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2007

Mois de juin

Les Echos du 22 juin 2007

POUR LA LIBERATION DES JOURNALISTES EMPRISONNES

Les médias maliens marchent sur le ministère de la Justice

La presse malienne a organisé jeudi une marche de protestation pour réclamer la libération des quatre directeurs de publication et du journaliste Seydina Oumar Diarra incarcérés à la Maison d'arrêt de Bamako pour « offense ou complicité d'offense au chef de l'Etat ».

La marche de protestation pour la libération des quatre directeurs de publication de journaux privés et du journaliste SOD est partie de la Maison de la presse, où tous les hommes des médias du Mali s'étaient rassemblés. La marche a emprunté le boulevard de l'Indépendance jusqu'au ministère de la Justice. Les hommes des médias maliens, les uns avec des brassards rouges d'autres avec des pancartes sur lesquels étaient écrits : « Pour la liberté totale de la presse »  ; «  Contre l'intimidation et les harcèlements des journalistes ».

Durant le parcours, les manifestants ont scandé :  « Solidarité, solidarité… Libérez Alexis, libérez Sambi , libérez Fall , libérez Cissé , libérez SOD. Vive la liberté de la presse ! A bas la dictature !»  ; « prêts à défendre la liberté de la presse même s'il faut notre sang » .

Arrivés au ministère de la Justice, la masse a de nouveau scandé les différents slogans avant que certains de leurs représentants soient reçus par les autorités du département. Tout au long de la marche, les manifestants ont été encadrés par des éléments des forces du maintien de l'ordre.

Mais cette situation allait quelque peu dégénérer en affrontements lorsque le président de l'Union des journalistes d'Afrique de l'Ouest (UJAO), Ibrahima Famakan Coulibaly , a reçu en plein visage un jet de gaz lacrymogène. Il a été transporté d'urgence à l'hôpital pour y recevoir des soins. Aux dernières nouvelles, M. Coulibaly serait en réanimation au Centre hospitalo-universitaire (CHU) Gabriel Touré.

Les émissaires ont remis une déclaration à Me Fanta Sylla, garde des Sceaux ministre de la Justice. Dans cette déclaration, les journalistes interpellent le président Amadou Toumani Touré « afin qu'il mette fin aux arrestations arbitraires, illégales, indignes de notre époque » . Me Fanta Sylla a promis que le « meilleur traitement sera réservé à votre déclaration » .

Les marcheurs ont ensuite entonné l'hymne national du Mali.

Pour l'heure les journalistes maliens sont engagés à user de toutes les voies légales pour obtenir la libération de leurs camarades emprisonnés. Hier aux environs de 18 h, un des avocats des journalistes, Me Mamadou Gakou , a annoncé avoir déposé un recours de mise en liberté provisoire. L'audience est prévue pour ce matin à 9 h au Tribunal de première instance de la Commune III.

Ogopémo Ouologuem

(stagiaire)

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ARRESTATION DE DIRECTEURS DE PUBLICATION

Une volonté de décapiter la presse privée

Ils sont aujourd'hui quatre directeurs de publication écroués à la Maison centrale d'arrêt (MCA) de Bamako dans l'affaire « SOD ». Cela donne raison à ceux qui pensent que le régime veut régler ses comptes avec la presse privée en la décapitant. Une dérive liberticide qui suscite peu de réaction dans le cercle des démocrates et dans la société civile.

« La situation de la liberté de la presse s'améliore dans un nombre croissant de pays d'Afrique et d'Amérique latine, dit RSF. Il s'agit notamment du Bénin, de la Namibie, des îles du Cap Vert, de l'île Maurice, du Mali, du Costa Rica , de la Bolivie et du Salvador »  ! C'était la conclusion d'un rapporter de Reportes sans frontières (RSF) en octobre 2005.

Si l'association devait revenir sur cette conclusion, il est évident qu'elle reverrait sa copie en ce qui concerne le Mali. En effet, depuis cinq ans, les journalistes maliens sont victimes de toutes sortes d'attaques pour les empêcher de faire leur travail. Cela va des menaces verbales aux agressions physiques en passant par des convocations régulières à la Sécurité d'Etat.

Aujourd'hui, ces actions antidémocratiques ont atteint leur paroxysme avec ce qui est convenu d'appeler l'affaire « SOD ». Une violation de la liberté d'expression très triste et humiliante pour une nation qui se dit démocratique.

