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2007

Mois de juillet

Les Echos du 30 juillet 2007

COMMENT EVITER LES ERREURS DU PASSE ?

Quatre leçons aux décideurs soucieux du développement

Depuis l'accession de notre pays à la souveraineté nationale, les gouvernements successifs se sont donné comme objectif commun le développement du pays. Quarante-sept ans après, les discours se ressemblent, mais nous persistons dans un sous-développement inégalé. Comme si cet échec n'était pas suffisant, l'histoire semble se répéter avec un futur qui ressemble plus au passé. Les raisons de cette défaite sont nombreuses, mais la part des politiques demeure incontestée. Que les leaders politiques aient tous aimé le Mali, nul ne peut en douter. Mais les méthodes ont divergé avec des résultats qui n'ont nul besoin de commentaires. Il est aujourd'hui nécessaire d'en tirer toutes les leçons pour ne pas répéter les erreurs du passé. En voilà quelques-unes à retenir.

Première leçon. Le développement n'est pas synonyme de croissance économique. Plutôt, c'est un système social qui va loin au-delà des chiffres. Les chiffres sont certes importants, mais il n'est un secret pour personne que les facteurs non économiques sont tout aussi cruciaux pour le développement d'une nation. Parmi ces facteurs l'on a : l'attitude envers la vie, le travail, l'autorité, l'intégrité, la promotion du mérite, la tolérance, la religion et les liens de parenté. Ces facteurs, qui varient d'un pays à l'autre, constituent le noyau central du développement puisqu'ils ont des conséquences directes sur la productivité, l'efficacité des services publics, la croissance (diversifiée), le chômage et donc le niveau de vie. Pour que ces facteurs retrouvent tout leur rôle, la moralisation de l'action publique est une nécessité, et la responsabilité de l'Etat passe au premier rang puisqu'il fixe le cap.

Deuxième leçon. L'Etat doit donner le bon exemple en sanctionnant sévèrement les cadres qui faillissent à leurs obligations pour servir de leçons aux autres. Le gouvernement chinois, bien qu'étant communiste, fait de son mieux pour enrayer toute suspicion d'immoralité en son sein. Pour servir de leçons aux cadres tentés de faillir à leur devoir, le directeur de la sécurité alimentaire et des médicaments et son assistant viennent d'être exécutés il y a juste quelques jours. Leur crime ? Avoir accepté des pots-de-vin pour l'autorisation de certains produits non-conformes aux normes.

Il y a un mois, le ministre de l'Agriculture japonais s'en est pris à sa propre vie après avoir été soupçonné de corruption (sans être mis en examen). Ces sanctions - si fréquentes en Asie de l'Est en sont pour quelque chose dans la qualité sans pareille du public - aussi démesurés qu'elles semblent traduisent l'attitude des leaders soucieux de leur devenir. Ces gouvernements asiatiques ont compris que le poisson pourrit toujours par la tête, et de fait, ils veillent à ce que les chefs des services publics soient les meilleurs d'entre eux.

Troisième leçon. Quand la carrière nationale la plus convoitée est de faire la politique, notre développement ne serait qu'un mirage. Aujourd'hui, la société malienne est en crise. Tout le monde veut être président et tout le monde veut être député, y compris ceux qui ont un passé douteux. La raison est connue : la politique, pour le Malien, représente le raccourci vers une vie de rêve. Du jour au lendemain, un politicien peut se retrouver ministre ou directeur, et donc parmi les plus riches. Ils n'ont ni passion pour le service public ni idée pour résoudre les maux sociaux. Le trafic d'influence dont ils abusent à tort et à travers leur permet de jouer les rôles qui ne sont pas les leurs.

Quatrième leçon. Aussi longtemps que les bureaucrates seront dotés d'un pouvoir discrétionnaire inégalé, tel le cas présentement, qui leur permet de rendre tout possible y compris le pire, les décisions seront toujours basées sur des calculs personnels. Ce pouvoir discrétionnaire transforme les serviteurs de l'Etat en des demi-dieux qui peuvent, sans justification aucune, nuire à un prestataire de service public ou mettre un terme à la carrière d'un autre.

Au lieu d'être les serviteurs des citoyens reconnaissant que leur salaire et donc leur survie dépendent intégralement des contribuables, en les voyant parler et agir, on a l'impression d'avoir affaire à un roi s'adressant à ses sujets. Cet abus de pouvoir de discrétion fragilise nos institutions censées protéger les citoyens contre l'excès des tenants du pouvoir.

