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2007

Mois de juillet

Les Echos du 23 juillet 2007

LEGISLATIVES 2e TOUR A MACINA

Un fraudeur arrêté

A Macina, dans la région de Ségou, un jeune a été arrêté avec sur lui plus de 15 000 cartes d'électeurs volés. Le présumé coupable, Seydou Kalapo , se réclame de l' Adéma . Le juge qui a été saisi a demandé sur le champ la situation des procurations dans la Commune, ce qui a révélé des cas effarants.

Dans un bureau de vote par exemple, il y a plus de 87 cartes volées. Beaucoup, dénoncent la légèreté ou la complicité de la préfecture dans la distribution des procurations qui ont été établies, pour la plupart, au profit de l' Adéma .

Comment ces cartes ont-elles été volées ? C'est la question que l'on se pose sur place, et du coup, les regards se tournent vers les chefs de villages car les cartes non retirées sont déposées chez eux.

A. K.

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BANAMBA

Fraudes massives

Absence des forces de sécurité, laisser-aller des électeurs, indifférence des présidents de bureau de vote, les élections à Touba , dans la Commune de Duguwolowula ( Banamba ) se sont caractérisées par des fraudes massives dans une complicité passive des autorités de la sous-préfecture.

La sous-préfecture de Touba , dans la Commune rurale de Duguwolowula , est la plus grande circonscription électorale de la préfecture de Banamba , qui totalise 19 579 électeurs pour 62 bureaux de vote et deux sièges à pourvoir. Touba a focalisé toutes les attentions au scrutin d'hier. Elle est la ville d'origine de la tête de liste du Mouvement citoyen, l'honorable Hamadaou Sylla qui veut rempiler pour un second mandat à l'Assemblée nationale. Cette liste est opposée à la coalition Parena-Adéma .

Des centres de vote ressemblaient à une véritable auberge espagnole dans laquelle tout entrait et sortait. Des électeurs votaient plusieurs fois sans être inquiétés. Ils n'étaient pas soumis à aucun contrôle d'identité. L'anarchie était favorisée par l'absence totale de forces de l'ordre. Un fraudeur appréhendé par un président de bureau de vote en début d'après-midi a été finalement relâché le président de bureau de vote qui ne savait à qui le remettre.

La même situation de fraudes massives prévalait dans les autres communes de Duguwolowula comme Kérouané et Bouadougou . Il semble que la consigne de vote était doublée d'un quitus donné à la fraude.

La liste indépendante Hamadaou Sylla du Mouvement citoyen donc de la mouvance présidentielle semble mettre en place une véritable machine de fraudes. Etant dans le cercle du pouvoir, il sait que la baraka est de son côté surtout que la Cour constitutionnelle a décidé de cautionner la fraude sous toutes ses formes. Un vrai requiem pour notre démocratie.

Sidiki Doumbia

( stagiaire , envoyé spécial à Banamba )

 

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LEGISLATIVES A KALABANCORO

La population renie les hommes politiques

Hier les Maliens étaient appélés aux urnes pour le second tour des élections législatives qui consacre la fin des échenaces électorales de l'année 2007. Comme au 1er tour, les électeurs ont, une fois de plus boudé les urnes en vaquant à leurs occupations.

Les jeunes et les femmes, qui constituent les franges d'âge de la population sur lesquelles les politiciens peuvent compter, ont tout simplement refusé d'exercer leur devoir citoyen comme on a l'habitude de le constater depuis 2002. La raison en est simple : ils ne croient plus à la chose politique.

Un tour dans les “ grins ” nous a permis de comprendre un tout petit peu le mobile du refus des jeunes. Pour certains, il ne sert à rien de voter si les voix ne sont pas comptabilisées au décompte final ou seront modifiées à un autre niveau. “La Cour constitutionnelle n'a fait que cautionner le résultat, ce qui n'encourage plus dans l'accomplissement du vote” , s'indigne un clerc d'huissier.

“Le vote ce n'est pas mon affaire, seulement si on me donne de l'argent je donne ma voix” , affirme Waraba Diarra, vendeuse d'arachide. D'habitude réalisant de bonnes affaires dans le transport des électeurs, les chauffeurs de “ Sotrama ” peinent eux-mêmes à expliquer les faibles affluences.

