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2007

Mois de juillet

Les Echos du 31 juillet 2007

LEGISLATIVES 2007 A DOUENTZA

Moustapha Dicko, victime expiatoire du pouvoir

Tout a été mis en œuvre pour faire échec à l'ancien ministre de l'Education nationale d'Alpha Oumar Konaré et ancien président du groupe parlementaire de l'Adéma. Candidat à sa propre succession dans son fief de Douentza, Moustapha Dicko, quoique populaire, ne sera pas de la prochaine législature de l'hémicycle.

Avec 55 sièges enlevés au 2e tour des législatives 2007, l'Adéma confirme sa position de parti dominant sur l'échiquier politique national. Mais, les adémistes feront mieux de se détromper, car la chute de certains de leurs cadres candidats dans leur fief, donne à leur victoire un arrière-goût de défaite.

La victoire de l'Adéma aurait été davantage éclatante si elle n'était pas entachée de revers comme la non-réélection de ténors comme Moustapha Dicko, le désormais ancien président du groupe parlementaire Adéma, pour ne citer que ce cas.

La défaite de Moustapha Dicko paraît des plus difficiles à avaler pour lui-même, pour tous les démocrates sincères du pays et tout individu épris de paix et de justice.

Tout a été mis en œuvre pour que l'ancien député ne rempile pas dans son fief de Douentza. Il lui a été opposé sa propre cousine, Fatoumata Dicko, sœur du ministre de l'Intégration africaine et des Maliens de l'extérieur, Oumar Hamadoun Dicko, secrétaire général du PSP.

Périls sur la cohésion

Le PSP, pendant plusieurs années, n'a pas su tirer profit de ses expériences de parti de l'indépendance. Sa victoire à l'arrachée contre la liste Adéma, ayant à sa tête Moustapha Dicko, relève du surréalisme. En réalité, tout était préparé à l'avance.

La candidate PSP, Fatoumata Dicko, employée à l'EDM de Bamako, est une inconnue en politique. Elle bénéficiera néanmoins de solides relations au palier supérieur de l'Etat. Sa candidature a été suscitée et entretenue en haut lieu. C'est pourquoi les préfets et l'Administration de Douentza étaient sous ordre et ne pouvaient que rouler pour elle.

A Douentza, des conflits sont latents. Les populations sont fortement divisées sur le déroulement des opérations électorales. Moustapha Dicko est issu de la chefferie traditionnelle. Ses partisans, Dieu Sait qu'ils sont nombreux prennent sa défaite comme une humiliation ourdie par le pouvoir en place.

L'élection n'est pas une fin en soi. La démocratie a des règles qu'il faut respecter et faire respecter. L'Adéma et tous les démocrates doivent tirer les leçons de notre système électoral dans lequel l'Administration (civile et militaire) est faiseuse de roi.

Il ne reste plus qu'à faire nommer des prétendants au poste de député. Et à la Cour constitutionnelle de respecter sa « propre jurisprudence ». Dieu ne sauvera notre démocratie que si nous la sauvons.

Abdrahamane Dicko

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REGION DE SIKASSO

Le Mali et la Guinée en guerre à Dalagoué

Des chasseurs et militaires guinéens ont attaqué dimanche après-midi des chasseurs de Wassoulou appuyés par quelques éléments de la garde nationale et de la gendarmerie à Dalagoué. Bilan : un gendarme malien legerment blessé et plusieurs Guinéens tués. Bien avant cette attaque, il y a eu plusieurs affrontements entre les chasseurs maliens et Guinéens.

Le dimanche 29 juillet, une vraie bataille entre Maliens et Guinéens a éclaté à Dalagoué (cercle de Yanfolila, région de Sikasso). C'est aux environs de treize heures que les hostilités ont commencé. Et après trois heures de tirs, un gendarme malien a été blessé ; plusieurs Guinéens auraient été tués, selon des témoignages concordants.