Paradoxalement, les réponses appropriées sont aussi claires que les problèmes : qu'on cesse de créer des ministères inutiles pour récompenser les alliés politiques, qu'on nomme à la tête des ministères et autres services publics de grands talents et d'indiscutables patriotes, que les représentants des citoyens les plus misérables de la planète cessent de circuler dans des Mercedes, qu'on augmente les salaires et qu'on licencie les fonctionnaires qui se présentent à 9 h au travail, qu'on interdise l'achat et la vente des produits ou tissus dans les lieux de travail public, qu'on élimine le pouvoir de discrétion des bureaucrates qui fait tant de mal au professionnalisme des agents publics. Qu'on renforce nos institutions pour qu'elles mettent chacun à sa place et chacun dans ses droits, et qu'on respecte ceux qui ont des points de vue différents mais qui sont tout aussi animés par la volonté de contribuer au développement de leur pays.

En attendant, le goût du gain facile, l'absence de dignité, l'abus de confiance, le paraître, le trafic d'influence et l'incompétence continueront à faire partie intégrante de notre vie. Quel gâchis !

Soya Djigué

( économiste )

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AFFAIRE « MAITRESSE DU PRESIDENT »

Lettre ouverte à M. le président de la République du Mali

Monsieur le président de la République, nous avons honte ! Honte pour ce qui a été fait dans notre pays ! Honte pour ce qui a été écrit sur notre pays ! Honte pour le jugement désormais porté sur nous ! Honte pour le silence de tous ces partis politiques, ADP, Mouvement citoyen confondus car voulant votre perte ! Honte parce que tout ce beau monde a attendu que votre fils Birama Konaré ait le courage juvénile mais mûr de prendre sa plume ! Honte aussi pour la justice qui a perdu des hommes comme Founè Mahalmadane qui aurait mis le holà comme quand la Constitution a failli être révisée pour d'autres candidats !

Birama Konaré vous a dit beaucoup de choses, mais il a oublié l'essentiel. Vous étiez là de 1992 à 2002. Alpha a été traîné dans la boue jusqu'à porter atteinte à sa propre mère. Nous l'avons suivi en direct sur une radio de la place. Quelle grossièreté ce jour ! Alpha a été traîné dans la boue après 2002 jusqu'à écrire qu'il était en noces à Dakar avec la veuve de Baré Maïnassara .

M. le président de la République, ce jour, vous auriez pu intervenir, frapper même très fort. Car là au moins, il y avait mensonge sur la personne et la dignité de l'ancien chef de l'Etat à qui la Constitution reconnaît ses droits d'ancien chef de l'Etat. Vous n'avez rien dit. Au contraire, des journalistes au service de qui on sait sur certaines radios de Bamako se sont évertués à l'insulter. Là encore, vous n'avez rien fait, rien dit. Alpha vous a enseigné, respecté, estimé jusqu'à vous éviter des insultes provenant de son entourage.

Estimé oui ! Il a choisi, décidé que vous continuerez l'œuvre commencée par les martyrs et achevée par un coup d'Etat par vous et vos camarades. M. le président, ne donnez pas raison à l'UDPM et aux contre-marcheurs . M. le président, ne donnez pas raison à des zélateurs qui poussaient les Maliens à s'intéresser à votre vie privée. M. le président, est-ce que vous vous posez les questions suivantes : Qu'est-ce qu'ils vont dire après moi ? Qu'est-ce qu'ils vont dire quand je ne serais plus le premier magistrat ? Que pourrait la justice quand des plaintes seront faites quand je serai simple citoyen ?

Votre ami Jacques Chirac a dû vous appeler pour vous dire « non ! pas ça ATT ». M. le président, les Maliens qui vous poussent à la dérive vous perdront comme ils ont perdu Modibo et Moussa car ils vous mentent, vous parfument et vous tirent après dans le dos. Vous avez été fasciné comme pionnier en voyant Modibo à la Maison du Mali. Mais vous avez vu aussi sa photo en vipère, la tête bien coiffée ; dans sa belle coiffure et ses beaux yeux luisants, un béret bleu, rouge ou vert avec une lance en plein dans la tête.

M. le président, vous ne méritez pas ça ! Tous les farceurs qui vous distraient et qui veulent vous livrer, vous et votre famille, à l'œil indiscret. Faites des ponts, des routes, des maternités, des logements sociaux même si c'est le contribuable malien qui paye et qui payera après vous.

M. le président, refusez le messianisme comme Bush ou Blair. M. le président, laissons finir votre dernier mandat et offrez-nous votre recueil des caricatures et des titres sur vous comme l'a fait l'ancien président. C'est ça le démocrate qui se dit que les hommes passent le peuple reste. Alors, on dira bravo !

L'emprisonnement des journalistes est un poison pour vous. Aussi M. le président, le tribunal a violé la loi en interdisant à Minta d'enseigner car il ne peut pas se valoir d'une peine complémentaire. Recyclez les juges, ils en ont grand besoin.