Conséquences : dimanche à Kalabancoro , les salles de vote étaient désertes. Aux environs de 12 h dans les bureaux de vote de Kalabancoro Adekene , Mamadou Kounta , Mademba Sy au lieu que les ascesseurs se retrouvent autour des fiches pour surveiller le processus de vote, c'est autour du thé et de l' arrachide qu'ils s'affairaient.

« Moi je pense que c'est les plus hautes autorités qui sont à la base de ce phenomène . Parce qu'elles ont laissé le phénomène de la corruption des voix prendre le dessus » , dit le président d'un bureau de vote au centre Mamadou Kounta . « La faute imcombe à la Cour constitutionnelle et aux observateurs qui ne sont pas assez vigilants » , accuse un autre.

Ce qui était aussi déplorable, c'était l'absence totale des forces de l'ordre. Pourtant, le chef du gouvernement avait donné des consignes fermes sur la sécurité. Vain ordre exécutif ?

Amadou Sidibé

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LEGISLATIVES EN COMMUNE IV

Les électeurs se faisaient désirer

A 8 h les bureaux de vote de la circoncription électorale de la Commune IV ont ouvert leurs portes aux électeurs le dimanche 22 juillet. Si le matériel, les agents électoraux et les forces de l'ordre ont répondu à l'appel, force est de constater le peu d'engouement des populations pour la chose politique.

Avec 288 bureaux de vote pour plus de 140 000 inscrits, la circonscription électorale de la Commune IV du district de Bamako qui a droit à 2 députés offrait pourtant hier une atmosphère morose. Rien d'extraordinaire, même s'il s'agit du charismatique IBK et de son challenger, le téméraire Moussa Mara , affectueusement appelé « Vieux ».

Partout, de Taliko à Hamdallaye en passant par Sébeninkoro , Djikoroni , Lafiabougou la faible affluence était perceptible dans tous les centres de vote.

Au lycée Mamadou Sarr , à l'ACI 2000, où le président de la Cour constitutionnelle a accompli son devoir civique dans le bureau n°111, l'ambiance n'était pas non plus au rendez-vous. Si des dispositions d'ordre sécuritaire ont été prises pour éviter tout attroupement dans les centres de vote, leur devanture grouillait de monde, mais paradoxallement , les bureaux attendaient toujours les électeurs. En effet, sur les 49 bureaux que compte le centre pour 23 345 électeurs, à 10 h aucun d'eux n'avait enregistré plus de 20 électeurs.

Le même constat était valable à l'école Aminata Diop de Lafiabougou où un électeur que nous avons rencontré vers 9 h 45 était le 3e à voter dans son bureau de vote. La même atmosphère était de mise au centre de Sébenincoro où Ibrahim Boubacar Kéita, candidat à sa propre succession, a accompli son devoir civique. Là-bas, la devanture du centre était prise d'assaut par une foule nombreuse et l'on pouvait compter plus d'une centaine de véhicules toutes marques confondues, mais les élécteurs franchissaient le seuil des bureaux au compte-goûtte . C'est précisément dans le BV 245 que le président de l'Assemblée nationale a voté.

Dans le bureau de vote n°114, où le président Mme Issiaka Camara n'a relévé aucun incident, c'est à 8 h 45 qu'elle a enregistré le premier électeur. Au même moment le BV n°99, présidé par Mme assanatou Diallo ,n'a reçu que 5 votants.

Après avoir voté, le président de la Cour constitutionnelle, Salif Kanouté , s'est dit fier et a souhaité que les femmes et les hommes de la Commune IV sortent massivement pour voter dans la transparence pour que vive notre démocratie.

A noter que le second tour opposait le RPM, soutenu par 17 partis, à la liste de l'indépendant Moussa Mara .

Idrissa Sako

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LEGISLATIVES EN COMMUNE II

Affluence timide

Ils étaient au total 103 015 électeurs repartis entre les 221 bureaux de vote des différents centres de la Commune II à se rendre aux urnes pour départager la liste Cnid-MPR-URD et la liste PCR/US-RDA en lice pour les 3 places reservées à cette circonscription électorale à l'hémicycle.

En cette journée électorale surveillée par un important dispositif sécuritaire, les bureaux de vote de la Commune II ont dans l'ensemble ouvert à 8 h temps universel et le matériel électoral était sur place au grand complet. Cependant, des délégués et des assesseurs étaient absents à l'ouverture des bureaux, mais ils ont été remplacés.

Les appels lancés par les autorités et les partis politiques aux électeurs pour qu'ils votent massivement sont tombés dans les oreilles de sourds. Les électeurs ne se bousculaient pas du tout devant les bureaux de vote.

