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2007

Mois de juillet

Les Echos du 03 juillet 2007

ELECTIONS LEGISLATIVES 2007

Vers un second tour des vérités

Des résultats partiels des législatives du 1er juillet 2007, obtenus dans les QG des partis politiques, laissent apparaître des duels serrés dans les six communes du district de Bamako. Le même scénario se dessine dans la quasi-totalité des circonscriptions à l'intérieur du pays.

C'est hier lundi que les QG de partis politiques informés par leurs représentants au sein de la commission de centralisation des résultats ont commencé à prendre connaissance de leurs résultats. Le scénario qui se dessine au vu de ces résultats partiels est celui d'un second tour dans l'ensemble des communes du district et dans plusieurs régions du pays. Selon les informations dont nous disposions aux environs de 15 h, la liste Adema-RND l'emporterait dès le premier tour à Mopti. A Menaka et à Tinessako, les candidats de l'Adéma l'ont emporté.

A Nioro du Sahel, la liste RPM est en balotage avec le Cnid-MPR. Beaucoup d'informations contradictoires ont circulé à propos des résultats de Gao où la liste RPM-Convergence 2007-URD était donnée gagnante contre l'Adéma avec la chute probable du 2e vice-président de l'Assemblée nationale Assarid Ag Imbarcaoune. Ce dernier a démenti ces rumeurs dans l'après-midi en revendiquant 52 % moins les résultats d'une Commune rurale qui lui serait très favorable.

Aucune liste de partis ou de candidats indépendants ne passe au 1er tour à Bamako. En Commune I, l'Adéma et le RPM s'affronteront le 22 juillet 2007. En Commune II, la liste Cnid-MPR-URD en découdra avec le PCR-RDR. En Commune III, l'indépendante Safiatou Touré du Mouvement citoyen sera opposée au RPM.

La liste Moussa Mara est en ballottage avec le RPM en Commune IV. La coalition Cnid-Adéma-URD sera en compétition avec le PDR-MPR avec Jeamille Bittar, président de la Chambre de commerce et une belle sœur de l'épouse du président de la République Mme Touré Lobbo Traoré. En Commune VI, l'Adéma-UDD-MPR fera front commun contre la liste URD avec Me Demba Traoré, le transfuge du Cnid.

A Gao, la liste USR-RDA se frottera à celle de l'Adéma au 2e tour. A Kayes, le regroupement Adéma-URD croisera le fer avec la liste Cnid-PDJ. L'Adéma-URD-Cnid-Mouvement citoyen s'opposera au RPM-Sadi-PCR à Ségou, le fief de Me Mountaga Tall président du Cnid. La circonscription de Sikasso prépare le 2e tour entre l'Adéma et l'URD. Le duel PSP-Adéma est attendu à Douentza et un autre à Koro entre l'Adéma-PDR-RPM contre le Miria.

Un 2e tour est prévu également à Kita entre l'Adéma-URD et le RPM-Parena d'une part et la liste Adéma-Barica-RPM contre le PDR-URD à Bougouni d'autre part. Sadi d'Oumar Mariko doit en découdre avec le Cnid dans son fief à Kolondiéba.

Abdrahamane Dicko

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JOURNALISTES EN PRISON

A la gloire du général ATT

Ainsi fut fait : pour avoir parlé de président, quatre directeurs de publication ont passé une semaine derrière les barreaux.

Que ne feront certains pour le général ATT ? « A chaque jour suffit sa peine » , dit la Bible. Ici, sur cette bonne vieille terre de Soundiata Kéita, on s'est trouvé un maître pour qui aucun sacrifice n'est de trop. Tous les jours, la cour s'élargit et les uns et les autres rivalisent d'ardeurs pour plaire et complaire.

Sombé Théra vient en tout cas de battre tous les records et de coiffer en brevetant et faisant du mot « président » une marque déposée pour Amadou Toumani Touré alias ATT. Sinon, que reprochait-on aux 5 embastillés ? Juste d'avoir dit président ! « Il ne peut s'agir que d'ATT » , a clamé Sombé, bien en verve.

La démocratie malienne est en péril. Le général qui tient tellement à son image ne fait pourtant rien pour celle de son pays. Sa cour, très souvent minée par des personnalités en vacances ou en mission, repartant dès que ça sentira du brûlé, n'a rien fait pour l'aider.

