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2007

Mois de janvier

Les Echos du 23 janvier 2007

MUTATIONS A LA PRISON CENTRALE

Des surveillants de la MCA crient à l'arbitraire

La décision du ministre de la Justice de muter certains surveillants de prisons de la Maison centrale d'arrêt (MCA) et de laisser d'autres indemnes tout aussi coupables après l'évasion de détenus a été jugée discriminatoire dans le milieu pénitencier. Les victimes, qui crient à l'injustice menacent, d'en référer au Syntade.

Jeudi 18 janvier 2007, la nouvelle est tombée tel un couperet sur la tête de surveillants de prison. Le ministre de la Justice, Me Fanta Sylla, par une décision datée de ce jour a muté des agents qui étaient de garde le 29 décembre 2006, jour où six détenus dont trois condamnés à mort ont pris la clef des champs. Sur les 30 agents, le ministre a muté 25 agents et ignoré les cinq autres.

Or, accusent les « martyrs » , les 5 agents « favorisés » font partie de l'équipe de garde du 29 décembre. Ce qui, à leurs yeux, est discriminatoire. « Nous ne sommes pas contre la mutation qui est d'ailleurs un des principes de l'administration. Mais là où le bât blesse, c'est que le ministre a fait du favoritisme   » , proteste un responsable d'un groupe de surveillants très remonté contre Fanta Sylla.

Pis encore : ceux qui se sont défendus corps et âme et qui ont été sérieusement blessés par les fugitifs font partie des mutés. « S'il devait y avoir favoritisme, ça devait profiter aux blessés qui ont reçu du piment dans les yeux et qui ont été battus avec des barres de fer » . Les surveillants mutés affirment que le ministre, au lieu de signer une telle décision devait chercher à voir clair dans cette affaire. « Un responsable avant de trancher, doit chercher à savoir qui a fait quoi » , s'indignent-ils.

Au ministère de la Justice, on ne prête aucune oreille attentive aux complaintes des « rebelles » . Le seul commentaire fait, c'est qu'on ne demande pas à un agent s'il désire être muté ou pas. «  On le fait souverainement sans sentiment   » , affirme un interlocuteur. A ses dires, les surveillants mutés ne sont pas les seuls. « Il y a plus d'une vingtaine autres qui sont concernés par la décision » .

Des agents s'apprêtent dans un premier temps à saisir leur syndicat (le Syntade) afin qu'il intervienne auprès des responsables de la Justice pour qu'ils reviennent sur leurs décisions ou, à défaut, muter aussi ceux qui ont été délibérément ignorés par la mesure. Si la médiation du Syndicat échoue, les agents affirment qu'ils vont attaquer la décision du ministre devant les tribunaux…

Avant la mutation, certains avaient accusé aussi la direction de l'administration pénitentiaire et de l'éducation surveillée de fouler au pied le principe de suspension. «   Aucune décision écrite par une autorité que ce soit ne nous est parvenue   » .

Le 29 décembre 2006 au moment où des surveillants de prisons étaient partie à la prière du vendredi, 6 prisonniers dont 3 condamnés à mort ont réussi à prendre la poudre d'escampette. Ils se sont servis de poudre de piment et de barre de fer pour assommer des agents qui ont tenté de déjouer leur coup. Le ministère de la Justice considère l'absence momentanée des agents comme une désertion de postes.

Amadou Sidibé

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GREVE ILLIMITEE DU SNESUP

Le Snesup retire sa confiance au ministre de l'Education

La rencontre du Premier ministre, hier, avec l'équipe de négociation du comité exécutif national du Syndicat national de l'enseignement supérieur ( Snesup ) s'est soldée par la « simple promesse » du PM de s'impliquer dans la résolution rapide de la crise. La réponse du Snesup ne s'est pas fait attendre : la grève continue !