Un sujet de dissertation sur la « maîtresse du président » a servi de prétexte au régime pour essayer de décapiter la presse privée, du moins sa partie non soumise au pouvoir en place. Ainsi, mercredi dernier, les directeurs de publication des journaux les plus influents et les plus critiques à l'égard du pouvoir se sont retrouvés derrière les barreaux pour avoir soutenu leur confrère arbitrairement écroué.

Du jamais vu dans l'histoire du Mali indépendant. Si cela était arrivé sous Moussa Traoré , personne n'aurait crié au scandale parce que cela aurait été dans la nature des choses dans un régime dictatorial. Si Alpha Oumar Konaré avait emprisonné des journalistes, cela allait provoquer peu d'émoi puisque, même au sein de la profession, on se disait que les confrères dépassaient les limites de la liberté accordée. Mais, conscient de l'apport de la presse dans l'avènement de la démocratie et de son rôle dans sa consolidation, AOK n'a jamais voulu lever le petit doigt contre un journaliste dans l'exercice de ses fonctions.

Justice manipulée, presse embastillée

Nous voudrions bien croire que ce qui arrive maintenant ne soit une volonté du président de la République, mais plutôt le zèle de quelques magistrats et de son entourage qui veulent monter dans son estime et bâtir leur carrière au détriment des libertés fondamentales acquises au prix du sang des martyrs. Le sujet de dissertation a parlé de la « maîtresse du président »  ! De quel président ? Le professeur incriminé avait tenu à préciser que c'est un sujet comme n'importe quel autre et qu'il ne visait personne.

Alors pourquoi le procureur et la Sécurité d'Etat voudraient que cela soit forcément le nôtre, l'actuel ? Où est l'offense au chef de l'Etat dans un sujet de dissertation ? Pis, le crime de notre confrère a été d'avoir commenté ce sujet en mettant en relief son caractère amoral et immoral. Et il est universellement admis que « les faits sont sacrés, mais le commentaire libre » . Mais, des journalistes se retrouvent en prison au Mali pour avoir commenté une dissertation. Plus grave, le magistrat abandonne la voie du délit de presse pour enclencher la procédure pénale. La manipulation de l'appareil judiciaire et le règlement de compte sont plus qu'évidents.

Le président n'avait pas besoin d'un scandale de ce genre, ternissant l'image du pays aux yeux d'une opinion publique internationale qui le citait en exemple, pour entamer son deuxième et dernier mandat. Cette réaction disproportionnée est très inquiétante parce qu'elle démontre jusque où les zélés de la République sont prêts à aller pour éliminer tous les contrepouvoirs au régime.

Des libertés bientôt hypothéquées

Les journaux qui sont aujourd'hui dans l'œil du cyclone ne le sont pas fortuitement. Il s'agit des titres (Les Echos, Le Républicain, Info-Matin et Le Scorpion) qui sont les plus critiques face à la gouvernance actuelle du pays, à la dérive autocratique de ses gouvernants et au sacrifice de l'intérêt public au profit de ceux d'une minorité.

Il est temps de revenir à la raison. En s'attaquant à la presse, le pouvoir amorce une dérive liberticide grave. En effet, la liberté de la presse est l'un des principes fondamentaux des systèmes démocratiques. Elle repose sur la liberté d'opinion , la liberté mentale et d' expression . Ainsi, l'article 11 de la Déclaration des droits de l'Homme et du citoyen de 1789 dispose que «   la libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l'Homme : tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement… »

Curieusement, il y a peu de réactions par rapport à cette tentative d'embastiller la presse indépendante. Si réactions il y a, elles sont timides. Mais, comme on le dit, chacun a son tour chez le coiffeur. Si jamais le pouvoir parvient à museler la presse, la classe politique, les syndicats et les organisations de la société civile doivent s'attendre aussi à la confiscation de leurs libertés. C'est sur cette voie que le Mali se trouve aujourd'hui. Et c'est dommage que les démocrates se taisent en ce moment précis. De peur de se retrouver à leur tour à la MCA ?

Moussa Bolly

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COOPERATION MALI-LIBYE

Kadhafi à Bamako ce vendredi

Le Frère Guide de la révolution libyenne, en route pour Accra où il participera au sommet de l'Union africaine, séjournera pour 48 h dans notre pays à compter de ce vendredi.

