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2007

Mois de juillet

Les Echos du 11 juillet 2007

CONSOMMATION

De la viande sans traçabilité sur le marché

Avec la nouvelle décision du gouvernement de subventionner la filière de la viande bovine, les abattoirs frigorifiques de la capitale ont d'énormes difficultés à fournir les bouchers. Conséquences : certains bouchers abattent clandestinement des animaux. Mais les prix demeurent hors de portée des citoyens. Notre enquête dans plusieurs marchés nous a permis de comprendre un peu le calvaire des consommateurs.

La mesure prise par le gouvernement de fixer le prix du kilo de viande avec os à 1200 F CFA et 1400 F CFA pour la viande sans os est en train de faire le lit des abattages clandestins dans des quartiers périphériques de la capitale. Les aires d'abattage officiellement reconnues par les autorités sont les abattoirs de Sabalibougou et l'Abattoir frigorifique du quartier Sans-fil. Le rôle de ces abattoirs consiste à contrôler l'état sanitaire des animaux avant de procéder à leur abattage. Les bœufs atteints de maladies comme le charbon, la tuberculose, la peste bovine… sont mis de côté.

La nouvelle mesure édictée n'a pas réduit les prix. Au contraire, elle a favorisé la « clandestinité » qui, si on n'y prend garde, va porter un coup fatal à la santé publique.

« Notre marché était fourni par l'Abattoir frigorifique de Bamako pour plus de 30 bœufs par jour. Maintenant, avec la nouvelle mesure gouvernementale sur la viande bovine, on n'a droit qu'à 4 ou 6 bœufs maximum par jour. Moi personnellement, je respecte la mesure prise par l'Etat parce que je vends le kilogramme de la viande avec os à 1200 F CFA et 1400 pour la viande sans os. Je suis chef de famille et je nourris plus de dix bouches. Avec ces prix, je ne fais aucun gain et aussi je ne peux pas approvisionner tous mes clients. En plus de tout cela, Je peux faire souvent trois jours sans travailler parce que je préfère ne pas travailler que de vendre de la viande de qualité douteuse. Les bouchers qui se fichent pas mal de la santé des consommateurs s'adonnent à l'abattage clandestin et choisissent leurs prix » , nous a confié M. D., boucher au marché de Diafarana au Badialan en Commune III.

Pour B. C., boucher au marché de Lafiabougou , « le gouvernement n'a rien à nous exiger. Pour avoir maintenant de la viande à l'Abattoir, il faut avoir de solides soutiens. C'est même devenu une ségrégation. L'abattoir ne fournit plus de la viande à aucun boucher de ce marché. Nous sommes obligés d'aller nous approvisionner à Kanadjiguila ou auprès de certains de nos camarades. C'est pourquoi on revend le kilo de la viande avec os à 1300 F CFA et 1600 pour la viande sans os » .

Notre enquête dans plusieurs marchés de Lafiabougou , de Diafarana et de Médine nous a également permis de savoir un peu le calvaire des consommateurs. Certains pensent que l'Etat n'a fait qu'aggraver la situation qui n'est que gérée à moitié, jugent-ils.

Sidiki Doumbia

( stagiaire )

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DES ENSEIGNANTS RETIENNENT LEURS NOTES

DEF, bac et examens des IFM pris en otage

Les résultats des examens du baccalauréat, du DEF et des instituts de formation des maîtres (IFM) se font impatiemment attendre à cause d'une rétention de notes qui ne dit pas son nom. Décidés à voir leurs doléances aboutir, des enseignants campent toujours sur leur position en bloquant les notes de classe. L'impatience et la crainte gagnent élèves et parents d'élèves.

En début de l'année 2006, les syndicats d'enseignants ont formulé des doléances au niveau de la Fédération de l'éducation nationale (Fen) qu'ils ont déposées sur la table du gouvernement. Ces doléances concernent l'augmentation du taux de correction, du taux de surveillance, de l'attribution d'une prime de logement et les indemnités de fonction pour les censeurs et les surveillants généraux.

Les négociations avec le gouvernement, qui ont enregistré des suggestions et des contre suggestions, ont tellement traîné, que le Syndicat national de l'enseignement supérieur ( Synesup ) avait déclenché, on s'en souvient, une grève.

