Les journées minières, ouvertes hier, sont un cadre de rencontre et d'échange pour tous les intervenants du secteur minier. Elles sont un moyen d'attirer les investisseurs privés et fournisseurs de services techniques et financiers.
Deuxième du genre après celles de mai 2005, elles visent à mettre à la disposition du monde scientifique, des investisseurs privés locaux et internationaux, les résultats des travaux de recherche géologique, minière et pétrolière (projet SYSMIN, BEI, titre minier et titre pétrolier).
Le lancement des journées a été présidé par le Premier ministre en présence du ministre des Mines, de l'Energie et de l'Eau, de la représentante de l'Union européenne au Mali et de plusieurs invités de marque.
Troisième producteur d'or en Afrique après l'Afrique du Sud et le Ghana, les statistiques indiquent une production totale d'or brut, pendant la période de 1985 à 2006 de 425,611 tonnes provenant des sept mines : Sadiola qui occupe la première place avec 162,424 tonnes, suivi de Morila-Yatela, Syama, Loulo, Kalana, Tabakoto.
La majorité de la production aurifère est assurée par les mines industrielles. L'or est quasiment la seule substance extraite de manière industrielle au Mali et depuis 1999, le premier produit d'exportation, mais il n'est, heureusement, pas la seule ressource disponible. Il y a le pétrole (dont les premières recherches sont encourageantes), la bauxite, le diamant, le fer, le phosphate…
Le secteur minier constitue un élément moteur de l'économie malienne en terme de production et d'exploitation. Son impact sur l'économie nationale est d'abord macro-économique à travers une amélioration de la balance commerciale et une augmentation du PNB. Sa part passe de 160 milliards à plus de 300 milliards en 2006.
Le Premier ministre a salué la tenue des journées qui, selon lui, sont une opportunité d'accélérer la croissance. « Nous avons besoin d'une croissance pour lutter contre la pauvreté. Il faut que les bénéfices tirés puissent profiter à l'ensemble du peuple malien » .
Pour le ministre des Mines, Hamed Diané Séméga, outre l'or, les ressources en minéraux industriels et matériaux de construction sont relativement abondantes au Mali et leur valorisation constitue une voie intéressante pour un plus grand soutien à l'économie nationale, à travers la création et la promotion de PME, notamment le développement de l'industrie du ciment, de la chaux, de la verrerie, de la céramique, des phosphates et des briques cuites.
Mais, a ajouté M. Séméga, malgré sa progression et son apport substantiel à l'économie nationale, force est de constater que le secteur minier présente des insuffisances réelles et des contraintes importantes pouvant entraver, d'une part, l'évolution future de l'industrie minière au Mali et, d'autre part, les ambitions d'en faire une véritable source de croissance économique et de bien-être pour les populations.
L'UE, a affirmé, son chef de la délégation, a mis à la disposition du Mali une subvention de 15 millions d'euros pour la réalisation d'un programme de recherche géologique et d'étude du secteur minier. Mme Irene Horejs a mis l'accent sur une diversification de l'exploitation minière et son exploitation rationnelle et durable pour le bien-être de la population. Elle a également rappelé la nécessité de consolider les aspects environnementaux de l'exploitation minière.
La visite des stands par le chef du gouvernement a mis fin à la cérémonie.
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IMPOSTURE ET INCOMPETENCE
Ce qui se passe au Mali d'ATT est ahurissant
« Le pouvoir apparaît comme un vaste réseau de complicités, de vénalités et de trafics, dans lequel coexistent des cellules sociales les plus variées : financiers et hommes de mains ; fonctionnaires et proxénètes ; parlementaires et policiers. Quand une nation permet ces osmoses, elle est en danger de mort », ainsi parlait de Gaulle à André Malraux. Le Mali est déjà sur répondeur. Ne le portez pas à la morgue !
Entre imposture et incompétence de l'administration, la frontière est devenue si ténue que le peuple, avec dédain, regarde ses dirigeants.
Quinze ans à peine après avoir scandé haut et fort son mépris pour l'aliénante pensée unique du parti unique, voici les ténors de cette saga qui devait conduire aux folles journées de janvier et mars 1991 qui verront le dictateur tomber, sans que personne ne le leur ait demandé, se lever et se livrer entièrement et totalement, avec armes et bagages, à un homme sans parti, sans programme et sans perspective de gouvernement.
