Les Echos du 04 mai 2007
PRESIDENTIELLE 2007
ATT : mal gagnant ou mauvais perdant ?
Telle est la seule et vraie question posée. Compte tenu des pratiques peu glorieuse qui ont été multipliées tout au long pour faire gagner le candidat ATT, empêcher la défaite du président ATT.
Dans ma bonne vieille ville natale, les courses de chevaux jadis organisées attiraient inévitablement les marmots que nous étions. Je ne comprenais pas, alors, pourquoi certaines épreuves étaient réservées à des « jamais gagnants » .
Bien plus tard, j'ai appris que de tels bourrins n'avaient jamais gagné mais que rien ne les condamnait à toujours perdre. Ces « maidens » attendaient juste leur jour de chance. Il n'y avait pas de mal gagnant, car les mêmes règles s'imposaient à tous et étaient respectées par tous. Avec cette présidentielle du 29 avril 2007, j'ai découvert et compris ce qu'est un mal gagnant et comment il peut procéder.
Le clan ATT, par le mépris de toutes règles et mesures et la brutalité de ses méthodes, a fait de son candidat un mal gagnant. Parce que même et surtout en politique, tous les coups ne sont pas permis. Parce que la grande faim du pouvoir ne saurait justifier tous les moyens. Mal gagnant, mauvais perdant ?
En réalité, la question n'est pas que rhétorique, formelle, et les deux propositions sont additionnelles, complémentaires. Pas alternatives . La scandaleuse pré-campagne menée au pas de charge par le chef de l'Etat, es qualité, pour le compte du président-candidat, les manœuvres frauduleuses dans une organisation partisane et orientée des opérations de vote ont connu leur summum avec un traitement douteux des résultats des urnes. Tout pour faire gagner ATT. N'importe quoi pour empêcher sa défaite.
Mal gagnant, mauvais perdant : kif-kif, blanc bonnet, bonnet blanc, c'est du pareil au même.
ATT est déjà mal gagnant. Mal élu, il le sera. Si par malheur, la Cour constitutionnelle se contente de reconduire les résultats concoctés par les ministères de l'Administration territoriale, des Affaires étrangères et la DGE. Il est évident que la Cour constitutionnelle est déjà piégée et réduite à compter les torchons et les serviettes. Et pourtant, chacun de ses honorables membres est informé de tout ce qui existe en amont des chiffres communiqués.
Mal gagnant, mauvais perdant, le président « rebouleur » . Pour n'avoir pas permis l'organisation et la tenue d'élections transparentes et honnêtes, donc apaisées. Ce qui était un devoir de sa charge et une obligation pour lui-même. Bien au contraire, les propositions positives et constructives dans ce sens ont été méprisées et bafouées à travers l'image et le son par l'ORTM : l'audit du fichier électoral, un tirage au sort public pour le positionnement des candidats sur le bulletin de vote unique.
A aucun moment, les passionnés du service ATT n'ont tendu leurs micros à l'un quelconque des auteurs de ces propositions. Manque de professionnalisme dans la maison vitrée de Bozola ? Nenni ! Plutôt, une renonciation à toute éthique. La rediffusion à la "Télé ATT" du forum de Kidal, quatre jours avant le scrutin ou la diffusion de la chanson-slogan dans la campagne du général président "min yé min yé" pour clôturer "Jouvence" le samedi dans la nuit, ont fini par trahir le clan ATT. Comme quoi un serviteur croupion et taré est pire calamité qu'un adversaire loyal et franc.
Méfaits
Quel membre de la Cour constitutionnelle peut-il être ignorant de telles pratiques ? Quel brave observateur extérieur pourra-t-il jamais les intégrer dans son évaluation de la qualité des élections du 29 avril 2007 ?
Mal gagnant, mauvais perdant, ATT qui a permis les pratiques attentatoires à la loi électorale sous bien d'autres aspects. Comme ces commissions ADP/Mouvement citoyen de retrait et de distribution des cartes d'électeur dont une dame de la Commune II du district a expliqué les missions sur les antennes de TV5, le mardi 24 avril : retirer les cartes des personnes dont les noms sont consignés dans leurs cahiers et les remettre aux titulaires. Sont-elles prévues dans la loi électorale de telles unités spéciales de supplétifs, mon colonel ?
