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2007

Mois de juillet

Les Echos du 10 juillet 2007

REVELATIONS DU VERIFICATEUR GENERAL

L'EDM-SA engloutit plus d'un milliard de TVA du peuple

L' Energie du Mali (EDM-SA) fait partie des entreprises qui ont la charge de collecter et de reverser au Trésor public la Taxe sur la valeur ajoutée (TVA) pour le compte de l'Etat du Mali. Ce travail n'étant pas fait correctement sur les exercices 2002-2003-2004, le Trésor public accuse un manque à gagner de plus du milliard de F CFA. Le rapport du Vérificateur général dévoile l'affaire.

La dilapidation ou le détournement de la TVA à l'EDM-SA est imputée à certains faits. Le rapport du Vérificateur général évoque la violation des articles 499 et 500 du code général des impôts, la minoration des retenues sur certains fournisseurs et une discordance entre le fichier Sigtas de la direction générale des impôts (DGI) et celui des déclarations en douanes.

Dans le premier cas, des déductions irrégulières ont été constatées dans le compte de la TVA et qui ont servi à des frais de restauration, d'hébergement, de réparation, d'entretien et d'achat de véhicules. Cette opération s'est soldée par des droits de TVA compromis d'un montant total de 407 027 613 F CFA.

La retenue à la source de la TVA facturée à des entreprises publiques ou parapubliques comme EDM-SA, par les fournisseurs de biens et services est réglementée par la lettre circulaire n°17/MFC du 27 novembre 1995. La mission du Végal s'est rendue compte que le compte de retenues/fournisseurs d'EDM-SA comporte de nombreux montants minorés de retenues sur fournisseurs. La période s'étend de 2002 à 2004. Le manque à gagner est de 1 232 345 675 F CFA représentant la TVA éludée par ce procédé de minoration constaté sur un échantillon de 97 prestataires nationaux et étrangers.

Le fichier Sigtas et celui des déclarations des importations en douanes ne sont étrangers à cette évasion fiscale. Le rapport entre les deux fichiers a permis de déceler de grands écarts entre les deux documents. Rien qu'en 2002, les importations enregistrées en douane dépassaient celles qui sont indiquées par le fichier de la DGI estimées à 2 757 164 036 F CFA. Ce chiffre était de 1 628 900 527 F CFA en 2003 et 1 408 219 337 F CFA en 2004.

La recommandation principale faite par le Végal est le recouvrement immédiat par l'Etat du montant global des droits de TVA confisqués s'élevant à 1 639 373 588 F CFA. Une opportunité pour le procureur anti-corruption Sombé Théra de s'autosaisir.

Abdrahamane Dicko

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CONTESTATION POST-LEGISLATIVE A GAO

Des partis exigent l'annulation du scrutin

La ville de Gao est sous haute tension depuis la proclamation officielle mais provisoire des résultats des législatives du 1er juillet 2007. Les militants des partis politiques de la Cité des Askia dénoncent « la fraude », « l'achat des consciences », les « intimidations » et contestent l'élection dès le 1er tour de la liste Adema/ PASJ . Ils demandent l'annulation pure et simple du scrutin.

Dans notre parution d'hier, nous évoquions des cas de fraudes massives dans les circonscriptions de Diéma (région de Kayes) et de Goundam (région de Tombouctou). Comme une contagion, Gao aussi fulmine sa colère. L'heure est à la consternation dans la Cité des Askia. Dans cette circonscription, les militants de partis politiques révoltés contre ce qu'ils appellent « le hold-up électoral », demandent l'annulation des législatives du 1er juillet 2007 dans la Cité des Askia. Déterminés qu'ils sont, les militants des partis RPM, PCR, Parena , URD, MCRM, RDP, US-RDA, Fama , les associations ADJ et Convergence-2007 ont, dans une déclaration commune, fait part de leur mécontentement.

Le lundi 2 juillet, des informations faisaient état de la chute de la liste Adéma sur laquelle figure le 2e vice-président de l'Assemblée nationale, Assarid Ag Imbarcaouane face à la liste RPM-URD avec le député Arboncana Boubèye Maïga , un des frères de Soumeylou Boubèye Maïga . Cette information a été démentie aux environs de 15 h par le député Imbarcaouane lui-même qui répondait depuis Gao aux questions d'un confrère. M. Imbarcaouane affirmait que rien n'était encore joué puisqu'il restait, disait-il, les résultats d'une commune qui lui serait à 100 % favorable.

