La population de Missira, décidée à aller au bout de son exigence, pense que la décision du maire centrale de la Commune II de déposer Mamadou Fofana dit Madjou de son poste de conseiller communal au centre d'état-civil de Missira n'est qu'un règlement politique.
Mamadou Fofana a été élu sur la liste du Mouvement patriotique pour le renouveau (MPR) aux élections communales du 30 mai 2004 en Commune II du district. Suite à une incompréhension, il a démissionné du MPR pour se retrouver au Parti citoyen pour le renouveau (PCR).
Désapprouvant le comportement de son ex-camarade, Gaoussou Ly, le maire de la Commune II, a adressé une lettre au gouverneur du district afin de le déchoir de son poste. Mais, le gouverneur est resté indifférent face à cette demande. M. Ly a alors pris sa propre décision de faire remplacer Madjou par Gaoussou Touré sans autant aviser les autres conseillers.
La population de Missira considère la décision du maire comme une injure faite à elle. « La raison de notre sortie aujourd'hui est de demander au maire d'annuler sa décision. Nous avons voté pour Madjou pour l'épanouissement de notre Commune. C'est un cadre qui a déjà fait ses preuves. C'est un grand travailleur. Nous venons de remettre une lettre au maire dans laquelle nous demandons l'annulation de sa décision. S'il refuse nous allons passer par la voie judiciaire » , nous a expliqué Alhader Hamidou Touré, porte-parole des jeunes du quartier.
ASSEMBLEE NATIONALE
La déroute de ténors
Si les tendances actuelles du 2e tour des législatives se confirmaient, la nouvelle configuration de l'Assemblée nationale verra la disparition de dinosaures ou de ténors et la percée des jeunes loups aux dents longues.
Les résultats provisoires du 2e tour des législatives du 22 juillet dernier sonnent sinon le glas de certains dinosaures de la politique à l'Assemblée nationale, du moins se révèlent être une contre-performance pour eux.
N'ayant pu remonter la pente au 2e tour dans leur circonscription électorale, les dinosaures doivent attendre 2012 pour prétendre au siège de député si les résultats provisoires venaient d'être validés par la Cour constitutionnelle.
Au rayon des ténors, l'on peut classer Moustapha Dicko de l'Adéma (Douentza), Ibrahim Bomboté du RPM (Commune III), Boubacar Touré du RPM (Niono), Kaourou Doucouré du Parena (Yélimané). Pour avoir été de plusieurs législatures, l'expérimenté Mahamane Santara de l'Adéma (Djénné) a aussi échoué…
Quoi qu'il en soit, l'on retiendra d'eux que durant la législature écoulée, ils n'ont pas fait trembler l'Assemblée nationale en dépit des séances d'interpellation convoquées à leur initiative. Certains d'entre eux sont restés muets comme une carpe.
Ce qui fait dire à certains observateurs que leur absence à l'hémicycle n'aura pas trop d'incidence sur la qualité des débats qui, du reste, seront d'un niveau moyen en dépit de l'arrivée d'acteurs politiques de premier plan comme Konimba Sidibé, Me Amidou Diabaté, André Traoré (anciens ministres), Dr. Oumar Mariko de Sadi.
Sur un tout autre plan, les législatives de 2007 laissent apparaître que les femmes du district ont réalisé meilleures performances que leurs sœurs des régions. Mme Touré Safiatou Traoré PCR (Commune III), Mmes Fanta Mantchini Diarra (Cnid/Fyt), Kadiatou Samaké (URD) en Commune V et Mme Saoudatou Dembélé, élue sur la liste Adéma-MPR-UDD, défendront les Bamakoises à Bagadadji.
A Kati Kadiatou Takho Maïga (Adéma) et à Douentza Fatoumata Dicko du PSP et Oulématou Tamboura élue sur la liste Adéma à Ténenkou ont bénéficié de la confiance des populations locales.
Bon nombre des nouvelles élues ne sont pas connues du grand public qui attend d'être convaincu par elles à travers une participation de qualité aux débats.
Mohamed Daou
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LEÇONS DES LEGISLATIVES
Le fait partisan s'impose
En 2002, au nom de son consensus, le général ATT a privé les partis de leur victoire. Se laisseront-ils faire cette fois encore ?
Les consultations électorales qui viennent d'avoir lieu au Mali prouvent que les partis politiques ont encore un rôle à jouer. Ils ont été unanimes à soutenir un indépendant, signe de leur division et même de leur inconséquence. Mais, au moment de penser à eux-mêmes, que peuvent-ils attendre de cet homme ?
Le consensus tant prôné par ATT a montré ses limites. Il n'a jamais eu de vrais idéologues, en dehors du militaire qui l'a sorti de sa besace trouée, mais qui n'a jamais su le conceptualiser, a fortiori l'appliquer ou le rendre lisible. Le consensus à la sauce ATT n'a abouti qu'à l'aggravation de la corruption, de la concussion, du népotisme, du copinage… Tout est contre l'intérêt supérieur du Mali.
Le consensus d'ATT a infantilisé la nation, instrumentalisé le politique et divisé les fils du pays. Les seules armes utilisées, en lieu et place du débat démocratique ont été, pour tous ceux qui ont eu l'outrecuidance de réfléchir et de voir autrement, les enlèvements, les bastonnades ou les exactions exercées par des sous-fifres de la trempe d'un certain procureur…
Les résultats provisoires en tout cas accordent un sursis aux partis politiques. Les thuriféraires du Mouvement citoyen voulaient sonner l'hallali des formations politiques dont l'essence est de conquérir à l'expression des suffrages.
Refuser la mystification
Les électeurs (ceux qui se sont donné la peine de se déplacer) ont mis le holà à ce désordre entretenu en haut lieu. Ils préfèrent la politique même avec ses imperfections à l'aventure.
A présent, il revient aux politiques d'obliger le président ATT à respecter le fait partisan, c'est-à-dire à traduire en acte concret le choix du peuple, dans des proportions, sur des hommes politiques. Que ceux qui parviennent à former une majorité gouvernent ! Cela aura l'avantage qu'il y aura au moins quelqu'un à sanctionner à l'heure du bilan et nous sortir d'une gestion clanique et épidermique du pouvoir.
Les législatives 2007 ont permis de décanter la situation et surtout de clarifier les positions : les « indépendants » et surtout le « Mouvement Citoyen » ont été ramenés à leurs justes proportions.
Au moins, selon Me Tall, le mythe des fiefs est tombé pour beaucoup. Lui, qui est supposé être de Ségou, s'est toujours fait élire dans « son fief » par portage. En 2002, c'était le RPM. En 2007, c'est sur une liste Adéma qu'il retourne Place de la République…
Qui sera le prochain Premier ministre ? Sans être dans le secret des dieux (surtout qui semblent avoir fui l'échiquier politique malien et tout ce qui va avec…), il est quand même possible de dire qu'il doit être politique, partisan. Aux hommes politiques de se battre pour cela parce qu'on est en République.
Alexis Kalambry
Acceuil