Référez-vous à « Tara Bouaré » et remettez tout à Dieu car Lui Seul est et restera. Appelez Sambi , Cissé, Kalambry, Fall , Diarra et Minta et présentez leur des excuses au nom de la Constitution dont vous êtes garant et qui nous donne deux droits fondamentaux : la liberté d'expression et de presse et la liberté de pensée.

Le président Lansana Conté a ouvert la prison pour libérer son ami Sylla qui a pourtant spolié son pays. ATT, vous auriez dû faire le même acte pour libérer vos « ennemis ».

Karamogo Doumbia

( ancien élève EN Sec qui n'a pas voulu les propositions du CMLN)

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ELECTIONS PRESIDENTIELLE ET LEGISLATIVES

La République autoritaire du Mali

Les élections générales d'où nous sortons furent celles d'un régime autoritaire qui fait ce qu'il veut et prend son peuple pour du bétail électoral. Du début à la fin, ce ne fut qu'une mascarade menée tambour battant au son de la menace et l'intimidation physique et mentale avec à la clé un gaspillage de ressources financières jamais observé dans le pays.

Les élections présidentielle (29 avril 2007) et législatives (2-22 juillet 2007) au Mali se sont achevées dans le calme et hormis le décès du Pr. Mamadou Lamine Traoré, ministre de l'Education nationale, survenu le 21 juillet 2007, et qui a endeuillé la nation entière, le pays vit normalement et même se porte comme un charme.

Le président sortant, ATT, comme il fallait s'y attendre, a été brillamment réélu avec un score frisant le ridicule en démocratie (plus de 71 %) et le regroupement de partis politiques qui l'a soutenu l'a été aussi aux législatives de la même manière, emportant plus des 3/4 des sièges à l'Assemblée nationale.

Tout le problème est de savoir maintenant ce que les uns et les autres vont faire de cette victoire extorquée qui, non seulement n'honore pas les gagnants, mais en plus déteint négativement sur la démocratie malienne. En toute logique, et si on se respecte, au regard de la tournure prise par les élections législatives, le futur Premier ministre doit sortir des rangs de l'Alliance pour la démocratie et le progrès (ADP), mais connaissant le général, homme de mépris pour les partis politiques et capable de minimiser la contribution de cette même ADP dans sa victoire, on ne serait pas étonné de le voir aller nous le chercher dans les régions ou à l'extérieur du Mali, à l'étranger chez des expatriés apolitiques, plus ou moins experts des questions humanitaires.

Sur ces élections, on a dit que tout s'est normalement passé, qu'elles ont été transparentes et sont crédibles ; du moins, c'est ce qu'ont noté les observateurs internationaux venus spécialement pour cela, mais on sait aussi que ces messieurs et ces dames, payés à des millions de F CFA, viennent chez nous plus en villégiature que pour y contrôler la régularité et la moralité des processus électoraux organisés par des régimes suspectées de tripatouillages des résultats.

Malgré tout ce qui s'est dit, vu la façon dont ces scrutins se sont déroulés, on ne peut s'empêcher de penser que le Mali, mine de rien, d'une République paisible et tranquille sous Alpha Oumar Konaré, est passé dans le champ d'une République autoritaire qui a les griffes et ne rigole pas. L'élection présidentielle ne fit pas de cadeau aux opposants, à tous ceux qui nourrissaient une quelconque ambition présidentielle ; au forceps, le pouvoir a tout mis en œuvre pour ne pas quitter la loge et a réussi à le faire, la manière en moins.

Tous les candidats qui pouvaient contrarier ATT, compromettre sa victoire, ont été soit marginalisés, soit réduits à peu de choses ou conditionnés à l'embastillement en cas d'entêtement. Les Tièbilé Dramé, les Ibrahim Boubacar Kéita et autres Soumeylou Boubèye Maïga ont fait les frais de cette logique de candidature unique à laquelle adhèrent, curieusement, la plupart des partis politiques. En définitive, rien ne fut négligé pour assurer à ATT une victoire éclatante et sans reproche.

Les partis politiques non membres de l'ADP ont assisté, impuissants, à cette élection fabriquée dont l'issue était connue à l'avance. Dans les dernières heures de la campagne électorale, l'administration a été caporalisée et mise au service exclusif du prince. Le personnel de commandement civil fut mis au pas avec des indemnités faramineuses et d'autres avantages en nature et en espèces que les préfets et les sous-préfets affamés ne pouvaient refuser. Le résultat fut que le candidat unique fut réélu avec le score nord-coréen que l'on sait.

