Hamada Soukouna est l'un des candidats inscrit sur la liste Adéma/PASJ-US RDA à Yélimané. Mais il est accusé d'un délit d'escroquerie porté devant la Cour d'appel. Le jugement est prévu pour le 20 juin prochain.
L'affaire remonte à 1996, année au cours de laquelle M. Soukouna perd son emploi en France. Il militait à l'époque au sein de la section Adéma de Paris et la perte de son travail serait due à ses activités politiques. Il décide alors de venir s'installer au pays. Il demande le soutien financier d'un de ses concitoyens, Mahamadou Diakité.
Il convient avec ce dernier d'acheter en Allemagne deux camions bennes pour les exploiter à Bamako. Le projet intial d'achat des bennes est vite abandonné au profit de la création d'un institut d'informatique de gestion. Il prétexte que celui-ci est plus viable. Il promet de rembourser le fonds en trois mois.
L'argent lui a été versé en deux tranches pour un montant total de 16 millions de F CFA. Sans rembourser un kopeck sur l'ancien crédit Soukouna demande un second prêt à son ami et parent Mahamadou Diakité pour l'ouverture d'un bureau de transit à Bamako. Un montant de 3,6 millions de F CFA, lui a été versé en deux tranches et par chèque par l'entremise d'une banque de la place.
Au fil des ans, son créancier ne voit aucune trace de remboursement. Il s'est fait même gruger une fois par un ami de M. Soukouna, un certain Konaté. Ce dernier lui avait fait part d'un transfert des USA sur son compte à Paris d'un chèque de 51 000 dollars US en 1997.
L'affaire a été portée devant la brigade de gendarmerie du camp I en 1996. Le suspect Soukouna nie devant l'officier de police judiciaire avoir perçu un franc de M. Diakité ni se porter garant de D. Konaté. Mais il se dit prêt à retrouver celui-ci. Il reconnaît en outre avoir reçu de l'argent de M. Diakité pour les besoins de sa famille ou de tierces personnes.
Le procureur de la Commune III saisi du PV courant 2003 a classé l'affaire sans suite pour absence d'infraction à la loi pénale. L'affaire a été tout de même re-qualifiée en affaire civile. Le jugement au civil et devant la Cour d'appel a été favorable à M. Soukouna. Son créancier qui croit toujours à une cabale a alors saisi la Cour suprême qui a cassé le jugement de la Cour d'appel en demandant un nouveau jugement devant la même Cour autrement constituée.
La Cour d'appel autrement constituée statuera sur cette affaire ténébreuse le 20 juin 2007. De son verdict dépend le sort de M. Soukouna qui court vraisemblablement vers une immunité parlementaire.
IMMIGRATION
Enfin debout, le Malien ?
Après cinq années de coma profond, ATT a enfin décidé de se réveiller pour défendre ses compatriotes installés à l'étranger.
Décembre 2003. Y. B., un jeune Malien arrivé au Canada 12 ans plus tôt est l'objet d'une dénonciation anonyme aux autorités d'Immigration du Canada. Sans papiers, il est arrêté sur son lieu de travail, menotté comme un vulgaire malfrat et emprisonné au Centre de détention situé dans une banlieue. Il y passera trois semaines. Tous les appels à l'ambassade du Mali au Canada pour une visite au « prisonnier » sont restés vains. Y. B. sera finalement, malade et amaigri, jeté dans un avion en direction du Mali.
Janvier 2006. A. K., un autre Malien installé légalement en France, est violemment tabassé par la police suite à un contrôle routier. Le bras fracturé, souffrant d'ecchymoses, il sollicite l'aide de l'ambassade malienne à Paris pour le défendre. Il n'aura jamais de réponse.
Ces deux exemples parmi des milliers d'autres sont une illustration de l'abandon, voire du mépris dont sont l'objet les Maliens installés à l'étranger, eux qui envoient pourtant près de 200 milliards de F CFA par année dans leur pays d'origine. C'est donc avec intérêt que j'aie écouté le discours d'investiture d'Amadou Toumani Touré le 8 juin, à travers Internet.
Même si, sur le fond, je ne suis pas un adepte du président, loin s'en faut, je ne peux que me réjouir qu'enfin, il ait compris que les Maliens, même s'ils vivent à des milliers de kilomètres de la mère patrie, ont besoin de leurs autorités pour les défendre, défendre leur personne et leurs biens. Car, ce serait actuellement un truisme de dire que le Malien de l'étranger est un orphelin. Le Malien peut être arrêté, humilié, bastonné, emprisonné sans aucune raison légalement justifiable, il ne dispose quasiment d'aucun moyen de se faire entendre.
Les ambassades du Mali, à de rares exceptions il est vrai, sont les pires ennemis des Maliens. Il suffit juste de franchir le seuil de certaines juridictions consulaires ou diplomatiques pour humer instantanément l'air du mépris dans l'enceinte. Les ambassadeurs, dans la majorité, fuient la communauté, méprisent les immigrés et donnent le mauvais exemple à leurs subalternes.
Hypocrisies
Je défie n'importe quel Malien installé à l'étranger de tester nos ambassades : décrochez le téléphone, dites que vous avez un sérieux problème avec les autorités locales et que vous souhaitez parler au consul ou à l'ambassadeur. Vous ne dépasserez jamais le niveau de la réceptionniste.
Il suffit pourtant aux Maliens de se rendre dans les ambassades du Sénégal, du Maroc, de l'Afrique du Sud ou de la France pour se rendre compte des soins et de l'attention que ces juridictions portent à leurs ressortissants. Dans certaines ambassades installées à Ottawa, les nationaux n'empruntent même pas les mêmes portes que les étrangers !