Aux pires moments où il avait à faire face à la fronde internationale suscitée par « ATTcratie : la promotion d'un homme et de son clan » , il ne s'est pas trouvé un seul dans son entourage pour publiquement porter la contradiction . Les mêmes qui, aujourd'hui, l'ont poussé à ternir à ce point l'image du Mali, voulant juste le faire pour des journalistes qui ont eu le seul tort d'user de leur liberté d'opinion.

« On va crever l'abcès » , criaient même des proches du général. L'abcès a vraiment été crevé. Malheureusement, pas dans le sens qu'ils souhaitaient, car en la matière, les journalistes ont eu le beau rôle : au procès, pas un mot n'a été placé et le procureur, voulant se débarrasser de la patate chaude, a défini son rôle, mais appelé le président, Moussa Sara Diallo, « à ne pas le suivre » et à trancher en son âme et conscience…

A l'arraché , quatre directeurs de publication ont fait une semaine de prison, un journaliste a fait deux semaines de prison pour un délit d'offense au chef de l'Etat, un chef d'Etat qui, selon la loi aurait dû se plaindre par écrit et qui ne l'a pas fait. Ils ont été condamnés sans avocats et sans avoir placé un mot : pour la gloire d'ATT.

Alexis Kalambry

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HIVERNAGE

Des paysans s'inquiètent

Contrairement aux années précédentes, l'hivernage, cette année dans notre pays, tarde à s'installer. D'ores et déjà des paysans paniquent ou mettent en doute la réussite de la campagne agricole 2007-2008.

La semaine dernière, en compagnie du programme d'Appui aux collectivités décentralisées pour un développement participatif (Acodep), nous avons visité plusieurs zones agropastorales de notre pays. Le constat est amer. Partout, les paysans ont exprimé leurs inquiétudes face à la rareté des précipitations.

« L'hivernage a pris beaucoup de retard cette année. Depuis 1984, on n'a jamais assisté à un tel début. L'année dernière, on a commencé à semer le 1er juin et le 15 juin a trouvé que ça poussait. Nous sommes en fin juin, il ne pleut presque pas. Il ne fait que pluvioter. On a jusqu'à présent pas commencé à semer. Pour que l'hivernage de cette soit sauvé, il faut qu'il pleuve normalement jusqu'au mois de septembre » , a dit Famagan Dembélé, cultivateur à Coumakiré. « Je viens d'effectuer des visites à Nara et à Dili. Il ne pleut pas du tout » , a ajouté Boubacar Guittèye, formateur à Acodep.

Au Mali l'agriculture est le socle de l'économie et constitue la principale activité de nos populations rurales. C'est pourquoi nos autorités ont, en plus des aménagements et équipement des paysans, initié l'opération « pluies provoquées » pour lutter contre la sécheresse.

L'opération a, semble-t-il, fait ses preuves lors de la campagne agricole écoulée. Des paysans voulaient se rassurer sur sa poursuite, mais c'est toujours le silence radio de ce côté.

« Nous sommes prêts à cultiver. Les machines et les semences sont prêtes, mais il ne pleut pas. Si on fait encore plus d'une semaine sans pluie, certaines semences ne pourront plus être semées » , a regretté Mamadi Kéita, paysan à Kokofata.

Pour Mme Oumou Diallo, cadre au ministère de l'Agriculture, il est encore trop tôt pour tirer la sonnette d'alarme car la campagne agricole peut toujours être sauvée.

Sidiki Doumbia

( stagiaire )

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INTEGRATION AFRICAINE

L'Afrique divisée entre Kadhafi et Mbeki

Quelles que soient les conclusions du sommet de l'Union africaine (UA) qui se tient présentement à Accra (Ghana), la réalisation des Etats-Unis d'Afrique est sérieusement hypothéquée par la rivalité stérile entre Mouammar Kadhafi et Thabo Mbeki. Du coup, les réformes courageuses entreprises par Alpha Oumar Konaré sont également compromises.

« La bataille pour les Etats-unis d'Afrique est la seule qui vaille pour notre génération » , déclarait Alpha Oumar Konaré, président de la Commission de l'Union africaine, à la veille du sommet d'Accra. Les Etats-Unis d'Afrique ? De nombreuses générations d'Africains y ont rêvé depuis les Kwame Nkrumah, Modibo Kéita, Ahmed Ben Bella, Sékou Touré… Mais, un rêve plus proche de l'utopie que du concret.