La main visible de Koulouba

Les législatives de juillet 2007, à des détails près, reproduisirent les présidentielles. Les partis politiques se réclamant de la mouvance présidentielle et assurés du soutien du président ATT, partirent favoris et enlevèrent effectivement la mise. L'Etat et le clan présidentiel mirent tous les moyens à leur disposition pour faire échec aux candidats du camp adverse, ceux du Front pour la démocratie (FDR).

On poussa même l'outrecuidance jusqu'à opposer un héritier de la restauration, un indépendant soutenu par les dignitaires de l'ancien régime, à IBK, président de l'Assemblée nationale. Tout fut mis en œuvre pour faire couler le président du Rassemblement pour le Mali (RPM) en Commune IV de Bamako et, si celui-ci frôla la catastrophe avec le score de 51 % qui le sauva, ce fut, à la dernière minute, par peur des émeutes qui n'allaient pas manquer d'éclater si jamais on le déclarait battu.

Des écrivaillons à la plume trempée dans le caca avaient prédit avec arrogance sa chute, mais depuis la proclamation des résultats provisoires, ces mercenaires à la pousse en herbe se font tout petits et entrent en transes dès qu'on leur parle du candidat de la restauration tombé dans les caniveaux de la Commune IV.

Des amis et même des parents de la mouvance présidentielle tirés de leur petit trou et mis en possession de moyens financiers colossaux ont aussi pu rivaliser avec des responsables politiques de tout premier plan et même leur faire échec dans leur propre fief.

Moustaph Dicko à Douentza connut l'ultime « humiliation » de se faire sortir par une dame que personne ne connaissait auparavant, mais qui manifestement a ses entrées à Koulouba. Bréhima Bomboté en Commune III se fit purement descendre par une autre illustre inconnue du PCR, dont on se demande bien ce qu'elle va faire à Bagadadji . Nombreux sont les députés sortis ainsi de rien, mais bénéficiant du solide appui de Koulouba et qui vont siéger à l'Assemblée nationale plus pour les subsides que pour l'éloquence parlementaire attendue d'eux, mais qu'ils n'ont pas.

Les élections générales d'où nous sortons furent celles d'un régime autoritaire qui fait ce qu'il veut et prend son peuple pour du bétail électoral. Du début à la fin, ce ne fut qu'une mascarade menée tambour battant au son de la menace et l'intimidation physique et mentale avec à la clé un gaspillage de ressources financières jamais observé dans le pays.

Le comble est qu'appelée pour nettoyer les écuries d'ATT et réparer les dégâts de ses hommes, la Cour constitutionnelle a fait pire que le régime et ses thuriféraires. Non seulement, elle déclara que toutes les requêtes étaient nulles et fantaisistes, mais également valida aveuglement les résultats communiqués par l'administration territoriale dont on sait qu'elle est aux ordres du général ; ce faisant, elle donna raison aux observateurs internationaux qui avaient déclaré quelques semaines auparavant que tout s'était correctement passé et que « tout le monde, il est gentil ».

Ce boulot ingrat, pourri par nos juges constitutionnels a fait douter beaucoup de Maliens de la Cour constitutionnelle et ceux-ci se demandent maintenant si cette juridiction n'est pas payée par Koulouba et n'est pas aux ordres de César.

Yiriba

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FRAUDE SUR LES MEDICAMENTS

La lutte s'organise

Notre continent est en passe de devenir une passoire pour les trafiquants en tout genre. Aux vendeurs de drogues s'ajoutent les trafiquants de médicaments frauduleux. Des technologies sont conçues pour protéger le marché africain contre ce fléau.

Aucun pays de l'Afrique n'échappe au fléau qui rapporte autant que la drogue sans prise de risque pour les faussaires. Bénéficiant de complicité tacite, les faussaires qui doivent être réprimandés avec la dernière rigueur tombent sous le coup de la loi pour simple falsification. Une peine minime leur est infligée encore s'il n'y a pas d'arrangement pour libérer les tueurs en série.

La fraude sur les médicaments a pris des proportions aujourd'hui telles qu'il serait difficile de l'endiguer par un coup de baguette magique. La machine semble huilée et bien rodée. Derrière ce genre de trafic se cache une chaîne de complicité. Des firmes, de véritables entreprises de la mort installées en Chine, Egypte, Inde déversent par millier de tonnes des médicaments de qualité douteuse.

Pour le client, il est souvent difficile de différencier le vrai du faux. Des pharmacies peu regardantes n'hésitent pas à vendre de faux médicaments. Au mieux ces médicaments ne servent à rien, au pire leur composition peut s'avérer dangereuse pour la santé.

