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2007

Mois de juillet

Les Echos du 04 juillet 2007

PROGRAMME DE DEVELOPPEMENT ECONOMIQUE ET SOCIAL

Le Pr. Dialla Konaté critique le PDES d'ATT

Les défis qui attendent notre pays sont complexes et graves. J'espère que durant les 5 années à venir nous ferons en actes des pas significatifs vers des lendemains meilleurs. Je n'aime pas écrire une telle phrase tant et tant de fois répétées qui dit à notre population d'avancer vers le bonheur qu'il atteindra le lendemain de la saint-Ngolo.

La Cour suprême a officiellement installé le président élu, Amadou Toumani Touré. Son programme, le PDES est désormais le document de référence pour le développement de notre pays pour les 5 années à venir. C'est un document de planification stratégique. Pour réussir, il a besoin par-dessus tout de l'adhésion du plus grand nombre des Maliens.

Mais de façon pratique la réussite d'une planification stratégique dépend de ce que l'on appelle sa gestion stratégique. Son contenu consiste à pouvoir répondre à tout moment à 5 questions qui sont : (a) que faut-il faire ? ; (b) qui doit le faire ? (c) quand faut-il le faire ; (d) comment faut-il le faire ? (e) quelles sont les ressources disponibles pour le faire ?

Bien entendu ces questions n'ont de sens que s'il existe une volonté d'évaluer le travail, une capacité de procéder à cette évaluation et une volonté d'en tirer des conclusions correctives, sincères, sans complaisance. Je ne vais pas juger ce document, mais je vais analyser le contexte réel dans lequel il va devoir être mis en pratique.

Au premier plan, deux événements récents. Ils sont terriblement malheureux. J'espère qu'ils ne vont pas contribuer à fixer le contexte psychologique dans lequel ce document sera reçu. Le premier est la regrettable et dangereuse décision prise par les députés de largement majorer leurs salaires. Je reviendrais sur cette question plus loin. Le second événement est l'emprisonnement et la condamnation d'un enseignant et de plusieurs journalistes.

Tout d'abord délimitons clairement l'espace du débat. A mes yeux, il est important que nous Maliens, respections notre engagement constitutionnel à donner à la loi la force que lui confère notre consentement à lui obéir. Nous devons reconnaître que la façon dont la loi est interprétée et appliquée est et doit demeurer à la discrétion du magistrat. Nous devons reconnaître aussi que dans tous les pays du monde, la loi est utilisée plus pour servir l'ordre moral, le pouvoir du jour que pour servir la Justice abstraite et pure. Ceci n'est point une approbation mais un constat.

Benjamin Constant, avec des mots plus précis prononcés à un de ces moments de grands troubles dont l'Histoire de France est coutumière, l'avait déjà dit. Cette pétition oratoire n'enlève rien à ma volonté personnelle, certainement partagée par de nombreux compatriotes, de contribuer à ce que la loi soit mieux appliquée qu'elle ne l'est souvent sous nos cieux.

Fausse route

Nous devons travailler ensemble pour qu'une lutte sans ambiguïté des consciences éveillées, au fil du temps, produise des superstructures à la fois plus républicaines et plus démocratiques. Dans l'affaire présente de l'enseignant et des journalistes, à partir du moment où la justice s'est auto saisie en ouvrant une procédure publique, le problème est, à mes yeux, devenu plus administratif que légal. Dès lors, je cesse de m'adresser au magistrat pour me tourner vers Mme le ministre de la Justice.

Je veux lui dire combien je suis en désaccord avec le traitement du présent dossier. Ma conviction est qu'il n'était point nécessaire de condamner ces jeunes professionnels. Ensuite, je suis convaincu que le temps prouvera que cette condamnation n'était point utile à la bonne santé de la République et de ses institutions. Elle n'aura même pas servi à atténuer l'indiscipline généralisée qui prospère dans notre pays.