L'administration centrale indexée

Les informations qui s'enchaînaient le donnèrent vainqueur le lendemain. Ce sont ces mêmes résultats qui ont été officiellement publiés par le ministre de l'Administration territoriale et des Collectivités locales le 7 juillet faisant passer la liste Adéma à Gao dès le 1er tour.

Dans leur déclaration commune, les militants et sympathisants des partis politiques et associations attirent l'attention des autorités chargées de l'organisation du vote sur l'utilisation abusive de procurations dans les communes d' Anchawadj , N' Tillit , Soni Ali Ber et Djecko , le village natal d' Assarid Ag Imbarcaoune . Ils font aussi cas des votes multiples opérées avec des procurations signées et cachetées ou sans procuration, les campagnes de désinformation, d'intimidation et d'intoxication ourdies par le gouverneur de région, le colonel Amadou Baba Touré.

Le gouverneur est accusé d'avoir fait croire aux électeurs que la liste Adéma conduite par le 2e vice-président de l'Assemblée nationale et comportant des candidats du Mouvement citoyen, serait essentiellement composée des amis du président de la République. Sa forte coloration politique est mise à nu en même temps que celle du sous-préfet central et le sous-préfet d' Anchawadj . Le colonel Touré aurait même donné des ordres interdisant la marche de protestation du regroupement de partis politiques.

Selon des informations, le scrutin a continué à Gao au-delà de 18 h, heure de fermeture légale des urnes à 1 h du matin. Ce qui aurait permis à la liste Adéma de faire voter le village de Djébock avec des procurations en blanc seing.

La tentative d'imposer des candidats au détriment de la volonté de la majorité fait peser sur Gao le spectre de l'effritement de la concorde et de la cohésion sociales. Les pouvoirs publics sont avertis.

Abdrahamane Dicko

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AXES ROUTIERS INTER-ETATS

La corruption routière dans tous ses états

Contrôles excessifs, paiements de taxes sans reçu, retard sur les routes constituent non seulement des freins à la fluidité du trafic et à la compétitivité de l'économie des pays enclavés, mais aussi des entraves au libre développement de l'activité du transport. C'est ce qui ressort de l'atelier de restitution des premiers résultats de l'Observatoire des pratiques anormales (Opa) sur les axes routiers inter-Etats , tenu à Ouagadougou les 5 et 6 juillet derniers.

Organisé par la Commission de l' Uémoa et la Cédéao ainsi que le Centre pour le commerce en Afrique de l'Ouest, l'atelier de l'Opa à Ouagadougou a permis à la centaine de participants (experts de la Cédéao , des Etats membres de l' Uémoa et du Ghana, les représentants d'organisations professionnelles de la société civile, du secteur privé et des partenaires au développement) de s'imprégner des dysfonctionnements sur les corridors pilotes ghanéens et togolais en termes de contrôles, de pertes de temps et de perceptions illicites.

Les constats sont alarmants, car les coûts de transports dans cette sous-région figurent parmi les plus élevés au monde. A ces coûts, supportés par les marchandises, viennent s'ajouter d'autres facteurs limitatifs au nombre desquels les coûts d'exploitation élevés, la dégradation précoce des infrastructures routières, l'état du parc automobile et les pots de vin le long des corridors routiers. Il est également constaté une cascade de procédures et de documents préjudiciables à la fluidité du trafic.

Ces pratiques anormales ont été souvent décriées et la puissance publique interpellée. Les pays enclavés sont particulièrement défavorisés car le manque d'accès direct à la mer les éloigne davantage du marché mondial. Les mesures prises au niveau décisionnel n'ont pas encore permis d'enrayer le fléau en raison de leur caractère isolé et temporaire.

Développer la bonne gouvernance

Pour le commissaire chargé du département de l'aménagement du territoire communautaire Ibrahim Tamponné, la solution à ces problèmes réside dans la capacité des Etats à mettre en œuvre les dispositions législatives, réglementaires et légales appropriées de façon permanente et soutenue. « Quatre contrôles tous les 100 kilomètres et des niveaux de perception qui avoisinent sur certains corridors 80 000 F CFA sur l'ensemble du parcours, voilà la triste réalité que révèlent ces résultats » , a-t-il indiqué.

Abondant dans le même sens, le 1er conseiller de l'ambassade des USA au Burkina a souhaité que les réflexes de bonne gouvernance soient développés dans le secteur des transports routiers afin qu'à l'instar des autres régions du monde, la libre circulation des personnes et des biens soit effective en Afrique de l'Ouest où les coûts de transport restent les plus élevés de par le monde.