La grève qui a été déclenchée par la suite avait permis au Synesup d'avoir satisfaction sur certains poins de revendications comme l'augmentation du taux de surveillance (3000 F CFA par jour), du taux de correction (460 F CFA par copie) valables pour tous les enseignants et surtout une « indemnité de recherche » pour les enseignants du supérieur.

Ce qui n'a pas été suffisant pour certains syndicats comme le Syndicat national des travailleurs du secondaire ( Syntses ) et le Syndicat des enseignants contractuels, qui réclament notamment une prime de logement et une hausse des propositions du gouvernement par rapport aux différents taux.

Pour des syndicats, « l'indemnité de recherche accordée aux enseignants du supérieur est une autre dénomination que le gouvernement a sciemment inventé pour contrécarrer cette même revendication par les autres syndicats » .

Blocage

En outre, le gouvernement aurait fait, de l'avis de certains syndicalistes, un travail fractionnel en négociant avec des syndicats sans associer d'autres. Ceux qui se sont sentis lésés ont donc choisi de mettre tout leur poids dans la balance pour se faire entendre et obtenir une révision des propositions du gouvernement. Ce qui a motivé la rétention des notes.

Ainsi, du 1er trimestre de l'année scolaire 2006-2007 jusqu'à aujourd'hui, les élèves du secondaire et des instituts de formation des maîtres (IFM) n'ont pris connaissance d'aucune de leurs notes et aucune moyenne n'a été communiquée à l'administration chargée de la publication des résultats, qui semble être plus que jamais bloquée.

C'est seulement au lycée Bouillagui Fadiga que les résultats du 1er trimestre ont été révélés aux élèves, car l'administration de ce lycée n'était pas au courant de la mesure.

Selon certaines sources, d'intenses négociations sont en cours entre les deux parties pour un dénouement heureux. Si les résultats du baccalauréat venaient à être publiés avec seulement les moyennes obtenues dans les salles d'examen, les conséquences directes seraient un très faible taux de réussite et d'interminables problèmes d'inscription des admis dans les universités étrangères.

Les candidats et le gouvernement ont donc intérêt à ce qu'il y ait un consensus.

Ogopémo Ouologuem

( stagiaire )

 

Attitude dubitative des enseignants

Il est vraiment difficile de cerner l'attitude des enseignants, qui ont décidé de surveiller les examens et de corriger les copies sachant bien que leurs révendications n'étaient pas satisfaites.

Nombreux sont les parents d'élèves qui ont du mal à comprendre les motivations réelles de cette attitude d'autant plus que, pensent-ils, les enseignants avaient la possiblité de prendre les examens en « otage » en refusant de les surveiller et de les corriger jusqu'à nouvel ordre.

En tout cas, le blocage créé par les enseignants à ce niveau est très mal vu.

O.O

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COUR D'ASSISES

Un ex-agent de l'ONP fait son mea culpa

« Le montant qu'on me reproche a été totalement remboursé. Je ne voudrais pas rentrer dans le fond du problème mais je reconnais les faits parce que le montant détourné relevait de ma gestion » . Ces aveux sont de Fatogoma Sangaré, agent d'exploitation de l'Office national des postes (ONP) qui a été condamné hier par la Cour d'assises à un an d'emprisonnement avec sursis et à verser à l'Etat le franc symbolique des dommages et intérêts.

Des faits tels que décryptés par la Cour, il est reproché à M. Sangaré qui a exercé les fonctions de receveur du bureau des postes de Toukoto en 1992, un déficit de caisse évalué à 880 734 F CFA. Fatogoma a expliqué ce trou par les manœuvres frauduleuses en vue de combler un déficit qu'il avait enregistré dans sa gestion antérieure à Bafoulabé .

Malheureusement, la promesse qu'il a faite de rembourser les fonds n'a pas été respectée, si bien que près d'un an après, l'ONP était obligé de porter plainte contre lui. Après sa mise sous mandat de dépôt, il a remboursé à concurrence de 677 000 CFA le montant dissipé. Il reste encore redevable vis-à-vis de son service employeur de la somme de 203 689 F CFA.