N'empêche, il est au cœur du 9e sommet des chefs d'Etat de l'UA qui s'est ouvert dimanche dernier à Accra. Sur la table des chefs d'Etat et de gouvernement, l'avenir de l'organisation à travers la question de la création d'un gouvernement africain pour stimuler « Les Etats-Unis d'Afrique » . Un rêve panafricaniste qui est loin de faire l'unanimité. En effet, les dirigeants africains sont loin du consensus devant aboutir à une telle fusion politique et socioéconomique.

Sur la question, des observateurs pessimistes évoquent volontiers une bataille des éléphants. Le grand débat sur le gouvernement de l'Union est compromis par l'opposition entre deux visions de l'avenir de l'Afrique. D'un côté, celle incarnée par le colonel Mouammar Kadhafi qui rêve des Etats-Unis d'Afrique dans l'immédiat. Pour ce faire, il a récemment réuni la société civile, les médias… du continent pour partager ses ambitions avec eux à Tripoli.

Avant d'arriver à Accra, le Guide de la Jamahiriya arabe libyenne a également sillonné de nombreux pays (Mali, Sierra Leone, Guinée-Conakry et Côte d'Ivoire) pour mobiliser l'Afrique de l'Ouest en sa faveur. Tout ce lobbying ne vise naturellement qu'à barrer le chemin à l'autre tendance dirigée par le Sud-Africain Thabo Mbeki. Ce dernier prône le réalisme, une approche pragmatique basée sur la consolidation des ensembles régionaux.

La réalité de la situation actuelle de l'Afrique donne beaucoup plus raison à Mbeki. Vouloir réaliser les Etats-Unis dans un continent fragmenté, c'est vouloir guérir une plaie sur le pus. La paix est encore fragile dans les Grands lacs, au niveau du Mano River. La Côte d'Ivoire et le Congo démocratique n'ont pas encore entièrement exorcisé les démons de la guerre. Tout comme la Corne de l'Afrique qui ne cesse de s'enflammer avec la Somalie comme combustible. Autant de blessures à soigner d'abord avant de penser à la fusion totale des frontières.

Cela est un préalable comme la consolidation des expériences démocratiques. Aujourd'hui, la démocratie est loin d'être une réalité dans la grande majorité des pays africains, à commencer par la Libye elle-même. Le décalage est énorme entre des pays comme le Bénin et le Gabon voire le Congo-Brazzaville, le Burkina Faso, le Cameroun, le Tchad… classés champions du monde dans les réformes constitutionnelles visant à maintenir les dinosaures au pouvoir à vie. Les Etats-Unis d'Afrique resteront une coquille vide tant que les peuples n'auront pas réellement leur mot à dire dans le processus électoral.

Ce qui est sûr, c'est que l'affrontement entre Kadhafi et Mbeki ne peut qu'éloigner l'Afrique de l'intégration réelle. Il condamne à l'échec le débat tant souhaité par le président de la Commission, Alpha Oumar Konaré, à qui des tyrans comme Omar Bongo Odimba reprochent d'aller vite en besogne dans son ambition de mettre fin à la balkanisation du continent. Il y a toutes les chances pour que des questions vitales comme le renforcement des institutions de l'UA soient éclipsées par ce conflit de leadership entre la Libye et l'Afrique du Sud.

Un antagonisme qui ne peut qu'accentuer la division du continent. En effet, il ne faut pas s'attendre de sitôt à ce que l'Afrique du Sud, l'Afrique australe et de nombreux pays du Maghreb renoncent à leur souveraineté au profit d'une intégration dont ils ne voient l'intérêt pour le moment.

Tout comme il ne faut pas non plus s'attendre à ceux que la communauté sahélo-saharienne se désolidarise de Kadhafi même si la vision de ce dernier est moins antagonisme. Les Etats-Unis ne sont pour demain car l'efficacité de l'UA est aujourd'hui menacée pour qui sait que ce sont les conflits de leadership qui ont fait de la défunte Organisation de l'unité africaine (OUA) une coquille vide.

Moussa Bolly

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COUR D'ASSISES

La liberté provisoire refusée à Broulaye Konaté

Les avocats de l'ex-maire de la Commune VI, Broulaye Konaté, ont sollicité hier mais n'ont pas obtenu de la Cour d'assises la mise en liberté provisoire de leur client.