Mme le ministre, vous savez qu'à titre personnel j'ai de l'amitié et de l'admiration pour vos talents de serviteur du droit établis dans l'opinion publique de notre pays. Cependant, lorsque l'administration utilise la loi pour condamner, au nom de la morale et de l'ordre public, des intentions qui elles-mêmes prétendent défendre la morale et les valeurs sociales, il en naît un conflit qui érode la cohérence du droit et fait grandir les passions. Il y a un risque à voir s'élever une contestation de l'autorité judiciaire. Face à une autorité judiciaire affaiblie, la désobéissance civile devient probable en même temps que grandit le sentiment que la force publique n'est ni protectrice ni juste.

Maintenant que la justice a condamné mon collègue Minta, bien de personnes, dont moi, seront frustrées de ne point le voir passer devant un conseil de discipline, selon le principe que l'on ne saurait juger ou condamner une même personne deux fois pour la même faute. Car ici s'il y a faute, elle est pédagogique. Il ne fallait pas ôter aux pédagogues, la chance de bâtir une jurisprudence professionnelle en ce moment où l'enseignement a besoin d'ordre et de discipline.

Il y a dans notre pays de grands pédagogues qui auraient pu être bien utiles. Pour vous aider à en trouver, je m'en vais vous citer des noms parmi lesquels des valeureux hommes et femmes qui m'ont formé, du primaire au secondaire. De Bafoulabé, à Bamako. Au nom de tous mes distingués et glorieux maîtres, je voudrais citer quelques-uns que nous sommes heureux d'avoir toujours avec nous : Abdoulaye Thiam, Tiémoko Traoré, Tenemba et Hamadi Macalou, Singo Coulibaly…

Je peux aussi citer d'autres enseignants qui font honneur à notre métier commun et qui sont de véritables combattants que le monde au Mali et en dehors du Mali regarde en train d'encadrer nos jeunes enseignants et enfants. Parmi eux et au nom de tous les autres je voudrais citer : Baba Haïdara, Bakary Kamian, Mme Soumaré Aïssata Diallo, Modibo Kéita. Face à Minta et dans l'éducation de nos enfants, la voix de ces hommes et femmes porteraient sans doute plus loin et plus fort que celle d'un juge officiant dans une salle de tribunal vide.

Revenons au contexte du PDES. Je vais regarder une partie de la réalité économique du Mali au travers du prisme qu'est le rapport 2007 sur la compétitivité de l'Afrique. Le mercredi 13 juin 2007 la Banque mondiale (BM) a publié un document intitulé « Rapport sur la compétitivité africaine, 2007 » (The Africa Competitiveness Report 2007) disponible également sur Internet à l'adresse http://www.weforum.org . J'ai noté avec fierté qu'un des chapitres de ce document, celui sur les technologies de l'information a été rédigé par notre compatriote Hamadoun Touré récemment élu à la direction d'une des structures techniques de la famille des Nations unies.

J'ai rarement été autant en accord avec un document de la BM. Ce document ne met pas en cause le rang de 175e pour le Mali établi précédemment par le Pnud. Cette question ayant déjà été largement discutée au Mali, je n'y insiste point. Entre autres, trois qualités de ce document ont retenu mon attention. La première est la présentation claire de la liste de neuf (9) domaines qualifiés de « piliers » de toute action de développement.

La seconde est la présentation par les faits chiffrés des dix facteurs s'opposant à l'investissement productif dans chaque pays du monde en développement. La troisième est la variété des graphiques qui présentent, de façon lisible, à tout lecteur même celui qui serait fâché avec les rapports statistiques fastidieux, des réalités qui deviennent intelligibles.

