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2007

Mois de juillet

Les Echos du 12 juillet 2007

FRONT SOCIAL

La prochaine grève de 72 h de l'UNTM

Le délai accordé au gouvernement par l'Union nationale des travailleurs du Mali (UNTM) pour la satisfaction totale de ses doléances a expiré le mardi 10 juillet 2007. Le gouvernement et le patronat ont joué aux prolongations en demandant à l'UNTM un sursis d'un jour afin d'apporter des réponses aux revendications. Mais la menace de la grève planait hier après-midi même si un « takokélen » (satisfaction de toutes les doléances) peut encore sauver la situation.

La rencontre de la dernière chance entre le gouvernement, le patronat et l'UNTM s'est déroulée hier, dans l'après-midi à partir de 15 h 30, au ministère de la Fonction publique, du Travail et des Relations avec les institutions.

La rencontre dont on ne connaît pas pour l'instant l'issue, a été convoquée par le gouvernement qui avait demandé à la Bourse du travail, la veille, de proroger de 24 h son ultimatum fixé au mardi 10 juillet 2007. Cette échéance a été fixée par l'UNTM au sortir de sa grève de 48 h les 26 et 27 juin 2007 et visait à attendre du pouvoir des réponses concrètes et le cas échéant aller à une grève de 72 h.

L'UNTM semble décidée à observer les 72 h de grève. Sa présence à la rencontre d'hier était l'occasion d'écouter des propositions concrètes du gouvernement concernant les six points prioritaires. Le patron de l'UNTM, Siaka Diakité, pense qu'il « n'y a plus matière à négocier » . La raison qu'il avance est que, sa commission de négociation a dépassé cette étape depuis l'échec des pourparlers ayant conduit à la grève de 48 h.

La principale centrale syndicale n'hésite plus à parler de « takokélen » ou l'acceptation d'un seul coup par la partie gouvernementale, de l'ensemble des points en suspens. Pour certains, qui envisagent même d'aller d'emblée à une grève illimitée, la rencontre d'hier est considérée comme celle du quitte ou double de Siaka Diakité, qui n'a pas le droit de décevoir les militants des 13 syndicats nationaux affiliés à l'UNTM.

A la suite de la grève des 26 et 27 juin, le gouvernement avait tenté, dans une campagne médiatique, de démontrer sa bonne foi en expliquant qu'il avait pu satisfaire 16 des 20 points contenus dans le cahier de doléances de l'UNTM. Par presse interposée, la Bourse du travail a répliqué en soutenant tout le contraire. Selon l'UNTM, le gouvernement n'a pris en compte que des doléances secondaires qui existent depuis trois ans laissant les principales qui demeurent prioritaires.

Six points prioritaires

Les six points à satisfaire sont : le paiement des arriérés de salaires, les indemnités de licenciement, les fonds de réinsertion et les droits des travailleurs des sociétés et entreprises d'Etat appelés « les compressés » ainsi que le contenu de l'accord entre le gouvernement et l'Association des travailleurs partants volontaires à la retraite. Aux dernières négociations, le gouvernement avait proposé pour les compressés 3,5 milliards de F CFA contre 20 milliards réclamés par l'UNTM. Le montant proposé pour les partants volontaires était de 2 milliards de F CFA contre 2,5 milliards avancés par l'UNTM avec le bénéfice de la pension de retraite.

L'augmentation générale des salaires a été annoncée dans le cahier de doléance de l'UNTM du 1er mai 2007 en même temps que la diminution du taux de l'impôt sur le traitement et salaire (ITS) et l'Agenda du travail décent. Le sixième point auquel l'UNTM tient comme à la prunelle de ses yeux, est la baisse du prix des produits de première nécessité, de l'eau et de l'électricité, des médicaments.

La rencontre d'hier, celle de la dernière occasion, était pour l'UNTM, une opportunité d'écouter des propositions concrètes du gouvernement sur ces différentes doléances qu'elle juge prioritaires et essentielles.

Le dépôt de préavis de grève de 72 h qui serait d'ailleurs imminent est toutefois suspendu à l'attitude du gouvernement à prendre en compte ou non l'ensemble des points. En tout état de cause tout sera joué au cours de l'assemblée générale qui verra la participation des syndicats nationaux.

