dans la quiétude, il faut reconnaître qu'il a été dominé par le pouvoir financier ou l'argent. L'on s'est rendu à l'évidence que les suffrages obtenus par les candidats sont surtout fonction de l'important moyen financier déployé à telle enseigne que des citoyens se posent la question de savoir si un pauvre peut être président de la République au Mali.

Si la loi électorale et la Constitution ne font pas de la capacité financière une condition d'élection, la pratique des hommes politiques maliens prouve que l'argent peut favoriser la légitimité. Lors de la présidentielle du dimanche 29 avril 2007, le Mouvement citoyen et les partis membres de l'Alliance pour la démocratie et le progrès (ADP) ont mobilisé des cars et des «  Sotrama  » dans toutes les rues de Bamako pour ramasser des électeurs qui logent loin de leur bureau de vote. Les opérations ont été suivies de consignes de vote en faveur du candidat ATT. Comme si cela ne suffisait pas, des libéralités (tissus et autres biens) ont été faites.

C'est ce qui explique aujourd'hui dans une certaine mesure le score nord-coréen du candidat sortant dont certains adversaires avaient des difficultés à payer leurs délégués dans les bureaux de vote à plus forte raison payer ou louer des voitures pour transporter des électeurs qui sont distants de leur lieu de vote ou faire des donations.

Ploutocratie

En réalité, les partisans du candidat ATT ont profité de l'analphabétisme des populations pour se jouer d'elles. L'on peut voir à travers les résultats, pas une légitimité démocratique réelle mais une légitimité artificielle, c'est-à-dire acquise à coup d'argent.

Cet état de fait est regrettable pour notre pays qui se veut un modèle de démocratie pour le reste de l'Afrique. Désormais, nos concitoyens, réduits au silence par la pauvreté monnayent leur voix et ne regardent plus le programme des candidats, ni leur moralité. Si l'on doit continuer sur cette base, l'on aboutira très rapidement au pouvoir des riches, car des militants de beaucoup de partis concurrents ont préféré rejoindre les rangs du MC à cause de la faiblesse des moyens financiers de leurs candidats. Comme le dit un adage bien connu « l'herbe pousse où se trouve l'humidité » .

Et il ne serait pas surprenant un jour que ces mêmes gens tournent dos au MC lorsqu'un autre candidat mettra plus d'argent dans sa campagne. Ceux qui se prêtent à ce jeu ou qui bénéficient présentement de cette situation doivent avoir à l'esprit que si le système continue, c'est notre démocratie qui mourra à petit feu.

Il revient aux acteurs de la scène politique d'éduquer les Maliens afin qu'ils renoncent au statut d'électeurs économiques pour devenir de véritables militants et sympathisants. C'est le prix à payer par notre démocratie.

Daouda Mariko

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Le Général Koné à la proclamation des résultats:

« Le MATCL n'a pas manipulé les résultats »

Proclamant vendredi après-midi les résultats définitifs provisoires de la présidentielle du 29 avril 2007, le ministre de l'Administration territoriale a disculpé son département qui, a-t-il juré la main sur le cœur, n'a pas manipulé les chiffres au profit d'un candidat. Qui se sent morveux se mouche.

« L'élection présidentielle du 29 avril est une victoire du Mali et pas d'un candidat », a déclaré le ministre de l'Administration territoriale et des Collectivités locales, le général Kafougouna Koné qui proclamait vendredi les résultats complets provisoires de l'élection présidentielle du 29 avril dernier. Ces résultats donnent une large victoire au président sortant et candidat à sa propre succession, le général Amadou Toumani Touré avec un taux de 70,89 %.

La proclamation des résultats définitifs provisoires de l'élection présidentielle du 29 avril a eu lieu en présence des seuls responsables des partis politiques de l' ADP , des candidats Madiassa Maguiraga , du Dr. Oumar Mariko et Mme Sidibé Aminata Diallo ainsi que de nombreux autres invités.