Au centre du groupe scolaire de Quinzambougou , seulement quelques citoyens erraient dans la cour pour accomplir leur devoir civique. Ce qui a fait dire à un observateur international que « l'Etat malien doit revoir sa politique électorale afin de mobiliser les électeurs lors des scrutins » .

Fidèle à son habitude, le Premier ministre Ousmane Issoufi Maïga a été l'un des premiers électeurs à glisser son bulletin de vote dans l'urne du bureau 178 du centre de l'école fondamentale de Niaréla aux environs de 8 h 30.

Après s'être acquitté de son devoir civique, le chef du gouvernement s'est félicité de la bonne organisation du scrutin (matériels et agents électoraux sur place) mais a une fois de plus deploré la faible présence des électeurs. Il a appélé tous les Maliens à accomplir leur devoir civique.

Le coordinateur du centre de Missira , M. Maïga a quant à lui souhaité qu'avant la fin de la journée les Maliens relevent le defi d'un taux de participation honorable malgré leur indifférence perceptible au vote.

Ogopémo Ouologuem

( stagiaire )

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 LEGISLATIVES EN COMMUNE I

Faible affluence

Tout comme au 1er tour, les électeurs ne se bousculaient pas hier devant les bureaux de vote en Commune I.

En Commune I du district, ils étaient environ 156 000 électeurs inscrits repartis entre 331 bureaux de vote, appelés hier à se rendre aux urnes pour dépatager les candidats de la liste Adéma-Cnid contre le RPM. Si dans les centres que nous avons visités, les opérations de vote ont démarré à l'heure indiquée, il faut cependant noter le manque d'affluence.

« Tout se déroule normalement. Depuis hier (samedi Ndlr ), le matériel électoral était sur place. Les 16 bureaux de vote ont ouvert leur porte à 8 h. Les assesseurs, les présidents de bureau de vote ainsi que les délégués ont répondu à l'appel. Ce qu'il faut cependant déplorer c'est le fait que les gens ne viennent pas. Ce n'est pas comme à la présidentielle encore moins comme le 1er tour » a indiqué Mme Ouattara Aminata Coulibaly, coordonnatrice du centre de vote de Korofina-Nord .

Même son de cloche au centre de vote de Banconi Zékénékorobougou où ils étaient au total 479 électeurs inscrits pour 22 bureaux de vote à accomplir leur devoir en milieu de journée. « Les opérations de vote ont commencé à 8 h. J'étais passée hier pour le contrôle, tout va bien. Seulement c'est un peu calme. Les Maliens n'aiment pas sortir vite surtout un dimanche » , a confié Dembélé Maïmouna Cissé, coordonnatrice du centre.

A l'image de ces centres de vote, ceux de Korofina Sud, Djélibougou , Boulkassoumbougou n'ont pas connu non plus de grande affluence du moins dans la matinée. Les électeurs venaient au compte-goutte.

Mohamed Daou

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 ALENTOURS DE LA BDM-SA

Cambistes et vendeurs de cartes traqués

Vendredi dernier, les forces de l'ordre ont ouvert la « chasse » aux échangeurs de billets de banque et revendeurs de cartes téléphoniques aux environs de la Banque de développement du Mali (BDM-SA). Nul ne connaît les motivations réelles de cette traque.

« Maintenant, les forces de l'ordre sont fréquentes ici. Elles peuvent venir deux à trois fois par semaine » , affirme un échangeur d'argent. En effet, les échangeurs d'argent et les revendeurs de cartes téléphoniques aux alentours de l'agence centrale de la Banque de développement du Mali font l'objet de patrouilles de certaines forces de l'ordre depuis quelque temps.

La dernière opération des hommes en tenue remonte à vendredi dernier. Interrogés, les cibles des patrouilleurs, les échangeurs d'argent et les revendeurs de cartes, disent ignorer les véritables raisons et crient à l'arbitraire. « Nous ne savons pas vraiment qui sont ces porteurs d'uniforme et pour quel motif ils nous pourchassent. Selon nos remarques, ils n'ont même pas de mandat de mission » .

Ces échangeurs d'argent et les revendeurs écartent l'hypothèse selon laquelle ces forces de l'ordre agissent de connivence avec les responsables de la banque au cauris. « La BDM n'a rien contre notre présence ici, car elle sait que nous ne faisons rien de mauvais ici et le PDG l'a fait savoir à la télévision nationale. Donc, elle n'a rien à voir dans cette affaire » .