Les éléments de la Garde nationale à Sikasso et de la Brigade de gendarmerie de Sélingué, dépêchés sur le terrain depuis le 25 juillet ont pu, avec l'aide des chasseurs du Wassoulou, repousser les assaillants. Aux environs de 18 heures, un renfort des forces de sécurité a quitté Sélingué pour Dalagoué.

Selon l'adjudant-chef Demba Sylla, chef de mission de sécurité à Dalagoué, « la securité guinéenne nous a demandés une rencontre pendant que les chasseurs guinéens attaquaient Dalagouè. Nos autorités ont répliqué. C'est pour cette raison que nous sommes là. La sécurité et la protection des Maliens et leurs biens nous incombent » . Et d'ajouter : «   Par conséquent, chaque fois qu'elles sont menacées, nous serons présents pour assurer la quiétude de nos populations ».

Les chasseurs, a poursuivi l'adjudant-chef, sont des forces secondaires. « Nous sommes prêts à affronter qui que ce soit pour défendre l'intégrité territoriale. Toutes les frontières, de Fingouana à Madinacoun, en passant par Dalagoué, sont securisées par les forces de securité. Il n'y eut ni mort ni de blessé grave du côté malien » , a-t-il assuré.

Pourquoi ce conflit ?

Les habitants de Niani (Guinée) cultivent sur des terres maliennes jusqu'à 300 m du village de Dalagoué (Mali). Bien avant l'indépendance, ce problème avait été tranché par le commandant de cercle de Bougouni en 1945, à l'époque le Français Lassausse. A présent, les Guinéens continuent de cultiver sur le sol malien. Comme si cela ne suffisait pas, ils ne veulent plus voir les Maliens dans la zone.

Malgré tout, les villageois de Dalagoué n'avaient pas protesté outre mesure. C'est en début juillet que les Guinéens de Niani ont dépassé les bornes en mettant le feu à leurs greniers. Après leur forfait, ils se sont cachés et à chaque fois qu'un habitant de Dalagoué venait pour voir ce qui se passait, ils l'attachaient.

Ils ont ainsi réussi à prendre en otage 8 Maliens. Après plusieurs jours de négociations entre autorités maliennes et guinéennes, les otages ont été libérés. Pour trouver une solution au problème, nos forces de securité ont voulu tenir une rencontre avec les autorités guinéennes à Sikorolé (Mali).

Sachant que tous les bras valides de Dalagoué étaient à cette rencontre, les chasseurs de Niani (Guinée) ont attaqué le village. Ils ont saccagé tous les champs de Dalagoué et blessé légèrement 5 personnes. C'est après le départ des médiateurs guinéens que les gens ont su que la localité de Dalagoué venait d'être attaquée.

Les chasseurs du Wassoulou ont alors décidé de s'unir pour défendre leur territoire. En représailles, ils ont tué 2 Guinéens et blessé 3 autres. L'Etat a alors réagi en envoyant des troupes sur le lieu. Car, les chasseurs guinéens auraient été appuyés par l'armée guinéenne dimanche dernier.

Sidiki Doumbia

(envoyé spécial à Dalagouè)

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RUPTURE DE STOCK DE COTON GRAINE

Les travailleurs d'Huicoma en chômage technique

Après l'Huilerie Abou Woro de Sikasso, c'est au tour de l'Huilerie cotonnière du Mali (Huicoma) de « fermer boutique » pour défaut de matière première, c'est-à-dire le coton graine.

Plus de 500 travailleurs de Huicoma, une grande unité industrielle de productions d'huile, de savon et d'aliment-bétail sont mis en chômage technique pour manque de coton graine, la matière première de leur usine. Ils ne devront, en principe, reprendre qu'en octobre-novembre 2007.

Mais, ils sont nombreux à se poser des questions sur les raisons de ce nouveau phénomène. « Notre usine pouvait s'arrêter pour un autre problème, pas par manque de matière première » , affirme un employé de Koutiala. Avec la multiplication des unités industrielles de production d'huile et de savon, la libéralisation de la commercialisation de la graine, qui a montré l'existence d'un marché international pour la graine du Mali à des prix élevés, les données ont changé.