Après plus de 2 ans dans les geôles, l'ex-maire de la Commune VI, Broulaye Konaté, Fougougna Sacko et Sy Sada Diané, respectivement 1er et 2e adjoint de l'ancien édile, ont comparu hier devant la Cour d'assises pour répondre du crime de faux, usage de faux et complicité.

L'on retiendra des faits reprochés à Broulaye Konaté que des investigations au niveau des registres de la mairie de la Commune VI du district ont fait ressortir qu'au cours du mandat du conseil communal qui a pris fin le 31 mars 2003, 8 décisions d'attribution de parcelles à usage d'habitation ont été prises sans observer la procédure prescrite en la matière, c'est-à-dire sans aucune délibération du conseil communal approuvée par l'autorité de tutelle. Sept de ces 8 décisions d'attribution de parcelles ont été prises par Broulaye Konaté, en sa qualité de maire et président du bureau communal.

Dans l'arrêt d'accusation, ses deux adjoints sont accusés de complicité même s'ils n'ont fait que travailler sous les ordres de Broulaye et que c'est suivant les instructions de celui-ci que les projets des différentes décisions incriminées ont été élaborés par eux.

Vrai ou faux ? Les inculpés n'ont pas eu le temps de s'expliquer largement sur la question. L'audience n'a duré que quelques minutes, la Cour ayant décidé de renvoyer l'affaire à sa prochaine session au motif que la partie civile et les témoins cités à comparaître n'ont pas répondu à l'appel.

Pourtant, le parquet ne voyait pas les choses ainsi. « Ce dossier peut être jugé malgré l'absence des témoins. Contrairement à une idée répandue nous ne sommes pas des bourreaux. Nous sommes des humains comme tout le monde. Je sais que le 18 octobre prochain, Broulaye aura 3 ans en prison de même que Diané. Ils ont assez séjourné en prison. C'est par rapport à tout ça que j'insiste que le dossier soit jugé aujourd'hui » , a argumenté Souleymane Coulibaly.

Emboîtant le pas au ministère public, les avocats de la défense (Mes Bréhima Koné et Mamadou Gakou) ont admis que si un dossier n'est pas en état d'être jugé, la liberté provisoire peut être concédée aux prévenus. Ils ont soutenu que le défaut de citation n'incombe pas à la défense, mais au ministère public qui, selon eux, est le seul à détenir les vraies raisons.

Ce renvoi du dossier à la prochaine session a suscité émoi et indignation du côté des inculpés qui ont pleuré à chaudes larmes dans la salle d'audience. « Nous avons assez séjourné à la Maison centrale d'arrêt. Trois ans ce n'est pas 3 mois ou 3 semaines. Nos épouses et nos enfants nous attendent impatiemment. Aujourd'hui, nous étions venus pour être libérés ou pour être condamnés » , disaient-ils.

Il a fallu des mots de consolation de leurs avocats pour qu'ils reviennent à de meilleurs sentiments.

Mohamed Daou

 

 

Des contumax

L'ex-gérant de la Pharmacie populaire (PPM) succursale de Djicoroni Para de 1980 à 1987 accusé d'avoir détourné 7, 7 millions de F CFA au préjudice de son service employeur a préféré ne pas comparaître hier devant la Cour d'assises pour répondre des faits à lui reprochés. Il a été condamné par contumace à 5 ans d'emprisonnement et 500 000 F CFA d'amende. Au titre des dommages et intérêts, il a été condamné au paiement d'un million de F CFA à la PPM.

Apprenti chauffeur de son état, Boubacar Diarra a, lui aussi, été condamné hier par contumace pour usage de faux billet de banque dans une rôtisserie de la place. Après s'être évadé, il a été condamné à un an de prison et 200 000 F CFA d'amende.

M. D.

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MOHAMED LAMINE NDIAYE OXFAM-DAKAR

« L'article 24 de l'OMC nuit aux négociations »

Les pays de l'UE ont interprété en leur faveur l'article 24 de l'OMC en mettant l'accent sur le libre-échange. Cette vision a porté un coup préjudiciable aux négociations des APE avec les pays ACP. Nous avons pu nous entretenir avec Mohamed Lamine Ndiaye, directeur du programme juridique et économique de Oxfam International-Dakar. Il estime subjective la position de l'UE à ces négociations.

Les Echos : Quel est le contenu de l'article 24 de l'OMC ?