Ainsi, après les exposés sur les premiers résultats de l'Opa et les efforts menés en vue de lever les barrières non tarifaires sur les axes routiers inter-Etats , les participants ont convenu que « seule une action suivie impliquant les gouvernements, les organisations régionales et la société civile permettra de susciter un éveil du public à la problématique de la facilitation des transports et du transit routier Inter-Etats  » .

Des recommandations ont été adressées à la Commission de l' Uémoa et la Cédéao , aux Etats, aux associations professionnelles de transporteurs et aux chargeurs sur les actions à mener dans la perspective de la levée des barrières non tarifaires et de la poursuite des activités de l'Opa.

Sidiki Y. Dembélé

( envoyé spécial à Ouaga )

 

Ils ont dit…

M. Otonki (transporteur Lomé)  :

« Il faut 300 000 F CFA pour un camion qui fait le trajet Lomé-Bamako et vice-versa. Les 35 000 F sont pour les frais de Lomé, tout le reste est dépensé entre Ouaga et Bamako. A Koury , il y a un bureau avec cinq personnes. Tant que tu ne donnes pas 5000 F à chacun d'eux, même si tous tes papiers sont en règle, ton camion ne sort pas. A Sikasso également, il y a un policier court qui n'est content que s'il voit les camions togolais. Il nous harcèle. Entre Ouaga et la frontière Lomé, il faut 55 000 F pour un camion vide. Mais où va tout cet argent ? »

Moussa Diarra (Mali)  :

« Au Mali, nous sommes arrivés à faire signer un document par le chef de l'Etat et à sept ministres pour réduire les barrières non tarifaires. Malgré tout, les barrières n'ont fait que prospérer. Il faut que des mesures soient prises tout en innovant, en considérant par exemple l'espace Uémoa comme un seul Etat avec seulement des postes de sécurité et que les camions circulent librement ».

Augustin Karanga (expert Uémoa )  :

« Personne n'est opposé au contrôle routier, mais on ne peut pas nous convaincre que 40 contrôles sur un véhicule dans un même corridor est normal. On n'appelle pas ça contrôle, mais c'est du racket ».

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Mali, pays le plus corrompu de la sous-région

Les résultats des premières enquêtes de l'Observatoire des pratiques anomales (Opa), menés du 26 octobre 2006 au 20 mai 2007, placent notre pays en tête de peloton des pays champions en tracasseries routières. Neuf enquêtes ont été conduites sur le corridor Bamako-Ouagadougou , 255 sur le corridor Tema-Ouagadougou et 31 entre Lomé-Ouagadougou .

Entre Ouaga et Bamako, on dénombre 24 arrêts, soit 2,6 sur 100 km contre 18 arrêts sur le corridor Lomé-Ouaga . Le Mali vient en 1re position des pays qui extorquent le plus : 51 264 F CFA par camion, soit 12 294 F sur tous les 100 km, contre 186 F par camion pour le Togo et 16 532 F pour le Ghana.

Sur le retard sur les routes, le Mali occupe l'avant-dernière position avant le Ghana avec 2 h 40 de perte de temps par camion, soit 38 minutes sur 100 km de Koloko à Bamako contre 1 h 54 par camion au Togo. Sur les perceptions illicites, le Mali est également en tête et c'est la police qui est largement épinglée avec 11,49 dollars sur 100 km, suivie de la douane.

L'enquête révèle que l'administration et la foresterie malienne ne perçoivent presque rien, la gendarmerie et les douanes perçoivent dans une moindre mesure tandis que la police perçoit près de la moitié.

A la demande de l' Uémoa et de la Cédéao , l'Opa commencera à étendre les enquêtes aux frontières et aux ports et couvrira le corridor Cotonou-Niamey en 2008.

S. Y. D.

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CALVAIRE DE BASSIROU MINTA

Retour vers l'ancien Mali

L'arrestation, l'emprisonnement et la condamnation arbitraire du professeur de lycée Bassirou Minta rappelle un Mali que l'on croyait à jamais révolu.

Depuis près d'un mois, le landerneau politico-médiatique malien est secoué par l'affaire dite de « La maîtresse du président de la République ! » Il s'agit, en l'occurrence, d'un texte de pure fiction sorti de l'imagination du professeur de lettres Bassirou Minta qui voulait pousser ses potaches en herbe à apprendre les méandres de la contraction de texte.

