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2007

Mois de juillet

Les Echos du 26 juillet 2007

COMMUNE II

Le quartier de Missira et le maire à couteaux tirés

Les Missiraka ont marché hier sur la mairie de la Commune II pour protester contre la décision du maire central qui a évincé Mamadou Fofana dit Madjou de son poste d'officier d'état-civil de leur quartier.

« Nous ne cherchons rien d'autre, nous exigeons seulement que notre Madjou soit rétabli dans ses droits » . C'est en ces termes que les habitants, sortis en très grand nombre, ont exprimé leur désapprobation de la mesure prise par la maire de limoger Mamadou Fofana. Ils avaient pris d'assaut les locaux de la mairie centrale de la Commune II et ses alentours.

La population de Missira, décidée à aller au bout de son exigence, pense que la décision du maire centrale de la Commune II de déposer Mamadou Fofana dit Madjou de son poste de conseiller communal au centre d'état-civil de Missira n'est qu'un règlement politique.

Mamadou Fofana a été élu sur la liste du Mouvement patriotique pour le renouveau (MPR) aux élections communales du 30 mai 2004 en Commune II du district. Suite à une incompréhension, il a démissionné du MPR pour se retrouver au Parti citoyen pour le renouveau (PCR).

Désapprouvant le comportement de son ex-camarade, Gaoussou Ly, le maire de la Commune II, a adressé une lettre au gouverneur du district afin de le déchoir de son poste. Mais, le gouverneur est resté indifférent face à cette demande. M. Ly a alors pris sa propre décision de faire remplacer Madjou par Gaoussou Touré sans autant aviser les autres conseillers.

La population de Missira considère la décision du maire comme une injure faite à elle. « La raison de notre sortie aujourd'hui est de demander au maire d'annuler sa décision. Nous avons voté pour Madjou pour l'épanouissement de notre Commune. C'est un cadre qui a déjà fait ses preuves. C'est un grand travailleur. Nous venons de remettre une lettre au maire dans laquelle nous demandons l'annulation de sa décision. S'il refuse nous allons passer par la voie judiciaire » , nous a expliqué Alhader Hamidou Touré, porte-parole des jeunes du quartier.

« Parce que j'ai quitté le MPR, que le maire a pris la décision de me limoger. Ma nomination au poste de maire délégué est une convention entre les 25 conseillers de la mairie qui ne sont pas informés de cette décision. Je n'ai rien dit. C'est la population qui me réclame. Je n'ai commis aucune faute dans l'exercice de mes fonctions. J'ai toujours été à la disposition de la population de mon quartier » , s'est défendu Mamadou Fofana.

Sidiki Doumbia

(stagiaire)

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ASSEMBLEE NATIONALE

La déroute de ténors

Si les tendances actuelles du 2e tour des législatives se confirmaient, la nouvelle configuration de l'Assemblée nationale verra la disparition de dinosaures ou de ténors et la percée des jeunes loups aux dents longues.

Les résultats provisoires du 2e tour des législatives du 22 juillet dernier sonnent sinon le glas de certains dinosaures de la politique à l'Assemblée nationale, du moins se révèlent être une contre-performance pour eux.

N'ayant pu remonter la pente au 2e tour dans leur circonscription électorale, les dinosaures doivent attendre 2012 pour prétendre au siège de député si les résultats provisoires venaient d'être validés par la Cour constitutionnelle.

Au rayon des ténors, l'on peut classer Moustapha Dicko de l'Adéma (Douentza), Ibrahim Bomboté du RPM (Commune III), Boubacar Touré du RPM (Niono), Kaourou Doucouré du Parena (Yélimané). Pour avoir été de plusieurs législatures, l'expérimenté Mahamane Santara de l'Adéma (Djénné) a aussi échoué…

Quoi qu'il en soit, l'on retiendra d'eux que durant la législature écoulée, ils n'ont pas fait trembler l'Assemblée nationale en dépit des séances d'interpellation convoquées à leur initiative. Certains d'entre eux sont restés muets comme une carpe.

Ce qui fait dire à certains observateurs que leur absence à l'hémicycle n'aura pas trop d'incidence sur la qualité des débats qui, du reste, seront d'un niveau moyen en dépit de l'arrivée d'acteurs politiques de premier plan comme Konimba Sidibé, Me Amidou Diabaté, André Traoré (anciens ministres), Dr. Oumar Mariko de Sadi.

Sur un tout autre plan, les législatives de 2007 laissent apparaître que les femmes du district ont réalisé meilleures performances que leurs sœurs des régions. Mme Touré Safiatou Traoré PCR (Commune III), Mmes Fanta Mantchini Diarra (Cnid/Fyt), Kadiatou Samaké (URD) en Commune V et Mme Saoudatou Dembélé, élue sur la liste Adéma-MPR-UDD, défendront les Bamakoises à Bagadadji.