Ils accusent les forces de l'ordre d' « abus de pouvoir » et de « chercheurs de prix de cigarettes » . « Chaque fois qu'elles reviennent d'une mission, elles s'arrêtent ici pour régler nos comptes sans un ordre de qui que ce soit » , tranche un revendeur de cartes très remonté.

Majoritairement, les échangeurs d'argent et les revendeurs de cartes, qui disent rendre service par leur travail aux Maliens, accusent leurs « ennemis » de racket. « Si elles nous arrêtent, elles nous rackettent. Chacun paie au minimum 3000 F CFA avant de se faire libérer et elles ne nous amènent même pas avec eux » .

Le hic, c'est qu'une fois pourchassés par les forces de l'ordre, ces « ciblés » courent dans tous les sens et sont souvent victimes d'accident comme l'attestent les propos d'un trentenaire habitué aux échauffourées. « Nous courons un grand risque ici. L'autre jour, en fuyant des porteurs d'uniforme, un de nos camarades s'est heurté à un innocent motocycliste et tous les deux ont été grièvement blessés » .

Ils ont enfin souhaité que toute la lumière soit faite sur cette affaire afin qu'ils sachent réellement pourquoi les forces de l'ordre n'arrêtent pas de les guetter comme le vautour le fait avec la charogne.

Ogopémo Ouologuem

( stagiaire )

 

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 DOUMBI-FAKOLY PARLE DE « LA MAITRESSE DU PRESIDENT »

L'enseignant, les journalistes et le procureur…

Citée en exemple, un peu partout dans le monde, la démocratie à la malienne vient d'être sérieusement égratignée par un fait divers des plus banals, survenu au cours du mois de juin 2007.

Ce fait divers insignifiant est un sujet de dissertation, d'à peine une demie page, traité, hors de son contexte scolaire, d'une manière curieuse par un procureur de la République, Sombé Théra , autoproclamé avocat du chef de l'Etat.

Intitulée « La maîtresse du président de la République », la dissertation, une pure fiction inspirée d'un fait de société, insupporte le magistrat, au plus haut point.

Car, au terme d'une étrange réflexion, il a identifié le chef de l'Etat du Mali, parmi tous les chefs d'Etat du monde, à travers la description des mœurs légères tout à fait imaginaires du non moins imaginaire président de la République de la dissertation. C'est, d'ailleurs, le seul et unique personnage identifié par lui dans la pléthore de protagonistes obscurs de ce tout petit texte.

Même le personnage central, la jeune prostituée « économique », qui a piégé son client de président en lui collant la paternité de sa grossesse, n'a pas ému le défenseur de ce dernier et encore moins fait vibrer sa fibre patriotique prompte à voler au secours de la République.

Pourtant, en demandant à ses élèves de commenter le comportement de la jeune fille dévoyée, et d'elle seulement, l'enseignant, auteur de la dissertation a, à l'évidence, voulu faire réfléchir ses apprenants, futurs responsables du pays, sur un fait de société d'une actualité criarde.

En éducateur conscient de son rôle de formateur de citoyens en prise directe avec les réalités sociales, Bassirou Kassim Minta , qui a choisi de rédiger le support de la dissertation plutôt que de puiser dans un ouvrage quelconque, a cru, et à juste titre, à la liberté de création et d'expression garantie par une démocratie, même naissante. Seulement, le Mali, aussi, regorge de forces centrifuges conscientes ou inconscientes qui ont des rapports difficiles avec la démocratie.

En ordonnant, de sa propre initiative, l'arrestation du professeur de français pour « offense au chef de l'Etat » et de plusieurs journalistes, dont les journaux ont reproduit et commenté la dissertation, pour « complicité d'offense au chef de l'Etat » , le procureur de la République a posé un acte fort dont il n'a pas pris la précaution de mesurer toutes les conséquences.

Graves conséquences que n'atténueront pas les peines « de compromis » infligées aux prévenus : deux mois de prison ferme à Bassirou Kassim Minta et sa radiation de l'Education nationale ; huit mois de prison avec sursis et 200 000 F CFA à Sambi Touré ( Info-Matin ) ; treize jours fermes et 100 000 F CFA à Seydina Oumar Diarra dit SOD ; quatre mois de prison avec sursis et 200 000 F CFA d'amende à Hameye Cissé (Scorpion), à Alexis Kalambry (Echos) et à Birama Fall (Le Républicain).

