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2007

Mois de juillet

Les Echos du 13 juillet 2007

1325 LOGEMENTS SOCIAUX

Un élève bénéficiaire !

C'est à croire que tous les Maliens dans le besoin sont satisfaits pour qu'on en arrive aux élèves dans les logements sociaux !

Un élève d'un établissement de la capitale est parmi les heureux bénéficiaires des 1325 logements sociaux. Le garçon, naïf, se promène à Bamako pour s'en vanter, ajoutant que son père, qui serait membre de la commission et également bénéficiaire, est celui qui lui a fait ce miracle. Le garçon n'a pas encore 20 ans.

Ce cas n'est pas isolé. Sur les attributions de cette année, il y a à redire à tous les niveaux et c'est à se demander si ces maisons sont construites aux frais des Maliens, justes pour récompenser des proches, donner à des intimes ou pour les nécessiteux de ce pays, sans perspectives, comme cela avait été dit.

Sur les listes, on rencontre également d'autres cas, comme ce bienheureux qui en a eu deux ! En effet, un monsieur a bénéficié des logements sociaux sur la même liste, une fois en tant que « salarié », une seconde fois, en qualité de « non salarié ».

La bonne foi pourrait difficilement être évoquée dans certains de ces cas, à partir du moment où, officiellement, le traitement se fait par ordinateur. Un simple croisement, surtout avec des critères exclusifs, aurait permis de déceler certaines irrégularités car, même si la personne change d'adresse, le fait d'avoir un seul numéro d'identification fiscale ( Nif ) est révélateur.

Jamais les impôts n'ont attribué à deux personnes le même numéro ou attribué deux fois le même numéro. La personne, du nom de Sylla Fousseini a bénéficié de deux logements. Sur la liste des « non salariés », il est n°47, n° d'enregistrement : 343, n° de quittance 2515993, logement n°391. Sur la liste des « salariés », il est n°77, n° d'enregistrement 343, n° de quittance 2515993, logement n° 302.

A cela, on peut ajouter d'autres, comme le même n° de quittance à savoir 2686715 pour deux personnes différentes sur la liste des Maliens de l'extérieur : n°73, n° d'enregistrement 546 Tounkara Fatoumata dite Mama et n°77, n° d'enregistrement 569 Diallo Fatimata épouse Diaby . Le même n° de quittance à savoir 2579396 pour deux personnes différentes sur la liste des « non salariés » : n° 174, n° d'enregistrement 1113 Dabo Kandé et n°338, n° d'enregistrement 2444 Koné Assitan .

Le salarié n°446, n° 2629 n° répondant au nom de Diallo Mamadou est s/c de S. E. Modibo Sylla, ministre de l'Urbanisme et de l'Habitat !

Alexis Kalambry

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POUR RESILIATION ABUSIVE DE CONTRAT

L'hôtel Salam comparaîtra le 26 juillet en Commune III

Le Tribunal de première instance de la Commune III a, au cours de son audience d'hier, renvoyé au 26 juillet prochain, le contentieux qui oppose le groupe Azalaï à un de ses anciens chef de cuisine Remi Dion, accusé de vol d' assietes . Par cette demande de renvoi, l'hôtel Salam chercherait-il un règlement à l'amiable ?

Les faits. La Société malienne de promotion hôteliere (SMPH-SA) a signé en janvier 2007 un contrat de prestation de service avec Remi Dion, un Ivoirien résidant à Bamako. Le contrat a été conclu pour une durée de 2 ans renouvelables. Mais quelle ne fut la surprise du consultant chef de cuisine de voir, cinq mois après, la SMPH rompre son contrat sans raison sérieuse à son avis : vol d' assietes .

En réalité, les autorités de l'hôtel Salam (5 étoiles) n'ont pas du tout digéré la décision de M. Dion d'ouvrir un petit restaurant en son nom sous forme de SARL qu'elles accusent de concurrence déloyale. « Or nulle part, il n'existe dans le contrat de prestation que le concluant ne pouvait exercer une autre activité en son nom ou au nom d'une autre personne physique ou morale » , précise l'avocat du chef cuisinier, Me M' Bandy Yattassaye .

