Après avoir apporté une contribution efficace dans l'avènement de la démocratie et son corollaire de libertés individuelles et collectives à travers des organes engagés comme Les Echos, Aurore, La Roue… la presse, sous ATT-II, semble vouée aux gémonies.
Pour avoir reproduit l'article sur un sujet fictif “La maîtresse du président de la République !” qui vaut à leur confrère Seydina Oumar Diarra - SOD - d'Info-Matin d'être embastillé à la Maison centrale d'arrêt de Bamako au motif qu'il a offensé le chef de l'Etat, les directeurs de publication des Echos (Alexis Kalambry), du Républicain (Birama Fall), du Scorpion (Mahamane Hamèye Cissé) et d'Info-Matin (Sambi Touré) ont été convoqués mercredi 20 juin 2007 aux environs de 16 heures par le procureur près le Tribunal de première instance de la Commune III. Après interrogatoires, ils ont été mis sous mandat de dépôt pour "complicité de diffamation par fourniture de moyen".
Nul doute que nous assistons à présent à une escalade de la violence gratuite sur le “4e pouvoir”. Apparemment, la machine judiciaire mise en branle n'entend pas s'arrêter nonobstant les réactions multiples qui exigent la libération inconditionnelle de SOD qui n'a commis aucune faute professionnelle.
Les interpellations visent clairement à museler les journalistes pour les empêcher d'assumer les responsabilités de garant des libertés individuelles acquises au prix du sang des Martyrs de mars 1991 qui ont accepté le sacrifice ultime pour un Mali de
justice, de paix et de solidarité ; un Mali démocratiquement viable.
Manifestement, le régime en place ne voit pas les choses ainsi. Incapable de faire face à la cherté de la vie qui enterre chaque jour davantage les
dernières illusions du peuple, peu porté sur la lutte contre la corruption et la délinquance financière, incapable de faire retourner l'école dans son cadre académique, bref de résoudre les problèmes sociaux, il fait diversion en tentant de faire taire la presse
combattante. Mais c'est raté !
Toutefois, les journalistes sont avertis. Depuis peu, la ville bruit de rumeurs sur une liste noire de journalistes qui devront rendre compte et gorge parce que ne partageant pas forcément les points de vue du prince et qui excellent justement dans la mise à nu des travers de sa gouvernance.
LA PRESSE DANS LE COLLIMATEUR DU REGIME D'ATT
Quatre directeurs de publication sous mandat de dépôt
Quatre directeurs de publication : Sambi Touré (Info-Matin), Mahamane Hamèye Cissé (Le Scorpion), Birama Fall (Le Républicain) et Alexis Kalambiry (Les Echos) se sont retrouvés mercredi 20 juin 2007 devant le procureur de la République près le Tribunal de la Commune III. Ils ont été inculpés de complicité de diffamation par fourniture de moyen dans ce qu'il convient d'appeler l'affaire SOD et conduits à la Maison centrale d'arrêt.
L'interpellation de nos quatre confrères survient une semaine après la mise sous mandat de dépôt de Seydina Oumar Diarra dit SOD par le même procureur Sombé Théra. Dans cette affaire, notre confrère est inculpé pour offense au chef de l'Etat, pour avoir traité un sujet de fiction intitulé : « La maîtresse du président de la République ! », donné en dissertation par un professeur de français à ses élèves de 10e. Il se dit que le procureur s'est autosaisi.
Il était 15 h 30 . L'arrestation soudaine de notre confrère Birama Fall du Républicain par des éléments du 2e arrondissement fait le tour des rédactions. A peine fini de disserter sur le sujet en essayant d'en savoir les motivations, nous voyons trois policiers habillés en civil faire irruption dans le bureau de notre directeur de publication, Alexis Kalambiry. Tout se déroule en un laps de temps.
Alexis n'a eu le temps que de remettre au secrétaire de rédaction des papiers qu'il était en train de relire. Il venait de recevoir une convocation signée du commissaire de la Brigade d'investigations judiciaires (Bij). Il sort avec ses interpellateurs sous nos regards circonspects. Une autre dame, policière venue en éclaireur était postée devant les portes de Jamana. La dame dans une Renault Clio blanche rebrousse chemin avec un de ses collègues. Les trois autres policiers embarquent dans le véhicule d'Alexis en direction de la Bij.
Une vingtaine de minutes plus tard, on apprend que notre directeur de publication a été conduit devant le procureur de la République en laissant sa voiture devant la Bij. Le directeur général de Jamana, Hamidou Konaté qui n'a pas assisté à l'arrivée des policiers dans son service rejoint aussitôt Alexis au tribunal.
On apprend par la suite que Mahamane Hamèye Cissé et Sambi Touré qui étaient à leur tour recherchés se seraient rendus d'eux-mêmes chez le procureur de la République. Les « quatre » ont été soumis tour à tour à un interrogatoire pendant plusieurs heures.
