Si l'on considère que le président a prêté serment le vendredi dernier et qu'il ne faut compter que les jours ouvrables, c'est certainement aujourd'hui ou demain qu'il devrait le faire. La loi précise que non seulement la déclaration est publique, mais que la liste des biens du président doit être annuellement actualisée.
ATT a fait la déclaration publique de ses biens en 2002, mais, jamais, au cours de son premier mandat, la question n'a été soulevée. Les confrères qui ont poussé la curiosité jusqu'à vouloir savoir au niveau de la Cour suprême si le président n'a pas violé cette disposition législative ont été éconduits, sans jamais avoir été en mesure de dire si c'est fait et quelle est la mesure des biens du président depuis 2002.
Il n'avait aucun terrain bâti. Par contre, ATT possédait une parcelle n°01-2636 située à Bacodjicoroni, objet du titre foncier n°13433 du district de Bamako d'une superficie de 1047 mètres carrés ; d'un lot n°23/A section H situé à Lafiabougou-Ouest ; d'une autre parcelle n°114/MY, située à Magnambougou secteur 4 et d'un verger situé dans le village d'Hamdallaye à Sévaré.
Il possédait deux véhicules Nissan 4x4 et son cheptel comprenait quinze bœufs et dix moutons. Le président disposait de cinq comptes bancaires : Bank of Africa Mali n°018 11-18-52-31 d'un montant de 30 millions de F CFA en 2002 ; BDM, Agence Boubacar Sidibé près du cinéma Vox n°202-265-20011 crédité à l'époque de 148 999 FCFA. A ces trois, on pouvait ajouter un autre à l'ex-BMCD n°00-08-475-5-010 avec un solde nul à l'époque, et le n°01-08-475-01-100 de la même agence qui contenait 1 846 113 F CFA. Le 5e compte est celui de l'agence du Crédit lyonnais à Paris en France n° 746-432 avec un montant de 20 millions de F CFA.
Quand il entrait en fonction en 2002, ATT, était sans toit, mais avait un portefeuille gonflé de 52 millions de F CFA. En plus, cette déclaration ne fait pas cas de bijoux ou autres objets de valeur et des biens de l'épouse. On peut alors considérer que la liste est exhaustive qu'elle n'avait rien de tel.
DERNIER MANDAT D'ATT
L'heure de la rupture
Le président de la République, Amadou Toumani Touré, installé officiellement dans ses fonctions de chef d'Etat vendredi par la Cour suprême, veut faire de son second et dernier mandat celui de la rupture et des avancées. Pouvait-il en être autrement ?
« Il est venu le temps pour le Mali de forcer son destin et d'entamer son décollage » . Cette petite phrase du président de la République prononcée lors de son discours d'investiture n'est pas passée inaperçue. Elle résonne encore dans nombre d'oreilles, comme pour dire que le destin n'est pas une fatalité. C'est une constante : à force de travail, l'homme, une société ou une nation forge son destin. Aux termes de son premier mandat, le président de la République a donc mesuré l'état de délabrement économique, social et politique dans lequel se trouve le Mali malgré les efforts, avouons-le, déployés tout au long de son premier quinquennat.
Le Mali regorge de beaucoup de ressources naturelles et intellectuelles qui peuvent lui permettre de compter parmi les nations prospères. Malheureusement le pays occupe le bas du tableau des pays les plus pauvres selon le rapport du Pnud sur le développement humain durable. Et il ne faut pas se voiler la face, les causes du mal vivre des Maliens et Maliennes et la stagnation du pays sont connues. Elles ont pour noms, entre autres, la mauvaise gestion des ressources publiques, la corruption grandissante, l'opportunisme, le clientélisme, le favoritisme, l'irresponsabilité et le manque d'autorité de l'Etat…
Aussi la rupture annoncée par le président de la République devra-t-elle s'opérer sur divers fronts. D'abord sur le front de la gestion des ressources de l'Etat. Il serait judicieux, voire impératif, pour le président de la République de confier les postes de gestions des deniers publics à des personnes réputées être de bonne moralité et n'ayant jamais traîné une casserole.
Ensuite, il s'agira de récupérer par tous les moyens, les fonds détournés. Avec une justice assainie, un commis de l'Etat hésiterait ou réfléchirait cent fois avant de plonger sa main dans la caisse publique lorsqu'il comprendra que, par ce geste, il est sûr d'être un locataire d'une maison d'arrêt.