L'accusé, qui a reconnu les faits à la barre, a expliqué qu'il n'a pas personnellement commis l'infraction en ce sens que c'est un de ses employés à Bafoulabé qui a pris sa clé pour ouvrir le coffre-fort. Ce qui était loin de convaincre le ministère public, représenté par le procureur général près la Cour d'appel de Bamako, Mamadou Bouaré, qui a demandé qu'il soit maintenu dans les liens de la prévention d'atteinte aux biens publics. Ce qui a valu à Fatogoma Sangaré, un an d'emprisonnement avec sursis et le versement à l'Etat du franc symbolique au titre des dommages et intérêts.

En l'absence des accusés, la Cour a également statué par défaut sur une deuxième affaire relative à l'usage de timbres fiscaux contrefaits impliquant Mahamadou Ascofaré , Amadou Sidibé, Massa Daou et Mahamadou Ouologuem . Ils ont été condamnés par contumace à 5 ans de réclusion chacun.

C'est dans le dernier dossier de la journée que la Cour a eu la main lourde en condamnant par défaut à 10 ans de réclusion Amadou Lamine Diarra, gestionnaire comptable du Trésor de Koulikoro pour avoir détourné courant 1991-1992 la somme de 18 094 534 F CFA par l'émission de cinq faux chèques et d'avoir tenté dans les mêmes circonstances le détournement de plus de 2 millions de F CFA.

Mohamed Daou

 

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AMADOU TRAORE, SYNDICAT DES ENTREPRISES DE TRANSPORT

« Il faut moraliser les policiers et les gendarmes sur les routes »

Tout en prenant avec des pincettes les résultats de l'enquête de l'Observatoire des pratiques anormales (Opa) délivrés les 5 et 6 juillet 2007 à Ouagadougou et qui font du Mali le pays le plus corrompu en Afrique de l'Ouest en matière de traversée routière, le président du Syndicat des entreprises de transport du Mali, Amadou Traoré, ne décolère pas contre les autorités nationales qui édictent des mesures qu'elles sont les premières à piétiner. L'application stricte du droit de traversée avec son corollaire de moralisation des forces de sécurité reste, dit-il, la seule porte de sortie contre les tracasseries sur nos routes. Entretien.

Les Echos : En quoi consiste les pratiques anormales sur les routes ?

Amadou Traoré  : Ce sont des irrégularités constatées sur la route et qui freinent l'évolution normale des trafics. Ce sont des barrières qui ne devraient pas être là, car elles bloquent la dynamique de transport.

Les Echos : L'Observatoire des pratiques anormales, dans une enquête, épingle le Mali comme l'un des pays les plus corrompus sur la route : 24 arrêts sur tous les 100 km ou encore plus de 50 000 F CFA de pot-de-vin aux agents. Quelle analyse faites-vous de ces résultats ?

A. T.  : Certes le Mali est épinglé, mais ce constat est valable à tous les niveaux et dans tous les pays de la Cédéao . C'est vrai que le Burkina Faso a essayé de faire un peu de nettoyage juste avant les enquêtes. Ce qui lui a donné une place enviable sinon ce pays était de loin le plus corrompu en matière de trafic routier. Le problème chez nous, c'est que les forces de l'ordre, même si elles ne demandent rien aux chauffeurs, par réflexe, ces derniers donnent de l'argent même si c'est un poste de sécurité.

Je ne suis pas aussi d'accord quand ils disent qu'il y a 19 postes de contrôle entre la frontière Burkina et Bamako. C'est vrai, il y a 19 barrières qui ne sont pas toutes des postes de contrôle. Il y a des postes de barrière de pluie, de sécurité, de pointage et autres choses qu'ils ont calculés. Dans tous les cas, même si ce n'était pas ces barrières, les casses-dos-dânes que nous avons érigés sur les routes constituent des freins au développement et à la dynamique du transport. Ce qui n'existe pas dans les autres pays de la sous-région.

Les Echos  : Quelles sont les actions que vous menez pour fluidifier la circulation des camions au Mali ?

A.T.  : En 1986, ce sont les transporteurs qui sont allés voir le parti unique d'alors pour dénoncer la tracasserie sur les routes. Alors, nous avons proposé à nous soumettre à un paiement pour que les forces de l'ordre puissent avoir le prix de l'essence. Nous avons accepté de payer près de 11 F CFA par km pour cela. Après 1991, le CTSP a adopté une loi qui légifère aujourd'hui le droit de traversée. Ce qui fait que les transporteurs ont 25 % qui constituent la garantie pour le renouvellement du parc. Il y a également 25 % pour les policiers et les gendarmes qui sont sur la route et c'est le ministère de la Sécurité qui gère cet argent. Et c'est ce ministère qui devrait intéresser les policiers et les gendarmes qui sont sur la route pour que ceux-ci ne tracassent pas les chauffeurs. Les 50 % restants sont pour l'Etat. Depuis longtemps, nous sommes dans cette dynamique.