Un homme qui se complait à dire « je ne force personne à me suivre » . Si ce n'est pas le parjure, on n'en est pas loin. Et comme le ridicule ne tue plus, cocus et cocufiés s'invitent. Que personne ne jette la poudre aux yeux des Maliens : la science politique, nous apprend qu'il existe bien des coalitions. Certains doctrinaires pensent même qu'elles procèdent à l'appauvrissement du débat politique.
L'homme ATT tant courtisé n'est issu de rien, objectivement. Il est de l'armée, qui, par essence, est apolitique. Le grossier mensonge de Dioncounda, affirmant que le général ATT est un militant de première heure de l'Adéma chose que l'intéressé ne dément pas pose des questions. Est-il celui qui a donné l'ordre de tirer ? Au regard du pamphlet de bas étage de Yèrèdon accusant Soumeylou Boubeye Maïga, ATT avait les moyens de doter le mouvement démocratique de moyens opérationnels durant les journées chaudes de mars 1991.
Serait-il celui qui a donné l'ordre de tirer pour ensuite hâter la chute du général dictateur ? On se souvient qu'au beau milieu du procès crime de sang, Drissa Traoré du BEC a déclaré un soir, je sais qui a donné l'ordre de tirer, car ATT me l'a dit. Le président de la Cour ne lui a pas donné le temps de décliner l'identité du donneur d'ordre.
Les propos de Dioncounda 15 ans plus tard (affirmant que ATT est un militant de première heure de l'Adéma) ne sont-ils pas un aveu, surtout que GMT a toujours parlé d'officiers félons ? C'est dire, qu'on est en pleine manipulation de l'opinion. Le mouvement démocratique n'a jamais tiré, ATT à la réalité n'a jamais fait partie du mouvement démocratique. Il est ce qu'il a toujours été, un pion de la réaction. Je me fais fort de le leur rappeler.
Un parti politique est une organisation qui a fondamentalement pour but de promouvoir et de mettre en œuvre un projet politique. Un parti se destine forcément à la conquête du pouvoir. Les partis se différencient donc des mouvements politiques, comme les syndicats, les groupes de pression ou d'autres mouvements par leur vocation à gouverner ou à mettre en œuvre directement leur projet.
Une autre différence réside dans le fait qu'un parti politique représente un projet global de société. Au contraire, les mouvements politiques sont destinés à résoudre une problématique ciblée. Les mouvements politiques, en général, exercent une fonction d'influence et d'expertise auprès des partis politiques.
C'est dire que l'effacement des partis devant un mouvement, la prétendue association apolitique politique qu'est le « Mouvement citoyen » où se côtoient les « alimentaires » de tous bords, est une grave dérive politique et accentue la certitude que la démocratie a encore du chemin à faire au Mali.
En effet, dans les démocraties modernes, les partis politiques ont un rôle politique très important. Le principe est de permettre à des individus partageant des objectifs similaires de s'allier pour promouvoir un programme commun. Dans certains systèmes de votes proportionnels, les partis (et parfois des coalitions de partis) peuvent également jouer un rôle fonctionnel. Ils tendent aussi à appauvrir le débat démocratique en le polarisant par la création de vastes coalitions. Ces coalitions entraînent le regroupement en bloc artificiel de problématiques diverses. Par exemple un même parti défendra une doctrine en politique internationale et une autre en matière d'éducation, ce qui conduira à associer artificiellement les deux doctrines alors qu'il pouvait s'agir de problématiques suffisamment indépendantes pour permettre d'étudier toutes les alternatives.
Il faut bien apprécier cette réflexion, qui fait l'apologie de regroupements de partis et non de coalition hétéroclite d'opportunistes de tout acabit, plus aptes à marchander des ralliements pour le ventre que pour la raison. Sinon, quel lien entre le Miria, l'Adéma et l'URD ; entre Le MPR, le Cnid, l'US-RDA et les autres, surtout quand on sait que Choguel revendique l'héritage de l'UDPM, bourreau de Modibo Kéita, de Cabral, de Tiocary ?
Ce qui se passe aujourd'hui me rappelle ces mots que de Gaulle a adressés à André Malraux, son ministre de la Culture : « Le pouvoir apparaît comme un vaste réseau de complicités, de vénalités et de trafics, dans lequel coexistent des cellules sociales les plus variées : financiers et hommes de mains ; fonctionnaires et proxénètes ; parlementaires et policiers. Quand une nation permet ces osmoses, elle est en danger de mort » .
