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2007

Mois de juin

Les Echos du 07 juin 2007

EDITORIAL

Aux actes M. le président !

Le président Amadou Toumani Touré prêtera serment demain matin devant Dieu et le peuple malien de servir le Mali, de défendre sa souveraineté nationale et de défendre la forme républicaine de l'Etat pendant son second et dernier mandat de 5 ans.

L'élection présidentielle du 29 avril a battu tous les records dans de domaines variés : plus grand score obtenu pour le candidat élu (71 %), plus faible taux de participation (36 %), plus grand nombre de requêtes en annulation, plus grand retard accusé par la Cour dans la proclamation des résultats (plus de deux heures).

Elu président, le nouvel ancien chef de l'Etat a l'obligation de réussir s'il veut rester l'homme du 26 mars 91. Il devra, pour ce faire, remettre le peuple malien au boulot. Lui donner le goût du travail bien fait, le goût du mérite. L'affairisme et la corruption ont été les grands fléaux du premier mandat d'ATT. Le second doit être celui de la récompense du mérite.

L'impunité et le népotisme doivent être combattus avec la dernière rigueur. La justice doit être assainie. Les magistrats corrompus doivent être dénoncés et « dégagés ».

La robe ne doit plus être un refuge pour des malfrats. L'école doit redevenir le lieu d'apprentissage, d'éducation, de formation de l'homme.

Le Mali, notre pays, n'est pas un pays riche certes, mais le grand handicap est la présence de la mauvaise gestion à tous les niveaux de l'Etat.

Durant le 1er mandat, nous avons beaucoup fêté, dansé. Il est temps que place soit faite durant le 2e mandat au travail, au travail bien fait.

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EVENEMENT

Revoilà ATT

Le général rempile pour un second et dernier mandat. Faudrait-il, pour nous, applaudir des deux mains ou nous prendre déjà la tête ? Faudrait-il crier au « secours, ATT arrive ! » ou nous en réjouir ?

C'est selon. Selon, dirai-je, que l'on soit du « clan », ou du pays. Car ATT-I a plus été ATT 1er, avec en sus une gestion clanique, patrimoniale aux relents assez despotiques que rien dans sa façon de faire ou dans ses propos n'a jamais démenti.

L'homme n'a pas été, il est vrai, façonné dans un moule de démocratie, comme tous ceux du reste de son âge, même si certains, avec plus ou moins de bonheur se sont adaptés. Selon sa biographie officielle, ATT est né le 4 novembre 1948 à Mopti. Il fréquente les écoles primaires et fondamentales de Mopti, Tombouctou et Sofara et poursuit ses études à l'Ecole normale secondaire de Badalabougou - Bamako, de 1966 à 1969. Attiré par le métier des armes, il abandonne l'EN de Badala en 1969, pour se lancer dans une carrière militaire.

Il est nommé commandant de la Garde présidentielle, du 28 avril 1981 au 30 mars 1984. Le commandement du Bataillon des paras commandos lui est confié par deux fois, en janvier 1984, puis le 14 mars 1991.

Le 26 mars 1991, Amadou Toumani Touré est maître d'œuvre de l'opération militaire qui met fin à 23 années de pouvoir du régime de Moussa Traoré. Il est élu, ce jour même, président du Comité de réconciliation nationale (CRN), composé d'officiers, et porté le 29 mars 1991 à la présidence du Comité de transition pour le salut du peuple (CTSP) qui est une fusion du CRN et de la Coordination des associations du Mouvement démocratique.

Il conduit ainsi la Transition qui durera 14 mois. Cette période de troubles et d'incertitudes mêlées pourtant d'espoirs, enregistre des résultats probants pour l'avenir de la jeune démocratie malienne ; à savoir : la tenue de la Conférence nationale, dont il est élu président. Il dirige ce forum démocratique, en 15 jours (du 29 juillet au 12 août 1991), qui produira entre autres : le projet de constitution, le code électoral, la charte des partis…

Le premier mandat, malgré l'état de grâce permanent dont il a bénéficié n'a pas permis d'avoir les résultats escomptés. ATT a été absent sur bien des fronts. Par contre, il a été très porté sur le culte de la personnalité. Par rapport à ce 1er mandat, ATT est comptable de la déconvenue autant que tous les partis politiques qui, soit ont géré avec lui, soit se sont tus par complaisance ou par autres sentiments. En effet, le fait que les politiciens lui ont signé un blanc-seing a contribué à ce qu'il se prenne pour Zeus soi-même, pensant avoir guerroyé pour attraper les Maliens.