En dépit de la lettre de règlement à l'amiable proposée par le concluant, la SMPH n'a pas varié d'un iota dans sa volonté de congédier le jeune homme. C'est pourquoi, compte tenu des efforts déployés par l'accusé, souvent à crédit et les humiliations qu'il a subies dans les geôles du 2e arrondissement pendant plus de 2 semaines, le conseil de Remi Dion demande au tribunal de condamner la SMPH de payer la somme totale de 19 millions F CFA à titre de réparation de tout préjudice causé par la rupture du contrat.

« Toutes les fois qu'il y a rupture unilatérale surtout lorsqu'il s'agit de contrat à durée déterminée, la loi et la jurisprudence s'accordent à évaluer le préjudice au montant du restant de la durée du contrat. C'est donc à raison que le concluant évalue, aux termes de l'article 113 RGO, le préjudice à 9 millions soit 18 mois de prestation auxquels s'ajoutent les intrêts et les autres frais de dommage évalués à 10 millions de F CFA » , note Me Yattassaye .

Le président du Tribunal de première instance de la Commune III a, à la requête de l'hôtel Salam, renvoyé l'affaire dans deux semaines au lieu de 4 semaines comme l'avait demandé le secrétaire général de l'établissement Abderhamane Baby qui faisait office d'avocat du Groupe.

Le temps, sans doute, pour le groupe Azalaï , certainement de chercher un règlement à l'amiable avec celui qu'il accuse de vol d'assiettes.

Sidiki Y. Dembélé

 

 

Un employé menacé publiquement

Nombreux sont les travailleurs du groupe Azalaï qui ne supportent plus les « injustices » et les traitements dignes d'une autre époque dont ils sont victimes au sein de ces établissements hôteliers. Certains d'entre eux ont tenu à assister à l'audience d'hier pour soutenir leur ex-chef de cuisine Remi Dion. Une présence qui n'a pas du tout plu au secrétaire général du Groupe qui s'en est pris ouvertement à un technicien du Grand hôtel. « Que fais-tu ici ? Tu n'as pas de travail ce matin » , s'est-il violemment adressé à ce dernier. « Non, mon travail, c'était de 22 h à 7 h de ce matin » , répondit-il. « Donc, ce procès t' interesse  ? On verra ça » , a-t-il menacé avant de sortir de la salle d'audience. « C'est sûr qu'il va demander des comptes à ce monsieur. Il risque même de le licencier pour ça. Ce monsieur croit que nous sommes en Mauritanie où l'esclavage sévit toujours. Et c'est ça que nous vivons tous les jours dans ces hôtels » , nous a fait savoir un autre employé du Groupe.

S. Y. D.

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AZALAI HOTELS

La vague de démissions se poursuit

Dans une de nos parutions la semaine dernière, nous évoquions la cascade de démissions des travailleurs du groupe Azalaï pour protester contre les mauvais traitements dont ils sont victimes. Et bien, la vague ne s'est pas encore arrêtée. Car, c'est le chef informaticien Antoine Diarra qui vient de rendre son tablier.

Seul ingénieur informaticien du groupe, M. Diarra était chargé de la cellule informatique de tous les cinq hôtels du Groupe en Guinée-Bissau, au Burkina Faso et au Mali pour, tenez-vous bien, un salaire mensuel de 200 000 F CFA. En plus, il était chargé de la maintenance de la salle informatique privée du PDG du groupe. M. Diarra avait demandé, en vain, le recrutement d'un second informaticien pour alléger ses tâches. A défaut d'être secondé, il s'en est allé vers des cieux peut-être plus cléments.

