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2007

Mois de mai

Les Echos du 02 mai 2007

EDITORIAL

Douteuses intentions

Trois jours après la fin du scrutin présidentiel, le peuple malien est encore dans l'attente de résultats lui permettant de fonder sa religion sur les tendances et les options. Déjà, avant les votes, peu de nos concitoyens signaient un blanc seing à l'Administration sur son impartialité et sa volonté de faire en sorte que s'exprime la volonté du peuple, seul souverain en la matière.

Ainsi, à l'heure de la révolution numérique, des nouvelles technologies de l'information et de la communication, à l'heure où le territoire malien est couvert par la téléphonie (cellulaire, rural ou satellitaire…), l'Administration se montre incapable de donner des résultats ou même de donner des tendances.

A propos des tendances, elle apporte d'ailleurs de l'eau au moulin de ceux qui penchent pour une volonté manifeste de tripatouillage de sa part. Du coup, elle justifie amplement le communiqué du FDR qui, après avoir rappelé les irrégularités qu'il a relevées sur tout le territoire, souvent avec constat d'huissier, après avoir décrié le bulletin unique « sans numéro, sans souche ni filigrane », après avoir dénoncé le choix de l'imprimeur qui a fait montre d'un zèle particulier dans la campagne d'ATT, affirme qu'il « ne saurait reconnaître les résultats issus d'une telle mascarade ».

Passe encore que les techniques fassent défaut et que l'on ne soit pas en mesure de donner des chiffres. Mais, que l'administration se permette de donner des chiffres, trois jours après le vote, portant sur moins de 10 % des bureaux de vote (61 sur 703 communes) est inacceptable et laisse la porte ouverte à toutes les supputations.

D'abord, de sa part, ce n'est vraiment pas sérieux et elle convaincra difficilement sur son innocence et l'absence d'intention de distiller dans l'opinion une certaine idée. Car, aucunement, moins de 10 % ne permettrait de fonder une opinion. Celui qui est en tête pourrait se retrouver en queue et vice-versa. Du coup, que penseront les populations ? L'Administration a-t-elle mesuré sérieusement la portée de son acte ?

Alexis Kalambry

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LE GLAS QUI SONNE POUR LE MALI

Mes condoléances !!!

Pour ce que notre cher Mali est devenu aujourd'hui, le citoyen ordinaire ne peut que prononcer une oraison funèbre…

C'est l'histoire d'un Etat, d'une nation qui fut unique en Afrique : le plus grand empire noir jamais constitué, les plus grands guerriers, les meilleurs commerçants. C'est l'histoire d'une nation qui a été l'objet de respect. Des hommes et des femmes dignes et fiers. Ce pays, c'est le Mali. Une nation qui avait pour bases : l'honnêteté, le respect de la parole donnée, l'intégrité, le sens de l'honneur et de la dignité. A cette époque, les troubadours et les saltimbanques étaient bien identifiés, amuseurs publics.

Nous sommes en 2007, le Mali existe encore et mieux, il vient d'organiser une élection présidentielle. Cela signifie, donner au peuple l'occasion d'exprimer son opinion, en choisissant librement et souverainement son président de la République. Dans les pays civilisés, dans les pays où l'on a encore le sens de la dignité et de l'honneur, le citoyen est traité comme un adulte, on lui laisse la liberté de choix et sa décision est respectée.

Dans une tribu noire autrefois appelée Soudan français, les hommes refusent d'évoluer. Ceux qui sont chargés de prendre l'avis du citoyen ne mesurent pas l'ampleur de leurs responsabilités. Ils n'ont peur ni de Dieu ni du jugement de l'Histoire. Ils ne pensent qu'à l'instant présent, à la gloire du pouvoir immédiat, aux richesses qui s'acquièrent comme par magie, en suçant comme un vampire le sang de ses compatriotes.

Alors, pour que cette élection démontre encore une fois de plus que l'Afrique est un continent maudit, que cette terre noire de monde et de couleur ne se hissera jamais à la hauteur du monde moderne, les hommes et femmes ont retrouvé leur réflexe inné : la fraude, les procurations à tour de bras, une administration sans principes qui se voue corps et âme au triomphe du mensonge puis, le pire, une race de politiciens prête à tout pour que la ripaille aux deniers publics se poursuive.