Le second mandat ne sera pas une sinécure. ATT n'aura aucun blanc-seing. Il n'aura pas l'onction de tous les partis politiques, quels que soient par ailleurs les résultats des législatives. S'il veut gérer comme au 1er mandat, il court à un blocage, car ni les conditions, ni le climat ne s'y prêtent.

Alexis Kalambry

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JUSTICE, CORRUPTION ET L'ECOLE

Les tares du 1er quinquennat d'ATT

S'il y a des domaines où le président de la République, Amadou Toumani Touré (ATT) a pêché au cours de son 1er quinquennat, c'est bien celui de l'école, de la justice et la lutte contre la corruption. Parviendra-t-il à ramener l'école à l'école, à assainir la justice et à freiner la corruption au cours de son second et dernier mandat ? Le temps nous le dira.

Justice rime quelque part avec lutte contre la corruption. Les services de contrôle et de vérification ont beau traquer les délinquants à col blanc en mettant le doigt sur leurs malversations, le dernier mot revient toujours à l'appareil judiciaire. En toute indépendance, la justice a le devoir d'établir la culpabilité des suspects avant de leur infliger la peine correspondante.

Le président ATT avait mis au cœur de sa politique la lutte contre la corruption et la délinquance financière. C'est en cela qu'il a renforcé les services de contrôle traditionnels comme le Contrôle général d'Etat, la Cellule d'appui aux structures de contrôle des administrations (Casca) par la création du bureau du Vérificateur général (Végal) dont l'inspiration lui est venue du Canada. Le Végal est un organe indépendant. Son premier responsable est nommé pour 7 ans non renouvelables et il est irrévocable.

Malgré tout, la corruption se porte comme un charme. Les rapports de la Casca et du Vérificateur général, qui épinglent les services publics et parapublics ainsi que des privés pour ce qui est du Végal, sont loin d'être dissuasifs. Et pour cause. Les rapports depuis cinq ans, sont rarement suivis d'effet. Au mieux des cas, les présumés coupables de détournements et autres malversations financières sont appelés à faire un simple redressement de leur situation. Ils paient à l'Etat le manquant à eux reproché. Les comptes étant soldés, on n'entend plus parler du dossier.

Le 1er rapport du Végal, publié courant 2006, en est l'illustration parfaite. Des structures comme l'Office du Niger, la CMDT, la douane et des opérateurs économiques du secteur des hydrocarbures ont été accusés de détournements causant un manque à gagner au Trésor public de 15 milliards de F CFA. Il n'y a eu qu'un semblant de poursuites judiciaires sur quelques-uns.

Avec près de 6 milliards de fonds détournés, l'Office du Niger traîne une lourde ardoise. Des responsables de cette structure, barrons du Mouvement citoyen, proche d'ATT, qui avaient été interpellés par la gendarmerie de Ségou ont été aussitôt libérés. Aux dernières nouvelles, ils seraient plus au frais.

Le second rapport du Végal est attendu dans quelques mois. Selon notre confrère JA, l'argent volé au détriment de l'Etat est de 80 milliards de F CFA. Les services contrôlés sont toujours les mêmes.

En tout état de cause, la politique de lutte contre la corruption a été un échec cuisant pendant ce premier essai d'ATT faute de volonté politique et d'une justice au-dessus de tout soupçon.

Vices rédhibitoires ?

L'école est la grande énigme dans tout cela. Le premier mort à l'école après les événement de mars 1991 a été enregistré sous ATT courant novembre 2004. Mamadou Dramane Traoré dit Papou a été lynché par des camarades de classe membres d'un autre clan de l'Association des élèves et étudiants du Mali (AEEM). Il est mort dans des conditions horribles qui n'ont jamais été élucidées. Les suspects qui seraient à la solde de tierces personnes ont été néanmoins élargis sur fond de conciliabules avec le père du défunt.

Le budget alloué à l'école et les projets et programmes développés en sa faveur n'ont été aussi considérables que sous ATT. De nouvelles salles de classes ont été bâties dans le primaire et au secondaire. Des amphis sont sortis de terre en l'espace de deux ans pour résorber les effectifs pléthoriques dans les facs. Même les coins les plus reculés du pays, qui rêvaient d'avoir deux salles de classe, il y a 30 ans disposent d'un lycée.