Concernant le Mali, ces réalités intelligibles me sont, à titre personnel tout à fait crédibles dans la mesure où presque mot à mot, ils reprennent des éléments que j'ai souvent présentés dans mes argumentaires. Ces réalités intelligibles à retenir sont : (1) le Mali comme tous les autres pays africains, à la notable exception de 2 d'entre eux, se trouve seulement à la première phase du processus de développement où ses efforts le classent au rang 122 ; (2) un élément très positif est que le Mali figure sur la liste des 100 premiers pays au monde dans le classement de ceux qui ont adopté le réflexe de l'innovation technologique dans ses choix d'équipements et d'infrastructure ; (3) le Mali se développe par rapport à lui-même mais sa courbe de croissance est parallèle à celle de la moyenne des ensembles de l'Afrique et du monde.

Ceci veut dire que le Mali n'améliore pas, par rapport aux autres pays du monde l'état de bien-être de sa population ni en termes de règles institutionnelles adaptées, ni en termes d'éducation, ni en termes de santé publique, ni en termes d'infrastructures, ni en termes d'investissements productifs ; (4) les croissances économiques africaine et malienne sont, depuis 2003, parallèles et sont tirées vers le haut par la demande internationale de matières premières, de pétrole en particulier ; (5) les 3 principaux facteurs perçus comme étant les plus dissuasifs à l'endroit de l'investissement au Mali sont dans l'ordre : l'inaccessibilité au financement bancaire - la corruption - les actions contraires au développement (de la part de l'administration mais aussi des citoyens).

La malédiction du pétrole

Pour une fois, la BM, sur la foi de travaux d'experts sans références particulières aux dogmes ultra-libéraux ont ausculté l'Afrique et chaque pays africains. Ils ont indiqué ce que chacun a de moins par rapport aux pays ayant accompli des performances données.

Si on met cette étude côte à côte avec les récentes études des professeurs Penelopi Koujianou Goldberg de l'Université de Yale et Nina Pavcnik de Dartmouth College, on retient trois autres enseignements utiles pour les gouvernements africains : (1) le pétrole en tant que matière première reste plus que jamais suspecté d'être une malédiction (page 34 du rapport Africa Competitiveness Report 2007). En outre les pays exportateurs de pétrole ont une situation monétaire plus instable car les ressources pétrolières apparaissent comme un facteur d'inflation, entre autres ; (2) plus que jamais la richesse d'une nation est produite par l'éducation et non par les matières premières ; (3) dans le monde actuel, plus qu'auparavant, la création de richesse dans un pays aggrave la pauvreté de ceux qui sont insuffisamment instruits. Le problème est que dans un pays comme le Mali, ces personnes en danger constituent actuellement plus de 80 % de la population.

Le rapport 2007 de la BM sur la compétitivité donne des éléments concrets aux gouvernements et partis politiques pour élaborer des projets et programmes de développement. Nos partis politiques en seront-ils capables ? En Afrique beaucoup trop de personnes entrent en politique pour échapper à la précarité économique plutôt que pour servir l'intérêt commun. Au Mali, on verra si les élections de 2007, en particulier les élections législatives auront été une opportunité saisie par les partis politiques pour se renouveler et s'améliorer. A ce sujet, j'ai été très attristé de lire dans la presse une information que rien ne me permet par ailleurs de confirmer. Mme Adame Ba Konaré, femme et intellectuel de premier plan aurait été mise hors de la liste des candidatures à la députation. Ceci est un terrible dommage. Cette dame a prouvé sa capacité à se saisir des problèmes et à les analyser. Il fallait lui donner l'opportunité de contribuer à proposer des solutions. Sa présence à la chambre des députés aurait été indiscutablement un facteur de bonification.

Incompréhension

Concernant les députés et leur rôle, je suis plutôt inquiet. Les députés de notre pays viennent de s'accorder en ce moment où la confiance que le citoyen malien place dans sa classe politique est, selon un classement de la CIA, la plus faible au monde, se sont arrogé une augmentation de salaire de près de 100 % incluant une « prime » d'élection de 10 millions de F CFA. Ceci est un scandale qui pourrait aggraver la crise sociale dans notre pays.