C'est lundi dernier, soit près de deux mois après le déclenchement de sa grève illimitée, que le Syndicat national de l'enseignement supérieur ( Snesup ) a été reçu par le Premier ministre Ousmane Issoufi Maiga . La rencontre, dit-on, a accouché d'une souris, car, sans prendre d'engagements, le PM s'est contenté d'une simple promesse de s'impliquer rapidement dans la résolution de la crise.

« Après avoir reçu des informations complémentaires relatives aux revendications, le PM a promis de contacter la commission de bons offices qui est la commission de négociation, pour faire avancer les négociations » , a expliqué le comité de négociation (composé du secrétaire général Abdou Mallé , Djibonding Dembélé, Moussa Tamboura et Yaya Koné) que nous avons rencontré hier à la Fast .

« La grève continue. Notre base n'entend pas retourner en classe sans satisfaction » , a laissé entendre le SG Abdou Mallé . Cette position s'explique, selon son collègue Yaya Koné secrétaire aux revendications, par le non respect des accords déjà signés avec les autorités. « Nous en et les décrets dont nous avons besoin. Nous sommes au regret de constater que tant que nous sommes en classe, on ne s'occupe pas de nous. Si nous rentrons travailler sans la satisfaction de ces doléances, nous serons obligés de provoquer une autre grève en 2008 pour les mêmes revendications » , a-t-il ajouté.

Désaccord total

Le comité de négociation du Snesup ne décolère pas contre le ministre de l'Education nationale qui « fuit » ses responsabilités. « Nous avons perdu toute confiance au ministre de l'Education nationale qui n'a jamais honoré ses engagements. Il a refusé de nous rencontrer malgré les deux demandes d'audience que nous avions déposées auprès de lui » , a déploré le secrétaire administratif Djibonding Dembélé.

Les doléances du Snesup sont relatives à l'octroi des indemnités aux enseignants du supérieur, l'annulation totale des résultats des examens organisés par l'administrateur provisoire de la FSJP après le départ en vacances des enseignants et l'organisation de nouveaux examens dans le strict respect de la déontologie de l'enseignement.

Sur ce point, Djibonding explique son rejet par le fait que, « ces examens sont anti-pédagogiques, frauduleux. Les sujets ont été choisis par d'autres personnes. La surveillance a été assurée par le personnel administratif et technique, des chômeurs, des anciens étudiants de la FSJP . Les étudiants se sont livrés à cœur joie à toutes sortes de fraudes. C'est pourquoi nous rejetons ces examens » .

Selon lui, « ceux qui ont pris sur eux la responsabilité d'organiser ces examens après le départ le 15 juillet 2006 des enseignants en vacances sur décision du Conseil de l'université, sont entièrement comptables de tout ce qui adviendra. Nous avons dégagé notre responsabilité en mettant l'administration, le ministère et le rectorat en garde contre l'organisation de ces examens. Ils ont, de commun accord, tout fait pour créer une crise. Il leur appartiendra de la gérer maintenant » , dira-t-il.

Le dernier point porte sur la satisfaction totale des points d'accords conclus dans le procès-verbal de la conciliation Snesup-gouvernement en date du 18 juillet 2006. Suite à ces accords, le Snesup avait suspendu son mot d'ordre du 18 au 25 juillet dernier. Mais, c'était sans compter avec la « mauvaise volonté » du gouvernement qui n'a jamais respecté ses engagements. D'où la détermination du comité de négociation à aller jusqu'au bout.

Sidiki Y. Dembélé

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CONSEIL PRESIDENTIEL POUR L'INVESTISSEMENT

Une Loi d'orientation du secteur privé en gestation

Le Conseil présidentiel pour l'investissement (CPI) a tenu hier à Koulouba, sous la présidence du président de la République, sa 4e session. Les travaux ont essentiellement porté sur le bilan de la précédente session avec une recommandation majeure relative à la création d'une Loi d'orientation du secteur privé.