Unique parti
Le Mali est déjà sur répondeur. Ne le portez pas à la morgue ! Il est lamentable de voir cette classe politique pétrifiée à l'idée d'aller à l'opposition. Ce mot résonne si mal, que le ministre du Développement social, dont l'incompétence est proverbiale, a eu l'outrecuidance de dire que le RPM est mauvais, parce qu'il est de l'opposition. Ceci est encore symptomatique de la médiocrité qui sévit au sommet de l'Etat. Ce monsieur est un cacique du Mouvement citoyen, la nébuleuse qui gère le régime ATT.
Qu'ATT constitue un gouvernement de technocrates en excluant ces petits messieurs, et il aura une opposition, non pas d'idée, mais alimentaires. Du fait de cette impasse de la signature de l'accord des 14 partis, le Mali replonge dans le monopartisme.
De la définition du monopartisme, on retient que c'est une situation où un seul parti exerce le pouvoir effectif. Il se caractérise par l'absence d'alternative politique. Cet état de fait peut recouvrir des situations très différentes. Dans ce cas, les privilèges indus, les faveurs et pratiques déloyales vont aux seuls partis, ceux du gouvernement. On peut parfois tolérer la présence de partis minoritaires si ceux-ci acceptent la prédominance du parti gouvernant. Il arrive également que les partis d'opposition soient officiellement autorisés, mais que le parti dominant parvienne à se maintenir au pouvoir par la corruption, le clientélisme ou la fraude électorale. Ces pays sont généralement accusés d'utiliser des pratiques qui ne respectent pas les droits de l'Homme, notamment à l'égard des opposants politiques.
Il arrive qu'un parti défende un programme suffisamment consensuel pour être accepté par une partie de la classe politique. Les porte-drapeaux de ce programme sont en général d'une compétence technique avérée. Ils sont d'une intégrité confirmée. Le peuple se reconnaît en eux. Au Mali, rares sont les ténors du mouvement citoyen qui peuvent se targuer de telles qualités. De toutes les évidences, sous les cinq ans d'ATT, la médiocrité et l'irresponsabilité ont envahi toute l'administration publique.
Quand tout un cycle universitaire (environ 40 mois) ne dépasse pas 9 mois et qu'on se gonfle la poitrine pour parler d'une école apaisée, il y a ou malhonnêteté intellectuelle ou ignorance. Politiquement, dans les deux cas, c'est une faute. La logique a toujours voulu que ce soit à l'issue d'élection, que les partis après s'être mesurés décident de former des gouvernements. Ils sont alors obligés de passer des accords pour former un gouvernement de coalition.
L'inféodation des partis à l'Homme fort du Mali étant purement lucrative, le prochain président devra pour sa propre sécurité, prendre les mesures législatives suivantes, quant au financement politique : le contribuable malien ne doit pas servir de porte-monnaie à des hommes sans foi et sans loi ; les manquements aux principes comptables devront être sanctionnés pénalement ; les dons privés sévèrement réglementés afin de limiter l'influence des grandes sociétés sur les élus ; le montant du financement public doit varier en fonction des derniers résultats électoraux ; le financement public se fera en deux étapes :
1. Il est accordé aux partis ayant présenté des candidats dans au moins 3/4 des circonscriptions et dont le nombre de voix obtenus aux législatives est significatif, pour éviter des candidatures farfelues
2. Il ne sera accordé qu'aux partis représentés à l'Assemblée nationale, donc en fonction du nombre des élus.
Le financement privé doit être drastiquement contrôlé :
• Plafonnement des dons (différent selon que le donateur est une personne physique ou morale)
• Interdiction des dons des Etats étrangers
• Recours systématique aux chèques au-delà de 50 000 F CFA
La débauche d'argent en 2002, où un candidat s'est targué de faire la campagne à l'américaine dans un pays qui figure à l'avant-dernier rang du classement du Pnud, est bien un paradoxe malien. Il faudra plafonner les dépenses et que les sources soient rendues publiques.
Seront concernées toutes les élections : présidentielle, législatives et municipales
Juste après les élections, sur l'honneur, les candidats aux élections présidentielle et législatives devront faire une déclaration de situation patrimoniale. Les premiers devant la Cour suprême et les seconds devant les cours d'appel. Un arrêt de conformité sera rendu par la juridiction, qui devra après des enquêtes, confirmer la déclaration, auquel cas, l'élu est digne de confiance, infirmer, auquel cas, pour fausse déclaration, il perdra et son poste et sa liberté. Nul ne doit se moquer impunément du peuple.