Je trouve, accessoirement, l'exercice audacieux puisque les élèves maliens d'aujourd'hui, vu leur niveau lamentable, ont de la peine à comprendre un texte simple. Alors, leur demander de le contracter, c'est-à-dire le réduire à l'essentiel, est une exigence qui dépasse leur compétence. Je me demande d'ailleurs si ce sont seulement les élèves actuels qui ont un problème de compréhension du français…

Cette légère digression étant permise, je reviens au professeur. Non pas pour épiloguer plus que de droit sur ses mérites littéraires, mais pour un retour vers le passé, quand écrire et diffuser un texte au Mali pouvait vous coûter la vie. Moi, grand naïf devant l'Eternel, pensait franchement enterrée cette époque.

Mais l'actualité brutale vient me rappeler que la bête hideuse de la soumission et de la coercition sommeille encore en notre peuple et que les appareils idéologiques ou répressifs d'Etat n'ont pas rompu d'avec la culture de l' à-plat-ventrisme qui consiste à se secouer comme un diable dans l'eau bénite pour bénéficier de l'onction du prince.

Le calvaire que vit le professeur Minta (condamnation à la prison ferme et interdiction d'exercer son métier) me rappelle donc trois événements majeurs qui ont marqué ma vie d'adolescent, élève dans les écoles maliennes.

Le premier remonte au début des années 1980. J'étais élève au second cycle de l' Opam , dans le quartier de Quinzambougou , à Bamako. Nous avions un professeur de français, M. Kantao , un pur génie de la langue de Molière. M. Kantao , dès le premier jour en classe, a exercé sur moi une fascination totale. Il maniait le français avec une aisance naturelle et l'écrivait comme s'il l'avait inventé.

Je me suis tout de suite accroché à cet enseignant élégant à la mise vestimentaire impeccable. Puis, un jour, rien ! M. Kantao est absent, disparu, volatilisé. Un nouveau prof débarque sans aucune explication de la direction. Une semaine plus tard, nous apprendrons que M. Kantao est en prison, accusé d'avoir rédigé un tract contre Moussa Traoré et l'UDPM.

Je n'ai jamais revu M. Kantao (il enseigne actuellement dans un lycée de Bamako, m'a appris un ami) mais je n'oublierai jamais sa verve et sa détermination et surtout cette phrase pleine d'espoir qu'il nous lança un jour pendant la récréation : « Si nous ne faisons rien pour terrasser ce régime, nous n'aurons même plus de slip à porter ! »

L'année suivante, j'étais chez mon oncle paternel à Bla . Mon professeur de français était Tiémoko Bernard Coulibaly, un autre iconoclaste qui ne supportait pas la morgue de l'UDPM et de notre Balla National. En 1982, pour animer les fameuses semaines de la jeunesse, TBC comme nous l'appelions, avait écrit une pièce de théâtre. Mon ami Dominique Berthé était l'acteur principal et j'étais son second. La pièce de TBC, une satire mordante et épique sur l'incompétence, la malhonnêteté et le vol dans l'administration fut jouée à guichets fermés. Le commandant de cercle et quelques zélateurs du régime, piqués au vif, firent arrêter TBC qui passa plus d'une semaine assis devant la Brigade de gendarmerie de Bla , au bord de la route, avant d'être relaxé. Et, au passage, TBC était le meilleur professeur de français du cercle de Bla . Un vrai génie, je vous jure !

Et je me retrouve à Ségou, au Collège administratif, dans la classe du prof de français Clément Alphonse Diarra, un autre surdoué de la langue de Vaugelas. Non seulement Clément était un professeur de génie, mais humainement, il avait des qualités extraordinaires. Nous sommes vite devenus amis puisque j'étais son meilleur élève en français. Excusez la modestie, mais Clément me filait toujours des 15 sur 20 en dissertation et ce n'étaient pas des notes de complaisance.

Il nous a raconté qu'en 1975, à Barouéli, il avait voulu voter « non » au référendum de pacotille qu'avait organisé le CMLN pour un « retour à la vie constitutionnelle normale ». Quand il demanda au chef d'arrondissement les bulletins « non », ce dernier, furieux, lui avait répondu : « Si vous persistez à parler de bulletins de ce genre, vous aurez le bâton et je vous enverrai à Kidal ! »

Enfin, au Cesti de Dakar, j'ai fait la connaissance d' Alioune Tine, sans doute, le meilleur professeur de grammaire de toute la Francophonie. Le prof Tine donne l'impression d'être né avec un dictionnaire de la langue française. A l'aise tant à l'écrit qu'à l'oral, l'actuel patron de Raddho (Rencontre africaine pour la défense des droits de l'Homme) est tout simplement imbattable sur la concordance des temps.