Mohamed Lamine Ndiaye : L'article 24 de l'OMCdéfinit la compatibilité des accords régionaux qui sont signés en dehors de l'Organisation mondiale du commerce (OMC). Cela veut dire que la préférence est accordée à toute organisation ou tout pays qui viendrait s'établir dans les marchés réciproques. C'est ce qu'on appelle la compatibilité. C'est cela qui crée la réciprocité que l'Union européenne demande dans le cadre des Accords de partenariat économique (APE). Le soubassement juridique se trouve dans l'article 24 de l'OMC.

Les Echos   : Pourquoi les pays ACP sont-ils inquiets ?

M. L. N. : Les inquiétudes des pays Afrique Caraïbes Pacifique (ACP), des organisations de la société civile (OSC) et des mouvements pour la forme actuelle des APE relèvent de l'interprétation subjective de cet article par l'UE. Il ne répond pas aux attentes des pays ACP. Quand on parle des échanges commerciaux, le pourcentage ne peut pas être défini à 90 % par l'UE. En sus, le délai raisonnable de dix ans valable pour d'autres pays doit pouvoir l'être pour les ACP. Nous estimons qu'un délai peut être accordé aux pays ACP au-delà de 25 ans ou même 50 ans. Pour  preuve, l'UE vient de  célébrer ses 50 ans de traité. Il est donc impératif  de revoir l'interprétation de cet article. Il s'agit tout simplement d'inclure l'aspect du traitement spécial et différentié. Cela garantit dans les textes de l'OMC les Accords de Cotonou. L'avantage est que Cotonou prend en compte les aspects liés au développement alors que les APE en négociation insistent sur le libre-échange. La réciprocité demandée ouvre la voie à une concurrence entre des pays riches et des pays pauvres que sont les Pays les moins avancés (PMA). Il est important de souligner que des pays souhaitent vivement la révision de l'article 24 de l'OMC qui renferme des clauses injustes.

Propos recueillis, à Accra, par

Amadou Sidibé (envoyé spécial)

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LUTTE CONTRE LES APE

Un combat à mort engagé par la société civile

Arrêt des négociations pour revoir les mandats, renforcement des capacités des acteurs de l'Afrique de l'Ouest, vulgarisation au niveau des parlementaires de la Cédéao des documents sur les négociations en cours sont, entre autres, décisions des producteurs de l'Afrique de l'Ouest sur les APE réunis à Accra le vendredi 29 juin dernier.

Les syndicats ouest-africains, les fédérations d'agriculteurs de l'Afrique de l'Ouest, le Réseau de la justice économique… sont désormais décidés à mettre un frein à ce qu'on appelle le diktat de l'Europe. Présentement, ce continent est en train d'exercer de lourdes pressions économiques et politiques sur les pays africains pour qu'ils signent les Accords de partenariat économique (APE).

Réunis à Accra le 29 juin 2007, ces mouvements ont exprimé leur ferme volonté de gagner le combat qu'ils mènent et cela en utilisant tous les moyens légaux. Cette précipitation, l'insistance mise dans les négociations des APE sur la libéralisation des échanges démontrent qu'ils ne visent qu'à élargir l'Europe aux marchés ACP plutôt qu'à assurer le développement des pays de cette entité géographique.

Selon Flodendji K. Assise de la Fédération des unions des producteurs du Bénin, les APE comme conçus vont mettre en danger le fragile processus d'intégration régionale et exposeront les producteurs des pays ACP à la concurrence déloyale de l'Europe sur les marchés internes et régionaux. « Ils auront pour résultats l'augmentation du chômage, la perte de moyens d'existence, l'insécurité alimentaire et l'inégalité sociale » .

Pour M. Assise, « ce n'est pas à l'UE de nous rédiger des documents. Nous devons nous aussi travailler au niveau des ACP et faire valoir nos propositions en les adaptant à nos réalités » . Réagissant à la date butoir du 31 décembre, il dira que puisque Cancun (Mexique) n'a pas été respecté, rien ne prouve que les APE ne connaîtront pas la même chose.

Pour Mademba Sock de l'Union nationale des syndicats du Sénégal, les APE doivent être replacés au cœur du développement de l'Afrique. « Faute de quoi les pays vont subir des pertes substantielles de revenus du fait de la suppression des droits de douane et continueront à souffrir des problèmes de fuites de capitaux associés à la libéralisation » , a précisé le syndicaliste.