Les membres du gouvernement et les présidents des assemblées régionales, les maires de communes de plus de 5000 habitants devront faire une déclaration de patrimoine adressée pour les premiers à la Cour suprême et les autres devant le tribunal de première instance ou la justice de paix à compétence étendue.
Les décisions des juridictions seront publiées au journal officiel. Tout cela ne saurait avoir de suite, si les juges maliens ne chaussent les étriers de l'honneur et de la dignité.
Docteur Panghalê
[haut]
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LE RPM A LA PRESIDENTIELLE
Investiture dimanche d'IBK
Le congrès ordinaire du Rassemblement pour le Mali (RPM) tant attendu par ses militants se tiendra le dimanche 28 janvier. Ce congrès procédera à la relecture des textes du parti. Mais la résolution majeure qui sortira de ce congrès concernera l'investiture d'Ibrahim Boubacar Kéita, président du parti et président de l'Assemblée nationale, comme candidat à la présidentielle d'avril 2007.
Déjà au cours du meeting du parti tenu le 9 décembre 2006 au stade Omnisports Modibo Kéita, Ibrahim Boubacar Kéita avait promis à ses militants et sympathisants d'être « leur homme » au moment venu. IBK, qui avait déclaré avoir du chagrin et de la pitié pour les signataires de la plate-forme ADP, s'était résolument engagé à n'accepter aucune compromission avec le pouvoir.
Samedi, les jeunes et les femmes tiendront leur congrès. Pour ces deux structures, il s'agira de resserrer les rangs autour de la direction du parti, mais surtout de définir leurs stratégies de conquête du pouvoir. Ainsi au terme des travaux, les femmes du RPM devait lancer l'opération « Trois millions de filles et de femmes pour IBK » .
D. K.
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FALADIE-SEMA
Le lesbianisme dans tous ses états
Le « marché homosexuel » malien, qui en était à ses balbutiements à cause des contraintes sociales, tend de plus en plus à s'affirmer. En témoigne la scène de viol perpétrée, la semaine dernière à Faladié-Séma. Trois lesbiennes ou « gouines » ont de force assouvi leur libido sur une jeune dame.
Ceux qui ont été témoins de la scène n'en revenaient pas. Trois femmes débarquent d'un taxi, aux environs de 22 h, avec une autre, complètement éméchée. Elles pénètrent dans une chambre. Et, une demi-heure après, des cris d'orfraie réveillent tous les occupants de l'immeuble dans lequel elles se trouvent.
Les plus curieux foncent dans la chambre et découvrent, ébahis, une très belle femme, toute nue qui ne cessait de crier : « Elles m'ont humiliée, ma vie est foutue. Que vais-je devenir ? » . C'est, en fait, la femme qui avait été enlevée et « saoulée » par les trois lesbiennes. Deux d'entre elles s'étaient déjà sauvées quand la pauvre a repris conscience. La troisième, propriétaire des lieux et connue depuis pour sa « lesbianisme », a été conduite au commissariat du 10e arrondissement par des éléments qui avaient été alertés. Deux jours, plus tard, elle a été relâchée, à la surprise de ses co-locataires.
Voilà qui remet sur le tapis la « douloureuse » question de l'homosexualité à Bamako. « Un phénomène de société » , dira le sociologue Facoh Donki Diarra, pour qui, l'homosexualité est une vraie connerie. « Si l'on admet que l'hétérosexualité est dans la nature de l'être humain, le lesbianisme n'a pas sa raison d'être » , dit-il avant de poursuivre, « le phénomène est propre aux gens aisés. Il se développe surtout dans les milieux aisés. C'est un peu le style de vie des gens qui n'ont plus de loisir. Il est très rare de voir des homo dans les milieux pauvres » , commente-t-il.
Selon lui, le phénomène est arrivé chez nous à la suite du contact avec l'Occident, notamment avec l'arrivée des colons qui entretenaient leurs boys. En France, la pratique a vu le jour à la fin du 19e siècle et s'est développée au fur et à mesure que les femmes avaient un niveau d'instruction élevé. De grandes intellectuelles comme Marguerite Yourcenar, première femme élue à l'Académie française, Simone de Beauvoir, Françoise Gaspard, Patria Jimenez, Colette ou la sportive Amélie Mauresmo ont été ou sont des lesbiennes notoires. Ces femmes ont voulu mettre fin à la domination des hommes. Mais, cela n'a pas fait école.