Pour nous, cette enquête de l'Opa n'est qu'un vieux document. On est en train de réveiller un vieux démon. En matière de transport, il n'y a pas de texte qui n'existe pas au Mali. Nous sommes en avance sur tous les pays de la sous-région. Malheureusement, l'application des textes pose problème. Je me rappelle quand le CTSP est arrivé au pouvoir et que des policiers avaient voulu saboter, il y en a qui ont été complètement déshabillés. Ils avaient alors commencé à respecter jusqu'en 1993. Le gouvernement se lassant, les policiers reviennent avec les mauvaises habitudes. Sinon, en réalité, le droit de traversée était la solution idéale que les transporteurs eux-mêmes ont proposée.

Les Echos : Pensez-vous que les mesures de l'Opa de supprimer les barrières non tarifaires, de créer des comités de gestion des corridors ou le contrôle au lieu de chargement sont des portes de sortie ?

A. T . : Je pense qu'ils ont fait une erreur quand ils disent de contrôler les camions au point de chargement. Les véhicules du Mali sont chargés ou dans les marchés ou dans les usines CMDT. Quand on compte le nombre d'usines CMDT qu'il y a au Mali, une quinzaine et qu'on demande de mettre des contrôles à tous ces niveaux, ça veut dire ce que ça veut dire. Nous avons dit qu'il faut contrôler au premier poste de contrôle. Tous les pays doivent identifier des postes de contrôle qui délivrent des tickets de contrôle. Après cela, on ne doit plus être contrôlé par autre poste. C'est le système de DTR, la seule porte de sortie. Il s'agit de bien l'appliquer.

Les Echos : Voulez-vous insinuer que ce sont les autorités qui sont défaillantes ?

A. T.  : La tracasserie est sur toutes les lèvres. A côté de la tracasserie, les décideurs disent qu'il faut sécuriser les pays. D'où la création des postes de sécurité. Mais à la place de ces postes, nous avons demandé à ce que la gendarmerie puisse faire des patrouilles mobiles au lieu de se fixer. On serait à l'abri des braquages et autres. Malgré ces postes de sécurité, en 3e région, on ne circule pas à partir de 18 h. Alors, à quoi sert la brigade mobile ? Les directeurs ont baissé les bras alors que ce sont eux qui empochent les sous. Nous avons décidé de leur donner de l'argent pour que nous ne soyons pas tracassés, mais ils demandent à leurs agents de prendre de l'argent.

Après avoir pris notre argent, on nous tracasse. Ça veut dire quelque part que quelqu'un n'a pas fait son travail. Et ce sont les décideurs. Ils n'ont pas joué le rôle qu'ils devraient jouer, c'est-à-dire interdire à leurs agents certaines choses. Aujourd'hui, les postes de sécurité sont transformés en postes de contrôle. C'est regrettable ! Il faut vraiment une moralisation des policiers et des gendarmes parce qu'il y en a qui ne savent pas pourquoi ils sont là. Il faut également mettre l'accent sur la formation des chauffeurs et l'information, la sensibilisation du public. Et l'Etat doit mettre des moyens pour ça.

Propos recueillis, à Ouaga , par

Sidiki Y. Dembélé

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MUSIQUE

Fantani Touré dédicace «  Awo  »

C'est le vendredi 29 juin 2007 que Fantani Touré a organisé le baptême de son nouvel album, «  Awô  » (Oui) au Palais de la culture Amadou Hampaté Bâ. C'était en présence d'invités de marque comme Oumou Sangaré, Waren (Abdoulaye Traoré), Nahawa Doumbia , Michel Sangaré…

250 F CFA ! C'est la somme que Fantani Touré a décidé de verser à Kandia Kouyaté (malade) sur chaque billet vendu du concert/dédicace de son nouvel album, «  Awô  » . Un geste de cœur unanimement salué par le public qui avait massivement fait le déplacement.