Face à la montée de ce problème, la résistance s'organise. Des solutions technologiques sont progressivement mises en place pour tenter d'enrayer ce négoce. Des techniques s'appuyant sur un code chimique, une étiquette ADN, voire une puce électronique de type RFID (par radiofréquence) permettent d'assurer une meilleure traçabilité et authentification des médicaments.

Assurer une meilleure traçabilité

Une nouvelle technologie a été mise en place pour lutter contre la falsification des médicaments. Elle consiste en une puce RFID UHF qui réduit de façon considérable les dangers liés au marché parallèle de médicaments. Le concept développé par Awack-RFID , une entreprise française, permet l'authentification et la traçabilité des médicaments importés en destination de tout continent.

La technique consiste au marquage par RFID des boîtes de médicament sujet à la contrefaçon : le marquage peut être effectué directement chez le concepteur ou chez l'exportateur (le robot de marquage offre un très grand débit).

Le marquage des colis par RFID peut-être fait manuellement. Tous les colis à destination sont lus avec un lecteur Awack-RFID pour authentification, par les services des Douanes, service Sanitaire, Société de contrôle, etc. Les lectures sont envoyées dans la base de données du concepteur pour validation. Dans le pays de destination, les clients peuvent vérifier l'authenticité des boîtes de médicaments soumises à un marquage RFID, par une présentation boîte par boîte devant une borne de lecture. Un bip sonore indiquera la validation et l'authentification du médicament. Ces bornes peuvent être apposées devant une pharmacie, un commissariat, une gendarmerie... etc., pour éviter le vandalisme.

Le tag UHF est infalsifiable, son code est unique. Les bornes de lecture ne prennent en compte que la série de code que Awack-RFID lui a transmis par data. A la date d'expiration de validité des lots, les codes sont retirés des bornes.

Une solution toute trouvée pour nos gouvernants pour lutter contre la vente des médicaments par terre qui ne sont en réalité que de la contrefaçon envoyée sur nos marchée ou même vendue à visage découvert dans certaines officines.

Abdrahamane Dicko

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 Me SYLVAIN M. KEITA, PRESIDENT DE LA CNHJ

« Nous ne voulons plus être à la marge »

Elu à l'issue du congrès ordinaire des huissiers, le 1er juin dernier, Me Sylvain Makan Kéita préside désormais aux destinées de la Chambre nationale des huissiers de justices du Mali. Le 4e président des huissiers du Mali entend donner un souffle nouveau à la profession confrontée à des difficultés. Entretien.

Les Echos : Dites-nous ce que c'est qu'un huissier ?

Me Sylvain Makan Kéita : Un huissier de justice est différent du simple huissier, parce que vous en avez dans les banques, l'Assemblée nationale par exemple… Mais, ceux-ci ne sont pas des huissiers de justice. Un huissier de justice, c'est un officier ministériel titulaire d'une charge qui a une fonction déterminée, qui s'occupe de l'exécution des décisions et actes juridictionnels, des constats, des recouvrements, des créances, des significations et des notifications des actes.

Les Echos : Vous venez d'être élu président de la Chambre des huissiers du Mali. Quelles sont les missions qui vous sont assignées ?

S. M. K. : Les huissiers, réunis en congrès, ont porté leur choix sur ma personne pour les représenter et défendre leurs intérêts. Pour cette mandature, nous sommes plus que jamais décidés à tourner la page afin que la profession aille de l'avant. Parce que, nous voulons participer pleinement à l'édification de la nation. Nous voulons prendre notre place dans l'épanouissement de l'Etat de droit. Ce sont des juristes qui se sont formés pour lequel l'Etat a consenti de gros moyens et c'est des juristes formés avec des moyens de l'Etat. Ils doivent en retour concéder tout ce qu'ils ont comme talent à l'Etat.

Les Echos : Quels sont les problèmes de la profession ?

S. M. K. : Les problèmes sont d'ordre organisationnel et matériel. Je vous étonnerais si je vous disais que la Chambre nationale des huissiers, de sa création à nous jours, n'avait ni boîte postale, ni numéro de téléphone. Nous n'allons pas l'attribuer à un pouvoir, ni à un département ministériel, mais à nous-mêmes. Je dis que c'est la preuve de notre propre carence. Parmi les mesures urgentes, nous avons pu installer une ligne téléphonique, créer une boîte postale. Nous sommes en train de prendre contact avec la presse dans le but d'étendre, développer nos ambitions.

Les Echos : Quelles sont au juste ces ambitions ?

