Contacté par nos soins, Moustapha Soumaré, qui a recouvré la liberté peu de temps après, a confirmé avoir été contraint de s'expliquer à la police, qui le soupçonnait d'avoir fait le voyage Bamako-Kayes à bord d'un véhicule non immatriculé et contenant des produits frauduleux.
Cette interpellation serait-elle liée aux communiqués passés sur les radios locales de Kayes invitant les adhérents ADJ à une rencontre hier à 17 h à Kamakolé Palace avec M. Soumaré ? L'interpellé le croit : « Depuis mardi soir et jusqu'à mercredi matin des communiqués dans ce sens sont passés sur les ondes de radios privés. Peut-être pris de panique les autorités locales ont tenté de nous intimider avec ce tissus de mensonges » , a commenté M. Soumaré qui craint que nous soyons désormais dans une « République bananière ».
Hier, c'est le gouverneur de Gao qui a interdit un meeting de la section Adéma/PASJ sans autre forme de procès ; aujourd'hui, des directeurs de services et des présidents d'assemblée consulaire affichent sans ambages leur préférence pour le président ATT dans un environnement de corruption sans susciter la moindre émotion de la part du président de la République, garant de la Constitution et responsable de tous les Maliens. Plus grave : des hommes politiques, convaincus de malversations lors de leur passages à des postes administratifs, à l'instar de Dioncounda Traoré, se disent couverts par ATT.
Dans ces conditions, la période qui s'ouvre est porteuse de toutes sortes de dangers. Elle sera, à ce rythme, l'occasion, pour les faucons du régime et les zélateurs du chef de l'Etat, de régler leurs comptes personnels ou de s'adonner à toutes sortes d'exactions au nom d'un homme qui n'est peut-être pas demandeur.
Nous ne sommes pas pour les uns et contre les autres, nous sommes seulement le Mali hier, aujourd'hui et demain encore. C'est pourquoi nous demandons au chef de l'Etat de vite monter au créneau pour mettre le holà à des pratiques qui n'honorent pas notre pays.
A noter que M. Soumaré, membre du comité exécutif de l'Adéma/PASJ, est l'un des initiateurs du Manifeste pour la démocratie et de l'ADJ, qui se battent contre le consensus en cours depuis l'avènement du président Amadou Toumani Touré.
Tout en restant Adéma, dont le CE a jeté son dévolu sur le général-président qu'il veut voir réélu en 2007, M. Soumaré et ses camarades de l'ADJ se battent, sans relâche, afin de remettre la politique à l'endroit. Ce qui passe nécessairement par la réhabilitation des partis, réduits à leur plus simple expression depuis le 8 juin 2002.
Président de la coordination ADJ du district de Bamako, Moustapha Soumaré a activement participé à la mise en place des coordinations de Ségou, Koulikoro et Kayes.
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« LE MALI SOUS AMADOU TOUMANI TOURE »
Les libertés de Fakoly
Un ouvrage intitulé « Le Mali sous Amadou Toumani Touré », et signé de Doumbi-Fakoly, vient de paraître aux éditions « Menaibuc ».
A la lecture, la première impression qui se dégage, c'est que le livre a été écrit à la hâte. Il reprend toutes les tares qui étaient reprochées à « ATT-cratie » , avec en pire des libertés prises par rapport à des événements historiques, des dates, des faits…
Pour le Malien qui lit cet ouvrage, on se demande sur quelle planète vit l'auteur, tant le livre ne ressemble en rien à la réalité malienne. Pour faire simple, quelques cas : l'auteur parle d'un barrage hydroélectrique à Markala, ce qui n'a jamais existé ; les CSCOM sont définis comme des « centres de soins communautaires » , le Mouvement citoyen (MC), devient « Mouvement des citoyens » … la liste n'est pas exhaustive.
Tout ce qui peut être intéressant, dans le livre, en terme d'information nouvelle et de « révélation » est présenté comme propos de « langues déliées, indiscrètes et soupçonneuses » . Une façon malhabile de faire dans du ragot tout en se cherchant une couverture.