Comment le gouvernement pourra-t-il, il aux enseignants, aux médecins, de rester à leurs postes pour le bien de notre nation tandis qu'une poignée de gens sensés travailler pour tous pensent en premier lieu à leur bien-être matériel. Comment expliquer à nos jeunes dont certains sont dans une colère effroyable et juste, qu'ils doivent se contenter du thé et des t-shirts offerts par les partis politiques lorsque ceux-ci sont en campagne électorale et qu'ils doivent se contenter d'être sans travail.

En plus, la plupart de ces députés se réclament de la « révolution » de 1991. Mais lors de mon dernier passage à Bamako, je me suis permis de visiter le « Carré des Martyrs » au cimetière de Niaréla. Des noms y sont devenus illisibles, le monument non entretenu est couvert de poussière. Le carrefour où est situé ce monument est l'un des points les plus pollués et les plus inhospitaliers de la ville. Certains des jeunes « révolutionnaires » blessés en mars 1991 attendraient toujours des secours de l'Etat, 16 ans après. Et c'est dans cette situation où de nombreux Maliens ne peuvent s'offrir 3 repas par jour, où tant de jeunes, par désespoir, préfèrent aller mourir à Ceuta ou Melilla, que les députés maliens, pour environ 90 jours de travail par an décident des rallonges salariales imméritées.

Le monde est en guerre économique. L'arme de cette guerre est la compétitivité. Le Mali peut-il être vainqueur dans cette guerre si nos députés tout en étant les moins efficaces hommes politiques du monde veulent être les mieux payés de ceux des pays situés dans notre groupe de développement établi par la BM ?

Le Mali est aussi sur autre front de guerre. Je l'ai souvent dit notre Histoire a toujours été déterminée par l'adversité de la nature. Nous voilà dans la perturbation climatique la plus aiguë depuis 100 000 ans. Cela veut dire que les conditions climatiques susceptibles de se développer ou qui sont en train de se développer sont pires que celles qui ont détruit Ouagadou et tué Ouagadou-Bida. Dans cette guerre, le Mali n'a, pour l'instant, ni réponse à la question « comment donner de l'eau aux populations ? », ni réponse à la question « comment donner de l'énergie aux entreprises ? ». Pendant ce temps, les forces vitales de notre pays que sont nos jeunes sont, elles, contraintes d'abandonner le corps de la patrie pour aller reconstituer le lumpenprolétariat disparu depuis la préhistoire du développement industriel.

Je profite de l'occasion pour saluer les candidats de l'époque, Amadou Toumani Touré et Tiébilé Dramé qui durant la campagne présidentielle ont abordé le sujet de l'émigration de nos jeunes. J'ai eu cependant le sentiment que le problème n'est pas compris tel qu'il est. Il me faudra sans doute un article spécifique pour traiter de cette difficile question.

Le PDES créera-t-il la classe moyenne dont le Mali a besoin pour se développer ? Je ne le puis dire mais je le souhaite. Cela aurait été à ma convenance si un effort volontariste avait créé un impôt spécial sur les luxueuses villas afin de supporter la création d'emplois par nos jeunes diplômés. Il eut été à ma convenance qu'un prélèvement de 1 % sur tous les projets de développement pour une durée de 10 ans ait été décidé et affecté à la constitution d'une expertise nationale. Il n'y a pas de développement national crédible sans financement national.

Les défis qui attendent notre pays sont complexes et graves. J'espère que durant les 5 années à venir nous ferons en actes des pas significatifs vers des lendemains meilleurs. Je n'aime pas écrire une telle phrase tant et tant de fois répétées qui dit à notre population d'avancer vers le bonheur qu'il atteindra le lendemain de la saint Ngolo. C'est en commençant dès aujourd'hui la réflexion sur le programme de développement qui succédera au PDES dans 5 ans que les forces de leadership se mettront sur le chemin de la réconciliation avec le peuple de notre pays.