La rupture devra également se faire au niveau de l'administration d'Etat, notamment en remettant celle-ci au travail et en accélérant la procédure de gestion des dossiers des usagers. Il ne faut pas avoir peur de le dire : la plupart des agents de l'administration malienne sont préoccupés par d'autres choses que de servir correctement. Tout le monde est unanime que chercher un dossier ou avoir son dossier traité par l'administration malienne suppose pour l'usager des journées entières de va-et-vient entre les bureaux. En un mot, l'affairisme mine encore l'administration. Et seul l'Etat, en affermissant son autorité, a la possibilité d'y mettre fin. Tout comme l'Etat en affermissant son autorité peut amener le citoyen à s'acquitter de ses droits et devoirs.
La rupture devra concerner également l'entourage immédiat du président de la République. La gestion patrimonialiste ou familiale, selon que l'on soit politicien ou citoyen lambda, a été perçue comme une faiblesse du chef de l'Etat et qu'il a le devoir de corriger.
Enfin ATT devra revoir sérieusement ses relations avec les partis politiques et leurs responsables d'une part et d'autre part avec le Mouvement citoyen. En tout état de cause, comme dit l'adage qui vivra…
Denis Koné
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TENSION A LA FRONTIERE MALI-MAURITANIE
Conflit latent entre Maliens et Mauritaniens
Rien ne va plus entre Maliens et Mauritaniens dans des villages frontaliers du cercle de Yélimané. Les populations du Kagnaga, excédées par des actes de vandalismes de leurs voisins mauritaniens, menacent ceux-ci de représailles et envisagent de boycotter les législatives du 1er juillet 2007 si le gouvernement ne prend pas des dispositions .
Comme la plupart des zones frontalières, les villages de Bouguédéré (Commune de Kirané-Madina), Kakoulou (Krémis) et Tougoumbé au Mali et leurs voisins Kakoulou-Mauritanie, Touélé et Sambou du côté mauritanien, vivent en parfaite symbiose. Les populations partagent la même histoire, les mêmes us et coutumes.
Malgré tout, elles sont divisées par des conflits fonciers qui ont souvent donné naissance à des affrontemens meurtriers comme au temps du gouverneur Amara Danfaga dans les années 1970. A l'époque, des affrontements entre les deux populations avaient fait 70 morts côté mauritanien et 24 du côté malien. Le conflit, vieux de plusieurs années entre ces villages frontaliers du Mali et de la Mauritanie, est en train d'être rallumé. Il découle surtout de l'absence de bornage de la frontière léguée par le colonisateur français.
Selon l'honnorable Mamadou Hawa Gassama Diaby, député élu à Yélimané, tout est parti des actes de vandalisme des forces de l'ordre mauritaniennes à l'égard des populations de Kakoulou-Mali, Bougoumbé et Kirané-Madina le 4 juin 2007.
Représailles, embargo
A en croire le député Diaby, des porteurs d'uniforme mauritaniens ont interdit aux populations de ces villages maliens de cultiver et de faire paître leurs animaux sur une terre censée les appartenir et qu'ils revendiquent. Toujours, selon Diaby, ils ont lié l'acte à la parole. Des Maliens ont été chassés de leurs champs de culture. Les puits, qui servaient d'abreuvoir à leur bétail, ont été obstrués.
Le Kagnaga, nom authentique des cercles de Yélimani, est sur les dents. D'abord, les populations sont mécontentes du manque de réaction des autorités nationales. Réunis chez le chef de canton le 7 juin, les ressortissants des villages concernés ont décidé de mener des représailles en se faisant justice eux-mêmes. La décision prise à cet effet est de faire embargo sur leurs voisins mauritaniens en les empêchant l'accès de leur territoire. Une disposition que le député Gassama trouve dangereuse quand on sait que cette partie de la Mauritanie s'approvisionne en céréales et d'autres denrées au Mali.
Les populations du Kagnaga envisagent en tout cas de se venger. Pour mettre l'Etat face à ses responsabilités, elles ont décidé de boycotter les élections législatives du 1er juillet 2007. Pour elles, tant qu'il n'y aura pas de solutions à ce problème, point d'élections dans leur circonscription.
Aux dernières nouvelles, le préfet de Yélimani et son homologue mauritanien se sont rencontrés le dimanche 10 juin 2007 à la frontière commune. Il vaut mieux parer au plus pressé pour éviter un conflit qui n'arrange aucun des deux pays qui sont plutôt engagés sur le front du développement.
Abdrahamane Dicko
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