Le développement des investissements : tel est l'objectif du CPI créé par le président de la République et qui est chargé de l'assister dans la réflexion et la formulation de recommandations sur les questions de développement et d'investissements dans notre pays.

La session d'hier, présidée par le chef de l'Etat, qui avait à ses côtés le Premier ministre et des membres du gouvernement avait pour tâche prioritaire d'examiner l'état de mise en œuvre des recommandations de la session de 2007 afin d'en tirer les leçons.

De prime abord, avant que les membres du CPI, composés des représentants de la Banque mondiale, du Fonds monétaire international, des privés locaux et étrangers, n'élaborent leurs recommandations, ATT a donné un avant-goût de celles-ci. Le chef de l'Etat a parlé de la création d'une Loi d'orientation du secteur privé à l'image de la Loi d'orientation agricole (LOA). Tout comme la LOA, la Loi d'orientation du secteur privé promet de booster l'économie nationale dans toute sa composante avec comme moteur le secteur privé.

Aux dires d'ATT, « les prémices de pôles de croissance économiques existent déjà avec de fortes potentialités à développer » . L'objectif, selon lui, vise à développer prioritairement la zone de l'Office du Niger pour une agro-industrie performante, la zone de Kéniéba avec la route de l'or et l'énergie de l'or, la zone aéroportuaire avec le nouveau terminal et la zone industrielle et le produit touristique malien.

Bond de 11 places

En terme de bilan du CPI, l'état d'exécution des recommandations laisse apparaître des progrès. Le chef de l'Etat a noté un bond en avant de 11 places, constaté par les experts de la Banque mondiale dans leurs études « Doing Business in Mali » (Faire des affaires au Mali).

M. Ba chargé des questions de secteur privé à la Banque mondiale, a indiqué pour sa part, au cours du point de presse organisé juste après les travaux, que « le CPI constitue un espace de dialogue autour du chef de l'Etat » . Son constat est qu'il y a eu pas mal d'investisseurs ces deux dernières années dans les domaines agricoles, touristiques et du transport aérien. « Le CPI n'est pas un forum d'investissements immédiats, mais il crée des conditions pour cela » , a-t-il déclaré.

Dans le domaine financier, deux banques supplémentaires ont été créées en 2006 dans notre pays, a déclaré Ousmane Thiam de la Promotion de l'investissement et des Petites et moyennes entreprises. Il a donné la primeur de l'information sur la signature ce matin, par le ministre de l'Economie et des Finances, de l'agrément d'une nouvelle banque. Toujours dans le domaine bancaire, il s'est félicité de la multiplication des guichets de banques qui atteignent aujourd'hui le chiffre de 100 guichets sur toute l'étendue du territoire national.

Le chef de l'Etat a aussi insisté sur le volet communication en vue de rendre visibles et lisibles les actions du CPI. C'est pourquoi, les travaux ont été immédiatement sanctionnés par un point de presse.

Abdrahamane Dicko

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BAR-RESTAURANTS ET ESPACES CULTURELS

Des nids de la prostitution clandestine

Quel est l'investissement le plus judicieux aujourd'hui à Bamako ? Beaucoup vont passer à côté parce qu'il s'agit des "bars-restaurants" qui poussent comme des champignons dans la capitale malienne et dans les grandes villes de l'intérieur. La particularité de ces lieux : contrairement à leur dénomination, le menu est très limité. Ils ne sont ouverts qu'aux consommateurs d'alcool et de... sexe ! Notre reporter y a fait un tour.

« Les bars-restaurants : C'est ce qui marche le plus à Bamako maintenant » , affirme une jeune opératrice économique. Difficile de soutenir le contraire si l'on se donne le temps de faire un tour dans le district. En 2000, on ne dénombrait pas moins 200 espaces de ce nom uniquement dans la capitale. Aujourd'hui, ce chiffre a certainement doublé. Nombre d'honnêtes gens tombent dans le piège de l'appellation. Nous en avons fait l'amère expérience.