Ce Mali que nous voyons aujourd'hui chavire comme un navire sans gouvernail ; ceux qui sont en première classe et leurs amis ont le sourire carnassier du loup qui a abattu la biche par une attaque traîtresse. Puisqu'il n'y a plus de honte dans ce Mali qui fut glorieux, chacun se glorifie de son apport funeste à la mascarade.

Le peuple éberlué hausse les épaules et devient cynique. Les Maliens sont tellement écœurés de leur vie politique qu'à peine 30 % parmi les plus braves daignent se rendre aux urnes. A quoi bon perdre une matinée entière à accomplir un devoir civique quand ce vote ne sert qu'à narguer ; à démontrer qu'il n'est qu'un ectoplasme et que les vraies décisions se prennent ailleurs.

Les observateurs observent, mais ne voient rien…

Enfin, ces élections sont venues encore une fois confirmer ce que les vrais démocrates pensent de la nouvelle racaille qui essaiment l'Afrique : les observateurs internationaux. Il paraît qu'ils sont experts en observation des élections ; aucun pays sérieux du monde ne les invite puisque dans ces contrées, les gens sont assez civilisés pour comprendre ce que signifie le suffrage universel. Il ne reste aux observateurs que la maudite terre de nos ancêtres.

Ils arrivent en grand nombre, bien badgés, costume serré de zouave et cravate de nécrophile, ils dorment dans de confortables hôtels, font des tours rapides, à bord de voitures climatisés dans quelques bureaux, interrogent à la sauvette quelques délégués et se sauvent bien, histoire de retrouver la fraîcheur du véhicule ou le confort de la chambre d'hôtel.

Le lendemain, ils organisent une conférence de presse et leur porte-parole nasillard affirme solennellement : « Tout s'est bien passé, ces élections sont parfaites » . Comme au Togo où l'on voyait des soldats bastonner les scrutateurs et emporter les urnes alors que les observateurs, surtout les excellents comédiens de la Cédéao criaient la perfection.

Il faut beaucoup de foi et de persévérance pour croire que notre chère Afrique sortira un jour du cycle de malédictions qui le frappe. Il faut de la foi pour croire qu'un jour, le flot de morts de Ceuta et Mellila s'arrêtera. Il faut de la sainteté pour croire qu'un jour, un seul pays d'Afrique servira d'exemple au monde. Il faut de la patience et du travail pour croire qu'un jour, sur cette terre qui a vu naître l'humanité, les hommes abandonneront leur instinct au profit de leur raison.

Ce n'est pas une pathétique auto-flagellation, c'est le cri du cœur d'un enfant d'Afrique fatigué d'endurer, depuis sa naissance, les railleries du reste du monde. Nous sommes pauvres, nous sommes noirs, personne ne nous aime. Nous sommes encore incapables d'imposer aux autres le respect par le travail, le sérieux, l'honneur et la dignité.

C'est Malcom X qui disait un jour et réfléchissez-y : « L'homme noir se plaint de racisme et de rejet mais il ne cherche jamais à connaître les causes ; l'homme noir se plaint d'être pauvre mais entre le travail et la mendicité, il préfère le second ; l'homme noir se plaint de la méchanceté du Blanc mais il vend son frère comme esclave et empoche le magot. L'homme noir ne veut pas comprendre que le travail seul le sortira de la situation de mépris. Il préfère se payer des habits chers et rouler carrosse croyant que cela lui attirera le respect et la sympathie » .

Ousmane Sow

(journaliste, Montréal)

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UN ELECTEUR RACONTE SA MESAVENTURE

« On a voté à ma place »

Un électeur, qui nous envoie ce témoignage, a échappé de justesse à la garde-à-vue à la police. Son malheur a été d'avoir réclamé son droit de vote lorsqu'il a fait le constat qu'un autre a voté à sa place.

Incroyable, mais vrai. Le bateau Mali tangue, mais grâce au Tout Puissant Allah, il ne coulera pas. Que Dieu aide le Mali, notre chère patrie ! Certaines vérités ou des faits sont désagréables à entendre. Mais il faut quand même en parler pour qu'ils servent de cas d'école. Il faut crever l'abcès tant qu'il s'agit du devenir de notre belle nation.

