Les faits remontent à octobre 2005. Après la refondation du Centre d'analyse et de formulation des politiques de développement (CAFPD) et sa transformation en Centre d'études et de renforcement des capacités d'analyse et de plaidoyer (Cercap), le ministère du Plan a lancé un avis de recrutement du directeur de la nouvelle structure. Cet avis a été lancé par voie de presse.
Pour le poste de directeur du Cercap, il y a eu trois postulants. Le nombre de postulants a été limité du fait que les conditions étaient multiples et draconiennes. En effet, entre autres, il fallait justifier, d'une formation bac+5 en sciences économiques, sciences et techniques, finances publiques, sciences humaines ou sociales et discipline apparentées. Cela n'est pas tout, car en plus, l'expérience professionnelle comptait beaucoup, selon les critères de l'agence de recrutement.
Mais, l'avis de cette agence, au finish, comptera pour peu, car elle a appelé un des candidats pour lui notifier sa présélection et lui dire qu'il sera confirmé. Mais, peu de temps après, celui-ci recevra un appel téléphonique lui affirmant qu'il était retenu comme « expert » , poste pour lequel il n'avait pas postulé. Pis, celui qui a été nommé, de l'avis des autres, n'avait même pas postulé et se trouve être le directeur de cabinet du ministre du Plan et de l'Aménagement du territoire, Marimantia Diarra.
La Cour suprême doit se prononcer demain, jeudi à 9 h.
INSTALLATION TARDIVE DES PLUIES
Les paysans paniquent, la CMDT rassure
A la date du 10 juin 2007, les superficies semées en coton représentaient seulement 2 % contre 40 % de semis à la même période en 2006. D'où la panique et l'inquiétude chez les producteurs. La CMDT a dépêché des missions sur le terrain pour les rassurer.
« D'habitude, nous commençons les semis à la mi-mai et la première semaine de juin trouve, pratiquement, que nous avons fini avec tous les semis. Cette année, nous sommes déjà au 12 juin et nous n'avons même pas terminé avec les labours. S'il ne pleut pas, c'est vraiment inquiétant » . Ce cri de cœur de Moriba Coulibaly, producteur de coton à Sincina dans la zone CMDT de Koutiala témoigne de toute l'inquiétude des paysans face à l'arrivée tardive des pluies cette année.
A la direction générale de la CMDT, l'heure n'est pas encore grave car là-bas, on garde toujours bon espoir. De l'avis d'Abdoulaye Traoré, chef de service production agricole et conseil, « il se peut que la pluie s'installe d'ici la fin de ce mois. Et en 15 jours, les producteurs, avec l'équipement agricole dont ils disposent, peuvent boucler les semis en deux semaines » .
Mais encore faudrait-il la clémence des dieux de la pluie qui restent jusque-là insensibles à toutes les prières. Les premières opérations de pluies provoquées n'ont donné que de maigres résultats de 2 à 4 mm. « Depuis le 20 mai, on ne reçoit que des pluies faibles et très localisées. Les semis restent très timides » , ajoute M. Traoré.
Le tableau de semis dressé par la CMDT au 10 juin dernier et comparé aux campagnes des trois dernières années donne des sueurs froides. Les superficies semées en coton représentent seulement 2 % contre 40 % à la même période en 2006, le maïs représente 1 % contre 18 % l'année dernière, le sorgho, 2 % contre 18 % et le mil 4 % contre 26 à la campagne précédente.
Ainsi pour minimiser les conséquences de la panique des paysans, la direction de la production agricole de la CMDT vient d'envoyer sur le terrain trois équipes. Celles-ci sillonneront toutes les régions CMDT pour sensibiliser les producteurs. « Il ne faudrait pas qu'ils paniquent face à cette crise de pluie. Chaque hivernage a ses spécificités. L'année dernière, il a plu jusqu'au mois d'octobre » , rappelle M. Traoré.
Il s'agira donc, pour ces équipes, d'inviter les producteurs à ne pas brader les engrais qu'ils ont pris à crédit et à ne pas semer avant l'installation des pluies, « car, si une pluie n'atteint pas 20 mm, on ne peut pas labourer à plus forte raison semer » , dit-il.
La ligne jaune
Avec cette installation tardive des pluies, la CMDT pourra-t-elle atteindre ses prévisions ? C'est la question que se posent plus d'un. Pour cette campagne agricole 2007-2008, la Compagnie table sur une production de 497 200 tonnes : 496 200 t pour la zone CMDT et 21 000 t pour la zone OHVN. La production, l'année dernière, était de 415 200 t de coton.
A en croire le chef service de la vulgarisation, toutes les dispositions sont prises par la CMDT pour assurer une bonne campagne agricole. « Les semences ont été mises à la disposition des producteurs à temps. Et pour plus de précaution, nous avons conseillé aux producteurs d'augmenter la main, c'est-à-dire de mettre 4 à 6 graines dans une même poche au lieu de 2 à 3 » , explique M. Traoré.