Il n'a jamais pu s'entendre avec le pouvoir au Sénégal parce que personne n'a réussi à le domestiquer, à le transformer en perroquet sans dignité qui ânonne les directives des chefs. En troisième année, j'ai choisi la télévision comme spécialisation. M. Tine n'a pas aimé et c'est lui qui m'a dit, sur le perron de l'institut : « Ousmane, tu es un homme d'écriture. La télé rend con. Écris et ne fais rien d'autre ! » J'ai suivi ses conseils !

Je ne connais pas personnellement le professeur Minta , je ne sais pas s'il est également un professeur hors pair, indomptable et insoumis. Je constate simplement qu'au lieu de faire comme ses collègues, recopier mécaniquement des textes surannés et les faire travailler par ses élèves, il a fait confiance à sa créativité. En croyant certainement que le Mali ne compte plus de policiers et de procureurs comme ceux qui ont arrêté M. Kantao , M. Coulibaly, Victor Sy ou Ibrahima Ly . Il croyait que dans une démocratie, la liberté de création était sacrée. Mais, visiblement, dans ce Mali qui peine à prendre de la hauteur, les vieux réflexes ont la vie dure.

Au fait, avez-vous remarqué une chose : de toutes les critiques, des plus douces aux plus haineuses qui pleuvent sur M. Minta , dans les journaux ou sur Internet, personne ne se prononce sur la qualité littéraire du texte. Les injures ne sont que bassement personnelles et bêtement méchantes.

Pourquoi le Malien n'arrive-t-il pas à s'élever à la hauteur de la pensée critique ? Pour ma part, je pense humblement que le document de M. Minta comporte des lacunes au niveau du style et semble avoir été écrit trop vite. Mais, comme critique sociale, il a soulevé un débat. Dommage que tout le monde, au Mali, ne soit pas disposé à discuter littérature.

Réservons enfin ce domaine aux fins d'esprit et aux gens bien éduqués. Il n'est pas donné à tout le monde de savoir lire et écrire et surtout de comprendre le français qui est notre langue officielle. M. Clément Alphonse Diarra aimait dire : « Vous croyez le français si facile ? Je ne serais pas là à expliquer à certains tarés que la grammaire a des règles et l'orthographe doit être respectée ! Comment peut-on raisonner quand on ne maîtrise pas les règles élémentaires d'une langue ? »

Ousmane Sow

( journaliste , Montréal)

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SOCIETE CIVILE AFRICAINE

Comment résister aux APE ?

Depuis l'annonce de la mise en vigueur le 1er janvier 2008 des Accords de partenariat économique (APE), des actions de résistance à la forme de politique de néocolonialisme ont vu le jour un peu partout en Afrique. Ce combat engagé par la société civile des différents pays risque de se heurter à des obstacles sans une cohésion dans la stratégie de lutte. A 5 mois de la date fatidique, de véritables actions de sensibilisation , d'information sont nécessaires sinon indispensables.

C'est en principe le 1er janvier 2008 que les Accords de partenariat économiques (APE) sont supposés entrer en vigueur. Au lendemain de cette annonce, les organisations de la société civile ont entrepris de nombreux efforts dans des pays pour faire entendre leur voix. Ces actions de résistance se développent souvent avec l'implication du secteur privé, des partenaires sociaux...

Du Mali au Niger en passant par le Bénin, le Ghana, le Burkina … , la société civile est à l'avant-garde de cette lutte. Elle a mené et continue de mener des actions d'information, de formation, d'éducation populaire et de plaidoyer sur cette politique dite de « coopération » entre les ACP (Afrique, Caraïbes et Pacifique) et l'Union européenne (UE).

Au Mali, la Coalition des alternatives africaines dette et développement ( Cad-Mali , ex-Jubilé 2000) a même mis en place une commission de travail sur les APE. Celle-ci mène des actions de recherches, d'analyse, d'information et de construction d'alternatives. Elle organise annuellement des fora des peuples qui se tiennent en milieu rural. Ces initiatives constituent des espaces populaires d'information, de formation, de réflexion, d'échange et de proposition d'alternatives tant sur l'Accord de Cotonou que sur les APE.