A Kati Kadiatou Takho Maïga (Adéma) et à Douentza Fatoumata Dicko du PSP et Oulématou Tamboura élue sur la liste Adéma à Ténenkou ont bénéficié de la confiance des populations locales.

Bon nombre des nouvelles élues ne sont pas connues du grand public qui attend d'être convaincu par elles à travers une participation de qualité aux débats.

Mohamed Daou

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LEÇONS DES LEGISLATIVES

Le fait partisan s'impose

En 2002, au nom de son consensus, le général ATT a privé les partis de leur victoire. Se laisseront-ils faire cette fois encore ?

Les consultations électorales qui viennent d'avoir lieu au Mali prouvent que les partis politiques ont encore un rôle à jouer. Ils ont été unanimes à soutenir un indépendant, signe de leur division et même de leur inconséquence. Mais, au moment de penser à eux-mêmes, que peuvent-ils attendre de cet homme ?

Le consensus tant prôné par ATT a montré ses limites. Il n'a jamais eu de vrais idéologues, en dehors du militaire qui l'a sorti de sa besace trouée, mais qui n'a jamais su le conceptualiser, a fortiori l'appliquer ou le rendre lisible. Le consensus à la sauce ATT n'a abouti qu'à l'aggravation de la corruption, de la concussion, du népotisme, du copinage… Tout est contre l'intérêt supérieur du Mali.

Le consensus d'ATT a infantilisé la nation, instrumentalisé le politique et divisé les fils du pays. Les seules armes utilisées, en lieu et place du débat démocratique ont été, pour tous ceux qui ont eu l'outrecuidance de réfléchir et de voir autrement, les enlèvements, les bastonnades ou les exactions exercées par des sous-fifres de la trempe d'un certain procureur…

Les résultats provisoires en tout cas accordent un sursis aux partis politiques. Les thuriféraires du Mouvement citoyen voulaient sonner l'hallali des formations politiques dont l'essence est de conquérir à l'expression des suffrages.

Refuser la mystification

Les électeurs (ceux qui se sont donné la peine de se déplacer) ont mis le holà à ce désordre entretenu en haut lieu. Ils préfèrent la politique même avec ses imperfections à l'aventure.

A présent, il revient aux politiques d'obliger le président ATT à respecter le fait partisan, c'est-à-dire à traduire en acte concret le choix du peuple, dans des proportions, sur des hommes politiques. Que ceux qui parviennent à former une majorité gouvernent ! Cela aura l'avantage qu'il y aura au moins quelqu'un à sanctionner à l'heure du bilan et nous sortir d'une gestion clanique et épidermique du pouvoir.

Les législatives 2007 ont permis de décanter la situation et surtout de clarifier les positions : les « indépendants » et surtout le « Mouvement Citoyen » ont été ramenés à leurs justes proportions.

Au moins, selon Me Tall, le mythe des fiefs est tombé pour beaucoup. Lui, qui est supposé être de Ségou, s'est toujours fait élire dans « son fief » par portage. En 2002, c'était le RPM. En 2007, c'est sur une liste Adéma qu'il retourne Place de la République…

Qui sera le prochain Premier ministre ? Sans être dans le secret des dieux (surtout qui semblent avoir fui l'échiquier politique malien et tout ce qui va avec…), il est quand même possible de dire qu'il doit être politique, partisan. Aux hommes politiques de se battre pour cela parce qu'on est en République.

Alexis Kalambry

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LEGISLATIVES 2007

Les état-majors font le décompte

Les législatives sont bien terminées. A présent, tous les regards sont tournés vers la Cour constitutionnelle qui doit valider les résultats de dimanche dernier et confirmer les candidats dans leur future fonction de représentant du peuple à l'Assemblée nationale. En attendant que les neuf sages du Dibida ne livrent leur arrêt, dans les états-majors des partis politiques, l'heure est au bilan.

Au siège de l'Adéma/PASJ, il régnait mardi une atmosphère sereine. Des militants qui avaient pris place dans l'enceinte du siège épiloguaient paisiblement sur les résultats du 2e tour des élections législatives. Au parti de l'Abeille, l'heure est à la prudence nonobstant les 55 députés obtenus sur listes propres. Ce nombre représente presque la moitié de ce que le président du parti, Dioncounda Traoré, espérait.