Jusqu'à la campagne 2000-2001, Huicoma disposait d'une exclusivité d'achat de la graine de coton de la Compagnie malienne pour le développement du textile (CMDT), elle-même unique égreneur et vendeur de graine de coton au Mali. Par décision du gouvernement, la commercialisation de la graine de coton est libre depuis juin 2001. Malgré la reconduction de l'accord de vente de la graine, la CMDT a cependant été amenée à organiser, comme convenu, des appels d'offres internationaux.

La libéralisation de la commercialisation de la graine a montré l'existence d'un marché international pour la graine du Mali à des prix élevés, mais les quantités exportées sont faibles par rapport à la production de graine. Les prix obtenus actuellement ne peuvent être extrapolés à l'ensemble de la production de graine. Le prix export moins frais exposés, sur lequel Huicoma devrait s'aligner pour assurer son approvisionnement, aurait dû diminuer avec les quantités exportées.

La CMDT a continué à donner la priorité de l'approvisionnement à Huicoma, comme précédemment, mais à un prix nettement supérieur à celui des campagnes précédentes (+150 % en 3 ans).

Dans un premier temps, le prix de la graine a été augmenté de 11 F CFA/kg hors taxes en 1997, 1998 et 1999, à 20 F CFA/kg en 2000, en réponse aux difficultés financières de la CMDT. En 2001, en conséquence de la libéralisation de la commercialisation de la graine et pour tenir compte du coût d'opportunité de la graine pour la CMDT, le prix a été porté à 27,5 F CFA/kg hors taxes.

Créée en 1979, l'Huicoma se compose de 3 usines, situées à Koulikoro, Koutiala et Kita dont les capacités théoriques journalières de trituration s'élèvent respectivement à 500 tonnes, 650 tonnes et 150 tonnes.

Sidiki Y. Dembélé

 

Privatisation d'Huicoma : les langues se délient

Deux ans après la privatisation de l'Huilerie cotonnière du Mali (Huicoma), des voix s'élèvent pour, non seulement, dénoncer les irrégularités qui ont entaché les procédures de vente de cette société, mais également les basses manœuvres de certaines hautes personnalités impliquées dans le dossier.

C'est ainsi qu'on apprend qu'un ministre du gouvernement ATT avait démarché les responsables d'une des sociétés en compétition pour leur soutirer de l'argent. Une enveloppe de 700 millions de F CFA pour que celle-ci soit l'adjudicataire du marché en question. Sur ce pactole, 400 millions devaient atterrir à Koulouba.

Malheureusement, celui-ci aurait pris le contre-pied du ministre en déclinant l'offre et intimé l'ordre au ministre de rembourser les 300 millions de pot-de-vin qu'il avait déjà empochés. Si la société en question a pu recouvrer ses sous, elle a cependant perdu le marché. Une situation qui prouve, une fois de plus, que les attributions de marché public et les privatisations de sociétés et entreprises d'Etats ne se font pas dans les règles de l'art.

S. Y. D.

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COMMERCE

364 milliards de déficit en 2006

Le Mali a connu un déficit de commerce de 364 milliards de F CFA à cause d'un déséquilibre entre les exportations et les importations du pays, selon les chiffres publiées par le comité de validation des statistiques du commerce extérieur. En effet, la valeur des importations du Mali en 2006 s'élève à 951,6 milliards de F CFA contre 578,5 milliards de F CFA, ce qui a créé un manque à de 364 milliards de F CFA.

Cette négative performance est en partie due à la hausse du prix des produits pétroliers, dont l'importation au Mali en 2006 s'élève à 227,9 milliards de F CFA contre 196,5 milliards en 2005. La facture du pétrole a alors enregistré une hausse de 31,4 milliards de F CFA. L'or, dont le Mali est 3e grand producteur en Afrique, occupe la 1re place sur le tableau des exportations de notre pays avec 394,4 milliards de F CFA. Avec 123,2 milliards de F CFA en 2006 contre 369 milliards en 2005, les revenus de l'exportation du coton malien ont lamentablement chuté.