«   C'est la seule manière pour moi de venir en aide à Kandia   » , confie l'artiste. Fantani n'est pas à son premier geste de solidarité. En effet, on se rappelle qu'elle avait eu le même élan de générosité à l'égard de Tata Diakité (paix à son âme). Un geste salué à sa juste valeur par tout le Wassoulou .

C'est depuis février dernier que l'artiste Fantani Touré a mis cet album sur le marché. Et il a fallu quatre mois d'attente aux mélomanes de la capitale pour assister au baptême de cet opus. C'était au cours d'un grand spectacle. Pour la circonstance, l'épouse de Guimba (Habib Dembélé) avait à ses côtés des artistes renommés comme Abdoulaye Traoré «  Waren  » , Mamou Camara, Oumou Sangaré et Nahawa Doumbia . Son compter l'inséparable ami de la famille Dembélé, Michel Sangaré. Cette soirée inoubliable était dédiée à Kandia Kouyaté souffrante depuis, grande sœur de l'épouse de Habib Dembélé «  Guimba  » .

C'est Mamou Camara qui a donné le ton. Elle a été suivie sur la scène par Abdoulaye Traoré dit Waren . Et le clou de la soirée a été la prestation tant attendue des trois stars ( Fantani Touré, Nahawa Doumbia et Oumou Sangaré) sur la scène dans une chanson intitulée «  Djoukousako  » .

Elles répondaient ainsi aux mauvaises langues par rapport à l'histoire du film porno qu' Oumou Sangaré aurait tourné, de celle qui aurait impliqué Guimba dans un trafic de drogue. De fausses accusations dénoncées par le trio de vedettes.

Pendant la soirée, Michel Sangaré s'est aussi mis en évidence dans un one man show dont le sujet était des « Maures en voyage dans un camion pour Nara » . Comme les autres artistes, il a apporté un cachet particulier à ce concert dédicace de l'épouse de son ami et compagnon de toujours, Guimba .

Boubacar Diakité Sarr

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RENCONTRE EDITEURS A PARIS

Pour la protection et la promotion de la bibliodiversité

Soixante-quinze éditeurs indépendants de plus de 45 pays dont des représentants de collectifs regroupant au total plus de 465 maisons d'édition se sont réunis à Paris à la Bibliothèque nationale de France du 1er au 4 juillet 2007 en assises internationales de l'édition indépendante. A travers leur déclaration internationale des éditeurs indépendants, ils réaffirment avec force leur volonté de résister et d'agir ensemble. Dans l'extrait de la Déclaration ci-dessous les éditeurs présents à Paris appèlent les éditeurs indépendants, partout dans le monde, à se regrouper, au niveau national, mais aussi au niveau régional et international, dans des associations et des collectifs permettant de mieux défendre nos droits, de faire entendre leurs voix. Ensemble, avec l'appui des pouvoirs publics, des mécènes, des organisations internationales, ils entendent continuer à défendre et à promouvoir l'édition indépendante et la bibliodiversité.

Préambule

Le rôle des éditeurs indépendants en tant qu'acteurs essentiels de la diffusion d'idées, de la construction de l'être humain est aujourd'hui partout dans le monde gravement compromis. La bibliodiversité - la diversité culturelle pour le livre - est en danger.

Les éditeurs indépendants sont en effet touchés de plein fouet par la globalisation économique, qui favorise la financiarisation de leur secteur, dominé aujourd'hui par des grands groupes qui possèdent les supports, les moyens de communication et de diffusion. La standardisation des contenus est en marche. La recherche du seul profit pousse l'édition vers une marchandisation qui n'est pas compatible avec la création et la diffusion des biens culturels. Pourtant, le livre devrait être un bien public.

Face à ces menaces, nous, 75 éditeurs indépendants de plus de 45 pays - dont des représentants de collectifs regroupant au total plus de 465 maisons d'édition - réunis à Paris à la Bibliothèque nationale de France du 1er au 4 juillet 2007 en Assises internationales de l'édition indépendante, réaffirmons notre volonté de résister et d'agir ensemble. Nous nous inscrivons pleinement dans les principes de la Convention pour la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles de l'Unesco, entrée en vigueur le 18 mars 2007. Nous souhaitons, pour le secteur culturel qui est le nôtre, contribuer concrètement à sa mise en œuvre. Nous considérons que l'Alliance que nous formons est légitime à représenter et à défendre la bibliodiversité et l'édition indépendante, en particulier auprès des organismes internationaux et des États engagés dans l'application de la Convention et la mise en place de politiques nationales du livre et de la lecture.