Disons-le net : « Le Mali sous Amadou Toumani Touré » , malgré la volonté de l'auteur de cacher ses motivations réelles, apparaît comme une volonté de maculer la réalité et de blanchir les princes du jour. ATT a-t-il commis des erreurs ? C'est à son corps défendant ? N'a-t-il pas pu tenir des engagements ? C'est parce que… le tout dégageant un fort relent de haine contre Alpha et ses dix ans, tantôt niant ses réalisations, tantôt les attribuant à la transition ou à son successeur.
Le livre s'ouvre sur trois interrogations :
Ce retour facile du civil ATT à la magistrature suprême, que le colonel ATT a déjà connu de 1991 à 1992, pose la question grave de savoir comment un candidat libre a-t-il pu réussir là où les chefs de partis ont lamentablement échoué ?
Les Maliens ont-ils disqualifié les partis politiques parce que ces derniers sont trop éloignés de leurs préoccupations ?
Mais peut-être ont-ils fait l'inquiétant amalgame qui consiste à les juger tous à l'aune des piètres performances de l'Alliance pour la démocratie au Mali (Adéma), maîtresse du pays, dix ans durant ?
« L'objet de ce livre est de tenter d'apporter quelques réponses à ces interrogations mais aussi et surtout de voir si les actions entreprises par ATT, pendant ce premier mandat, ont répondu aux attentes de ses électeurs.
L'objectif de ce livre est aussi d'essayer de mesurer l'impact du fameux consensus politique sur la gestion des affaires du pays » .
A la fin de la lecture, les mêmes interrogations demeurent.
Alexis Kalambry
« Le Mali sous Amadou Toumani Touré », éd . Menaibuc. 137 pages. 4 e trimestre 2006
Encadré
Les éditeurs interpellés
Le livre était sacré, dans toute sa dimension. Ne serait-ce que sur le plan de sa présentation, il était au moins la référence pour le contenu. Mais, depuis un certain temps, nous voyons au Mali des ouvrages insipides, mal écrits, mal agencés, ne répondant en rien aux canons d'un livre. La question interpelle au plus haut point l'Association des éditeurs de livre, qui se doit de le réhabiliter.
A K
[haut]
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ACCORD D'ALGER
Les Maliens du Canada désapprouvent et écrivent à ATT
Nous avons enfin décidé de rendre le document ci-dessous public après avoir tenté en vain d'établir un dialogue entre les principaux destinataires et notre regroupement. En effet, le 7 décembre 2006, nous avons envoyé ce document à la présidence de la République du Mali et à l'ambassade du Mali au Canada. Un mois après, même un accusé de réception ne nous a pas été adressé. Si on avait écrit le contraire de ce que vous allez lire, on serait vite félicité et vous seriez bien informé du contenu par la radio et la télévision nationales.
En cette première semaine de janvier, je veux d'abord adresser à tous les lecteurs ( trices ), au nom de notre regroupement, mes meilleurs vœux ainsi :
Sortant du présent, une année se range dans le passé.
Sautant du futur, une autre se lance dans le présent.
Ce rangement et ce lancement se font simultanément dans l'infinité du temps et l'énormité de l'espace. Sous le toit de cet espace-temps, l'année 2007 se présente à nous. Que sa présence apporte suffisamment de santé, de sérénité et de prospérité permettant à nous tous de fructifier la solidarité dans l'humanité secouée par l'individualité.
Sincèrement à vous.
A Son Excellence Amadou Toumani Touré
Président de la République du Mali
Objet : Accord d'Alger du 4 juillet 2006
Nous venons, par la présente, vous soumettre respectueusement notre analyse sur le dossier « Accord d'Alger » qui a soulevé le tollé au niveau des Maliens de l'intérieur comme ceux de l'extérieur que nous sommes au Canada.
De ce tollé général, encore persistant, se sont dégagées trois principales tendances :
Les deux premières tendances sont composées des personnes qui expriment publiquement leur approbation ou leur désapprobation du texte de l'Accord d'Alger. Quant à la troisième tendance, ne pouvant ou ne voulant user d'un moyen d'expression publique, elle en parle dans un milieu amical, familial, ou groupal. Mais, aucun Malien (ne) ne peut et ne doit être indifférent à cette situation qui interpelle tous les patriotes. Dans ce RCMID récemment fondé, nous sommes 89 Maliens et 12 amis du Mali.