Dialla Konaté

(Blacksburg, 30 juin 2007)

La titraille est de la rédaction

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VERIFICATION AU MINISTERE DES MINES

Le comble de la prédation au sommet de l'Etat

Les nombreuses irrégularités reprochées au ministère des Mines, de l'Energie et de l'Eau portent essentiellement sur la gestion financière et l'approvisionnement. Plus d'un milliard de F CFA sont passés à la pelle à la DAF de ce ministère appelée à rendre compte devant la justice.

Le rapport de vérification relève des irrégularités à la régie du ministère des Mines, de l'Energie et de l'Eau. Elles portent, entre autres, sur le montant élevé des dépenses dépassant 100 000 F CFA, le seuil maximum fixé par le décret portant règlement général de la comptabilité publique au Mali.

Ainsi, il est fait cas d'imputation, par la régie, de dépenses non justifiées estimées à 45 683 564 F CFA ; de faux achats de timbres postes pour 6 261 870 F CFA ; du non-enregistrement de mandats payés au Trésor pour un montant de 12 393 200 F CFA.

La régie des Mines est également épinglée pour des factures sans identifications fiscales (Nif), estimées à 47 510 406 F CFA TTC. Des anomalies ont été constatées sur deux Nif. Il s'agit d'un Nif pour deux fournisseurs distincts ou encore un Nif figurant à la fois sur le fichier des contribuables à l'impôt synthétique et au fichier des contribuables dans trois centres distincts et deux Nif inexistants dans le fichier de la direction générale des impôts (DGI).

Une autre irrégularité à la régie est relative au transfert de crédit budgétaire totalisant 101 705 260 F CFA sans l'autorisation du ministre de l'Economie et des Finances comme le prévoit la loi des finances.

Une caverne d'Ali Baba

Des dépenses non prévues sur les fonds PTTE d'un montant total de 126 801 000 F CFA et l'absence de suivi formel des dépenses exécutées sur fonds PTTE d'un montant de 1 849 200 000 F CFA sont reprochées à la DAF.

Les secteurs de l'approvisionnement et de la passation des marchés publics semblent être, pour la DAF du ministère des Mines, une caverne d'Ali Baba.

Le rapport constate de nombreux impairs au double plan des marchés passés sur commande d'un montant de 626 623 778 F CFA et des marchés ordinaires à concurrence de 1 871 194 604 F CFA. Les fractionnements de marchés sont estimés à 235 252 157 F CFA. Les achats irréguliers de produits faisant l'objet d'un autre marché en cours d'exécution s'élèvent à 159 571 138 F CFA.

Un cas de surfacturation de 134 103 015 F CFA a été relevé au titre des achats de matériels durables sur la période 2004-2006. La DAF aura imputé des dépenses non justifiées en entretien et réparation de véhicules à hauteur de 75 483 771 F CFA et des dépenses cette fois-ci justifiées de 37 514 656 F CFA.

Dans ce cas précis, il ressort de ce chapitre, l'achat au 31 décembre 2005 d'une quantité de thé et de café d'une valeur de 11 039 702 F CFA. Les vérificateurs émettent des réserves sur la moralité de telles dépenses dans la mesure où il n'y a pas de trace de consommation de ces produits. La comptabilité matière se rend elle aussi coupable de l'enregistrement d'acquisitions fictives de matériels de plus de 500 millions de nos francs.

Dans le hit-parade des ministères ayant spolié l'Etat de son argent et de ses biens matériels, le ministère d'Hamed Diané Séméga, qui se comporte en idéologue du régime ATT, à son crédit la somme de 1 079 409 678 F CFA.

Abdrahamane Dicko

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COUR D'ASSISES

Perpétuité pour un ex-directeur de région CMDT

La Cour d'assises a condamné mardi l'ex-directeur de la région CMDT (Compagnie malienne du développement des textiles) de Bougouni à la réclusion à perpétuité pour avoir détourné plus de 128 millions de F CFA au préjudice de la Compagnie.