Déclaration

Nous dénonçons tout d'abord avec force toute forme de censure, qu'elle soit directe, indirecte ou qu'elle relève de l'autocensure. Nous nous déclarons pleinement solidaires de tous nos collègues éditeurs, des auteurs et de tous les autres professionnels du livre qui subissent aujourd'hui encore des formes d'intimidation, des violences morales ou physiques, des peines d'emprisonnement, mettant en danger leurs activités - voire leur vie. Nous constatons par ailleurs le développement de formes de censure moins directes, qu'elles relèvent de causes administratives (blocages en douane, taxes arbitraires, etc.), juridiques et financières, ou qu'elles découlent d'un mécanisme d'autocensure. Les phénomènes de concentration et de financiarisation du secteur éditorial, des médias et des moyens de communication participent aussi directement ou indirectement au renforcement ou à la réapparition de formes de censure.

Nous constatons que les lois antiterroristes et sécuritaires ont amoindri depuis quelques années la liberté d'expression partout dans le monde ; nous entendons lutter contre cette dégradation. Nous sommes particulièrement alarmés par le manque de circulation des œuvres et des idées d'une culture à l'autre, notamment à travers le livre. Nous constatons par exemple que très peu de livres sont traduits vers l'anglais et vers l'arabe, alors que l'essentiel des traductions est issu d'œuvres du monde anglophone. Nous redoutons un repli identitaire et l'instauration durable d'une pensée dominante.

Nous demandons unanimement et solennellement la mise en place urgente de fonds et d'aides à la traduction destinée avant tout aux éditeurs indépendants. Nous demandons à tous les États, à tous les pouvoirs publics, à tous les mécènes de mobiliser en urgence des ressources en faveur de traductions d'ouvrages, pour participer à la réinvention et au renforcement des liens entre les communautés humaines. Nous restons convaincus que les coéditions représentent aussi un instrument utile au dialogue interculturel - principalement lorsqu'elles sont le fruit d'un engagement collectif se traduisant par des accords commerciaux solidaires. Nous nous engageons à poursuivre notre réflexion - enrichie par nos pratiques - sur la notion de « livre équitable ».

Nous nous déclarons en faveur de la souveraineté des États en matière de politiques culturelles, politiques qui ne doivent toutefois pas nuire à la liberté d'expression et aux droits humains. Il faut que soit respecté, défendu, appliqué un droit souverain autorisant l'établissement de politiques et de lois en faveur du livre, protégeant et assurant la promotion des industries culturelles indépendantes. Cette souveraineté pourrait par exemple permettre l'instauration de lois fixant un prix unique, la mise en place d'encouragements fiscaux, le développement des bibliothèques et de la lecture publique, la protection et la promotion des librairies indépendantes, les achats publics de livres produits localement, l'instauration de tarifs préférentiels nationaux sur le transport des livres. Le livre et l'édition font partie d'un héritage culturel local mais aussi universel ; la diffusion des œuvres doit passer de façon prioritaire - surtout lorsque les niveaux de développement sont inégaux - par la coédition solidaire et la cession de droits. Nous encourageons également la publication en langues locales ou minoritaires ; nous nous déclarons solidaires des éditeurs œuvrant en leur faveur.

Nous demandons la révision de l'accord de Florence. Nous ne sommes pas opposés au principe de la libre circulation des livres ; malheureusement elle s'opère trop souvent en défaveur des marchés et des industries locales et nationales. Il faut compenser les échanges déséquilibrés entre les pays fortement exportateurs de livres et les pays destinataires. Nous appelons les associations ou les organismes institutionnels engagés dans le don de livres à la vigilance, afin que leurs activités ne pénalisent pas l'édition locale. Nous estimons qu'il est urgent de repenser le don de livres et ses mécanismes, de lui donner un nouveau sens, une modernité.

Il est impératif que les éditeurs indépendants puissent accéder aux marchés publics de leur pays. L'édition scolaire doit être prioritairement confiée aux éditeurs locaux indépendants, à la fois pour des raisons de développement économique de l'édition, mais aussi parce qu'il est crucial que les contenus soient conçus et produits localement.