Un soir, nous choisissons de sortir pour découvrir Bamako by night et décompresser un peu. Fatigué par la promenade vespérale, nous nous rendons finalement dans un bar-restaurant à Magnambougou afin de déguster un plat et reprendre des forces pour le reste de la nuit. A notre arrivée, quelques filles presque nues sont attablées dans le jardin désespérément vide. Elles viennent certainement d'arriver et attendent qu'on leur serve. Erreur de jugement !

Mais, apparemment, notre arrivée n'est pas passée inaperçue. Certaines ont tout de suite trouvé un prétexte pour se déhancher sous nos yeux ; histoire d'attirer notre attention. Quand la barmaid se présente, nous lui demandons le menu. Elle est embarrassée visiblement. Néanmoins, elle nous apporte une carte des alcools et apéritifs. Et lorsque nous lui demandons leur spécialité, elle nous répond que le restaurant est déjà fermé.

Seul le bar est donc ouvert. Cela nous a paru curieux parce qu'il n'est que 22 h. Il est surprenant qu'un restaurant ferme à cette heure de la nuit, un week-end de surcroît. La curiosité nous pousse à rester et à demander un jus qu'on a mis un temps fou à nous servir parce qu'il fallait certainement l'acheter ailleurs.

Il nous a suffi de peu de temps pour comprendre en réalité ce qui se passe dans ce bar-restaurant. Il y a un flux important. Mais, aucun arrivant ne s'assoit à une table. Ils empruntent tous un long couloir après avoir murmuré quelques mots à l'oreille d'un jeune homme apparemment habitué à ce genre de confidence. Et au fur et à mesure que les clients entrent, le nombre des filles diminue à la table. Elles s'éclipsent discrètement pour emprunter le même couloir.

Un discret bordel

Le bar n'est en fait que la partie visible de l'investissement. Derrière, nous avons découvert au moins une dizaine de chambres et il n'y a aucun doute sur l'usage que le propriétaire en fait : des chambres de passe. Un discret bordel ! Certains y viennent avec leurs maîtresses. D'autres se contentent de puiser dans le parc de prostituées qui y a élu domicile. Mais là où le bât blesse, c'est que la plupart de ces filles de joies sont visiblement des mineures. Une descente de la Brigade des mœurs confirme cette crainte. En effet, elle y retrouve de nombreuses adolescentes.

Presque tous les bar-restaurants se livrent à ce genre d'activités illicites. « Tu es naïf ! Tout le monde sait qu'on ne trouve dans ces bar-restaurants que l'alcool et le sexe. Ce sont aujourd'hui des hauts lieux de la débauche où jeunes filles et femmes mariées vont se prostituer, où des pères de famille vont se rajeunir avec des gamines de l'âge de leurs filles   » , nous dit un confrère lorsque nous lui avons rendu compte de notre mésaventure.

Nous ne sommes pas les seuls pourtant à tomber dans le piège de l'appellation. "En me promenant dans la ville, j'ai tout de suite remarqué qu'il y avait assez de bar-restaurants. Ce qui est une nouveauté pour moi dont la dernière visite au Mali date de 1998. Je me suis dit que ces restaurants marchent à perte ou qu'il y a eu aussi une révolution culturelle dans le pays. Parce que d'habitude, le Malien préfère manger et inviter ses hôtes à la maison que d'aller au restaurant. Ce n'est pas dans leur habitude. Le visiteur averti ne peut donc qu'être surpris par la floraison des bar-restaurants » , commente une consœur béninoise lors d'un récent séjour au Mali.

« Une nuit, par curiosité, j'ai décidé d'inviter des amis participants au même séminaire que moi à venir découvrir les plats asiatiques. Quelle ne fut pas ma surprise de ne trouver rien à manger. Nous avons fait au moins six restaurants sans trouver à manger. C'est à ce moment-là que j'ai compris le vrai usage de ces espaces. J'ai compris pourquoi il y en a tant parce que la débauche est ce qui attire le plus de monde à cette époque de crise de repères morales » , ajoute-t-elle dépitée.