S. M. K. : C'est d'abord, essayer de discuter avec les pouvoirs publics pour avoir la réponse à un certain nombre de doléances notamment le problème de la compétence territoriale et de la compétence matérielle. L'inadéquation entre la prestation et la rémunération. L'huissier n'est pas engagé avec les parties au procès, ni avec les parties en transaction. L'autre chose, c'est que nous voulons une organisation africaine. Nous évoluons dans l'espace Ohada . Le droit et la procédure sont harmonisés mais autant harmoniser les organes aussi. Donc, les huissiers de justice africains. Nous sommes déjà harmonisés à un niveau interne. Autre ambition, c'est de parvenir à la création d'un organe africain au niveau des huissiers de justice.

Les Echos : Quelles innovations comptez-vous apporter à la profession ?

S. M. K. : Les innovations, c'est d'abord l'information, le partage de l'information ainsi que la formation. C'est vrai que nous sommes déjà formés, mais nous entendons l'accentuer. Ensuite, il s'agira pour nous d'essayer de corriger les imperfections que j'évoquais tantôt. Il s'agit de la compétence matérielle, territoriale, l'inadéquation entre la numération et la prestation parce que nous sommes appelés à employer des jeunes qui sont appelés à s'installer dans les contrées les plus difficiles et qui au départ n'ont aucun moyen d'installation. Ça veut dire déjà qu'ils commencent avec un déficit. Je pense que les pouvoirs publics auraient une oreille attentive à ces doléances.

Les Echos : Certains de vos militants se plaignent du fait que la profession n'est pas membre de la Céni . Qu'en pensez-vous ?

S. M. K. : C'est simplement un vœu émis par le secrétaire général de la Chambre qui l'a souhaité si c'est possible. Ceci dépend des conditions dans lesquelles la Céni est installée. Vous savez que ce n'est pas un poste permanent. Nous avons un siège pour représenter les ordres professionnels au Conseil économique social et culturel. Donc, nous ne sommes pas en reste des actions de l'Etat.

Les Echos : Quels appels avez-vous à lancer aux pouvoirs publics ?

S. M. K. : Il faut d'abord apprendre à connaître la profession avant de l'accuser. Généralement, les huissiers sont accusés plus à tort qu'à raison. Mais on ne sait pas exactement ce qu'ils font. On ne connaît pas leurs difficultés. C'est ça le problème. Si on sait qu'il y a une inadéquation entre la rémunération et la prestation, si on savait que les huissiers sont consignés dans un territoire très limité, avec une compétence matérielle très limitée, on comprendra alors leurs difficultés.

Propos recueillis par

Amadou Sidibé

 

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 OPF

Des efforts consentis, mais insuffisants

En prélude aux cérémonies commémoratives de la Journée panafricaine des femmes, le secrétariat régional de l'Organisation panafricaine des femmes (OPF) a organisé samedi dernier une conférence-débats au Centre Djoliba . L'objectif était de dresser le « bilan des appuis faits aux femmes au cours des élections présidentielle et législatives de 2007 ».

Plutôt que d'être un bilan exhaustif des dernières élections présidentielle et législatives, la conférence a tourné autour des performances des femmes et des obstacles auxquels elles ont fait face lors des récents scrutins. Ainsi, il est ressorti que généralement, les femmes ont bénéficié d'appuis positifs malgré leur faible représentativité dans les instances de prise de décision, qui contraste avec les efforts déployés par l'Etat et la société civile. Le chemin à parcourir est donc long et le plus difficile reste à venir.

Avec seulement 2 femmes élues en 1991, 18 en 1997, 14 en 2002 et provisoirement 15 en 2007, les ambitions des femmes sont loin d'être satisfaites, pense Mme Diarra Kadiatou Samboura , conseiller technique au ministère de la Promotion de la femme, de l'Enfant et de la Famille. Mais, le point positif de ces consultations électorales est l'éveil de la conscience de la gent féminine, qui participe pleinement aux scrutins.

Le nombre de femmes candidates aux législatives de 2007 (218 contre 102 en 2002) et surtout la présence d'une candidate à la présidentielle attestent de cette prise de conscience. Il s'agit alors de « capitaliser les expériences acquises pour une participation accrue et efficiente des femmes en tant que candidates et électrices aux municipales de 2009 » , a recommandé Mme Alwata Ichata Sahi , secrétaire régional de l'OPF.

Lors des dernières élections législatives, les femmes ont éprouvé toutes les peines du monde à s'inscrire sur les listes de candidature à cause de la discrimination au niveau des partis politiques sans oublier les frais de campagne.

Pour surmonter ces difficultés, Mme Kané Nana Sanou , un des conférenciers du jour, a proposé de mener des campagnes de sensibilisation auprès des femmes, de la société civile, des partenaires de l'OPF et surtout de faire en sorte que « les dispositions constitutionnelles soient favorables aux femmes en attendant la parité » .