Je ne suis d'aucun bord politique. Mais, comme tout bon citoyen, j'ai jugé utile d'exercer mon droit d'électeur en ce jour de scrutin présidentiel du 29 avril 2007. Ce qui m'est arrivé mérite d'être su de l'opinion publique. J'en suis tellement abasourdi que je ne reconnais plus mon pays, terre de vieille civilisation, d'humilité et de bonnes mœurs.

Quelques jours avant le scrutin de dimanche, je me suis rendu à ma mairie, à Magnambougou où j'ai toujours résidé, pour retirer ma carte d'électeur. Les agents chargés de la distribution ont pu retrouver le précieux sésame, sans grande difficulté. La seule erreur sur la carte était que l'âge qui y figurait était différent de celui de ma carte d'identité. Mais les distributaires de cartes m'ont assuré que cela n'était pas un problème parce qu'il y avait des erreurs de ce genre sur le fichier électoral. Ils m'ont dit que l'essentiel est que les mêmes références figurent sur la liste d'émargement.

Ma surprise a été grande, lorsque je me suis rendu en mon centre de vote vers 15 h à Magnambougou-Sokotra, dans le bureau n°191. A mon arrivée, un agent électoral a pris ma carte qu'il a vérifiée sur la liste d'électeurs accrochée à l'entrée du bureau de vote. Il vient me confirmer que je suis bien de ce bureau.

Le pire m'attendait. En vérifiant la liste d'émargement avant de passer au vote, j'ai constaté que devant mon nom il y avait un émargement. La preuve qu'un électeur avait déjà voté à ma place. Furieux, j'ai cherché à entrer en contact avec la presse et les observateurs internationaux. En vain. Je me suis rabattu sur le représentant de la DGE. Celui-ci appelle son supérieur. Ce dernier me demande de me taire contre la promesse d'enrayer le vote précédent et me faire voter. Il m'a juré de venir sur place vu la gravité de la chose. Il arrive quelques minutes plus tard, sermonne le président du bureau et son représentant avant de partir.

Mon calvaire venait de commencer. Le président du bureau de vote et le représentant de la DGE, font appel à des porteurs d'uniforme. Ils leur ont expliqué qu'il y avait des anomalies. Ils m'embarquent au commissariat dans des conditions humiliantes où j'ai été auditionné sur PV. J'ai été libéré aussitôt grâce à la largesse de vue du commissaire. C'est pourquoi je me suis confié dans les colonnes du journal Les Echos en guise de témoignage et pour que la lumière en soit faite.

La question que je pose aux autorités de ce pays est de savoir pourquoi remettre une carte d'électeur à un citoyen si un autre est capable de voter à sa place ? Malgré ma bonne foi, j'ai failli payer à la place des mafieux qui ont manigancé cette affaire. Que Dieu fasse justice. Qu'il protège notre pays de ses fils sans foi ni loi. Amen !

Moussa Diarra

(commerçant domicilié à Magambougou, Tél. 648 43 29)

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APRES L'ANNONCE DES RESULTATS

Le siège du RPM pris d'assaut par ses militants

Les résultats partiels provisoires publiés lundi soir par le ministère de l'Administration territoriale et des Collectivités locales ont suscité de vives réactions dans les états-majors des partis politiques notamment au siège du Rassemblement pour le Mali (RPM), où militants et responsables du parti s'étaient retrouvés.

S'il y avait une accalmie au QG de campagne du candidat de Convergence-2007, Soumeylou Boubèye Maïga, mardi matin, le siège du RPM par contre, était bondé de militants du parti, désolés après l'annonce de certains résultats provisoires de l'élection présidentielle de dimanche dernier.

Au siège du RPM, il était difficile de se frayer un chemin. L'objectif de cette rencontre entre responsables du parti du Tisserand et militants était de se retrouver en famille et de discuter des premiers résultats partiels provisoires proclamés par le ministère de l'Administration territoriale et des Collectivités locales.

