Avec la nouvelle décision du gouvernement de subventionner la filière de la viande bovine, les abattoirs frigorifiques de la capitale ont d'énormes difficultés à fournir les bouchers. Conséquences : certains bouchers abattent clandestinement des animaux. Mais les prix demeurent hors de portée des citoyens. Notre enquête dans plusieurs marchés nous a permis de comprendre un peu le calvaire des consommateurs.
La mesure prise par le gouvernement de fixer le prix du kilo de viande avec os à 1200 F CFA et 1400 F CFA pour la viande sans os est en train de faire le lit des abattages clandestins dans des quartiers périphériques de la capitale. Les aires d'abattage officiellement reconnues par les autorités sont les abattoirs de Sabalibougou et l'Abattoir frigorifique du quartier Sans-fil. Le rôle de ces abattoirs consiste à contrôler l'état sanitaire des animaux avant de procéder à leur abattage. Les bœufs atteints de maladies comme le charbon, la tuberculose, la peste bovine… sont mis de côté.
La nouvelle mesure édictée n'a pas réduit les prix. Au contraire, elle a favorisé la « clandestinité » qui, si on n'y prend garde, va porter un coup fatal à la santé publique.
Pour B. C., boucher au marché de Lafiabougou , « le gouvernement n'a rien à nous exiger. Pour avoir maintenant de la viande à l'Abattoir, il faut avoir de solides soutiens. C'est même devenu une ségrégation. L'abattoir ne fournit plus de la viande à aucun boucher de ce marché. Nous sommes obligés d'aller nous approvisionner à Kanadjiguila ou auprès de certains de nos camarades. C'est pourquoi on revend le kilo de la viande avec os à 1300 F CFA et 1600 pour la viande sans os » .
Notre enquête dans plusieurs marchés de Lafiabougou , de Diafarana et de Médine nous a également permis de savoir un peu le calvaire des consommateurs. Certains pensent que l'Etat n'a fait qu'aggraver la situation qui n'est que gérée à moitié, jugent-ils.
DES ENSEIGNANTS RETIENNENT LEURS NOTES
DEF, bac et examens des IFM pris en otage
Les résultats des examens du baccalauréat, du DEF et des instituts de formation des maîtres (IFM) se font impatiemment attendre à cause d'une rétention de notes qui ne dit pas son nom. Décidés à voir leurs doléances aboutir, des enseignants campent toujours sur leur position en bloquant les notes de classe. L'impatience et la crainte gagnent élèves et parents d'élèves.
En début de l'année 2006, les syndicats d'enseignants ont formulé des doléances au niveau de la Fédération de l'éducation nationale (Fen) qu'ils ont déposées sur la table du gouvernement. Ces doléances concernent l'augmentation du taux de correction, du taux de surveillance, de l'attribution d'une prime de logement et les indemnités de fonction pour les censeurs et les surveillants généraux.
Les négociations avec le gouvernement, qui ont enregistré des suggestions et des contre suggestions, ont tellement traîné, que le Syndicat national de l'enseignement supérieur ( Synesup ) avait déclenché, on s'en souvient, une grève.
La grève qui a été déclenchée par la suite avait permis au Synesup d'avoir satisfaction sur certains poins de revendications comme l'augmentation du taux de surveillance (3000 F CFA par jour), du taux de correction (460 F CFA par copie) valables pour tous les enseignants et surtout une « indemnité de recherche » pour les enseignants du supérieur.
Ce qui n'a pas été suffisant pour certains syndicats comme le Syndicat national des travailleurs du secondaire ( Syntses ) et le Syndicat des enseignants contractuels, qui réclament notamment une prime de logement et une hausse des propositions du gouvernement par rapport aux différents taux.
Pour des syndicats, « l'indemnité de recherche accordée aux enseignants du supérieur est une autre dénomination que le gouvernement a sciemment inventé pour contrécarrer cette même revendication par les autres syndicats » .
Blocage
En outre, le gouvernement aurait fait, de l'avis de certains syndicalistes, un travail fractionnel en négociant avec des syndicats sans associer d'autres. Ceux qui se sont sentis lésés ont donc choisi de mettre tout leur poids dans la balance pour se faire entendre et obtenir une révision des propositions du gouvernement. Ce qui a motivé la rétention des notes.
