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2007

Mois de juillet

Les Echos du 05 juillet 2007

MARCHE DE LA VIANDE

Le problème d'approvisionnement persiste

La viande avec os se vend à 1200 F CFA contre 1400 F CFA pour la viande sans os. Présentement, ces prix ne posent pas autant de problèmes que l'approvisionnement du marché. Les marchés de Bamako n'arrivent toujours pas à satisfaire la demande de nos concitoyens, qui semblent être de plus en plus inquiets et déçus.

Depuis quelques jours, le marché de la viande au Mali connaît une crise d'approvisionnement aigüe ayant suivi la montée fulgurante des prix. Malgré les réactions du gouvernement pour calmer les esprits tant au niveau des bouchers que des consommateurs, ces derniers ne savent plus à quel saint se vouer.

Selon Dr. Yacouba Samaké, secrétaire général du ministère de l'Elévage et de la Pêche, le gouvernement a décidé de subventionner la filière de la viande bovine pour permettre aux consommateurs de s'approvisionner quantitativement et raisonnablement (prix s'entend) en viande.

Cependant, c'est peine perdue. Les marchés de Bamako manquent cruellement de viande. Hier matin, à 10 h, les marchés de Niaréla, Bagadadji et de Medine n'avaient plus de viande, conséquence d'un nombre insuffisant d'animaux abattus. Obligés de rentrer bredouilles, les ménagères, visiblement très remontées, ne cessaient de demander les raisons de cette pénurie à leurs fidèles fournisseurs.

D'après certaines sources au niveau de l'Abattoir frigorifique de Bamako, dont les responsables se sont refusés hier à tout commentaire, il est mis en vente un nombre de bœufs très inférieur à celui qu'il abattait avant le début de la crise (400 contre 600 pour certains). Pis, beaucoup de bœufs seraient abattus maintenant au nom de certains travailleurs au lieu de l'être au nom des premiers concernés, c'est-à-dire les bouchers ayant un numéro d'identification. Ces travailleurs, loin du marché de la viande, donneraient la viande, à leur prix, aux bouchers, un peu perdants dans ces conditions. Ce qui serait d'ailleurs à l'origine de la grève de mardi dernier.

En plus, il faut noter l'exportation abusive de nos bétails vers les pays voisins, qui ne souffrent aucunement de telles pénuries. Le Mali, pays d'élevage par excellence, connaît actuellement un manque de bétails et les quelques-uns existants sont très chers.

De toute façon, cette situation profite d'abord aux vendeurs détaillants de viande au grand dam des clients. « Nous réalisons plus de bénéfice maintenant qu'auparavant » , nous a confié l'un d'eux au marché de Niaréla. A ceux-ci, il faut ajouter les vendeurs de poisson et de volailles, qui connaissent certainement leur meilleur moment de profits de l'année avec de longues queues devant leurs commerces.

A quand la fin du calvaire des consommateurs ? Telle est la question que bon nombre de nos concitoyens se posent. Pour y arriver, ce qui est sûr, beaucoup de détails doivent être vus ou revus aussi bien du côté des autorités que du côté des chevillards.

Ogopémo Ouologuem

( stagiaire )

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PHARMACIE POPULAIRE DU MALI

Disparition de stocks de médicaments…

Violation de la procédure d'approvisionnement par consultation, disparition de produits périmés et de stocks de médicaments, non-recouvrement de créances clients… Le constat a été fait par le Vérificateur général dans son dernier rapport rendu public le vendredi 30 juin 2007. Le tout se chiffre à plus de 98 millions de perte pour l'Etat.

Les vérificateurs qui ont fait le rapprochement entre le procès-verbal de destruction de médicaments périmés détruits et ceux qui sont soumis à l'inventaire pour la période 2003-2005 ont constaté un écart de 57 932 494 F CFA. La thèse de disparition de médicaments périmés est alors accréditée. Mais, le rapport ne précise pas si ces produits sont reversés sur le marché. Mais tout porte à le croire.