Graves conséquences amplifiées par le déroulement à huis clos de l'audience, décidé par le procureur de la République et le président du Tribunal, Moussa Sara Diallo, au prétexte de la « préservation des mœurs » , et boycotté, en accord avec leurs clients, par les avocats de la défense qui n'entendaient pas cautionner une parodie de procès.

Première grave conséquence : en voulant nettoyer l'honneur du président de la République éclaboussé par on ne sait quelle boue, le procureur de la République a jeté son protégé en pâture aux rumeurs de longue date qui alimentent les «  grins  » de Bamako et d'ailleurs sur les frasques extraconjugales des hauts responsables du pays.

Deuxième grave conséquence : en lisant une pure fiction comme un récit historique ou une biographie, le procureur de la République a jeté le discrédit sur la capacité d'analyse des membres de sa corporation au nom de qui il a agi et qui ne l'ont pas désavoué, sans doute par solidarité.

Troisième grave conséquence : en s'attaquant à un enseignant dans l'exercice stricte de sa fonction, le procureur de la République a violé l'espace pédagogique de l'école où sont formés les responsables du pays, comme lui-même, hier seulement.

Quatrième grave conséquence : en s'attaquant à des journalistes dont l'éthique recommande d'être l'écho vivant de leur société, la voix des sans voix, le procureur de la République rappelle l'époque révolue où la presse n'avait de raison d'être que le «  griotisme  » en faveur du pouvoir en place.

Cinquième grave conséquence : du fait de son acharnement contre les droits sacrés d'éduquer et d'informer, le procureur de la République a provoqué une énorme déception et une grande amertume chez les amis du Mali, hier totalement conquis par sa pratique de la démocratie.

Une neutralité ambiguë

Cependant, il faut reconnaître que si le haut magistrat a pu aller au bout de sa terrible logique, c'est parce qu'il a pu tirer profit du comportement de la grande majorité de ses compatriotes dont quelques-uns ont fait preuve de négligence coupable et d'autre d'indifférence inexplicable.

A commencer par le chef de l'Etat lui-même, principal intéressé, qui continue de se comporter comme s'il n'était pas concerné. Mauvaise stratégie que le refuge dans le silence qu'il a choisi d'observer. En tant qu'officier supérieur, il devrait savoir que la même stratégie n'est pas forcément applicable à deux situations identiques ; car tout dépend du contexte de la survenance des situations en question.

Ainsi, si  « l'affaire du Sphinx »  a pu être perçue par lui-même comme une agression et a pu être gérée par l'indifférence et le silence, le traitement de « l'affaire la maîtresse du président de la République » perçue par d'autres que lui comme une agression à son endroit ne peut souffrir l'indifférence, la négligence, le silence de sa part.

Sa neutralité ambiguë suscite un certain nombre d'interrogations. Se sent-il vraiment ciblé par l'enseignant et pour quelles raisons mystérieuses ? A-t-il mandaté secrètement le procureur de la République pour agir en son nom ? A-t-il des conseillers prêts à perdre leurs bons d'essence en lui disant la vérité ? A-t-il encore des amis d'enfance avec qui il a chassé les margouillats et les oiseaux, fait les 400 coups un peu partout dans le pays et capables de se brouiller avec lui s'il n'accepte pas la vérité ? Les sollicite-t-il ? Mais peut-être que le président de la République n'écoute et n'entend que sa seule parole !

Il y a ensuite, l'indifférence du ministère de l'Education nationale, de tout le corps enseignant et de la direction du lycée Nanaïssa Santara où Bassirou Kassim Minta a cru pouvoir satisfaire sa passion d'enseigner aux fins de contribution à la formation de la relève de demain.

Pas le moindre petit doigt ne s'est levé dans ces trois institutions pour défendre cette grande victime de la démocratie malienne qui vient d'amorcer un tournant inquiétant. Pourtant, une grève nationale soutenue par des manifestations pacifiques déterminées n'auraient pas manqué de faire reculer le procureur de la République, de lui-même, ou alors contraint et forcé d'en haut.

Il y a enfin, l'attitude des médias nationaux qui ont semblé résignés, n'ayant pas compris que leurs divergences idéologiques doivent être reléguées au second plan devant une menace qui pèse sur toute la corporation. L'arrestation arbitraire d'un journaliste, a fortiori de plusieurs journalistes, invitait à une union sacrée immédiatement opérationnelle au travers d'une grande mobilisation.