En plus, les engrais et insecticides sont été réceptionnés à temps et remis aux producteurs avant la fin mai. « Sur une commande de 70 000 t de complexe coton, nous avons réceptionnés 78 822 t, soit 101 %. Sur 25 000 t d'urée, nous avons reçu 24 000, soit 96 %, 2000 t de nitrophosphate, un complément à l'urée, ont été également réceptionnés. Le besoin en engrais qui était de 25 000 t est entièrement couvert à la date d'aujourd'hui. Quant aux insecticides, sur une commande de 1 439 925 l, nous avons reçu 1 440 200 l » , se félicite le chef service de la production agricole.
Une prouesse qu'aucun pays cotonnier de la sous-région n'a pu réussir jusque-là. Au Bénin par exemple, tous les trois fournisseurs d'intrants ont été défaillants. Le pays a été obligé de faire appel à Toguna, la nouvelle unité de conditionnement d'engrais.
Reste maintenant à prier pour une installation rapide de la pluie avant la fin juin. « Car, au-delà de juin, ce sera la catastrophe » , reconnaît M. Abdoulaye Traoré.
Sidiki Y. Dembélé
Encadré
Intrants : les meilleurs prix
Sur les prix des intrants agricoles, les producteurs maliens peuvent s'estimer heureux. Car, par rapport à leurs homologues du Burkina ou du Bénin, ils détiennent les meilleurs prix à crédit. Au Mali, les sacs de 50 kg du complexe coton sont livrés par la CMDT aux producteurs à 12 995 F FA contre 15 485 F CFA au Burkina. Le sac de 50 kg de l'urée perlée 46 % est cédé au Mali à 11 125 F CFA contre 16 720 F CFA.
Quant aux prix d'achat du coton graine pour la campagne 2007-2008, notre pays devance également le Burkina Faso. Ici, le premier choix sera acheté à 160 F le kg contre 145 F au Burkina. Le 2e choix à 135 F contre 120 F pour les producteurs du Faso. Toutes choses qui doivent encourager nos producteurs à redoubler d'efforts pour reconquérir leur place de 1er producteur de coton en Afrique de l'Ouest.
S. Y. D.
Acceuil
LES MURMURES DE BAMAKO
Mopti : polémiques sur l'escorte du candidat Adéma
Le candidat Adéma aux législatives du 1er juillet 2007 dans la circonscription de Mopti défraie la chronique. Le milliardaire Sidy Hamed Diarra, opérateur économique que le parti de l'Abeille a coopté sur sa liste commune avec le RND , a lancé le dimanche 10 juin 2007 sa campagne à l'américaine dans la Venise malienne. Les populations de « Soud'Baba » (la maison du père en peul) n'en croyaient pas leurs yeux. Le candidat, arrivé directement de Bamako avec sa délégation, a été accueilli à Barbé , le dernier poste de contrôle routier avant Sévaré. Des témoins affirment que des policiers qui sont venus à l'accueil l'ont escorté en fanfare jusqu'au Stade Baréma Bocoum de Mopti. La présence de la police a été très mal perçue par des gens qui pensent qu'il est un citoyen ordinaire comme les autres candidats et que la police doit observer une stricte neutralité en ce sens qu'elle est pour tout le monde. Il s'est payé les services des policiers, indiquent certains. Pour un responsable de la cellule de communication du candidat lui-même que nous avons pu joindre depuis Mopti, la police ne serait venue que pour assurer le maintien d'ordre et empêcher les gens de faire des acrobaties sur le trajet. Selon lui, le véhicule de la police s'est aussitôt retiré après avoir déposé des agents.
OBO arrose ses compatriotes d'argent…
La venue d'El hadj Oumar Bongo Ondimba (OBO), président de la République gabonaise à l'investiture de son homologue malien Amadou Toumani Touré, a été salutaire pour ses compatriotes vivant au Mali, en l'occurrence les étudiants. Ceux-ci totalisaient plusieurs mois de retard de bourses. Leur consul résidant à Abidjan en Côte d'Ivoire avait du mal à leur délier les cordons de la bourse. Les étudiants gabonais se plaignaient d'autres problèmes relatifs à leurs conditions d'hébergement. Une pluie de doléances est tombée sur le président Bongo. Ce dernier réputé pour sa « générosité » a cassé sa tire lire. Il a remis une mallette remplie de billets de banque à son chargé de protocole pour éponger les arriérés de bourse. En plus, chaque étudiant a perçu de la part du président Bongo un cadeau en espèces sonnantes et trébuchantes de 180 000 F CFA. Il semble que d'autres nationalités étrangères y compris des Maliens ont infiltré leurs camarades gabonais pour avoir leur part du gâteau.
… Denis Sassou Nguesso aussi
Le même geste du cœur est venu de la part de Denis Sassou Nguesso, président de la République du Congo. Lors de la réception organisée par ses compatriotes du Mali en son honneur dans l'hôtel où il résidait, le président congolais a fait d'une pierre deux coups. Il a payé de sa poche la trentaine de mois d'arriérés de bourses des 300 étudiants inscrits dans nos facultés et écoles supérieures. Les étudiants et même d'autres Congolais vivant au Mali pour d'autres motifs ont été gratifiés par des enveloppes supplémentaires. Chacun a reçu un pécule de 80 000 F CFA. Quand les peuples africains continuent de s'endetter, les présidents s'enrichissent.
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