ATT dès son arrivée a rêvé d'une école apaisée. Il a choisi de mettre à la tête du département de l'Education un enseignant de carrière et qui a fait les luttes politiques, syndicales et estudiantines du Mali contemporain.

Malgré tout, les observateurs s'accordent à dire que l'école ne s'est jamais portée aussi mal. Elle a toujours été confrontée à des perturbations avec des années scolaires universitaires et secondaires qui ne sont jamais allées à leurs termes. En témoignent les deux facultés économiques et juridiques qui n'ont ouvert leurs portes qu'en février 2007. Là encore, les étudiants de la Faculté de droit ont passé plusieurs semaines dehors pour des revendications.

L'école demeure la plus grosse plaie de notre pays. Tous les efforts sont consentis pour la rendre performante, mais elle ne fait que s'enfoncer dans le laisser-aller et la médiocrité. Les responsables n'en ont presque cure. Ils se glorifient en disant en toute occasion et en tout lieu que l'école est apaisée. Soumeylou Boubèye Maïga, candidat à la présidentielle du 29 avril 2007 pense le contraire. « L'école est forcément apaisée puisqu'il n'y a plus d'école » , disait-il au cours de sa campagne.

Tiébilié Dramé, président du Parena et candidat à la même élection présidentielle disait dans une interview qu'il nous a accordée « qu'on ne peut plus parler d'école au Mali avec des années scolaires tronquées allant de cinq à six mois » . Conséquences : nos diplômes ne font plus le poids dans les autres pays de la sous-région. Même dans notre propre pays, des entreprises commencent à douter de la qualité de certains parchemins délivrés par des écoles de la place.

ATT a encore cinq années devant lui pour mettre en chantier, avec toute la rigueur nécessaire, son ambition pour la justice et la lutte contre la corruption ainsi qu'une école performante et apaisée.

Abdrahamane Dicko

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LE PRESIDENT ATT A KOULOUBA

Côté médaille du 1er mandat

Malgré un bilan mitigé dans l'ensemble, les cinq années du premier mandat du président de la République, Amadou Toumani Touré, ont été marquées par la mise en œuvre d'actions qui ont permis d'améliorer sensiblement les conditions de vie des populations en milieu rural comme en milieu urbain.

« Je suis militant du parti de la demande sociale » , avait dit Amadou Toumani Touré, président fraîchement élu en 2002. Ces propos du nouveau locataire du palais de Koulouba traduisaient déjà sa volonté de s'investir personnellement ou par le truchement de son gouvernement dans la réalisation de nouveaux programmes et projets de développement, tout en consolidant ceux déjà entamés par son prédécesseur dans le cadre de l'amélioration des conditions de vie des populations en milieu rural et urbain.

Au cours de son premier quinquennat, de nombreuses actions ont été entreprises par le président ATT. A son actif, on peut citer pêle-mêle les logements sociaux, l'extension du téléphone mobile, la gratuité de la césarienne et de l'opération de la cataracte, la mensualisation des salaires des retraités, l'achèvement de la construction du pont de Gao, la réalisation ou la réhabilitation de certains axes routiers importants à l'intérieur, la construction du seuil de Talo et autres infrastructures pour le développement de l'agriculture.

On peut y ajouter l'augmentation sensible des salaires des travailleurs de la fonction publique, même si celle-ci l'a été sous la pression de l'Union nationale des travailleurs du Mali (UNTM) et la stabilité du pays suite à la signature de l'Accord d'Alger même si cette paix reste toujours fragile. Il est indéniable que le président Amadou Toumani Touré a donné une impulsion au développement économique et social au pays.

Reste à savoir comment sauvegarder ces acquis sociaux et les rendre beaucoup plus accessibles aux populations. En effet, la construction des logements sociaux permet de réduire considérablement le nombre des sans logis. Il ne viendra à l'esprit d'aucun Malien sincère de la dénoncer, compte tenu du fait que non seulement elle crée de l'emploi, consolide le secteur du BTP local mais profite à presque toutes les villes (principales et secondaires). Toutefois, les logements ne sont pas toujours allés à ceux qui en ont le plus besoin.

Au cours de son deuxième et dernier mandat, le président devra donc s'attacher personnellement à ce qu'il y ait plus de transparence dans leur attribution. Ce ne sont certainement pas les membres des commissions d'attribution qui sont en cause (les hautes fonctions qui furent les leurs attestent de leur probité) mais il se dit de plus en plus qu'il faut avoir les bras longs, vraiment longs pour y accéder.