L'Etat, sans que rien ne l'y oblige, a récemment accordé des primes colossales au personnel de commandement (gouverneurs, préfets, sous-préfets). Dès lors, il lui est difficile de soutenir objectivement le manque de ressources pour reléguer dans la poubelle de sa morgue les revendications des masses laborieuses que sont les travailleurs.

Abdrahamane Dicko

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UNE MARCHE CONTRE LA VIE CHERE SUSPENDUE

Le « cikan » des consommateurs du GCM remis à plus tard

Au cours d'un meeting la semaine dernière, le Groupement des consommateurs du Mali (GCM) avait convenu avec les citoyens de la Commune VI de l'organisation mercredi 11 juillet 2007 d'une marche contre la hausse des prix, mais elle a été annulée sine die. Cependant, le GCM reste en stand-by.

Préoccupé par la montée vertigineuse des prix des produits de première nécessité et sollicitant une « intervention urgente et diligente » du gouvernement face au calvaire des Maliens, le Groupement des consommateurs du Mali (GCM) avait programmé une marche de protestation sur la mairie de la Commune VI hier. La marche a été annulée à la « demande du gouvernement » , nous a confié le président du GCM, Bakary Sangaré.

Selon M. Sangaré, un « émissaire du gouvernement » a, par l'intermédiaire du maire de la Commune VI, rencontré son Groupement lundi après-midi dans les locaux de la mairie de la Commune VI. L'envoyé du gouvernement a, a-t-il poursuivi, demandé au Groupement de surseoir à son action tout en laissant entendre que le gouvernement est en train de tout mettre en œuvre pour satisfaire les doléances des consommateurs.

Déterminés à obtenir gain de cause pour mettre fin aux souffrances quotidiennes des populations, les membres du GCM n'avaient nullement apprécié cette demande du gouvernement qui, à leurs yeux, est une façon de les dissuader à manifester leur mécontentement alors que leurs revendications ne sont toujours pas prises en compte.

Mais, le Groupement a finalement décidé « d'observer une trêve » , le temps de permettre aux pouvoirs publics de s'exécuter. Si les décideurs ne donnent pas une suite favorable à ses revendications au terme de la trêve, le GCM « reprendra plus fort ses activités et les étendra à d'autres localités » , prévient un de ses membres. Ce dernier assure que tout est fin prêt pour mener cette lutte et que le GCM dispose de « gens crédibles et dévoués qui peuvent et veulent mener cette bataille » .

En tout cas, pour le compte de la marche d'hier, des citoyens, non informés de l'annulation de la marche et visiblement déterminés à aller jusqu'au bout de leur engagement, s'étaient présentés devant le marché de Sogoniko, lieu de regroupement des marcheurs.

Pour sa part, nous a appris le président du GCM, le maire de la Commune VI, Souleymane Dagnon, a émis le souhait qu'il y ait d'abord des négociations avant de penser à quoi que ce soit.

Ogopémo Ouologuem

( stagiaire )

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PLUS DE 7 MILLIARDS VOLES A L'O. N.

La redevance eau à vau-l'eau

A l'Office du Niger, la redevance eau, payée aux forceps par les paysans, est détournée à d'autres fins par les plus hauts responsables. Le manque à gagner constaté par le Vérificateur général se chiffre à plus de 7 milliards de F CFA. Dans la fange de la corruption.

Dans cinq directions de zones contrôlées (Niono, Kolongotomo, Kouroumari, Ndébougou et Molodo), le vérificateur général a constaté un trou de gestion de 7 453 918 817 F CFA à l'Office du Niger. Cette somme a été volée sur la redevance eau payée par les paysans sur la période allant de janvier 2001 à août 2006.

La redevance eau, dont le paiement avait naguère suscité une vive tension entre paysans et direction de l'Office du Niger, constitue une importante manne financière. La perte sèche créée entre la somme collectée et celle qui est comptabilisée au titre de la redevance eau pendant la période concernée atteint plus d'un milliard de F CFA.

Les vérificateurs ont mis le doigt sur le manège de détournement de fonds mis en place par les responsables de l'Office. Le procédé consiste à faire transiter l'argent de la redevance eau par la caisse pendant un temps relativement long avant de le verser dans le compte bancaire créer à cet effet.