Les immigrés maliens ont l'impression de déranger nos autorités quand elles en ont besoin. C'est pourtant l'impôt des Maliens qui paient les ambassadeurs, ministres ou hauts fonctionnaires qui nous regardent de haut et se donnent plus d'importance qu'ils n'en ont. Nous comprenons difficilement que les autorités de pays aussi prestigieux que l'Allemagne ou les Etats-Unis fassent preuve d'humilité devant leurs ressortissants et que des diplomates ou hauts fonctionnaires d'un pays du Tiers-monde en quête de progrès se prennent pour plus importants qu'ils ne le sont. Et il faut le dire, les Maliens ne sont ni solidaires ni sympathiques les uns envers les autres. Il règne souvent, sur de fausses prémisses, une ambiance de suspicion, de dénigrement qui n'honore personne.
Pouvons-nous vraiment nous attendre à ce que l'engagement d'ATT soit suivi d'effets ? C'est un souhait réel. Reste maintenant à savoir la forme que prendra la transformation de cette promesse en actes concrets. Les Maliens de l'extérieur ne sont ni des enfants braillards ou bébés gâtés à la recherche de sein maternel. Le simple fait de vivre loin de son pays natal est une preuve de force mentale. Mais face à la force d'un autre Etat, ils ont besoin du coup de pouce du leur propre. Cela s'appelle tout simplement, défendre les intérêts du Mali et des Maliens, raisons d'existence fondamentale d'un pays.
Ousmane Sow
(journaliste, Montréal)
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REOUVERTURE DE LA CIMENTERIE DE DIAMOU
Un lecteur prend à contre-pied le ministre du Commerce
Parce que le Mali est en chantier et que le commerce mondial offre des possibilités beaucoup plus intéressantes qu'il y a 40 ans, parce qu'un ministre est payé pour trouver des solutions aux problèmes graves, un lecteur démonte les propos du ministre de l'Industrie et du Commerce qui semble tirer un trait sur la réouverture de la cimenterie de Diamou.
Sur la remise en état de la cimenterie de Diamou, j'ai lu dans les colonnes du jounal Les Echos du 12 juin 2007 certains de vos propos qui m'ont ému en tant que citoyen du Mali dans lequel l'avènement de la démocratie a suscité un grand espoir.
M. le ministre, les Echos vous cite : « Tout le monde dit qu'il y a de la matière, mais ce qu'on ne dit pas c'est que 60 % des charges de fonctionnement de l'usine vient de l'électricité et des transports… Depuis 1967 les données ont montré que l'usine n'était pas rentable… On continue à importer du ciment en attendant que les obstacles soient levés » . Fin de citation.
Je suis peut-être naïf, mais j'incline à croire que c'est pour votre compétence qu'on vous a confié le poste pour nous rendre les choses rentables. Dans un pays comme le nôtre, les conclusions négatives ou l'attentisme ne sauraient être un mode de gestion. M. le ministre, tous les Maliens ont exprimé un souhait en constatant que la matière première pour le ciment existe à profusion sur notre sol. C'est leur bon droit. Dès lors, vous avez le devoir de l'exploiter à l'avantage du pays. Pour cela, vous disposez de plusieurs atouts.
D'abord le gouvernement dont vous faites partie. Ensuite, les populations pour leur participation physique éventuelle ; le concours des bailleurs tant à l'intérieur qu'à l'extérieur…
Autant dire que la réouverture d'une cimenterie rentable est possible même si cela va prendre beaucoup de temps. Mais, il faut qu'elle soit faite à hauteur de souhait. Quand vous dites « en attendant que les obstacles soient levés, on va importer du ciment » sur qui comptez-vous au juste ?
Le Mali de 2007 est un vaste chantier. Cette dynamique enclenchée depuis mars 1991 a besoin qu'on explore, qu'on innove, afin qu'elle soit porteuse de fruit. Lors de son investiture, le nouveau président du Mali a fait état du grand chantier d'infrastructures et d'édifices à bâtir. Autrement dit, dans les années à venir, les matériaux de construction seront sollicités. Ceci, à mon avis, suppose un minimum d'autonomie en la matière. Or, vous, apparemment, vous vous attendez à ce que les alouettes vous tombent toutes rôties du ciel.
Des Maliens ont laissé la cimenterie de Diamou mourir de sa belle mort impunément. Si vous, vous vous engagez à la remettre en état de marche au profit de tous, l'Histoire le retiendrait et le peuple vous saurait gré de cela. Mais en affirmant que certaines données de 1967 ont montré que l'usine n'était pas rentable vous baissez les bras et cherchez peut-être à faire passer un message.
De 1967 à 2007, au Mali, beaucoup de secteurs (coton, élevage, secteur privé dans son ensemble) sont devenus rentables. Mais est-ce que l'Itema l'a été sous votre gouvernance ? Les données de 1967 ne sauraient donc être un argument ! De 1967 à nos jours, il y a 40 ans. Entre-temps, le commerce mondial, fortement modifié, donne aujourd'hui aux décideurs de plus grandes possibilités et opportunités.
Les avez-vous toutes explorées ? C'est vrai que l'offre de 50 000 tonnes par an est dérisoire. Cependant, je pense que chaque centime gagné est à l'avantage du Mali. Le plus gros consommateur de ciment au Mali, c'est l'Etat. Au demeurant, aucun défi ne devrait ébranler notre engagement pour le Mali.
Bakary Sangaré
(imprimeur à Bamako)
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