Aussi les techniciens de l'urbanisme et de l'habitat, compte tenu de la pression foncière, doivent-ils imaginer d'autres types de logements comme les HLM au Sénégal et en Côte d'Ivoire. Construits en hauteur, ils permettent, semble-t-il, de réduire significativement les coûts de réalisation et donc de revient. En tout état de cause la réduction de l'espace et la tendance de plus en plus prononcée du plus grand nombre à vivre dans la capitale devraient inciter les autorités en charge de la question à revoir leurs copies. ATT aura, pour sa part, posé les balises. Chapeau bas M. le président !

Denis Koné et A. M. T.

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2e MANDAT D'ATT

La fin d'un consensus

Le président de la République Amadou Toumani Touré avait, au cours de son premier quinquennat, eu le soutien de toute la classe politique. En sera-t-il pour son 2e mandat ?

Au cours de son premier mandat à la tête de la République, le président Amadou Toumani Touré a pu réunir autour de lui par le truchement du gouvernement et l'Assemblée nationale toute la classe politique malienne. Le consensus prôné par ATT a fait du Mali un modèle de démocratie admiré à l'étranger. Mais, à l'intérieur du Mali, il a révélé toutes ses tares et ses limites.

ATT, qui sera de nouveau investi dans ses fonctions de chef d'Etat du Mali demain 8 juin, a déjà en tête sa stratégie de conduite des affaires du pays pendant cet ultime mandat de cinq ans. Sa tâche serait rendue plus facile si ses alliés de l'Alliance pour la démocratie et le progrès (ADP) parvenaient à avoir une majorité écrasante à l'issue des élections législatives qui se profilent.

Le Front pour la démocratie et la République (FDR), alors minoritaire, sera dans l'obligation ou aura le devoir d'occuper le fauteuil de l'opposition. Par contre, s'il revenait au FDR de remporter la majorité des sièges au Parlement, alors le président de la République serait contraint à la cohabitation. Toutes choses qui seraient une nouvelle expérience pour la démocratie malienne.

Mais, pour l'heure, tout porte à croire que le président ATT attend la fin des élections législatives pour décider.

Le deuxième et dernier mandat du président de la République, à tous égards, semble sonner le glas d u consensus, c'est-à-dire que  « rien ne sera plus comme avant » , comme l'a dit un responsable de parti membre du FDR. En effet, ATT, qui ne se représentera plus pour un mandat, devrait avoir les mains libres pour mener à bien les réformes nécessaires pour le développement du pays et l'ancrage des partis politiques. Dans le domaine politique, ces réformes ont trait à une relecture de la Loi fondamentale sans toucher au mandat du président de la République, ensuite la charte des partis politiques et la loi électorale.

Au cours de son dernier mandat ATT n'aura point de répit face à la critique d'un camp. Et quels que soient ses côtés positifs et négatifs, ce 2e mandat aussi consacré la fin un consensus.

Denis Koné

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BILAN ET PERSPECTIVES D'ATT

Des politiciens se prononcent

C'est demain 8 juin que le président de la République, sera réinvesti. En prélude à l'événement, nous avons approché certains responsables des partis politiques qui se sont prononcés sur le bilan des cinq ans de ATT et ce qu'ils attendent de lui à l'occasion de son dernier mandat.

Djiguiba Kéita (Parena, FDR)  :

« Qu'ATT soit le président de tous les Maliens »

« Je pense que le bilan des 5 ans d'ATT a été caractérisé par du bon et du mauvais. Du bon, agrémenté par le populisme d'ATT lui-même. Avec son système de m'as-tu vu, qui fait qu'il a fait 5 ans à faire de la campagne, caractérisé par l'ouverture de chantiers qui existaient réellement, mais surtout par la finition de chantiers ouverts par l'Adéma à plus de 70 %. Je dis que la politique de logements sociaux dont il prétend être l'initiateur, n'est nullement une innovation. Ce sont des choses qui ont toujours existé sous les présidents Modibo Kéita, Moussa Traoré, Alpha Oumar Konaré.