O. Ouologuem

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EXPLORATION PETROLIERE

Une compagnie américaine s'engage

Etant donné que les indices montrent de fortes chances de découvertes de réserves de pétrole, le Mali continue de séduire les sociétés étrangères qui ne cessent de s'engager aux côtés des nos autorités dans la recherche de l'or noir. La dernière en date est une société américaine, Terralliance Petroleum, basée à Newport Beach en Californie (Etats-Unis). Selon APA, Terralliance Petroleum a signé un contrat avec le gouvernement malien pour la recherche du pétrole dans le bloc 11 du bassin Tamesna et le bloc 21 du bassin de Taoudeni au nord de notre pays.

Pour mener à bien sa mission, la société américaine a promis d'injecter 76,6 millions de dollars américains dans ses recherches sur les deux sites. Elle s'est en outre engagée à investir pendant quatre ans 79,6 millions de dollars américains dans l'étude et la recherche de plusieurs projets. Terralliance Petroleum, ajoute APA, est tombé d'accord avec le gouvernement malien sur les modalités de partage de la production pétrolière en cas de découverte de l'or noir dans notre pays.

O. Ouologuem

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 MOEURS

« Y a-t-il des pédés au Mali ? »

Petite discussion oiseuse sur la débauche et l'anarchie sexuelle au Mali d'aujourd'hui…

A. C. est un homme de 63 ans installé dans une banlieue coquette de Los Angeles aux Etats-Unis. Bien intégré, jouissant d'une situation sociale enviable et marié à une Américaine depuis 35 ans, il n'a pas mis les pieds au Mali depuis 1970, il y a exactement 37 ans. En fait, il avait banni le Mali de sa vie depuis cette date et sa décision de s'exiler jusqu'à la mort quand son père, à Missira, lui avait piqué sa fiancée devenue la coépouse de sa mère.

J'ai connu A. C. en 2001 quand il était venu faire un tour au Festival de jazz de Montréal. Nous avons échangé nos numéros de téléphone. Depuis cette date, nous communiquons régulièrement. C'est ainsi que, petit à petit, A. C. a recommencé à s'intéresser à son pays natal. Il a compris progressivement que la haine et la rancune ne faisaient que le détruire davantage.

Au mois de juin, A. C., avec sa femme américaine, a décidé de visiter le Mali, de se réconcilier avec sa famille et enfin, de s'incliner sur le tombeau de ses parents, morts depuis des années. « J'ai besoin de pardonner, de me purifier, de chasser en moi cette haine de ma famille et du Mali, de redevenir un homme en paix avec moi-même » , m'expliquait-il avec la sagesse de l'âge. Finalement, le séjour fut tellement chargé d'émotion qu'il le prolongea de deux autres semaines. Sa femme y est restée pour deux mois supplémentaires.

A son retour aux USA, A. C., qui n'en revenait pas de découvrir un Mali aux antipodes de celui de 1970, me lâche un coup de fil qui commence avec une question vraiment bizarre : « Dis-moi fiston, y a-t-il maintenant des pédés au Mali ? »

Interloqué, surpris par la brutalité de la question, je reste coi au téléphone quelques instants. Il renchérit : « Ce que j'ai vu à Bamako sur le plan des mœurs ne m'a pas plu du tout. Le Mali est devenu une société pervertie par l'argent et le sexe. Le dévergondage a atteint des niveaux incroyables. Je me suis fait draguer dans le taxi par une fille de 16 ans ! Ici, tu peux être arrêté pour pédophilie ! »

Je ne suis pas un expert en mœurs et je n'ai jamais fait d'études sur les habitudes intimes de mes compatriotes. Mais une chose est claire dans ma tête : comme tous les pays du monde, il y a des homosexuels hommes et femmes au Mali comme il y a des dents dans la bouche du Malien normal. Et, contrairement à A. C. qui pense que ces « perversions » ont un lien avec le « développement » qu'a connu le Mali depuis 1991, je ne crois pas en l'existence d'un lien entre l'amélioration des conditions de vie et le développement de l'homosexualité dans une société.