Bakary Koniba Traoré dit Bakary Pionnier Bikotè, vice-président du RPM s'est insurgé contre une « fraude et une mascarade électorales » . « Nous avions , a-t-il poursuivi, nos délégués dans les différents centres et bureaux de vote et nous avons nos propres chiffres sur lesquels nous sommes en train de travailler » .

Il ne comprend pas le fait que l'administration ait annoncé les résultats alors que la commission légalement mise sur place n'avait pas fini de faire son travail. Bakary Pionnier s'est dit serein et confiant. Il soutient qu'il faut attendre l'annonce de tous les résultats étant donné que ce ne sont que quelques résultats qui ont été annoncés par l'administration.

A l'image du vice-président du RPM, les sympathisants de ce parti que nous avons approchés hier matin au siège pensent que le vote a été « truqué » . « Nous sommes là ce matin pour dénoncer la machination qui est en place pour maintenir ATT au pouvoir. Il y aura un 2e tour. Il faut qu'ils donnent les chiffres réels ». Un e femme est allée plus loin. Elle avertit : « si ATT s'entête à se maintenir… »

Ogopémo Ouologuem

(stagiaire)

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APRES LES PREMIERS RESULTATS PROVISOIRES

L'ADP fête avec modestie la victoire d'ATT

La coordination de campagne du candidat Amadou Toumani Touré a animé hier une conférence de presse pour tirer les enseignements du scrutin du 29 avril dernier et jeter le discrédit sur les réclamations du FDR. ATT, disent-ils, passe au 1er tour avec plus de 70 %.

Face à la presse hier, Me Mountaga Tall, Choguel Kokalla Maïga, Tiemoko Sangaré et Souleymane Koné, tous membres de la coordination de campagne d'ATT ont affirmé que les premiers résultats et tendances du scrutin de dimanche placent Amadou Toumani Touré en tête à Bamako et dans toutes les régions de l'intérieur et toutes les juridictions extérieures avec la majorité absolue, atteignant et dépassant par endroits la barre des 80 %.

« Le premier enseignement à tirer est qu'ATT a été plébiscité par les Maliennes et les Maliens. Il gagne partout et y compris dans les fiefs présumés des autres candidats, IBK à Bamako, Dramé à Nioro, Soumeylou Boubèye à Gao… Mais, l'ADP, le Mouvement citoyen et les associations de soutien qui ont déjà remercié le peuple malien pour ce score, se gardent de fêter d'abord cette large victoire par simple modestie » , a expliqué le conférencier principal Me Mountaga Tall.

Dans un exposé liminaire, Me Tall a lancé des piques au FDR qu'il qualifie de mauvais perdant et qui, selon lui, « refuse de reconnaître sa défaite et évoque un scrutin entaché de fraude » . Selon lui, on ne peut accorder aucun crédit et aucun sérieux à ces contestations.

« Ceux qui sont sûrs de ne pouvoir gagner ou ceux dont les résultats les rapprochent d'une mort politique inéluctable ont tout intérêt à trouver des explications pour le militant induit en erreur ou le soutien trompé voire trahi » , a-t-il martelé.

Abondant dans le même sens et dans un langage violent, Choguel Kokalla Maïga dira que cette victoire est celle du peuple malien. « Les autres font de la propagande. Le takokelen, on l'a dit et on l'a fait, il ne faut pas que ceux qui n'ont rien reçu jettent le discrédit sur ce résultat » , a-t-il ajouté.

Les conférenciers ont enfin appelé les autres candidats à reconnaître la victoire d'Amadou Toumani Touré.

Sidiki Y. Dembélé

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PRESIDENTIELLE MALIENNE EN FRANCE

Les immigrés maliens empêchés de voter

Sur les quelque 25000 électeurs inscrits, la représentation de la Commission électorale nationale indépendante (Céni) n'avait enregistré, selon les derniers chiffres qu'elle a bien voulu livrer, que moins de 30 % de cartes d'électeur distribuées.

Habitués à voter ici, nos compatriotes ont été trimballés ailleurs. Plus grave : les cartes non enlevées pendant la période de distribution étaient introuvables dans les bureaux de vote. C'est dire combien le vote des Maliens de France a été torpillé.