Quant à Mohamedine Dicko , historien et membre du comité exécutif de l' Adéma , il a rejoint Louis Aragon, qui affirme que « la femme est l'avenir de l'homme » . En d'autres termes, si la femme évolue, c'est toute une société qui évolue. C'est pourquoi, a-t-il insisté, le combat de la femme est un combat commun.

Parmi les interventions de l'assistance, celle de Mme Sidibé Aminata Diallo, unique candidate à la dernière présidentielle, a beaucoup attiré l'attention de l'auditoire. Affirmant avoir été « obligée de quitter le schéma de la victimisation » en briguant la magistrature suprême, Mme Sidibé ne regrette pas son expérience et est prête à la rééditer. Comme ses sœurs, elle fonde ses espoirs sur les femmes élues à l'hémicycle, car, a-t-elle dit, ce sont les femmes qui peuvent mieux plaider leur propre cause.

Ogopémo Ouologuem

( stagiaire )

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 LIVRES

La collection « Ma grand-mère m'a dit » lancée

Le ministre de la Culture et de l'Education, Cheick Oumar Sissoko a présidé la cérémonie de lancement des œuvres « dialogue intégration » Collection « Ma grand-mère m'a dit ». Une collection de 4 livrets lancée par la Fondation femme d'Afrique/Mémorial de Rufisque/comité national du Mali.

Les « mamies » sexagénaires et octogénaires réunies au sein de la Fondation femme d'Afrique/Mémorial de Rufisque/comité national du Mali dont la devise est « connaître pour mieux servir » , dans le souci d'établir un dialogue inter générationnel et de transmettre aux jeunes, leurs expériences pédagogiques et culturelles viennent de lancer la collection « Ma grand-mère m'a dit » , une collection de 4 volumes.

Conçue avec la participation des élèves du fondamental, du secondaire et des universitaires, la collection se veut « écrits, témoignages, commentaires, et analyses » des élèves et étudiants sur des contes, des fables, des textes et autobiographies des vieilles personnes. Ainsi dans les volumes I et II, on peut trouver la participation des enfants. Les III et IV comportent le témoignage de quelques grands-mères et des exposés sur le problème brûlant de l'immigration.

La collection « Ma grand-mère m'a dit » , selon Mme Ami Mariko , présidente par intérim de la Fondation section Mali, est éditée dans le but d'assurer le passage du relais entre les générations, pour la sauvegarde de nos valeurs culturelles et sociales sans lesquelles notre société ne peut regarder l'avenir avec espérance, ni vaincre la pauvreté.

« Le lancement de cette collection est une manière d'initier les jeunes talents à la lutte contre la pauvreté » . Pour elle, la collection, au-delà de l'instruction, comporte la culture et la tradition de notre pays « Certes, nous sommes pauvres, mais nous sommes très riches de par notre tradition, nos valeurs culturelles » . Aux générations montantes, Mme Mariko dira de redoubler d'efforts dans la lutte contre la pauvreté, de faire valoir les valeurs culturelles, seul gage de développer le pays.

Présidente de la Fondation femme d'Afrique Mémorial de Rufisque comité international, Mme Diop Sira Sissoko s'est dit très fière du lancement de la collection. A ses dires, elle servira aux générations montantes de moyen de prise de conscience.

La fondation est une institution mise en place par les cadres féminins de l'éducation et de la culture formées par l'administration coloniale à l'Ecole normale d'institutrice de Rufisque qui était en quelque sorte le pendant féminin de l'Ecole normale William Ponty . De 1938 à 1956, l'Ecole normale de Rufisque a formé et préparé des dizaines de jeunes filles issues de toutes les anciennes colonies d'Afrique de l'Ouest française.

La clef du savoir a été remise par Mme Travelé Bamita Travélé , doyenne de la fondation aux plus jeunes du fan's club Aminata Dembélé et Aba Diah , respectivement 8 et 10 ans.

Amadou Sidibé

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 FINALE DE LA COUPE DU MALI

Le Djoliba prive l'AS Bakaridjan de sa cerise

La finale de la 47e édition de la Coupe du Mali s'est disputée hier au Stade Abdoulaye Macoro Sissoko de Kayes. C'était en présence du Président de la République, Amadou Toumani Touré, qui avait à ses côtés des membres de son gouvernement et le président du Comité national olympique et sportif du Mali ( Cnosm ), Habib Sissoko. Vainqueur (2-0), le Djoliba a privé l'AS Bakaridjan de sa cerise sur le gâteau du maintien.