S. Y. D.

 

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CONDAMNATION DE BASSIROU K. MINTA

Déclaration de syndicats d'enseignants

Considérant que la liberté d'opinion est un principe consacré par la Constitution de la IIIe République du Mali,

Considérant que le système éducatif malien dispose de structures et de textes réglementant les activités pédagogiques ainsi que les sanctions disciplinaires,

Considérant le caractère inviolable de l'espace scolaire et universitaire,

Nous, syndicats de l'enseignement supérieur et de l'enseignement secondaire : Snesup , Synadef , Synestp , Syntes et Sypces ,

Sommes indignés par l'intrusion de la justice dans les affaires pédagogiques,

Condamnons avec la dernière rigueur l'arrestation et la condamnation arbitraires du collègue Bassirou Kassoum Minta ,

Exigeons sa libération inconditionnelle et sans délai ainsi que son rétablissement dans ses droits,

Demandons que de telle pratique, digne d'un autre âge, ne se reproduise plus jamais en République du Mali.

Fait à Bamako, le 11 juillet 2007

Ont signé :

Le Snesup

Le Synapef

Le Synestp

Le Syntes

Le Sypces

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EPILOGUE

Les dérives autoritaires de nos «  fama  »

De l'indépendance à ce jour, le Mali a connu plusieurs pouvoirs politiques : un régime socialiste, une dictature militaire sauvagement musclée, une bourgeoisie militaire et maintenant une dictature prétendument démocratique spécialisée dans les détournements de derniers publics, la corruption et les abus de pouvoir et de biens sociaux.

En fait nous avons hérité d'une situation de domination et d'injustice (celle de la période coloniale) qui faisait que les violations des libertés individuelles et collectives étaient admises comme situation normale en dépit de l'existence d'une législation pouvant les empêcher.

Cet antécédent colonial fit que dans ce pays tout individu, civil ou militaire, qui détenait une parcelle de pouvoir se croyait autorisé à le montrer avec force aux voisins et aux restes de la population, rejetant ainsi, peut-être de façon inconsciente, les liens de la fraternité et de la solidarité qui fondent la nation.

Dans les premières années de l'indépendance, les tenants du pouvoir, en ville comme dans les campagnes, ont continué à se comporter comme les colons dont ils avaient pris la suite en 1960. Les commandants de cercle et les chefs d'arrondissement ne voyaient pas de limites à leur pouvoir et exerçaient leur autorité de façon souvent plus impitoyable que les colons Français qu'ils avaient remplacés.

Lors de la collecte de l'impôt de capitation, les agents chargés d'exécuter cette tâche ingrate le faisaient avec un zèle qui frisait le cynisme, insultant, humiliant et embastillant même les chefs de famille insolvables ou récalcitrants qui cherchaient à s'opposer à leurs abus. La période militaire qui vint en 1968 accentua encore plus cette tendance, c'est-à-dire que l'autorité de commandement, en brousse surtout, eut plus de pouvoir que sous le régime précédent et l'exerça effectivement avec plus de cruauté et de brutalité sur les populations sans défense et comme dans un pays conquis les armes à la main.

Le Mali de cette période ressemble à une terre où le gouvernement écrasait sans pitié le gouverné, le riche le pauvre, l'homme instruit l'analphabète et, au bout du compte, l'homme, la femme. Chaque catégorie avait sous sa domination son contraire faible et la société elle-même apparaissait comme une grande pyramide dans laquelle le sommet vivait de la base qu'il piétinait, avilissait et même faisait mourir quand il le voulait.

De tout temps et sous tous les régimes, les forces de l'ordre, dans ce pays, ont surtout fonctionné comme des forces d'occupation, plus des machines à soumettre le citoyen qu'à le défendre. Quand elles n'exécutent pas cette sale besogne qui consiste à casser inutilement du citoyen sur les ordres du pouvoir exécutif, elles rançonnent systématiquement les populations dans les bureaux des commissariats pour les délits imaginaires ou aux carrefours dans la circulation pour les infractions inventées de toutes pièces.

Dans l'exercice de leur fonction, les policiers et les gendarmes, dans nos villes, sont d'un affairisme impossible à décrire mais frisant tantôt le racket, tantôt le brigandage sans que l'autorité de tutelle lève le petit doigt en guise de protestation. De la loi dont ils sont chargés de faire respecter l'application, ils se moquent comme des restes des repas qu'ils ont dédaigné par manque d'appétit.