La Céni espérait que les gens allaient venir, le jour du vote, accomplir en masse leur devoir de citoyens. Seulement, elle avait omis de communiquer, à temps, sur la création de nouveaux bureaux de vote. Résultat : dimanche nombreux étaient ceux qui se sont déplacés dans les anciens centres découvrant, avec dépit, qu'ils n'y sont plus inscrits.

Et la mise en place d'un secrétariat informatique chargé de faciliter le repérage des électeurs et de leur bureau n'aura pas servi à grand-chose puisque beaucoup de ces électeurs montraient une mine défaite dénonçant le manque de communication, voire d'organisation.

« C'est toujours du n'importe quoi ici, on ne nous dit jamais rien. Comment voulez-vous que j'apprenne que je dois désormais voter à Montreuil, alors que j'ai toujours voté à Saint-Denis » , lançait un homme amer qui ajoutait « mais, je m'en fous de la radio » lorsque nous lui avons appris que des messages ont été lancés sur les antennes de Africa n°1 Paris.

Certains qui croyaient venir retirer leur carte d'électeur le jour même ignoraient que pour pouvoir voter, ils devaient être en possession de document administratif malien. Beaucoup n'avaient sur eux que leur titre de séjour et ne pouvaient pas non plus se faire attester par deux électeurs inscrits dans le même bureau. Alors certains, en bons maliens, se sont « débrouillés » et l'ouverture tardive de quelques bureaux leur facilitait les choses.

Aussi au nombre des impairs à signaler, il a été constaté le manque, dans certains bureaux, du lot de cartes d'électeurs non distribuées. Au bureau de vote numéro 18 du centre de Saint-Denis, sur les 459 électeurs inscrits, 391 cartes non distribuées ont été attendues en vain. Leur réclamation par le président du bureau et ses délégués et assesseurs n'y fera rien. La pugnacité du président du bureau 70, fera que le lot de cartes non distribuées sera retrouvé plus tard dans l'après-midi dans le coffre d'une voiture.

Oussouf Diagola

(depuis Paris)

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1er TOUR DE LA PRESIDENTIELLE

Le FDR conteste les résultats provisoires

Les résultats définitifs du 1er tour de l'élection présidentielle du 29 avril ne seront pas connus avant vendredi. Lundi après-midi, les premiers résultats provisoires annoncés par le ministère de l'Administration territoriale et des Collectivités locales ont suscité l'ire de candidats, notamment ceux du FDR qui les contestent. Le risque est grand.

Les premiers résultats provisoires publiés par le ministère de l'Administration territoriale et des Collectivités locales lundi aux environs de 17 h portent sur 52 communes de l'intérieur du pays et les 6 communes du district de Bamako. Ces 52 communes sont : 20 communes dans la région de Kayes, 2 dans la région de Koulikoro, 9 dans la région de Sikasso, 17 dans la région de Ségou, 4 dans la région de Mopti.

Dans ces 52 communes, le nombre de suffrages exprimés est de 218 534 sur lesquels le candidat ATT l'emporterait avec 155 140 voix soit un taux de 70,89 %. Il est suivi d'IBK, 39 031 voix (17,86 %), Tiébilé Dramé 8483 voix (3,88 %), Oumar Mariko 8395 voix (3,84 %), Mamadou Sangaré 3886 voix (1,78 %), Soumeylou Boubèye Maïga 2040 voix (0,93 %), Mme Sidibé Aminata Diallo 911 voix (0,42 %), Madiassa Maguiraga 648 voix, (0,30 %).

Pour ce qui concerne les 6 communes du district de Bamako, les résultats publiés par le ministère indiquent que le candidat ATT l'emporte avec 54,2 %. Pour les autres candidats le tableau est le suivant : IBK 38,8 %, Soumeylou B. Maïga 1, 2 %, Tiébilé Dramé 1,9 %, Mamadou Sangaré 0,6 %, Sidibé Aminata Diallo 0,40 %, Oumar Mariko 4,12 %, Madiassa Maguiraga 0,29 %.