A la lumière de nos analyses contextuelles et documentaires suivantes, nous constatons que les erreurs monumentales de la signature gouvernementale de cet Accord résident dans :
- La négligence totale de la présidence et du gouvernement malgré la persistance des cris d'alerte populaires à l'imminence d'attaques rebelles exprimés par le journaliste Takiou le 3 mai et « le vieil homme » le 11 mai avant le sanglant 23 mai 2006.
- La dévalorisation de l'honorabilité et de la légitimité des différents élus de Kidal par la présidence en s'asseyant à la table de négociation avec les déserteurs et bandits armés pour discuter des intérêts supérieurs des populations de cette région.
- L'exclusion, par la présidence, des autres institutions de la République de toutes formes de concertation autour de ce texte avant de le parapher le 4 juillet.
- Le manquement au devoir de responsabilité par l'encouragement de l'impunité face aux agresseurs identifiés qui osent même exiger le retrait de Kidal de l'armée nationale.
- L'absence de comportements fermes et précautionneux de nos dirigeants pouvant inciter des ressortissants d'autres régions à prendre les armes et à réclamer leur « large autonomie » afin d'entamer la division du Mali contrairement à l'article 29 de la Constitution.
Certains parmi vous les décideurs d'aujourd'hui diraient que le véhicule de l'Accord étant déjà en marche, même si son moteur et son tuyau d'échappement sont bruyant et fumant, on ne doit pas l'arrêter. C'est trop tard !
Contrairement à cet argument, nous croyons fermement qu'un véhicule qui est à la fois bruyants et fumants à cause des erreurs de montage deviendra vite brûlant et polluant. Donc un tel véhicule étant très dangereux pour ses passagers et les usagers des circulations sociales de la nation, doit être arrêté, réparé ou enlevé définitivement de la circulation. Il n'est jamais tard de limiter la pollution de l'atmosphère sociale et de sauvegarder l'indivisibilité du Mali.
Par conséquent, pour vous déceler des défauts de fonctionnement, nous faisons ces deux analyses :
Analyse contextuelle
Référons nous au document précieux qu'est la Constitution ou Loi fondamentale qui doit nous rassembler pour avoir su nous ressembler moralement par ces définitions de responsabilité commune dans son article 22 : « La défense de la patrie est un devoir pour tout citoyen ».
Puis souligne dans son article 24 que « Tout citoyen, toute personne habitant le territoire malien a le devoir de respecter en toutes circonstances la Constitution ». Cette Constitution précise dans son article 29 que : « Le Mali est une République indépendante, souveraine, indivisible, démocratique, laïque et sociale ».
Dans cette courte évocation de notre Loi fondamentale, on se limite à cet article 29 qui délimite nettement le devoir de la personne qui joue momentanément le plus grand rôle de dirigeant national : « Le président de la République est le chef de l'Etat. Il est le gardien de la Constitution. Il incarne l'unité nationale. Il est le garant de l'indépendance nationale, de l'intégrité du territoire, du respect des traités et accords internationaux. Il veille au fonctionnement régulier des pouvoirs publics et assure la continuité de l'Etat ». Après cette rétrospection constitutionnelle, référons-nous à quelques extraits d'entrevues et d'analyses très percutants réalisés, sur cette situation si tendue, par des journalistes maliens et étrangers :
Dans l'actualité du lundi 27 février 2006, B. S. Diarra titrait dans l'Aurore :
« Fausse alerte de rébellion au nord : à l'armée malienne, nous sommes sereins », colonel Abdoulaye Coulibaly, porte-parole de l'armée malienne ( Dirpa ).
Le colonel Abdoulaye Coulibaly est directeur de l'information et des relations publiques de l'armée ( Dirpa ). De son point de vue qui est autant celui de son institution, M. Fagaga n'est plus ni moins qu'un déserteur qui ne saurait aucunement menacer la paix et l'intégrité territoriale du pays.
« Nous sommes sereins », lance l'officier supérieur… Il n'y a pas de quoi s'alarmer, poursuit-il. Il invite les populations du Nord aussi bien ceux du Sud à garder leur calme. « Il n'y a aucune menace de rébellion au nord du pays. L'armée malienne veille », clame-t-il.