Même son de cloche que les juges auxquels la Constitution de 1992 a donné tellement de pouvoirs que les analystes s'accordent à dire à juste raison que la IIIe République est celle des juges et des magistrats. Ceux-ci, plutôt que de songer à bien porter leur toge en organisant des procès équitables et justes, ont cru tout bonnement leur tour afin arrivé de s'enrichir et ne se cachant même pas pour le faire. L'Etat leur a pourtant octroyé des salaires faramineux qui font rêver les autres fonctionnaires, sans compter les nombreuses indemnités et les avantages matériels sans nombre dont ils jouissent.

En dépit de toutes ces faveurs, chargés de juger les dignitaires de l'ancien régime, ils se sont montrés incapables d'être à la hauteur et se sont si mal débrouillés dans ces procès que tous les criminels d'avant 1991 ont été élargis, fautes de preuves et d'arguments. En revanche dans la corruption, ils excellent et se distinguent dans les abus de pouvoir à une vitesse telle qu'on pouvait les soupçonner de refaire leur retard sur le dos des justiciables et d'humilier pour le plaisir des gens qui leur sont cent fois supérieurs. Pour beaucoup de citoyens ce sont les champions des abus de pouvoir qui dans les procès, prennent avec toutes les parties et créent ainsi des situations troubles et inextricables desquelles ils ne peuvent plus s'enlever et qui discréditent toute la justice de ce pays. Si on peut évoquer les sommets d'inculture sur lesquels sont perchés des policiers et des gendarmes, on ne peut pas en dire autant des magistrats supposés avoir fait leurs humanités et lu le professeur C. Lombroso. Mais sait-on jamais avec des juges de quartier dont la plupart n'ont pas dépassé le niveau de la maîtrise, mais qui s'arrogent le droit d'embastiller des ingénieurs formés dans les plus grandes et plus dures écoles supérieures de la France métropolitaine ?

Les fonctionnaires de l'administration publique ne sont pas en reste. Beaucoup de ces messieurs et dames ignorent qu'ils sont là pour les citoyens dont les impôts servent à les payer. Mais le plus souvent, pleins de mépris pour les usagers, ils ne s'empressent de servir ceux-ci que quand ils mettent la main à la poche pour des services qui doivent être gratuits. Les fonctionnaires de brousse sont les plus arbitraires dans ces cas-là ; exploitant sournoisement l'illettrisme des campagnards, ils leur prennent de l'argent n'importe comment et leur font exécuter gratuitement des travaux qui ne doivent pas l'être.

Au Mali, les hommes de pouvoir et d'autorité ont encore l'habit des colons. Qu'ils soient civils ou militaires, ils s'imaginent que le citoyen est leur plus farouche ennemi avec lequel il faut être menaçant pour le faire taire et lui soutirer des subsides. Cela a été vrai hier avec les Jacques et les Dupont ; cela l'est aujourd'hui avec les Abdoulaye et les Bakary.

Facoh Donki Diarra

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 Un fascisme rampant

Pour qu'il y ait Etat, il faut qu'il y ait d'abord une société. Le premier acte juridique implicite qui mène une société à se constituer en Etat, c'est l'acte par lequel elle se constitue comme peuple. Il faut bien supposer une première convention morale par laquelle les hommes vivants ensemble se reconnaissent comme formant un peuple .

Naît dans le pacte d'association une nouvelle entité qui est la souveraineté qui signifie l'autorité de la communauté pouvant s'appliquer à chacun. Il est important de bien distinguer dès lors la souveraineté et celui ou ceux qui l'exercent au nom de tous. L'Etat apparaît quand l'exercice de la souveraineté est remis à quelques-uns suivant les règles d'un régime politique : autocratie, monarchie, démocratie, etc.