L'affaire ministère public contre l'ex-directeur de la région CMDT de Bougouni, Abou Berthé, pour atteinte aux biens publics a connu mardi matin son épilogue devant la Cour d'assises de Bamako par la condamnation par contumace du délinquant financier à la réclusion à perpétuité et d'une amende de 200 000 F CFA. De plus, il a été condamné au paiement de 5 millions de F CFA au titre de dommages et intérêts et au remboursement de 177 millions de F CFA à son service employeur.

Pour comprendre les faits, il faut remonter à la fin de la campagne 1995-1996 où des irrégularités ont été constatées au niveau des remboursements des crédits agricoles de la région CMDT de Koutiala. Une enquête interne a permis de mettre en cause Abou Berthé qui a fini par reconnaître sa responsabilité. Des pièces du dossier, il apparaît que courant septembre 1993, M. Berthé, alors directeur de la région CMDT de Bougouni, a accusé un déficit de 100 millions de F CFA.

Quelques mois plus tard, il a été nommé comme directeur régional à Koutiala. Naturellement, la question de passation de service s'est posée. Pour cela deux options s'opposaient : il fallait soit rembourser le montant intégral du déficit, soit produire des pièces justificatives correspondant au manquant de sa gestion. Abou Berthé a opté pour la deuxième alternative.

Contre toute attente, pour les besoins de sa passation de services, Abou a opté pour la production dans sa comptabilité des pièces justificatives fictives. Comme si cela ne suffisait pas, au niveau de Koutiala, Abou Berthé a frauduleusement retiré de la BNDA, 177 millions de F CFA qui ont servi à éponger le déficit laissé à Bougouni.

En faisant l'économie des faits, l'on retiendra qu'il était aidé en cela par un certain Marc Dembélé et Moustaph Kéita qui, par leurs agissements, ont permis à Abou Berthé de masquer son déficit et retarder sa découverte. En tenant compte des justifications de ces deux complices, le manquant de la caisse de M. Berthé était arrêté à 128 969 520 F CFA.

Seule la comparution de l'auteur du crime d'atteinte aux biens publics et de ceux qui l'ont aidé dans la perpétration du forfait aurait davantage éclairé la lanterne de la Cour sur cette affaire qui avait été déjà jugée par la session d'assises de 2000 mais dont l'arrêt a été cassé par la Cour suprême. Nonobstant, les débats ont momentanément achoppé sur le maintien ou le renvoi du dossier entre les avocats de la défense et ceux de la partie civile.

Pour la défense, assurée par Me Abdoul Karim Koné, Abou Berthé n'a pas comparu pour la simple raison qu'il souffre d'une maladie mentale et qu'au bénéfice de cette observation, il ne peut être jugé. « Mon client est sous contrôle médical. Ce n'est pas une question de comparution, mais les pièces versées au dossier par un homme de l'art attestent que M. Berthé souffre d'une maladie mentale. C'est ce document qui doit faire foi » , a-t-il plaidé pour solliciter le renvoi.

Par contre la partie civile s'est catégoriquement opposée à cette demande formulée par son confrère. « Nous nous opposons au renvoi. Ce qui me surprend, c'est que ce dossier traîne depuis 10 ans et nous n'arrivons pas à mettre la main sur Abou Berthé. Comment peut-on soutenir qu'Abou ne jouit pas de ses facultés. Ce n'est pas la première fois qu'on nous tienne de telles allégations. Sinon pas plus tard que deux jours Abou Berthé a été aperçu à un enterrement à Badalabougou » a contre-attaqué Me Seydou Ibrahim Maïga. Même son de cloche du côté de Adama Fomba, représentant le parquet général. D'ailleurs, il a opté pour le maintien de l'accusé dans les liens de la culpabilité.

N'ayant pas opté pour le renvoi, la Cour présidée par son 1er président, Abdoulaye Issoufi Touré a reconnu Abou Berthé coupable de prévention d'atteinte aux biens publics en le condamnant à la réclusion à perpétuité assortie de peines pécuniaires.