Il nous semble essentiel que soit créé un environnement fiscal favorable à l'industrie du livre. Il s'agit en particulier d'adopter des taxes réduites sur le livre, mais aussi de détaxer au maximum l'importation des matières et des matériels essentiels à la fabrication du livre. Nous déplorons malheureusement que le protocole de Nairobi ne soit pas signé, ratifié ou respecté par tous.

Nous voulons réaffirmer notre interdépendance avec les acteurs de la chaîne du livre, les auteurs, les traducteurs, les libraires et les bibliothécaires. Nous nous sentons en particulier engagé dans une véritable communauté de destin avec les libraires indépendants. Nous n'oublions pas que les libraires indépendants sont, comme leurs homologues éditeurs, des agents culturels et sociaux fondamentaux pour l'information et la formation des personnes. Les éditeurs et les libraires doivent travailler ensemble à rendre visible leur indépendance et sa signification.

Dans certains pays, la distribution est en pleine dérégulation du fait de la concentration, menaçant ainsi toute la chaîne du livre. Nous appelons à la régulation des structures existantes et à la mise en place de structures alternatives de diffusion et de distribution.

Les bibliothèques publiques sont un maillon à part entière de la chaîne du livre ; par les acquisitions d'ouvrages, elles doivent refléter la diversité culturelle et permettre le renforcement de l'édition locale tout en remplissant leur rôle social de formation des lecteurs. Il est fondamental que soient conçues et appliquées des lois équilibrées en matière de droits d'auteur - lois permettant à la fois de protéger les droits des créateurs tout en garantissant l'accès à la connaissance. Il s'agit avant tout d'empêcher le monopole de la connaissance et une trop grande appropriation privée du savoir. Par ailleurs, l'accès aux nouvelles technologies est fondamental ; elles seront essentielles à la bibliodiversité. Nous sommes conscients que, tout en luttant et revendiquant nos droits, il nous faut affirmer dans le même temps nos devoirs et nos responsabilités - qu'elles soient culturelles, sociales ou environnementales.

Au terme de ces quatre journées de travail en commun, nous constatons de nouveau que notre Alliance est un espace précieux de rencontres humaines, de dialogues et d'échanges culturels, de partages d'expériences, de mises en commun des savoir-faire professionnels, de conceptions et de mises en œuvre de projets éditoriaux innovants, d'élaborations d'actions de plaidoyer utiles à l'édition indépendante et à la bibliodiversité. Nous avons pleinement conscience d'être les acteurs premiers de nos projets et de nos réflexions.

Enfin, nous appelons les éditeurs indépendants, partout dans le monde, à se regrouper, au niveau national, mais aussi au niveau régional et international, dans des associations et des collectifs permettant de mieux défendre nos droits, de faire entendre nos voix. Ensemble, avec l'appui des pouvoirs publics, des mécènes, des organisations internationales, nous entendons continuer à défendre et à promouvoir l'édition indépendante et la bibliodiversité.

Paris, mercredi 4 juillet 2007

 

Liste des signataires

Sindhu Abebe, Editions Sindhu, Ethiopie

Nouri Abid, Editions Med Ali, Tunisie

Joachim Adjovi, Association Afrilivres, Bénin - Collectif d'éditeurs indépendants regroupant 55 maisons d'édition d'Afrique francophone au sud du Sahara

Silvia Aguilera, Lom Editorial, Chili

Bahman Amini, Editions Khavaran, Iran - France

Marie-Agathe Amoikon Fauquembergue, Editions Eburnie, Côte d'Ivoire

Pascal Assathiany, Editions du Boréal, Québec - Canada

Bichr Bennani, Tarik éditions, Maroc

Pierre Bertrand, Editions Couleur livres, Belgique

Dominique Bigourdan, Editions Sang de la Terre, France

Joseph Bou Akl, Editions Dar Al-Farabi, Liban

Isabelle Bourgueil, L'or des fous éditeur, France

Indu Chandrasekhar, Tulika Books, Inde

Russell Clarke, Editions Jacana, Afrique du Sud

Sandro Cohen, Editorial Colibrí, Mexique

Gilles Colleu, Editions Vents d'ailleurs, France

Arielle Corbani, Editions de l'Atelier, France

Germán Coronado, Ediciones Peisa, Pérou

Ana Danieli, Ediciones Trilce, Uruguay

Héctor Dinsmann, Libros de la Araucaria, Argentine

Serge Dontchueng Kouam, Presses universitaires d'Afrique, Cameroun

Jacques Dos Santos, Edições Chá de Caxinde, Angola

Iñaki Egaña, Editions Txalaparta, Pays Basque - Espagne

Fatma El Boudy, Elain Publishing, Egypte

Josemari Esparza, Editions Txalaparta, Pays Basque - Espagne

Marc Favreau, The New Press, États-Unis d'Amérique

Araken Gomez Ribeiro, Editions Contra Capa et Liga Brasileira de Editores (Libre), Brésil - Collectif d'éditeurs indépendants regroupant 100 maisons d'édition