Dès que le pouvoir politique est confisqué par un homme, un clan, un groupe militaire, un parti, des intérêts financiers, un lobby, etc. et qu'il n'est plus le reflet de la volonté générale, une séparation se forme entre la volonté de l'Etat, mise au service de quelques-uns, et la volonté générale qui devrait avoir en vue le bien de tous.

La légitimité du pouvoir n'est donc jamais définitivement acquise. Il ne faut pas trop compter sur le système pour se réguler par lui-même. Il n'y a pas de système politique idéal. Un système ne vaut que ce que valent ceux qui le soutiennent. Le pouvoir peut toujours corrompre et la désaffection de la responsabilité peut aussi gangrener de l'intérieur les institutions. Le jeu des institutions doit rendre possible son renouvellement.

L'abus de pouvoir s'explique-t-il par la faiblesse de conscience d'un peuple qui se laisse dominer ? Tient-il à la fascination devant la force ? L'autorité tyrannique ne se fonde-t-elle que sur l'abdication par un peuple de sa liberté ? Comment se fait-il qu'un peuple puisse ainsi s'aliéner ?

Plus précisément où est la limite de l'exercice du pouvoir ? A partir de quand le pouvoir franchit-il les bornes de son exercice normal ? Qu'est-ce qui en droit définit l'exercice du pouvoir politique ? Voici ce qui constitue la quintessence de notre dossier de ce vendredi.

Alexis Kalambry

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 MICRO-TROTTOIR

Les commerçants les plus abusés ?

Les commerçants et importateurs sont-ils les plus exposés aux exactions et aux mesquineries des agents de l'Etat. Beaucoup le croient.

Oumar Kéita (commerçant au Grand marché)  :

« Les commerçants souffrent beaucoup de la mauvaise application de la loi commerciale. On parle de loi commerciale. En réalité, les lois sont faites pour les pauvres. Avec cette situation, nous sommes prêts à affronter le pouvoir. Ce sont nos dirigeants qui doivent exposer nos problèmes aux décideurs du pays. Mais, ces derniers sont de mèche avec eux. En fait, les douaniers viennent, en premier lieu, à l'origine de la dénaturalisation de cette loi. En important des marchandises, les petits commerçants sont victimes des mauvaises attitudes des douaniers qui ne songent qu'à leurs poches. On a toujours fait payer certains commerçants au nom de la loi tandis que d'autres, qui travaillent en étroite collaboration avec les hautes autorités, circulent sans être frappés par cette loi ».

Baba Dramé (commerçant au Grand marché)  :

« Nos autorités ne font que prendre des décisions qui vont à notre défaveur. Ce sont eux qui foulent aux pieds les premiers la loi. Aujourd'hui, les agents municipaux de la mairie du district constituent la bête noire des commerçants. Ils ne font jamais ce que la loi dit. En plus de tout cela, on ne fait qu'augmenter les prix de nos conteneurs. Ceux qui sont à la tête des commerçants continuent à fermer les yeux sur ces problèmes. Mais qu'ils se le tiennent pour dit : nous ne sommes pas des maudits. Nous allons prendre des dispositions ».

Madou Fofana (gérant de l'établissement de bois)   :

« L'Etat ne nous fait aucune facilité. On importe du bois de la Côte d'Ivoire. On a tous les problèmes au niveau des frontières. Aussi, la douane nous cause beaucoup de soucis. L'Etat accorde des exonérations aux entrepreneurs. Les entrepreneurs, à leur tour, nous passent ces exonérations. On a beaucoup de problème dans l'exploitation de ces exonérations. La douane ne nous laisse pas exploiter ces exos. Ils disent que les textes n'autorisent pas les compensations. Nous ne connaissons pas ces textes. Ce sont les transiteurs qui les connaissent mais ils ne peuvent pas faire grande chose contre la douane. Au niveau du marché, on paye une fois par mois le droit de place qui constitue la taxe municipale. Sur ce point, on affaire avec les agents municipaux ».