Des mineures au menu

C'est la même réalité que nous avons réellement découverte au cours d'une enquête dans les différents quartiers de la capitale. Ces bar-restaurants ne sont en fait que des maisons closes déguisées. Ils sont gérés par des proxénètes qui ont jeté leur dévolu sur des gamines pauvres pour appâter la clientèle. Même s'ils font le bonheur de beaucoup de vicieux, ils sont aujourd'hui décriés par des citoyens. Les voisins se plaignent de l'ambiance qui les empêche de dormir. Sans compter le risque de voir leurs enfants emprunter le mauvais chemin que leur ouvre cette activité. Dans les mosquées, les prêcheurs ne ménagent pas leur foi pour dénoncer la prolifération de ces espaces de débauches.

« On dit que le Mali est un pays musulman. J'en doute fort. Sinon comment peut-on tolérer ces espaces sataniques dans nos voisinages ? Comment les autorités peuvent tolérer une telle prolifération de lieux de déperdition et de vice qui ne fait que pervertir sa jeunesse ?...   » , s'interroge l'imam de l'Immeuble Lafia (Hamdallaye ACI-2000). Il reconnaît que « ce ne sont pas des étrangers qui fréquentent ces lieux de la débauche. Mais, des fidèles qui sont régulièrement dans les mosquées avec nous. Ce sont des pères de familles au-dessus de tout soupçon d'adultère et d'alcoolisme qui les fréquentent. Et les prostituées qu'ils vont y chercher sont les femmes ou les enfants de leurs coreligionnaires. Allhahou Akbar   » . Allah, le Tout Puissant, reconnaîtra les siens le moment venu.

Poursuivre la purge

La majorité des citoyens souhaitent aujourd'hui que les autorités fassent le ménage à ce niveau. «   Nous apprécions beaucoup les rafles de la Brigade des mœurs. Malheureusement, elles ne sont pas régulières. Nous souhaitons que ces actions se poursuivent et que ceux qui sont en infraction soient jugés pour l'exemple. Sinon, notre société va pourrir et il n'y aura plus d'âge pour se prostituer » , souligne Yaya Maïga, un jeune informaticien de Boulkassoumbougou.

Un avis partagé par ses camarades de « grin » et d'autres interlocuteurs rencontrés à travers le district de Bamako. Pour cet électricien, « si, après la défaite du Mali face au Togo (le 27 mars 2005, Ndlr) les vandales s'étaient uniquement contentés de saccager les bars et restaurants de la ville, je pense qu'on aurait volontiers organisé des prières dans les mosquées et les églises pour les bénir » .

Cela en dit long sur le ras-le-bol d'une frange de plus en plus importante de la population sur la prolifération de ces espaces de débauche. Les autorités doivent prendre leur responsabilité pour prévenir le pire.

Moussa Bolly

 

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RND

Me Tapo ironise les politiciens saltimbanques

A la clôture du 2e congrès du Rassemblement national pour la démocratie (RND), Me Abdoulaye Garba Tapo, le président de ce parti, n'a pas été tendre avec des politiciens qu'il a qualifié d'opportunistes prêts à tout pour se faire une place au soleil.

Les lampions se sont éteints dimanche au CICB sur les travaux du 2e congrès ordinaire du RND. En plus de la relecture de ses statuts et règlement intérieur, le parti du Cauris blanc a procédé à la mise en place d'un nouveau bureau composé d'une trentaine de membres et présidé par Me Abdoulaye Garba Tapo.

Au plan politique, le RND a déploré le fait que la classe politique malienne se soit enfermée dans la facilité et l'opportunisme. « Les politiciens sans conviction ont résumé leurs évènements au folklore » , note une résolution qui a invité l'ensemble de la classe politique à un changement plus responsable de comportement avant de recommander une participation effective aux actions de construction de l'Etat de droit et de la bonne gouvernance.