D'ailleurs, il n'y aurait que ce compte et celui qui est affecté au fonctionnement. Le séjour prolongé de l'argent dans la caisse a permis de lui faire prendre d'autres destinations. Plus de 59 millions de nos francs ont été subtilisés dans ce cas.

Dérive de gestion

L'exploitation des vastes étendues de terre mises en valeur grâce l'argent du contribuable est une autre source d'évasion d'argent. La technique de vol mise en pratique par la direction de l'Office de l'époque consistait à ne pas facturer à sa juste valeur les terres mises en valeur ou cultivées.

Est-ce à dire que des périmètres sont donnés gratis à des personnalités de l'Etat ou à des gens recommandés du pouvoir ? Le rapport ne le dit pas. En revanche, cette dérive de gestion a causé plus du milliard de pertes pour le Trésor public.

La dilapidation d'argent fait partie des règles d'or de gestion à l'Office. Sur la période contrôlée (janvier 2001 à août 2006), les premiers responsables de l'entreprise, considérée dès sa création il y a une cinquantaine d'années, comme le « grenier de l'Afrique », ont laissé un trou de plus de 2 milliards de F CFA.

De nombreuses autres irrégularités : les dépenses non justifiées, (les perdiems indus, l'achat de riz injustifiés, marchés non exécutés, dépenses immodérées de carburant, etc.) ont engendré des pertes totales de plus de 7 milliards de F CFA à l'Etat.

A la date d'aujourd'hui, des cadres ont été arrêtés. Mais, il reste à présent de gros poissons comme l'ex-PDG Youssouf Kéita, figure de proue du Mouvement citoyen dans la zone et qui se prenait pour le représentant légal du chef de l'Etat en zone Office du Niger.

Il n'a jamais caché ses bonnes relations avec le premier magistrat du pays. Le procureur anticorruption, Sombé Théra, aura-t-il les coudées franches pour mener à bout ses enquêtes ? Il faut en douter.

Abdrahamane Dicko

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CONSOMMATION

D'où proviennent nos céréales ?

Si le marché céréalier est suffisamment approvisionné, reste à savoir l'origine et la qualité de ces produits. Après la hantise d'une hausse généralisée des prix des denrées de première nécessité, nombreux sont les consommateurs qui s'interrogent aujourd'hui sur ce qu'ils mangent comme céréales sèches. Selon des temoignages, des marchés de la capitale seraient envahis par du riz de mauvaise qualité.

Pour parer à toute éventualité de pénurie de riz, le gouvernement a accordé des exonérations aux importateurs céréaliers afin d'assurer l'approvisionnement correct du pays, en attendant la production nationale. Mais aucun mécanisme n'est mis en place pour controler la provenance et la qualité du riz importé. L'essentiel, pour eux, étant d'approvisionner le marché et de jongler avec les prix. Des produits que les Asiatiques refusent même de donner à leurs « bêtes » inondent ainsi nos marchés .

Une étude réalisée par une équipe de chercheurs français (Pierre Barris, Jean Zaslavsky et Serge Perrin) relève que la croissance de la demande mondiale du riz reste soutenue (1,1 %). Cette demande sera tirée par l'Afrique subsaharienne (2 %) et l'Asie du sud (1,6 %). Par contre celle de l'Asie de l'Est marque une pose de l'ordre (0,4 %).

Au Japon et en Corée du Sud, par exemple, la consommation de riz par habitant a diminué d'environ 1/3, depuis les années 1970. Cette diminution est également sensible dans les pays à revenu intermédiaire comme la Malaisie et la Thaïlande.

En Chine et en Inde, les deux grands pôles de demande asiatiques, une baisse plus limitée de la consommation semble s'amorcer depuis le début des années 1990. Ainsi, la consommation de riz en Chine passe de 93 kg/tête en 1989/91 à 89 kg/tête en 1999-2001 et celle de l'Inde de 79 à 76 kg/tête sur la même période. La part du riz dans la demande céréalière asiatique diminuerait de 43 % à 39 % à l'horizon 2020. La croissance de la production mondiale de riz est également moins soutenue depuis les années 90.

La progression en rythme annuel moyen passe de 2,7 % entre 1968/89 à 1,6 % entre 1990/02, notamment du fait de la stagnation en Chine.