La particularité de ces fora est que la parole est donnée aux masses populaires rurales qui donnent leur propre lecture sur les Accords. D'autres résistances et de luttes populaires se développent un peu partout à travers le continent. Récemment à Nairobi (Kenya), à la suite d'une réunion d'experts des Nations unies, de ministres du Commerce africains et de représentants de la société civile, une coalition informelle d'ONG (11.11.11, ActionAid , Bread for the World, Church développement Service, Oxfam International et Enda ) a appelé la Commission européenne à mettre fin aux pressions qu'elle exerce sur l'Afrique pour l'amener à convenir de nouvelles relations commerciales d'ici la fin de l'année. La confédération paysanne n'est pas en marge de ce combat. Elle ne cesse d'organiser des rencontres de sensibilisation des populations.

Ceci dénote l'éveil des consciences et le dynamisme des mouvements sociaux. Cependant, l'arbre ne doit pas cacher la forêt. Des inquiétudes planent déjà quant à la réussite de ce combat engagé par la société civile africaine. Les efforts sont dispersés et ne sont pas coordonnés à hauteur de souhait.

Plus d ' harmonie dans la lutte

Compte tenu des conséquences dramatiques que les APE auront sur les économies des pays ACP, ces mouvements sociaux doivent changer de stratégie et redoubler d'efforts dans leur lutte. Ils doivent mieux se structurer et mener des actions de résistances farouches tant au niveau local, national, sous-régional qu'international. Ces actions de résistances doivent passer d'abord par une prise de conscience du danger que ces APE peuvent causer.

Le combat doit se tourner vers tous les acteurs (ONG, parlementaires, associations de femmes, de jeunes, d'ouvriers ; organisations de paysans, de pêcheurs, d'éleveurs, d'artisans, de petits commerçants ; les confessions religieuses, les responsables communaux, les notabilités, les radios communautaires, les chasseurs etc.)

Ce combat doit être mené à travers de larges mobilisations militantes et citoyennes, d'échanges populaires et d'analyses critiques des APE pour faire des propositions alternatives. Les mobilisations militantes et citoyennes peuvent se faire à travers les grandes rencontres, des ateliers d'échanges, d'information et de formation sur les APE, des assemblées populaires villageoises et communales de débats, des manifestations populaires (concerts populaires, matchs de football), des émissions radios sur les APE.

A cela, il faut ajouter l'organisation d'actions de plaidoyer comme des interpellations des dirigeants des pays, les responsables de l'UE, les campagnes populaires d'opposition aux APE, les déclarations, les pétitions pour la collecte de signatures contre les APE. Ce qui est sûr, c ' est que l ' efficacité et le succès des différentes actions dépendent leur harmonisation. Au Mali, l'espoir est permis quant à la victoire sur les APE. Le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale a affirmé que les discussions sont en cours entre les pays ACP et l'UE quant à la signature ou non des APE.

Amadou Sidibé

 

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KWAL, RAPPEUR FRANÇAIS

« Sarkozy est un danger pour les immigrés »

Kwal est le nom de scène de Vincent Loiseau , artiste musicien polyvalent, né à Angers ( France ) en 1978 . Très engagé, il était récemment à Bamako. Dans l'entretien qu'il nous a accordé, il parle de son nouvel album, de son engagement et de ses projets musicaux au Mali. Interview.

Les Echos : Quel est le motif de votre séjour au Mali ?

Kwal  : Je suis là pour la promotion d'un nouvel album, Gnè nin Gnè (Les yeux dans les yeux ou Face à face) qui va bientôt sortir au Mali. Je suis aussi programmé ce soir (l'entretien a eu lieu le 21 juin 2007, Ndlr ) pour la Fête de la Musique à Blonba . Je vais partager la scène avec Lassy King Massassy comme nous l'avons fait en France et au Canada. Je vais aussi jouer avec Amkoulel et Guérébou Kounkan .

Les Echos : Pourquoi avez-vous baptiser cet album Gnè nin Gnè  ?

Kwal  : C'est un morceau que j'ai écrit avec King sur les rapports entre les Toubabs et les gens d'ici. C'est une dénonciation de l'attitude de certains Toubabs une fois qu'ils sont ici au Mali où dans d'autres pays d'Afrique. Ils pensent encore que l'Afrique est leur territoire conquis où ils se croient tout permis. Souvent, cela se traduit même dans les relations politiques entre l'Afrique et la France. C'est donc un morceau qui dénonce beaucoup de comportements révoltants des Blancs en Afrique.