Ainsi, du 1er trimestre de l'année scolaire 2006-2007 jusqu'à aujourd'hui, les élèves du secondaire et des instituts de formation des maîtres (IFM) n'ont pris connaissance d'aucune de leurs notes et aucune moyenne n'a été communiquée à l'administration chargée de la publication des résultats, qui semble être plus que jamais bloquée.
C'est seulement au lycée Bouillagui Fadiga que les résultats du 1er trimestre ont été révélés aux élèves, car l'administration de ce lycée n'était pas au courant de la mesure.
Selon certaines sources, d'intenses négociations sont en cours entre les deux parties pour un dénouement heureux. Si les résultats du baccalauréat venaient à être publiés avec seulement les moyennes obtenues dans les salles d'examen, les conséquences directes seraient un très faible taux de réussite et d'interminables problèmes d'inscription des admis dans les universités étrangères.
Les candidats et le gouvernement ont donc intérêt à ce qu'il y ait un consensus.
Ogopémo Ouologuem
( stagiaire )
Attitude dubitative des enseignants
Il est vraiment difficile de cerner l'attitude des enseignants, qui ont décidé de surveiller les examens et de corriger les copies sachant bien que leurs révendications n'étaient pas satisfaites.
Nombreux sont les parents d'élèves qui ont du mal à comprendre les motivations réelles de cette attitude d'autant plus que, pensent-ils, les enseignants avaient la possiblité de prendre les examens en « otage » en refusant de les surveiller et de les corriger jusqu'à nouvel ordre.
En tout cas, le blocage créé par les enseignants à ce niveau est très mal vu.
O.O
Acceuil
COUR D'ASSISES
Un ex-agent de l'ONP fait son mea culpa
« Le montant qu'on me reproche a été totalement remboursé. Je ne voudrais pas rentrer dans le fond du problème mais je reconnais les faits parce que le montant détourné relevait de ma gestion » . Ces aveux sont de Fatogoma Sangaré, agent d'exploitation de l'Office national des postes (ONP) qui a été condamné hier par la Cour d'assises à un an d'emprisonnement avec sursis et à verser à l'Etat le franc symbolique des dommages et intérêts.
Des faits tels que décryptés par la Cour, il est reproché à M. Sangaré qui a exercé les fonctions de receveur du bureau des postes de Toukoto en 1992, un déficit de caisse évalué à 880 734 F CFA. Fatogoma a expliqué ce trou par les manœuvres frauduleuses en vue de combler un déficit qu'il avait enregistré dans sa gestion antérieure à Bafoulabé .
Malheureusement, la promesse qu'il a faite de rembourser les fonds n'a pas été respectée, si bien que près d'un an après, l'ONP était obligé de porter plainte contre lui. Après sa mise sous mandat de dépôt, il a remboursé à concurrence de 677 000 CFA le montant dissipé. Il reste encore redevable vis-à-vis de son service employeur de la somme de 203 689 F CFA.
L'accusé, qui a reconnu les faits à la barre, a expliqué qu'il n'a pas personnellement commis l'infraction en ce sens que c'est un de ses employés à Bafoulabé qui a pris sa clé pour ouvrir le coffre-fort. Ce qui était loin de convaincre le ministère public, représenté par le procureur général près la Cour d'appel de Bamako, Mamadou Bouaré, qui a demandé qu'il soit maintenu dans les liens de la prévention d'atteinte aux biens publics. Ce qui a valu à Fatogoma Sangaré, un an d'emprisonnement avec sursis et le versement à l'Etat du franc symbolique au titre des dommages et intérêts.
En l'absence des accusés, la Cour a également statué par défaut sur une deuxième affaire relative à l'usage de timbres fiscaux contrefaits impliquant Mahamadou Ascofaré , Amadou Sidibé, Massa Daou et Mahamadou Ouologuem . Ils ont été condamnés par contumace à 5 ans de réclusion chacun.
C'est dans le dernier dossier de la journée que la Cour a eu la main lourde en condamnant par défaut à 10 ans de réclusion Amadou Lamine Diarra, gestionnaire comptable du Trésor de Koulikoro pour avoir détourné courant 1991-1992 la somme de 18 094 534 F CFA par l'émission de cinq faux chèques et d'avoir tenté dans les mêmes circonstances le détournement de plus de 2 millions de F CFA.
Mohamed Daou
Acceuil