Le côté négatif a été caractérisé par l'immense déception, par l'immobilisme politique. Depuis la conférence nationale jusqu'à un certain temps, il n'y a jamais eu un certain consensus avant le président ATT. Il devait profiter de cette situation pour apporter des révisions aux textes fondamentaux de la République. De 2002 à 2007, on avait cette chance pour apporter des changements. C'est seulement à ces seules conditions qu'on peut faire des élections législatives crédibles. Voyez-vous pour les élections législatives, c'est au Mali seulement qu'on a un système majoritaire à 2 tours. Au Parena, nous avions demandé un système mixte pour les législatives, mais le président ATT a refusé. Nous avions aussi demandé la reforme de l'Armée. Toutes ces choses ont été rejetées par ATT.

En termes de perceptives, comme nouvel élu, nous lui demandons qu'il soit le président de tous les Maliens. Qu'il sorte dans sa gouvernance le système de clan et qu'il sorte également son système à tendance régionaliste, voire ethnique. Il est temps qu'on lui dise que ces pratiques ne peuvent plus continuer. Que la gestion des ressources de l'Etat soit faite dans les conditions saines. Son dernier mandat doit être placé sous le signe de la volonté politique d'assainir l'administration, la réforme du Vérificateur général et l'érection de la section des comptes de la Cour suprême en Cour des comptes conformément aux traites de l'Uémoa. Ces deux structures de contrôle doivent être dotées de moyens humains conséquents pour assurer de façon conséquente la lutte contre la délinquance financière et la corruption sans que cela ne tourne aux règlements de comptes en faveur des gouvernants de l'heure ».

Me Hassane Barry (UDD, ADP)   :

« Nous attendons l'annonce des futurs projets »

« Pour ma part, j'estime que le bilan est largement positif et cela se confirme par la réélection d'ATT. Si le bilan n'était pas positif, il aurait certes passé, mais pas aussi largement, avec un score de 71 %. Les Maliens n'avaient aucune raison d'aller ailleurs. Le peuple n'a plus besoin de discours académiques, mais de réalisations concrètes avec un candidat qui leur dit : voilà ce que j'ai fait. Je ne vais pas rentrer dans l'énumération des réalisations d'ATT, qui sont connues de tous. ATT est un candidat qui est allé à l'écoute du peuple et qui a dévoué ses actions aux préoccupations des Maliens.

Nous attendons que les chantiers commencés soient achevés. Par rapport au mandat qui commence vendredi, nous attendons que le président nous présente ses nouveaux projets dans le domaine économique, financier, dans le domaine de la lutte contre la corruption et de la délinquance financière. Qu'ATT nous redéfinisse les missions du Vérificateur général et l'étendue de ses pouvoirs car c'est vraiment flou. Bref, nous attendons l'annonce de ses futurs projets pour le Mali ».

Oumar Mariko (Sadi)  :

« Nous allons continuer à souffrir »

« Le mandat des 5 ans de ATT a été la poursuite de l'application des programmes de l'ajustement structurel avec la liquidation du reste des entreprises et sociétés d'Etats, que le régime d'Alpha n'a pu finir. ATT est revenu sur la privatisation de l'Energie, chose qu'il faut saluer. Le Mali ne peut pas avancer tant qu'on est sous orientation néo-libérale. Le bradage systématique des structures publiques comme l'école, la santé ne garantit pas l'avenir de nos populations. Sur le plan de la communication, quelques atteintes aux libertés des médias ont été commises.

Sur le plan International, le Mali n'a pas brillé. Le peuple continue de souffrir. Le pays n'a pas bougé quant aux changements annoncés.

Quant aux perceptives, il y a beaucoup de belles promesses. Nous posons la question est-ce que la politique de la demande sociale n'a pas échoué pendant ces 5 ans ? Par rapport à tout ce qui a été dit, nous voyons que le prix des produits ne cesse d'augmenter, la production du riz a chuté. Dans ce contexte, il est difficile que les promesses soient tenues. Tant qu'on ne change pas en Etat démocratique et populaire, nous allons continuer à souffrir ».

Propos recueillis par

Amadou Sidibé et Ogopémo Ouologuem

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SINA ALIOU THERA, DELEGATION GENERALE AUX ELECTIONS

« Seuls cinq partis sont normalement éligibles à l'aide »

Dans une interview qu'il nous a accordée, Sina Aliou Théra de la Délégation générale aux élections (DGE) parle du financement public des partis politiques. Tout en déplorant le retard pris par les partis dans le dépôt de leurs dossiers, il indique que si les textes doivent être appliquées strictement seules cinq formations (URD, PDR, RDR, l'UFD et Mplus/Ramata) sont éligibles cette année sur une quarantaine de postulants déjà enregistrés.