Sidiki Y. Dembélé

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J.-M. BOCKEL, SECRETAIRE D'ETAT FRANÇAIS

« La coopération France-Mali est exemplaire »

Avant de s'envoler hier dans la matinée pour Tombouctou, le secrétaire d'Etat français auprès du ministre des Affaires étrangères et européennes chargé de la Coopération et de la Francophonie, Jean-Marie Bockel, a animé hier un point de presse au cours duquel, il a fait un premier bilan de son séjour au Mali.

Arrivé mardi 9 juillet dans notre capitale, M. Bockel a affirmé que sa première visite en Afrique de l'Ouest en tant que membre du gouvernement français a été fructueuse. « Elle a été l'occasion pour les deux pays de passer en revue leur coopération » . A ses dires, il a été surtout question du renforcement des liens de coopération multiforme qui lient le Mali et la France et du rôle de notre pays dans l'espace francophone.

Avant d'être reçu par le chef de l'Etat, M. Bockel a eu un entretien avec le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Moctar Ouane. Avec ce dernier, une convention a été signée entre les deux pays. Le montant total s'élève à 13,2 millions d'euros, soit environ 8,6 milliards de F CFA. Le documents signé, a-t-il affirmé, porte sur trois accords de financement relatifs à l'hydraulique rurale, à la promotion du français et de la diversité culturelle.

Les conventions signées portent sur le projet d'alimentation en eau potable et d'assainissement dans 18 communes de la région de Mopti, l'appui au renforcement du français comme langue d'enseignement, le soutien à la communication et aux échanges économiques et culturels.

Répondant aux questions sur l'immigration concertée basée, selon certains, sur la « fuite de cerveaux » vers l'Occident, M. Bockel a fait savoir que le gouvernement de Sarkozy n'a nullement l'intention d'encourager une telle pratique.

Le co-développement, la récente incarcération et condamnation de journalistes ont été d'autres sujets abordés par le secrétaire d'Etat français.

L'ambassadeur de France au Mali a assisté au point de presse.

Amadou Sidibé

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MONDIAL FEMININ DE BASKET

Dur apprentissage pour les Aigles espoirs

Les Maliennes ont terminé 6e sur six au terme des rencontres de la poule A. Elles ont perdu toutes les cinq confrontations et de la manière la plus folle. Pour cette édition, remportée par les Américaines, rien n'a marché pour les championnes d'Afrique espoirs.

Les protégées de Cheick Oumar Sissoko dit Yankee sont entrées dans la danse le vendredi 29 juin face à la Belgique. Et d'entrée de jeu, elles furent balayées (91-66). La deuxième rencontre les opposa à la France qui fut sans pitié (111-45) alors que les deux équipes se sont longtemps tenues de près.

Lors de la 3e rencontre, face au Canada, elles furent proprement laminées sur un score sans appel de 71 à 47. Au terme de cette 3e journée, toutes les autres équipes comprirent que le Mali était l'équipe sur laquelle il fallait prendre des points.

Ainsi, lors de la 4e journée, les Chinoises sortirent les dents longues pour broyer Aïssata Boré et ses coéquipières par 76-32. Mais, la cause était déjà entendue. Surtout qu'on ne pouvait pas rêver sauver l'honneur face au pays organisateur, la Russie, qui s'est imposé 66-52.

Lors des matches de classement, nos ambassadrices, collectivement noyées, furent balayées par l'Espagne (87-53) et la Chine (67-46). Le Mali termine dernier sur six équipes de sa poule, et 12e/12 sur l'ensemble de la compétition. Rien à dire !

Le seul lot de consolation a été la consécration individuelle de la joueuse de Toulouse, Nagnouma Coulibaly, comme meilleure rébondeuse . Et pourtant, les protégées de Yankee étaient confiantes avant de quitter Bamako. « Nous allons à Moscou pour le trophée » , déclarait Fanta Touré dite Mamie . Mais, à Moscou l'apprentissage fut plutôt difficile.

Nos espoirs, en dépit des efforts inlassables déployés par le bureau fédéral et le département de la Jeunesse et des Sports, sont vites revenues sur terre après avoir vécu la triste réalité de la haute compétition.

Gageons que cela au moins servira de leçons aux joueuses promises à une belle carrière.

Boubacar Diakité Sarr

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