Mamadou Diaby (commerçant au marché de Lafiabougou )  :

« Je n'ai pas de problème avec les autorités. Je paye normalement ma TVA qui varie de 20 000 à 30 000 par an. Les bons payeurs n'ont généralement pas de problème avec les agents municipaux. Mais, il faut reconnaître que ces gens ne s'apitoient pas. Celui qui ne parvient pas à payer a effectivement toutes sortes de problèmes avec eux ».

Propos recueillis par

Sidiki Doumbia

( stagiaire )

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 LITIGE FONCIER

Une fausse lettre d'attribution

Les litiges fonciers sont de plus en plus fréquents au Mali et sont majoritairement causés par des verdicts et des décisions arbitraires. M. Haïdara en fait les frais depuis plusieurs années et éprouve toutes les peines du monde pour se tirer d'affaire face à un richissime opérateur économique de la place.

« Si les autorités ne prennent pas leurs responsabilités , les litiges fonciers créeraient de sérieux problèmes dans notre pays » , avait récemment écrit un confrère. Il a bien raison dans la mesure où, aujourd'hui au Mali, l'attribution de parcelles se fait dans l'anarchie et suscite de vives contestations liées surtout à des décisions arbitraires. L'arbitraire, M. Haïdara , agent-comptable à la Sotelma , en a été victime et continue d'en souffrir puisque n'ayant pas toujours obtenu sa lettre d'attribution.

Cette histoire remonte à 1997. La famille Niaré , en vertu du droit coutumier, a demandé à des géomètres de morceler un site situé à l' Hippodrome-Extension et communément appelé «  Mangueraie  » . Après le morcellement de la zone, 8 lots sur 40 ont été attribués à la famille Niaré et le reste a été vendu à d'autres personnes par des géomètres de l'Institut géographique du Mali.

C'est justement la famille Niaré , qui, sur ses 8 lots, a décidé de donner la parcelle KW3 à M. Haïdara en guise de récompense pour ses multiples aides. Cependant, le conseil des ministres du 21 novembre 1996 (à travers la lettre circulaire 02609) avait demandé aux gouverneurs de région et du district, aux commandants de cercle, aux maires de commune et chefs d'arrondissement de « surseoir jusqu'à nouvel ordre à toute attribution de parcelles à usage d'habitation, commercial ou de concessions rurales » . Ainsi, M. Haïdara et les autres propriétaires de lots au «  Mangueraie  » n'ont pas pu obtenir les lettres d'attribution de leurs lots.

Le hic, c'est que pendant que la décision circulaire 02609 était toujours en vigueur, un opérateur économique A. B., débarque avec une fausse lettre d'attribution de la parcelle KW3 de M. Haïdara au nom d'une personne fictive Fatoumata Coulibaly. Cette dernière ne se trouve pas d'ailleurs à l'adresse indiquée. M. Haïdara , qui dit y avoir investi environ 15 millions de F CFA, ignorait l'attribution de sa parcelle à un autre jusqu'au jour où A. B., envoya un bulldozer accompagné de policiers pour démolir ses réalisations.

Choqué, M. Haïdara a porté plainte devant le Tribunal administratif de Bamako, qui a annulé la lettre d'attribution de A. B. et lui a restitué la propriété de la parcelle. Cependant, le richissime commerçant a contesté le verdict du tribunal et a fait un recours à la Cour Suprême. Pis, il crie sous tous les toits qu'il « sortira vainqueur de cette affaire » . En tout cas, depuis neuf mois, le dossier est bloqué à ce niveau et M. Haïdara ignore les raisons de ce blocage.

Le propriétaire lésé craint que l'opérateur ne se voit attribuer la parcelle. Et il y a de quoi pour qui sait que ce dernier avait arbitrairement obtenu le lot au moment où l'attribution de parcelles était suspendue. Et on ne comprend pas surtout pourquoi la justice prend tout ce temps pour mettre fin à ce litige facile à trancher ?

Gageons seulement que la balance ne sera plus favorable à A. B. tout simplement parce qu'il est riche, donc… puissant.