Les articles 59, 60 et 61 de la loi électorale sont sans équivoque aucune. « La carte d'électeur est personnelle et inaccessible… Sa distribution se fait dans les lieux fixés et publiés par le représentant de l'Etat » . Entre cette infraction tolérée pour favoriser ATT et l'audit du fichier électoral ou le tirage au sort pour disposer les photos des candidats sur le bulletin, lequel est pire crime ?
Mal gagnant, mauvais perdant en amont mais aussi pendant les périodes électorale et post-électorale. Rappels :
L'audit du fichier est particulièrement justifié à postériorité. Quand on constate que le chiffre déjà faramineux de 6 400 000 électeurs a fait des petits le jour du scrutin. On l'a allégrement fait monter à 6 800 000. sûrement pour cacher les votes frauduleux dus aux excès de procurations, notamment grâce aux malheureux soldats trimbalés de localité en localité. De Kati à Markala en passant par Ségou, Bafo et Banankoro, de braves pioupious ont été astreints à une corvée bien particulière pour empêcher la défaite d'ATT.
La confection des bulletins de vote a été vicieusement confiée à un soutien, guère caché, du président-candidat. On ne s'étonnera donc pas de la circulation du document plusieurs jours avant l'ouverture du scrutin
Le tripotage et la falsification des résultats issus des urnes ont complété et parachevé l'arsenal pour sauver le candidat du clan. L'exemple le plus flagrant est celui de ces électeurs de Paris qui ont voté pour tel candidat et qui ont été estomaqués de constater que ce dernier était bizarrement crédité de zéro voix par les représentants de l'Etat.
Jusque et y compris au niveau de la commission de centralisation des résultats, les magouilles en faveur d'ATT se sont multipliées. Pourquoi les résultats expédiés par Rac, fax ou Internet, n'étaient pas directement réceptionnés par la commission mais par Simple agent assurant leur livraison ?
Pourquoi ce refus de l'Administration à la demande de vérification du contenu effectif de l'ordinateur avant son utilisation ? Le bourrage d'ordinateur au secours du bourrage d'urnes. Aussi simple que ça.
Pourquoi a-t-il été établi une connexion avec la présidence de la République. Pourquoi le ministre de l'Administration territoriale s'est-il arrogé le droit de faire balancer à la presse des chiffres non validés au sein de la commission de centralisation ? Pour nos grands stratèges du « takokelen ATT » , cela doit probablement avoir comme nom de code « opération terre brûlée » .
Mal gagnant, mauvais perdant pour les raisons évoquées et bien d'autres qu'il serait fastidieux, voire superflu, d'invoquer. Voilà ce qu'enseignent les faits et que l'Histoire retiendra définitivement.
Ibrahima Khaliloulah
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SPECULATION FONCIERE EN COMMUNE V
Baco Djicoroni Sud-ACI sur les dents
Le marché de Baco-Djicoroni Sud-ACI est l'objet d'un morcellement dont l'attribution à certains opérateurs économiques par la mairie de la Commune V se fait en violation des dispositions régissant le foncier. C'est du moins la protestation du président de l'Association pour le développement de Baco Djicoroni Sud-ACI auprès des autorités. La population n'entend plus se laisser faire.
La levée de l'interdiction d'attribution de parcelles par le gouvernement est-elle en train d'ouvrir un boulevard à la spéculation foncière ? Au regard de nombreux litiges fonciers, l'on est en droit de répondre par l'affirmative. Soucieuse d'avoir un marché dans le quartier et pour le bien-être de la population, l'Association pour le développement de Baco Djicoroni Sud-ACI (ADBS-ACI) a entrepris une démarche auprès de l'Agence de cession immobilière (ACI) pour la mise à disposition des équipements collectifs de Baco-Djicoroni Sud-ACI.