Les Echos   : A quand le financement public des partis politiques ?

Sina Aliou Théra : Effectivement, chaque année, on procède au financement des partis politiques après qu'on ait obtenu le dossier de financement de la section des comptes de la Cour suprême. Mais auparavant, ils doivent transmettre des documents relatifs à la justification de la tenue des instances statutaires du parti, au compte bancaire, au contrat de bail du siège. Ces différents documents, plus le bilan, sont déposés à notre niveau. Au bout du rouleau, on a un certain nombre de partis éligibles. Cette année, lorsqu'on a reçu le dossier de la Cour des comptes, nous avons écrit aux partis politiques pour leur demander de déposer à notre niveau leur demande de financement.

A ce jour, sur 63 partis politiques qui ont déposé leur dossier à la Cour des comptes, seulement les dossiers de financement d'une quarantaine de formations politiques nous sont parvenus. Ce qui revient à dire qu'il y a au moins une vingtaine de partis qui n'ont pas encore réagi. Or, l'on ne peut pas négliger cette frange. Ce qu'il faut savoir, c'est que si le dépôt des documents précités à la Cour des comptes est fixé au 31 mars, il n'y a pas de délai de rigueur pour le dépôt des dossiers de financement à la Délégation générale aux élections. Notre dernière date de rappel remonte au 5 de ce mois, leur demandant de nous faire parvenir les dossiers de financement. En plus des lettres dûment adressées aux partis politiques, nous avions fait des communiqués radiodiffusés pour les inviter à venir déposer à notre niveau leurs demandes de financement. C'est pour vous dire combien, nous tenons à financer les partis politiques. Nous n'avons aucune raison encore moins aucune volonté de faire traîner le financement. L'objectif, c'est de les assister conformément à l'article 2 de la charte des partis politiques. Nous sommes soucieux de cela.

Les Echos   : L'argent sera-t-il disponible avant les élections législatives ?

S. A. T.  : Encore une fois, si les dossiers sont au complet aujourd'hui, nous ferons l'aide au financement des partis politiques. Ainsi que cela a été dit, nous ne sommes animés d'aucune volonté empêchant le financement des partis politiques. Ce qu'il faut dire et redire, c'est que nous invitons les partis politiques qui ne l'ont pas encore fait, à déposer leurs dossiers de financement à la DGE. Tout compte fait, nous allons essayer de les suivre. Et nous les attendons.

Les Echos   : Y a-t-il eu des contacts pour leur expliquer cela ?

S. A. T.   : De tout temps, nous avons expliqué aux partis politiques individuellement et collectivement le système. Mais, il faut reconnaître que ce n'est pas facile. Le problème avec les partis politiques, c'est que nous avons toujours des problèmes d'interlocuteur. Si bien que ce sont des éternels recommencements. Avec eux, il faut de la patience. De 2001 jusqu'à maintenant, ça été toujours comme ainsi. Si l'on doit faire le financement dans ces conditions, un grand nombre de partis politiques seront à la touche. Pour éviter ce genre de situation, nous sommes obligés de les suivre et de les démarcher. Je pense que dans l'avenir, il faut un décret d'application de la loi pour imposer une date de dépôt aux partis politiques.

Les Echos   : Les rapports de la Cour déposés à la DGE sont-ils soumis à un contrôle ?

S. A. T.   : C'est vrai, nous avons des rapports de vérification de la Cour des comptes qui datent de 2005. Au vu de ces rapports, il y a 5 partis politiques dont les dossiers sont jugés fiables. Nous sommes obligés de faire fi de ça même si on doit mettre l'accent après sur la formation. Pour être plus concret, le rapport de la Cour des comptes laisse prévoir que seuls 5 partis présentent des comptes jugés fiables. Il s'agit de l'URD, du PDR, du RDR, de l'UFD et du Mplus/Ramata. En clair, si on doit appliquer la loi, ce sont ces 5 qui doivent bénéficier du financement. Mais est-ce que la situation se prête à cela aujourd'hui ?