Aux termes de ses assises, le RND, par la voix de son président, a réaffirmé ses engagements : soutien au président de la République pour l'élection présidentielle et son appartenance à l'Alliance pour la démocratie et le progrès (ADP).

Toutefois, le RND, dans une résolution, a exprimé ses vives inquiétudes face à la faiblesse du niveau du monde scolaire, le mal vivre de la jeunesse, les difficultés d'accès à l'emploi et la persistance de la grève enclenchée par les professeurs du supérieur.

Le congrès a exhorté l'ensemble des citoyens à soutenir par leur attitude et leur mentalité les efforts et les perspectives engagés dans ces domaines et recommandé une étude sérieuse des causes de cette perturbation scolaire devenue presque endémique.

Le congrès a recommandé la recherche de tout moyen administratif, juridique et économique en vue d'enrayer la mauvaise gestion des affaires de l'Etat.

Mohamed Daou

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DEBATS DES CANDIDATS A LA PRESIDENTIELLE

Il faut restaurer le face à face entre candidats

Dans l'euphorie pluraliste, des démocrates ont réclamé et obtenu en mai 1992 le premier débat des candidats à la présidentielle, appelé localement : face à face. Il s'agit de mettre sur le même podium médiatique les deux candidats qui ont obtenu le plus de voix à l'issue du 1er tour pour qu'ils convainquent davantage les électeurs sur leurs projets de société. En 2002, un candidat a fait défection face à son concurrent. Pour cela, il n'aurait jamais été président de la République dans un pays comme le Canada. Cette fois-ci, tous les Maliens doivent exiger le face à face qui n'est pas propice à la dissimulation.

Chacun des protagonistes, en défendant son programme, tentera de prouver aux millions de téléspectateurs qu'il sera le meilleur maçon pour la nation. Ces moments de confrontation d'idées sont nécessaires du fait que peu d'électeurs, partout au monde, prennent le temps de lire entièrement le projet de société que défend un candidat.

La bonne règle démocratique exige l'organisation de ces débats d'idées entre tous les candidats en lice, sans exception, avant le premier tour des présidentielles.

Il est déplorable de constater que notre grand Mali, se réclamant d'une démocratie exemplaire en Afrique, n'ait pu organiser aucun autre débat depuis 1992. Pourtant ce genre de débat contradictoire s'est avéré efficace. Car, celui de 1992 a bien éclairé et influencé le choix des électeurs entre les candidats Alpha Oumar Konaré et Tiéoulé Mamadou Konaté (paix à son âme).

En 1997, prétextant officieusement que l'unique adversaire d'A. O. Konaré, nommé Maribatrou Diaby (paix à son âme) n'était pas à l'aise dans la langue de Molière, les structures étatiques impliquées dans la préparation du face à face ont fui leur responsabilité. Sinon, les deux candidats pouvaient s'exprimer facilement en bambara qui est une langue nationale mieux comprise que le français par la plupart des électeurs maliens. Ne serait-il pas conséquent que les débats se fassent aussi en bambara.

En 2002, pour empêcher le débat, un candidat aurait évoqué le manque de temps. Décidément, au Mali, la tenue du débat dépend de l'humeur du plus influent. A mon avis, ces débats d'idées représentent dans l'expression démocratique ce que vaut la colonne vertébrale dans le corps humain.

Nous n'avons qu'à contempler, à côté de nous, la République du Bénin qui, en exerçant avec sincère transparence ses consultations populaires depuis 1991, consolide les vertèbres de sa démocratie. Ce Bénin, seul pays qui organise régulièrement des face à face, est le meilleur exemple démocratique en Afrique.

Tout dirigeant ou toute institution qui continuera à obstruer ce canal de confrontation équitable des visions, contribuera à mettre notre démocratie malienne, actuellement trébuchante, dans une posture rampante et agonisante.