Ils ont été inculpés de complicité de diffamation par fourniture de moyen dans ce qu'il convient d'appeler l'affaire SOD et conduits à la Maison centrale d'arrêt. La vague d'arrestation opérée hier après-midi au sein de la presse privée est le signe avant-coureur du durcissement de ton du régime d'ATT. Plus qu'un durcissement, le pouvoir a jugé utile d'engager un bras de fer avec la presse hostile à la pensée unique ou qui refuserait d'être une brosse à reluire.
Le musellement de la presse n'est ni plus ni moins qu'un moyen pour le pouvoir en place d'occulter les vrais problèmes de la nation. ATT aurait dû faire mieux en trouvant des solutions aux préoccupations des populations confrontées à la cherté de la vie.
Dans la semaine de son investiture à la tête de l'Etat pour un second et dernier mandat, les prix des denrées de première nécessité, de l'électricité, de l'eau, du téléphone, des produits pharmaceutiques, des hydrocarbures, etc. ont connu une hausse vertigineuse.
L'UNTM a lancé un mot d'ordre de grève pour de meilleures conditions de vie aux travailleurs. Voilà à quoi devra s'atteler le régime au lieu de coltiner ses incapacités qui pèsent des tonnes à travers les intimidations tous azimuts.
| Abdrahamane Dicko
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EBULLITION DU FRONT SOCIAL
La grève inévitable de l'UNTM
L'Union nationale des travailleurs du Mali (UNTM) a déposé un préavis de grève de 48 h le 24 mai 2007 allant du 26 au 27 juin 2007. Le secrétaire général de l'UNTM, Siaka Diakité a animé mercredi une conférence de presse à la Bourse du travail sur le cahier de doléances en 20 points, déposé sur la table du gouvernement et du patronat. La grève paraît inévitable.
L'UNTM donne de la voix et chauffe le front social qui connaissait jusque-là une certaine accalmie avec des grèves avortées au niveau de certains syndicats d'enseignants ou de la santé. Hier, en présence de journalistes et des membres du BEN UNTM, le patron de la Bourse du travail s'est dit outré du sort que le gouvernement et le Conseil national du patronat du Mali (CNPM) font subir aux travailleurs maliens. « On va aller en grève parce qu'on est en face d'un gouvernement et d'un CNPM peu soucieux des préoccupations des populations » , a tranché Siaka Diakité.
Siaka Diakité a jugé la grève inévitable les 26 et 27 juin prochains en appelant à la satisfaction des 20 points de doléances contenus dans le préavis de grève en date du 24 mai 2007. « Tous les points du cahier de doléance sont importants et nous demandons leur entière satisfaction » , a-t-il commenté.
Déjà, le secrétaire général de l'UNTM se refuse de dire ce qui pourrait advenir des négociations qui ont débuté le mardi 19 juin au ministère de la Fonction publique. Mais, il prédit qu'il n'y aura pas de faux-fuyant, qu'ils ne prendront personne en otage comme ils n'accepteront pas non plus d'être tournés en bourrique. « Nous ne serons jamais un anti-pouvoir, mais un contre-pouvoir, qui va revendiquer sans compromission » , a ajouté M. Diakité.
Grosse artillerie
La grosse artillerie est sortie du côté de la Bourse du travail. Selon Siaka Diakité, les unions locales dans les 42 cercles et les unions régionales dans les 8 régions ont reçu le mot d'ordre de grève et sont en train de mobiliser leurs troupes. A Bamako, les 13 syndicats nationaux ont de leur côté commencé à galvaniser leurs militants dès le lundi 18 juin.
Sur la situation socio-économique, Siaka Diakité a été indigné par le bas niveau des salaires. « Le salaire doit être fixé en fonction du coût de la vie. Le SMIG malien ne peut même pas payer un sac de riz gambiaka à 35 200 F CFA, dont j'ai une facture » , a-t-il signifié.
Les revendications prennent en compte les préoccupations de chacun des travailleurs, qu'ils soient du public, du parapublic ou du secteur privé et prennent même en compte les aspirations des travailleurs partants volontaires à la retraite ou même les consommateurs.
L'UNTM, à en croire son premier responsable, exige l'augmentation générale des salaires (différente de l'augmentation du taux de la grille indiciaire appliquée en janvier 2007), la diminution du taux de l'impôt sur les traitements et salaires (ITS), la baisse des tarifs d'électricité, d'eau, du téléphone, des prix des produits pharmaceutiques, des hydrocarbures. Demande à fixer le prix des produits de première nécessité à un seuil compatible avec les revenus des consommateurs (cf. la liste des doléances en encadré).
L'UNTM compte reprendre la grève en cas de non-satisfaction de la totalité de ses doléances.
Abdrahamane Dicko
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