Opinions diverses
Quoi qu'il en soit, nombreux sont les Maliens qui ont du mal à épouser ce fléau de trop. « Je suis déçue de la façon dont notre société est en train de se développer. On n'est pas blanc ni rien, mais on essaye de faire tout ce qu'ils font. Je suis allée en vacances au Mali cette année et j'ai été surprise de voir des filles maliennes s'embrasser sans honte au Biblos. Ayons un peu de dignité ! Notre religion ne nous permet vraiment pas de faire des choses comme ça. Je connais une Malienne qui était mariée, mais elle a divorcé pour aller vivre avec sa copine Américaine. C'est vraiment regrettable pour notre société » , déplore Aminata, une étudiante malienne à Dakar.
Contrairement à elle, Moussa Touré, un jeune enseignant pense qu'il faut le prendre avec philosophie, c'est-à-dire accepter l'autre avec toute sa différence. « J'ai plusieurs fois été témoin de ce genre de situations, des filles qui s'embrassent en boite, des garçons qui se draguent. J'ai essayé de comprendre ce qui les pousse à agir de la sorte. A mon avis, ce n'est pas pour faire comme les Blancs. Peut-être il peut y avoir des cas comme ça mais je pense qu'avant tout, ce sont des gens qui se sont découverts un côté qu'ils ignoraient. On ne peut pas changer ce qu'on est, on peut le cacher, mais tôt ou tard on finit par craquer. Je pense qu'on n'a pas à les juger, à chacun sa vie. Si une femme est bien avec une autre, qu'elles fassent leur vie. Il en est de même pour des hommes qui s'aiment. Que direz-vous d'un père qui couche avec sa fille ou un oncle qui enceinte sa nièce ? Car je trouve que ces faits sont immoraux et plus ignobles que les filles qui s'embrassent ».
Il faut toutefois reconnaître que si l'homosexualité n'a pas de conséquences sur la démographie, elle peut causer de graves entorses aux règles de la morale.
Sidiki Y. Dembélé
Encadré
Controverses
La sexualité des lesbiennes a fait naître des controverses au sein même de la communauté lesbienne. Pour les lesbiennes dites « politiques », la sexualité des femmes homosexuelles est l'occasion d'échapper à l'analogie avec la sexualité hétérosexuelle et le rapport pénétrant/pénétré (comme dans le cas des couples hétérosexuels ou d'hommes homosexuels), pour construire une sexualité « symétrique ». Dans ce cas, les rapports sexuels entre femmes sont majoritairement composés de caresses (avec les mains ou la bouche), souvent de masturbation .
D'autres lesbiennes considèrent que la pénétration fait partie du plaisir sexuel, que considérer la sexualité avec pénétration comme forcément « asymétrique » revient à faire le jeu de l'idéologie machiste selon laquelle les femmes sont toujours dominées par les hommes dans la sexualité. Dans ce cas, les couples lesbiens optent également pour la pénétration à l'aide de jouets sexuels , voire de harnais godemichés .
S. Y. D.
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DECES DE L'ABBE PIERRE
La charité humaine perd une icône
Dans le cœur des Français, il avait une place de choix aux côtés de Zinédine Zidane. L'abbé Pierre était en effet la personnalité préférée de ses compatriotes après le célèbre footballeur. Ce qui se comprend aisément car le fondateur des compagnons d'Emmaüs a incarné, toute sa vie, l'humanisme dans sa signification divine et humaine. Son décès prive les démunis du dernier refuge qu'ils avaient en France.
« La mort est une impatience. C'est la sortie de l'ombre. J'en ai envie. Toute ma vie, j'ai souhaité mourir » , disait le prêtre chiffonnier au soir de sa vie. Résistant et ancien député, l'abbé Pierre est décédé lundi dernier à l'âge de 94 ans à l'hôpital parisien du Val-de-Grâce où il était hospitalisé depuis une semaine. Un décès qui a bouleversé la France et qui laisse des milliers de sans-abri orphelins en plein hiver.
L'hommage unanime qui lui est rendu à travers le monde témoigne de la valeur de l'homme que l'humanité vient de perdre. L'abbé Pierre, de son nom Henri Grouès, avait fondé la première communauté Emmaüs en 1949. En février 1954, il lança un appel resté célèbre sur les ondes de Radio-Luxembourg en faveur des sans-abri.