Au cours d'une conférence de presse qu'il avait animée à l'occasion du XVI anniversaire du parti, Dioncouda avait déclaré devant le parterre de journalistes que l'Adéma allait aux législatives avec 101 candidatures sur lesquelles le parti espérait réaliser un taux de 80 % de réussite. Même si cet objectif ne semble pas atteint, à l'Adéma certains ne cachent pas leur satisfaction. Pour eux, le parti a gagné un pari, parce que soutiennent-ils, rien ne présageait vraiment cette nette victoire.

La grande désillusion est venue du Rassemblement pour le Mali. Le parti que dirige le président de l'Assemblée nationale avait émerveillé en 2002 en remportant une majorité relative (45) des sièges de l'Assemblée nationale. Cette percée du RPM était d'autant plus étonnante que le parti du Tisserand venait à peine d'être porté sur les fonts baptismaux. Qu'est-ce qui est alors arrivé au RPM en un peu moins d'une décennie ?

Seul le parti a ses propres réponses à cette question qu'elle abordera certainement dans une de ses prochaines conférences. En effet, aux dires de certains observateurs de la vie politique nationale, les fraudes à elles seules ne sauraient et ne peuvent justifier cette dégringolade du Rassemblement pour le Mali. Les causes sont à rechercher, pensent-ils, dans le choix des candidats et dans les crises interpersonnelles qu'a connues le Tisserand à l'orée des élections. Parmi ces crises, celle de Sikasso avec la démission d'Ousseyni Guindo et son ralliement à l'URD. Ce dernier avait, semble-t-il, parier de bouter le RPM à Sikasso. Il a réussi son pari, car il est élu député sur la liste URD.

Le parti présidé par Younoussi Touré, élu dès le 1er tour, peut être satisfait de son score. Troisième force politique à l'AN après l'Adéma et le RPM en 2002, l'URD sera la deuxième force politique au cours de la législature qui s'ouvre dès septembre si les résultats venaient à être confirmés en l'Etat par la Cour constitutionnelle.

Le parti Sadi et le Parena peuvent se frotter les mains. Même s'ils ne peuvent pas, à eux seuls, constituer un groupe parlementaire à l'AN, ils ont réalisé un score honorable. La Sadi décompte 4 députés dont son secrétaire général Oumar Mariko. Solidarité africaine pour la démocratie et l'indépendance qui, au départ avait 6 députés à l'AN, s'était à mi-parcours de mandat retrouvé avec zéro député. Ses six élus de Koutiala avaient démissionné pour créer Liberté et justice sociale.

Denis Koné

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 FINALE COUPE DU MALI DIMANCHE

Avantage historique au Djoliba

Le 29 juillet 2007, le Stade Abdoulaye Macoro Sissoko de Kayes refusera à coup sûr du monde. La raison ? Le Djoliba AC et l'AS Bakaridjan s'y affronteront pour le compte de la 47e finale de la Coupe nationale.

A 72 h de la finale de la Coupe du Mali qui déterminera le représentant malien en Coupe de la Confédération africaine de football (Caf), un regard historique sur les confrontations ainsi que le parcours des deux formations donnent un léger avantage au Djoiliba athlétic club.

Avec trois doublés coupe-championnat en 1996, en 1998 et en 2004, une finale de la Coupe UFOA en 1990, un quart de finale de la Coupe Caf en 2001, des demi-finales de coupes d'Afrique des clubs champions et de vainqueurs de coupe (1967, 1977, 1981 et 1982), etc., l'équipe du président Karounga Kéita, plus capée, est en mesure de l'emporter.

Mais, évitons de vendre la peau… du guerrier avant de l'avoir abattu. Même si récemment l'équipe des Rouges s'est imposée à l'aller comme au retour face à l'AS Bakaridjan (2-1, 3-2) en championnat national, les garçons d'Amadou Baïba Kouma rêvent de vengeance.

En deux mois, le team de Moussa Kéita dit Dougoutigui “Chef de village” a accompli des prouesses qui doivent sonner comme un avertissement pour les prétendus “grands” clubs du pays. Il a successivement éliminé la Renaissance de Ségou (3-0), la Flèche noire de Baguinéda (4-1) avant de dicter sa loi aux “grands”, dont le détenteur du trophée, le Stade malien de Bamako battu (2-0) et le COB tombé (2-1) lors des demi-finales au Stade Modibo Kéita.

Toutefois, le Djoliba semble en forme. Avec 10 titres de champion et 16 coupes nationales, les poulains de Fagnery Diarra entendent retrouver leur lustre d'antan.

Dans cette confrontation, le mental, à n'en point douter, fera la différence. C'est dire que les sportifs kayésiens devront assister à un match palpitant de la première minute au coup de sifflet final.

Boubacar Diakité Sarr

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