L'armée malienne possède désormais l'expertise et l'automatisme requis pour parer aux situations les plus critiques… En clair, M. Fagaga ne constitue pas une menace aux yeux de l'armée malienne ».
Cette confirmation d'absence de menace fut mentionnée dans le Challenger, le lundi 13 mars 2006, par Sory Haïdara ainsi :
« Fin de la dissidence à Kidal Hassan Fagaga présenté ce lundi au gouverneur ! »
Le président Amadou Toumani Touré avait raison de dire à la Chambre de commerce du Mali qu'il n'y a pas de rébellion dans notre pays. Le colonel déserteur de la garde nationale, a quitté le maquis pour regagner les rangs vendredi dernier… Cette reddition a été rendue possible grâce au courage et à l'abnégation des hommes que le président Touré a choisis pour mener, sans tambour ni trompette, les négociations. Il s'agit d' Iyad Ag Ghali , du colonel Iwane , commandant de la zone militaire de Sikasso, et d' Achérif Ag Mohamed, conseiller à la présidence de la République ».
Mais, avant les attaques armées du 23 mai 2006 contre des camps militaires causant des pertes de vies humaines, certains médias ont lancé des cris préventifs dont le plus pertinent fut celui du journaliste Chahana Takiou qui avertissait dans L'Indépendant du mercredi 3 mai 2006 en soulignant de façon très professionnelle :
« Large autonomie » de la région de Kidal : Le silence coupable du gouvernement et des partis politiques.
La question d'une « large autonomie » pour la région de Kidal continue de susciter d'intenses débats au sein de la communauté touareg et dans L'Indépendant. Le gouvernement feint d'ignorer ce problème, une manière pour lui de ne pas, reconnaître son existence… En se taisant, le gouvernement veut donc convaincre l'opinion nationale, voire internationale que le problème n'existe pas… Sur quoi se fonde cette subite revendication d'une « large autonomie ? »... A défaut de ce diagnostic, la situation pourrait prendre une ampleur insoupçonnée.
Ne dit-on pas, après tout, que la politique est l'art d'anticiper ? Chez nous, on préfère attendre, comme les Gaulois, que « le ciel nous tombe sur la tête ».
Avant de clore ce chapitre d'analyse et de références contextuelles lisons sous les plumes de la presse étrangère de brefs commentaires faits sur cette attaque meurtrière du 23 mai dernier par d'abord Serge Daniel, envoyé spécial de RFI à Kidal, article publié le lundi 29 mai 2006 :
« Quatre jours avant les événements de mardi dernier (23 mai), Iyad Ag Galy était à Bamako, dans le bureau du président malien Amadou Toumani Touré. Au centre des discussions… le sort de ceux qui ont déserté… il pense notamment au lieutenant-colonel Hassan Fagaga … A toutes les doléances posées par Iyad , le numéro un malien apporte des réponses… Iyad quitte le palais présidentiel insatisfait… Il regagne Kidal… rend compte à ses hommes. Ils sont mécontents… ils déclenchent les hostilités… Des impacts de balles sont encore visibles sur la façade… selon un dernier bilan, cinq morts. »
Quant à Chérif Ouazani , de Jeune Afrique , il constata par cet article du 11 juin 2006 Mali : « Poussé de fièvre au nord ». L'attaque, le 23 mai, de deux casernes de l'armée malienne à Kidal et d'une troisième à Ménaka a constitué un coup rude pour le régime. Voyage au cœur de la région la plus frondeuse du pays.
Le 11 mai 2006, le chef de l'Etat est à Tombouctou pour lancer officiellement le PIDRN... A Goundam , une séance de travail est prévue avec les notables de la ville historique, un vieil homme interpelle ATT : « Nous apprécions tout ce que tu fais pour les populations du Nord. Mais la presse nous rapporte des informations qui nous inquiètent. Faut-il croire la rumeur ? » Demande-t-il en faisant allusion aux menaces de sédition d'Hassan Fagaga . La question ne trouble pas ATT. « Je voudrais rassurer mon papa, dit-il à l'adresse du vieil homme, il n'est pas question que le Nord revive la situation qu'il a connue au début des années 1990 »… « Il ne peut y avoir de statut particulier dans la République, affirme le président. Et si d'aventure cela devait un jour arriver, ce ne serait certainement pas suite à une action armée, mais après un débat national mené dans le cadre des institutions. Les perspectives pétrolières sont aujourd'hui très sérieuses. Je vous le dis franchement. S'il y a du pétrole dans le Nord-Mali , il appartiendra à tout le peuple malien et non pas exclusivement aux communautés qui vivent dans le Nord ».