En réponse à la correspondance, l'Agence a indiqué qu'un décret devant classer et affecter les espaces publics, notamment de leur quartier, est en voie d'être pris. Prenant acte, l'ADBS-ACI a poussé les investigations. C'est ainsi qu'elle a pu découvrir l'existence d'un décret présidentiel n°03-485/P-RM du 17 novembre 2003 portant classement de certains équipements collectifs du districts et leurs emprises dans le domaine public immobilier de l'Etat. Les équipements suivants sont concernés : la station de pompage (EDM), n° de parcelle 27, la medersa, n° de parcelle 2461, le n°2462 a été attribué à la mosquée, le château d'eau a eu le n°3126, la mosquée (ONG Wami) est le 401.
Mépris
N'ayant pu disposer d'informations sur le marché, l'Association, aux dires de son président, a sollicité le concours des autorités de tutelles afin d'être mieux édifiée. Elle a adressé dans un premier temps deux correspondances à la mairie de la Commune V (n°01/ADBS/07 du 15 janvier 2007) et au gouverneur du district (n°02/ADBS/07 du 10 avril 2007) qui sont restées sans suite. Peine perdue, la Commune l'a morcelé et attribué des lots à certains opérateurs économiques avant même que le décret portant classement des équipements collectifs de Baco Djicoroni Sud-ACI (dont le marché) et leurs emprises dans le domaine public de l'Etat soit pris en conseil des ministres.
C'est cette violation des textes que l'Association a dénoncée à travers les correspondances. Elle attire l'attention du ministre des Domaines de l'Etat, les plus hautes autorités et l'opinion sur la violation des textes régissant le domaine foncier par les autorités communales mais aussi évoque également le risque de soulèvement imminent de la population.
A en croire M. Guindo, l'attribution a été faite depuis plus de 3 mois et ce, sans aucun critère de sélection. Certains opérateurs, signale-t-il, auraient même entrepris les travaux sans autorisation de construire, ce qui risque, craint-il, de mettre en cause le plan d'aménagement global dudit marché.
Les autorités sont donc averties et devront très rapidement prendre des dispositions pour désamorcer cette bombe sociale.
Amadou Sidibé
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MEETING POST-ELECTORAL
Le FDR donne de la voix
Le Front pour la démocratie et la République (FDR) a tenu hier dans le pavillon des sports du Stade omnisports Modibo Kéita (qui a refusé du monde), un meeting d'information et de protestation contre les résultats du scrutin du dimanche 29 avril 2007. Pouvait-on lire sur les banderoles : « Le front pour la démocratie et la République exige l'annulation des résultats de la mascarade électorale du 29 avril 2007 et l'organisation d'élection libre, transparente". Le FDR qui a battu le rappel de ses troupes en cette occasion a dénoncé ce que certains de ses leaders ont qualifié la présidentielle de dimanche, « d'élection de la honte ».
Les quatre leaders du FDR, candidats à l'élection présidentielle, ont expliqué devant une salle comble de militants et sympathisants, les voies et moyens explorés pour annuler le vote de dimanche dernier. Soumeylou Boubèye Maïga de Convergence 2007 a informé de la saisine de la Cour constitutionnelle depuis mardi, avec des preuves d'irrégularités à l'appui. Mamadou Bakari Sangaré Blaise de la CDS a soutenu qu'ils ont le peuple avec eux et qu'en aucune manière, le score à eux attribué ne reflète la réalité du terrain. Pour Ibrahim Boubacar Kéita (IBK) du RPM, le pouvoir en place a fait dans l'humiliation en leur accordant des voix dans les différentes circonscriptions qui frisent le ridicule. Il a fustigé le temps pris pour la publication des résultats provisoires (cinq jours) qu'il met au compte de la tricherie d'Etat. Il ajoutera qu'« Avec cette victoire, leur sommeil est perdu ».
Selon IBK, les résultats qui ont été publiés ont été donnés à l'inverse et tripatouillés par le régime. Ces résultats sont, selon lui, ceux qui sont engrangés par le président sortant. Tiébilé Dramé du Parena a pour sa part, mis à nu la stratégie d'humiliation de l'Etat à leur égard avec des résultats préfabriqués et diffusés par des médias de la place par l'entremise des courtisans du pouvoir. Il a également informé les militants sur la démission de Nankoma Kéita du gouvernement, qui entend, par ce geste, protester contre le tripatouillage des résultats.
Sidiki Doumbia
(Stagiaire)
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