Ces résultats, bien que représentant moins de 50 % de l'ensemble des résultats du vote, ont suscité un tollé de protestation chez des candidats en l'occurrence ceux du Front pour la démocratie et la République (FDR), qui regroupe 16 partis politiques et associations. Le FDR a retiré ses membres au sein de la commission de centralisation des résultats qui siège dans l'enceinte du MATCL.

Fraudes en amont et en aval

Selon le FDR, le scrutin de dimanche a été entaché « de grosses irrégularités qui ont entamé la sincérité, le sérieux et la transparence des opérations électorales » . Le FRD affirme avoir les preuves formelles avec constat d'huissier de la circulation sur le territoire avant la période du scrutin de bulletins de vote parallèles. Certains de ces bulletins portaient même l'empreint digitale devant la case du candidat ATT. Au FDR, l'on est formel que ces bulletins ont été utilisés pour acheter des voix en vue d'un vote massif pour le candidat ATT.

D'autres irrégularités signalées par le FDR portent sur le modèle de bulletin unique utilisé pour le scrutin et qui ne porte pas de numéro de souche et de filigrane pour sa sécurisation et sa traçabilité, l'impression des cartes d'électeur auprès d'imprimeur proche du candidat ATT qui a constitué pour lui un comité de soutien. A cette panoplie de griefs, le FDR ajoute le parti pris des préfets, des gouverneurs et autres officiers supérieurs en faveur du candidat ATT.

Pour le FDR, l'élection présidentielle du 29 avril n'a pas été libre, sincère et transparente. Il envisage de ne pas reconnaître les résultats issus d'une telle élection. Les partis FDR ne seraient pas le seul regroupement à voir en cette élection une « mascarade ». Le parti Sadi de Dr. Oumar Mariko a également son idée. Selon le secrétaire à la communication de Sadi, Nouhoun Kéita, qui siège à la commission de centralisation, son parti la fera publiquement connaître dans les jours qui viennent.

Denis Koné

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PRESIDENTIELE

Le FDR demande l'annulation du scrutin

Pour le président du Front pour la démocratie et la République (FDR), Ibrahim Boubacar Kéita, qui a réclamé mardi après-midi l'annulation du scrutin de dimanche dernier, la bataille ne fait que commencer. Lui et ses camarades sont déterminés à ne pas s'en laisser conter après ce qu'ils appellent « la mascarade électorale ».

Le Front pour la démocratie et la République (FDR), regroupant les candidats Ibrahim Boubacar Kéita du RPM, Tiébilé Dramé du Parena, Mamadou Bakary Sangaré dit Blaise de la CDS et Soumeylou Boubèye Maïga de Convergence-2007, a demandé hier après-midi au cours d'une conférence de presse dans un hôtel, l'annulation du scrutin du dimanche 29 avril 2007.

Auparavant, le regroupement politique avait vivement contesté les résultats provisoires publiés par le ministère de l'Administration territoriale et des Collectivités locales (MATCL) : soutenant qu'ils sont entachés d'irrégularités. Le FDR avait en même temps claqué la porte de la commission de centralisation des résultats qui siège au MATCL, à laquelle il a retiré sa confiance.

Le FDR accuse par ailleurs le camp présidentiel de fraudes orchestrées avant le vote avec la circulation en grand nombre de bulletins de vote sur lesquels le nom du candidat ATT est marqué de l'empreint digitale et le trafic de cartes d'électeur ainsi que d'autres irrégularités.

Les leaders du FDR, tous présents à cette conférence de presse, la première du genre organisée par eux après le scrutin de dimanche, ont apporté en quelque sorte la réponse du berger à la bergère. En effet, l'Alliance pour la démocratie et le progrès (ADP) ou mouvance présidentielle avait tenu quelques heures plutôt une conférence de presse où ses responsables ont revendiqué une victoire sans bavure de leur candidat ATT en disant que c'est par modestie qu'ils ne l'ont pas fêtée et se sont limités à environ 70 % de voix.

Les preuves de la mascarade électorale formulées par le FDR, sont à n'en pas douter, de pièces à conviction pour la Cour constitutionnelle, garante de la constitution et des institutions républicaines. Le FDR organisera jeudi un grand meeting au stade Omnisports Modibo Kéita.

Nous y reviendrons plus en détail.

Abdrahamane Dicko

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