Pour la finale de cette 47e édition de la Coupe du Mali, on avait face à face le Djoliba de Bamako et l'AS Bakaridjan de Baraouéli (Ségou). Dix ans après le Sigui de Kayes, vainqueur de la Coupe du Mali face à l'AS Réal, une autre région allait t-elle inscrire son nom au palmarès de la cette prestigieuse compétition ? Ce qui est sûr, c'est que l'enjeu de la rencontre était loin d'être le même pour les deux formations en présence.

Requinquée par l'arrivée de Moussa Kéita dit Dougoutigui et 9e (23 points) au classement général du championnat national, l'AS Bakaridjan a presque réussi à atteindre son objectif : le maintien dans l'élite ! Elle voulait donc la coupe comme cerise sur ce gâteau inattendu il y a quelques journées. C'est dire que les protégés de Amadou Baïba Kouma n'avaient rien à perdre dans cette finale. Ce qui n'était pas le cas de leurs adversaires du jour.

Même si le titre de champion du Mali est toujours à la portée du Djoliba , co-leader, cette formation ne peut se permettre de cracher sur une opportunité de disputer une compétition africaine. Sans compter que les Rouges avaient également l'occasion de refaire leur retard sur leurs grands rivaux, les Blancs, au palmarès de Dame coupe. En effet, le Stade malien compte 17 trophées à son compteur contre 16 au DAC.

Pendant la première mi-temps, les Sofas de Dougoutigui ont quadrillé la pelouse empêchant les Djolibistes de développer leur rouleau compresseur. Pratiquant un football chatoyant fait de petites passes et de feintes, Magassouba et ses coéquipiers n'ont pas seulement fait douter leurs adversaires, ils ont aussi agréablement régalé le public. Il a fallu attendre la 22e minute pour voir la première alerte des Rouges. Malgré quelques éclaircies, quelques étincelles ici et là, Koman Coulibaly a sifflé la pause sur le nul vierge de 0-0. La prudence observée dans les deux camps n'a pas permis à la partie de se débrider.

Bakaridjan tombe les armes à la main

Il fallait donc s'attendre à ce que la seconde partie se joue sur un autre registre. Et surtout la fraîcheur physique et le choix des remplaçants pouvaient faire la différence. A ce niveau, Dougoutigui a surpris tout le monde à en faisant sortir son joker, Abdoul Karim Magassouba , remplacé par Sékou Berthé . Moins de deux minutes après, le Djoliba ouvrait le score par Moussa Diallo dit Comité à la 52e minute. Ce dernier a victorieusement repris un puissant tir de Lassana Fané renvoyé par le portier Bourama Bamba.

Les Rouges ont dès lors pris la direction des opérations en s'imposant au milieu. Leurs adversaires n'ont pas pour autant baissé les bras en espérant rapidement revenir à la marque. Hélas, c'est une main malheureuse de Mohamed Camara qui a permis au Djoliba de doubler la mise par Sory Ibrahima Bangoura . Ce fut le tournant de cette finale car Koman Coulibaly a mis fin à la partie sur ce score de 2-0. La maturité de l'effectif de Fagnery Diarra l'a emporté sur la jeunesse et la fougue des protégés de Dougoutigui .

Le Djoliba rejoint ainsi le Stade malien au palmarès et peut même se vanter d'être la première équipe à brandir le nouveau trophée, Ciwara , offert par Ainess de Malamine Koné. Le club peut maintenant prétendre au doublé coupe-championnat . Ce qui est sûr, c'est que contrairement aux deux saisons écoulées, les Rouges seront prochainement présents sur la continentale.

Moussa Bolly

Infos-Flash

. Affrontements avant match

Avant le match de la finale de la Coupe du Mali, Kayes a frôlé des émeutes. Pour une histoire de billets parallèles saisis sur des spectateurs à l'entrée du stade Abdoulaye Makoro Camara, la police a voulu voir clair. Un contrôle minutieux a été opéré par les forces de l'ordre. Des supporters, apparemment des suspects, qui n'entendaient pas les choses de cette oreille ont violemment protesté. Des bousculades, jets de pierre s'en sont suivis. Des altercations qui ont occasionné plusieurs blessés graves, dont des policiers.

. Stade Abdoulaye Makoro délabré

Le Stade Abdoulaye Makoro Camara de Kayes qui a abrité la finale de la 47e édition de la Coupe du Mali est en piteux état. Ce stade, construit à l'occasion de la Can-2002, comme d'autres stades de l'intérieur, souffre de problèmes d'entretien. La pelouse est en état de dégradation avancée, des sièges de gradins sont cassés, le bâtiment servant de bureaux et de salle de conférence est en décrépitude. Ces stades du pays, construits au prix de mille efforts, avec l'argent du contribuable malien, méritent d'être bien entretenus. Il en va du développement de notre sport.

 

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