Je pense et des dizaines de documents de référence le démontrent, que l'homosexualité est inhérente à la nature humaine. Tant qu'il y a des humains, il y a le penchant d'un genre pour un genre de même nature. La Bible, qui date de plus de 2000 ans, et le Coran, qui a 1500 ans, parlent déjà de ce phénomène. Il y a un passage biblique particulièrement inspiré sur l'histoire de Loth qui vivait au milieu de « pervers » qui, refusant les faveurs des filles de Loth, voulaient s'accoupler avec les hôtes mâles de ce prophète. S'il est aujourd'hui question, avec plus d'acuité de pédés et de gouines à Bamako, c'est que les gens en parlent plus ouvertement, les médias abordent le sujet et il n'y a pas cette peur de s'exprimer, de donner son opinion.

Calamités futures ?

Je pense également que le point de vue de mon aîné et ami A. C. qui prétend que l'islam devait être un rempart contre l'éclosion de l'homosexualité est une affirmation sans fondement. Il est clairement indiqué dans la littérature consacrée à la sexualité homogenre que les premiers écrits littéraires sur le sujet sont le fait de conteurs arabes. Au moment de l'apparition de l'islam, la Péninsule arabique était une société particulièrement portée sur l'homosexualité et les déviations transgenres. Il y avait même des divinités consacrées aux éphèbes et autres hermaphrodites que l'on désigne aujourd'hui sous le terme générique « bisexuels » .

D'un point de vue moral, A. C. reprouve la « tolérance excessive » des Maliens envers les pédés et les gouines et annonce des calamités futures pour ce pays. « On devrait les mettre nus sur la place publique et les brûler ainsi que ces gamines aguicheuses et leurs parents irresponsables ! » Je vois là une transplantation réussie au cœur de ce Malien de la mentalité hyper conservatrice de ce Deep South américain qui fait rarement dans la dentelle quand il s'agit de fustiger son prochain.

A mon avis, la morale est une notion très élastique. Et il est difficile, d'un point de vue global, de décréter ce qui est moral et ce qui est immoral ? Parce que les contradictions apparaissent crûment : est-il moral d'aller prier Dieu qui est amour et pardon le dimanche et manifester le lundi pour demander l'exécution d'un criminel ? Est-il moral de défendre l'avortement sur la place publique comme un droit et de s'indigner face à l'excision ? Est-il moral d'être fier de son armée dont le métier est de tuer des gens ? Est-il moral de dépenser 2 milliards de F CFA pour organiser un défilé du 22 septembre alors que des pauvres meurent devant l'hôpital Gabriel Touré parce que leurs familles ne peuvent trouver 20 000 francs pour acheter une ordonnance ?

Ou, en puisant dans l'actualité, est-il moral de s'attaquer aux pédés et gouines du Mali qui, somme toute, ne font du mal à personne, alors que le Vérificateur général vient d'épingler des voleurs professionnels qui ont détourné 103 milliards de F CFA des caisses publiques ? Est-il moral d'emprisonner le gérant de l'Opam de Diapaga pour le détournement de 2 millions alors qu'un ministre a dépensé 11 millions de F CFA en thé en une journée ! En somme, la morale est un terrain très glissant.

Même si je ne trouve pas l'homosexualité normale ne serait-ce que pour la perpétuation de l'humanité qui est fondamentalement hétérosexuelle, je ne participerai pas à un pogrom ou une campagne de haine contre les homosexuels. Car, foncièrement, dans mon intime conviction, je pense que Seul Dieu sait qui est pur et qui est impur, Seul Dieu est à même de juger de la moralité des gens.

Juste pour terminer, je connais un vieux à Niaréla qui, au mois de mai dernier, me donnait le nom d'une haute personnalité de l'administration malienne qui serait un « pédé fieffé qui doit être tué par honneur pour le Mali » . Puisque c'était un ami d'enfance de mon défunt père, je n'ai jamais osé lui dire que sa fille dont il est si fier et qui l'a envoyé en pèlerinage à La Mecque exerce le plus vieux métier du monde à Paris, précisément porte de Versailles où mon cousin policier l'a embarquée un jour pour racolage sur la voie publique. Vous voyez, donner des leçons de morale est très risqué surtout des leçons extrêmes.