La mort l'a arraché aux millions de bénéficiaires de sa générosité, de son humanisme. Mais, les œuvres issues de son engagement humain seront toujours là pour rappeler qu'il est de la race des immortels. En effet, l'abbé Pierre fut pendant un demi-siècle l'infatigable avocat des démunis, des sans-toits et des sans-droits. Un sacerdoce qui lui valut le soutien et l'admiration constants des Français et de nombreux sympathisants à travers le monde entier.
Le curé des pauvres restera dans le souvenir de ses contemporains, de l'humanité tout entière, cette frêle silhouette drapée dans sa soutane ou son long manteau noir, portant béret, canne et godillots. Le visage émacié à la barbe grise, il frappait par son regard brûlant, son espièglerie et sa véhémence convaincante. Mystique, il choisit dès l'enfance son destin et son combat : la lutte contre la pauvreté. A 18 ans, il distribue son patrimoine hérité d'un père « soyeux » lyonnais à des œuvres charitables et rejoint les Capucins, le plus pauvre des ordres mendiants.
Résistant actif sous l'occupation, où il adopte son pseudonyme Pierre, il a aidé de nombreux juifs à rejoindre la Suisse afin d'échapper à leurs bourreaux. A la Libération, l'homme d'église se lance dans la politique et est élu député chrétien-démocrate (MRP) de Meurthe-et-Moselle. Il le resta jusqu'à sa démission en 1951. Il consacrait ses indemnités parlementaires au financement des premières cités d'urgence.
En 1949, il a l'idée de génie de créer la communauté Emmaüs fondée sur le principe de demander aux exclus de pourvoir eux-mêmes à leurs besoins en récoltant les surplus des nantis, rompant ainsi avec la charité traditionnelle. Hiver 1954 : Une femme meurt de froid dans la rue. L'abbé lance un appel pathétique en faveur des sans-abri sur les ondes de Radio-Luxembourg qui suscite un gigantesque élan de solidarité. Le religieux comprend alors le poids des médias.
Sa vie n'est que fidélité à son action contre « le chancre de la pauvreté » et à sa méthode, les « coups de gueule » par voie de presse. « Les médias existent, il serait idiot de ne pas les utiliser » , dit-il un jour avec candeur. Il aurait pu tenir le même raisonnement à propos des hommes politiques, qu'il bousculait, de quelque bord qu'ils soient, refusant toute récupération de son mouvement.
Revenu sur le devant la scène dans les années 1980, il soutient Coluche et ses « Restaurants du cœur » car, pour lui « avoir faim à Paris est intolérable » . En 1994, 40 ans après son premier cri pour les sans-logis, l'abbé lance un nouvel appel, dirigeant sa colère non plus sur l'Etat, mais sur les maires des grandes villes, coupables d'impéritie en matière de logement des plus démunis. Tenace, il recommence en 2004. Toujours « sur le terrain » , l'abbé soutient les occupations d'immeubles vides par les militants de l'association Droit au logement (Dal) ou par les Africains expulsés de l'église Saint-Bernard à Paris en 1996.
Promu Grand officier de la Légion d'honneur en 1992, il repousse cette distinction avec fracas (il ne l'acceptera qu'en 2001) pour protester contre le refus du gouvernement d'attribuer des logements vides aux sans-logis. Un coup d'éclat qui contribua plus tard à faire appliquer la loi de réquisition. Aucune souffrance ne le laissait indifférent, il écrit au président Mitterrand en 1993 pour réclamer une intervention militaire en Bosnie-Herzégovine où, dit-il, « les limites du crime sont dépassées » .
L'abbé Pierre ressentait la détresse humaine au plus profond de lui-même. Ce qui faisait de lui un spécimen précieux d'une classe d'hommes en voie de disparition : ceux qui sont capables d'aimer leur prochain et de lui manifester leur solidarité et leur générosité sans aucune considération politique ou religieuse. Pour lui, la misère n'avait ni visage, ni couleur, ni nationalité parce qu'un homme reste un homme, qu'il soit Français de souche ou immigré.
D'ailleurs, les Africains ont été l'un des principaux bénéficiaires de son combat contre la pauvreté, la précarité du logement et l'injustice. Son fabuleux héritage résistera-t-il longtemps à l'individualisme, à l'intolérance, au chauvinisme… qui ne cessent de gagner du terrain en France comme partout dans le monde ? On pourra en tout cas tout reprocher à l'abbé Pierre sauf qu'il ne s'est pas acquitté de son devoir à l'égard de son prochain.
Moussa Bolly