Douze jours plus tard, le sang coule dans le pays. Fagaga a relancé les hostilités. Il a attaqué deux unités de l'armée, tuant au passage quatre soldats loyalistes, et pillé les magasins d'armement et les véhicules militaires avant de se retirer dans son maquis ».
Quand se produisaient cette tuerie et ce pillage, vous, le chef de l'Etat, étiez en mission à Diéma. Clôturons par ces extraits, d'abord, de votre réaction en tant que président de la République :
« Chers compatriotes, c'est ici, à Diéma, dans le Kaarta, dans le Mali profond, que j'ai une pensée particulièrement douloureuse pour les événements que notre pays a connus malheureusement ce matin. Dans une autre contrée lointaine, dans un autre Mali profond, l'Adrar des Iforas , et plus exactement dans la ville de Kidal, des éléments armés ont attaqué les principaux postes militaires… Je suivrai la situation avec responsabilité mais aussi avec mesure… Au Mali, on n'a plus besoin de prendre des armes pour se faire entendre. La décentralisation est un statut particulier par lequel [vos] élus peuvent, par différentes voies, - administratives et politiques - transmettre [vos] doléances, [vos] suggestions et critiques aux autorités. Dans ce cas, si la démocratie vous donne toutes les voies, vous n'avez pas besoin de la voie des armes.
Je vous dis à tous : "Courage ! Ce n'est pas une tragédie [...] C'est une situation que nous allons gérer en toute responsabilité ».
Enfin, une semaine après l'attaque rebelle, cette déclaration, moralement cautionnée par le général président, faite par le chef de la Dirpa , le colonel Abdoulaye Coulibaly qui, devant la presse, rassurait toute la nation ainsi :
« L'armée malienne, qui maîtrise parfaitement la situation à Kidal et environs, ne s'est pas laissée entraîner dans le piège des rebelles… actuellement on peut dire que l'armée malienne a totalement sécurisé la ville de Kidal et ses environs… c'est uniquement certains éléments du Mouvement populaire de l' Azawad (MPA) sous la houlette de quelques responsables - Iyad Ag Ghali et Hassan Fagaga - qui sont les auteurs de ces attaques ».
Si tous ces propos ci-haut soulignés qui ont été prononcés officiellement par le général président de la République et le colonel chef de la Dirpa , avant et après les attaques sanglantes, sont crédibles, pourquoi l'Etat malien a donc signé un document dit Accord d'Alger avec une rébellion pourtant déclarée totalement neutralisée ?
Analyse documentaire de l'Accord du 4 juillet 2006 à Alger
Dans le but d'être efficient, nous n'avons souligné que certains points controversés de l'Accord. Avec concision, nous vous soumettons entre parenthèse nos propositions d'amendement :
Chapitre I. Pour une meilleure participation au processus décisionnel. Création d'un Conseil régional provisoire de coordination et de suivi.
2. Ses membres sont désignés de manière consensuelle par les deux parties et le facilitateur.
2. (Ses membres sont désignés par le ministère de l'Administration territoriale et des Collectivités locales en collaboration avec les élus régionaux de Kidal qui choisiront parmi les personnes de la société civile malienne ayant de bonnes connaissances des réalités socio-économiques des régions du Nord)
II. Développement économique, social et culturel
7 - Dans les domaines de l'équipement et de la communication :
- électrification des chefs lieux des cercles et des communes ;
- (électrification… Ce genre d'électrification a-t-il été réalisé pour les autres régions du pays ?)
- … une heure d'antenne par jour pour la région (Kidal) dans les programmes de la radio et de la télévision nationale.