Sur ce, je vous laisse deux semaines en tentant de guérir la maudite fièvre typhoïde que j'ai chopée au Mali en mai dernier après la malaria du mois de septembre 2006. Le temps de digérer aussi l'overdose d'idioties qui polluent notre monde.

Ousmane Sow

(journaliste, Montréal)

 

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 Info-flash

MP/affaire de la maîtresse du président : une connexion ?

Dans l'affaire opposant deux tendances pour le contrôle de la Maison de la presse (MP), une des parties aurait récemment rencontré le juge Sombé Théra pour lui demander son soutien. En contrepartie, les confrères ont assuré le procureur « emprisonneur » de journalistes de le protéger des confrères et de lui faire un blanc-seing, lui permettant d'embastiller à souhait les brebis galeuses et les moutons noirs du troupeau. Malheureusement, pour eux, Sombé leur aurait dit qu'il ne peut rien, puisque l'affaire est déjà à la Cour d'appel. Entre-temps, il a pu au moins savoir, de la bouche des confrères en question, qu'ils ne sont pas « avec les ex-bagnards ». Bon à savoir .

 

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 ALWATA ICHATA SAHI, OPF

« Nous avons reculé pour mieux sauter »

Dans une interview qu'elle nous a accordée, la secrétaire régionale de l'Organisation panafricaine des femmes (OPF) évoque, entre autres, le rôle des femmes dans la réalisation de l'Union africaine, leur participation aux récents scrutins et le projet de loi sur le quota des femmes sur les listes de candidature. Entretien…

Les Echos : Vous avez participé au dernier sommet de l'Union africaine à Accra. Quel a été le message des femmes ?

Alwata Ichata Sahi : J'ai participé au dernier sommet de l'Union africaine à Accra au nom de l'Organisation panafricaine des femmes, région Afrique de l'Ouest et en qualité d'observateur de l'Union africaine. Nous avons participé à tous les travaux du conseil exécutif de l'UA (rencontre des ministres des Affaires étrangères) et au sommet proprement dit. L'OPF a fait un lobbying pour la création des Etats-Unis d'Afrique. Nous avons fait une déclaration qui a été remise au président ghanéen, au Guide de la Révolution libyenne, au président de la Commission de l'UA et au président Wade. Me Abdoulaye Wade nous a même rencontrées. Nous souhaiterions qu'on aille aux Etats-Unis d'Afrique et le reste suivra.

Les Echos : Quel est le rôle que les femmes peuvent jouer dans la réalisation des Etats-Unis d'Afrique ?

A. I. S. : Nous pouvons faire tout ce que les hommes peuvent faire dans la réalisation de l'Union africaine surtout que nous constituons une majorité à la base. Nous avons proposé de mener des campagnes de sensibilisation des couches socioprofessionnelles du continent, à commencer par les pays réticents aux Etats-Unis d'Afrique. Dans ses objectifs initiaux, l'OPF accentue ses activités sur l'unité et la coopération.

Les Echos : Quelle lecture faites-vous de la participation des femmes aux élections présidentielle et législatives avec provisoirement une quinzaine de femmes députés ?

A. I. S. : Je pense que la participation des femmes aux deux derniers scrutins a été positive même si la candidate à la présidentielle (Ndlr Mme Sidibé Aminata Diallo) a échoué. Nous pensons que cette candidature a été un grand pas vers l'avant. Les femmes sont maintenant conscientes qu'elles doivent être présentes à l'Assemblée nationale pour discuter de leurs propres problèmes. Il y a provisoirement 15 femmes élues députés. Cela est un chiffre stationnaire. Il nous revient de réfléchir sur les causes de cette stagnation. Je pense qu'il y a des facteurs au sein des partis politiques qui handicapent les femmes. C'est pourquoi il faut une discrimination positive en faveur des femmes pour les inscrire en bonne place sur les listes de candidature.