Une autre disparition, concerne cette fois-ci, des stocks de médicaments. Il s'agit de l'existence d'un écart global de près de 400 millions de F CFA entre les stocks théoriques du système de gestion informatique et les stocks physiques de médicaments pour les magasins centraux. Des manquants qui sont jusque-là injustifiés.

Autre phénomène qui a attiré l'attention de la mission de vérification, c'est qu'à la PPM, on a que dalle du recouvrement des créances. Les créances clients des exercices 2003, 2004 et 2005 sont estimées à plus de 573 millions de F CFA. Pis encore : les débiteurs n'ont jamais fait l'objet de relance ou a fortiori de recouvrement.

Plus de 98 millions de manque à gagner

Last but not least. La procédure d'approvisionnement par consultation restreinte est foulée au pied. En matière de consultation restreinte, l'une des dispositions prévoit que seuls les fournisseurs ayant participé au dernier appel d'offres sont consultés.

Pour un précédent marché d'appel d'offres, portant sur l'achat de l'Item 86 Polyvidine iodée 10 % flacon de 200 ml, annulé par la direction générale des marchés publics (DGMP), pour défaillance de l'attributaire, la PPM a lancé une autre offre de 90 000 flacons du même produit estimé à 49 millions de F CFA. Trois laboratoires ont été consultés dont deux avaient été éliminés lors du premier marché. Un autre ayant participé au marché initial et qui était jugé moins disant n'a pas été consulté.

Les irrégularités décelées à la PPM ont créé un manque à gagner de 988 729 300 F CFA au Trésor public. De quoi donner du travail au procureur anti-corruption Sombé Théra, qui a eu le réflexe de dépoussiérer la théorie de l'autosaisine dans notre pays, dans la rocambolesque affaire de « la maîtresse du président de la République » en arrêtant un journaliste, quatre directeurs de publication et un enseignant.

Abdrahamane Dicko

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MOUSSA KEITA, PRESIDENT DU CSC

"Le procureur n'a pas rendu service à ATT"

Journaliste de formation, Moussa Kéita est depuis 2003 le président du Conseil supérieur de la communication du Mali. Dans cet entretien qu'il nous a accordé hier 3 juillet 2007 à Ouaga-2000, il revient sur l'affaire de "La maîtresse du président", qui défraye la chronique sur les berges du Djoliba. Pour lui, ce n'est au fond qu'une banale affaire qui a malheureusement pris une tournure dramatique tout simplement parce que des gens ont voulu être plus royalistes que le roi. Mais avant, l'interviewé nous parle de la situation du paysage médiatique malien. Lisez.

L'affaire dite de la "maîtresse du président" a défrayé la chronique au Mali. Dites-nous, M. le président du CSC, qu'est-ce qui s'est vraiment passé ?

• Ce qui s'est passé au Mali est dommage et très malheureux, mais c'est ce qui arrive très souvent dans nos Etats. Il y a toujours des gens qui conseillent mal le chef. Je crois que c'est une banale affaire dans laquelle il n'y a eu aucune faute professionnelle du journaliste. Ce dernier a été d'une intégrité intellectuelle hors du commun. Il a donc fait correctement son travail.

Mais ce travail, malheureusement, a été mal interprété à un haut niveau par des gens qui sont censés certainement conseiller le président de la République, mais qui ne comprennent rien en la matière. C'est donc une affaire malheureuse.

Mais dans la mesure où l'affaire était déjà lancée, il était très difficile de l'arrêter. Le Conseil supérieur de la communication s'est réuni en session extraordinaire. Nous avons émis un avis qui a été publié ; un avis dans lequel nous avons déploré le fait que notre avis technique et professionnel n'a pas été pris en compte, le fait que l'avis académique de l'enseignement dont relève le lycée où exerce le professeur n'a pas été considéré. Donc ce sont des gens qui ont pris une décision en toute méconnaissance de cause.