Ogopémo Ouologuem

( stagiaire )

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 CE QUE J'EN SAIS

Entre frustration et révolte

Un enfant injustement puni pour faire plaisir à son épouse préférée ; un employé licencié à cause de ses opinions. Un jeune bastonné par un policier parce qu'il convoite la même fille que ce dernier ; des journalistes arrêtés, incarcérés et condamnés parce tout simplement ils dérangent le régime… l'arbitraire, l'abus de pouvoir est partout au Mali. Mais, comme le dit Démocrite, « tu supportes des injustices ? Console-toi car le vrai malheur est d'en faire » .

Toutefois, il est vraiment très malheureux de subir une injustice surtout lorsqu'il s'agit d'une situation dans laquelle tous clament être parfaits, car ayant des repères bien déterminés, des principes auxquels ils ne dérogent jamais et qu'ils traitent tout le monde à égalité.

S'il y a une chose détestable au monde, c'est bien l'abus de pouvoir. Qu'il soit politique, religieux, sexuel, policier, social… Difficile donc de se retenir face à ce genre de situation et surtout à ce genre de méprisable et répugnant individu qui se croit tout permis parce qu'il pense détenir un certain pouvoir sur la personne qu'il a en face de lui.

La solution ? Elle est d'abord dans le respect des droits de l'Homme, c'est-à-dire l'ensemble des droits fondamentaux qui doivent être garantis aux êtres humains, quels que soient leur pays, leur race, leur sexe, leur religion ou leur origine sociale. Et cela est de la responsabilité de l'Etat. En effet, la Déclaration de 1789 souligne que « le but de toute association politique est la conservation de ces droits » . L'Etat n'est donc légitime que s'il préserve les droits de l'Homme. On parle de plus en plus d'Etat de droit.

Etat de droit ? Un concept galvaudé brandi par des régimes hybrides pour soigner leurs images auprès des partenaires au développement. Dans un pays reconnu comme tel, l'Etat lui-même doit être soumis au droit. Il doit lui obéir. Dans un Etat de droit, le gouvernement ne peut pas prendre pour prétexte l'intérêt supérieur de la patrie pour justifier une injustice individuelle. Il n'y a pas de place pour la « raison d'Etat » . Ce qui est loin d'être le cas dans beaucoup de pays comme le Mali où la démocratie est en net recule depuis quelques années.

L'arbitraire, l'abus du pouvoir visent souvent à bâillonner, à opprimer, à confisquer des libertés, donc à violer des droits de l'Homme qui est le socle de toute démocratie. Et le respect de ces droits dans un Etat se traduit par des lois qui garantissent les libertés fondamentales. On parle de libertés publiques pour désigner l'ensemble des droits et des libertés individuelles et collectives qui sont reconnues et garanties par la Constitution. Si l'on dresse aujourd'hui la liste de ces libertés dans un pays comme le nôtre, on doit aboutir à une définition de la démocratie.

Dans un Etat de droit, la loi garantit la liberté d'aller et de venir, la sûreté (c'est-à-dire la protection contre une arrestation sans raison légale), la protection de la vie privée, le droit de propriété. Elle est aussi la garante de l'égalité d'accès à la justice, le droit pour toute personne à un défenseur, le libre accès à son dossier, la présomption d'innocence. Tout comme la loi est le fondement des libertés de pensée et d'expression qui se traduisent par la liberté d'opinion, la liberté religieuse, la liberté de l'expression artistique, etc. 

L'arbitraire repose avant tout sur la violation de la loi, de la Constitution, des traités et conventions, de la présomption d'innocence… Il ne saurait jamais être toléré dans un Etat de droit qui existe au-delà des discours politiciens. Mais, comme le dit Henri Rochefort, « l'arbitraire est une arme à tant de tranchants que ceux qui la détiennent s'y couperont éternellement les doigts » . Qu'il en soit ainsi !

Moussa Bolly

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 DEMI-FINALES DE LA COUPE DU MALI

Les entraîneurs mettent déjà la pression

Djoliba-Réal suivi de COB-Bakaridjan ! C'est l'affiche des demi-finales de la 47e édition de la Coupe du Mali. C'est la veillée d'arme dans tous les état-majors . Notre rédaction sportive a fait le tour des formations concernées pour rencontrer les coaches.