Les Echos : Le projet de loi sur le quota des femmes sur les listes de candidature n'a pas été voté par les députés sortants. Qu'en est-il maintenant à votre niveau ?

A. I. S. : Nous n'allons pas relâcher. Nous avons reculé pour mieux sauter. Nous reviendrons plus fortes. Pour l'heure, nous préférons taire les stratégies que nous utiliserons pour parvenir à cette fin.

Propos recueillis par

Ogopémo Ouologuem

(stagiaire)

 

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 CONSEIL EXTRAORDINAIRE DE MALIFOOT

Des textes à la hauteur des ambitions

En prélude à la finale de la Coupe du Mali, la Fédération malienne de football (Malifoot) a tenu un conseil extraordinaire dont l'ordre du jour était la relecture des textes. C'était du 27 au 28 juillet au Stade Abdoulaye Macoro Sissoko de Kayes.

L'enjeu du conseil extraordinaire de Malifoot portait sur le toilettage des textes qui régissent le football malien afin de les adapter au nouveau contexte socio-économique et aux exigences des instances internationales. Les responsables de notre sport roi ont donc évalué et fait des propositions concernant les textes.

Parmi les nombreuses modifications intervenues à Kayes, il y a eu le concept des joueurs amateurs et non amateurs. Présentement, cette situation provoque beaucoup de vagues entre les clubs nantis comme le Stade malien, le COB, le Djoliba, le Réal, etc. et les instances dirigeantes du football national. Et à Kayes il a été élaboré un statut pour cette catégorie de joueurs qui bénéficient de salaire mensuel octroyé par leurs clubs.

Tout joueur qui perçoit une rémunération pour sa participation aux compétitions de Malifoot ou pour une activité quelconque en relation avec celles-ci, est désormais reconnu « non amateur » . Il doit l'être au bénéfice d'un contrat de travail écrit et à durée déterminée avec son club employeur. Cette catégorie fera l'objet d'un statut particulier et une commission sera nommée pour plancher sur la question. Les principes sont en tout cas déjà acquis.

La relecture des textes a réglé la question de représentativité de nos clubs aux compétitions africaines, notamment à la Coupe Caf. Depuis la suppression de la Coupe des vainqueurs de coupe, c'est le vainqueur de la Coupe du Mali qui représente le Mali en Coupe de la Confédération africaine de football (Caf). Selon le nouveau règlement, aux dires de Me Amadou Camara de la commission statuts et règlement de Malifoot, le champion en titre représentera le pays à la Ligue des champions. Mais, s'il se trouve que c'est cette même équipe qui remporte la Coupe du Mali, la Coupe Caf reviendra au vice-champion et non au finaliste malheureux.

L'article 58 du nouveau règlement stipule qu'un club appelé à jouer et qui a plus de trois joueurs dans l'équipe nationale, bénéficiera du report de ses matches s'il le désire. Sur le plan statutaire, les membres du comité exécutif ont augmenté et désormais le bureau exécutif aura trois vice-présidents. Les commissions seront désormais au nombre de 16 au lieu de 10. Aussi trois commissions, dont celles chargées des jeunes, des équipements et des infrastructures, ont-elles vu le jour.

Le secrétaire général est choisi par le comité exécutif qui est assisté d'un secrétaire administratif. Ils auront à leur disposition le personnel nécessaire pour le bon fonctionnement du secrétariat. Ces fonctions sont rémunérées sur la base d'un contrat de droit privé à durée indéterminée.

Le conseil extraordinaire de Kayes a entériné l'affiliation des centres et écoles de football du Mali (Acefoot-Mali) à la Fédération. Mais, une commission chargée du dossier planchera bientôt sur ce volet précis. Toutes choses qui permettront à ces centres de bénéficier des projets de développement du football à la base de la Caf et de la Fifa.

Boubacar Diakité Sarr et Harouna Traoré

(envoyés spéciaux)

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OpeneNRICH

 

 




 
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