Ce qui nous a aussi choqué, c'est le fait que le procureur nous a dit qu'il s'est autosaisi de l'affaire. Mais sachez que c'est chez lui que le dépôt légal se fait. On ne comprend pas pourquoi il a attendu 14 jours après avoir lu le journal pour enfin s'autosaisir. Il est clair qu'il y a quelque chose qui cloche quelque part. Mais d'autre part, il a fait une jonction de procédure. La loi sur le régime et les délits de presse au Mali ne permet pas de faire entendre un journaliste sur procès-verbal par la police ou la gendarmerie en cas de délit de presse, a fortiori le mettre en détention préventive.

Or, le procureur voulait tellement embastiller le journaliste pour faire plaisir à ses chefs qu'il a passé outre cette loi en appliquant le code de procédure pénale qui est une loi générale. Pourtant, en pareille situation, quand il y a une loi spécifique et une loi générale qui parlent du même délit, c'est la loi spécifique qui a autorité sur la loi générale. Mais le procureur a fait fi de tout cela. Ce sont des choses que nous avons déplorées dans l'avis du CSC.

Franchement, ç'a été une affaire très malheureuse et l'image du Mali en a pris un sale coup. D'ailleurs par rapport à notre classement par Reporter sans frontière en 2006, je crois qu'en 2007 nous allons être vers la queue. Malheureusement, on ne nous a pas compris, on ne nous a pas consulté, on ne nous a pas suivi.

Est-ce que le président du Mali était cité dans le papier objet de cette polémique ?

• Il n'a été cité nulle part dans le papier. Le président est imaginaire, le pays est imaginaire. Tout y est fictif. Je vous demande très sincèrement : dans quel pays du monde pouvez-vous voir un individu, un citoyen ordinaire faire irruption dans une salle du Conseil des ministres ? Quand même il ne faut pas rêver ! Tout est fictif dans cette histoire. N'oubliez pas que c'est un devoir qui avait été donné à des élèves dans une école. Je ne vois donc pas en quoi le président du Mali pouvait se sentir visé.

Quelle était la nature de cette épreuve ?

• C'était une contraction de texte. Le professeur demandait aux élèves de contracter le texte au quart de son volume. Ensuite, la question principale demandait aux élèves de donner leur avis sur le comportement de la fille. Il n'est même pas question du comportement du président.

En fait, c'est un sujet très pédagogique, un sujet de société. Vraiment, c'était très anodin. D'ailleurs, le texte était passé inaperçu au Mali. Il a fallu cette saisine malheureuse du procureur pour que tout le monde se rue là-dessus pour voir de quoi il s'agissait. Sinon nos peuples ont une capacité de digestion de l'information telle que le lendemain les gens demandaient ce que le journaliste avait écrit en plus. Il faut dire que ceux qui ont monté cette affaire devant la justice ont fait plus de tort au président qu'ils ne lui ont fait du bien.

Quels sont les journaux qui ont été mêlés à cette affaire-là ?

• Tout a commencé par le journal Info-Matin. C'est parce que le procureur n'est pas passé par la loi sur les délits de presse, sinon c'est le directeur de publication qui devait être entendu et incarcéré à la place du journaliste. Mais puisqu'il est passé par le code de procédure pénale, il ne pouvait qu'arrêter le professeur et le journaliste.

Maintenant, par solidarité, les autres journaux ont publié le texte et ce sont leurs directeurs de publication qui ont été arrêtés. Le surlendemain, d'autres encore ont publié le texte, mais ils n'ont pas été inquiétés, peut-être que le procureur n'a pas lu ces journaux.

Présentement, où en êtes-vous avec cette affaire ?

• Il n'y a pas encore de verdict final, puisque les condamnés ont interjeté appel. Le journaliste en question, Seydina Oumar Diarra, a été condamné à 13 jours de prison ferme correspondant au nombre de jours qu'il avait passé en prison. Son directeur de publication a écopé de 8 mois avec sursis. Et pour la même faute, les 3 autres directeurs de publication des journaux Les Echos, Le Républicain, Le Scorpion, ont écopé de 4 mois avec sursis.

Tenez-vous bien, c'est par solidarité que tous les 4 directeurs ont été incarcérés pour le délit de complicité. Mais dans la complicité, il y en a un qui a écopé d'une peine de 8 mois avec sursis et les 3 autres de 4 mois avec sursis. Vraiment, allez savoir, allez-y comprendre quelque chose si vous pouvez !Ensuite , l'enseignant a été condamné à 2 mois ferme avec interdiction formelle d'exercer la profession d'enseignant.