Ne devons-nous pas, sans orgueil, imiter le Canada qui pratique le meilleur système de libre expression démocratique en donnant aux représentants du pouvoir et de l'opposition un égal accès aux médias d'Etat ? En période électorale, il est inimaginable ici au Canada qu'un candidat à la haute direction du pays, d'une province et d'une ville tente d'empêcher la tenue d'un débat ou refuse d'y participer. Ce candidat aura lui-même, par ce comportement, retiré son nom de la mémoire collective des électeurs.

Ainsi, j'invite le ministère de la Communication, les médias privés, bref, tous les militants et militantes de la démocratie, selon leurs moyens d'expression, à revendiquer, avec insistance auprès des autorités maliennes, la restauration des débats d'idées avant le premier et le deuxième tour de l'élection présidentielle de 2007.

C'est normal, il faut le dire. Même si on risque d'être qualifié d'ennemi du ou des candidats qui occultent ce genre de débat pour, enfin, bâillonner la démocratie.

Lancine Diawara

( écrivain à Montréal, Québec, Canada)

 

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3e JOURNEE CHAMPIONNAT DE FOOT

Le duel des néo-promus

Si les leaders ne sont pas très menacés à l'entame de la 3e journée du championnat national de football, les outsiders ont déjà du plain sur la planche.

La 3e journée du championnat national de football débute cet après-midi avec les oppositions AS Commune II-Stade malien de Bamako et Asko-CS Duguwolonfila. A ce niveau, c'est surtout la confrontation Asko-CS Duguwolonfila qui sera intéressante à suivre puisqu'elle oppose les deux néo-promus de cette saison 2006-2007.

Requinqués par leur victoire sur le Centre Salif Kéita (2-1), les protégés de Djibril Dramé auront à cœur de maintenir le cap pour rester collés au peloton de tête. Mais, ils ne doivent pas compter sur la docilité des joueurs de Duguwolonfila, défaits de justesse (0-1) par le Stade malien de Bamako à Koulikoro.

L'autre duel intéressant à suivre, ce sera celui qui va opposer l'AS Réal au Djoliba demain mercredi. Si les Rouges commencent à retrouver leur vitesse de croisière, les Scorpions sont à la peine avec une défaite à Sikasso et un nul contre l'Usfas lors de la seconde journée.

Les jeunes protégés de Cheick Oumar Koné pratiquent pourtant un football chatoyant. Mais, ils doivent faire preuve de plus de réalisme pour espérer surprendre les Rouges de Hèrèmakono, qui partagent le fauteuil de leader avec les rivaux, les Blancs de Bamako. Des Stadistes qui, normalement, ne doivent pas avoir assez de peine à renvoyer les Communards à leurs leçons.

Le Club olympique de Bamako a souffert avant de battre le Stade malien de Sikasso (1-0) lors de la 2e journée. Face au Sigui, à la recherche de son premier point dans ce championnat, les Verts doivent être très prudents, surtout que la rencontre aura lieu à Kayes. Avec un peu plus de rigueur dans la finition des actions offensives, les protégés d'Aliou Badra Diallo doivent pouvoir tirer leur épingle de jeu face à des Kayésiens de Guy Saha qui viennent d'aligner deux défaites contre le CSK (0-1) et contre le Djoliba AC (0-4).

L'Association sportive de Bamako va faire un déplacement périlleux à Sikasso contre le Stade malien de la Capitale du Kénédougou. Après leur victoire sur les Scorpions lors de la première journée, les Sikassois ont concédé une courte défaite (0-1) au COB. Quant à l'ASB, elle s'est remise en selle grâce à sa victoire contre l'AS Bakaridjan.

Le représentant ségovien reçoit ce jeudi le CSK. Tout est possible dans cette rencontre parce que les deux équipes sont capables du meilleur comme du pire. C'est aussi le cas de l'AS Nianan et de l'Usfas qui doivent s'affronter à Koulikoro après-demain.

Moussa Bolly

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