Propos recueillis par

Alexis Kalambry

 

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Le Stade Babemba de Sikasso se meurt

Construit seulement en 2002, le Stade Babemba Traoré de Sikasso est aujourd'hui dans un état de délabrement indescriptible. Les participants au Forum des peuples qui y logent n'ont pas encore trouvé une réponse à leur question : y a-t-il réellement quelqu'un dans ce stade ? Des gazons qui commencent à revivre avec les premières pluies, une cour qui n'a pas vu de balais depuis belle lurette, des battants de portes rongés par la rouille, des toilettes qui tuent par leurs odeurs… Voilà le spectacle désolant qu'offre ce joyau d'a peine 5 ans. Et dire que c'est en principe cette fin d'année que le contribuable malien finira de rembourser le crédit qui a servi à construire ce stade. Il ne sert à rien de construire des immeubles, des châteaux, des stades, des salles de spectacles si on ne les entretient pas. Si la gestion de ces infrastructures relève de la responsabilité de quelqu'un, il doit répondre de ses actes.

Les peuples votent pour Tombouctou

Même si l'on n'y croît plus tellement ici, les participants au Forum des peuples de Sikasso se sont engagés pour l'élection de Tombouctou parmi les sept nouvelles merveilles du monde. Au moment où les autres pays sélectionnent comptabilisent 100 000 votants, Tombouctou tire la queue à un mois du vote avec environ 40 000 votants, ce qui n'est pas de nature à décourager les alter mondialistes qui croient en l'élection de Tombouctou. Au cours des ateliers thématiques, des conférences populaires, même autour des repas, des messages sont passés pour inviter les gens à voter. Les numéros sont également affichés : 74 44 et 72 14 pour les SMS Orange et Mali, 74 12 et 72 12 pour les appels.

Pour vanter le « monde d'ATT » ?

Pour la première fois de son histoire, le Forum des peuples a été présidé par un ministre, en l'occurrence Djibril Tangara du Développement social, de la Solidarité et des Personnes âgées. Mais, beaucoup se demandaient la raison de la présence de ce ministre à ce forum et ils n'ont pas tardé à avoir une réponse à leur interrogation. Car, comme pour confirmer l'assertion de la présidente de la CAD-Mali Barry Aminata Touré qui disait qu'un autre monde est possible, le ministre dira que « Oui, un autre monde est possible car ATT a toujours dit que la pauvreté n'est pas une fatalité. Toutes les préoccupations du forum sont consignées dans un programme du président Amadou Toumani Touré. Ce qui a valu sa brillante réélection le 29 avril dernier. Ce nouveau monde d'ATT est basé sur la paix, la foi au Mali et sur une nouvelle race d'hommes et de femmes pour réduire la pauvreté » . Des propos qui ont soulevé des remous et des grincements de dents dans la salle Lamissa Bengaly de Sikasso.

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ELIMINATOIRES CAN GHANA-2008

Par où passera la route pour Accra ?

Les Eperviers du Togo ont pris le large dans le groupe 9 de la qualification pour la Can Ghana-2008 après leur victoire de Freetown sur les Lones Stars de la Sierra Leone, le dimanche dernier.

Cependant, il est bien de préciser que cette avance a été possible grâce au match nul concédé par les Aigles du Mali face aux Ecureuils du Bénin à Cotonou Ainsi, c'est à un véritable calcul de probabilités que les sportifs des trois pays (Togo, Mali et Bénin) toujours dans la course se livrent désormais.

Concernant le match des nôtres, le dimanche dernier, force est de reconnaître que malgré le partage des points les joueurs n'ont pas été brillants. Beaucoup de déchets ont été constatés dans le jeu, notamment au milieu peu agressif avec un Djilla toujours peu convaincant, un volume de jeu moyen, la fébrilité au niveau de l'attaque (Dabo perdait presque tous ses duels) ; Seydou au secours portait trop la balle dans le cercle médian et Kanouté était dans un jour sans.

Tous ces ingrédients réunis ont fait des poulains de Jodar des joueurs vulnérables devant les Ecureuils qui, par moments, ont failli les entraîner dans la chute n'eut été la grande classe du portier Maha, seule satisfaction dans le jeu de Cotonou.

La leçon à tirer de la rencontre du dimanche est que le système de jeu appliqué à Bamako n'a pas été corrigé, Jodar n'a pu mettre la touche nécessaire pour corriger le faux pas du match aller devant des modestes joueurs des Ecureuils. Jodar s'est toujours entêté à jouer avec le même système même dans les situations les plus complexes

Pour les deux prochains matches, le 17 juin à Bamako et le 9 septembre à Lomé, la seule stratégie doit être celle de l'attaque à outrance.

Boubacar Diakité Sarr

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