En marge des entretiens politiques, le Guide libyen rencontrera demain samedi au CICB des intellectuels maliens et la société civile malienne. Il sera largement question d'unité et d'intégration africaines, deux grandes ambitions du Guide de la révolution libyenne.

Au cours d'une rencontre internationale à Tripoli les 20 et 21 juin 2007, le dirigeant libyen a fustigé le comportement de certains de ses pairs africains qui ne feraient pas assez dans l'accélération de l'unité et l'intégration africaines.

La Libye entretient de dynamiques rapports de coopération avec notre pays depuis plusieurs décennies. De fructueux partenariats, qui se traduisent par de nombreuses réalisations comme le chantier de la Cité administrative, d'importants projets d'investissement dans le domaine de l'hôtellerie, des BTP et de l'industrie, qui se chiffrent à plus de 250 milliards de nos francs.

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7e ART

Les cinéastes maliens rendent hommage à Sembène

L'Union des créateurs et entrepreneurs du cinéma et de l'audiovisuel de l'Afrique de l'Ouest ( Ucecao ), l'Union des cinéastes maliens, des artistes et des comédiens maliens ont organisé mardi dernier une cérémonie d'hommage à Sembène Ousmane , un des pionniers du cinéma africain. C'était en présence du représentant de l'ambassadeur du Sénégal au Mali.

Ils étaient tous là : cinéastes, comédiens et autres artistes pour témoigner de l'immense héritage cinématographique légué par l'un des plus grands réalisateurs du continent, Sembène Ousmane arraché à l'affection de tous le 9 juin dernier à l'âge de 84 ans.

Aux dires de Souleymane Cissé , président de l' Ucecao , Sembène fut une figure emblématique et incontournable du cinéma africain. « Il était un artiste engagé et très profondément attaché à ses racines africaines » , a dit M. Cissé .

« Fidèle à ses convictions, Ousmane a été l'un des fondateurs du Festival panafricain du cinéma et de télévision de Ouagadougou ( fespaco ) offrant une vitrine internationale à la création cinématographique africaine » , a témoigné Souleymane Cissé .

Pour Abdoulaye Ascofaré , Sembène est un panafricaniste convaincu qui a été de tous les combats. « Ce que les gens ne savent pas, c'est que le premier film de Sembène a été tourné au Mali dans la région de Gao au moment où le Mali et le Sénégal étaient dans une même Fédération. Il se sentait Malien et était beaucoup attaché au Mali. Dans son dernier son dernier film, on retrouve des comédiens maliens comme Foutoumata Coulibaly dite F. C. et beaucoup d'autres » , a témoigné M. Ascofaré

Ainsi, les cinéastes maliens dans un esprit de solidarité ont attribué le prix Nfa Cissé à titre postume au défunt, qui a été le premier à décerner ce prix à Balamoussa Kéita (paix à son âme) en 1991. Une enveloppe symbolique de 100 000 F CFA a accompagné ce prix.

Le représentant de l'ambassade du Sénégal, Alioun Djéry Bah, au nom de l'ambassadeur, du peuple sénégalais et de la famille d' Ousmane Sembène , a remercié les cinéastes maliens pour la marque de solidarité à l'endroit d'un homme qui a marqué son temps par son génie créateur. «  Ousmane n'est pas seulement un Sénégalais, c'est un citoyen d'Afrique et du monde » , a-t-il dit

Idrissa Sako

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GANIDA (SOKOURA)

Deux douaniers et un gendarme molestés

Les faits que nous rapportions dans Les Echos de mardi dernier remontent au 12 juin 2007. Il s'agit de deux douaniers et d'un gendarme molestés par des populations en colère à la foire du village de Ganida , situé dans la Commune rurale de Sokoura ( Bankass ). Les porteurs d'uniformes étaient suspectés d'extorquer de l'argent aux forains.

Harouna Togo est un jeune mécanicien ressortissant du village de Nafana , Commune rurale de Sokoura ( Bankass ). Il a été interpellé par des douaniers (en mission de contrôle de routine) le 12 juin 2007, jour de foire. Le jeune venait d'acheter une mobylette d'occasion et s'apprêtait à acheter des pièces pour sa mise en marche. Chemin faisant, le jeune Togo s'est fait interpeller par un douanier.

Sachant par expérience que les interpellations de porteurs d'uniformes ne sont jamais gratuites pendant les jours de fête, il a pris la poudre d'escampette. Un ressortissant de son village a été pénalisé dans les conditions similaires pour la somme de 170 000 F CFA.