Conformément à l'article 154 de la loi électorale, c'est le ministère de l'Administration territoriale et des Collectivités locales qui totalise les résultats et procès-verbaux dans les 15 jours qui suivent le scrutin aux fins d'annoncer les résultats définitifs provisoires qui sont transmis ensuite à la Cour constitutionnelle.

Se prêtant à cet exercice, le ministre Kafougouna Koné a blanchi son département de toute tentative de manipulation des chiffres issus des bureaux de vote. Il a expliqué que son département n'avait aucun pouvoir de corriger ou de rectifier des chiffres.

Ce rôle, a-t-il souligné, revient à la Cour constitutionnelle qui, sur la base des documents électoraux, est habilité à corriger les éventuelles erreurs.

Denis Koné

Résultats définitifs provisoire s
Nombre des inscrits : 6 884 524
Nombre de votants : 2 490 396
Nombre de bulletins nuls : 201 403
Suffrage exprimé : 2 288 996
Taux de participation : 36,17 %
Nombre de candidats : 8

Voix obtenues par candidat
Amadou Toumani Touré : 1 622 579 (70,89 %)
Ibrahim Boubacar Kéita : 436 581 (19,08 %)
Tiébilé Dramé : 69 584 (3,04 %)
Mamadou Sangaré : 35 951 (1,57 %)
Soumeylou Boubèye Maïga : 33 366 (1,46 %)
Oumar Mariko : 62 509
Mme Sidibé Aminata Diallo : 12 326 (0,54 %)
Madiassa Maguiraga : 6857 (0,30 %)

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DES UNIONS COOPERATIVES METTENT EN PLACE LA FNA-USCPC

Naissance d'une opposition au président de l' Apcam

La Fédération nationale des unions des sociétés coopératives des producteurs de coton du Mali ( FNA-USCP ), c'est le nom de la nouvelle organisation de producteurs qui a été portée sur les fonts baptismaux hier à la Maison des jeunes. Une pierre dans le jardin de Bakary Togola , président de l'Assemblée permanente des chambres d'agriculture du Mali ( Apcam ).

L'assemblée générale constitutive de la Fédération nationale des unions des sociétés coopératives des producteurs de coton ( FNA-USCPC ) s'est tenue dimanche à la Maison des jeunes de Bamako. La nouvelle organisation paysanne, présidée par Tahirou Bamba, se propose de fédérer tous les producteurs au sein d'une même instance pour une meilleure défense de leurs intérêts.

Aux dires du coordonnateur, il s'agit aussi de corriger les lacunes de la mise en place des unions. « Une coopérative est consensuelle, donc pas d'exclusion. Car, sur l'ensemble du territoire malien et particulièrement dans les localités de Bougouni, Fana, Kita, Sikasso et la zone OHVN, il y a une vingtaine d'unions communales entièrement exclues de l'Union des coopératives. C'est pour combler cette lacune et permettre à tous les producteurs de participer au développement du Mali, de la cotonculture que nous sommes regroupés pour mettre en place cette fédération » , a expliqué M. Bamba.

Selon lui, la nouvelle Fédération est loin d'être une opposition à l'Union des sociétés coopératives présidée par Bakary Togola . « Nous allons travailler de mèche s'ils le veulent car nous visons les mêmes objectifs à savoir préparer les producteurs à leur entrée à l'interprofession, à professionnaliser le secteur et à pérenniser la culture du coton au Mali » .

Le président de la FNA-USCPC a invité le président de l' Apcam Bakary Togola à être le président de tous les producteurs au lieu de jouer à l'exclusion, à la marginalisation. « Nous n'avons pas besoin d'un monde rural politisé, nous disons seulement le travail » , a-t-il fait savoir.

Le président du Groupement des syndicats de cotonculteurs et vivriers, Mènè Diallo, et le représentant du directeur national de l'agriculture se sont félicités de la création de la Fédération et l'ont assurée de tout leur soutien pour l'atteinte de ses objectifs.

Sidiki Y. Dembélé

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