Mohamed Daou

 

 

Deux autres contumaces

Baba Diakité et Bakary Traoré qui étaient appelés à comparaître hier devant le prétoire ont fait faux-bond. Il est reproché au premier le détournement de plus de 5 millions de F CFA au détriment de son service employeur : le CAC de Yanfolila. En sa qualité d'agent de crédit et de recouvrement, il s'est abstenu en 1984 de verser intégralement dans les caisses du CAC les sommes qu'il percevait.

Quant au second, il est accusé du détournement de 1 228 135 F CFA. Mais il s'est évadé de la prison avec la complicité d'un garde du nom de Christophe Diarra. Les absents ayant toujours tort, ils ont été condamnés par contumace à 5 ans de prison.

M. D.

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HOTELLERIE

Démissions en cascade à Salam et au Grand hôtel

Au cours des deux derniers mois, ce sont une quinzaine d'employés du groupe Azalaï qui ont été abusivement licenciés ou qui ont démissionné de leur poste pour protester contre les intimidations, brimades et autres pressions psychologiques exercées par la direction de l'établissement hôtelier.

La semaine dernière, nous faisions cas des accusations de certains employés du groupe Azalaï et des explications de la direction à travers son chef de personnel qui a réfuté ce qu'il appelle des « allégations mensongères » .

Aujourd'hui, l'arbre ne peut plus cacher la forêt. Car, après investigations, nous nous sommes rendu compte du malaise général qui règne au sein de ce groupe, notamment entre responsables et employés. Ces derniers qui dénoncent une « nouvelle forme d'esclavage » ont massivement démissionné au cours des deux derniers mois.

Parmi les démissionnaires, on compte la directrice d'exploitation, la directrice commerciale, le secrétaire du PDG, un attaché commercial, un comptable, un serveur, une serveuse, un réceptionniste, etc.

Les témoignages sont édifiants, « un cuisinier a eu la malchance de tomber malade. Malgré son certificat médical justifiant son absence, il a été simplement renvoyé. Un coursier a été contraint par la direction de rembourser la moto qu'il a perdue au risque d'être renvoyé. Un chauffeur a travaillé pendant trois ans avec un contrat d'un mois. Aujourd'hui, il se trouve en chômage » , avancent pêle-mêle des démissionnaires.

A ce lot, s'ajoutent ceux qui disent être abusivement licenciés par la direction. Au nombre de ceux-ci, un directeur d'exploitation, un buandier, un cuisinier et un chef de cuisine du nom de Remi Dion. Ce dernier, accusé de « vol d'assiettes » , a été traîné devant le Tribunal de première instance de la Commune III. Le 13 juin dernier, le substitut du procureur de la République a classé l'affaire sans suite et a jugé la poursuite « inopportune » .

Pour mémoire, Remi Dion avait signé avec Azalaï un contrat de prestation de service en date du 1er janvier 2007 pour une durée déterminée de 2 ans. « Au bout de 5 mois de service , explique le conseil de M. Dion Me M'Bandy Yattassaye, le contrat a été unilatéralement rompu sans même respecter le délai de préavis » . La proposition de règlement à l'amiable du conseil n'a pas été acceptée par la Société malienne de promotion hôtelière (SMPH). La victime court toujours après ses rémunérations de 18 mois qui s'élèvent à 9 millions de F CFA.

La direction refuse de commenter ces affaires. Le chef du personnel Al Hamdou avait, toutefois, reconnu au cours d'un entretien le jeudi dernier que l'affaire Remi se trouvait entre les mains de la justice.

En réalité, l'affaire avait été classée sans suite depuis le 13 juin 2007. Il a démenti toutes les informations sur la maltraitance des stagiaires et des employés. Les dernières révélations et témoignages prouvent, cependant, tout le contraire.