Un mauvais souvenir qui a dû trottiner dans la tête de Togo qui a enfourché son engin pour une fugue dans la nature. Dans son refus d'obtempérer, il a été poursuivi par un des douaniers. C'est dans cette course-poursuite que le fugitif a trébuché. Il est tombé et s'est évanoui. Le douanier, croyant qu'il s'est tué, a pris peur et a disparu. Plus tard des secours l'ont conduit au centre de santé.

Les deux douaniers font l'objet de la clameur publique même si un seul d'entre eux était l'interpellateur du jeune homme. Un gendarme, Banguéré Savané , ayant eu vent de l'incident a cru bon de porter mains fortes aux douaniers et de porter secours au blessé éventuellement. Il n'échappera pas à son tour à la vindicte populaire. La foule qui ne sait pas distinguer certainement les tenues l'a pris pour un autre. Les trois porteurs d'uniformes ont été copieusement molestés.

Nos porteurs d'uniforme ne devront leur salut qu'à la promptitude des gens de bonne volonté qui ont pu les retirer des griffes des jeunes et les conduire au domicile du chef de village. La colère de la masse a été apaisée par le maire et le sous-préfet de Sokoura qui se sont rendus sur les lieux.

Harouna Togo s'est tiré d'affaire indemne, le gendarme Banguéré Savané a été le plus blessé puisque ayant accusé le plus grand nombre de coups.

Pour le commandant de Brigade de Bankass , Amadou Ibrahim Daou , qui nous a narré les faits, des dispositions ont été prises pour conduire devant le juge les personnes impliquées (au nombre de quinze) dans la vindicte populaire.

Mamadou Guindo , fils du chef de village, accusé d'avoir donné l'alerte, a d'ores et déjà rejeté les accusations. Selon lui, le jeune Togo, dans sa poursuite par le douanier est tombé en perdant l'équilibre. En tout état de cause, les douaniers et les gendarmes n'ont pas bonne presse dans cette localité ce qui leur a valu cette mésaventure. Il faut qu'ils sachent traiter avec dignité les populations qui ont du mal à joindre les deux bouts au lieu de leur faire payer la dîme à tous bouts de champs.

A suivre.

Oumar Diabaté

(directeur Radio Jamana de Mopti)

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DABA MODIBO KEITA, OUT POUR LES JEUX AFRICAINS

Le Mali perd une chance de médaille

Faute d'autorisation de son médecin traitant, Daba Modibo Kéita , le nouveau champion du monde de taekwondo, ne participera pas aux prochains Jeux africains « Alger-2007 » (Algérie, du 11 au 23 juillet 2007).

L'une des chances du Mali aux prochains Jeux africains reposait sur les solides épaules de Daba Modibo Kéita . Un espoir déçu puisque, souffrant de maux de dos, le nouveau champion du monde ne pourra faire le déplacement d'Alger.

En dépit des multiples démarches effectuées auprès du département de la Jeunesse et des Sports par l'équipe de Seydou Ly , il n'a pas pu se rendre à Paris où il devait rencontrer son médecin avant de s'inscrire aux Jeux africains.

Présentement aux Etats-Unis, en compagnie d'Ismaël Traoré , Daba Modibo Kéita devait en principe donc se rendre à Paris (France) pour rencontrer son médecin traitant. «   Pour sa participation aux Jeux de la Francophonie, c'est nous-mêmes qui avons mis la main à la poche. Et aujourd'hui, vu les difficultés, nous ne sommes pas en mesure de financer le voyage de Daba Modibo . Et quant nous avons pris contact avec le département de tutelle, sa réaction est venue tardivement. Ce qui fait que, malheureusement, il ne sera pas du voyage d'Alger » , affirme un responsable de la Femat . « Un coup dur car Daba Modibo était la meilleure chance possible d'une médaille pour le Mali   » , a-t-il ajouté.

Le forfait de Daba Modibo a contraint la Femat à le remplacer par un autre combattant. C'est ainsi que Mamadou Soumano a été appelé à la rescousse. Le coup est d'autant plus dur que notre champion du monde sera obligé maintenant d'aller chercher sa qualification pour les Jeux olympiques « Pékin-2008 » au tournoi de Manchester (Angleterre).

Gageons que ce tournoi sera couronné de succès pour lui.

Boubacar Diakité Sarr

 

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