De l'avis de M. Sock, « la Commission européenne a beau soutenir que les APE sont des instruments de développement, toutes les évaluations faites jusqu'à présent indiquent que le fardeau de l'ajustement aux APE sera exclusivement supporté par les pays ACP, y compris les PMA » .

Hauwa Moustapha représentante des producteurs du Nigeria, Kingsley Ofei NFansah Gawu et Teteh Hormthe du Ghana ont déploré la méconnaissance du contenu des APE par les parlementaires, les autorités, la société civile. Ce qui, selon eux, rend difficile le combat. Mais, ont-ils affirmé, l'espoir est permis pour faire avancer les APE.

Pour ce faire, il faut, ont-ils préconisé, redoubler d'efforts dans les actions de sensibilisation, expliquer aux populations le contenu des APE afin qu'elles comprennent mieux ce qui est en train de se passer. « La bataille ne fait que commencer. Chaque citoyen doit connaître les tenants et les aboutissants. Nous allons gagner, mais à condition que nous y croyons et que nous donnions la bonne information au peuple » , a affirmé M. Assise du Bénin.

Aux termes de la rencontre, il a été décidé l'arrêt des négociations pour revoir les mandats, les calendriers et renforcer les capacités de tous les acteurs de la région Afrique de l'Ouest.

Unanimement, les producteurs et syndicats et le Réseau de la justice économique rejettent ces « Accords de partenariat économique » tel qu'actuellement conçus. Ils ont conclu qu'il est extrêmement dangereux et suicidaire d'accélérer de façon artificielle le processus formel de négociation pour boucler à tout prix les négociations dans les prochains mois et permettre une mise œuvre à partir du 1er janvier 2008.

Pour donner le ton d'une offensive généralisée contre les APE, une marche de protestation a eu lieu après la rencontre. Elle appelait les gouvernements à considérer l'opinion de la société civile sur les APE.

Amadou Sidibé

( envoyé spécial à Accra)

 

Le Mali brille par son absence aux débats

Dans les différentes rencontres tenues à Accra presque tous les pays de l'Afrique de l'Ouest étaient représentés par des fédérations de producteurs ou par des syndicats. Mais, le Mali a brillé par son absence. Pourtant, disait Flodendji K. Assise de la Fédération des unions des producteurs du Bénin, le combat de la société civile contre les APE ne peut aboutir sans que toutes ses composantes soient bien informées. Au Mali, cet appel sera-t-il attendu ?

A.S

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ALTERNATIVE AU CHARBON DE BOIS

Les femmes de Faladié découvrent les briquettes combustibles

L'ONG Appui à la femme et à l'enfance pour un développement durable (Adufe) a organisé, vendredi dernier, à l'intention des ménagères de Faladié, une séance d'information et de démonstration des avantages des briquettes combustibles à base de poussiers de charbon.

Au Mali, il est connu que les ménages dépendent fortement des combustibles ligneux pour la satisfaction de leurs besoins en énergie. Ce qui contribue à dégrader notre écosystème sans assurer la restitution du prélèvement pour les générations futures.

C'est face à cette problématique que le Projet de production et de diffusion de briquettes combustibles et l'ONG Adufe, soutenus par l'Agence malienne pour le développement de l'énergie domestique et de l'électricité rurale (Amader), ont conçu les briquettes combustibles à base de poussiers de charbon.

Pour assurer la promotion de ce produit la présidente de Adufe Mme Dembélé Oulematou Sow et ses collaborateurs ont rencontré, vendredi, les femmes de Faladié pour des séances de démonstration. « Ces briquettes , a expliqué la présidente , sont des énergies nouvelles de substitution au bois-énergie et au charbon de bois. Elles sont de forme cubique, à odeur de sucre caramélisé, sans effet sur l'environnement et sur l'homme » .

Ces briquettes, a ajouté Oumar Assarki, sont adaptées à toutes les cuissons et offrent une opportunité à tous les utilisateurs du charbon de bois de contribuer à la préservation de l'environnement.

La présidente de l'Association des femmes de Faladié pour le développement et la paix sociale, Coulibaly Nantenin Coulibaly, a invité les femmes à s'approprier de ces briquettes. « Le sac de charbon est passé de 1000 F à 5000 F CFA avec son lot de déforestation massive. Ces briquettes qui sont vendues à 1000 F le sac sont très économiques » , a-t-elle dit.

A la fin de la cérémonie, les femmes ont dégusté des plats préparés avec des briquettes avant de lancer des commandes.

Sidiki Y. Dembélé

 

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