Müge Gursoy Sokmen, Editions Metis, Turquie

Agnès Gyr-Ukunda, Editions Bakame, Rwanda

Sofiane Hadjadj, Editions Barzakh, Algérie

Pablo Harari, Ediciones Trilce, Uruguay

Susan Hawthorne, Spinifex Press, Australie

Jutta Hepke, Editions Vents d'ailleurs, France

Dorothée-Gérard Houessou, Les éditions du Flamboyant, Bénin

Federico Ibáñez, Association Bibliodiversidad, Espagne - Collectif d'éditeurs indépendants regroupant 129 maisons d'édition

Guido Indij, la Marca Editora et Los Editores Independientes de Argentina por la Diversidad Bibliográfica (Edinar), Argentine - Collectif d'éditeurs indépendants regroupant 33 maisons d'édition

Yasmin Issaka, Editions Graines de pensées, Togo

Aline Jablonka, Editions Charles Léopold Mayer, France

Ivana Jinkings, Boitempo Editorial, Brésil

Renate Klein, Spinifex Press, Australie

Hamidou Konaté, Editions Jamana, Mali

Octavio Kulesz, Libros del Zorzal, Argentine

Béatrice Lalinon Gbado, Editions Ruisseaux d'Afrique, Bénin

Alvaro Lasso, Editions estruendomudo, Pérou

Anne Lima, Editions Chandeigne, France

Sami Menif, Cérès éditions, Tunisie

Ritu Menon, Editions Women Unlimited et Independent Publishers' Group, Inde - Collectif d'éditeurs indépendants regroupant 10 maisons d'édition

Anita Molino, Federazione Italiana degli Editori Indipendenti (FIDARE) Italie - Collectif d'éditeurs indépendants regroupant 87 maisons d'édition

Julie Mongeau, Les éditions écosociété, Québec - Canada

Auguste Moussirou-Mouyama, Les éditions du Silence, Gabon

Pablo Moya, Alianza de Editoriales Mexicanas Independientes (AEMI), Mexique - Collectif d'éditeurs indépendants regroupant 15 maisons d'édition

Aïda et Nabil Mroueh, Editions Al-Intishar, Liban

Jean-Claude Naba, Sankofa & Gurli éditions, Burkina Faso

Abdeljalil Nadem, Editions Toubkal, Maroc

Lidio Peretti, Editora Vozes, Brésil

José Antonio Quiroga, Plural Editores, Bolivie

Claude Rabenoro, Editions Tsipika, Madagascar

Marie-Michèle Razafintsalama, Presse Edition et Diffusion, Madagascar

Jean Richard, Editions en bas, Suisse

Juan Carlos Sáez, Editores de Chile (EDIN), Chili - Collectif d'éditeurs indépendants regroupant 35 maisons d'édition

Rodney Saint-Eloi, Editions Mémoire d'encrier, Haïti – Canada

Asdrúbal Sánchez, Editorial Laboratorio Educativo, Venezuela

André Schiffrin, The New Press, Etats-Unis d'Amérique

Virginie Séguinaud, Editions Donniya, Mali

Abdulai Sila, Ku Si Mon Editora, Guinée-Bissau

Paulo Slachevsky, Lom Editorial, Chili

Bernard Stephan, Les éditions de l'Atelier, France

José Tavares, Editions Campo das Letras, Portugal

Roger Tavernier, Editions Emina Soleil, France

Susannah Trefgarne, Zed Books, Royaume-Uni

Abdón Ubidia, Editorial El Conejo, Equateur

Marcelo Uribe, Ediciones Era, Mexique

Jacqueline Wagenstein, Colibri Books, Bulgarie

Cristina Warth, Pallas Editora, Brésil

Xue Kuisong, Editions Sanlian, Chine

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