- (une heure d'antenne… seulement si un événement d'intérêt national ou international s'y déroule)
9 - … octroi de bourses à l'étranger pour les bacheliers les plus méritants de la région de Kidal ;
9 - (octroi de…conformément aux critères d'attribution du département ministériel spécialisé)
10 - Mise en place d'un programme spécial en direction des diplômés en langue arabe dans le cadre d'un recyclage et d'une spécialisation ;
10 - (Mise en place d'un programme spécial en direction de tous les diplômés maliens…)
III - Prise en charge des préoccupations sécuritaires immédiates
3. Retour, sous l'égide du facilitateur, de toutes les armes et munitions ainsi que tous autres matériels enlevés depuis les attaques du 23 mai 2006 de Kidal, Menaka et Tessalit selon les modalités arrêtées dans le présent accord ;
3. (Récupération avant la fête de l'armée nationale le 20 janvier 2007, sous l'égide du ministère chargé de la Sécurité nationale, de toutes les armes et munitions ainsi que…)
4. Création en dehors des zones urbaines de Kidal d'unités spéciales de sécurité, rattachées au commandement de la zone militaire et composées essentiellement d'éléments issus des régions nomades, dans les proportions assurant l'exécution efficace des missions des unités spéciales de sécurité.
4. (Création dans les zones urbaines et rurales de Kidal d'unités spéciales de la police et de l'armée nationales composées d'éléments issus de toutes les régions du Mali assurant l'exécution efficace des missions du ministère chargé de la Sécurité nationale.)
IV - Mécanisme de suivi
1. Le suivi sera assuré par un comité qui veillera à la mise en œuvre des mesures ci-dessus énumérées. Il sera composé des représentants du gouvernement, du Conseil régional provisoire de coordination et de suivi, une fois créé, et du facilitateur.
1. (Le suivi… Il sera composé des représentants du gouvernement, du Conseil régional provisoire de coordination et de suivi, de députés et de notabilités de Kidal.)
V. Mesures prioritaires
4 - Libération de toutes les personnes détenues à la suite des événements du 23 mai 2006.
4 - ( comparutions devant les tribunaux civil et militaire de toutes les personnes détenues et condamnation par contumace de toutes celles impliquées dans la violente agression du 23 mai 2006 ayant causée mort d'homme).
Compte tenu de ces réalités nous, Maliens et « malienistes » membres du Regroupement au Canada pour un Mali indivisible et démocratique (RCMID) désapprouvons l'Accord d'Alger signé le 4 juillet en Algérie. Mais par respect à nos institutions républicaines nous préférons d'abord une contestation par voie officielle évitant celle de la médiatisation. Nous entendons par « malieniste », toute personne œuvrant pour l'indivisibilité du territoire et le développement socio-économique de la République du Mali.
Par rapport à nos propositions concrètes, nous demeurons ouverts au dialogue dans l'intérêt supérieur d'un Mali uni et démocratique.
Lancine Diawara, écrivain et animateur
Au nom du RCMID
CP. 1382 succursales Desjardins, Montréal, H5B 1H3, Canada
NB : Les articles cités dans ce document sont disponibles intégralement.
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LE GOUVERNEMENT SOUS PRESSION
L'UNTM pourrait déposer un préavis de grève lundi
L'Union nationale des travailleurs du Mali (UNTM) est dans une logique de grève avec le dépôt en vue d'un préavis de grève le lundi prochain. Tout dépendrait en fait de l'issue du conseil des ministres d'hier qui devait satisfaire des points de l'ancien protocole d'accord.
Le ton de la colère de la centrale syndicale a été donné le 9 janvier dernier à la Bourse du travail. A cette occasion, l'UNTM, a innové en se gardant de participer à la traditionnelle cérémonie de présentation de vœux des forces vives de la nation au président de la République.
Ce jour-là, les 13 syndicats nationaux, les 8 unions régionales ainsi que les commissions de contrôle et de discipline avaient présenté leurs vœux à leur secrétaire général, Siaka Diakité. C'était le lieu de faire le bilan des acquis et des échecs, mais aussi de poser de nouvelles revendications pour 2007.
Siaka Diakité avait, dans la foulée des réponses apportées aux préoccupations de ses militants, mal pris la non-satisfaction de son cahier de doléances en 14 points, qui avait fait l'objet d'un protocole d'accord entre l'UNTM, le gouvernement et le patronat courant 2006. L'évaluation de ce protocole d'accord par l'UNTM, fait ressortir la satisfaction totale de quatre points, quatre autres points partiellement satisfaits et le reste sans réponse.