Sidiki Y. Dembélé

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TAEKWONDO

Trois maîtres passent 6e dan

L'école Kwong Myung de Baco-Djicoroni a abrité (du 16 au 23 juin 2007) un stage de formation au profit des combattants et entraîneurs. Animé par le grand maître sud-coréen, Kim Doo Sung (ceinture noire 5e dan), il a été marqué par la remise de grade de ceinture noir 6e dan de taekwondo à maîtres Bakary Diawara, Alioune Badara Traoré et Alfousseyni Diarra.

Le grade de ceinture noire 6e dan de taekwondo a été conféré à Bakary Diawara, Alioune Badara Traoré et Alfousseyni Diarra le 23 juin dernier sur la base de la présentation par chacun des candidats d'un mémoire sur la discipline. La distinction récompense également les efforts fournis par les trois maîtres dans la promotion du taekwondo au Mali et ailleurs.

Des combattants de l'équipe nationale ou non et des entraîneurs étaient ciblés par ce stage. Pour le président de la Fédération malienne de taekwondo (Femat), Me Saïdou Toukoto Ly, cette formation entre en droite ligne du programme de leurs ambitions. Elle a été possible grâce à l'appui technique du Comité national olympique et sportif du Mali (Cnosm), dont l'objectif est de parfaire la formation des combattants et entraîneurs en vue des prochains Jeux africains « Alger-2007 ».

« Ce stage permettra aux combattants d'affronter Alger avec sérénité et confiance » , a affirmé le 1er responsable de la Femat. « Nous remercions le Cnosm pour son appui, le département des Sports pour les deux semaines d'internat accordé aux combattants et leurs encadrements en vue d'une prestation honorable aux Jeux africains » , a ajouté Me Ly.

Au nom du Cnosm, Oumarou Tamboura a rappelé l'objectif du stage qui est la vulgarisation des techniques avancées des cours théoriques et d'entraînement pour une meilleure prestation des combattants aux prochaines joutes à commencer par Alger-2007. « C'est une occasion pour notre pays de remporter une médaille des Jeux car depuis les Namakoro Niaré le Mali n'a jamais remporté une médaille aux Jeux africains ou olympiques » , a-t-il ajouté. Et au porte-parole des combattants d'assurer : « Nous partons à Alger pour la plus haute marche du podium » .

Le représentant du ministre de la Jeunesse et des Sports, Moriké Traoré, et le président d'honneur de la Fémat, le colonel Samballa Ilo Diallo, ont réitéré leur soutien à la fédération avant d'exhorter les combattants à persévérer dans le travail.

Ce stage, qui fait suite à un autre animé par le même Me Kim Doo Sung, témoigne les bonnes relations entre la Fémat et les instances continentales et mondiales du taekwondo. Durant deux semaines, l'expert coréen a mis au profit des stagiaires (30 combattants et 4 entraîneurs) son expérience et sa compétence. A l'issue du stage, 5 garçons et 3 filles ont été retenus pour les Jeux africains 2007.

Boubacar Diakité Sarr

 

Une fierté nationale

Depuis longtemps, le Mali a une grande notoriété dans la pratique du taekwondo. Et les combattants maliens se sont bien illustrés sur la plus haute marche du podium à différentes compétitions. Ainsi, d'octobre 2003 à juin 2007, nos taekwondognimes ont remporté 85 médailles, dont 39 en or. Que dire du dernier sacre, le plus prestigieux, à l'actif de Daba Modibo Kéita avec sa médaille d'or décrochée lors du 18è championnat masculin du monde de taekwondo au mois de mai dernier à Beijing (Chine) !

Les maîtres Bakary Diawara dit Yankee, Alfousseyni Diarra et Alioune Badara Traoré ont fait leurs baptêmes de feu dans le taekwondo depuis les années 1970 avec les maîtres Salia Tounkara et René Canvel. Le troisième nommé, Me Alioune Badra Traoré, apportait sa pierre à l'édifice depuis la Russie (Saint-Pétersbourg) ex-Union soviétique où il poursuivait ses études.

B. D. S.

 

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