Les Echos : C'est donc la suite logique de Règlement de Contes et de Môgô Ya  ?

Kwal  : Je le trouve plutôt plus engagé que les autres. Ils se rejoignent néanmoins dans le sens de mon combat qui vise à faire comprendre aux uns et autres que nous sommes tous des humains. Nous sommes tous pareils puisque nous constituons l'humanité. Dans mon premier album je disais en bambara : où qu'on aille, quoi que l'on fasse et malgré ce qu'on est, on est un humain  ! J'étais déterminé à m'engager plus sur cet album. C'est pourquoi j'ai mis le morceau Gnè nin Gnè en clip. C'est un titre qui va loin dans la dénonciation des comportements irresponsables de certains Toubabs vis-à-vis des Africains.

Les Echos : Vous avez un discours plutôt altermondialiste  ?

Kwal  : Pas forcément. Toutefois, en tant que musicien, je fréquente en France des milieux altermondialistes . Mais, je n'engage pas mon combat forcément dans ce sens. Je suis néanmoins sensible à des thèmes comme le développement durable. Et, sans être un altermondialiste , je suis pour une autre façon de repenser les rapports Nord-Sud. Mon combat vise à amener les gens en France à prendre conscience que l'Afrique n'est pas ce qu'ils voient dans leurs médias. Sur le plan musical, je veux les amener à savoir qu'il y a par exemple des rappeurs africains comme King qui ont beaucoup à leur dire, qui prennent des risques pour défendre la liberté d'expression dans leurs pays.

Les Echos : Pensez-vous que la musique soit le meilleur outil pour véhiculer ce message humaniste et engagé ?

Kwal  : Je ne sais pas sincèrement. Le clip de Gnè nin Gnè est passé quelquefois ici à la télé et j'ai eu des réactions positives. Les témoignages vont dans le sens de ce que je souhaitais, c'est-à-dire faire prendre conscience aux Africains que le Toubab n'est pas un super homme, qu'il est comme eux. Dans la chanson, je dis : « Regardez les Toubabs les yeux dans les yeux pour leur cracher la vérité » . Je pense que cela interpelle les gens ici. Je suis loin de parler couramment bambara, mais je tenais à m'exprimer dans cette langue pour me faire comprendre des Maliens à qui cet album est dédié. Je pense donc que mes messages atteignent leurs objectifs. Sur le premier album, le morceau Ciwaara a suscité beaucoup de réactions positives ici, au Mali. C'est ce que je veux avant tout.

Les Echos : Comment avez-vous accueilli l'élection de Nicolas Sarkozy comme président de la République française ?

Kwal  : C'est un homme qui me fait peur depuis très longtemps. C'est un personnage qui a un amour exagéré du pouvoir. Et en terme de relations internationales, c'est un homme dangereux qui n'a pas eu peur de venir au Mali pour défendre « l'immigration choisie » et pour dire que, économiquement, la France n'a pas besoin de l'Afrique. Pour moi, l'immigration choisie est une volonté de priver l'Afrique de ses meilleurs diplômés. J'attends de voir ce qu'il va faire, mais je ne suis pas très optimiste. J'ai beaucoup d'amis Maliens en France qui, du jour au lendemain, peuvent se retrouver sous la menace d'une expulsion. Le discours de Sarko ne me rassure pas tellement.

Les Echos : Vos protégés du Guérébou Kounkan sortent bientôt un second album. Qu'est-ce qui vous a amené à renouveler l'expérience ?

Kwal  : Ce renouvellement est logique parce que nous inscrivons toutes nos actions dans la continuité. C'est un projet que nous ne pouvons pas abandonner comme ça et que nous allons accompagner tant que cela est nécessaire. Sur les choses qui me fâchent ici dans le comportement des Blancs, c'est qu'ils ne vont pas au bout de leurs projets. C'est ce que nous voulons éviter avec Guérébou Kounkan . A partir du moment où nous avons décidé de leur redonner un espoir à travers la musique, nous n'avons plus le droit de les décevoir. Nous nous battrons avec eux pour développer ce projet jusqu'au jour où ils décideront de voler de leurs propres ailes.

Les Echos : En dehors de Guérébou Kounkan , avez-vous d'autres projets musicaux au Mali ?

Kwal  : Pour l'instant non. Je n'aimerais pas trop me disperser. Je vais me concentrer sur l'essentiel. Mais, j'envisage de travailler avec Adama Yalomba sur un projet musical. Quand je joue avec lui sur scène, il se passe des choses extraordinaires. Nous nous comprenons très bien musicalement. J'ai la même complicité musicale avec King. J'ai participé à son album et il a écrit des textes pour le mien. Lassy King Massassy et Adama Yalomba sont vraiment mes amis ici.

