Les Echos du 13 juillet 2007
1325 LOGEMENTS SOCIAUX
Un élève bénéficiaire !
C'est à croire que tous les Maliens dans le besoin sont satisfaits pour qu'on en arrive aux élèves dans les logements sociaux !
Un élève d'un établissement de la capitale est parmi les heureux bénéficiaires des 1325 logements sociaux. Le garçon, naïf, se promène à Bamako pour s'en vanter, ajoutant que son père, qui serait membre de la commission et également bénéficiaire, est celui qui lui a fait ce miracle. Le garçon n'a pas encore 20 ans.
Ce cas n'est pas isolé. Sur les attributions de cette année, il y a à redire à tous les niveaux et c'est à se demander si ces maisons sont construites aux frais des Maliens, justes pour récompenser des proches, donner à des intimes ou pour les nécessiteux de ce pays, sans perspectives, comme cela avait été dit.
Sur les listes, on rencontre également d'autres cas, comme ce bienheureux qui en a eu deux ! En effet, un monsieur a bénéficié des logements sociaux sur la même liste, une fois en tant que « salarié », une seconde fois, en qualité de « non salarié ».
La bonne foi pourrait difficilement être évoquée dans certains de ces cas, à partir du moment où, officiellement, le traitement se fait par ordinateur. Un simple croisement, surtout avec des critères exclusifs, aurait permis de déceler certaines irrégularités car, même si la personne change d'adresse, le fait d'avoir un seul numéro d'identification fiscale ( Nif ) est révélateur.
Jamais les impôts n'ont attribué à deux personnes le même numéro ou attribué deux fois le même numéro. La personne, du nom de Sylla Fousseini a bénéficié de deux logements. Sur la liste des « non salariés », il est n°47, n° d'enregistrement : 343, n° de quittance 2515993, logement n°391. Sur la liste des « salariés », il est n°77, n° d'enregistrement 343, n° de quittance 2515993, logement n° 302.
A cela, on peut ajouter d'autres, comme le même n° de quittance à savoir 2686715 pour deux personnes différentes sur la liste des Maliens de l'extérieur : n°73, n° d'enregistrement 546 Tounkara Fatoumata dite Mama et n°77, n° d'enregistrement 569 Diallo Fatimata épouse Diaby . Le même n° de quittance à savoir 2579396 pour deux personnes différentes sur la liste des « non salariés » : n° 174, n° d'enregistrement 1113 Dabo Kandé et n°338, n° d'enregistrement 2444 Koné Assitan .
Le salarié n°446, n° 2629 n° répondant au nom de Diallo Mamadou est s/c de S. E. Modibo Sylla, ministre de l'Urbanisme et de l'Habitat !
Alexis Kalambry
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POUR RESILIATION ABUSIVE DE CONTRAT
L'hôtel Salam comparaîtra le 26 juillet en Commune III
Le Tribunal de première instance de la Commune III a, au cours de son audience d'hier, renvoyé au 26 juillet prochain, le contentieux qui oppose le groupe Azalaï à un de ses anciens chef de cuisine Remi Dion, accusé de vol d' assietes . Par cette demande de renvoi, l'hôtel Salam chercherait-il un règlement à l'amiable ?
Les faits. La Société malienne de promotion hôteliere (SMPH-SA) a signé en janvier 2007 un contrat de prestation de service avec Remi Dion, un Ivoirien résidant à Bamako. Le contrat a été conclu pour une durée de 2 ans renouvelables. Mais quelle ne fut la surprise du consultant chef de cuisine de voir, cinq mois après, la SMPH rompre son contrat sans raison sérieuse à son avis : vol d' assietes .
En réalité, les autorités de l'hôtel Salam (5 étoiles) n'ont pas du tout digéré la décision de M. Dion d'ouvrir un petit restaurant en son nom sous forme de SARL qu'elles accusent de concurrence déloyale. « Or nulle part, il n'existe dans le contrat de prestation que le concluant ne pouvait exercer une autre activité en son nom ou au nom d'une autre personne physique ou morale » , précise l'avocat du chef cuisinier, Me M' Bandy Yattassaye .
En dépit de la lettre de règlement à l'amiable proposée par le concluant, la SMPH n'a pas varié d'un iota dans sa volonté de congédier le jeune homme. C'est pourquoi, compte tenu des efforts déployés par l'accusé, souvent à crédit et les humiliations qu'il a subies dans les geôles du 2e arrondissement pendant plus de 2 semaines, le conseil de Remi Dion demande au tribunal de condamner la SMPH de payer la somme totale de 19 millions F CFA à titre de réparation de tout préjudice causé par la rupture du contrat.
« Toutes les fois qu'il y a rupture unilatérale surtout lorsqu'il s'agit de contrat à durée déterminée, la loi et la jurisprudence s'accordent à évaluer le préjudice au montant du restant de la durée du contrat. C'est donc à raison que le concluant évalue, aux termes de l'article 113 RGO, le préjudice à 9 millions soit 18 mois de prestation auxquels s'ajoutent les intrêts et les autres frais de dommage évalués à 10 millions de F CFA » , note Me Yattassaye .
Le président du Tribunal de première instance de la Commune III a, à la requête de l'hôtel Salam, renvoyé l'affaire dans deux semaines au lieu de 4 semaines comme l'avait demandé le secrétaire général de l'établissement Abderhamane Baby qui faisait office d'avocat du Groupe.
Le temps, sans doute, pour le groupe Azalaï , certainement de chercher un règlement à l'amiable avec celui qu'il accuse de vol d'assiettes.
Sidiki Y. Dembélé
Un employé menacé publiquement
Nombreux sont les travailleurs du groupe Azalaï qui ne supportent plus les « injustices » et les traitements dignes d'une autre époque dont ils sont victimes au sein de ces établissements hôteliers. Certains d'entre eux ont tenu à assister à l'audience d'hier pour soutenir leur ex-chef de cuisine Remi Dion. Une présence qui n'a pas du tout plu au secrétaire général du Groupe qui s'en est pris ouvertement à un technicien du Grand hôtel. « Que fais-tu ici ? Tu n'as pas de travail ce matin » , s'est-il violemment adressé à ce dernier. « Non, mon travail, c'était de 22 h à 7 h de ce matin » , répondit-il. « Donc, ce procès t' interesse ? On verra ça » , a-t-il menacé avant de sortir de la salle d'audience. « C'est sûr qu'il va demander des comptes à ce monsieur. Il risque même de le licencier pour ça. Ce monsieur croit que nous sommes en Mauritanie où l'esclavage sévit toujours. Et c'est ça que nous vivons tous les jours dans ces hôtels » , nous a fait savoir un autre employé du Groupe.
S. Y. D.
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AZALAI HOTELS
La vague de démissions se poursuit
Dans une de nos parutions la semaine dernière, nous évoquions la cascade de démissions des travailleurs du groupe Azalaï pour protester contre les mauvais traitements dont ils sont victimes. Et bien, la vague ne s'est pas encore arrêtée. Car, c'est le chef informaticien Antoine Diarra qui vient de rendre son tablier.
Seul ingénieur informaticien du groupe, M. Diarra était chargé de la cellule informatique de tous les cinq hôtels du Groupe en Guinée-Bissau, au Burkina Faso et au Mali pour, tenez-vous bien, un salaire mensuel de 200 000 F CFA. En plus, il était chargé de la maintenance de la salle informatique privée du PDG du groupe. M. Diarra avait demandé, en vain, le recrutement d'un second informaticien pour alléger ses tâches. A défaut d'être secondé, il s'en est allé vers des cieux peut-être plus cléments.
S. Y. D.
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