Propos recueillis par

L'Observateur Paalga (Burkina) du 4 juillet 2007

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ATTAQUE DES AGENCES BCEAO EN RCI

Hamidou Tall en liberté provisoire

La mise en liberté provisoire d'Hamidou Tall, accusé d'être en possession de billets qui n'avaient pas cours légal, a été ordonnée mercredi par la Cour d'assises.

En 2005, les agences de la Banque centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO) de Bouaké, Korogho et Man (Côte d'ivoire) ont été cambriolées. Pour éviter l'hémorragie, il a été décidé de démonétiser les billets de la série A censées être volées dans les agences BCEAO des villes du Nord indiquées.

Certains de ces billets démonétisés ont été retrouvés sur certaines personnes dont Hamidou Tall et Seydou Warr tous deux faisant le commerce entre Bamako et la Côte d'Ivoire. Mal leur en a pris, ils ont été arrêtés par Interpol avec 9 millions de F CFA de billets démonétisés, c'est-à-dire qui n'avaient plus cours légal. Du coup, ils se sont retrouvés dans une mauvaise posture.

C'est pour répondre du crime de complicité du vol qualifié par recel qu'Hamidou Tall et Seydou Warr devaient être entendus hier par la Cour d'assises. Si M. Tall a fait le déplacement, son co-accusé n'était pas présent pour n'avoir pas été cité. Une aubaine saisie par le conseil de M. Tall pour demander la mise en liberté provisoire de son client.

« Mon client est sous mandat de dépôt depuis le 29 juin 2005. Ça lui fait 2 ans de détention. Il est marié et père de 2 enfants. Compte tenu de son temps de détention, je sollicite de la Cour qu'il vous plaise d'accéder à la demande de liberté provisoire de mon client » , a plaidé Me Aliou Boubacar Traoré.

A sa suite, le représentant du ministère public, Mamadou Diawara, a abondé dans le même sens. « Face à la demande sollicitée par le conseil de M. Tall, après de 2 ans de détention, nous ne nous opposons pas à sa mise en liberté provisoire » .

La Cour, par la voix du président, Mamadou Bagayogo, a reconnu que le dossier n'est pas en état d'être jugé pour citation irrégulière. Suivant son intime conviction, il a ordonné la mise en liberté provisoire de Hamidou Tall sous réserve qu'il verse une caution de 500 000 F CFA.

Mohamed Daou

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MONDIAL DE BASKET FEMININ-ESPOIRS

Le Mali victime de discrimination

Au 18e Mondial féminin de basket (espoirs) de Moscou (Russie), le Mali joue toujours à dix car la joueuse Djénébou Sidibé a été finalement isolée dans un hôpital de la place à cause de la dysenterie dont elle souffre, selon une analyse des médecins russes. Ce qui a contraint le pivot du Stade malien et des Aigles espoirs à abandonner l'ensemble de la délégation malienne. Lundi dernier, elle a été obligée de subir une analyse comme les Japonaises qui sont dans le même cas. Conséquence immédiate, les deux délégations ont été séparées des autres dans le resto. Face à cette discrimination, les Japonais ont abandonné le resto de l'hôtel.

Il faut souligner que lors de leur quatrième sortie mardi dernier, les Aiglonnes ont été battues par les Russes (94-25). Un large score qui enterre définitivement les illusions de nos représentantes dans cette compétition. Les protégées de Cheick Oumar Sissoko dit Yankee devaient disputer la nuit dernière leur 5e et dernier match contre la Chine. Une ultime chance de sauver l'honneur.

En marge du 18 e Mondial féminin de basket, l'attaquant des Aigles, Dramane Traoré dit Rivaldo (évoluant dans le championnat russe) a remis jeu de maillot à la sélection nationale féminine qui représente le Mali à ce Mondial. La cérémonie de remise a eu lieu lundi dernier.

Bakci

( correspondance particulière)

 

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