La voie du dialogue
A la cérémonie de présentation de vœux, le secrétaire général de l'UNTM a fait état de nouvelles doléances pour 2007. Il s'agit de la gestion du cahier de doléances du 1er mai 2006 dont les points saillants demeurent la baisse de l'impôt sur traitement et salaire (ITS), la hausse du taux des allocations familiales, l'adoption d'un plan social pour les travailleurs de Huicoma , déjà privatisé, et de la CMDT en voie de l'être, entre autres.
Pour Siaka Diakité, « il n'est pas question d'entrer dans de nouvelles négociations sans que l'ancien protocole d'accord soit intégralement pris en compte » .
Le gouvernement, qui aura pris très au sérieux la menace d'une grève qui plane, a ouvert dès mardi dernier, la voie du dialogue. Une réunion marathon a regroupé dans l'après-midi du mardi 15 janvier 2007 le Premier ministre Ousmane Issoufi Touré entouré de certains ministres et le bureau exécutif de l'UNTM conduit par Siaka Diakité.
La rencontre de mardi portait exclusivement sur les conditions de prise en charge intégrale du protocole d'accord objet de la colère de la Bourse du travail. Selon toute vraisemblance, le chef de gouvernement s'est montré déterminé à éteindre la tension qui couve sur le front social. Selon nos informations, le conseil des ministres d'hier devait se prononcer sur le sujet en y apportant des réponses concrètes.
En tout état de cause, l'UNTM s'apprête à déposer son préavis de grève de 15 jours le lundi prochain.
Abdrahamane Dicko
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MALI-LITUANIE DU 6 FEVRIER PROCHAIN
Quel intérêt sportif pour les Aigles ?
Les Aigles seront opposé à la sélection de la Lituanie en match amical international à Paris le 6 février prochain. C'est ce qu'a rapporté la semaine dernière la presse internationale, une information confirmée par une source fédérale.
La rencontre amicale Mali-Lituanie du 6 février 2007 entre dans le cadre de la préparation du match contre les Ecureuils du Bénin à l'occasion de la 3e journée des éliminatoires de la Coupe d'Afrique des nations « Ghana-2008 ». Une opposition capitale prévue le 25 mars prochain à Bamako. Le Mali, est leader du groupe 9 de ces éliminatoires avec quatre points en deux matches.
Quant à notre adversaire de Paris, la Lituanie, elle veut aussi bien préparer son match contre la France dans deux mois. Une rencontre qui compte pour les éliminatoires de l'Euro-2008. Pour les Lituaniens, cette rencontre se comprend dans la mesure où il s'agit d'affronter un pays dont la majorité des joueurs évoluent en France. Cela permet non seulement de se faire une idée du climat, mais aussi et surtout de se frotter à des joueurs au style de jeu français.
Mais, on perçoit mal l'intérêt d'une telle confrontation amicale pour Djilla et ses coéquipiers. Il s'agit avant tout de préparer la rencontre capitale contre le Bénin dont le style de jeu n'a rien en commun avec celui de la Lituanie. Et nous n'avons pas connaissance de la présence d'un nombre élevé de joueurs béninois dans ce pays. En tout cas, le choix de l'encadrement technique des Aigles d'affronter la Lituanie, en amical et à la veille d'un match capital, a surpris plus d'un. Parce qu'en la matière, il ne suffit pas de jouer une rencontre pour le symbole.
L'idéal aurait été de se frotter à une équipe africaine au style de jeu voisin de celui de nos prochains adversaires. Le staff technique de l'équipe nationale dirigé par Jean-François Jodar a sans doute ses raisons. Mais, quels que soient les arguments évoqués pour justifier ce match amical, il n'est pas évident qu'ils puissent largement convaincre grand monde sur son l'intérêt sportif pour nos Aigles.
Pour mémoire, il faut rappeler que la dernière rencontre entre une sélection africaine et celle de la Lituanie date de 1924. Et c'était l'Egypte qui l'avait atomisée, 10 à 0 à Paris.
Moussa Bolly