Propos recueillis par

Moussa Bolly

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ELIMINATOIRES COUPE DU MALI 2007

Le Stade égare son trophée à Ségou

Au vu des équipes qualifiées, on peut d'ores et déjà affirmer que les demi-finales de la Coupe du Mali de football 2007 seront explosives même si le détenteur du trophée est passé totalement à côté de la plaque à Ségou.

Le Stade malien de Bamako a perdu le trophée de la Coupe du Mali avant même les demi-finales. Les quarts de finales disputés le week-end dernier ont été fatals aux vainqueurs de l'édition 2006 de Dame Coupe du Mali. En effet, le Stade malien de Bamako a été battu (2-0) par l' AS Bakaridjan de Baraouéli (Ségou), après prolongations. Cette rencontre a été notamment marquée par l'expulsion du milieu de terrain stadiste, Moussa Diop .

A Koutiala, le leader du championnat national de D1, le Club olympique de Bamako (COB) a souffert avant de venir à bout de l'Etoile filante (1-0) grâce à un penalty d' Adama Sidibé. Malgré la grande mobilisation, les Koutialais n'ont pas résisté au désir de vaincre des Clubistes.

A Bamako, au Stade Modibo Kéita, le Djoliba AC et l' AS Réal de Bamako se sont imposés respectivement par (2-0) et (4-0) face au CS Duguwolonfila (CSD) et au Stade malien de Sikasso. Des victoires sans surprise, car à l'actif des favoris.

Le Djoliba tenait à ce match tout comme le CSD . Le score (2-0) reflète bien la physionomie de la rencontre dimanche dernier. Bréhima Traoré dit Bouramablen (14e) et Lamine Diawara (69e) ont vite scellé le sort de l'équipe des « Sept Villages » ( Duguwolonfila ).

L'aventure continue par contre pour l' AS Réal suite à sa victoire précieuse face au Stade malien de Sikasso (4-0). Une victoire rendue possible grâce au réalisme de Jacques Koffi N' Guessan par deux fois, Momo Wandel Soumah et Oumar Konté . Une qualification qui constitue une bouffée d'oxygène pour les Scorpions qui n'ont plus que cette compétition pour sauver leur saison.

« Nous n'avons plus rien à gagner en championnat. En Coupe du Mali, par contre, les gens vont nous sentir » , avait souligné Madou Coulou , l'entraîneur des Noir et Blanc.

Comme on peut le constater, les affiches des demi-finales, quelle que soit l'issue du tirage au sort qui devait avoir lieu hier dans l'émission Score de l' ORTM , donneront droit à des rencontres explosives.

Boubacar Diakité Sarr

 

Echosports

Eliminatoires Coupe INPS de hand ball

Les messieurs de l' Usfas se sont imposés par 36-14 (mi-temps 18-5) face au Mamahira AC de Kati. Cette rencontre a eu lieu samedi dernier, au stade Omnisports Modibo Kéita en éliminatoires de la 1re journée de la Coupe de I' Institut national de prévoyance sociale (INPS). Une compétition organisée par la ligue de handball du district. La seconde journée, chez les hommes, se disputera jeudi. Ainsi, la Commune II se rendra à Kati pour affronter le Mamahira . Chez les dames, l' Usfas recevra la Commune II . La compétition regroupe les équipes de l' Usfas (dames et messieurs), la Commune II (dames et messieurs) et le Mamahira de Kati (messieurs).

 

Championnat masculin de volley du district

Après la 7e journée du championnat du district de volley ball , le bilan partiel révèle un niveau de jeu satisfaisant. Les poulains de l'adjudant-chef Mamadou Diarra dit Hindus ( Usfas ) occupent la tête du peloton. Ils sont suivis par les communes V et IV qui leur disputent le fauteuil de leader. Ainsi l' Usfas se positionne à la tête du classement avec 9 points après sa victoire 3 sets à 0 face à la Commune VI . L' AS Commune V est 2e avec 7 points. Les poulains de l'entraîneur cubain se frottent les mains à cette place grâce à leur victoire 3 sets 0 samedi dernier sur l'Association sportive de Moribabougou (ASM). La 8e journée, prévue le samedi prochain sur le terrain de l' Usfas , prévoit le choc Usfas-Commune IV.

 

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