Fagnery Diarra ( Djoliba AC)  : « Nous sommes optimismes »

« Je n'ai pas de plan spécifique d'autant plus que ce sont les quatre meilleures équipes qui se croisent. Par rapport à notre confrontation contre le Réal, j'aborde ce match avec mes moyens en sachant que c'est un match de foot. Et je reste optimiste comme d'habitude. C'est un math où tout le monde est averti. Nous avons partagé les points lors de la 16e journée du championnat. Nous sommes fin prêts parce qu'on n'est pas à ce niveau de la compétition par hasard. Je ne suis nullement perturbé par l'adversaire et j'ai confiance en mes joueurs ainsi qu'à tout ce qui entoure l'équipe. L'optimisme prévaut dans la maison ».

Mamadou Coulibaly (AS Réal) : « Nous n'avons rien à perdre »

« Je n'avais aucune préférence parce que les quatre équipes se valent. Je n'ai pas eu peur du sort que le tirage nous a réservé parce que nous n'avons rien à perdre. Et le fait que le Réal se retrouve à ce niveau de la compétition prouve que l'espoir est permis. Les oppositions Djoliba-Réal se jouent au mental. Aujourd'hui, nous n'avons peur d'aucune équipe malienne. Le Djoliba nous a certes tenus en échec lors de la 16e journée du championnat, mais une rencontre de coupe est très différente du championnat. Au Réal tout le monde est sur le qui-vive pour gagner Dame Coupe. Nous sommes un grand club et nous jouerons comme nous l'avons fait en quart de finale. Que ceux qui pensent que nous sommes fatigués se détrompent. Mais nous sommes déjà prêts pour attaquer les Rouges dimanche prochain. Nous les attendons de pied ferme ».

Alou Badara Diallo (COB)  : « Prouver notre place de leader »

« Je n'ai pas assez de commentaires pour ce match. L'essentiel pour nous, c'est de continuer sur notre lancée. Peu importe l'adversaire ! Sinon, en réalité, Bakaridjan ne nous fait pas peur. D'ailleurs nous avons un grand avantage psychologique sur cette jeune équipe du fait de notre victoire (2-1) sur ses propres installations en championnat. Et c'est notre prochain adversaire en championnat après cette demi-finale. Bakaridjan sera en doute et viendra avec un esprit revanchard. Et dans cette situation, nous serons là pour donner la réplique. En outre, nous devons prouver que notre place de leader actuel du championnat n'est pas usurpée. Ce sera la confirmation… Et Dame Coupe ne nous est pas indifférente ».

Moussa Kéita (AS Bakaridjan )  : « Il nous faut cette coupe »

« Ce tirage au sort me rappelle le match de la 5e journée du championnat national qui avait vu le COB nous battre (2-1) à Ségou. Je n'étais pas encore aux commandes. Mais, il faudra savoir qu'un match de championnat est très différent d'une rencontre de coupe. Ce que nous avons prouvé face au Stade qui avait étrillé Bakaridjan à Ségou 6-0. Je pense que le coup est jouable et dimanche nous jouerons pour la finale car mes joueurs sont motivés. Et s'ils respectent mes consignes comme ils l'ont fait contre le Stade malien de Bamako, c'est sûr que l'objectif sera atteint. Rien ne nous empêchera d'aller au bout de nos ambitions. Et même si nous sommes en quête de maintien en championnat, nous jouerons pour gagner car il nous faut cette coupe ».

Propos recueillis par

Boubacar Diakité Sarr

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Du nouveau aux éditions jamana

Un para à Koulouba

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Droit et pratique du droit au Mali

Prix:7500f cfa

 

 

Les pièges du destin

Prix:4000f cfa

Le mouvement mondial des femmes

Prix:4500f cfa

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Dans ce site web vous trouverez :
OpeneNRICH

 

 




 
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