Cette grande mobilisation aurait pu consister en la publication et le commentaire de la dissertation dans les colonnes de tous les journaux, et à l'antenne de toutes les stations de radio. Ainsi, à moins de s'enferrer dans des contradictions insolubles, le procureur de la République aurait été contraint d'enfermer tous les journalistes de son pays ou alors de choisir la voie de la sagesse : en libérant ses victimes.

Quant au président de la République, c'est la voix de la sagesse qui l'invite à rouvrir le dossier mal ficelé, ici et maintenant. En tant que premier magistrat de l'Etat, il gagnerait à ordonner un second procès destiné à réinstaller l'enseignant et les journalistes dans leurs droits, tous leurs droits.

En clair, l'annulation de toutes les peines, de toutes les amendes, la réintégration de Bassirou Kassim Minta dans l'Education nationale, et le paiement de dommages et intérêts à toutes ces victimes d'un abus de pouvoir judiciaire.

Pareille attitude responsable et courageuse contribuerait à toiletter sa propre image et celle de son pays fortement dégradées, non pas par le sujet de dissertation, mais par l'inqualifiable comportement bizarre du procureur de la République.

Doumbi-Fakoly

( auteur )

 

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 CHAMPIONNAT NATIONAL

Le Stade reprend le fauteuil de leader

A égalité de points (42), mais un meilleur goal différentiel, le Stade malien a ravi la première place du classement au Club olympique de Bamako à l'issue de la 19e journée du championnat national de ligue 1.

La 19e journée du championnat national a pris fin jeudi dernier. Elle a été marquée par la défaite du COB, battu (3-2) par l'AS Bakaridjan . Cette défaite coûte cher aux Verts la première place du classement. Puisqu'ils se font rejoindre au classement par le Stade malien de Bamako, qui a 42 points avec une meilleure différence de buts.

La 19e journée a été bénéfique aux Blancs. Les poulains de Cheick Fantamady Diallo sont premiers avec 42 points (+29). Les Blancs se frottent les mains à cette place grâce à leur victoire (3-0) sur l' Asko , qui s'est fait surprendre à nouveau et perd du coup la 5e place. Auteur d'un but dans cette rencontre, Bakary Coulibaly «  Bako  » du Stade est désormais seul en tête du classement des buteurs avec 14 réalisations.

Les Verts avec 42 points (+ 23) sont 2e au classement. Ils sont suivis de la formation de Hérémakono . Les Rouges ont été accrochés (0-0) dans leur duel contre la Commune II. Toutefois, les poulains de Fagnery Diarra restent dans le trio de tête avec 41 points.

Le duel entre le CSD et le CSK a tourné à l'avantage des Centristes qui en étrillant (4-0) l'équipe des « Sept Villages », renouent avec la victoire après quelques moments de doute. Le Nianan s'est refait une santé en battant à domicile le Sigui de Kayes (1-0), une victoire qui maintient la formation de Koulikoro à la 8e place avec 23 points.

Quant aux militaires de l' Usfas , ils ont remporté une précieuse victoire face au Stade malien de Sikasso battu par 2-1. Une victoire qui propulse les poulains d'Amadou Tidiane Camara à la 5e place avec 26 points. En bas du tableau, on retrouve l'AS Réal (15 points), le Stade malien de Sikasso (13 points) qui, malgré ses deux défaites respectives face à son homonyme de Bamako (3-0) et l' Usfas (2-1), sort de la zone rouge, une place qu'occupe désormais le Sigui de Kayes qui totalise le même nombre que la formation du Kénédougou (13 points).

La 20e journée, qui débute cet après-midi, est très attendue avec le grand classique COB-Usfas, suivi d'un autre choc (CII-CSD). Elle se poursuivra demain avec le derby Stade malien de Bamako qui croisera le fer avec le CSK, suivi de l'ASB-Asko. Ces deux rencontres se jouent au Stade Modibo Kéita.

A Koulikoro, le Nianan reçoit le Djoliba tandis qu'à Sikasso et Kayes l'on suivra respectivement les rencontres Stade malien de Sikasso-AS Bakaridjan et AS Réal-Sigui . Ces rencontres s'annoncent décisives et peuvent être un autre tournant de ce championnat qui n'en finit pas de surprendre.

Boubacar Diakité Sarr

 

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